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1 Je suis Uhtred, fils d'Uhtred.
Je prêtai allégeance à Alfred et vainquis Sigefrid et Erik.
Mais ils firent leur retour.
Avec leur armée, ils prirent Lundene.
Les dieux sont avec nous !
Alfred envoya un prêtre pour négocier avec eux...
Pyrlig est un ancien guerrier.
... tout en poursuivant sa tentative d'unification des royaumes.
- Je vais me marier ? - Lequel d'entre vous est Aethelred ?
Alfred n'aurait pas pu choisir pire fiente pour gendre.
Je pus enfin délivrer ma sœur, Thyra,
et mon ami Beocca trouva l'amour.
Je ne peux plus me passer de vous.
Ne craignez plus.
Quant à moi, je parlai à un mort
en souhaitant que sa parole se réalise.
Selon lui, je devrais être roi du Wessex, et vous aussi seriez roi.
Tu seras roi de Mercie. Roi des Saxons et des Danois.
Ce que nous avons vu, vous y croyez ?
Je dois maintenant décider à qui rester loyal.
Mais n'oublie pas : tu as été élevé par des Danois.
Le destin est souverain.
C'était rapide, comme toilette !
À la mode des Saxons.
- L'eau est trop sale. - Elle est très bien.
Et personne ne nous voit...
On va être en retard au mariage.
Je repense à ce macchabée, Bjorn.
- Uhtred, non. - Tu ne veux pas être reine ?
De Bebbanburg, si.
Mais profitons plutôt de cette belle matinée.
Juste toi et moi.
Et quelques chasseurs.
Qui est-ce ?
Aethelred.
De Mercie.
Uhtred de Bebbanburg.
- Je vous croyais disparu. - Aethelred.
Vous avez donc sorti la tête du cul du roi.
Momentanément.
Il dort.
Il doute de votre loyauté.
Comme d'habitude.
Il me dit que vous fricotez avec ces païens de Danois.
Comme celle-ci.
Uhtred, tu es attendu.
Entre vos cuisses, ma chère ?
Du calme.
- Vous n'oseriez pas. - Vous trancher le nez ?
- Faut voir. - Uhtred, on nous attend.
Uhtred, lâchez-le.
S'il vous plaît.
Le seigneur s'excuse, madame.
Rien du tout.
Evitons un bain de sang.
Nous sommes fautifs
et trop orgueilleux.
Ce qu'on dit de vous est vrai.
Vous n'êtes qu'un chiard capricieux.
Je vous apprendrai le respect.
Monseigneur.
Brisons là.
Oui.
J'ai la confiance du roi !
C'est un avertissement !
ROYAUME DU WESSEX
Je veux sa tête.
C'est trop tôt.
Alfred se passerait volontiers de lui,
- mais il connaît sa valeur. - C'est un païen.
- Mais il tue des Danois. - Il tue des Danois,
il survit à l'esclavage,
il sauve les enfants et les souris, je parie.
Même ma future femme chante ses louanges.
Laissez-nous.
Je ne l'aime pas.
Et c'est réciproque.
Depuis le départ.
Vous êtes une menace pour lui.
Et il en est une pour vous.
Notre espoir, c'est le Danelagh.
Par chance, les choses vont s'aggraver.
Et ils aiment guerroyer.
- Souhaitez-vous la guerre ? - En tant que Mercien,
je souhaite vous voir couronné roi de Mercie,
puis du Wessex.
Pourquoi pas ?
C'est Alfred qu'il faut éliminer.
Et pour cela, une guerre serait nécessaire.
De quoi ai-je l'air ?
D'un souverain.
Aethelflaed a de la chance.
J'en suis témoin,
vous êtes liés
pour toujours.
Attachés l'un à l'autre comme mari et femme.
- Une prière ? - Je n'en connais pas.
Je vais en dire une.
Hild !
Merci.
Prions
que Dieu, Ses saints et tous les anges du Ciel
vous bénissent.
Prions que cette union entre Danois
et Saxon
soit le symbole d'une terre commune à tous.
- Et qui ne reconnaisse qu'un Dieu. - Bien entendu.
Amen.
- Amen. - Amen !
Quand allez-vous lui dire ce qu'a vu Sihtric ?
Que le fantôme n'existe pas ?
Si je lui dis, Sigefrid l'apprendra.
Laissons-les croire qu'on y croit.
Vivement le mariage.
Un certain mariage royal.
Un remède aux maux de l'âme. L'agitation, la fête...
J'hésite encore, alors ne parlez pas de ce fantôme.
Dire que des nobles sont venus de Francie
pour voir la belle Aethelflaed épouser ce bellâtre fadasse.
Bonne description.
En plus, le sieur aura droit de la trousser
toute la nuit.
Taisez-vous.
- C'est la vérité. - Taisez-vous.
Sinon ?
- L'Irlandais ? - Je vous tuerai dans votre sommeil.
Elle est magnifique.
Elle est trop bien pour lui.
Qu'attend-on ?
Sihtric a vu quelque chose ?
Il n'a rien vu du tout.
Vous êtes très belle.
Dieu m'accorde un bienfait que je ne mérite pas.
Dieu tout-puissant,
nous voici réunis devant vous, en ce jour
de grâces et de célébration.
Permettez.
Je dis tout simplement
que le pouvoir, que la richesse,
que les terres qui vous reviennent vont être à lui.
- Faites-le taire. - C'est ça, allez-y.
Mais au fond de vous et de votre bourse,
- vous savez que c'est vrai. - Vas-y.
Tout ce que je veux dire,
c'est que le fantôme a raison.
- Monseigneur ? - C'est une trahison.
C'est ce mariage qui est une trahison !
- Monseigneur ? - Ce mariage trahit
- le Wessex et ses hommes. - Comme vous ?
Alfred mort, je suis le successeur légitime.
- Mais il veut d'autres héritiers. - Excusez-moi.
Dégage.
- Je suis Osferth. - Un moine.
Un moinillon.
- Dégage. - Monseigneur, vous...
connaissiez mon oncle.
Il s'appelait Leofric.
C'était un brave.
Tu es le bâtard du roi Alfred ?
J'aimerais me rallier à vous, monseigneur.
Comme l'avait fait mon oncle.
- Pas besoin de moine. - Je veux être guerrier.
Monseigneur.
Je veux servir en tant que guerrier.
Uhtred.
Uhtred, on vous demande.
- Le roi ! - Bon banquet.
Toi, là !
À plus tard.
Trouve-toi une épée et jette ta croix.
Merci, monseigneur. Sans faute.
Sire.
On vous a vu.
- Où ça ? - Quitter Winchester.
Entrer en Mercie saxonne et traverser Watling Street.
Être allé au Danelagh,
ça mérite une explication.
- Et la vérité. - Quelle affaire vous amenait
- au Danelagh ? - Celle du roi.
Sire, c'était pour vous.
Dois-je parler en public ?
Pourquoi pas ?
Lundene est tombée.
Aux mains des Frères.
Impossible.
- Qui dit cela ? - Mes lèvres ont bougé.
Ils sont en Francie.
Ils l'étaient. Plus maintenant.
Ils ont une flotte et une armée à Beamfleot.
Ils sont remontés et ont pris Lundene.
Si c'est vrai, c'est inacceptable.
Lundene est à la Mercie.
- Ils vont bloquer le fleuve. - Assurément.
Sauf votre respect, seigneur Uhtred,
on ignore toujours ce que vous faisiez au Danelagh.
Qui êtes-vous, déjà ?
Aldhelm, le commandant de la garde du seigneur Aethelred.
- Je vous l'écris ? - Répondez, Uhtred.
On m'avait invité, madame. À Padintune.
On m'a proposé de rallier Sigefrid et Erik.
Pour devenir roi de Mercie.
- Qu'avez-vous répondu ? - Il est ici, non ?
Cela me paraît clair comme réponse.
Je ne vous ai pas vu, à l'église. J'espère que vous y étiez.
J'y étais, madame, bien sûr.
Vous étiez resplendissante.
Merci.
Ma chère.
- Nous parlons d'un sujet sérieux. - Je sais.
Les Danois comptent-ils rester à Lundene,
ou veulent-ils être payés ?
Bonne question.
Après celle de votre loyauté.
- Nous offrirons de négocier. - Tout à fait.
Après les festivités, vous et Aethelred
irez sur place évaluer leurs forces.
Excellente initiative.
Si vous aviez tué
les Frères en Northumbrie, rien de cela ne serait arrivé.
Majesté, puis-je savoir
quel marché a été conclu en Northumbrie ?
Pourquoi les Frères furent épargnés ?
Uhtred m'a tout raconté.
Il a vaincu Sigefrid au combat
et l'a épargné pourvu qu'ils quittent le pays.
Pour préserver la vie de ses propres hommes.
Cela s'appelle une négociation,
seigneur Aldhelm.
Mais nous pâtissons des conséquences.
Toute décision est suivie de conséquences.
Occupons-nous plutôt du présent.
À votre sagesse, sire.
Ma chère.
Vous n'avez pas à intervenir dans une discussion
qui se change en conseil informel.
Sur des questions de guerre.
Ces questions me passionnent, monseigneur.
Mon père m'encourageait...
Vous n'êtes plus la fille du roi.
Mais ma femme.
C'est à moi que vous obéirez.
Vous êtes si délicate.
La politique m'intéresse. Avec le roi, nous parlions...
Vous êtes de Mercie.
Vous êtes ma reine.
Vous prenez-vous pour un roi ?
Vous m'êtes précieuse comme une reine.
Mais votre ton et votre insolence me déplaisent.
Ce que je voudrais
c'est vous
sur le ventre,
sur le lit.
Mais...
Votre mari veut vous monter.
Sur le ventre.
Qu'est-ce ?
De la désobéissance ?
De la confusion, monseigneur.
Dois-je vous rendre au Wessex ?
Inutilisée, mais ternie ?
Vous n'oseriez pas.
Nous verrons.
Monseigneur !
Je suis à vous.
C'était une bonne journée.
Oui.
- Mais c'est bien qu'elle se termine. - Sire ?
Puis-je vous parler ?
Madame, ce ne sera pas long.
Assurez-vous-en, Odda. Le roi est fatigué.
Sire.
Ne sous-estimez-vous pas Uhtred ?
C'est un guerrier accompli et il a toujours été loyal.
Nous en avons déjà parlé.
Il se comporte comme un parjure.
Il peut être un peu rebelle.
Il est allé au Danelagh sans nous consulter.
Si je tolère cela, c'est qu'il est bon guerrier.
Sans cette incartade, nous aurions ignoré la chute de Lundene.
Ne doutez aucune seconde de l'ambition d'Uhtred.
Il aura été tenté par l'offre des Frères.
Mais il est revenu, sire.
Pour quoi faire ?
Espionner, ronger son frein ?
Il n'a donné cette information qu'en étant sommé de le faire.
- C'est vrai. - Demandez-vous pourquoi.
Je l'ai souvent dit,
mieux vaut l'avoir avec moi que contre moi,
mais il n'est pas pieux et ne le sera jamais.
Reposez-vous bien, Odda, vous en avez besoin.
Qu'est-ce qui te tracasse ?
Uhtred sait que le fantôme n'existait pas.
- Tu crois ? - Oui.
On aurait dû lui parler d'homme à homme.
Il sait que c'était une ruse ?
Oui.
Possible.
Mais tu n'en es pas sûr ?
Non.
- Et ta douleur ? - Pareille.
Constante.
Comme un rappel que je suis vivant.
Que je dois vivre.
Si Uhtred est au courant de la ruse,
il viendra.
- Avec l'armée d'Alfred. - Oui.
Une bonne occasion de le tuer.
On peut lever la plus grande armée que ces côtes aient jamais vue.
C'est faisable.
La Tamise serait noire de bateaux. De Danois et de Vikings.
Il faut seulement jouer fin.
- Et être patients. - Patients ?
Le sang devra couler, mon frère,
mais nous pourrions devenir rois.
Adieu Aethelstan,
adieu Aethelred,
adieu Alfred,
adieu Uhtred.
Lundene est mal famée, paraît-il.
Oui, mais elle regorge d'animations de toutes sortes.
On dit que les femmes sont harcelées et qu'on repêche
des noyés tous les jours.
Deux fois par jour ! À chaque marée.
Ce n'est pas Winchester. Mais un an ici en vaut dix ailleurs.
- Pourquoi n'y vis-tu pas, alors ? - Pour finir noyé ? Tu rigoles ?
Qui dit qu'ils ne nous tueront pas pour rallier les Frères ?
Je me le suis demandé aussi.
La réponse, c'est que vous êtes le gendre du roi.
ROYAUME DE MERCIE
- Vous avez l'air en terrain connu. - J'ai vécu ici.
Avec Ragnar le preux, quand j'étais petit.
Et danois.
Nous avons un atout,
Lundene est dure à défendre. C'est trop grand.
Même l'enceinte de la cité romaine est trop étendue.
Les Frères sont vulnérables.
C'est beaucoup dire.
Mais la ville a connu de nombreux envahisseurs.
On y est presque. C'est moi qui parlerai.
Demandez-leur à manger et à boire.
Mon ventre crie famine.
- Comment peut-on mourir de ça ? - Décapite-le.
- Et finissons-en. - Non.
- Je veux comprendre. - La croix tue lentement.
Cela prend des jours. C'est à la fois une torture
et une exécution. Contrairement aux Saxons
et aux Danois, les Romains étaient malins.
Voilà. Tu as ta réponse.
- Coupe-lui la tête. - Bien.
Et s'il vous plaît,
faites de même pour moi quand mon tour viendra.
- Tu parles trop. - Oui.
Tuez-moi promptement.
Que Dieu nous garde.
C'est une mort. Rien de plus.
Seigneurs.
Voilà Uhtred.
Uhtred Ragnarsson.
Le futur roi de Mercie.
Bienvenue à Lundene,
ton futur fief. Si tu le désires.
Sigefrid.
- Tu ne veux plus ma peau ? - C'est du passé.
Ma nouvelle main me plaît, finalement.
Faut juste faire attention en se torchant.
Ravi de te voir ici, Uhtred.
- Qui sont tes amis ? - C'est Aethelred.
- De Mercie. - Monseigneur.
C'est vous qui allez épouser
- la fille d'Alfred ? - Non, monseigneur.
Je l'ai déjà épousée.
- C'est une bonne monture ? - Je ne me plains pas.
Que fait-il ici ?
Je suis venu vous demander votre prix.
- Pour quitter Lundene. - Alfred veut négocier.
Je veux négocier.
On vient d'arriver, pourquoi partirait-on ?
Vous êtes des guerriers.
Et la ville est indéfendable.
Alors négocions.
C'est une menace ?
Votre prix.
Oui, on dirait.
Je vous demande de vous retirer. Contre de l'argent.
Notre prix sera en nature.
Votre femme, Aethelflaed.
- C'est absurde. - Elle est belle, intelligente.
Bonne à marier.
Et bonne à trousser. On partagera.
- C'est ma femme. - Ils vous taquinent.
Vous nous offrez à boire ?
- La route a été longue. - Entendu, seigneur Uhtred.
- Et de quoi manger ? - Du pain rassis,
mais mangeable.
On dit que tu as vu le fantôme.
- Oui. - Il a parlé ?
D'un certain plan, oui.
Parles-tu pour Ragnar
et ses hommes ? Vous êtes avec nous ?
- Je suis là. - Certes.
Mais pour Alfred ? Ou pour toi-même ?
Ragnar est dans le Nord. Le temps qu'il prenne une décision...
Je ne peux rien garantir.
- D'où viennent vos prisonniers ? - Du cul de Guthrum.
Il se nomme Aethelstan, à présent.
Guthrum est une pauvre chiure.
Ses prêtres viennent supplier à Beamfleot.
Pour qu'on dépose les armes. Et pour faire quoi ?
Élever des moutons ?
D'autres le font.
Il n'y a pas de bergers au Valhalla.
Vous allez crucifier tous les prêtres ?
Ça amuse Sigefrid.
- Je veux voir comment ils agonisent. - Lentement.
- Une mort cruelle. - Le prêtre a dit ça.
Il a raison.
Ce prêtre n'a que la peau sur les os.
Qu'il se défende.
Les Romains utilisaient cette place pour ça. Combattre.
Il mourrait trop facilement.
Sauf s'il y a une récompense. Comme la liberté.
Pourquoi ?
L'étriper, c'est mieux que de le clouer à un bout de bois.
Où est le plaisir ?
Boltan !
On a envie de se divertir !
Tu es prêt à tuer un prêtre ?
Une seconde.
La pointe en avant ?
Si je le tue, je suis libre, c'est bien d'accord ?
- C'est ça. - Tu entends, Boltan ?
- Il compte te tuer ! - Oui.
Tu es prévenu.
J'en frémis. Épargnez-moi cette épreuve !
De grâce.
Debout, prêtre.
Achève-le !
Je ne tuerai pas ce crétin. Ça ferait pleurer sa mère.
Ai-je votre parole de guerriers
- que je suis un homme libre ? - Tu as ma parole, prêtre.
Si vous combattez tous aussi mal,
Alfred vous boutera sans peine hors d'ici.
Pose ton épée.
Volontiers.
Elle pèse son poids.
Poussez-vous.
Où as-tu appris à te battre ?
Au monastère ?
Je suis Briton. Je tue des Saxons depuis que je suis né.
Rejoins-nous. Rejoins-moi.
Il y a dix ans, j'aurais peut-être dit oui.
Mais aujourd'hui, je me bats pour mon Dieu
et ma liberté, semble-t-il.
Si vous permettez, je repars avec le seigneur Uhtred.
On doit d'abord s'accorder sur un prix.
J'espère.
Combien ?
Pour quitter Lundene ?
- Leur refus est troublant. - Pourquoi ?
Plus ils tergiversent, plus le prix de Lundene monte.
Avez-vous évalué leurs forces ?
Pyrlig, le prêtre, parle d'un millier d'hommes.
- On peut en réunir trois fois plus. - Lundene n'est pas un champ.
- Le nombre ne fait pas tout. - Bien sûr que si.
Nous mènerons le siège.
- Il faut être nombreux. - Peu importe les pertes ?
La victoire se gagne au prix de morts.
Je ne perdrai pas d'hommes par désinvolture.
Il faut un plan d'action.
Et vous en avez un.
On force une porte en masse,
on fait entrer un groupe
par une deuxième porte.
- En attaquant de la terre ferme ? - Oui.
- Pas du fleuve ? - Non.
Ce serait une meilleure tactique.
Moins prévisible.
Y a-t-il une porte près du fleuve ?
- Oui, nommée Ludd Gate. - Parfait.
On rame sans bruit, dans l'obscurité, et on les surprend.
Le courant est trop fort pour débarquer sans risque.
Mais si monseigneur
estime que des soldats au fond de l'eau sont utiles,
laissons-le faire.
J'entends vos conseils, Uhtred,
mais puis-je m'y fier ?
Pardon ?
Les Frères vous nomment "futur seigneur de Mercie".
- "Le futur roi", sire. - Pourquoi ?
Pourquoi roi ?
Qu'avez-vous dit ?
- Qu'avez-vous conclu ? - Rien.
- Comment vous croire ? - C'est lassant, sire.
Lassant pour qui ?
Vous me servez,
mais vous agissez en espion. Vous allez et venez au Danelagh,
vous ne dites pas tout, faites des secrets
et refusez de reconnaître l'existence de Dieu.
Vous me servez avec réticence !
- Mais je le fais. - J'ignore qui vous êtes !
Je ne le saurai jamais.
Je ne vous comprends pas.
Et cela me tourmente de plus en plus.
En prime, voilà que mes ennemis
vous traitent de roi !
Et vous, de fouine.
Les deux sont faux.
Impossible.
Planifions l'attaque. Laissez-nous, Uhtred.
- Retirez-vous. - Avec plaisir.
Si besoin, vous me trouverez à l'auberge.
Sire,
sauf votre respect, cette insolence
mérite d'être punie.
Ce n'est pas votre affaire, mais celle du Wessex.
- Uhtred rentrera à Coccham. - Nous sommes à l'orée d'une guerre.
- Se priver d'un tel guerrier... - Uhtred rentrera à Coccham.
Je vais à l'auberge l'en informer personnellement.
Comme vous voudrez.
Recrutez 1 000 hommes. Nous en enverrons autant.
- Bien. - Mes instructions
suivront, par écrit. Boutez les Frères hors de Lundene.
Ce sera fait, sire. Merci.
Steapa.
Oui, sire.
Avez-vous confiance en Uhtred ?
À la vie à la mort, sire.
Il trouve que je bois trop.
Et dernièrement, ce n'est pas faux.
Vous aimez le goût, monseigneur.
Plutôt l'effet.
Je vieillis, Uhtred.
Et je n'ai pas de fils pour prendre ma relève.
J'ai gâché ma vie.
Non.
- Pas du tout. - Ne l'abandonnez pas.
Pas tout de suite.
Je ne suis pas un parjure.
Mais comment servir un homme qui doute de moi ?
À qui j'ai tant donné.
Il ne voit que ma singularité.
Et moi, je ne vois que sa piété.
Je commence à le mépriser.
Je l'ai interrogé,
et mes doutes n'ont été que renforcés.
J'aspire à une Angleterre unifiée sous la bannière divine,
et je dépends de la force d'un impie.
- L'épée d'un païen. - Ce n'est pas cohérent.
En effet.
Et si tout cela n'était qu'une tentation du Diable ?
M'offrir un guerrier apparemment loyal et brave,
qui peu à peu ronge mon âme et trouble mes convictions ?
Majesté, le Diable s'y prendrait bien ainsi.
Mais je vous assure que votre âme est intacte.
Je le saurais, sinon.
Uhtred ne changera pas. Il restera impie jusqu'à sa mort.
Et vous ne changerez pas non plus.
Votre foi ne fera que croître.
Vous êtes le roi élu de Dieu, monseigneur.
Mais mon bras droit est païen.
A-t-il votre entière confiance ?
Non.
Impossible.
Alors séparez-vous de lui.
ROYAUME DE MERCIE
J'ai dans la main une lettre
du roi Alfred, du Wessex.
Il nous promet
mille hommes en renfort !
Mille hommes exigés par le seigneur Aethelred,
afin que nous combattions aux côtés de la Mercie
pour débarrasser Lundene
de cette vermine puante et vérolée,
de ces répugnants et infâmes pourceaux
que sont les Danois !
À nous !
À la santé
des guerriers de Mercie.
Là où nous irons, Alfred et le Wessex nous suivront.
Nous nous lèverons.
Nous nous lèverons !
Vive la Mercie !
Vous picorez comme un oiseau.
Cot, cot, cot.
Je n'ai pas d'appétit.
Nous prenons la route demain.
- Accompagnez-moi. - Au combat ?
Juste un bout de chemin.
À moins que cela vous ennuie.
Non. Je viendrai volontiers.
Alors mangez.
Prenez des forces.
Dehors.
Sortez. Tous.
Votre teint est si pâle.
Si pur.
- Mon contact vous offense ? - Non, j'ai été surprise.
Rien de plus.
L'amour devrait être doux et tendre, monseigneur.
"Doux et tendre", dit-elle.
Que savez-vous de l'amour ?
- Rien. - Je ne suis pas le premier ?
Ne m'insultez pas.
Gardez vos leçons
- sur l'art du troussage. - Nulle leçon ici.
Qui était-ce ?
- Y en a-t-il eu plusieurs ? - Je vous en prie.
- Uhtred est l'un d'eux ? - Ne me parlez pas ainsi !
Pourquoi ? Vous êtes ma femme !
Je suis Aethelflaed de Wessex !
Ne me traitez pas comme une servante !
Je vous interdis...
Je vous interdis formellement
d'employer ce ton de harpie !
Vous verrez un prêtre.
Et j'en aurai le cœur net.
Votre cœur est dénué d'amour.
Vous verrez un prêtre !
DOMAINE D'UHTRED, WESSEX
Père Beocca.
J'ai à vous parler.
De prière.
Cela ne peut pas durer.
Je crains de ne pas être le premier.
Avec ma femme.
Le premier ?
À la posséder.
- C'est la fille du roi... - Je veux la preuve de sa pureté.
Vous l'avez interrogée à ce sujet ?
Je veux la vérité.
Peut-on tester sa parole ?
C'est Aethelflaed.
Dois-je m'adresser à un autre prêtre ?
- Que ma femme ne connaît pas ? - Seigneur Aethelred !
Bienvenue à Coccham.
La perle du Wessex !
Uhtred vous attend.
Il y a bien un moyen. Dans les livres saints.
Alors faites.
Uhtred est avec les femmes.
Il aide à la cuisine.
C'est le sort d'un guerrier banni.
Je n'étais jamais entré chez des païens.
C'est étonnamment chaleureux.
Vous attendiez-vous à voir des têtes coupées ?
Oui, madame.
- Pardonnez mon ignorance. - Je vous pardonne.
Pour cette fois.
Dame Aethelflaed nous rejoindra après la prière ?
Si elle le souhaite.
Le voyage l'a fatiguée.
- Ce voyage est-il bien prudent ? - Madame a souhaité
accompagner son époux.
Ils sont jeunes mariés.
Elle sera en sécurité.
Le roi écrit-il que lors du siège de Lundene,
je dois être devant ?
Ça ne m'étonnerait pas.
Je commanderai les troupes. Toutes.
- C'est le souhait du roi ? - Oui.
Oh, non.
Vous êtes des nôtres ?
Naturellement.
Je suis un seigneur du Wessex.
Alfred vous accorde cette dernière chance.
Votre plan ?
Nous descendrons le fleuve ensemble,
rejoindrons les troupes de Mercie et du Wessex
et camperons près de Lundene.
Et un plan d'attaque ?
Oui.
Il est assez similaire au vôtre.
Vous attaquerez la porte nord avec vos hommes.
Une fois l'attaque lancée, je prendrai le relais
- avec l'armée principale. - Vous le saurez comment ?
Je le saurai.
Vous le saurez.
Ne doutez pas de moi.
Je veux cette victoire.
Lundene appartient à la Mercie et je suis un seigneur de Mercie.
Je ne reculerai devant rien pour récupérer ce qui m'appartient.
Soit.
Je suis avec Uhtred.
Non, Steapa, avec moi.
Je suis avec Uhtred.
Ordre du roi.
Très bien.
Je suis avec Steapa.
Derrière Steapa.
Quelle bravoure, Aethelwold.
Trinquons.
Aux Merciens qui ont donné leur vie à Ethandun.
Et aux hommes du Wessex qui se battront pour Lundene.
Aux alliés.
Aux alliés.
Ceci est la parole du Seigneur.
Si un homme craint que sa femme ait été infidèle...
Je ne l'ai pas été.
Il la conduira à un prêtre
qui préparera les eaux amères.
Un mélange d'eau bénite
et de terre, elle devra boire.
Si elle a commis l'adultère avec un autre homme,
le Seigneur
fera dessécher ses cuisses et enfler son ventre. Amen.
Amen.
Mon enfant,
buvez à présent les eaux amères.
Ce n'est pas nécessaire.
Vous êtes pure. Que Dieu m'emporte si vous ne l'êtes pas.
Il vous frappe ?
Si non, il le fera un jour. Je le vois.
Il n'est ni doux ni affectueux.
- Parlons-en au roi. - Non.
- Ne faites pas ça. - Lui seul peut intervenir.
Dieu a mis fin à cette épreuve avant qu'elle commence.
Tous les Merciens n'apprécient pas le Wessex.
Certains regrettent l'influence du roi.
Je dois rester loyale à Alfred.
Mon époux ne me brisera pas.
Ne dites à personne ce qui s'est passé ici.
Vous êtes bien silencieux.
Je n'ai pas dormi.
Dois-je parler à Thyra ?
- Qu'elle modère ses ardeurs ? - Certainement pas.
- C'est bien trop intime. - Qu'est-ce qui est intime ?
Cela suffit. Je ne veux plus vous entendre.
ROYAUME DE MERCIE
Seigneurs, ils ont monté leur camp,
à moins d'une lieue.
Au travail.
Tobi.
Le feu doit fumer.
- Bien noir. - Oui, monseigneur.
Ça fumera.
Tout le monde sur le pont !
Préparons-nous !
Vous savez ce que vous avez à faire.
Nous ne faillirons pas !
Allez !
La victoire est à nous !
- C'est ouvert. - Des gardes ?
Aucun. C'est un piège.
Si c'est un piège, allons-y alors !
La ferme.
Rentre !
Si tu veux vivre, reste à l'intérieur.
Qu'est-ce qui se passe ?
Aucune idée.
Mur de boucliers !
Aethelred !
Aethelred !
Uhtred ?
- On n'a croisé personne. - Pareil !
Ils ont fui.
C'est la force du nombre. Ils nous craignent.
Poussez-vous !
Ils nous craignent !
La ville est à nous !
Non ! Restez en formation !
En formation !
Seigneur !
Attention !
- C'est un signal ! - Sans aucun doute.
Ils vont arriver.
La fumée va se repérer à au moins une lieue.
Aethelred !
Aethelred !
Écartez-vous.
Aethelred ! Le camp !
Thyra.
La mort.
La mort approche.
La mort approche.
La mort approche !
Debout !
Réveillez-vous !
La mort approche !
Debout !
Debout !
Sortez vos épées !
Debout !
Il faut protéger Aethelflaed !
À tout prix !
Pour Dieu et pour le roi !
Par là !
Aethelflaed !
Aethelflaed !
Princesse !
La forêt !
Par là !
Aethelflaed, plus vite !
Fuyez !
Adaptation C. Allesse
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