Afrikaans
Akan
Albanian
Amharic
Arabic
Armenian
Azerbaijani
Basque
Belarusian
Bemba
Bengali
Bihari
Breton
Bulgarian
Cambodian
Catalan
Cebuano
Cherokee
Chichewa
Chinese (Simplified)
Chinese (Traditional)
Corsican
Croatian
Esperanto
Estonian
Ewe
Faroese
Filipino
Finnish
Frisian
Ga
Galician
Georgian
German
Guarani
Gujarati
Haitian Creole
Hausa
Hawaiian
Hebrew
Hindi
Hmong
Icelandic
Igbo
Indonesian
Interlingua
Irish
Japanese
Javanese
Kannada
Kazakh
Kinyarwanda
Kirundi
Kongo
Krio (Sierra Leone)
Kurdish
Kurdish (Soranî)
Kyrgyz
Laothian
Latin
Latvian
Lingala
Lithuanian
Lozi
Luganda
Luo
Luxembourgish
Macedonian
Malagasy
Malay
Malayalam
Maltese
Maori
Marathi
Mauritian Creole
Moldavian
Mongolian
Myanmar (Burmese)
Montenegrin
Nepali
Nigerian Pidgin
Northern Sotho
Norwegian (Nynorsk)
Occitan
Oriya
Oromo
Pashto
Polish
Punjabi
Quechua
Romansh
Runyakitara
Russian
Samoan
Scots Gaelic
Serbian
Serbo-Croatian
Sesotho
Setswana
Seychellois Creole
Shona
Sindhi
Sinhalese
Slovak
Slovenian
Somali
Sundanese
Swahili
Tajik
Tamil
Tatar
Telugu
Thai
Tigrinya
Tonga
Tshiluba
Tumbuka
Turkish
Turkmen
Twi
Uighur
Ukrainian
Urdu
Uzbek
Vietnamese
Welsh
Wolof
Xhosa
Yiddish
Yoruba
Zulu
Un stage ?
En entreprise, Ulrik.
Mon dernier stage remonte au lycée.
On a tendance à perdre confiance en soi,
après plusieurs années de chômage.
Mais vous allez y arriver, Ulrik.
Vous devez montrer que vous êtes opérationnel.
Ca fait 5 ans que vous ne travaillez plus.
Je veux juste pouvoir exercer mon métier.
Journaliste.
Alors c'est fantastique.
C'est un stage d'un mois chez votre ancien employeur.
- Au Dagbladet ? - Oui.
Qui sait ? C'est peut-être une chance.
A quelques jours des élections, la course est serrée,
comme le prédisaient les experts il y a trois semaines.
Les sondages placent les blocs rouge et bleu à égalité,
ce qui donne aux petits partis un rôle d'arbitre décisif.
A l'extrême droite,
le Parti National, dirigé par Anne-Grethe Hulsig,
jouera un rôle crucial
dans la composition du nouveau cabinet.
Tant que nous resterons
dans une Europe qui nous force à accueillir
des immigrés violents et illettrés...
On parle de quotas de réfugiés.
Laissez-moi finir !
C'est ça qui détruit
la tranquillité des Danois...
Merde !
C'est encore Abdel.
Passez-moi la ministre. C'est urgent.
Je vous ai dit d'envoyer un mail, ce sera plus simple.
Je veux parler à la ministre.
Elle est toujours en réunion.
Il faut qu'elle lise ce rapport.
Elle est occupée avec les élections. Elle n'a pas le temps.
Donnez-moi ce rapport, et rentrez chez vous.
Bonjour. J'ai rendez-vous pour une biopsie.
Ulrik Torp.
Ouvrez bien grand...
Voilà.
La plupart du temps, c'est un kyste bénin.
Mais on va rechercher d'éventuelles cellules cancéreuses.
J'aurai les résultats quand ?
Ca dépend des gens du labo,
s'ils sont en arrêt ou en congés.
Deux, trois jours ?
Plutôt 10, au moins.
Mais si c'est un cancer, j'ai lu que ça progressait vite.
Prenez rendez-vous dans 10 jours. Un médecin vous dira tout.
La campagne a été intense
et il ne reste que 3 jours.
Anne-Grethe Hulsig, pensez-vous accéder au Parlement ?
Je sais que le Parti National
est la solution pour les Danois, et oui, je serai au Parlement.
Pourtant, les sondages indiquent pour vous n'atteindrez pas le seuil.
Tu as vu le dentiste ?
Oui.
Alors ?
Tout va bien.
Tant mieux.
Si on n'obtient aucun siège, je quitterai la tête du parti.
La journée va être passionnante.
Putain, il y en a aucun qui marche !
Vous demanderez un référendum sur l'Union Européenne ?
Nous pensons qu'il est capital pour le Danemark
de sortir de l'ombre des puissances européennes
et d'être autonome.
Le Centre présente ses propositions pour le climat. Qui s'en occupe ?
Moi, je veux bien.
Tu as terminé ton article sur les réserves de grains ?
Oui. Enfin, presque.
Dans ce cas, je m'occupe du Centre.
- Emma s'en charge. - Oui.
Ca alors... Torp ?
Ulrik !
Salut, Bente.
Viens là, mon grand.
Voici Ulrik Torp,
un de nos meilleurs journalistes, avant les licenciements.
Tu reviens chez nous ?
Oui, enfin... je sais pas trop.
Non, va voir quelqu'un d'autre !
J'ai rendez-vous avec le rédacteur en chef.
- Salut, Moll. - Salut, Torp.
Entre.
- Je t'ai pris pour le stagiaire. - Ouais...
Ils savent pas se torcher tous seuls.
Mais ils coûtent pas cher.
Comme moi.
C'est toi qui m'as fait venir ?
On n'est pas assez nombreux, et avec le bordel des élections...
Ca va, chez toi ?
Oui. Ma fille se marie.
Félicitations !
Mon gendre est candidat du Parti National.
Oh merde ! Toutes mes condoléances, alors.
Oui, je patiente.
- Vous voulez parler au ministre ? - Mais oui, bordel !
Ca fait 20 minutes que j'attends !
- Je me renseigne. - Bien.
Tu veux que j'aille au Parlement ?
Le service politique y est déjà. J'ai autre chose pour toi.
Un meurtre à Hvidovre. Emmène Simon.
- Mais... - Apprends-lui les bases.
T'as déjà vu une scène de crime ?
Une seule fois.
Mon domaine, c'est la politique.
Ils vont fouiller le quartier.
On va voir s'ils veulent nous parler.
Le corps est toujours là ?
Non, il est déjà à la morgue.
On appellera dans 30 minutes.
- Salut. - Salut. Ca fait longtemps.
Mon confrère Simon, du Dagbladet.
T'as retrouvé ton ancien job ?
On est stagiaires tous les deux.
T'as quoi pour nous ?
La victime a été abattue d'une balle dans la nuque,
en rentrant du travail.
La famille a été prévenue, alors tu peux écrire
que le défunt est Abdel Yassin, 28 ans.
On recherche d'éventuels témoins.
Tu dirais que c'est une exécution ?
Oui.
Une histoire de gang ?
Peut-être.
C'est une vision un peu biaisée, non ?
Il laisse derrière lui son épouse, Sara, et leur bébé.
Vous avez l'arme du crime ?
Non.
Aucune trace du tireur... ou de la tireuse ?
Non.
- Les caméras ont été vérifiées ? - Elles sont en panne.
Abdel Yassin a un frère qui a un casier pour stups.
Quoi ?
Google.
C'est le frère de la victime. Il est incarcéré.
Il s'appelle Nasir.
Appelez le service pénitentiaire.
Vous m'avez déjà renvoyé vers eux.
Vous me faites tourner en rond.
Ne quittez pas.
Torp, il nous faut l'article sur le meurtre à Hvidovre.
Deux minutes.
Allô ?
Bonjour.
Bonjour.
Tu es Ulrik Torp ?
J'ai pris ta place ?
Non.
J'ai lu tes articles à l'école de journalisme.
Ils étaient bons.
Merci.
Katrine Tabor-Nielsen.
Tabor-Nielsen ?
- Bye, les enfants. - Salut, Bente.
Bienvenue.
Merci.
T'as une deadline ?
Oui.
Tu veux un regard neuf ?
Oui, je veux bien, si tu as le temps.
OK.
C'est bien. Je mettrais
"meurtre lié aux gangs" dans le titre.
Ca n'a pas été attesté.
Non, mais c'est la piste que suivent les flics.
Pas faux.
Café ?
Non. Quoique...
Oui, merci.
OK.
Tu souris, et tu ne parles pas politique.
Belle-maman !
Et cher beau-père...
Je vais vous appeler "beau-papa".
Vous vous êtes perdus après l'église ?
On n'a pas trouvé de taxi.
Venez prendre des bulles.
Il y a une table pour les cadeaux. Ca m'intrigue !
"Beau-papa" ?
Souris.
Coucou. J'ai soif !
Tu t'amuses dans ton coin ?
Exactement.
C'est la fête.
Tu as le droit d'être heureux.
Surtout quand ta fille épouse l'homme qu'elle aime.
Je suis très heureux, ma puce.
Tiens, voilà beau-papa.
Mon trésor...
Tu lui as montré la nouvelle cuisine ?
- Je l'ai déjà explorée. - C'est vrai ?
On a installé notre rêve : le robinet multifonctions.
Hein, Julie ?
Oui.
Impressionnant, hein ?
De l'eau bouillante.
C'est malin.
Absolument.
Ca a coûté un peu cher, bien sûr, mais...
C'est le prix de la qualité.
Comme le champagne.
Il vous plaît ?
Il est très bon.
Sinon, j'ai une cave à vin.
Pinot noir, barolo...
Servez-vous.
Et l'affiche d'Anne-Grethe, c'était vendu avec ?
Papa... On a dit qu'on oubliait la politique.
C'est mon mariage.
Ne t'inquiète pas, Julie.
En fait...
J'ai très peu de chances d'être élu, je le sais.
Mais...
Je le fais pour montrer à Anne-Grethe que je la soutiens.
Quand elle sera élue, elle réglera certains problèmes.
Quels problèmes, exactement ?
Les centaines de milliers de bureaucrates
qui nous commandent depuis Bruxelles.
- Ils sont 33 000. - Qui ?
Les bureaucrates, à Bruxelles.
Ils sont 33 000.
C'est autant qu'une ville moyenne danoise.
Le sujet, c'est pas leur nombre.
Ah ?
Ce qui compte, c'est d'avoir un référendum sur l'Europe.
Le peuple a le droit de décider.
On a vu le résultat en Angleterre.
Ca te pose un problème de demander aux gens ce qu'ils veulent ?
On répond pas oui ou non à une question complexe.
Ah bon ?
Pourtant, c'est ce qu'on vient de faire.
C'est quoi, l'alternative ?
La dictature ?
Non... Car toi, tu sais ce qui est bien pour les autres.
Pour votre robinet, vous avez fait des recherches.
Pareil pour concevoir cette cuisine.
Je vais vous dire :
vous avez beaucoup plus réfléchi
que l'électeur moyen qui doit dire oui ou non
à un projet de société plus important qu'un robinet.
Si votre parti atteint le seuil,
je vous offre 12 bouteilles de barolo.
Je vais voir si les invités ont à boire.
Bravo.
Torp.
Il y a une femme pour toi.
C'est qui ?
J'en sais rien, moi.
Un problème ?
Il faudrait appeler la maintenance informatique.
Bonjour.
C'est vous, Ulrik Torp ?
Oui.
C'est votre article ?
Oui.
Allons un peu plus loin.
Comment avez-vous pu écrire ça sur Abdel ?
Qu'il est mort parce que c'était un criminel ?
- Mes condoléances. - Vous voulez savoir le pire ?
C'est pas que les autres journaux aient repris votre histoire.
Le pire, c'est quand notre fils voudra savoir qui était son père...
il tombera sur votre article.
- La police... - Mon mari n'était pas un criminel.
Il travaillait à l'Intérieur.
Ca faisait 7 ans qu'il n'avait pas vu son frère !
Il avait coupé les ponts !
Attendez !
J'aimerais comprendre cette histoire.
On peut se revoir ?
Moll...
Merci.
- T'as une minute ? - Bon boulot sur le meurtre.
L'Express a repris l'histoire
du frangin taulard et du lien avec le milieu.
Et si je m'étais trompé ?
J'ai peur que... Je viens de parler à la veuve.
La veuve ?
On va avoir un procès ?
Pas du tout. Mais il y a un truc qui cloche.
Abdel travaillait à l'Intérieur.
C'est pas le seul.
Pourquoi un fonctionnaire de l'Intérieur a-t-il été liquidé ?
- Moll ? - On dirait une exécution.
Peut-être qu'il ressemble à son frère.
Il a coupé les ponts avec lui depuis 7 ans.
Quoi, Simon ?
Tu m'as parlé d'une interview.
Oui ! Otto Brathenberg.
Bien. Très bien.
C'est aujourd'hui. Torp va t'accompagner.
Abdel n'était pas lié à son frère. Alors pourquoi l'a-t-on liquidé ?
Le type bosse à l'Intérieur, et on est pile avant les élections.
Aucune idée.
Mais je suis bien content que tu m'accompagnes.
Pourquoi tu vas voir Brathenberg ?
- Tu sais qui c'est, d'abord ? - Oui.
Wikipédia dit que c'est une figure de la vie politique depuis 40 ans.
T'as de la chance de le rencontrer. Il fait partie des derniers.
Des derniers ?
Des politiques de sa trempe.
Excusez-moi. On cherche Otto Brathenberg. Il est où ?
No Danish.
Pardon. On cherche...
Il est là.
Otto ?
- C'est lui ? - Oui.
Otto !
Torp ! C'est gentil de passer me voir.
C'est Simon qui mène l'interview.
- Bonjour ! - Ah. Bonjour.
De quoi vouliez-vous parler ?
Je veux que vous m'aidiez à passer un message aux Centristes.
C'est plus rapide qu'écrire une lettre au journal.
Surtout quand on est administrateur du journal en question.
Vous êtes plus acerbe qu'avant. Mais pas moins intelligent.
Goûtez-moi ça.
- Merci. - Regardez.
Mon petit hobby, dirons-nous.
Créé avec des travailleurs venus de toute l'Europe.
Merci l'ouverture des frontières.
Mais le Centre les refermera s'il s'allie au Parti National.
Si le PN a des sièges.
S'ils n'en ont pas, vous savez ce qui arrivera ?
Anne-Grethe Hulsig criera aux élections truquées,
comme un clone de Trump.
Un clone de Trump. Vous notez ?
- Alors ? - Délicieuse.
N'est-ce pas ?
Aujourd'hui, les politiques ont peur d'être impopulaires.
Ils veulent des clics, des likes,
ils postent leur vie sur le Net,
même ce qu'ils bouffent.
Dans pas longtemps, Anne-Grethe va embaucher des petites frappes
pour qu'ils l'agressent et que ça lui fasse de la pub.
Les gens votent avec leurs tripes.
On est sur le Titanic
et personne n'essaie de colmater la coque.
Chacun s'interroge sur ses ressentis alors que le bateau coule.
Et il coule à pic, Torp.
Cette femme est une menace.
N'accepte jamais de cadeaux d'une source, Simon.
C'est que des tomates.
Une seule tomate, ça passe. Un cageot, c'est un cadeau.
Anne-Grethe Hulsig ne tourne pas autour du pot.
Ses convictions sont claires pour ses électeurs.
Elle très est douée pour...
Tu seras là, vendredi soir ?
Ou au journal ?
Julie et Jonathan voudraient venir dîner à la maison.
T'as dit quoi ?
Julie et Jonathan veulent venir dîner vendredi.
Comment elle a pu épouser un type du Parti National ?
Je sais. Mais ça reste un être humain.
T'es sûre ?
Tu es trop à cheval sur ta morale pour le voir.
Il dit juste que l'état du monde l'inquiète.
Moi aussi, figure-toi. Mais je vote pas PN.
- C'est ça, le courage, non ? - Non.
T'es qu'un vieux ronchon.
C'est moi que tu traites de vieux ronchon ?
Hein ?
Quoi ?
Rien.
J'ai plus le droit d'embrasser ma femme ?
Si. Je dis pas non.
Tu peux aussi me parler, tu sais.
C'est ce qu'on fait, non ?
On parle d'inviter le PN à dîner.
Attends, mon bébé.
Ca y est, ton biberon est prêt.
T'as entendu ? Ding !
Il est chaud.
Voilà.
Allez, au dodo.
Anne-Grethe.
Votre mari travaillait au ministère depuis longtemps ?
Un peu plus de six mois.
Il a été embauché à la naissance de notre fils.
- Il dort ? - Oui.
C'est joli, chez vous.
Chez moi, c'était le bordel, quand ma fille est née.
Elle a quel âge, maintenant ?
27 ans, et elle vient de se marier.
- Félicitations. - Merci.
Il faut que je m'habitue à mon gendre.
Aucun homme ne sera jamais assez bien pour votre fille.
Non.
Mon père était comme vous.
Comment Abdel était-il,
dans les jours qui ont précédé... ce qui s'est passé ?
Il était occupé à cause des élections.
Je sentais que...
quelque chose le tracassait.
Il m'a dit qu'il devait rencontrer...
Spang et Johansen.
Spang et Johansen.
Ce sont ses collègues ?
Non.
Il parlait beaucoup d'elle.
Non pas que ce soit notre candidate...
J'imagine.
- Vous connaissez ce numéro ? - Non.
Je peux garder ça ?
Est-ce qu'Abdel avait un ordinateur ?
Oui.
Il a disparu.
Il l'a laissé au ministère ?
Je suis sûre qu'il était là !
Il a disparu ! Pardon, je suis à bout...
Aujourd'hui, beaucoup me demandent :
"Pour quoi ou contre quoi vous battez-vous ?"
A ceux-là, je réponds que je ne me bats contre rien du tout.
Je me bats pour le Danemark.
Il y a quelques jours,
un meurtre brutal a eu lieu sur notre sol.
Un meurtre mafieux.
A quelques kilomètres d'ici.
J'avoue que je ne reconnais plus ce pays.
Voulons-nous devenir comme la Suède ?
Non.
Voulons-nous être étouffés par le politiquement correct
qui nous empêche de parler des vrais problèmes ?
Non !
Non merci.
Sans façon.
Nous serons le cauchemar de...
Salut.
Tu couvres ce meeting ?
Non, je vais au ministère de l'Intérieur.
Mais nous pouvons être encore plus forts.
Pas de nazis dans nos quartiers !
Oh pitié, pas eux.
Nous sommes la voix des Danois
et nous voulons que cette voix soit entendue.
Nous voulons retrouver notre pays...
Anne-Grethe, venez.
... tel que nous le connaissions.
Si Hulsig est élue, la violence dans la rue !
Si Hulsig est élue, la violence dans la rue !
Vous avez un rendez-vous ?
Salut.
Bonjour.
Vous vous êtes pris quoi sur la tête ?
La démocratie.
Je vois.
Je peux utiliser les toilettes ?
- A gauche. - Merci.
Je peux vous aider ?
Ulrik Torp, du Dagbladet.
Vous n'avez rien à faire ici.
Mes condoléances pour votre collègue.
D'après les journaux, ce serait un crime mafieux.
Où est son ordinateur ?
Je suppose que la police l'a saisi.
Sur quoi travaillait-il avant sa mort ?
Je n'ai pas le droit d'en parler.
Bon...
J'ai ce qu'il me faut. Merci.
Tu sais que j'ai pas le droit de parler d'une enquête en cours.
Mais tu as saisi l'ordi de la victime.
Ca veut dire que le meurtre est lié à son travail ?
Non.
- Ecoute... - Tu as saisi son ordi.
Non, il n'y avait pas d'ordinateur.
Occupe-toi de ton stage, et laisse-moi faire mon enquête.
- Merci. - De rien. Bye.
La police a dû faire usage de la force
lors d'un meeting du Parti National.
Anne-Grethe Hulsig s'adressait à la foule
lorsqu'un groupe de manifestants...
Simon, viens voir.
Quelqu'un a nettoyé le bureau d'Abdel et embarqué son ordi.
Mais il a oublié ça.
- C'est qui ? - Aucune idée.
- Pas de date ? - Non.
J'ai besoin que tu m'aides.
OK. Attends...
Katrine Tabor-Nielsen à l'appareil.
Vous avez pris connaissance de mes questions ?
J'ai fait un chutney.
Avec les tomates de Brathenberg. C'est un petit geste...
pour te remercier de m'avoir aidé pour l'interview.
Je suis content qu'on soit amis.
Tu peux me faire une recherche ?
Trouve-moi tout ce qu'on a sur Spang et Johansen.
- Spang et Johansen ? - Oui.
On dirait un cabinet d'avocats.
Oui, ou un institut de recherche, une boîte de consulting.
Abdel travaillait sur les élections.
Et on est en plein dedans.
Je peux la citer ?
N'en parle à personne.
T'inquiète.
- Et merci pour... - Le chutney ?
Oui.
Merci. Je vais essayer.
Vous êtes aux Jardins du Soleil.
L'accueil est ouvert du lundi au vendredi, de 9h à 16h.
Si vous êtes de la famille...
C'est qui ?
Ca, j'aimerais bien le savoir.
Viens. Je te montre un truc.
C'est là que je viens quand je bloque sur un article.
C'est vide depuis 8 mois.
Il faut toujours connaître les bonnes cachettes.
Je crois que c'est ce qu'il te faut.
Un petit shot.
Merci.
J'aurais jamais dû écrire cet article
sur Abdel en faisant un lien avec son frère taulard.
C'était paresseux et impardonnable.
Oui, mais c'est ce qu'on fait tous, tous les jours.
Titres aguicheurs et...
blagues à deux balles,
pour faire passer le temps aux gens,
dans leur train de banlieue ou chez le dentiste.
Ne t'acharne pas sur cette histoire juste parce que tu as des remords.
J'ai pas de remords.
T'es sûr ?
T'as les joues roses depuis que t'as repris le boulot.
J'ai toujours eu les joues roses.
De grosses joues bien roses.
T'avais l'air d'un zombie.
Tu serais pas en train de flirter avec moi, là ?
Excuse-moi.
Allô ?
J'ai rien trouvé sur le Net sur "Spang" ou "Johansen".
En revanche, on a trouvé un "Eskil Spang Johansen".
Emma m'a aidé.
N'oublie pas de la remercier.
Merci, Emma.
De rien.
Elle a trouvé ça.
C'est dingue, non ?
- Il travaillait... - Au ministère de l'Intérieur !
Oui.
- Salut, Emma. - Salut, Tom.
Tout va bien ?
Oui. Bonne soirée.
C'était quoi, son domaine ?
Les élections et les référendums.
Comme Abdel Yassin ?
Comme Abdel Yassin.
Ils disent qu'il avait une femme.
- T'as des infos sur elle ? - Oui. Martha Spang Johansen.
Je suis en route. Si Moll me demande...
Je ferai diversion.
- Merci, Simon. - Bonne chance !
Bonjour ! Les bureaux de vote ont ouvert dans tout le pays.
Nous allons prendre la température sur le terrain,
avant de nous arrêter au Parti National
où on prépare déjà la soirée.
Un barnum a été installé...
Il s'agit d'un meurtre qui a eu lieu en octobre 1972.
Si tu trouves quelque chose, appelle-moi à ce numéro.
Merci.
- Je peux vous aider ? - Oui.
Je viens voir Martha Spang Johansen.
Il faut appeler avant de venir.
Les heures de visite sont terminées.
Vous êtes de la famille ?
Oui.
Martha Spang Johansen ?
Je peux vous poser quelques questions ?
Oui, bien sûr.
- Entrez donc. - Merci.
Je passe des heures à regarder ma perruche.
Je suis Ulrik Torp, journaliste au Dagbladet.
J'ai des questions sur feu votre mari.
- Mon mari ? - Oui.
Il travaillait au ministère de l'Intérieur, n'est-ce pas ?
Il est joli, cet oiseau.
Il dépérit.
C'est un album ?
Oui.
- Je peux voir ? - Bien sûr !
Regardez.
Mon Popeye...
Il était bel homme, n'est-ce pas ?
Très. Vous avez l'air très heureux.
Ca, c'était au lac de Côme.
Nous avions deux semaines de vacances.
Et lui... Son nom m'échappe. Il travaillait aussi à la Citadelle.
A la Citadelle ?
Votre mari était un agent du Renseignement ?
Oui.
Je l'ai dit au charmant jeune homme qui est venu me voir.
Abdel ?
Abdel Yassin ?
Moi aussi, j'ai une photo.
Mais oui ! Regardez.
Ca, c'est mon Eskil.
Ah oui ?
Et lui, c'est Karl Hulsig.
Karl Hulsig ?
C'est Karl Hulsig ?
C'était un homme intraitable.
Et les autres, sur la photo ?
C'est vraiment gentil d'être venu me voir.
Vous allez bien ?
Oui.
Tant mieux.
Excusez-moi. Qu'est-ce que vous faites ?
On regarde des photos.
J'ai regardé le dossier de Martha. Elle n'a plus de famille.
Partez, ou j'appelle la police.
Martha aurait dû être changée il y a plusieurs heures.
Abdel Yassin n'a pas été tué à cause de son frère.
Ils ne se voyaient plus.
OK. C'est quoi, la nouveauté ?
Il y a 50 ans, au moment du référendum sur la CEE,
un certain Eskil Spang Johansen a été tué de la même façon.
Lui aussi travaillait pour l'Intérieur,
et il appartenait à un groupe d'agents du Renseignement.
Dans ce groupe, il y avait Karl Hulsig.
- Qui ? - Le père d'Anne-Grethe Hulsig.
C'est lui, là.
J'ai une élection à couvrir, je te rappelle.
Et lui, c'est Karl Hulsig.
- T'as trouvé ça où ? - Dans le bureau d'Abdel.
Tu faisais quoi au ministère de l'Intérieur ?
Mon boulot.
Je sais que tu veux récupérer ton boulot,
mais là, j'ai besoin que tu couvres les chiens écrasés,
même si tu vaux beaucoup mieux que ça.
Je t'ai pris pour ça.
Chapeaute les stagiaires. Ca a été, avec Brathenberg ?
- Bien. - Tu crois que Simon a de l'avenir ?
Il sait utiliser Google.
C'est un début.
Avec Emma, ça nous fait deux génies de l'informatique.
L'ordinateur d'Abdel a disparu.
Le ministère dit que la police l'a saisi,
mais la police réfute.
Quelqu'un serait en train d'effacer des preuves ?
Ca paraît évident. Y a quoi, sur cet ordi ?
- Qu'en pense la police ? - Rien.
Fais gaffe, ne sombre pas dans le complotisme.
A demain.
Je veux parler à Anne-Grethe Hulsig.
Tu n'as rien, pour l'instant.
Juste des questions pour une femme politique
qui hait la presse.
Elle va juste hurler à la fake news.
- Tu as peur d'elle ? - Non.
J'ai peur qu'elle entre au Parlement.
Je veux lui demander
pourquoi Abdel avait une photo de son père dans son bureau.
Ecoute, Torp,
je rêve de te trouver un poste de permanent au journal.
Tu fais partie des meilleurs.
Mais je peux pas relancer ta carrière si tu la plombes.
Va regarder les élections avec les autres,
bois des bières, et ne t'approche pas de Hulsig.
Si je t'avais dit que tu serais le boss...
Je t'aurais dit : "Va te faire foutre."
A plus.
D'après les sondages, Anne-Grethe Hulsig ira au Parlement.
J'imagine qu'elle a de quoi se réjouir,
après une campagne réussie.
Nous attendons les derniers... Oups !
Comme vous le voyez, l'ambiance est plutôt joyeuse
parmi les militants et les sympathisants.
Beau-papa ?
- Salut. - Vous êtes là ?
Vous êtes venu me livrer le barolo en personne ?
Non. Mon journal voudrait la réaction de Mme Hulsig.
Pour l'édition en ligne.
Je peux vous la présenter.
- Vous voulez ? - Volontiers.
Attendez, je vais d'abord vous chercher une bière.
Je vois que ça bouge... Je me rapproche.
Anne-Grethe,
selon les sondages, vous avez atteint le seuil.
Alors, champagne ?
Des sources fiables nous ont indiqué
que dans plusieurs bureaux de vote, les électeurs se sont sentis menacés
et n'ont pas pu exprimer leur vote,
alors qu'ils voulaient voter pour notre parti.
Vous avez des preuves ?
Ulrik Torp, du Dagbladet.
J'ai dit qu'ils s'étaient sentis menacés...
Donc vous n'avez aucune preuve.
Juste leur ressenti.
Donc...
Abdel Yassin.
Vous ressentez quelque chose à son sujet ?
J'ignore à quoi vous faites allusion.
Spang Johansen.
Quel est votre plan pour l'immigration ?
Faites-le partir.
Pas tous à la fois.
Ce soir, les Danois ont fait le bon choix.
- A quoi vous jouez ? - Moi ?
Oui.
Comment vous pouvez la soutenir ?
Vous ne la connaissez pas !
Je suis fier de soutenir Anne-Grethe, depuis le début.
Bravo pour votre sectarisme,
bravo pour votre esprit étriqué,
et pour la caisse de barolo que vous avez gagnée.
- Beau-papa... - Assez !
M'appelez pas comme ça.
Comment vous pouvez soutenir ces conneries
et exiger d'être pris au sérieux ?
Par qui ?
Par les électeurs, ou par vous ?
Tout indique qu'Anne-Grethe Hulsig sera au Parlement.
Ulrik, viens prendre une bière.
Il y a quelque chose à célébrer ?
Ben... la démocratie.
Tiens.
Merci.
Qu'est-ce que c'est ?
C'était dans l'imprimante.
C'est pas à moi.
Ah, vous voilà !
Le vieux journaliste aguerri
et la déesse de l'informatique...
La déesse de la beauté, aussi...
Stop, Asbjorn. Va te faire voir.
C'est juste un compliment.
Non. Tu me dragues et t'es lourd.
Quoi ?
Ulrik, t'as mangé ?
C'est quoi ?
Une salade de pâtes, je crois. C'est sûrement à Bente.
Eh ben c'est à nous, maintenant.
T'es passé au Parti National ?
Hulsig sait qui est Spang Johansen. C'est évident.
Simon, viens voir ça !
Ils seront pas au Parlement.
Qui ?
Les candidats du Parti National !
Ca vient de tomber
et c'est une surprise, on peut même dire un choc,
puisque toute la soirée,
le Parti National était au-dessus du seuil d'entrée au Parlement.
Mais le dernier décompte des voix
montre qu'ils sont en dessous du seuil.
Avec leurs sondages à la con à la sortie des urnes...
Elle va être obligée de quitter la tête de son parti.
Elle l'a promis.
Elle quitte le navire avant le naufrage.
Le parti va s'effondrer, maintenant.
Elle peut revenir avec un nouveau parti.
- Salut. - Tu rentres, toi aussi ?
Oui. Je n'ai plus 50 ans.
Bon, ben...
Bonne soirée.
Oui. Bonne soirée.
Salut.
La surprise de la soirée, c'est le résultat décevant
du Parti National, sûrement voué à disparaître.
Notre correspondant Tim Dalby est au siège du parti,
où le cœur n'est plus à la fête.
Tim, quelle est l'ambiance ?
Merde !
- Mette ? - Salut !
Je croyais que tu dormais. T'étais où ?
A mon club de lecture.
J'ai passé la soirée électorale là-bas.
Je te l'avais dit, non ? Et toi, t'étais où ?
Au journal, pour la soirée électorale.
- Bisou. - Bisou.
Hmm... C'est quoi ce parfum ? Tu sens bon.
Je sais pas.
Tu es complètement bourrée.
Complètement !
Tu regardes les élections ? Je vais me coucher.
OK.
Plus tôt, Anne-Grethe Hulsig a déclaré...
Des sources fiables nous ont indiqué
que dans plusieurs bureaux de vote, les électeurs se sont sentis menacés
et n'ont pas pu exprimer leur vote,
alors qu'ils voulaient voter pour notre parti.
Une affirmation non vérifiée, mais qu'elle maintient.
Vagn Eriksen, que retenir de cette déclaration ?
Je vois ça comme le geste désespéré d'une femme aux abois.
Je suis en total désaccord.
Pourquoi, Otto Brathenberg ?
Anne-Grethe Hulsig connaît parfaitement la politique.
C'est à ses électeurs qu'elle parle,
quand elle se pose en victime.
Elle sait parfaitement que ça booste sa popularité.
Ca ne m'étonnerait pas qu'elle ait voulu perdre.
Allons... Personne ne veut perdre une élection.
C'est ce que vous croyez.
Mais le PN est un petit parti
et elle a promis de quitter sa présidence en cas de défaite.
Ca la laisse libre de créer un nouveau parti
encore plus fort et plus populaire.
C'est le scénario idéal pour elle.
- Allô ? - Simon ?
- Salut, Ulrik. - Tu regardes la TV ?
T'es où ?
Les résultats du Parti National diffèrent trop des estimations.
Je crois qu'Anne-Grethe Hulsig...
Ulrik, je suis au bar.
- Simon... - Ca peut pas attendre ?
Non. A quelle heure je peux passer te prendre ?
Il faut choper Jonathan avant qu'il parte au boulot.
Appelle le journal et dis qu'on est en vadrouille.
Si tu veux être journaliste, faut bosser jour et nuit.
Même après une cuite.
Ulrik...
Arrête-toi. Vite.
Bonjour.
Bonjour, Ulrik.
- Papa ? - Salut, ma puce.
On a besoin de l'aide de Jonathan.
Je vous présente Simon.
Je peux utiliser les toilettes ?
- Bien sûr. - Merci.
Au fond à gauche.
Merci.
- Tenez. - Merci.
Il est top, ce robinet.
Oui, on trouve aussi.
Je ne comprends pas ce que vous attendez de moi.
Vous connaissez la plupart des délégués du parti, non ?
Oui.
Ils reçoivent les résultats des bureaux de vote locaux.
Oui, et ils les transmettent au ministère de l'Intérieur.
Exactement.
Je veux récupérer le comptage manuel des voix,
avant que les résultats soient numérisés.
Ca fait beaucoup de monde à contacter.
Je sais.
OK.
T'es sérieux ?
Oui.
- Papa... - Oui.
- Quoi ? - Viens.
Tu dois des excuses à Jonathan.
Et à moi aussi, d'ailleurs.
A toi ? Pourquoi ?
Parce que tu...
Tu ne respectes pas le choix que j'ai fait.
Tu as le droit d'être un vieux ronchon.
Mais ne t'étonne pas si les gens s'éloignent de toi.
Tu as parlé à maman ?
Oui.
Je lui ai parlé.
Je dois aller au boulot.
774 votes pour le Parti National. Merci.
Simon, vérifie à Ringkobing-Skjern. J'ai 774 votes.
Le ministère de l'Intérieur indique moins : 743.
Il n'est jamais facile de quitter ceux qu'on aime,
mais j'avais promis de partir si on ne gagnait aucun siège.
Et c'est une promesse... que je compte bien tenir.
Bonjour. Simon Iversen, du Dagbladet.
Non, ce n'est pas pour un abonnement.
Merci.
Et maintenant ?
Je pense que je vais me passer ma chanson préférée,
"No Surrender", de Bruce Springsteen.
Elle m'a toujours beaucoup aidée dans les moments difficiles.
Elle me rappelle que demain est un autre jour.
Merci.
Mais quel cirque ! Y a que moi qui le vois ?
Non. Ne vous inquiétez pas.
On vérifie, c'est tout.
Bonjour. Simon Iversen du Dagbladet.
Ulrik Torp.
Oui, c'est ça.
Simon, t'as une calculette ?
Dans ton téléphone.
4 %.
4 % des voix ont disparu
entre le dépouillement et les chiffres du ministère.
Mais alors... on aurait pu entrer au Parlement.
J'appelle Emma.
Si les chiffres ont été manipulés, elle le découvrira.
Internet, ça sert à pas mal de choses...
Allô, Emma ?
Oui, Simon ?
OK. Je te rappelle.
- Une fraude électorale ? - Oui. N'en parlez à personne.
- Anne-Grethe est impliquée ? - Ben...
Pourquoi aurait-elle voulu perdre ?
Il faut regarder la situation dans son ensemble.
Et si c'était juste une erreur ?
Je crois pas, non.
Vous allez publier tout ça ?
Oui, évidemment.
Mais il me faut des preuves.
Comment est-ce possible ?
C'est ce que j'essaie de comprendre !
A propos d'hier soir...
Ce que j'ai dit... je le pensais pas.
C'est oublié.
Non, j'insiste.
Je voudrais m'excuser.
Vous n'êtes pas obligé.
On est une famille.
Les disputes en famille, ça arrive.
Oui.
Je vais ranger tout ça, sinon Julie va hurler.
Je vous aide.
Simon, on y va.
Et maintenant, on fait quoi ?
- T'as des nouvelles d'Emma ? - Non. Je l'appelle.
- Salut, Simon. - Allô ?
Tu avais raison.
Dis à Ulrik
que le firewall du ministère a été hacké.
Trop dur. Il savait même pas que son tél avait une calculette.
J'ai besoin de temps pour savoir s'ils ont bidouillé le système.
OK. Je t'appelle dans 5 min.
Double, merde !
Putain...
Hé ho ?
Il y a quelqu'un ?
On a examiné votre fils. Il est indemne.
Vous avez eu de la chance.
C'est pas mon...
Où est la voiture qui nous a percutés ?
Apparemment, elle n'a pas été localisée.
Elle est recherchée, mais voyez avec la police.
Oui. Merci.
Ils n'ont pas trouvé l'autre voiture.
Non.
Emma.
Oh putain, Tom !
Tu m'as foutu la trouille.
Pardon. J'ai cru que vous étiez Tom.
Vous comprenez tout ça ?
Oui, c'est pas si compliqué.
C'est des données de notre édition en ligne.
Voilà.
- Je me dépêche. - Vous pressez pas.
Tom a encore ses migraines ?
J'en sais rien.
Vous travaillez tard.
Je choisis mes horaires.
C'est Louise qui fait le planning du ménage ?
Oui. C'est elle.
Quelle andouille !
Je suis maladroite...
Vous avez de quoi éponger ?
Je vais chercher du papier.
Emma ?
Emma ?
Qu'est-ce qui s'est passé ?
C'est un algorithme tout bête.
Un employé de banque a utilisé le même, il y a quelques années.
Il a piqué une jolie somme sur les comptes de ses clients.
Des petits montants, mais au final,
ça s'est chiffré à plusieurs millions.
J'ai jamais entendu parler de ça.
Personne ne l'a su.
Comment tu le sais, alors ?
Celui qui a fait ça a un complice au sein du ministère.
Quelqu'un qui a accès aux données statistiques
ou aux serveurs.
Est-ce que c'est une preuve ?
Une preuve valable ?
Ca a suffi pour qu'Abdel soit tué.
Il a pris mon ordi, mais il savait pas que j'avais ça.
J'ai tout sur ce disque dur.
Tu peux écrire ton article.
On arrête.
Ca va pas ?
C'est trop dangereux. Pour nous tous.
Tu pourrais au moins aller voir la police.
Pour dire quoi ? Qu'un chauffard fantôme nous a percutés ?
Qu'Emma a eu peur d'un faux balayeur
pendant qu'elle hackait le serveur du ministère de l'Intérieur ?
Qu'il y a eu une fraude ? C'est trop pour moi.
Quelqu'un a manipulé l'élection, on a les preuves, et tu te barres ?
Arrête de me suivre !
Je suis ni ton pote ni ton père ! Je suis personne !
Tu comptais me le dire quand ?
J'ai trouvé ça, en mettant le linge en machine.
J'ai appelé l'hôpital.
J'ai dit que j'étais ta femme et ils m'ont tout expliqué.
T'es allé là-bas
pour faire analyser une masse que tu sentais sur ta mâchoire,
ils soupçonnent un cancer, et tu dis rien à ta femme ?
- Je ne t'ai pas menti. - Non.
Parce que tu ne me dis jamais rien.
Tu pourrais passer ta vie sans rien partager avec moi.
Je peux pas tout te dire.
Je te parle pas de ton boulot. Je parle de toi.
T'as une maîtresse ou quoi ?
Non.
Donc t'as juste baissé les bras.
C'est du barolo ?
Oui.
Ton gendre tient ses promesses.
Ils ne savent pas encore si la tumeur est maligne.
Tu viendras avec moi ?
A l'hôpital.
Bien sûr. T'es bête ou quoi ?
J'ai pas baissé les bras.
Jamais.
Un nouvel ordi.
En attendant que tu trouves le bon.
Merci.
Et...
Excuse-moi, Simon. Tu as raison. Il faut écrire cette histoire.
Et c'est moi qui vais le faire.
Tiens.
Le numéro et l'adresse perso d'Anne-Grethe Hulsig.
Elle se gare toujours au parking de Kohlers Allé.
- Merci. - De rien.
Moll, il faut que je te parle.
Ca tombe bien, moi aussi.
Je peux te faire confiance ?
Tu vas me prendre pour un traître,
mais je te demande de rester loin de Hulsig.
Fais gaffe à toi.
Promets-le-moi.
Quelqu'un a truqué l'élection. Et Anne-Grethe est derrière tout ça.
Putain, Ulrik...
T'es obsédé par cette femme.
Abdel Yassin l'a découvert,
et ils l'ont tué.
Tu peux le prouver ?
C'est là-dessus.
Il va falloir que tu sois plus précis.
Oui.
Vous pourriez me lâcher, maintenant ?
Vous allez vite rebondir.
J'ai quelque chose à vous montrer.
Qui sont ces hommes ?
D'où tenez-vous ça ?
Qui sont-ils ?
C'est le groupe de mon père. Ses amis de la Citadelle.
- Tous des agents du Renseignement ? - Vous êtes du Dagbladet ?
Elle sort d'où, cette photo ?
Je l'ai trouvée dans le bureau d'Abdel Yassin.
L'employé du ministère qui a été tué.
Mon père m'a reniée quand j'ai créé mon parti.
C'était un an avant son AVC.
Faites vos propres recherches.
Comment avez-vous fait ?
Fait quoi ?
Pour perdre l'élection.
- Vous pensez que j'ai fait exprès ? - Oui. Pour jouer les martyrs.
Et revenir en force avec un nouveau parti,
en surfant sur la sympathie des gens et leur dégoût du système.
Je peux prouver que vous avez manipulé les résultats.
Soit vous me parlez, soit ce sera dans la presse demain.
Vous pensez avoir tout deviné grâce à une vieille photo ?
Si vous m'expliquez cette histoire de fraude,
je vous dirai tout sur cette photo.
Ils se retrouvaient toujours chez nous.
J'avais l'habitude de me cacher pour les espionner.
Je trouvais ça palpitant.
C'était comme jouer au détective.
Une nuit, le groupe a volé en éclats.
Eskil avait commis une faute.
- Spang Johansen ? - Oui.
Vous avez vu ce qui lui est arrivé ?
Mon père ignorait que j'étais réveillée.
Qui sont les autres ?
Je ne me souviens que d'un seul.
Il est mort il y a 2 ou 3 ans.
Jorgen.
Jorgen Tabor-Nielsen.
A vous de parler, maintenant.
Tiens.
Merci.
Torp à l'appareil.
Merci.
Il connaissait Abdel ?
Il a été inculpé ?
Continue de parler. Elle écoute.
Ca tient la route ?
Il y a des preuves ?
J'ai trouvé la nécro de Jorgen Tabor-Nielsen
C'était un agent du Renseignement.
Il avait une fille.
Katrine.
Merci. Bye.
La police a arrêté un suspect pour le meurtre d'Abel.
On a son nom ? Son mobile ?
Ils savent pas encore.
Ils pensent que...
le meurtre a été commandité.
Un contrat ?
Oui.
Ils tournent.
Suis-les à bonne distance.
Ils s'arrêtent au palais des congrès.
Continue.
Il se passe un truc, ici, ce soir ?
Oui, une sorte de remise de prix.
En l'honneur d'Otto Brathenberg.
J'aimerais remercier
le comité du Dialogue Démocratique
pour cet immense honneur
et cette marque de confiance.
Vous savez, la démocratie a un prix.
J'en ai fait la dure expérience,
en politique, bien sûr,
mais aussi dans mon mariage.
Comme le disait Winston Churchill :
"La démocratie est le pire système de gouvernement,
"à l'exception de tous les autres."
Je vous remercie.
La presse a déjà pris d'assaut le bar, on dirait.
Après une citation de Churchill, un toast s'impose.
Tu ne bois pas ?
Tchin.
Allons discuter ailleurs.
Pour avoir un "dialogue démocratique"
sur le fait que tu me fliques depuis mon article sur Abdel ?
Viens.
Ton père a créé un groupe d'agents du Renseignement
qui partageaient ses idées, c'est ça ?
Vide tes poches.
T'as peur des micros ?
C'est ton père qui a tué Eskil Spang Johansen ?
Nous avons tous une responsabilité.
C'est ce qu'il m'a appris.
La plupart des gens préfèrent ne pas y penser.
Et Brathenberg ?
Quel est son rôle ? Il n'est pas sur la photo.
C'est moi qui l'ai prise.
Katrine, s'il te plaît.
Merci.
Où l'avez-vous eue ?
Dans le bureau d'Abdel Yassin.
Vous êtes passés à côté.
Je l'ai prise avec mon vieux Leica.
Qui sont les autres sur la photo ?
J'ai la preuve que vous avez truqué l'élection pour faire chuter le PN.
Le Parti National n'est pas une menace en soi.
C'est le premier pas dans une direction dangereuse.
Des partis d'allumés comme le PN émergent tous les 5 ans.
Et à chaque fois, nous avons évité la catastrophe.
C'est pas la première fois ?
Le nationalisme a toujours menacé l'Europe.
A chaque fois qu'il montre son visage hideux,
l'Europe faiblit et la haine monte.
Regardez l'Italie, la Pologne...
La Hongrie.
Mon père a survécu aux camps de concentration.
C'était un alcoolique violent.
Mais en grandissant, j'ai compris ce qui l'avait rendu ainsi.
Le fils d'Abdel Yassin ne connaîtra jamais son père.
C'est pas nous, les méchants, Ulrik.
Simon... C'est le type qui était aux archives.
- T'es sûre ? - Oui !
Vous avez tué Abdel
parce qu'il allait révéler vos tripatouillages.
Nous décidons pour ceux qui n'ont pas la capacité de le faire.
En sapant la démocratie ?
Pour la défendre.
C'est paradoxal.
Oui.
Tous ces gens bien calés devant leur ordinateur
se valorisent en haïssant les autres pour leur foi, leur sexualité ou...
leur couleur.
Pour eux, le monde est compliqué.
Et voilà qu'apparaît une Anne-Grethe Hulsig.
Elle propose des solutions simples dans un monde qui va trop vite
et où il faut faire un effort pour comprendre ce qui se passe.
Les gens qui prennent la démocratie pour acquise ne la méritent pas.
Je peux vous citer dans mon article ?
C'est qui ?
On a besoin de quelqu'un comme toi.
Quelqu'un qui a du recul,
qui voit les choses à l'avance.
Nous vous demandons de laisser tomber votre article.
- Je serais un mauvais journaliste. - Stagiaire, seulement.
Oui, mais ça, ça peut évoluer.
Vous m'offrez un poste fixe au journal ?
Si ta tumeur à la mâchoire s'avère maligne,
tu auras besoin du meilleur traitement.
C'est lui qui a tué Abdel ?
Quand ça va sortir, il y aura de nouvelles élections.
Et que se passera-t-il, d'après vous ?
Anne-Grethe Hulsig entrera au Parlement,
avec encore plus de voix.
Portée par une opinion publique favorable.
Les gens oublieront ses idées pleines de haine.
Vous voulez que la jeunesse
grandisse dans un pays gangréné par le PN ?
Allons... Au fond, nous partageons les mêmes valeurs.
Le voilà.
Il faut faire quelque chose.
Mesdames et messieurs, votre attention !
Un début d'incendie vient être signalé.
Dirigez-vous vers les sorties.
Il y a le feu ! Sortez du bâtiment !
Tout le monde dehors, vite !
Leur organisation a subverti la démocratie danoise
pendant plus de 50 ans.
Brathenberg et un groupe d'agents haut placés du Renseignement
ont monté tout ça.
Rends-moi le disque dur.
Je sais pas de quoi tu parles.
Moll, file-moi le disque dur.
Ils t'ont menacé ?
Quand je t'ai dit de chapeauter les stagiaires,
c'était pas pour que vous alliez hacker le gouvernement !
Tu connais la peine pour ce genre de délit ?
Qu'est-ce qu'ils t'ont offert ?
Tu as l'habitude d'être le seul à dénoncer des choses.
C'est facile d'être un homme en colère
quand on n'a rien à perdre.
Ta place n'est plus ici.
Ulrik...
N'écris pas cette histoire. Ca ne vaut pas la peine.
Ulrik ?
Je peux partir avec toi.
Tout de suite.
Non.
Ne fais pas ça, Simon.
Merci.
Salut.
Bien.
Les résultats sont bons.
Il n'y aucun signe de cancer.
On peut retirer le kyste
ou le laisser se résorber tout seul.
Ce n'est pas la fin de l'histoire.
Je vais continuer.
Maintenant, vous savez...
ce qu'Abdel essayait de faire.
C'est dangereux de le savoir.
Ca y est... maman a fini.
On y va.
Le Gouvernement a nommé une commission d'enquête
suite aux rumeurs de fraudes lors de la dernière élection.
La police cherche à savoir si le meurtre d'Abdel Yassin,
abattu avant l'élection,
serait lié à la fraude électorale présumée.
Les coïncidences...
C'est une question impensable :
une fraude électorale est-elle possible au Danemark ?
Notre système électoral fait partie des plus sûrs...
Adaptation : Brigitte HANSEN
Sous-titrage : VDM
Can't find what you're looking for?
Get subtitles in any language from opensubtitles.com, and translate them here.