All language subtitles for Doute.Raisonnable.S04E07.FRENCH.AD.1080p.WEB.H264-SiC.srt - fra(3)

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Original subtitles

♪♪♪

- T'es tout seul?

- Qu'est-ce que tu fais là? - Là, là, je sais pas

ce qui se passe, mais je veux pas le savoir.

Mais je veux juste que tu saches que j'ai rien dit. OK?

Le gars du GICCS!

- Il y a quelqu'un qui m'a dit que t'avais un rôle à jouer

dans leur départ de la police fédérale.

- Il faut que tu leur dises, là.

Je suis juste partie, j'ai rien dit.

OK? J'ai vraiment pas besoin de ça dans ma vie.

- Attends! Le gars du GICCS... Attends! De quoi tu parles?

- Peu importe la marde dans laquelle vous vous êtes mis,

Rémy pis toi, je veux pas en faire partie.

♪♪♪

(clic d'appareil photo)

- Le gars du GICCS...

il était-tu chauve avec... des lunettes?

(démarrage de voiture)

(vrombissement)

♪♪♪

- Il nous manque quelque chose.

Pis on peut pas retourner voir le grand frère

si on n'a pas quelque chose pour confronter sa déclaration.

Il faut retourner voir Éloi avant.

- Avec la DPJ. - Oui, j'aimerais ça lui parler.

Je veux vérifier avec lui s'il se souvient

des détails de l'événement.

Je sais pas, j'ai l'impression

qu'on s'appuie trop sur le dessin.

Pis tu sais, en plus, Éloi, il avait le dessin

devant lui quand il a parlé de l'agression.

- C'est-tu quelque chose qui t'est arrivé, ça?

♪♪♪

- J'ai peur que ça l'ait influencé.

Non, mais c'est correct d'avoir le dessin comme point de départ.

Je me demande si on aurait pas dû s'en détacher.

- C'est quoi, là? Éloi aurait inventé ça à partir du dessin?

- Non! C'est pas ça que je dis. La mémoire,

c'est quelque chose de complexe.

Pis notre interrogatoire ne peut pas être centré

sur une preuve aussi arbitraire qu'un dessin.

Tu sais, Fred, des fois, juste la façon de poser des questions,

ça peut influencer les souvenirs.

Fait qu'imagine avec un enfant.

Qu'est-ce qu'on sait exactement de la séparation?

Ils sont-tu vraiment en bons termes?

- Bien, assez pour que le père dorme sur le divan le soir

de la fête, là. C'est pas mon ex qui m'aurait laissé faire ça.

- Ça, on sait ça. C'est juste que...

qu'est-ce qu'on sait d'autres?

Est-ce que la garde partagée se passe bien

avec la maladie? Est-ce que...

(brouhaha)

- Il nous manque peut-être encore quelques réponses.

- Comment vous avez abordé la question de la garde?

Ça doit pas être évident avec la maladie.

- Non. Au contraire, c'était très, très simple.

François est tellement proche d'Éloi.

Jamais je voudrais les priver l'un de l'autre

pour le temps qu'il reste.

Il a un don pour le calmer.

Il fait ressortir ses plus belles qualités.

♪♪♪

- Ton enseignante nous a dit que ce qu'elle aimait

le plus dans tes dessins, c'est qu'ils racontaient

toujours une histoire.

- J'aurais jamais dû le faire.

- Quoi? Ça? - Non, celui de ma fête.

Si je l'avais pas dessiné, il ne serait rien arrivé.

- En même temps, si tu l'avais pas dessiné,

nous autres, on aurait pas su ce qui t'était arrivé.

Tu y repenses-tu, des fois, à ça?

- Je veux pas. - Bon, je comprends.

C'est pas des souvenirs agréables.

Mais t'es sûr que c'est arrivé la journée de ta fête?

- Oui. Parce que je venais juste de recevoir mon jeu pis...

d'habitude, j'ai jamais le droit de jouer dans ma chambre.

Pis Hubert était venu me voir pour me montrer comment jouer.

- Hum! OK.

Pis tes parents étaient où à ce moment-là?

- Dans le salon avec grand-maman.

- OK. Ça, ça veut dire que Philibert était pas allé

reconduire ta grand-mère.

Je pensais qu'elle était partie après le dessert.

- Je sais pas.

Papa est allé la porter, je pense.

- Non. C'est Philibert qui est allé.

On l'a vu sur les caméras de surveillance

de la résidence de ta grand-mère.

- Te souviens-tu de ça?

- Éloi, est-ce que tu te souviens de ça?

♪♪♪

- Ma première hypothèse, ça serait

qu'Éloi a combiné deux souvenirs:

celui de sa fête pis celui de l'agression.

- Et pourquoi il ferait ça? - Des fois, le trauma,

il est tellement dur à supporter...

surtout pour un enfant. Je veux dire...

Il n'a pas la maturité pour gérer

ce genre de souvenirs là.

Fait que la dissociation fait en sorte

que les souvenirs refoulés sortent en bribes

pis contaminent d'autres moments.

- Comme avec les souvenirs-écrans?

- Oui, un peu.

♪♪♪

Il s'est peut-être pas fait agresser le soir de sa fête.

Mais peut-être qu'il s'est passé quelque chose ce soir-là.

Pis son inconscient a fait surgir des souvenirs.

Fait que si j'arrive à déconstruire

avec lui le souvenir de sa fête,

ça va peut-être révéler celui de l'agression.

- Dans ma tête, c'est Philibert que je vois.

On a regardé des tutoriels sur son cell.

- Oui, mais la mémoire, c'est comme...

comme un fromage suisse. Tu sais c'est quoi un fromage suisse?

- Oui. - Il y a des trous dedans, là.

Bien, c'est ça. Le cerveau, il essaie de remplir les trous.

Peut-être que c'est avec Philibert, mais peut-être

que c'est pas la journée de ta fête. Ça se peut-tu, ça?

- Non.

Philibert vient jamais chez maman,

pas depuis que mes parents sont séparés.

Il dit que maman veut pas s'occuper de papa.

- Philibert a toujours été distant avec moi.

J'étais la nouvelle blonde de son père,

j'étais plus jeune que sa mère.

(sonnette de porte)

- On peut entrer?

- Oui.

- Pis j'étais un peu méfiante aussi...

de son influence sur Éloi.

- Pourquoi?

- Philibert passe ses journées à l'uni.

Il est rarement ici avant tard le soir.

Pis ça, c'est quand il dort pas chez son chum.

- Ça fait-tu longtemps qu'il est en couple?

- Un an. Je vous dis ça pis je l'ai jamais rencontré.

- Ça lui dérange pas qu'on soit ici?

- Mon fils a rien à cacher.

- Oui.

- La seule activité qu'il avait avec son petit frère,

c'était les jeux vidéos.

J'aime pas ben, ben ça.

♪♪♪

- C'est quand la dernière fois que vous avez vu Philibert?

- Il vient jamais à la maison.

Mais il est passé le lendemain de la fête.

Éloi était à l'école. Philibert a sonné. Il avait l'air pressé.

Il m'a dit qu'il avait oublié son cellulaire la veille.

Il est allé le chercher dans la chambre d'Éloi

pis il est parti sans me saluer.

- Philibert, tu le vois-tu souvent?

- Pas depuis qu'il est à l'université, mais...

l'année dernière, on jouait ensemble

en ligne presque tous les...

♪♪♪

- Éloi?

Qu'est-ce qu'il y a, Éloi? - Rien.

- À quoi tu penses, Éloi?

- Rien, j'ai... je suis juste fatigué.

- La maladie de son père le perturbe, c'est clair.

François nous a annoncé il y a deux semaines

qu'en temps et lieu, il avait l'intention

de demander l'aide médicale à mourir.

La maladie évolue trop vite.

Les médecins lui donnent juste trois mois à vivre.

- Depuis le début que je me demande

pourquoi Éloi a décidé de parler maintenant.

- Pour "scraper" les derniers mois de vie de son père.

- Franchement! C'est pas intentionnel de sa part.

Des fois, le stress est tellement grand

que ça fait remonter les souvenirs.

Il devait-tu garder ça pour lui ou...

- Tu trouves pas ça bizarre que la mère du suspect

nous laisse rentrer dans la chambre de même, là?

Quelqu'un de coupable serait plus prudent, non?

- C'est peut-être du bluff.

Oui?

- Viens me rejoindre au GICCS. Je pense que j'ai de quoi.

- OK!

(vrombissement)

♪♪♪

- C'est quoi, ça?

- C'est le collier de Lysandre Ouellet.

- Où est-ce que t'as trouvé ça?

- Hé, Louna!

T'es revenue? - Ben oui, je suis revenue.

Qu'est-ce que tu fais? - Je fais ma corvée.

- Je peux voir? - Oui.

- Tu feras pas un gros potage avec ça.

- Non. C'est pour Veda.

- Camille...

ton père...

il s'est passé de quoi avec ton père.

♪♪♪

- What the fuck, Charline? - Tu peux pas retourner

là-bas toute seule. C'est ben trop dangereux.

- Au cas où t'as oublié, on enquête

sur deux viols qui ont eu lieu là-bas.

- Dorcely le sait? - Voyons, capotez pas!

J'infiltre pas les motards! C'est un spa.

Son père vient de mourir. Il fallait lui dire, là.

Pis ça va peut-être la faire sortir de là.

- C'est pas à toi à faire ça. Voyons, à quoi t'as pensé?

- C'est toi qui m'as dit que j'avais un talent pour ça.

Pis je ramène des preuves! - On s'en sert comment?

Sans aucune procédure, ils ne pourront pas utiliser ça.

- Le Monsieur Net du GICCS qui me fait la leçon.

- Qu'est-ce que t'as? - J'ai fait un call!

OK? Ça m'arrive, moi aussi! Karine pis moi,

on avait la photo de Camille Comtois pis de son père.

J'ai suivi ton conseil. Je suis allée avec ce que je savais.

J'ai écouté mon instinct. Mon instinct me disait d'y aller.

Parce que là, juste vous rappeler, là,

pendant que vous vous obstinez sur des cas ici, moi,

je suis sur le terrain à fucking croire à leur message

pis à boire leur Kool-Aid comme une criss d'épaisse.

- C'est beau, Charline. - Ben oui!

- J'aimerais ça te voir dans mon bureau.

- Super.

♪♪♪

♪♪♪

(miaulement)

- Eille! Qu'est-ce que tu fais ici tout seul, toi?

- Les maniaques religieux, ils ont une chose en commun:

ils cherchent tous une réponse.

Lucien appelait ça un besoin de clôture cognitive.

Ils cherchent une interprétation unifiée du monde.

Le monde a trop de contradictions pour eux.

Ils cherchent un message simple

qu'ils peuvent croire sans avoir peur...

d'être trahis ou d'être déçus...

♪♪♪

- Mon père est mort.

- Tu le savais déjà? - Ma mère aussi est morte.

Ma famille 3D est morte.

La tienne aussi, Louna.

♪♪♪

- Il y a juste de l'amour.

- En tout cas, si votre victime

avait pas nécessairement le profil typique...

sa mère, elle, elle l'avait.

- Pourtant, Camille n'a pas d'antécédents psychiatriques.

Dieu sait ce que ça peut faire à un enfant

d'avoir un parent "fucké".

- Ici, il faut que tu m'appelles Félia.

Sinon, les autres vont penser que t'es juste en 3D.

- C'est Fanny. C'est ça? - Euh...

ou Louna.

- Ah, ça peut être Louna si tu veux.

- À plus tard!

- Bye!

- Hum... est-ce que t'allais te promener?

Je pourrais te montrer des sentiers.

- Ah, hum...

je cherchais la yourte de... de Véda.

- Oui. OK. Dans ce cas-là, c'est... c'est par là.

- OK.

Oui!

- Alice était sûre que tu serais bonne.

En fait, c'est elle qui m'a convaincu que ça marcherait.

Moi, là...

le compte rendu de la première visite me rassurait pas du tout.

Trop dangereux.

Et trop loin pour te sortir s'il arrive quelque chose.

Mais elle...

elle te faisait confiance.

Et là, tu viens de lui chier dans les mains solides!

Solide.

T'as compromis toute l'opération.

Je t'enlève de l'enquête.

Tu donneras ton dossier à Alice demain.

Rentre chez vous.

♪♪♪

- Toi, tu te demandes si t'as bien fait d'envoyer ta collègue.

Tu te demandes si elle va être capable d'aller assez creux.

- J'ai peur qu'elle aille creux, oui.

- Hum.

♪♪♪

- Ce que tu racontais l'autre fois par rapport à...

à ton beau-père...

- D'accord. - Oui...

c'était vraiment hot.

Euh, excuse. C'était touchant.

Oui! Ben, de voir que t'étais assez ouverte

pour te confier comme ça devant du monde que tu connais pas.

J'aurais pas ce courage-là.

- Moi, je sais pas, quand je viens ici,

j'ai l'impression d'être entourée de bonnes personnes.

OK.

♪♪♪

- Merci.

Votre nom, votre âge,

votre occupation, s'il vous plaît.

- Denis Thibodeau, 46 ans.

Je suis enseignant en troisième année du primaire.

- Merci. Monsieur Thibodeau...

on vous rencontre aujourd'hui parce qu'Éloi Piché...

a déclaré avoir subi une agression sexuelle.

- Mon Dieu, OK! - Pour vous rassurer,

vous êtes pas considéré comme un suspect.

Mais vous étiez son enseignant au moment

où l'agression aurait eu lieu.

Il y a eu une problématique avec lui l'hiver dernier.

Pourriez-vous nous en parler un peu?

- Euh...

C'était pas simple avec Éloi.

C'est un petit garçon plein d'énergie...

très brillant, mais qui cherchait beaucoup l'attention.

Ce qui avait tendance à contraster un peu

avec mes méthodes d'enseignement.

- Qu'est-ce que vous voulez dire exactement?

- La troisième année, c'est une étape importante

parce que les élèves apprennent

à développer leur hygiène d'étude.

J'aime que ma classe soit vue

comme un espace de travail sérieux.

On fait ce qu'on a à faire,

on écoute les consignes, on dérange pas les autres.

Il y a toujours un ou deux élèves...

comme Éloi, pour qui ça marche juste pas.

- OK. Donc, la problématique de l'hiver dernier,

c'est... c'est ça la question.

- Oui! Eille, excusez-moi.

Je suis prof, hein! Je parle trop.

- Pas de problème. - OK! Donc, en gros...

c'est la récré. Éloi s'en est pris

à deux enfants qui se moquaient de lui.

Euh... moi, ben, je les sépare.

Et puis là, ben, Éloi tombe

pis il se cogne la tête sur un banc.

Ça fait rire les autres.

Moi, j'essaie de consoler Éloi parce qu'il pleure.

Là, il me repousse.

Pis ça finit là.

Sauf que...

le lendemain, j'apprends que les parents

ont déposé une plainte contre moi.

Ils m'accusent d'avoir frappé leur enfant.

- Votre relation avec les parents était comment avant ça?

- Pas simple.

- L'ancien enseignant d'Éloi, M. Denis...

ça a aussi été le prof de Philibert

dans le temps, il y a 10 ans.

Pis Philibert a pris sa défense l'année passée

quand la situation avec Éloi est arrivée.

Pis je suis sûre qu'il a influencé mon fils

pour qu'il dise qu'il avait menti.

Éloi, là, il est ben des affaires,

mais c'est pas un menteur.

- Pourtant, vous avez eu le grand frère dans votre classe.

Ça devait faciliter les échanges. Non?

- Écoutez...

il y a quand même une bonne dizaine d'années

d'écart entre les deux pis...

C'est deux élèves vraiment diamétralement opposés,

le jour et la nuit.

- Pourquoi?

- Ben, Éloi avait la même vivacité d'esprit, mais...

Philibert a un surmoi pas mal plus fort.

Je veux dire qu'il...

il accorde une grande importance aux règles, à la discipline...

- OK.

- Éloi, il a avoué avoir menti.

Mais vous avez quand même démissionné. Pourquoi?

Ça faisait plusieurs années

que la direction recevait des plaintes...

à propos de la matière que j'enseignais.

- Quelle matière?

- L'éducation sexuelle,

la diversité des corps, des genres...

C'est une école avec des enfants de vedette,

de politiciens, de millionnaires, mais...

ça veut pas dire qu'ils sont ouverts d'esprit pour autant.

Au contraire.

- Bon, ben, c'est une belle perte de temps, ça.

- Je sais pas.

Il y a quelque chose qui me chicote,

mais je sais pas c'est quoi.

- Oui, bon, j'étais déçu du manque de solidarité

de la direction dans l'histoire d'Éloi, mais...

j'ai surtout démissionné parce qu'elle tolérait

depuis trop longtemps des propos homophobes

de la part de certains parents

en lien avec mes enseignements...

... pis en lien avec mon orientation sexuelle.

- Ça nous aide pas à savoir ce qui est arrivé à Éloi.

- Moi, je me demande s'il savait que son prof était gai.

- Sûrement. Surtout si le gars faisait de l'éducation sexuelle.

En tout cas, moi, ma fille, elle sait

absolument tout de la vie de sa prof.

- Mais de toute façon, la vraie question, c'est:

est-ce qu'il sait que son frère est gai?

- Ben là, considérant le fait qu'il l'accuse

de l'avoir agressé, je pense qu'il s'en doute un petit peu.

- Ben, voyons, Fred! Une agression sexuelle,

c'est surtout une affaire de pouvoir.

Quand un homme agresse un autre homme,

ça fait pas automatiquement de lui un homosexuel.

Mais moi, c'est ça que je me demande.

Est-ce qu'il savait que son frère était ouvertement gai?

Est-ce qu'il savait qu'il avait un chum pis tout, là?

Comment ça se fait que la première personne

qui nous a parlé de ça, c'est la mère de Philibert?

- Parce qu'on a pas posé la question, là.

- Peut-être. - Eille...

on devrait essayer de voir si Charline est correcte.

- Tu peux-tu voir ça?

Moi, il faut que j'y aille. On y parlera demain.

- OK.

(atmosphère urbaine)

♪♪♪

- T'es bien avec moi, hein?

(On frappe à la porte.)

Oui!

Fred?

Qu'est-ce qu'il y a?

- Je le sais que Rémy t'a menti.

- Non, s'il te plaît.

- Pierre-Luc Robidoux, c'est l'ancien nom de Rémy?

- Arrête! - Je le sais que tu le sais!

- Qu'est-ce que tu comprends pas là-dedans? C'est ma vie.

- Cédric Laramée... tu le sais de qui je parle.

- Mais pourquoi tu me dis ça? Tu veux que je fasse quoi?

- Je veux rien. - Tu peux pas débarquer ici

pis me rentrer mes traumatismes dans la gorge!

C'est pas comme ça que ça marche! Je t'ai rien demandé!

- Alice... - Mêle-toi de tes affaires!

(miaulement)

- Je fais ça pour toi.

Moi, je veux juste...

- Je veux juste la protéger.

Je veux juste qu'elle soit heureuse, qu'elle arrête

de souffrir à cause de ce qu'on lui a fait. C'est tout!

- Va-t'en, s'il te plaît.

- Ça va-tu?

- Je suis désolé.

T'as raison.

- C'est correct? - Oui.

♪♪♪

♪♪♪

- Louna...

si tu savais à quel point

je suis content que tu sois revenue.

- Mais avec un bon service comme ça,

c'est facile d'avoir envie de revenir.

- Non, je refuse de croire

que c'est juste une histoire de service à la clientèle.

Quand t'es rentrée dans l'atelier, l'autre jour, là...

l'énergie a changé de fréquence.

C'est rare que ça arrive.

Mais quand on est sensible à ça, on le remarque tout de suite.

Toi, tu le ressens. Ça se voit.

♪♪♪

Moi, je ressens une grande volonté chez toi, Louna, de...

d'agir sur le monde autour de toi.

Tu veux faire une différence.

Mais surtout, tu veux qu'on reconnaisse

que tu fais une différence.

T'as l'impression que les autres pensent que t'es remplaçable.

- Veux-tu que je te fasse une liste de questions, Charline?

- Mais tu sais quoi?

T'es remplaçable.

Tu sais, des Fanny Brian, il y en a pas mal.

Des filles un peu timides...

intelligentes, mais pas assez confiantes

pour être celles qui apportent vraiment.. les nouvelles idées!

- Regarde, oublie ça, je vais le faire tout seul.

- Des filles qui sont belles...

sensuelles même...

mais toujours en train de le cacher, là, de peur de...

de peur de déranger.

Le monde est rempli de Fanny Brian.

Mais des Louna, par exemple...

Moi, c'est elle que j'ai vu dans l'atelier l'autre jour.

Michael, je t'entends pas, dis-le-moi!

Micheal! Dis-le pour de vrai! - Michael!

Michael, dis-le pour de vrai!

- Excuse-moi!

♪♪♪

- Toi, est-ce que t'aimes mieux Fanny ou Louna?

- Je sais pas. Je connais pas de Louna.

- Non, mais elle est là, Louna!

Elle est là, elle est quelque part. Je la vois!

Normalement, j'attendrais

de te connaître un peu mieux, mais...

toi, t'es tellement arrivée ici avec...

une énergie forte pis...

un besoin de métamorphose urgent que...

... j'ai confiance.

♪♪♪

Il y a une place qui s'est libérée

dans notre programme d'élévation.

Je te l'offre, si tu veux.

Euh... ben, il faut que j'y pense.

- Il y a aucun stress.

Il y a aucun stress.

Penses-y.

Mais je veux que tu saches qu'on serait vraiment...

très chanceux de t'avoir.

♪♪♪

- Bientôt, les six vont être réunis.

- Fanny, Fanny...

elle est fine, Fanny.

Mais Louna est féroce.

- Eille!

- Louna, elle prend les choses en main. Louna...

elle a pas peur de prendre des risques...

de se mouiller.

- Eille, chose!

Vous aimez ça vous frotter contre les petites filles?

♪♪♪

(toussotements)

♪♪♪

- Tu peux pas arriver ici pis me rentrer mes traumatismes

dans la gorge. C'est pas comme ça

que ça marche! Je t'ai rien demandé, moi!

♪♪♪

- Alice!

Alice! Attends, attends!

Attends!

Je veux m'excuser pour hier. - Regarde, oublie ça.

- T'as raison.

J'aurais dû t'écouter la première fois.

Excuse, OK?

- OK. - Merci.

♪♪♪

J'ai convaincu les Crimes majeurs de nous prêter

la sergente-détective Lam pour un temps indéterminé.

Une paire de bras de plus va certainement pas nous nuire.

- Tu lui diras que je ne suis plus avec

si jamais ça peut le consoler.

- Avec qui? - Le gars avec qui j'étais

quand on a... bien, presque couché ensemble.

- Alice?

- Ah! Oui... Euh, ben oui.

Je pourrais profiter de la nouvelle recrue

pour qu'elle m'accompagne pour interroger

le grand frère d'Éloi. - Bonne idée.

- Un regard nouveau, ça peut être super.

- Je pensais que c'était mon dossier.

- Non, plus maintenant.

Tu regarderas par la fenêtre.

- Ben voyons!

- Vous interrogez un suspect dans un cas d'inceste.

Alice a plus d'expérience et c'est avec elle

que je veux que Karine apprenne. On peut s'en parler...

quand t'auras remis les deux rapports

qui étaient dus pour la semaine passée.

- Excusez. - Ça va?

- Oui, oui. Mon char est au garage. J'ai pris l'autobus

pis elle est arrivée en retard.

- Bon, ben, moi, j'aimerais ça essayer une stratégie

plus frontale avec le grand frère d'Éloi.

Le brasser un peu, là, question de le déstabiliser.

C'est bon pour toi?

♪♪♪

♪♪♪

- Merci, Philibert de te déplacer encore une fois.

Bon!

Est-ce qu'il y a une raison pour laquelle

tu nous as caché que t'étais retourné voir

la mère d'Éloi le lendemain de sa fête?

- Bien...

Non!

J'ai juste oublié mon cell. - Dans la chambre d'Éloi.

- Oui.

- Donc, t'es allé dans sa chambre la veille. C'est ça?

- J'ai jamais dit que j'étais pas allé dans sa chambre.

- Tu nous as dit que t'étais allé reconduire sa grand-mère

au moment où lui allait se coucher.

T'es allé le voir avant de partir.

C'est ça que je comprends.

- Oui. - C'est ça.

- Je suis allé le border.

On a jasé un peu.

Il était content d'avoir sa nouvelle console.

- Qu'est-ce que tu lui as montré sur ton cell?

- Rien. Il est juste tombé de ma poche.

- Ben voyons. Ton frère, il nous a dit que vous avez regardé

des vidéos ensemble. Quel genre de vidéos?

- Des affaires de jeux vidéos, des niaiseries.

- Des vidéos de toi, mettons?

- Hein? Non! Des...

des affaires random, des memes,

des vidéos drôles. - Il sait que t'es gai?

Philibert? Ton frère, est-ce qu'il sait que t'es gai?

♪♪♪

- Écoute, si tu veux me parler de Karine, c'est beau.

C'est de l'histoire ancienne.

- Ça n'a rien à voir avec Karine.

C'est au sujet d'Alice.

Elle est venue me voir il y a quelques jours.

Et elle m'a dit qu'elle se sentait de moins en moins

à l'aise de travailler avec toi...

... que tu lui aurais envoyé des signaux assez clairs,

que t'as des sentiments pour elle.

- Attends, quoi?

- Selon elle, tu faisais une fixation sur son ex,

que tu serais jaloux de lui.

Bref... elle pense que t'es amoureux d'elle.

- Je fais ça pour toi!

- Elle m'a aussi dit qu'hier, c'était la deuxième fois

que tu te pointais chez elle

sans avertissement malgré qu'elle t'a dit de pas le faire.

Je comprends pas. Pourquoi tu fais ça?

- Qu'est-ce qui te dit

que tes agresseurs n'ont pas continué à violer

des filles après? Si j'étais toi, je voudrais

juste le crisser en dedans. Je comprends pas.

- Mais il y a rien à comprendre. C'est pas ton histoire.

C'est pas de tes affaires.

♪♪♪

- Je peux pas te le dire. (soupir)

- J'allais attendre à la fin de la semaine.

Mais je te renvoie au Crime majeur.

♪♪♪

- Non, non! Je lui ai dit que je laissais faire. C'est beau!

Pis Alex, je te le dis, là, c'est pas une histoire d'amour!

- OK! C'est une histoire de quoi?

- Tu veux qu'elle soit heureuse? Ben, décrisse de sa vie.

(clic d'appareil photo) - Je peux-tu t'aider?

- S'il te plaît, mêle-toi de tes ostie d'affaires!

- Ah, tabarnak!

C'est une histoire entre elle pis moi.

Je te le jure que c'est pas amoureux!

- Le problème qu'on a, c'est qu'Alice,

elle, elle pense que c'est ça.

Fait que jusqu'à preuve du contraire,

j'ai pas le choix de la croire.

Elle m'a dit que soit c'est toi qui pars...

soit c'est elle.

Et j'ai pas l'intention de la laisser partir.

♪♪♪

- Fred?

Fred, qu'est-ce qui se passe?

- Je suis tassé du GICCS. - À cause de Karine?

- Tu demanderas à Alice.

(vrombissement)

♪♪♪

(brouhaha)

- Pis, qu'est-ce que t'en penses?

- Les cas d'inceste, c'est rarement simple, là.

Soit que la vérité sort d'une shot,

soit que c'est comme une bobine

qui se déroule petit bout par petit bout.

- Soit tout le monde est dans le déni ou soit sous le choc.

- Mais je le trouve quand même crédible, Philibert.

On dirait que je suis pas capable de le coincer.

Pas mal moins ébranlé que je pensais, en plus.

- Hum.

- Philibert... je te parle.

Ton frère, est-ce qu'il sait que t'es gai?

- Il s'en doute.

Mais non, je...

je lui ai pas encore annoncé. - Pourquoi?

Je pensais que vous étiez proches, les deux.

Fait que lui, il sait pas que t'as un chum?

- C'est sa mère.

Elle m'a demandé d'attendre.

Elle est pas homophobe ou rien,

mais elle désapprouve certains de mes choix de vie, mettons.

Elle a peur que je l'influence.

- Pas homophobe pantoute, hein, ça!

- Mais en même temps, ça arrive souvent chez les enfants,

surtout les jeunes garçons.

Les parents ont toutes sortes de peur.

- Mais c'est quoi le deal avec l'ancien prof?

C'est-tu un autre suspect? - Ça, c'est une autre affaire.

♪♪♪

Mais justement, parlant de sa mère, ce qu'elle nous a dit,

c'est que tu défendais vraiment beaucoup ton ancien prof?

Denis Thibodeau... Tu sais, quand ton frère

l'a accusé l'année passée de l'avoir frappé.

- Elle vous a sûrement pas dit qu'avant de les séparer,

les enfants se traitaient de fif pis de tapette.

Ce que j'en ai compris, Éloi,

c'était loin d'être le plus gentil.

- Peut-être, mais de là à penser que c'est un menteur...

- Je serais pas ici aujourd'hui si je pensais pas ça.

En tout cas...

Ça me paraissait juste inconcevable que Denis fasse ça.

♪♪♪

Il est sévère...

mais il a jamais été violent.

Il se parlait au présent.

Les deux se parlaient au présent.

Quand on a rencontré Denis Thibodeau,

il parlait d'Éloi au passé, mais de Philibert au présent.

- Éloi avait la même vivacité d'esprit, mais...

Philibert a un surmoi pas mal plus fort.

- OK. Mais c'est pas un crime de faire des fautes de grammaire.

- Non, je pense pas que c'était une faute de grammaire.

Il parlait vraiment au présent quand il parlait de Philibert

pis Philibert faisait la même chose.

Il est sévère, mais il a jamais été violent.

♪♪♪

- Tu penses-tu qu'ils se côtoient encore?

(soupir)

(gémissement)

- Ça pourrait être une hypothèse.

Éthiquement, c'est discutable, mais c'est possible.

Pis Philibert est majeur.

- Allô! - Où est-ce qu'on va?

- T'as oublié ton rendez-vous?

- Quel rendez-vous?

- Voyons, Mathilde, t'as un rendez-vous super important.

Maman te l'a pas dit.

Bien, écoute, ça va être correct, là.

Je vais rester avec toi de toute façon.

♪♪♪

On s'attache.

Allô! Un hot-dog, une frite

pis une orangeade, s'il vous plaît.

- Voyons que t'avais oublié ton rendez-vous bien important, toi!

Merci.

♪♪♪

(vibrations de téléphone)

C'est bon, merci!

On va-tu au parc?

(vibrations de téléphone)

- C'est peut-être important.

C'est peut-être même un témoin majeur dans une de tes enquêtes.

- Qu'est-ce que tu fais ici?

- Je marche dans le parc.

Il y a pas de mal à ça.

Ça fait descendre les frites.

- Qu'est-ce que tu veux, tabarnak?

- C'est drôle, je pourrais te poser

exactement la même question.

Fait que tu vas venir avec moi pis on va mettre ça au clair.

- Mon ostie.

- Tu bouges pis il n'y a plus de Mathilde.

♪♪♪

- OK. Je sais pas ce que Rémy t'a dit, mais c'est fini. OK?

Je voulais juste faire peur. Je m'en crisse asteure.

- On va prendre le temps de se jaser de tout ça.

♪♪♪

♪♪♪

- Jess Caron, 25 ans, c'est une actrice porno.

Elle pense s'être fait agresser hier après un tournage.

- Attends, elle pense qu'elle s'est fait agresser?

- Je fais de la webcam. Il y a rien d'illégal là-dedans.

- Non, mais montrer ces images-là à un mineur,

ça, c'est illégal par exemple.

- C'est pas ça qui s'est passé. - Qu'est-ce qui s'est passé?

- Tu me caches des affaires. - Moi, je te cache des affaires?

- C'est pas vrai, l'histoire de Fred!

- C'est tout ce que je sais, là.

Il y a aucune preuve.

♪♪♪

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