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Sors-nous de là.
Vite !
Accroche-toi.
Qu'est-ce qui te prend de t'arrêter ?
Ils arrivent.
Ils arrivent !
Vas-y, fonce.
Fonce !
Détache-moi.
Détache-moi !
Ne bouge pas.
Gravis le mont.
Et toi ?
Dis à Dixon que je fais ça pour le gamin.
Lors de notre rencontre,
Laurent avait 6 ans.
J'avais entendu parler de l'enfant sorti du ventre d'une Affamée.
Suite à...
une mort atroce,
un miracle est né.
Après l'avoir observé et évalué ses dons,
nous l'avons jugé unique.
Ainsi que le père Jean l'avait dit.
Ainsi que toi-même, tu l'avais dit.
Des années durant, le père et moi sommes restés en contact.
Puis au moment opportun, j'ai fait venir le garçon ici.
Opportun pour toi ou lui ?
Pour nous tous,
de retrouver la liberté.
La vraie raison est tout autre.
Tu craignais de perdre la main.
Je le vois, aujourd'hui.
Dommage que ta volonté ait faibli.
Je souhaite te fortifier,
toi et tous ceux qui se sentent las et désespérés.
Tes agissements
n'ont rien à voir avec la force, Losang.
Ils sont extrêmes, inconsidérés
et barbares.
Je croirais entendre Daryl.
Non, c'est bien moi.
J'étais en partie aveugle avant de le rencontrer.
Mais je ne crois plus aux faux prophètes.
Tu disais qu'il était unique.
Et il l'est.
L'humanité entière a besoin de sa compassion
si elle veut survivre.
Mais il est humain,
fait de chair et de sang.
Il peut mourir.
Tout comme Jésus,
comme Mahomet ou Bouddha.
- On perd notre temps. - Arrête.
Ma sœur...
nous allons fournir aux fidèles la preuve de leur foi.
C'est indispensable.
Comprends-tu ?
C'est pourquoi tu dois me dire
où se trouve le garçon.
Il faut partir.
S'il vous plaît.
Est-ce que ça va ?
Je crois.
Un coup de couteau ?
Venez vous asseoir.
Juste là.
Doucement.
Doucement.
Laissez-moi voir.
L'entaille est nette. Tant mieux.
Qui êtes-vous ?
Je m'appelle Carol.
Tenez bon.
Il faut appuyer très fort.
Vous allez pouvoir ?
Vous tremblez.
Que faites-vous ici ?
Je suis à la recherche de mon ami.
Un Américain.
Elle est là.
Ça va aller.
Et merde.
Tiens.
Appuie fort.
On s'en va. Debout.
C'est trop tard.
Il est encore temps.
Pas comme ça.
Daryl...
Assure-toi qu'il en réchappe.
On va le faire ensemble.
Promets-moi de veiller sur lui.
Et dis-lui que je serai toujours...
à ses côtés.
Je les aperçois.
Les lucioles.
Elles sont magnifiques.
Faut accélérer le pas.
- Pour aller où ? - Avance.
J'ai trouvé quelqu'un disposé à nous ramener chez nous.
Un pilote et son avion attendent à Paris.
Tu manques à tout le monde.
Connie et Judith seront ravies
de te revoir.
Tu m'entends ?
Vous étiez proches, je m'en doute.
- De qui elle parlait ? - Par là.
Laurent ?
Ils sont partis.
Qui ça ?
On devrait retourner à Paris.
Pas sans le môme.
Celui dont Isabelle parlait ?
Fallou et lui devaient nous retrouver ici.
Froides.
Chier !
Il est venu.
Il m'a laissé un indice.
On va le retrouver ensemble.
Viens.
Ils ont dû prendre par là.
On est sur leurs talons, alors.
Parle-moi d'Isabelle.
On s'est entraidés.
Je m'en serais pas sorti, sans elle.
Ton pilote...
il a chargé son coucou et survolé le Maine ?
On a fait escale au Groenland pour refaire le plein.
Ça a été toute une péripétie.
T'es partie sur un coup de tête, en laissant les autres en plan ?
J'ai traversé le globe au feeling.
Tu étais censé revenir.
J'ai tout fait pour.
Ce qui est certain...
c'est qu'on n'est plus dans l'Ohio.
Dépaysant.
Hein ?
C'est du français.
Ça évoque
un lieu qui fait voir les choses autrement.
Quoi ?
Quoi ?
Tu parles français.
Le fait qu'on soit ici,
c'est dingue.
C'est surtout débile.
C'est dingue.
Un homme m'a renseignée, un certain Codron.
Il a dit te connaître.
Je l'ai rencontré à la Maison Mère.
Genet l'a chopé ?
Une vraie teigne, celle-là.
Il t'a aidée à me localiser ?
Il m'a dit l'avoir fait pour le gamin.
Nous devrions faire la guerre aux morts.
Ou encore au désespoir, pas à un innocent.
Empathie et apitoiement.
Je comprends mieux
comment vous avez soumis ces moutons.
Croyez-vous que depuis tout ce temps, je ne leur sers que la vérité ?
On a découvert la nonne,
Isabelle.
Elle ne vous dira rien.
Ça, c'est certain.
Elle a mis le garçon à l'abri ?
De peur de ce que vous alliez lui faire.
Elle n'avait rien à craindre.
Mais vous, si.
Je crains pour les miens.
Pour l'avenir.
Après la fuite du garçon,
j'ai craint que Dieu ne cherche à le protéger de moi.
J'ai remis ma propre foi en doute.
Mais ce n'est plus le cas.
Car aujourd'hui, je comprends qu'Il le protège de vous.
- L'Américain travaille pour Dieu ? - Comme chacun.
Que l'on croie en Lui ou pas, même vous.
Autrement dit, si je le capture,
ça prouvera que Dieu est avec moi.
Je ne me soucierais pas tant pour l'avenir, à votre place.
Vous n'en avez aucun.
Hein ?
J'ai appris ça au lycée.
Au cas où j'aurais besoin de me rendre à la gare.
Si on tombe sur un train, c'est toi qui causeras.
Madame Bergeron.
À la moindre faute de conjugaison, on se prenait un coup de règle.
Elle enseignait aussi les maths. Pas trop mon fort non plus.
Je n'avais encore jamais voyagé.
On a pas mal bourlingué.
Tu m'as comprise.
Quand j'étais gamine, mon père avait
un vieux globe terrestre à côté de la télé.
J'avais coutume de le faire tourner en m'imaginant visiter le monde.
Pourquoi tu l'as pas fait ?
Je suis devenue mère.
Mon monde se résumait à ça.
À la radio, t'as dit que quelqu'un était revenu. C'était qui ?
Je ne parlais pas de quelqu'un,
mais d'un sentiment.
Quand ça s'est calmé au Commonwealth,
de vieux souvenirs
ont soudain refait surface, alors je suis partie.
Je m'inquiétais pour toi.
Des traces ?
Plus de deux rangées. Ils ont été rejoints.
Vous êtes qui ?
Je m'appelle Didi et lui, Théo.
Le petit a dit que vous viendriez.
Je les ramasse dès que j'en vois.
Didi raffole des champignons sauvages.
Vos amis avaient faim, ils étaient épuisés.
Le grand gaillard, Fallou... Très sympa.
Le garçon aussi.
Il m'a aidée pour la vaisselle.
Ils sont à pied ?
Jusqu'à Paris ?
- Je leur ai prêté une voiture. - Y en a une pour nous ?
J'en possède plusieurs.
Vous pourriez en rafistoler une. On verra ça demain matin.
Demain, c'est parfait.
Il fait nuit noire.
Profitez du dîner et reposez-vous.
Sœur Isabelle a entièrement raison.
Depuis quand elles ont pas roulé ?
Allez savoir.
J'ai appris à conduire là-dedans.
Et pas uniquement à conduire.
Votre famille est d'ici ?
Depuis quatre générations.
On a vendu des carottes aux Allemands,
lors de la Première guerre.
Aux nazis lors de la Seconde,
puis aux soldats américains par la suite.
Les armées vont et viennent. Nous, on se maintient.
Le moteur est flingué, mais il a été converti.
Vous avez de l'éthanol ?
Dans la grange.
Celle-ci est pas mal.
Manque juste une batterie qui tienne la charge.
Et quelques durites.
Je sais où trouver tout ça.
J'enfile mes bottes de marche et je vous y emmène.
Super.
Être entourée de jeunes me manque.
Mes enfants ont grandi
et sont partis depuis bien longtemps.
Ça m'a fait plaisir d'avoir Laurent,
ne serait-ce qu'un jour.
Comme vous l'avez dit, il est adorable.
Il aime beaucoup sa tante Isabelle.
Ainsi que Daryl. Il l'idolâtre.
Daryl a une bonne influence sur lui.
Il nous a beaucoup parlé de vous deux.
Parfois,
les enfants voient des choses que l'on a peur d'affronter.
J'ai l'impression que vous cherchez à me dire quelque chose.
Laurent pense que
Daryl refuse d'avouer qu'il vous aime,
car cela le forcerait à rester.
C'est un peu plus compliqué que ça.
Pas pour un enfant.
Pour moi non plus.
Je sais combien l'amour peut être rare.
Vous êtes mariés depuis longtemps ?
Avec Théo ?
Nous ne sommes pas mariés.
Mon mari est mort il y a des années.
Mes enfants et petits-enfants ont tous disparu.
Mais vous semblez comblée.
J'ai longtemps été malheureuse.
Tout comme Daryl.
Tiraillée entre le monde que j'avais perdu
et celui qui s'offrait à moi.
Mais...
il est primordial de trouver des raisons de...
continuer de vivre.
Ce n'est pas toujours facile.
Les raisons ne manquent pas.
Heureusement qu'il a mis ses bottes.
Cet endroit me file les jetons.
Des rôdeurs partout.
Une femme charmante. Et excellente dentiste.
J'ai encore toutes mes dents grâce à elle.
Notre boulanger.
Très discret.
Il l'est moins depuis sa mort.
Hélas, toute la rue y est passée.
Pourquoi vous les enterrez pas ?
Il ne reste que des vieillards dans le village.
Enterrer ses congénères ? Trop dur.
Quand quelqu'un meurt, on l'enferme chez lui
et on le salue en passant.
Original.
Restez là.
Je vais d'abord lui parler.
D'après Didi, Laurent t'idolâtre.
Elle a passé à peine 24 heures avec lui.
Il a fait forte impression,
il devrait bien s'intégrer, au Commonwealth.
Il a des amis à Paris.
Vaut peut-être mieux qu'il reste avec eux.
Mieux pour qui ?
Tu en es responsable.
Ça m'intéresse pas.
Et les enfants, chez nous ?
- Rien à voir. - Tu crois ?
Carrément.
Je veux pas le perdre.
Parce que tu as peur de finir comme moi ?
Ça me fait pas peur.
Ça fera l'affaire.
Mon frère est installé en Floride. Avec Louise...
Sa femme et lui y vont chaque hiver.
À l'hôtel Fontainebleau.
C'est joli, la Floride.
Vous avez déjà séjourné au Fontainebleau ?
On l'a mis sur notre liste.
Allez-y de ma part.
Demandez la chambre 22. C'est la meilleure.
Rapportez tout lundi.
J'en ai besoin pour aller travailler.
Ça marche.
Il a la mémoire qui flanche, même pour les Affamés.
Il a du bol.
C'est une bénédiction.
J'aimerais pouvoir oublier.
Merci.
Ça avance ?
Faudrait la démarrer pour savoir.
Théo m'a parlé d'éthanol.
Il est dans la grange. Je vous l'apporte.
Je peux vous aider.
Merci.
Restez là !
Arrêtez !
Sophia !
Ma sœur ?
Sœur Isabelle.
Qu'y a-t-il, très chère ?
Vous pouvez me le dire.
J'avais une petite fille.
J'ai surmonté ça.
Vous y arriverez aussi.
Venez.
Nous entrerons ensemble.
Mets un petit coup de gaz.
Un petit !
C'était un petit.
T'en as trop mis.
Comment je peux savoir si c'est trop ?
Tends l'oreille. Si ça rugit, c'est que t'en mets trop.
- C'est toi qui en fais trop. - Hein ?
- Quoi ? - Quoi ?
Quoi ?
Vous devriez monter un spectacle. On dirait un vieux couple.
Ravi que ça vous plaise.
C'est le Pouvoir.
Cachez-vous.
Ils vont les tuer.
On n'en sait rien.
Baisse-toi.
Je suppose que Genet a gagné la bataille.
Tu avais des amis sur place.
Isabelle et Laurent.
De la part de Judith.
Comment elle va ?
Elle ne voulait pas que je parte.
Mais s'il y avait une chance de te retrouver,
je devais la saisir.
J'étais très loin de m'imaginer que tu t'attacherais autant.
C'était pas prévu.
J'ai du mal à l'expliquer.
Si jamais le cœur t'en dit...
Je suis heureux que tu sois là.
Moi aussi.
Vous partez ?
La route est longue.
Didi a cuisiné sa spécialité. Œufs brouillés à la truffe.
Vous avez déjà goûté ?
C'est l'équivalent du sexe pour les papilles.
Désolé, ma sœur.
Vite fait, alors.
Doux Jésus.
Pardon, mais ces œufs sont exquis.
Pas mal, vos truffes.
Faudra que j'en dégote.
Pour ça, il faut avoir l'œil et être patient.
On ne les trouve pas facilement.
C'est réservé aux grandes occasions.
Merci pour la voiture.
Et pour tout le reste.
Que comptez-vous faire ?
Après avoir retrouvé Laurent, vous resterez à Paris ?
Je sais pas, on n'a rien décidé.
Que faites-vous ?
Ils vous ont promis quoi ?
Vous savez qui sont ces gens ?
Les armées vont et viennent.
Prendre parti pour le vaincu, c'est la mort assurée.
Suivez-moi.
J'en compte cinq. Six.
Genet est là.
Cachez-vous à côté.
Ils vont fouiller la grange.
Couvre-moi.
Je récupère la bagnole.
Vous me jugez.
Je le vois dans vos yeux.
C'est surtout de l'incompréhension.
Comment avez-vous pu devenir...
ce que vous êtes devenue ?
Savez-vous ce que j'ai vu d'autre ?
J'ai vu la Ville Lumière
plongée dans le noir,
alors que les nantis se réfugiaient dans leurs villas et châteaux.
J'ai vu des familles terrorisées se blottir sous le Pont-Neuf,
pendant que les puissants fuyaient à bord de péniches sur la Seine.
Vous réglez vos comptes ?
Tandis que les œuvres d'art étaient bien à l'abri,
j'ai vu mon amour, mon espoir...
être dévoré par les monstres qu'ils avaient créés.
À moins de deux mètres de moi.
De l'autre côté de la vitre.
Avez-vous connu un tel deuil ?
- J'ai trouvé une carte. - Impec.
Tu sais...
j'ai pas tellement accroché avec Isabelle, au début.
Elle avait besoin d'aide et moi aussi.
On a conclu un marché.
Logique.
Quant à Laurent,
c'était un peu le ciment qui nous unissait.
Je comprends.
Jamais j'ai cessé de vouloir rentrer à la maison.
Mais plus je restais ici, plus c'était compliqué.
Tu l'aimais.
Tu sais que Laurent repartira avec nous ?
Je sais.
Elle a poursuivi le garçon et en est morte.
C'est bien la preuve que Dieu est avec nous.
La méthode de Marion n'était pas la bonne.
Pas plus que la vôtre.
Et maintenant ?
Tout est pardonné...
mes amis.
Unissons nos rêves
pour un avenir meilleur et plus fort.
La terre promise est droit devant.
Laurent nous y conduira.
Adaptation : Christophe Ferreira
Sous-titrage : Iyuno
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