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Original subtitles

- [musique douce au piano] - [téléphone]

- [téléphone] - [scie à ruban]

[émission à la radio]

[téléphone]

[la musique continue]

[il râle]

Font chier, putain.

[il claque de la langue]

[il souffle]

Ah putain, qu'est-ce qu'ils font chier.

Tout ça pour de la pub.

Mais arrêtez.

Oh...

Allô !

Oui, c'est moi.

[tic-tac de l'horloge]

Euh...

Mais...

Euh...

C'est pas possible...

Mais vous êtes qui ?

Mais...

Faut...

Faut que j'aille...

Faut que j'aille où ?

[un avion passe]

Ils ont rien au Quai d'Orsay. Ils meublent, c'est tout.

Ils ont pas encore retrouvé l'avion, papa.

Il faut qu'on y croie.

Moi, j'y crois.

S'il y a des rescapés, Emmanuel y est.

T'as vu comment il nage ? Il a perdu huit kilos depuis son coach.

Même si l'appareil coule, les gens ont le temps de sortir.

Ça arrive.

[elle renifle]

Faut lui envoyer notre force.

Qu'il sente qu'on est là.

Qu'on se bat avec lui, hein ?

Vas-y, papa, rentre.

- [léger brouhaha] - [pleurs]

- Vous êtes la famille... - Siprien.

Veuillez me suivre.

[brouhaha]

[femme] Comme ma collègue l'a dit, on doit...

On est comme des merdes depuis des heures.

C'est dégueulasse.

Je veux savoir si mes proches ont subi des violences avant le crash.

Je ne suis pas la bonne personne pour répondre...

[homme] Alors allez la chercher.

Je reviens de suite.

[brouhaha]

[le brouhaha s'estompe]

Ah, Joseph...

[elle pleure]

[en flamand] Sigrid, s'il te plaît, calme-toi.

Ils étaient ensemble.

Chut, allons.

Ils sont ensemble.

Joseph...

[elle pleure]

Euh...

Mon avocat dit qu'il faut exiger

les résultats de l'enquête du BEA

pour saisir le juge le plus tôt possible.

Apparemment, les employés de la compagnie

ont déposé un avis de grève.

Les rotations sont trop dures.

Il y a peut-être eu un manquement de ce côté-là.

C'est pour mon frère, Emmanuel Siprien.

Votre fille a besoin d'être accompagnée.

Les groupes de parole sont souvent bénéfiques.

Discuter avec les parents du compagnon de votre fils

vous a fait du bien ?

Non, non.

Non, mais moi, je suis pas procédurier.

Les tribunaux m'intéressent pas.

Sans épouser nécessairement leur combat,

évoquer vos situations respectives,

partager vos peines, tout simplement.

Ils savent ce que vous éprouvez, c'est déjà beaucoup.

Oui, mais je tiens pas à les revoir.

J'aimais pas beaucoup mon gendre.

J'avais pas vu mon fils depuis plus d'un an.

À cause de votre animosité à l'égard de...

De Joachim ?

Non, pas spécialement. Enfin...

Plus ou... Je sais pas.

Non.

C'est surtout depuis que ma femme est morte.

Elle a eu un cancer il y a cinq ans.

Elle tenait un peu tout, quoi.

Elle était remarquable.

Quand Élisabeth s'est retrouvée en soins palliatifs,

Joachim et Emmanuel

ont pris un congé pour le...

pour aller la voir.

Puis, après, ça s'est distendu.

On s'est engueulés bêtement

à Noël dernier et ils l'ont fêté de leur côté cette année.

Vous n'avez pas essayé de renouer ?

Joachim avait énormément d'influence sur Emmanuel.

Et moi, je...

euh...

j'avais pas de prise sur mon fils.

Physiquement, on se ressemble beaucoup.

Enfin, je veux dire... On se ressemblait.

Mais pour le reste...

J'ai toujours su qu'il était homosexuel.

Mais ça m'était égal.

Non, j'aurais juste voulu que...

Quoi ?

Je sais pas.

Qu'il s'intéresse.

Un minimum.

Qu'il s'intéresse.

Qu'il entre une fois dans...

dans mon atelier sans traîner des pieds.

Et qu'il ait un peu de curiosité. Pour mon travail.

Bon, j'aurais été chez eux pour la naissance, je suis pas...

Ils attendaient un enfant ?

Oui, pour le mois d'août.

Il est là, lui. Forcément.

Si la mère porteuse n'était pas dans l'avion,

le bébé est vivant.

Il est là, non ? Vous croyez pas ?

Euh, certainement.

Mais cet enfant... L'enfant de votre fils, il...

Qu'est-ce qu'il va devenir, cet enfant ?

[chant lyrique]

[en chuchotant] C'est à toi.

[en chuchotant] Je peux pas.

[en chuchotant] Tu veux que je t'accompagne ?

[en chuchotant] Non. Non, je peux pas...

Frères,

nous ne voulons pas vous laisser dans l'ignorance

au sujet de ceux qui se sont endormis

[voix au loin] dans la mort.

Il ne faut pas que vous soyez abattus

comme les autres qui n'ont pas d'espérance.

Y a même pas de corps.

Ça sert à rien.

T'aurais su, toi.

Moi, j'ai pas la force tout seul.

Merci d'avoir fait le déplacement.

Merci beaucoup.

Je suis navré pour la cérémonie de Joachim.

Mais c'était compliqué de m'y rendre

avec mon travail.

Nous comprenons, Joseph.

Il y avait beaucoup de monde.

Les amis sont venus d'un peu partout.

Ah, c'est bien...

Et la mère porteuse ?

Comment ça ? Non.

Non, elle n'était pas là.

La maternité de Gand l'a avertie, vous êtes sûrs ?

J'ai appelé l'avocat le jour même.

Elle a fait le nécessaire.

Ça aurait été plus simple d'avoir son numéro.

On connaît pas son nom ?

Non, c'est la procédure.

Personne ne vous donnera d'informations sur elle.

Les garçons tenaient à ce qu'elle reste anonyme.

Mais pourquoi ? C'est stupide.

C'était leur souhait.

Ça tient pas debout qu'on puisse pas la rencontrer.

Vous parlez flamand.

Moi, l'avocate refuse de me prendre au téléphone.

Vous, je suis sûr que vous obtiendrez son adresse.

Oui, mais...

Légalement, c'est à la mère porteuse

de décider de ce qu'il adviendra de ce bébé.

C'est mentionné dans le contrat que les garçons ont signé.

Ils n'ont pas souhaité désigner de personne de confiance.

Ils se sont pas projetés.

Ils supposaient pas mourir avant leurs 40 ans.

Enfin, ça me paraît normal de réfléchir au sort de ce bébé.

Il y a longtemps

que nous nous sommes écartés de la normalité, Joseph.

Vous me dites qu'on fera rien pour la retrouver ?

Écoute...

Nous sommes tous en colère.

Vraiment.

Ce serait bien que vous veniez à ma prochaine réunion

avec les familles des victimes.

On va quand même pas abandonner ce bébé ?

Je suis navré, mais il n'est pas de notre sang.

Ça s'arrête là.

Oui.

[il creuse]

Qu'est-ce que tu fabriques ?

La terre est trop sèche. Il pleut pas assez.

C'est dur comme de la pierre.

J'ai pas mis de croix.

Il était pas croyant, je pense pas, si ?

Non.

C'était grotesque, l'autre jour, le curé.

Il est contre le mariage pour tous, tout le monde le sait.

Emmanuel l'aurait détesté.

Et il fallait faire semblant. Aïe ! Oh putain...

- Bon, arrête, ça suffit. - [il gémit]

T'es complètement bloqué.

Et pourquoi ici ?

- Pourquoi ici ? - Ça aurait été plus simple là-bas.

Pour que je le voie.

[Joseph] Arrête !

C'est classé par ordre alphabétique, comme il aimait.

Tu te souviens, il adorait se mettre sous cet arbre pour bouquiner.

Oh excuse-moi, je suis désolé.

Je suis désolé, ma chérie.

Je... je te demande pardon.

Je vais pas bien, excuse-moi.

[elle renifle]

[elle souffle] Non...

Essaie avec un point.

- [touches] - Non plus.

Pourtant je suis sûre qu'il l'a eu celui-là.

Sans mot de passe ni téléphone, j'ai pas de solution.

- On va bloquer le compte. - Et le... attends.

- [il claque des doigts] - Rah ! Comment ça s'appelle,

ce volcan complètement impossible à prononcer, ce truc islandais ?

Tu te rappelles, c'était leur nom de code ou de passe.

- Ils bassinaient tout le monde... - Snaefellsjokull.

Faut être con pour prendre ça en mot de passe.

[il approuve]

Ça s'écrit pas avec deux "l" ?

Non. Et "Joachim", tout simplement ?

C'est trop évident.

Quand tu travailles dans l'informatique, tu te protèges.

Il était pas neuneu, non ?

On arrête avec ces conneries. J'en peux plus.

["Par amour, par amitié", Sylvie Vartan] ♪ Toi qui sais que je suis blessée ♪

♪ Que sans toi ♪

♪ Sans toi, ma vie est brisée ♪

♪ À genoux ♪

♪ Je viens te crier ♪

♪ Pitié ♪

♪ Aie pitié ♪

♪ Oh oh oh par amour... ♪

[sonnerie de téléphone]

Allô ?

Papa, mais t'es où ?

Ça va ?

Oui, ça va, et toi ?

Bah, je t'attends, en fait.

On avait dit 9 h à mon cabinet.

[en murmurant] Oh, merde.

Je me suis complètement rendormi.

Je te demande pardon.

T'es malade ?

Non.

J'ai retrouvé le mot de passe.

C'était le nom de son chat, avec une majuscule

et l'année de naissance.

J'ai accès à tous ses mails, c'est bon.

T'es pas content ?

Si, si, si.

Bah, j'arrive.

Lâche ce truc, tu verras après. Tu m'étonnes que tu aies des nœuds.

Tu sais pas te poser.

C'est insensé, le nombre de messages qu'il recevait, putain.

Comment tu veux vivre si tu réponds à toutes ces conneries ?

Faut que tu fasses gaffe, tu es bloqué sur C3 et C4.

T'es trop penché sur tes meubles.

Redresse-toi régulièrement, avec le bassin en avant.

- Oui... - Papa, fais-le !

Peut-être qu'ils communiquaient pas par mail avec la mère porteuse.

Tout est en anglais.

Eh bien, tu fais Google Translate.

Mais j'y comprends rien.

Ça t'irait bien, une teinture.

Une teinture... Pourquoi pas une perruque ?

Quelque chose de naturel.

- Comme un effet soleil. - "Un effet soleil" ?

Je m'en fous un peu de mes cheveux.

Allez, rhabille-toi.

Fais gaffe, s'il te plaît. Une hernie, c'est chiant.

Y a pas que ça qui est chiant.

Ah, bonjour. Vous allez bien ?

Très bien. Et vous-même ?

Euh... papa, je te présente...

- Cécile. - Cécile.

- Mon père, Joseph. - Enchantée.

Madame adore chiner. À l'occasion,

si tu as des bonnes adresses.

Ah oui, ça serait formidable.

Bon, je vous mettrai en contact.

Bon, merci beaucoup.

- Au revoir, madame. - Au revoir.

On y va ?

Je t'ai pas attendue pour parler à une femme, tu sais ?

Si tu réponds à aucun message, ça sert à rien, ton profil.

Je te parle de ton célibat ?

- T'en veux ? - Non.

Parfois, j'aimerais bien.

Je me suis renseignée, le père de Joachim a raison.

On peut rien faire.

Il faut oublier ce bébé.

Je comprends pas. T'as eu l'avocate des garçons ?

Sa secrétaire bloque. Elle répondra jamais.

Un patient juriste m'a confirmé qu'en Belgique,

la mère a tous les droits sur l'enfant.

Et c'est le bordel, la GPA est ni autorisée ni interdite là-bas.

Emmanuel a pas fait de déclaration de paternité anticipée

et maintenant qu'il est mort, n'importe qui peut déclarer ce môme.

Il faut passer à autre chose. C'est que des cellules.

Un ovule anonyme et du sperme d'Emmanuel dans un corps étranger.

C'est pas ton petit-fils, c'est pas mon neveu.

Ça ne nous concerne plus.

T'en veux encore un peu ?

Je vais y aller mollo, quand même... [il renifle]

[musique douce au piano]

[émission à la radio]

- La même chose, merci. - Bien sûr.

[la musique continue]

[femme] Nous avons ici

un berceau du célèbre ébéniste autrichien Mickaël Thonet

avec une signature authentifiée.

Il date de 1872.

Un berceau similaire est exposé au MOMA de New York.

Le troisième fils de Gustave Klimt y aurait passé ses premiers mois,

inspirant les tableaux de l'artiste sur la maternité.

La mise à prix est à 8 400 euros.

Et nous avons déjà une enchère.

- 9 000 euros. - 9 000 euros.

Mesdames et messieurs, 9 000 euros.

- 9 500. - 9 500 euros.

Madame ?

11 000.

11 000 euros.

- 11 000 euros... - 11 500.

- 11 500 euros. - 12 000.

12 500.

12 500.

Attention, madame, il vous échappe peut-être.

12 500, une fois,

12 500,

deux fois. Dernière fois, dernière chance.

Je ne peux pas annuler le bordereau ni étaler le paiement,

même si on est au-dessus du prix.

Je vais me débrouiller. C'est très bien comme ça.

Écoutez M. Siprien, je suis mal à l'aise.

Pour être honnête, je ne suis pas sûre

que Klimt ait élevé ses enfants dans ce berceau.

Oui, je comprends.

On peut pas être tout à fait certain, évidemment.

Vous allez payer ce berceau deux fois sa valeur, vous savez ?

Oui, mais il est très beau, vous ne trouvez pas ?

Si, bien sûr.

Là, n'est pas la question.

Oh si, quand même.

C'est important, la beauté.

Surtout quand on y passe les premiers temps d'une vie.

Merci beaucoup.

[portière qui s'ouvre]

[le chat ronronne]

[bip]

Merde, où tu m'as envoyé ?

Oh...

Oh, dis donc, c'est pas mal...

Rita Vandewaele.

"Hallo Emmanuel."

Oh après, c'est écrit en flamand, alors...

C'est notre descendance, qu'on le veuille ou non.

La moitié du sang d'Emmanuel. C'est pas rien !

Ça se trouve, il va te ressembler.

Il aura peut-être ton sourire.

Ou alors, les yeux d'Emmanuel.

C'est... c'est... c'est pas si loin, la Belgique.

C'est pas bien grand, non plus.

Non, mais y a que moi que ça dérange qu'il sache pas d'où il vient ?

Qu'est-ce que t'aurais fait ? Hein ?

Elle vend des vélos, c'est tout ce que t'as sur elle ?

Elle en vend ou en loue, peu importe.

J'ai son nom aussi.

Elle vit à Gand, elle a une fille de neuf ans.

C'est pas rien, quand même.

La ville n'est pas immense, tu sais.

C'est gentil de pas me retenir, même si tu me prends pour un fou.

Tu m'écouterais ?

Fais attention sur la route, j'ai eu mon compte cette année.

Je fais une pause. Tu m'appelles quand tu arrives ?

Oui, je te promets.

[musique douce au piano]

[météo en français à la radio]

[infos en français à la radio]

[rap en flamand à la radio]

[radio en flamand]

Qu'est-ce qu'ils font ? Ils mettent pas de clignotant, putain.

Valider.

Putain...

"Je désire dupliquer ma clé ?" Je sais pas, moi...

Là, ça marche.

Oh, putain !

[bip]

[musique douce au piano]

[il gémit]

[le lit craque]

Excusez-moi, je cherche un magasin...

[en flamand] Je parle pas français.

Bonjour, madame. Vous parlez français ?

Oui, un peu.

Je cherche l'office du tourisme.

Ah, vous continuez euh...

au bout de la rue et euh...

après, à droite.

Mais c'est près d'ici. Vous verrez là-bas.

- Merci, bonne journée. - Au revoir.

C'est super agréable de visiter Gand à vélo.

Ici, vous voyez les routes

thématiques, comme Street Art, ville verte, canaux...

Les niveaux de difficulté sont indiqués par couleur comme ici.

Oui... Est-ce que vous auriez la liste...

Enfin, ce que je voudrais,

c'est le nom des gérants,

des gens qui louent, qui vendent des vélos.

[elle rit] Il y en a beaucoup.

Moi, je vous propose Gent Bike, on a reçu de bons feedbacks.

En fait, je cherche une certaine Rita Vandewaele

qui travaille dans un de ces magasins.

Elle a à peu près votre âge.

Monsieur, il y a 250 000 habitants à Gand.

J'ai pas un listing de tous ceux qui travaillent dans un point vélo.

Ah oui...

Et vous avez pas d'autres documents ?

Non, c'est tout ce que j'ai.

- Vous avez d'autres questions ? - Euh... non.

Je suis contente d'avoir pu vous aider.

Vous pouvez

donner votre avis en sortant. Bonne journée.

Eh bien, merci beaucoup.

- Au revoir. - Bonne journée.

Êtes-vous satisfait de votre visite ?

[ils parlent en flamand]

Vous connaîtriez une jeune fille qui s'appelle Rita Vandewaele ?

- Non. - Non...

[en murmurant] Ça, s'est fait.

Ça, s'est fait.

Je vous demande pardon.

[il parle en anglais] Do you speak French ?

[en anglais] C'est pour quoi ?

Hum... I am looking

for a girl...

maybe you know her...

Rita Vandewaele.

[en flamand] Désolé, je ne comprends rien.

Je ne loue pas de vélos, je les répare.

Ah... Not to...

Not comprendre...

Neicht... Nicht... non.

OK... Not.

Euh, goodbye.

Good morning. Euh... goodbye.

[voix d'homme] Allez !

Là, c'est bon.

[voix d'homme 2] Elle rentre chez elle.

[voix d'homme] C'est pas grave, elle peut y aller en vélo.

- On n'irait pas se baigner ? - Non, non.

- Papa, on va se baigner, plutôt ? - Non.

Si, on va se baigner.

[musique douce au piano]

[éclaboussements]

[il soupire]

[une femme et un homme gémissent]

[léger fracas]

[homme, en flamand] Rita, où sont mes cigarettes ?

Rita, ne pisse pas dans les jerrycans.

[en flamand] Alors, répare tes putain de toilettes.

Hmm !

[en flamand] Allez...

[en français] Allez.

Allez !

[en flamand] Quelle emmerdeuse.

- [en flamand] Ça va, détends-toi. - [il soupire]

[en flamand] À plus.

[elle chantonne]

Merde.

Je m'en fous, je prends celui-là.

S'il vous plaît !

Rita Vandewaele ?

[la voiture klaxonne]

Elle va beaucoup plus vite que moi, la vache.

Mlle Rita Vandewaele !

[musique douce au piano]

Elle fait chier, putain.

Oh, mais...

[il est essoufflé]

Mlle Rita Vandewaele !

Putain, moi, j'ai p...

[sonnette du vélo]

Putain de merde...

[la porte grince très fort]

Vandewaele, 172, 3e.

[sonnette]

[elle s'arrête soudainement]

Ça marche pas.

Vandewaele.

[sonnette]

[elle s'arrête]

[sonnette]

Bonsoir, madame, excusez-moi de vous déranger à cette heure.

Est-ce qu'il serait possible de parler à Rita Vandewaele ?

Rita !

[en flamand] C'est pour toi.

Bonsoir, je suis navré de débarquer comme ça à cette heure.

Euh...

Je suis le père d'Emmanuel.

Je suis Joseph Siprien.

Euh...

[il parle en anglais] I am Emmanuel's father.

The grandfather of the baby that you...

Maman, c'est qui ?

[en flamand] Rentre.

Vous parlez français ?

Alors, vous avez reçu mes mails. Vous les avez lus.

Je veux juste savoir comment va le bébé.

C'est l'avocate qui vous a donné l'adresse ?

Pas du tout.

Je vous ai retrouvée seul et ça n'a pas été simple.

Y a pas eu de coopération.

Dégagez.

- Pardon ? - Barrez-vous d'ici.

Je veux juste parler avec vous. Faire connaissance.

J'aimerais maintenir un lien avec l'enfant.

Voilà.

J'ai dépensé tout le fric. C'est ça que vous venez chercher ?

Pas du tout, au contraire.

Au contraire, je suis venu vous apporter mon aide.

Votre aide ? C'est nouveau, ça ?

Vous avez toutes les raisons d'être méfiante,

mais je vous assure, je suis comme vous, une victime collatérale...

- Comme moi ? Je crois pas. - Je veux dire...

Je devais toucher la moitié du cash au deuxième trimestre,

et le reste à la naissance.

Là, j'ai rien. Et je me retrouve avec ça.

Je peux pas m'en débarrasser.

Je connais pas la somme exacte,

mais je suis sûr qu'on peut s'arranger.

- Croyez-moi. - OK.

- Ça m'étonnerait. - Pourquoi vous dites ça ?

Emmanuel m'a parlé de vous.

C'est-à-dire ?

Égoïste, rancunier...

Vous avez plus de tunes, ne vous fatiguez pas.

J'ai des meubles très rares...

T'as 60 000 euros en liquide sur toi ?

Non ? Bon.

C'est ton gendre qui avait le fric.

Emmanuel gagnait bien sa vie, croyez-moi.

Mais il claquait tout.

Pourquoi vous avez pas voulu que je sois aux enterrements ?

Qui vous a dit ça ? J'ai tout fait pour vous retrouver.

Je serais pas venue. Je m'en fous, c'est trop tard.

Soyez gentille, donnez-moi cinq minutes. Vous vous trompez.

Enlève ton pied ou j'appelle la police.

Aïe !

Mais qu'est-ce que...

Oh, putain...

Bonjour, monsieur.

Excusez-moi de vous déranger, vous parlez français ?

Ouh... euh... non.

Non ? Not French ?

Bon. Alors, moi, mon English not good.

Euh... I would like to pay back

for a bike euh... that I...

Yes, it's a strange story.

Euh... Yesterday, you not here,

but moi, j'ai pris a bike.

Parce qu'urgence

et on the city, Gand, à Gand,

euh...

volé, you know ?

[il parle en anglais] But wait... Which bike ?

Bike euh... mauvais, not good.

How much ?

Ah, okay... Hum...

500.

500 euros ? Non, là, vous déconnez.

Excusez-moi, mais ça, c'est le prix d'un vélo très beau.

Allez... How much ?

Bah 300, et encore...

- Allez, it's cool. - 300.

Je vous assure que c'est le maximum.

Vous allez me harceler longtemps ?

J'ai l'habitude de payer mes dettes, mademoiselle.

[en flamand] Laisse-nous deux minutes.

- Tu t'en occupes ? - Oui.

C'est votre fiancé ?

Il va reconnaître l'enfant ?

C'est l'enfant de mon fils, j'ai besoin de savoir.

De savoir avec qui je couche ?

Ça vous regarde pas, non.

Votre fils aussi avait du level.

Je pouvais pas avoir de rapports au premier trimestre.

Pour préserver la grossesse et être sûrs que ce soit leur fille.

Maintenant, je peux me taper toute la Belgique.

Vous me dites que c'est une fille ?

Ouais.

Elle cumule tout. Un vrai boulet.

Vous allez l'élever chez vos parents ?

Non, je devais prendre l'argent

et me barrer avec ma fille pour reprendre mes études.

Je la mets à l'adoption.

Vous pouvez pas faire une chose pareille.

On peut pas l'abandonner. Elle a des parents.

Justement, non.

Vous êtes pas plus son grand-père que la donneuse.

Elle est quelque part ? Vous la voyez ? Non.

Vous confondez tout. La donneuse d'ovules était anonyme.

Moi aussi.

Je suis qu'une mule, je suis pas sa mère.

Cet enfant n'a pas de parents. C'est la vérité.

Si c'est pour l'argent, les parents de Joachim peuvent payer.

Je vais les convaincre.

Je la porte, je l'élève pas.

- Ils paieront le double ! - Je veux pas la garder !

C'est pas ma fille.

Dites-moi combien il vous faut.

- Combien pour changer d'avis ? - Ils donneront rien !

Je les ai appelés pour qu'ils m'indemnisent.

Ces chiens ont bloqué mon numéro.

Les avocats des garçons exerceront une pression.

Ils ne peuvent rien. En Belgique, la GPA est gratuite.

Les garçons me payaient au black.

OK ? Officiellement, il y a pas de transaction.

Ils m'ont menti.

Ils vont se sentir obligés de se racheter.

Perdez pas votre temps.

Elle va trouver des parents à l'adoption,

un truc qui ressemble à la normale.

Qui me sorte de cette merde.

- Non, vous pouvez pas... - Lâchez l'affaire.

- Ne faites pas ça, s'il vous plaît. - Je suis désolée.

[en murmurant] Putain...

Je ne le vends pas, je te dis.

- [sa fille] Mais pourquoi ? - Car ça vaut pas ce prix-là.

C'est une occasion en or.

Je l'ai acheté beaucoup plus cher que ça.

Tu t'es fait avoir. La commissaire priseuse te l'a dit.

Ma patiente le rachète,

car je m'inquiète pour toi.

Tu racontes mes affaires à tout le monde, toi ?

On s'en fout, c'est pas la question ! Réveille-toi, merde !

- [GPS] Faites demi-tour. - Oh merde...

Je vais vendre le cabinet japonais.

T'es malade. Tu vends pas le secrétaire de maman.

Tu vois, c'est pas si simple.

Tu me fais peur, papa.

Tu ne touches pas à ce berceau jusqu'à mon retour, Aude.

J'arrête de t'aider.

J'abandonne.

Oui, c'est mieux, s'il te plaît.

Je t'embrasse, ma fille.

Hmm, salut.

[sonnette]

- Je peux entrer ? - Oui, entrez.

Ça fait des semaines que je la cherche

alors que vous aviez son numéro depuis le départ.

Non seulement, ça.

Mais vous parlez en mon nom. Vous êtes complètement cinglé !

Elle voulait participer aux cérémonies.

C'est vous qui l'avez exclue de tout.

Maintenant, elle est braquée et veut filer le bébé à un orphelinat.

Tout ça, c'est de votre faute.

Si vous voulez.

Si ça vous aide à penser ça.

Moi, je vous dis que ça n'aurait strictement rien changé,

à part faire basculer ma femme dans la folie.

Oui. Je l'ai protégée.

Elle est tout ce qu'il me reste.

Vous, vous avez une fille.

Hmm ? Une fille qui peut encore

avoir des enfants.

Profitez de votre chance.

Bon, je vais vous dire.

Écoutez-moi, Peter.

Vous voulez la paix ?

Alors, il y a qu'une solution, il faut payer.

J'ai réglé tous les frais de rapatriement des cartons

de l'appartement de Londres.

Je ne vous ai pas demandé un centime, il me semble.

Presque tout appartenait à Joachim, mais je peux prendre ma part.

Dites-moi combien je vous dois.

Arrêtez, c'est ridicule.

Emmanuel n'avait pas d'épargne.

Il dépensait tout.

C'est Joachim qui devait payer la mère porteuse.

Elle y est pour rien, elle.

Votre fils s'est engagé.

Soyez à la hauteur de ses engagements.

Vous devez payer ses dettes.

Faire commerce de son utérus est illégal.

Que notre fils se soit trouvé dans une telle détresse psychologique

et qu'il en soit venu à accepter un marché pareil me fait mal.

Oui.

Et je méprise la femme capable de faire ça.

C'est clair ?

Elle est complètement paumée.

Elle est pas vénale. Rencontrez-la.

Depuis le premier jour, j'ai déconseillé à Joachim

de se lancer là-dedans.

C'est contre nature, Joseph. C'est insensé. La preuve.

Maintenant, le bébé est là, c'est trop tard.

Vous comprenez, c'est trop tard.

Si elle se sentait épaulée,

peut-être qu'elle reconsidérerait son choix.

Ou si on lui proposait de prendre l'enfant à tour de rôle

pendant les vacances.

Je sais pas, on trouverait à travers cet enfant

un lien avec nos fils.

Tout ce que nous leur devons,

c'est la justice pour ce qui leur est arrivé.

Rien d'autre.

On a besoin de vous, Joseph.

Ne vous trompez pas de combat.

Je peux pas, c'est impossible.

Même s'il y a une seule petite cellule d'Emmanuel dans ce bébé,

je ne lâcherai pas.

C'est ma petite-fille.

C'est comme ça.

C'est une fille ?

Oui, c'est une fille.

Ah...

Là, y a encore une rayure.

Oui, mais ça se voit pas.

Faut tout repeindre, c'est 1 000 euros.

Mille euros...

Un essuie-glace, c'est 500, une jante, le double...

Y a des barèmes par année, c'est pas moi qui choisis.

J'essaie pas de vous arnaquer.

Non, mais je vous crois.

Mais quand même...

Sept mille, pas plus.

Sept mille euros ?

C'est pas croyable. Vous savez combien je l'ai achetée ?

Chez un concessionnaire, neuve, avec toutes les options.

Vous voulez le vendre ailleurs, pour moi, y a pas de souci.

Elle est intérieur cuir.

Elle marche très bien.

Je pensais que ça avait une plus grosse valeur, quand même.

La valeur des choses, c'est comme on veut le voir.

Maman, y a le type de l'autre jour qui revient.

C'est pas vrai. Faut le dire comment ?

J'ai quelque chose pour vous.

C'est quoi ?

Vous verrez bien.

Ouvrez-moi.

Non.

Je veux voir.

- Ça va pas, toi. - Imagine, c'est de l'argent.

- Et alors ? - Je descends.

Ava, je t'interdis ! Reste ici !

Je devais toucher 30 000 au premier trimestre

et 30 000, après l'accouchement.

Ça, c'est un acompte, en attendant.

OK, merci, c'est gentil.

Après, ça ne changera pas ma décision.

Même avec un million d'euros, je la garderai pas.

Laissez-moi rentrer deux minutes.

Non, je suis désolée, je suis à la bourre.

Vous allez travailler ?

Non. D'autres questions ?

- Non, non. Bon, je vais vous laisser. - Voilà, c'est ça.

Au revoir.

Mamie ne peut pas te conduire à la maternité.

Elle a pas la force.

C'est quoi, ça ?

Tu peux pas me faire ça.

Maman !

Tu me vois là ?

Tu veux que j'aille où comme ça ?

Ah !

- Encore vous. Bonjour. - Bonjour.

- J'ai oublié de... - Elle fait sa vie.

- Tu m'amènes, rien à foutre. - Ne me parle pas comme ça.

[elle soupire]

Elle vous parle comme ça aussi ?

- Moi, je peux... - N'en rajoutez pas, s'il vous plaît.

T'as quoi ?

Je sais pas.

J'ai la gerbe, je me sens pas bien, je tremble.

Je tiens pas debout, je te jure.

OK, je fais comment, moi ?

Bah euh... Appelle ton père.

- Tu sais que c'est pas possible. - Que veux-tu que je te dise ?

- Bon, monsieur... - Tu vas où ?

Je me recouche. Je peux ?

Je suis enceinte, merde.

Et c'est de ma faute ?

Bon, monsieur, au revoir. Courage, parce que...

Bonne journée. Est-ce que c'est loin ?

- Je vous ai demandé de partir. - Vous avez les clés ?

Non. Vous comprenez "non" ?

Parce que je peux faire l'aller-retour.

Je n'ai plus de voiture, mais il me reste le permis.

Excusez-moi, ça fait longtemps que j'ai pas conduit une manuelle.

Mais ça, ça s'oublie pas.

C'est comme l'équitation.

Qu'est-ce que je dis... C'est comme le vélo.

C'est comme le vélo, ça se perd jamais.

Ah non, je fume plus depuis la mort de ma femme.

Je devrais pas lui fumer dans le cordon.

Je suis pas débile.

Avec toute la naturopathie qu'elle s'est tapée,

faut rééquilibrer.

Faut la préparer à la douche froide en sortant.

Non, prenez par là.

- Ah ouais... - Voilà, trop tard.

- Pardon. - C'est pas grave.

Par là, on se tapait les embout'.

Ils vous accompagnaient à tous les examens ?

Ah ouais, ils étaient à fond.

Vous voulez que je vous accompagne ?

Non, pas la peine. J'ai ma playlist.

Comme ça, s'ils m'engueulent, je m'en fous.

Ce bébé, il m'intéresse.

Puis la maman qui le porte aussi.

Je vous défendrai si le gynécologue n'est pas gentil.

[elle rit] Tu parles, c'est pour me fliquer.

Bah, je remplace mon fils.

Ah non, non, non. Il était moins relou que vous.

Je suis mes intuitions, c'est tout.

C'est ce que je dis, déter et relou.

[musique douce au piano]

C'est sa tête, là ?

Euh... non, c'est le rein.

Il est pas normal ?

[elle rit] Si.

[musique rap dans les écouteurs]

Y avait pas tout ça à mon époque.

Garçon ou fille, on savait pas.

On s'est souvent trompés avec ma femme.

[elle rit]

Ah, la voilà. Sa tête.

Vous voyez ?

Ici.

- C'est là ? - Oui.

Elle a le nez dans le placenta. Elle veut pas se montrer, la coquine.

Ça, c'est ses cheveux ?

Oui, elle en a beaucoup déjà.

Ah c'est incroyable, c'est comme moi.

Ma mère disait qu'on pouvait faire une natte à ma naissance.

Vous voulez écouter le cœur ?

- Oui. - Oui.

[musique douce]

[battements de cœur]

Voilà.

[femme] Mademoiselle.

[musique rap]

J'ai besoin de vous.

Vous nous laissez pour l'exam ?

D'accord, mais tout est normal ?

Taille mannequin, RAS.

Ah d'accord, merci beaucoup.

Elle est parfaite, cette échographie.

Vraiment, bravo.

J'y suis pour rien, moi.

Vous travaillez aujourd'hui ?

Je sais pas, vous allez pouvoir vous reposer ?

- Vous avez rien de prévu ? - Hmm.

Vous êtes fatiguée ?

Non, j'ai faim.

Bon, on va déjeuner alors.

Vous voulez aller où ?

- Hamburger ? - Hamburger ? Ah oui...

Pourquoi vous vous écriviez pas en français avec Emmanuel ?

C'est les garçons qui voulaient

que je lui parle les deux langues.

Ah ouais.

- Et faire de l'haptonomie. - De quoi ?

- De l'haptonomie. - C'est quoi ?

Être en connexion avec le bébé.

Vous me voyez avec leur tête collée à mon bide ?

Je peux prendre une taffe ?

Merci.

Aïe. Ouille.

Aïe.

Montrez-moi ça ?

Qu'est-ce que vous faites ?

Ah ! Mais vous êtes complètement folle...

- Vous auriez pu faire le coup du lapin. - Ça va mieux, non ?

Bon allez, j'ai la dalle.

Comment mon fils vous a rencontrée ?

Par des amis d'amis de Joachim.

En Belgique, c'est censé être gratuit. Avant d'avoir une sœur

ou une amie maso...

Et puis, moi...

c'était un hasard. Ça a tout de suite matché.

Ah oui...

Ils ont raconté un gros mytho au centre.

C'est quoi, un gros mytho ?

Un mensonge, quoi.

Ils ont dit que j'étais comme leur filleule

et que je voulais leur faire un cadeau.

J'avais déjà une fille, je remplissais toutes les conditions.

Ils étaient forts pour obtenir ce qu'ils voulaient.

Ils connaissaient les risques ici, mais ils voulaient pas traverser le monde.

Là, c'était pratique. C'était pas loin de Londres

et plus simple que la Californie.

Et moi, je me suis dit que ça valait le coup d'en chier neuf mois.

Appart, études payées, pas de comptes à rendre à mes parents.

C'était pas le même karma.

Vous avez mal à la tête ?

Non.

Vous mélangez médicaments et alcool ?

Pour dormir, ça la calme.

- Elle fout des coups la nuit. - C'est... c'est de la folie.

Prenez-en, ça vous fera du bien.

Vous êtes sûre que vous avez le droit de faire ça ?

- [en flamand] Je peux vous encaisser ? - [en flamand] Oui.

Non, laissez pour moi.

Combien je vous dois, madame ?

- [en flamand] 27 euros. - 27.

On est arrivés.

Rita.

[portière qui s'ouvre]

[portière qui se ferme]

Quand elle est comme ça, faut la laisser.

Sinon elle est trop chiante.

On n'a qu'à faire un petit tour en attendant ?

Et ta grand-mère ?

C'est pas ma voiture.

Vous connaissez la réserve du Zwin ?

C'est trop beau. On y est allés avec ma classe.

Ça vous dit de voir ?

Mais enfin, et ta grand-mère ?

Allez !

Vas-y.

Dès qu'elle est réveillée, je te l'envoie.

- Qu'est-ce que tu fais ? - C'est "Dworfi".

- Vous connaissez ? - Quoi ?

- "Dworfi." - Je connais pas.

C'est une chanson.

41 millions de vues.

Ah oui, quand même.

Allez, un petit tour. Elle est pas près de se réveiller.

J'ai dit non, mademoiselle.

C'est non négociable.

[elle soupire]

- [musique rap] - [elle rappe en flamand]

À toi.

[il rappe en yaourt en flamand]

J'y arrive pas.

Il faut partir plus tôt. Et t'es pas sur le bon beat.

J'en peux plus de la musique, Ava.

Vraiment, je fais des efforts, mais j'en peux plus.

C'est quoi tes plus grosses bêtises quand tu étais petit ?

Ma plus grosse bêtise ?

Là, comme ça, rien me vient à l'esprit.

Mais adulte, j'en ai fait un paquet.

Ça, c'est sûr.

Ah bon ? Quoi, par exemple ?

Une fois, j'ai fabriqué un meuble.

Tu vois, qui était très beau.

J'avais mis toute mon énergie.

Je l'ai vendu pas cher et tout le monde s'est foutu de moi.

Et un jour, par hasard, j'ai vu ce meuble dans un magasin.

Je l'ai racheté.

Mais je l'ai racheté plus cher que ce qu'il valait.

Alors on s'est encore plus foutu de moi.

J'ai rien compris.

C'est pas grave.

Bon, tu es sûre de toi ? Ça fait une heure qu'on roule.

Oui, on y est presque. Sûre à 1 000 pour cent.

Attendez, on fait quoi là ?

- La petite voulait... - L'engueule pas, c'est moi.

C'est n'importe quoi, on va où ?

Puisque tu dormais et que je savais pas quoi faire,

il a bien voulu m'emmener au Zwin pour voir les cigognes.

On fait quoi si j'accouche ?

J'ai autre chose à faire que du tourisme.

Vous avez des contractions ?

Qu'il est con, c'est pas possible.

Allez hop, demi-tour, fin du délire.

- Maman, on est à côté... - Tu remets ta ceinture !

T'es la meilleure maman si tu dis oui. S'il te plaît, s'il te plaît.

Faut vous décider, j'en peux plus de la route.

Je vois pas d'oiseaux, c'est chiant.

Attends une seconde. Sois patiente.

Quand j'étais petit, j'allais à la chasse

à la carabine avec mon grand-père.

Il me demandait de rester immobile pendant des heures.

Vous venez à la fête sur le grand canal ?

On pourra danser.

Non, Joseph va rentrer chez lui à Bordeaux.

Il doit s'occuper de ses meubles.

On va voir la mer alors ?

Non, on rentre direct, je t'ai dit.

Si son père la voyait, il regretterait d'être parti.

Je comprends pas. Il la prend de temps en temps ?

Ah non, il sait même pas qu'elle existe.

Elle assure grave.

C'est une boss à l'école.

Je veux pas qu'elle ait une mauvaise image de la femme.

Pas comme ma mère qui passe sa vie à subir.

Si je pouvais retourner en arrière, je ferais les mêmes conneries.

Avec la même conviction.

Ah moi, non.

Une gosse, ça bouffe tout. J'ai envie de vivre pour moi maintenant.

Mais, je sais pas...

Si vous aviez 100 000 euros ?

- 150 000 ? - Non, mais vous, ça y est.

Vous recevez 7 000 euros et vous êtes la Banque de France.

Il reste ma maison.

Si je la vends et que j'achète un appartement,

je peux vous dire que tout redevient possible.

Pourquoi vous feriez ça ?

C'est ce qu'Emmanuel aurait voulu.

Je sais pas si les garçons auraient été de bons parents,

mais à notre première rencontre, ça m'a choquée.

Ils le voulaient tellement, cet enfant.

Ava, va pas trop loin !

Elle peut trouver une famille blindée.

Avec des parents qui gèrent.

Y en a plein à l'adoption.

Non, mais attendez.

Imaginez qu'elle tombe sur une famille horrible.

Qu'est-ce qu'on en sait ?

Vous vous débrouillez très bien avec Ava.

Je peux la prendre de temps en temps pour vous soulager.

Vous pourriez venir toutes les trois.

À Pessac.

C'est pas mal, Pessac. C'est comme ici, pas loin de la mer.

Non... Et puis l'eau est moins froide.

Chauvin.

Je vous assure, c'est glacé ici. C'est pas possible.

C'est pas recommandé dans votre état.

Taré et chauvin.

Ava, va pas trop loin !

- Venez ! - Viens, maman !

- Non, non, non. - [Rita] Allez, venez !

- Non, c'est glacé. J'ai pas envie. - [Rita] Venez !

Soyez gentilles.

- Allez, va le chercher. - Non.

Ça m'angoisse.

- Non, non, non... - [Ava] Oh si.

Oh là là là. Attends.

- Allez, Joseph ! - C'est glacé, putain !

- Arrêtez, arrêtez. - Jusque-là, au moins.

[il crie]

[ils rient]

- [musique joyeuse] - Ne faites pas ça ! Revenez !

Oh, vous êtes bizarres.

- Revenez ! - Mais c'est glacé !

Poule mouillée !

Arrêtez, arrêtez.

Mais non, c'est pas vrai.

Revenez, allez, revenez !

- [porte qui claque] - [pas qui approchent]

Bonjour, maître. C'est très gentil de me recevoir.

Je suis pas gentille. Pragmatique, au plus.

Vous campez ici depuis ce matin, j'y mets un terme.

Alors... je vous écoute.

J'ai un rendez-vous dans trois minutes, soyez concis.

Bon, la mère porteuse veut placer l'enfant à l'adoption.

C'est son droit.

En Belgique, l'affiliation s'établit au nom de la mère qui accouche.

Comme rien ne s'y oppose dans la convention avec votre fils...

Non, mais... donc moi, je pourrais l'adopter ?

C'est une démarche très complexe.

Vous avez la nationalité belge ?

Elle veut vous confier l'enfant ?

Je ne veux pas abandonner cet enfant.

Cette jeune femme a un compagnon qui pourrait le reconnaître ?

Non. Non, non...

À moins de la convaincre que vous le reconnaissiez, je vois pas.

Vous voulez dire...

vous voulez dire comme père ?

Si elle y consentait, oui.

Mais...

j'aurais le droit ?

Ça reste déclaratif.

En cas de contestation de paternité avec un test ADN, oui.

Mais je vois pas qui vous embêterait.

Euh, je serai...

Je serai le père ?

Bah, officiellement, oui.

Bien. Je suis navrée, je n'ai pas le temps de poursuivre.

Mais elle, comment être sûr...

Il faut qu'elle renonce à ses droits parentaux.

Mais méfiez-vous.

J'imagine qu'elle n'a pas fait ça pour la cause LGBT.

- Non, je crois pas. - Soyez prudent.

Toutes mes condoléances pour votre fils.

Tu me demandes l'autorisation

pour devenir le père de l'enfant de mon frère.

C'est psychiatrique.

C'est purement administratif.

Je resterai son grand-père, et toi, sa tante.

Après, on lui dira la vérité.

Si tu as un enfant,

je me comporterais de la même manière avec lui.

Sauf que celui que tu veux élever, c'est celui d'Emmanuel.

Putain, même mort, il prend toute la place.

Qui te soutient depuis des années ? Qui te masse ? Qui est là ?

- Tu mélanges tout. - Mais oui.

Vends tout et donne tout à cette pauvre fille.

Viens pas chialer après, si tu m'as perdue.

Je comprends, Aude.

Non, tu comprends pas, sinon tu rentrerais.

Tu rentres ?

Bon voilà, fais ce que tu veux, ciao.

[frein du train]

[en flamand] Le train de Bruxelles

à destination de Gand entre en voie deux.

Voie deux.

Le train de Bruxelles à destination de Gand entre en voie deux.

Veuillez vous éloigner de la bordure du quai.

[en flamand] Le train de Bruxelles à destination de Gand entre en voie deux.

Bon, bah, c'est...

C'est moi, Aude.

J'aurais bien aimé t'entendre.

Euh... Tant pis.

Je t'embrasse.

[musique mélancolique]

Pourquoi t'es pas venu ? Elle était hyper bonne.

Il s'est trempé jusque-là. Il faut être sympa avec lui.

C'est vrai, elle était super bonne.

[musique rock]

- Bonjour. - [Ava] Bonjour.

Où est ta maman ?

Là-bas, en train de danser.

Excusez-moi.

Je peux vous parler quelques minutes.

Vous voilà, monsieur ! Venez danser.

C'est pas tellement bon dans son état.

- Elle n'est pas malade. - Vous êtes sûre ?

Allez, on danse.

Je vous attends là, à la table de votre fille.

Merci.

Tiens, bois-la. Elle est encore fraîche.

C'est gentil, je vais commander.

S'il vous plaît ?

Qui va la boire, alors ?

Toute façon, elles sont pas près d'arrêter de danser.

C'est gentil.

J'aurais bien aimé avoir une petite sœur, moi.

T'en as parlé à ta maman ?

Elle est obligée de la rendre, c'est son travail.

Votre fils avait les mêmes sourcils que vous.

Et la même bouche.

- [applaudissements] - [chanson païenne]

Ça se peut que le bébé me ressemble ?

Je sais pas.

Puisqu'on a été dans le même ventre, on est des sœurs, quand même ?

Oui, peut-être.

[Rita] Allez, mon cœur.

Allez venez, monsieur le grand-père.

- Non, vraiment je suis pas... - Allez, si.

- Je sais pas... - Venez, allez, hop !

[chanson païenne]

[musique douce et rythmée]

C'est toujours très difficile pour moi de danser.

Ma femme m'entraînait toujours dans des cours.

C'était épouvantable. Je vous assure.

[elle rit]

Mais enfin vous, vous sentez tellement bon.

[elle halète]

J'ai déjà fait l'amour comme ça.

Il y a longtemps.

Il était brusque,

c'était raté.

Mais... Ça ne m'a pas empêché de l'épouser.

Ce qu'on peut être con à 20 ans.

Oh vous savez, on l'est aussi à 68.

Vous voulez boire un verre ?

Non. Ça va aller.

- À plus tard. - À plus tard.

["Kom Naar Hier", Dworfi]

[elle rappe]

[il rappe en yaourt en flamand]

Arrêtez votre spectacle ! Je connais du monde.

Je ne dérange personne, je m'isole.

Personne m'écoute, ni vous ni Aude. Alors voilà ce que je fais.

♪ J'essaie de faire Que dans ta race tu trouveras... ♪

T'arrêtes de chanter là !

Je ne chante pas, je rappe.

Enfin, ça m'aide à réfléchir.

D'ailleurs, tout est réglé. Tout est réglé !

Y a plus aucun problème.

De quoi vous parlez, là ?

Tu vois que ça t'intéresse ! Voilà, c'est fini.

Je vais me déclarer le père en mairie.

- Ah oui ? - Oui, oui, oui.

- L'avocat me l'a dit. - Et vous voulez m'épouser aussi ?

Tout sera carré.

Avec un papier officiel, vous n'aurez plus l'autorité parentale, c'est fini.

Y aura pas un sou à verser. Rien !

Moi, je me souviens d'une nuit avec un enfant.

J'ai failli la jeter par la fenêtre.

Vous tiendrez pas une semaine. Et ça va retomber sur ma gueule.

Attention, hé oh.

♪ Moi, je suis en pleine forme ! Moi, je suis en pleine forme ! ♪

- Arrêtez ! - ♪ Ma fille habite pas loin ♪

♪ Elle pourra m'aider ♪

Car il faut que vous compreniez que ma fille va m'aider.

Là, elle est énervée, mais elle va m'aider.

Voilà ! Combien vous voulez ?

- Combien vous... - Garde ton fric ! Regarde-toi.

Tu crois que j'ai pas d'autres projets pour elle ?

On pourrait aménager un petit appartement

dans ma dépendance...

C'est n'importe quoi !

Ou trouver du travail. J'ai des contacts.

Tu rentres chez toi.

Tu t'occupes de tes meubles et tu attends de crever, OK ?

On fait ça à ton âge.

C'est toi qui vas faire ce que je dis maintenant.

Parce qu'il fallait y penser avant.

Il t'appartient pas ce bébé.

C'est pas vrai, il est pas à toi.

Tu entends ce que je dis ?

- Il t'appartient pas, c'est... - [elle crie de douleur]

Mais, qu'est-ce qu'il y a ?

- Qu'est-ce qu'il y a ? - Stop, attends.

- C'est pas vrai... - [elle gémit]

[musique festive]

Bien sûr que c'est grave, écoute...

Elle avait les mains ensanglantées. Je l'ai tué, je te dis. Je l'ai tué...

[en flamand] Venez, monsieur.

Je te laisse. Je te rappelle.

[en flamand] L'enfant arrive.

[en flamand] La transfusion n'était pas utile.

Et la péridurale, c'est trop tard.

Mais elle va y arriver.

Ça y est. Approchez.

[Rita halète]

[les sages-femmes l'encouragent]

[Rita crie]

[Rita halète]

[les sages-femmes l'encouragent]

[le bébé pleure]

[en flamand] C'est une fille. Félicitations.

[en flamand] Ça va ?

Voulez-vous couper le cordon ?

Ah...

OK...

Couper...

Couper...

[il parle en anglais] Here ?

Prenez-la ! Allez, prenez-la.

Prenez-la. Allez, cassez-vous.

Cassez-vous.

[le bébé pleure]

[il parle en anglais] Where ?

Ah ! Here.

Here, c'est...

It's good.

[musique douce]

[Rita halète]

[le bébé pleure]

- Ils lui font mal ? - Oh non.

Elle est costaud, tu sais.

Moi, j'étais petite comme elle ?

Oui.

En moins gueularde.

Tu cachais bien ton jeu, toi.

Elle me ressemble pas du tout.

Toi, t'étais toute jaune.

T'avais la jaunisse.

- Ah bon ? C'est grave ? - Non.

Moi, je crois que j'ai un de mes deux enfants

qui a eu la jaunisse.

Mais je ne me souviens plus exactement lequel...

Ah oui.

On oublie.

Ça passe tellement vite.

On n'a pas le temps de se retourner qu'ils sont plus grands que nous.

N'est-ce pas ?

Pardon...

Je suis désolée pour votre fils.

[Ava] En fait, on dirait Miaouss.

- C'est un Pokémon. - Ah bon ?

Et il est fort ?

Bof. Mais il peut évoluer.

[en flamand] Excusez-moi,

quelqu'un pourrait-il me donner le nom du bébé ?

Ils ont besoin du prénom. Ma fille vous a dit quelque chose ?

Mon fils voulait qu'il s'appelle Paul,

mais c'était pour un garçon...

- [en flamand] Il vous le confirmera. - [en flamand] OK, je serai là.

Mais sinon, choisissez.

Vous êtes libre.

Oui...

On va y aller, hein.

- Non, encore un peu. - Si, si.

Tu dis au revoir ?

- Au revoir. - Salut, bébé.

Au revoir, bébé.

Et à monsieur.

Au revoir.

Au revoir, Ava.

Allez-y, elle vous attend.

Merci.

Je marque le...

[en flamand] Oui, vous pouvez écrire le nom.

Oui.

[infirmière] "Paoline" ?

"Paoline" ou Pauline.

[musique douce au piano]

Monsieur, veuillez me suivre, s'il vous plaît.

- Installez-vous. - Merci beaucoup.

Tu me demandes une maîtrise...

Merde...

- Voilà. - [on toque]

Oui ?

Ils me laissent pas sortir avant demain. Et il faut que je la voie, donc...

- [Pauline gémit] - Voilà, c'est fait. Au revoir.

Elle s'appelle Pauline.

Je sais.

Comme Emmanuel voulait...

Ne remettez plus les pieds en Belgique. Elle non plus.

C'est clair ?

- [Pauline gémit] - Vous me lâchez maintenant.

J'ai tout lancé pour les papiers. Évidemment, y aura aucuns frais.

S'il y a besoin de la moindre aide ou d'un psychologue,

vous m'envoyez la note.

C'est pas la peine.

Tirez-vous juste.

Je prends ici tout le mou

et je le fais passer

dans la troisième couche.

Voilà, je ressers si besoin.

Ensuite, je vais dans mon dos,

je croise à nouveau assez bas.

Je vais le positionner ici.

Sur le côté, je vais faire un double nœud.

Mais ici, ça permet

d'être maintenue par les hanches et pas par le ventre.

Une femme qui a accouché doit préserver son périnée,

surtout si on a eu une césarienne. C'est douloureux.

Allez, on va rentrer à la maison.

Le voyage va être un petit peu long.

Hmm ?

[Pauline gémit]

J'allais pas vous laisser rentrer en train.

Le haut du visage, c'est toi, non ? Tu trouves pas ?

Regarde.

Non, parle pas de malheur, la pauvre.

Elle a l'air d'avoir des cheveux moins pourris, c'est déjà ça.

Tu peux m'offrir un sandwich ou je suis complètement déshéritée ?

Je te présente ta tante.

Elle s'appelle Aude. Elle a un caractère épouvantable.

Mais comme c'est la seule qui me supporte,

va falloir que tu t'y fasses. Oh oui !

- [Pauline gémit] - Voilà.

On dirait que t'enfiles un paréo, ça va pas du tout.

Je suis pas garée loin, je la porte à la voiture.

Non mais j'ai raté une étape.

Ça, ça devait être en dessous.

Une poussette, c'est pas mieux ?

C'est pas pratique.

Non, je vais pas m'arrêter de vivre.

Je veux être libre de mes mouvements, voilà.

Alors voilà, euh...

Alors c'est Aude, ma fille.

- Et c'est Rita et son fiancé. - Vous partez ?

Oui.

- Nous aussi. - Ah...

Et tu vas où ?

Je vais un peu chez lui et on verra...

Vous rentrez directement en France ?

Euh... bah oui.

Oui, oui.

Et c'est beau ?

Très.

Très chauvin.

[Aude rit]

- Salut, Joseph. - Au revoir, Rita.

Non, non, non.

Je t'expliquerai.

[musique douce]

[quelqu'un joue du piano]

Voilà les clés.

Gardez-la, je m'en sers pas.

J'ai vu avec le garage,

je vais reprendre un leasing.

Elle a besoin de rouler. Elle va s'abîmer au parking.

Vous me rendez service, Joseph. S'il vous plaît.

Bon, dans ce cas alors... Merci.

Encore du champagne ?

Euh... oui, vous êtes gentille, merci.

[Pauline babille]

T'aimes pas l'avion,

mais faudra que tu lui prennes un passeport.

On part à Fort-de-France.

Ah...

Mais c'est sûr alors ?

Et... et ton travail ?

J'ai eu la copine de Vincent

au téléphone et effectivement, y a un vrai besoin dans son cabinet.

Donc voilà...

Je me lance.

Elle aura vite des clients.

- [Pauline babille] - Je m'en fais pas.

D'accord.

Bon...

Bon ben, formidable.

Et je reviendrai aux grandes vacances.

Oui, on verra comment on...

Non mais c'est bien.

C'est bien.

Sinon j'ai des chocolats à l'ail.

C'est particulier, mais moi, j'aime beaucoup.

- Vous voulez goûter ? - Non, merci.

- J'ai assez mangé. - Oui, merci.

[Pauline pleure]

Elle est en train de se réveiller.

Qu'est-ce que tu as ?

Oui, oui, oui, voilà.

- Ça va ? - [Pauline babille]

Vous voulez la prendre un peu ?

[femme] Non, ça va, je vous remercie.

Ah, c'est incroyable les progrès.

À cet âge, ils absorbent, vous pouvez pas imaginer.

Oui, mon chéri...

Ah bah !

Elle est pas commode au réveil quand elle a pas dormi.

Mais elle peut faire de beaux sourires, hein ?

- [une porte claque] - Qu'est-ce que ce courant d'air ?

Tenez-la-moi une seconde.

[Pauline babille]

[en flamand] Elle ne ressemble pas à son fils.

Il dit n'importe quoi.

Elle doit avoir tout hérité de la donneuse.

Je n'en sais rien.

Et puis, on s'en fiche.

On aurait peut-être dû la reconnaître.

Les histoires d'adoption,

il y en a plein la Bible.

Et j'aurais été grand-mère.

Ça suffit, cette comédie.

[Pauline pleure]

Pose-la dans son berceau, on est partis.

Fais-le toi-même.

[Joseph] Elle doit avoir faim.

C'est pas l'heure du biberon.

Je sais pas comment la faire patienter.

C'est pas l'heure du biberon, chérie...

Écoute, donne-lui.

Nous y allons de toute façon.

Oui, mon chéri...

Vous êtes sûrs que vous voulez pas rester ?

Nous avons beaucoup de route et je n'aime pas conduire de nuit.

C'est vraiment gentil d'être passés.

- C'est un plaisir. - Merci, au revoir.

Au revoir.

- Au revoir. - Ne nous raccompagnez pas.

- Restez au chaud. - Merci.

T'as vu comme ils étaient gentils, les parents de Joachim ?

Bah oui.

Ils étaient gentils.

Pas hyper expressifs, mais gentils.

Je suis ravie.

Merci.

Oui... c'était pas très compliqué, honnêtement.

Le vernissage au tampon est juste...

Tout est parfait.

J'imaginais pas votre atelier comme ça.

Ça a un charme fou !

Et vous avez des belles pièces.

Oui, ça dépend des moments.

Je voulais vous dire, j'ai un pied-à-terre en Dordogne.

C'est une bâtisse du XVIIIe.

Y a un gros travail de restauration.

Je me demandais si vous seriez partant pour voir mes boiseries ?

Le village est très mignon et je vous héberge, évidemment.

Oui, je... Pardon... Je ne vais pas pouvoir...

Je peux pas, je suis désolé.

J'imagine que la petite vous occupe beaucoup.

Vous pouvez venir avec elle, elle est tellement mignonne.

Merci, non. C'est très gentil.

Je comprends.

- Je vous l'apporte dans la voiture ? - S'il vous plaît.

Voilà.

Bonjour.

Je file à la salle des ventes.

Je vous souhaite une très bonne journée.

Merci, vous aussi.

- La petite est réveillée, je crois. - Ah oui ?

- Bon, bonne journée. - Bonne journée.

Mais c'est pas vrai. Qu'est-ce que j'en ai fait ?

Bon, allez.

On va mettre celui-là, hein ?

Voilà.

C'est pas grave.

Il est un peu grand.

Ta grand-mère gardait tout.

C'était à ton papa.

Allez, on y va ! En route, ma chérie.

[sonnerie]

Tiens, y en a une qui a oublié quelque chose.

[le portail s'ouvre]

- Maman a retrouvé mon père ! - C'est pas sûr.

Il bosse sur un chantier à Biscarosse, comme c'est sur la route...

[Pauline gazouille]

Elle a trop changé.

Elle marche ?

Non, non.

Elle commence tout juste à...

à se tenir assise, puis à prendre tous les objets

et les jeter par terre.

[Ava] Il fait froid chez toi !

On peut aller dedans ?

Évidemment ! Vous avez dîné ?

On passait juste comme ça.

- T'as des frites ? - Des frites ?

Oui, je crois. On peut se débrouiller.

Ava, on reste pas.

[Pauline gazouille]

Elle l'avait sur les yeux.

Venez boire un verre au moins.

Allez.

Cinq minutes alors, d'accord ?

Vous êtes pressées ?

[Ava] Non, pas du tout.

Comme ça, au retour, vous pourrez...

On pourra pas.

Non, mais juste, tu sais, boire un thé.

Je sais pas, pour couper la route ?

Te fais pas des idées. On est que de passage.

Oui, j'imagine.

J'imagine.

Je voulais juste que tu saches,

je sais que c'est pas ton genre,

au cas où tu changerais d'avis...

Crève.

Tu te rends compte qui on a à dîner ?

[Ava] Pourquoi t'as coupé ta barbe ?

- C'était mieux avant. - Ah bon ?

[musique douce au piano]

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