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Original subtitles

...

-Tu es déjà là ? Tu aurais dû me dire que tu rentrais plus tôt.

-Il y a quelqu'un dans la maison ? -Quoi ?

-Il y a quelqu'un dans la maison, je te dis.

-Non. -Si, je vais voir.

Monte dans la voiture. -On n'a qu'à appeler les gendarmes.

-Oui, appelle-les. Monte et verrouille les portières.

-N'y va pas. -Si.

Allez, vas-y.

Le bébé gazouille. -Ca va, ça va.

Ah, les gendarmes.

Les gendarmes...

Le code.

C'est quoi son code ? Son code...

Julien ! J'ai pas ton code.

J'arrive.

J'arrive.

Attends-moi !

Le bébé pleure.

...

Ju... Julien ?

...

Les clés ! Les clés !

Oh, mon Dieu. Oh, mon Dieu.

Non...

Non... Non... Nooon !!

Elle hurle.

...

-Enfin, Bareski, pour une fois que je vous demande un service.

Ca fait 4 ans que je vous permets de vous greffer sur des enquêtes.

4 ans que je mens en disant que le ministère vous couvre.

Je prends des risques.

-Je sais, Mme Frémiot.

*-J'ai tout fait pour devenir

la cheffe de cabinet du ministre et je risque ma place.

-Je me mettrais en 4 pour vous, mais là, je suis pas disponible.

-C'est le 3e homicide dans le Loiret en moins d'un an.

C'est une affaire pour vous, il y a une forêt là-bas,

*vous pourrez chasser, pêcher. -Je suis dans les Vosges, là.

La tuerie des Shall, le père, la mère et le nouveau-né.

-Oui, et alors ?

Un non-lieu a été prononcé.

-On a signalé une disparition près d'Aurcières.

*Je crois pas aux coïncidences.

Je tire au clair cette histoire et je file dans le Loiret.

-Oubliez, je mets quelqu'un d'autre

*sur le coup.

-Amy ! Allez, on y va.

-Bonjour, mon petit papa.

...

-Vous quittez la police, mais vous gardez votre carte ?

Votre arme aussi ?

-Je suis en disponibilité, je reprends du service quand je veux.

Vous devez penser

que ce serait plus confort

pour moi à la criminelle, hein ? -Ben oui.

-Je supportais plus qu'on lâche une enquête, j'en dormais plus.

Alors, j'ai changé les règles.

Je vis de petits boulots, mais mes enquêtes, je ne les lâche plus.

Et je dors comme un bébé.

-Qu'est-ce qui vous fait penser

que cette disparition

serait liée à des événements vieux d'il y a 6 ans ?

-La tuerie d'Aurcières est une affaire à laquelle je m'intéresse.

-Mais c'est Tisseron qui a fait le coup.

-Il a avoué tous ses crimes, sauf cette tuerie.

-Alors, votre hypothèse,

ce serait qu'un tueur aurait agi en même temps que Tisseron

et qu'il habiterait encore à Aurcières ?

C'est tiré par les cheveux. -Bon, donnez-moi

quelques infos. Cette disparition, vous la jugez inquiétante ?

-Oui, dans la mesure où la disparue a disparu depuis 6 jours.

Florence Hardouin.

26 ans. Journaliste.

Elle devait rejoindre sa mère dimanche en début de soirée à moto,

mais elle a disparu. Son téléphone a borné non loin du village.

L'antenne-relais est là, en retrait de la route.

A 4 km d'Aurcières, à 25 km de Bramont.

On a fouillé toute la zone.

Les fossés, les ravins, les sentiers, on n'a rien trouvé.

-Aurcières, c'est un cul-de-sac. Elle est passée

par Bramont. -Oui, on l'a vue.

-Vous avez

les coordonnées de la mère ?

-Elle vend des livres

à Aurcières.

Il y a peu de commerçants là-bas, vous la trouverez.

C'est Josepha Hardouin.

Voilà.

Posez ce dossier, Bareski.

Si ça se trouve, Florence Hardouin

est peut-être partie en reportage, en immersion, il n'y a que sa mère

qui s'inquiète.

-J'ai jamais vu une mère se tromper.

Et pour votre dos et votre nuque,

j'ai du baume que je fabrique avec des pâquerettes et du saindoux.

-Des pâquerettes, vous vous foutez de ma gueule ?

-La pâquerette possède les mêmes vertus que l'arnica.

Moi, quand j'ai mal au dos, ça me soulage.

...

Amy.

Bonjour.

Madame ?

Madame, deux secondes.

Je cherche Josepha Hardouin.

...

Quelqu'un vient.

-Servez-vous, c'est gratuit.

-Comment ça ?

-Je vais fermer boutique, alors, je donne mes livres.

Vous aimez lire ?

-Oui, de la poésie.

-J'en ai un bon stock.

Attendez.

En fait, faudra repasser, j'ai pas trop le temps.

-Je reviendrai, mais si vous me donnez ce livre,

je dois aller chasser, je vous ramènerai du gibier.

-Vous venez à Aurcières pour chasser ? C'est marrant.

-Je suis venu

pour vous.

-Pour moi ?

-Je suis policier.

Votre fille a bien disparu ? -La police ?

Je comprends pas. Et les gendarmes ?

-Si vous avez 5mn, je vous offre à boire et vous explique

qui je suis. -Bon.

Le capitaine Akerman se trompe.

Florence m'aurait prévenue si elle avait eu un empêchement.

Elle aurait appelé depuis, non ? -Son téléphone a borné près d'ici.

Elle aurait pu aller voir quelqu'un

avant de vous rejoindre ? -Possible.

Florence veut comprendre pourquoi tout le monde quitte Aurcières.

Elle pense que c'est lié à l'affaire Shall.

Son journal lui a demandé de faire un article là-dessus,

du coup, elle vient ici depuis un mois pour rencontrer des gens.

-Ca change tout, ça.

-Ca change quoi ?

-Elle a interrogé qui ? -Presque tout le monde.

-J'appelle Akerman.

-D'accord.

A tout à l'heure.

-Pourquoi je reprendrais les recherches à partir de Bramont

alors que son téléphone a borné à 25 km de là ?

*-Parce que c'est là où elle a été vue pour la dernière fois.

-Mais pourquoi la chercher à partir de Bramont ?

*-Je soupçonne un enlèvement.

*Le ravisseur a dû percuter la moto avant l'antenne-relais.

-Vous délirez !

*-Bon, je vais

*y aller. -Non, j'envoie quelqu'un.

Par acquit de conscience.

*-Merci.

-Putain...

Non, plus de ça.

-Si. -Non.

-Si.

-Major, vous parlez

à votre capitaine. -Je parle à mon papa déglingué.

Alors, s'il te plaît, tu bois ce médicament.

Voilà.

Puis mets son truc.

-Ca sert à rien.

-C'était qui au téléphone ? -Ce SDF de flic.

Il veut qu'on reprenne les recherches à partir de Bramont.

Il pense que Florence

a été enlevée par l'auteur de la tuerie d'Aurcières.

Tu vois le niveau.

-C'est pas idiot. -Quoi ?

-Admettons qu'elle a été percutée en moto après Bramont.

Le ravisseur la charge et plus loin, à l'écart,

il la fouille, trouve son téléphone et coupe le signal.

-Pourquoi à l'écart ?

-A ton avis ?

Si l'accident a eu lieu à Bramont, on ne trouvera rien à Aurcières.

Je vais jeter un oeil. -Major, je n'ai rien ordonné.

-Capitaine, vous avez dit que vous enverrez quelqu'un ? C'est bon.

A tout à l'heure.

Quelqu'un frappe.

-Oui ?

C'est quoi ?

-Le gars de tout à l'heure

a laissé ça pour vous. -Ses pâquerettes ?

Merci, Meyer.

Allez, pfuit !

-Je vous aide. -Merci.

J'en ramène tous les soirs.

Puis, comme vous m'avez demandé,

c'est le numéro de mon ami Alberto pour le petit boulot.

Appelez-le,

on sait jamais.

-Merci.

Depuis quand habitez-vous ce village ?

-J'y suis née.

Mon père possédait une saboterie.

Je suis partie pour me marier et je suis revenue quand j'ai divorcé.

Je suis attachée à ce village.

Comme tous ceux qui vivent encore là.

-Beaucoup sont partis depuis la tuerie ?

-La moitié.

Une rumeur dit que le tueur vivrait toujours ici.

-Qui a propagé cette rumeur ? -Ceux qui ont fini par partir.

Ils avaient l'impression d'être suivis, toujours observés.

Le soir, tout le monde s'enferme. La nuit, il n'y a personne dehors.

-C'est pas la foule en journée, non plus.

Vous avez l'impression

d'être observée vous aussi ? -Oui.

Ca m'est arrivé.

J'habite en dehors du village

et j'ai déjà aperçu une silhouette

près de la forêt.

Une silhouette immobile.

C'est vrai que ça fait peur.

On fait des recherches avec des amis depuis que Florence a disparu.

Venez avec nous demain. -OK.

On se retrouve où ? -Ici.

A 7h.

-Comptez sur moi.

Le mieux serait de dire que je suis un ami d'enfance,

histoire de pas ébruiter que je suis venu enquêter.

-Un ami d'enfance ?

Ca me va.

A demain. -A demain.

-Qu'est-ce que t'as à t'arrêter toutes les 5 minutes, toi ?

-Je croyais qu'on avait des clients.

-Jérôme, on n'a pas de réservations,

mais on a des livraisons, alors, faut y aller, là.

...

-On va être bien là, Amy.

-Bon, j'ai rien trouvé.

-Assieds-toi, c'est prêt.

Tiens.

-Pourquoi tu as sorti tout ça ? -C'est mes dossiers sur la tuerie.

J'ai enquêté 4 mois avant d'être dessaisi.

-Pour rien.

La SRPJ a pas fait mieux que toi.

-En même temps, sans ADN, sans témoin et sans empreintes...

-Pas de mobile, les Shall s'entendaient avec tout le monde.

Ils ont même cramé le corps du gamin, c'est ignoble.

-Allez, mange.

-Appelle-moi quand tu veux.

Puis essaie de dormir, demain, on va beaucoup marcher.

-Tu seras là ? -Evidemment, on sera tous là.

On va la retrouver, Florence. -T'as raison.

Je vais me coucher. -Bien sûr.

Bon, tu dors et tu t'enfermes. D'accord ?

-Merci. A demain.

Rentre bien, fais attention. -Oui.

...

Amy aboie.

Oui... Houlà, c'est quoi, ça ?

Elle est grosse.

C'est bien. C'est bien.

Eh ben, c'est bien ça, Amy !

Oh, là, là ! Eh ben, dis donc.

C'est bien, ça. C'est bien, ça, Amy.

...

Une cloche sonne.

-Bonjour. Ca va ? -Ca va.

-Venez, je vous présente.

C'est Thomas Bareski, un ami d'enfance.

Il est policier et il a pris sur ses congés pour nous aider.

Merci, Thomas. -Bonjour.

-Luc Lombard, le maire d'Aurcières.

-Vous êtes policier dans le coin ? -Non, à Paris. Je suis en congés.

-Vincent Vachon,

le propriétaire du restaurant. -Je vous ai aperçu, hier.

Merci d'être là.

-Normal.

-Francis, notre facteur. Nora et son mari.

Et Elise. -Enchantée.

-Moi, je pense

qu'il faudrait chercher

du côté de l'antenne-relais. -Les gendarmes y sont déjà allés.

-Et on a déjà exploré les abords de la route.

-Je suis d'accord.

On a surtout arpenté les chemins, mais elle a disparu vers l'antenne.

-Oui.

-Mais Akerman dit qu'ils avaient tout exploré.

-La zone est vaste.

Ils n'ont pas pu tout ratisser. -On y va.

Il faut y aller, là.

-Lise, on la boucle cette conversation ou...

-Non, s'il te plaît.

C'est pas le moment, il a mal au dos.

-Quel rapport ? Je l'ai dit à mon père.

-Oui, et depuis,

il te parle plus. -T'as quitté ton mari depuis 2 ans.

-J'ai plus envie de parler de ces trucs-là avec lui.

Merci.

-Moi, je vais parler

à ton père.

-Qu'est-ce que tu vas lui dire ?

-Je vais lui dire la vérité.

-Je t'écoute.

-Je vais lui dire : "Capitaine Akerman,

"j'ai une chose personnelle à vous confier.

"J'aime votre fille."

-Putain.

-Merde.

-Fais gaffe.

Putain.

-On est à proximité de l'antenne avec un groupe de volontaires.

Vous avez été à la Ravine ? *-Non.

*Mais on a retrouvé la moto. -Où ?

*-A 3 km

*de Bramont, sur la route d'Aurcières.

Le choc a été rude.

Ca me coûte de vous le dire, mais vous aviez raison.

Il s'agit bien

*d'un enlèvement. -On se tient au courant.

On a retrouvé la moto. Visiblement, Florence a été enlevée.

Si son téléphone a borné à l'antenne-relais,

c'est que son ravisseur est passé par ici.

-La route du fort est à 30mn d'ici, les gendarmes n'ont pas dû y aller.

-On y va.

-On va la retrouver. -Oui.

-On va la soigner.

-Le fils Naulin habite

pas loin d'ici.

-N'accuse pas sans preuve.

-Mais c'est un fait,

personne n'habite dans le coin, sauf le fils Naulin.

-Il a bon dos, Naulin.

-C'est qui Naulin ? -Un berger, il habitait à Aurcières

avec ses parents.

Ils ont eu

des problèmes. -Quel genre ?

-Ils fabriquaient du charbon de bois.

-Il y avait tout le temps de la fumée.

Ca a pollué tout le village.

-C'était avant

l'affaire Shall ? -Oui, quelques mois avant.

Il y a eu une ordonnance d'expulsion.

Ils se sont même battus

avec les gendarmes. -Le père est mort d'un infarctus.

La mère a suivi.

-Et le fils ?

-Il vit dans le vieux fort,

comme un fantôme.

Pierre Shall monte le voir parfois. Moi, quand je chasse, je le croise.

On se parle.

-Pierre Shall ?

-Le père de Julien. Il est revenu après la tuerie.

Pour retrouver l'assassin.

Amy aboie. La fille pleure.

...

...

...

-Bon, Josepha a été prise en charge par l'hôpital de Bramont.

J'ai déjà vécu ça il y a 6 ans. -Vous aviez découvert

le triple homicide ?

-Oui, j'étais de permanence.

J'oublierai jamais.

Donc, selon vous, elle a parlé à l'auteur

de la tuerie d'Aurcières, sans le savoir,

et le tueur se serait senti menacé, 6 ans après.

-Simple théorie. -Je préfère le monde réel.

Je vais me concentrer sur la voiture qui l'a percutée.

-Vous avez quoi ?

-Des fragments de clignotant, des traces de pneus, qu'on étudie.

-Par ce chemin, avec un 4x4, on a pu déposer le corps ici.

On m'a parlé d'un certain Naulin. -Non, il a rien vu, rien entendu.

Puis le dimanche, il vend ses fromages au marché. Oubliez.

-Et Pierre Shall ?

-Pierre est un ami, laissez-le tranquille.

-Prévenez-moi dès que vous avez un rapport d'autopsie.

-C'est ça...

Tu peux te gratter, mon pote.

-Amy !

-Ca va ?

-Je crois que c'est trop dur. -Je sais.

Mais on a fait le plus dur, tous les deux.

On a obtenu ta mutation ici et tu as quitté ton abruti de mari

avant que je le tue, tu m'as donc sauvé de la prison.

Puis tu as besoin de travail. Gendarme, c'est un beau métier.

J'ai besoin de toi, chérie.

-OK.

Je commence par quoi ?

-Florence Hardouin a été vue pour la dernière fois à Bramont.

Si ça se trouve, le tueur l'a vue lui aussi.

-Il la reconnaît, la suit et la percute sur la route ?

-Il doit avoir un véhicule puissant car Florence aimait rouler vite.

Oh... Attends, attends.

-Arrête-toi, arrête-toi.

-Oh !

-Bonjour.

-Vous faites quoi dans mon jardin ? -Je suis policier.

Je viens pour vous parler. -Ah ouais ?

-Ben moi, j'aurais aimé participer

aux recherches, si quelqu'un avait eu la bonté de me prévenir.

J'arrive pas à joindre Josepha.

-Elle va rentrer chez elle.

-La pauvre femme vit ce que j'ai vécu il y a 6 ans.

-Pour l'aider, il faut prouver que sa fille n'est pas morte pour rien.

Florence a croisé le tueur. -Quoi, le...

-Celui qui a tué votre famille. Donc, il faut m'aider.

-Je suis arrivé à Aurcières le lendemain de la tuerie

et je me suis installé chez eux, ici, et j'enquête.

La justice ayant lâché l'affaire.

Le juge m'a dit : "On suppose que le tueur est Jean-Yves Tisseron,

"le tueur en série." Moi, il me faut plus que des suppositions.

-C'est quoi tous ces repères ? -C'est ma carte des incidents.

Toutes les violations de domicile de la région.

Là, un homme est entré dans un garage.

Là, dans un jardin.

Là, on a volé du linge et là, on a trouvé une porte d'entrée ouverte

alors que les propriétaires l'avaient fermée à clé.

Qu'est-ce qui le motive ? S'introduire chez les gens ?

Ca lui donne sa dose d'adrénaline ?

-A la criminelle, j'ai coincé un type

qui s'introduisait

dans les chambres de fillettes pour les regarder dormir.

Ca l'excitait.

Et ça cadre exactement avec ce que vous me racontez.

Mais tout ça, c'était avant le triple homicide ?

Vous n'avez rien trouvé d'autre ?

-Si, je me suis penché sur deux affaires similaires non élucidées.

Intrusion violente dans les maisons et meurtre, mais c'est loin d'ici.

Près de Nancy et à Metz.

-Je peux les prendre ? -Bien sûr.

Comme Tisseron avait sévi en Lorraine, je me suis rallié

à l'idée du juge.

Ce type a tué 10 fois. -Mais c'est pas lui.

-Ah bon ? Comment vous pouvez dire ça ?

-Tisseron trouvait ses victimes sur la route, pas dans les maisons.

Mais moi, j'ai une hypothèse qui n'a jamais été exploitée.

-Je vous écoute.

-Il y a eu deux imprévus, ce jour-là.

La nounou qui gardait le bébé a eu un problème.

Et votre fils est rentré

beaucoup plus tôt. -Oui.

-Le tueur arrive par la forêt entre midi et 2.

Il entre pour espionner Laura, mais il ne la trouve pas.

Pour cause, elle est allée récupérer le bébé chez la nounou.

Elle reprend les tâches qu'elle avait interrompues

et là, votre fils rentre avec plusieurs heures d'avance.

Le tueur est coincé.

Il peut pas partir par l'arrière, la clôture est infranchissable.

Il peut plus bouger.

Là, je suppose que votre fils a essayé de le chasser de chez lui.

-Attendez.

Le tueur savait donc que Laura reviendrait déjeuner ici ?

-Il savait qu'elle serait seule. Donc, le tueur est du coin.

C'est pas un routard du crime comme Tisseron.

Si vous pouvez me lister ceux qui pouvaient connaître

l'emploi du temps de votre belle-fille, ce jour-là,

ça m'aiderait beaucoup.

-Merci pour tout, Nora.

-Si tu veux, je reste dormir. -Non, c'est bon, rentre chez toi.

-Tu vas pas faire de bêtise ? -T'inquiète pas.

Ca va aller, de toute façon, j'ai pas le choix.

-Je passe te chercher demain matin.

-A demain. -A demain.

Quelqu'un manipule des planches.

...

-Qu'est-ce que vous faites là ?

J'ai besoin de personne ! -Je suis venu pour vous protéger.

Je cachais mon van. Le tueur doit se demander

ce que votre fille vous a raconté. -Elle m'a rien dit.

-Ca, le tueur le sait pas.

Votre maison est entourée de forêt. Il peut se déplacer sans être vu.

-Faites comme vous voulez.

-Josepha !

J'attendrai que vous soyez disponible,

mais il faut qu'on parle de votre fille.

-On en reparlera demain.

Là, j'ai besoin d'être seule.

-Enfermez-vous bien. Au moindre bruit suspect,

vous m'appelez.

Josepha.

J'ai retrouvé ça ce matin.

-Merci.

J'y tiens beaucoup, Florence me l'avait offert.

Pardon.

On se parle demain.

-Reposez-vous bien.

*Sonneries.

Le portable vibre.

-Bonsoir, Mme Frémiot. *-Je voudrais m'excuser, Bareski.

J'ai été injuste avec vous. *-Non, vous aviez raison.

*Je vous dois beaucoup. -Et moi donc. Personne à part vous

*n'aurait pu résoudre l'affaire Imbert.

*Personne ne serait resté 5 mois sur place à enquêter jour et nuit.

Grâce à vous, je n'ai pas quitté la magistrature sur un échec.

J'ai appris que vous aviez retrouvé le corps de la disparue.

*Le corps a été brûlé comme ceux des Shall il y a 6 ans.

*C'est la même signature. -Oui, le tueur est à Aurcières.

Il est toujours là, Florence Hardouin avait raison.

-J'en ai pour deux minutes, papa.

Excusez-moi.

-C'est bien de s'occuper de ses parents.

Il faudrait

*que j'aille voir mon père. -Oui, faites-le.

Allez le voir.

*Je viens de perdre ma mère et j'aimerais que mon père

vienne vivre avec moi à Paris.

-Condoléances.

-Merci.

Vous avez des indices ?

-On a des fragments du clignotant du véhicule qui a percuté la moto.

-Et vous allez faire quoi ? *-Me concentrer sur les habitants

*que Florence Hardouin a vus. -Tenez-moi au courant.

-Oui, comptez sur moi.

Je suis désolé pour votre maman.

-Merci.

-Ben, tu es déjà debout ? -Tu m'as fait peur.

Pourquoi tu t'es levé si tôt ? -Pour acheter des croissants.

-Génial.

-Un café ? -Oui.

Merci.

-J'ai eu un retour de l'IRCGN. -Déjà ?

-Oui, enfin, on attend les vrais résultats.

Mais le type dit que ce serait une voiture allemande, BMW ou Audi.

-On va déjà rechercher tous les propriétaires

de ce genre de modèles à Aurcières. -On va mettre Meyer sur le coup.

-Je repars à la chasse aux témoins. Merci pour le café.

-De rien. -Et oublie pas tes médicaments.

-Ca sert à rien !

-Je t'aime aussi.

-Ah...

Pff...

Quelqu'un entre.

-Capitaine, j'ai à vous parl...

-Oui, Meyer ? C'est pour quoi ?

-Ca attendra.

Ca attendra. -D'accord.

-Qu'est-ce que vous faites ?

-Je fais ma lessive.

J'ai trouvé ça dans une brocante.

On met un peu d'eau chaude et ça fonctionne.

-J'ai fait du café, vous en voulez ?

-Avec plaisir.

Merci.

Elle avait interrogé qui, votre fille ?

-Le maire l'a reçue deux fois, je crois.

Elle a parlé avec des familles qui ont quitté Aurcières.

Avec Vachon, son restaurant était connu à l'époque. Pierre Shall.

Et je sais pas qui encore. -Vous me feriez une liste ?

J'aimerais aller chez votre fille, elle habitait Jussin, c'est ça ?

Je suis maladroit, pardon.

-Vous avez déjà perdu quelqu'un de cher ?

-Il y a quelques années, oui.

Ma souffrance est intacte.

-Vous m'aidez pas beaucoup, là.

-On va retrouver le meurtrier, c'est ça qui va vous aider.

-Mon amie Nora va pas tarder.

On pourrait aller chez Florence vers 15h.

-15h, ça me va.

Josepha ?

Ne dites à personne que je suis ici.

...

-C'est le serveur

qui a vu quelque chose ? -Le livreur.

Je t'ai pris

un café. -Bien.

Il a vu les 2 ? Florence Hardouin et le 4x4 noir ?

-Non, il a vu la moto de Florence et un type dans un 4x4 noir

qui regardait la moto.

-Mais il a... Merci.

Il t'a décrit le type ? -Il l'a vu d'ici.

Il avait une casquette, la quarantaine.

-Et la marque du 4x4 ?

-Il a pas su me dire.

-Il y a des commerces ici, il doit y avoir des caméras.

-J'ai demandé, un commerçant me prépare ses enregistrements.

-Allez.

-Oh, le chien...

Oh, il est beau.

Oui, oui, il est beau, il est beau.

Brave, brave chien.

Oui, oui, oui.

-Excusez-moi !

Vous êtes Alberto ? -Oui.

-Je viens de la part de Josepha, elle m'a dit

que vous auriez du travail. -Ah, Josepha.

J'ai pleuré, hier soir.

Comme j'ai pleuré...

Pauvre Josepha.

-Oui, c'est triste.

-Du travail, moi, j'en ai.

Oui, j'en ai, du travail !

Viens. -Je suis libre

que ce matin.

-Un homme libre, hm !

Merci, le ciel, qui m'envoie un homme libre !

-Donnez. -Attention.

-Je sais que les forêts meurent.

-Ici plus qu'ailleurs.

Regarde autour de toi, les épines rouges,

les morceaux d'écorce sur le sol,

la sciure rousse sur les feuilles.

-Les forêts manquent d'eau. -Oui.

Trop de chaleur.

Et les insectes prolifèrent.

Les envahisseurs. -Les scolytes.

Ici, vous dites les bostryches. -Ah, tu t'y connais, toi.

Tiens.

Celui-là, dans deux mois, il est mort.

C'est terrible.

Hé, viens voir celui-là.

Ah, il est fort, oui.

Il est puissant.

Il est pas malade, celui-là. Viens.

Viens lui parler.

Ah, tu sais y faire, toi.

Dis-lui qu'on va le sauver.

-On va te sauver.

-(Oui, on va le sauver.) -(On va te sauver.)

-Oui ?

Ah...

Intéressant.

Les deux, là,

ils sont ensemble.

Regarde, là.

Les racines se touchent.

-Je vois ça, oui.

-L'enfant.

C'est... c'est l'enfant.

-L'enfant des deux arbres.

-Il est sain.

-Je comprends.

Vous voulez qu'on abatte cet arbre qui est condamné pour sauver

les parents et le petit. -Et tu sauves aussi ces deux.

Tu sauves toute la famille. -Vous savez quoi, Alberto ?

Il me plaît, ce travail.

Quelqu'un s'approche dans le gravier.

...

Quelqu'un essaie d'entrer.

...

...

-Francis ? Mais qu'est-ce que tu fais là ?

-Je suis allé voir

la rivière.

-J'ai du courrier ?

-Oh non.

Je suis venu voir comment tu allais.

Son portable sonne.

-Oui, Nora ? Non, j'ai pas ouvert. Je suis chez moi, avec Francis.

Je te rappelle, à plus tard.

Moi aussi.

J'ai pas entendu ta voiture. -Je suis venu à pied.

J'ai pensé que tu dormais, je voulais pas te réveiller.

-Tu veux un café ?

-Non, non, j'y vais.

Une autre fois. A plus tard.

Scie.

...

-Florence est venue chez moi.

Une gentille fille.

Elle disait :

"Mon village a été assassiné."

-Et vous en pensez quoi de ses soupçons ?

-Elle avait raison.

Il habite au village depuis longtemps, l'assassin.

Le tueur d'animaux.

Les gens sentent sa présence, ils partent.

-Le "tueur d'animaux".

Attention, je chasse, moi.

-Les chasseurs, ils mangent les animaux.

Lui, il les tuait.

Il les mutilait.

J'ai retrouvé beaucoup d'animaux massacrés dans la forêt.

-Et lui,

vous l'avez vu ? -Non.

Jamais vu.

C'était il y a longtemps.

-Longtemps... Vous pouvez être plus précis ?

-Pff...

Tu sais, moi, le temps...

-Alberto.

C'est important.

-C'était avant et après...

la mort de ma toute belle.

En 1995.

-J'ai eu Mme Roland, tu ne lui as pas livré son plateau repas ?

Il est où son plateau ? -Je sais pas.

-Et ça, c'est quoi ?

Y a écrit quoi dessus ?

-"Mme Roland".

-Allez, on se bouge ! Faut livrer tout ça.

-Vachon a pas mal de problèmes avec Jérôme, il est gentil,

mais il est bizarre.

Il aurait été maltraité par ses parents.

Ca lui arrive de partir toute la journée et de ne livrer

aucun repas.

-On y va. -Non.

Je peux pas.

J'ai pas le courage de venir avec vous, pardon.

-Je comprends.

J'y vais seul.

-Florence m'avait laissé un double des clés et j'ai noté son adresse.

Et ça, c'est la liste des personnes

que Florence a interrogées.

-Je me suis mal exprimé, pardon.

Je voulais parler des hommes, vous pouvez supprimer les femmes.

Gardez les hommes de 35-40 ans. -Vous connaissez son âge ?

-Alberto a retrouvé des animaux abattus et torturés,

dans les années 95.

Un tueur dans son genre commence par être cruel envers les animaux.

-"Dans son genre" ?

S'il est si spécial, on doit pouvoir l'identifier.

-Non, parce qu'en même temps, c'est monsieur Tout-le-monde.

Le mobile, c'est sa déviance, seul lui la connaît.

C'est pour ça que des affaires ne sont jamais élucidées.

-Je vais rayer Jérôme de la liste, il n'a pas 30 ans.

-Non, laissez-le.

Certains sont très précoces. A plus tard.

-A tout à l'heure.

*-Bareski, vous n'avez rien à faire à Jussin.

*Nous avons posé des scellés hier soir, n'y allez pas.

-Qu'avez-vous trouvé ? *-Rien.

Quelqu'un va aller récupérer son ordinateur.

-Il va briser

*les scellés, alors. -Bon, Bareski, vous n'entrez pas

*dans cet appartement, vu ? -Vu.

-Non mais oh...

...

Son portable vibre.

...

-C'est un document que j'ai trouvé dans l'ordinateur de Florence.

J'ai dû partir vite, mais j'ai trouvé ça :

"Le village assassiné".

-C'est pas vrai...

Elle est allée au fort.

-C'est le fils Naulin ? -Oui.

Yves Naulin.

Je l'ai pas vu depuis des années, il ne vient plus à Aurcières.

*-Qu'est-ce que tu fous chez moi !?

-C'est pas vrai... *-Dégage !

*Florence est essoufflée.

*Un chien aboie.

*...

*La moto démarre.

*...

-On a identifié le véhicule : Toyota Land Cruiser, modèle 2002.

-C'est pas allemand, ça.

-Mélanie cherche les propriétaires.

-Meyer ? -Oui.

-Et les images de la caméra ? -Ca n'a rien donné.

Il était hors-champ.

-Tiens, ça va te rappeler quelque chose.

-C'est la recette de maman ? -Hm.

-Capitaine, ça y est.

-Il y a un seul 4x4 Toyota

à Aurcières. -OK.

Oh, putain de merde.

Bêlements.

...

...

-Amy.

Tu me préviens si tu entends quelque chose.

Amy aboie.

...

-Tu fous quoi chez moi !?

-Je suis policier, j'enquête sur la disparition de Florence Hardouin.

-Vous me faites tous chier !

Dégage !

-Pose ça !

Je suis armé, abruti !

-Dégage !

...

-Je suis armé, abruti !

...

Amy aboie.

...

-Allez, allez.

Emmenez-le.

-Ah.

C'est la voiture de Naulin qui a percuté la moto.

Il prétend qu'on lui a volée au marché

quand il vendait son fromage, j'y crois pas une seconde.

-Je peux lui parler ?

-J'en étais sûr.

Vous manquez pas d'air !

Vous brisez des scellés, vous poursuivez des suspects,

où on va, là ?

-Vous vous êtes regardé ?

Vous avez autant l'air d'un gendarme que moi d'un policier.

On s'en tape du règlement. Laissez-moi lui parler 5 minutes.

-5 minutes !

Non mais, attends...

-C'est du chanvre.

-Merci, tu veux pas leur expliquer

la différence avec du cannabis ?

-Tu cultives du chanvre, toi ? -C'est tout ce qui pousse au fort.

Pas d'entretien, pas d'arrosage, c'est magique.

-Tu en fais quoi de ce chanvre ?

-J'ai des clients qui font 50 km

pour m'acheter mes fromages au marché. Pourquoi ?

-Tu mets ça

dans tes fromages ? -Je suis producteur bio.

Et il faut zéro pesticide pour cultiver le chanvre.

-Mais ça contient du THC. -Avec un très faible pourcentage.

Puis zéro effet psychoactif.

Tout juste une simple sensation relaxante.

C'est légal, un flic devrait le savoir.

-Pourquoi un berger bio est mêlé à un meurtre aussi sordide ?

-Je sais pas, puis je crois que je m'en fous.

-Tu t'en fous ?

Ton véhicule a percuté la moto d'une femme assassinée.

-On m'a volé ma voiture dimanche. Puis des gens

se baladent autour du fort.

Moi, je le squatte, le fort.

-On vole ta caisse et tu fais rien ?

-J'allais pas appeler les gendarmes puisqu'ils ont tué mon père.

-Pour moi, l'auteur de la tuerie a assassiné Florence Hardouin.

Donc tu vas être suspecté de ces meurtres.

-On veut me faire

porter le chapeau.

-Qui ? -J'en sais rien.

J'ai pas mis les pieds à Aurcières depuis la mort de mes parents.

-Bon, Bareski...

Allez.

-Réfléchis bien.

Tu risques gros.

-Excuse-moi.

Je tire sur un flic

et les gendarmes m'en parlent pas. T'as parlé de la fusillade ?

-Quand tout le monde tire en l'air, c'est plutôt un ball-trap.

C'est pas lui.

-Enfin, elle est allée chez lui

et il l'a poursuivie avec son chien.

-Il serait assez bête pour laisser le cadavre dans sa bergerie ?

-Naulin a eu peur de Florence.

Il la croise à Bramont en rentrant du marché,

il la suit, la percute, l'enlève et la tue.

-Avec son propre véhicule ?

Je pense que le tueur est un voyeur qui tourne autour des femmes.

Il rentre chez elles pour les approcher.

Naulin, il voit personne.

-Alors, on a volé son véhicule pour le faire accuser ? Mais qui ?

-Ca, c'est à vous de le découvrir, vous vivez ici depuis toujours.

Ce genre de tueur, ça passe pas à l'acte du jour au lendemain.

Déjà, jeune, il devait présenter des troubles du comportement.

-Du genre ?

-Il se battait, mettait le feu, il tuait des animaux...

Alberto a trouvé des cadavres d'animaux dans les années 95.

Réfléchissez.

Ca va mieux votre dos et votre nuque.

-Oui, merci. Vous m'avez ressuscité.

Vive la pâquerette !

...

-Madame, s'il vous plaît.

Deux minutes...

J'arriverai pas à parler à quelqu'un, ici.

Allez, viens, Amy.

...

Messieurs, dames.

Bonsoir.

Vous, au moins, vous êtes ouvert.

Il y a du monde en plus.

-Je fais happy hour, le soir. Verre de punch vosgien à 1 euro.

Sinon, j'ai pas un chat.

Vous désirez ? -Un punch vosgien.

Dans les villages, les nouvelles vont vite, vous devez savoir

que je suis policier.

Mais un policier un peu spécial.

Je m'attarde pas sur la scène du crime, j'y mets rarement les pieds.

Je m'intéresse à l'environnement de la victime, au voisinage.

Je discute avec les gens.

Je bois, je mange, je joue aux cartes avec eux.

Et d'habitude, on m'ouvre les portes.

Parce que je viens pour aider. Mais à Aurcières, non seulement

je croise personne, mais toutes les portes restent fermées.

Comment voulez-vous que j'enquête, hein ?

Là, on va pouvoir discuter,

histoire que je retrouve mes marques.

Sinon, c'est pas compliqué, personne sort d'ici.

Je vous séquestre.

Alors, parlez-moi un peu de la rumeur pour commencer.

-Vous croyez que la rumeur

a tué la fille de Josepha ?

-Il y a un tueur ici.

-Et il est encore là, sûr.

-La nuit, il regarde dans les maisons, on a peur.

-Et les gens s'en vont. L'exode rural a bon dos.

-Non, l'exode rural,

c'est une réalité.

-Ici, on a tué des gens.

Ils parlent tous en même temps.

-Pas tous ensemble.

-La journaliste avait compris, c'est pour ça qu'il l'a tuée.

Un véhicule approche.

...

-Qu'est-ce que j'ai bien pu en faire ?

Non, c'est pas ça.

Je les ai ramenés de la gendarmerie d'Aurcières quand elle a fermé,

j'en suis certain.

On avait alpagué 4 gosses

qui maltraitaient des chiens et des chats.

J'étais en formation à Epinal à l'époque et ça m'avait marqué.

Oui, oui, oui.

-Papa, des chiens, des chats... De quoi tu parles ?

-Il y avait le fils Morand, ça, c'est sûr.

Mais il a quitté les Vosges.

J'ai oublié les 3 autres. Ils doivent être dans le dossier.

-J'ai commandé chez Vachon, vous verrez, c'est très bon.

Je vous ai corrigé la liste, aussi.

-Merci.

Je vous ai apporté de la confiture de framboise sauvage.

Je la fais moi-même.

J'aime pas la framboise, mais j'adore la confiture de framboise.

-Le patron du café m'a appelée.

Vous avez conquis tout le village. -Mais je suis pas plus avancé.

Je n'ai que Naulin.

-Vous pensez qu'il est innocent ? -Il n'a pas le profil.

Il a l'air perdu.

-Et vous cherchez un tueur

comme Jean-Yves Tisseron. -Plus sournois, plus futé.

Tisseron aurait été incapable de cacher son jeu à Aurcières.

Parlez-moi de Vachon.

-Vachon a beaucoup travaillé pour se faire connaître

et, à cause de cette tuerie, il a tout perdu.

Sa femme le quitte, retourne en Belgique

avec leur fille, mais lui, il renonce pas.

Il crée ce service de plateaux repas livrés à domicile

et ça marche bien.

Il a lancé les recherches quand Florence a disparu.

C'est un ami.

-J'ai lu l'article sur Aurcières qu'a rédigé votre fille.

Elle est dure avec le maire. -Il comprenait pas sa démarche.

Il pensait que son article pouvait nuire au village.

Pour lui, la fermeture des commerces explique l'exode rural.

-Mais il a aussi quitté le village. -Sa femme est institutrice.

Et elle a été mutée à Bramont. -Ils vivent à Bramont.

C'est bon à savoir, ça.

Amy geint et aboie.

...

Son portable sonne.

-Allô ? *-On essaye d'ouvrir ma porte.

-J'arrive.

...

Coup de fusil.

...

-Bareski !

-Amy ! Amy !

C'est pas vrai.

-On va l'emmener chez Pierre Shall, il est vétérinaire.

...

-J'ai retiré la balle, il est hors de danger.

-Je sais pas comment vous remercier.

Ce chien compte tellement pour moi. -C'est mon métier.

Enfin, je suis retraité, mais quand je peux rendre service.

Bon, je nous fais un petit café ? -Avec plaisir.

-On a tiré sur Bareski ? Qu'est-ce qui s'est passé ?

-Quelqu'un a essayé de s'introduire chez Josepha.

Bareski campe dans son jardin, il est intervenu.

Café ? Croissant ? -Croissant.

-Et Naulin, on en fait quoi ? -On le garde au chaud.

Il a bien tiré sur Bareski, contrairement à ce qu'il a dit.

-La liste que vous m'avez demandée. -Merci.

-Tous ceux qui pouvaient savoir que Laura déjeunait ici ce jour-là.

-C'était pas tous les jours le cas ?

-Non, elle travaillait à la maison de la presse.

Certains jours, entre midi et deux, elle faisait les invendus.

-Il y a le maire.

-Oui, c'était le propriétaire de la maison de la presse, il connaissait

l'emploi du temps de Laura.

Vous aimez bien les listes, vous.

-J'aime les recoupements. C'est souvent payant.

Vachon aussi est sur les deux listes.

-Il vendait des produits locaux

et mon fils était commercial.

Il plaçait ses produits, il savait quand Julien était en tournée.

-Comment il savait pour Laura ?

-Le restaurant est en face de la maison de la presse.

Il a pu la voir partir.

-Le facteur aussi connaissait son emploi du temps. Pourquoi ?

-A l'époque,

il y avait un dépôt de courrier dans la maison de la presse.

Dès le matin, il savait

si Laura déjeunait chez elle ou pas.

Un portable sonne. -Excusez-moi.

-Oui, capitaine ?

*-On a retrouvé le 4x4 brûlé près du fort.

-Merci.

On a retrouvé la voiture qui a percuté Florence.

C'est celle de Naulin.

Elle a été incendiée près du fort. -Il est machiavélique, ce type.

Il est en train d'effacer toutes les traces.

-Je l'ai.

"Procès-verbal d'audition du 24/06/97, gendarmerie d'Aurcières.

"4 adolescents âgés de 14 à 17 ans sont entendus

"pour des actes de barbarie perpétrés sur des animaux.

"Morand, Aubert, Davenard..."

Tu vas pas me croire.

-Venez vous asseoir, Josepha.

Un café ? -Oui, merci.

-Comment va votre chien ?

-Il est sauvé grâce à Bernard.

-Il reste plus que trois noms ?

-Oui, trois noms.

Trois personnes qu'on côtoie.

Mais si c'était un prédateur, il se serait trahi,

il aurait commis une erreur. -Il en a commise une.

Il a tué Florence.

Il a volé le 4x4 de Naulin le dimanche matin

car il savait que Florence arrivait le soir.

-Mais je l'ai dit à personne.

-Sûre ? -Bien sûr.

-Peut-être à Vachon, indirectement.

-Pourquoi je l'aurais dit

à Vachon ?

-Vous ne lui avez pas commandé des repas dimanche soir ?

-Oui, 2 plateaux.

-Donc vous l'avez eu au téléphone. -Non, j'ai eu Jérôme.

Mais quand Florence était là, je commandais toujours

un plateau sans gluten, elle est allergique.

-Il savait qu'elle arrivait en fin de journée.

Il l'a attendue à la sortie de Bramont.

Sur le parking, à 200 m de la sortie de la route d'Aurcières.

-Vachon, pas lui.

-Hier soir, il a tenté d'entrer

chez Josepha, et moi, j'étais garé devant chez lui et c'était fermé.

Dans les plateaux repas,

il y a des fromages de chèvre

qu'il achète à Naulin.

Le dimanche, Naulin est au marché, il a pu aller voler le 4x4 au fort.

-Non, c'est Jérôme.

C'est lui qui livre les plateaux. -Non, Jérôme n'avait aucune raison

d'aller à Metz et Nancy où il y a eu 2 meurtres non élucidés.

C'est la route de Vachon lorsqu'il va en Belgique

pour voir sa fille.

C'est lui

qui a orienté les recherches jusqu'à la scène du crime.

-Derrière le bois.

Sur la route du fort, à 30mn.

Les gendarmes n'ont pas dû y aller.

-Et pourquoi ?

Pour que les soupçons se portent sur Naulin, le coupable idéal.

Et il y a 6 ans, Vachon sait

que Laura est seule chez elle.

Contrairement au maire et au facteur,

il sait que votre fils est absent puisqu'il l'a envoyé en tournée.

Il a vu Laura sortir de la maison de la presse, rentrer chez elle.

Vachon est à la croisée des chemins.

C'est Vachon.

Un portable sonne.

Allô ?

*-Bareski, j'ai retrouvé

*le dossier sur ces jeunes qui maltraitaient des animaux, en 97.

*Vous n'allez pas me croire. -Oh si.

On se retrouve chez Vachon. *-Il est allé chasser.

-Alors, je sais où.

...

-Attendez les gendarmes.

Il chasse, il est armé.

-Non, il filerait.

-Je viens avec vous. -Restez là.

-Bareski,

soyez prudent.

...

-Bareski le cherche depuis quand ? -5mn.

-Prêtes ?

-Il va se cacher dans les tunnels. -Je les connais par coeur.

On y va.

Allez vous planquer.

...

Coup de fusil.

Coups de feu.

Tu évacues Meyer et tu appelles des renforts.

Allez. Ca va, Meyer ? -Je vais faire un garrot.

Mélanie... -Meyer !

-Mélanie ! -J'y retourne.

-Je viens avec toi.

-Non, occupe-toi d'elle. Je sais pour vous 2.

-Regarde-moi !

-Delmas,

évacuation.

-Merde...

Regarde-moi, regarde-moi. Respire, respire, ça va aller.

Ca va aller, tout va bien.

-Pierre.

Qu'est-ce que vous faites ? -Vachon va tous les dézinguer.

Ca suffit.

J'y vais et si je le vois, je le bute.

Echange de tirs.

...

-Pourquoi t'as tué Florence ? Pourquoi t'as fait ça !?

-Elle en savait trop !

-T'as tué mon fils, ordure.

-Pierre, baissez votre arme.

-Mais il a tué mes gosses !

-Ouais, je les ai tués. Je les ai tous tués !

-Vachon !

Fais pas le con !

-Pierre, vous lui rendez service si vous le tuez.

Il sera jugé et puni.

-Qu'est-ce que tu foutais chez eux, saloperie ?

-Attendez, attendez.

Je vais

vous expliquer.

Il tire.

-Non !

...

Un chien aboie.

-Oh, il va mieux, mon chien ! Oui, il va mieux, il va mieux.

Oh, c'est bien, ça.

Merci pour Amy.

Vraiment merci.

-Non, c'est moi qui vous remercie.

Sans vous, j'aurais tiré et j'aurais fini en prison.

-Bonjour.

Merci, Thomas.

Vraiment, merci pour tout.

-J'ai quelque chose pour vous.

-Tenez. Les livres de poésie que je vous avais promis.

-Ca me fait plaisir, ça.

-Bon...

Le capitaine Akerman est à l'hôpital, au chevet de Meyer,

mais il m'a chargé de vous donner ça.

Il vous a préparé un petit plat, ça sent rudement bon.

Et ça, c'est de ma part.

-De la mirabelle.

Merci.

Je reviendrai en octobre, pour la fête de l'automne.

-Ce sera une belle fête, les gens devraient revenir à Aurcières.

-J'en suis certain.

A bientôt.

Allez, viens, Amy.

Akerman a trouvé de nombreux effets personnels féminins

dans le bureau de Vachon

dont une bague et un collier qui appartenaient à Laura Shall.

-Vous venez d'élucider une énigme très mystérieuse.

-Non, c'est la journaliste.

Sans elle, ça resterait un mystère. Et elle l'a payé de sa vie.

-Je demanderai au ministre d'appeler sa mère.

Je rentre à Paris.

Vous êtes dans les Vosges ou déjà parti pour une autre enquête ?

-Je suis avec mon père.

Après, j'irai m'occuper de votre affaire.

-Donnez-moi de vos nouvelles.

-A bientôt.

Une cloche sonne.

...

J'aurais dû profiter de toi.

Te voir plus souvent, te dire "Je t'aime".

On croit toujours qu'on a le temps.

Allez, viens.

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