All language subtitles for The.Humbling.2014.MULTI.TRUEFRENCH.1080p.BluRay.x264.AC3-EXTREME.Fr

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Original subtitles

EN TOUTE HUMILIT�

Lever du rideau dans 10 min.

10 minutes.

"Le monde entier est un th��tre.

"Tous, hommes et femmes,

"n'y sont qu'acteurs.

"Ils font leurs sorties

"et ils font leurs entr�es.

"Et ils font leurs sorties

"et ils font leurs entr�es.

"Et un homme, au cours de sa vie, y joue plusieurs r�les.

"En autant d'actes qui repr�sentent ses sept �ges."

Tu es convaincant ?

Tu te trouves cr�dible l� ?

Non, sois franc.

C'�tait bien ?

Oui, c'�tait bien, n'est-ce pas ?

Non, �a ne l'�tait pas.

Ce n'�tait pas bien ?

C'�tait quoi, alors ?

Non, ce n'�tait pas bidon, non.

Je ne crois pas.

J'essaie encore ?

"Le monde est un th��tre.

"Tous, hommes et femmes, n'y sont qu'acteurs."

L�, c'�tait comment ? Mieux ?

"Ils font leurs sorties et ils font leurs entr�es."

Tu faisais semblant de le dire ou tu le disais de fa�on sentie ?

"Et un homme, au cours de sa vie,

"y joue plusieurs r�les."

Cela avait-il un sens pour toi ou quiconque

ayant jamais exist� sur cette terre ?

Tu joues � te tromper toi-m�me ?

Tu ne te fies pas � ton propre instinct ?

Qu'es-tu suppos� faire ? Sautiller ?

Danser la gigue ?

Dis simplement le texte !

Shakespeare fera le reste.

5 minutes.

5 minutes...

Les masques de mon visage.

Ma trag�die et ma com�die.

Mettons-les ensemble ce soir, mon vieux.

Je vous aime.

"Sept �ges.

"Les sept �ges.

"D'abord...

"Les actes qui repr�sentent chaque �ge.

"Puis l'�colier pleurnichard...

"Le pleurnichard...

"Qui soupire comme une vieille...

"Comme une forge.

"Qu'est-ce qu'un homme ?"

Non, c'est dans Hamlet.

Oui, Dieu merci !

Je me suis retrouv� enferm� dehors.

Je vous ai pas vu sortir.

Je suis Simon Axler.

S�rement pas.

Mais si, ma loge est au-dessus.

- Vous faites la manche ? - Je joue !

Je dois monter sur sc�ne.

Laissez-moi passer, je joue...

Je dois �tre sur sc�ne.

La pi�ce a d�j� commenc�.

J'y joue !

Baissez le ton.

Simon Axler, mon nom est sur l'enseigne.

Et dans le hall,

il y a la photo de moi habill� comme �a.

Je suis dans la pi�ce, d'o� cette tenue.

S'il vous pla�t.

Non, allez dehors.

Je suis Simon Axler.

Je joue !

"Tous les hommes et toutes les femmes sont des acteurs."

3 minutes.

J'ai loup� mon entr�e ?

Je l'ai loup�e ?

30 secondes.

"Et enfin, le dernier �ge...

"qui vient clore

"cette �trange

"histoire riche en �v�nements,

"c'est

"la seconde enfance.

"Simple �tat

"d'oubli,

"sans dents,

"sans yeux,

"sans

"go�t,

"sans rien."

Le c�l�bre pianiste, acteur � l'occasion et brillant conteur,

Oscar Levant,

a dit : "La fronti�re est t�nue

"entre le g�nie et la folie,

"et il l'avait franchie."

On va vous donner un antidouleur.

Il �tait cr�dible ?

Le g�missement que j'ai pouss� pour la douleur ?

Je trouve.

Pas moi.

Je peux r�essayer ? Un peu plus subtilement ?

Pr�te ?

Non, l� c'est trop.

Je peux faire plus bas.

En tant qu'acteur,

j'ai fini par comprendre

que j'ai du mal

� s�parer la sc�ne d'une pi�ce

les r�alit�s de la vraie vie.

"J'�tais parti un jour. Parti, je crois..."

Vous y avez cru ? � ce que je viens de dire ?

Je l'ai bien dit.

Je vais t�cher d'�tre on ne peut plus clair :

jamais je ne retournerai sur sc�ne.

J'adore cette maison.

14 ans, et... on dirait encore

que tu ne t'y es pas install�.

Alors, tu...

comptes te reposer ?

Je t'en prie, dis pas �a.

Je ne dors pas, tu le sais bien.

Je ne dors pas.

Alors, ne me parle pas de repos.

Eh bien,

tu n'as qu'� m'appeler

si tu as des id�es noires.

Quand je suis rentr� apr�s l'accident

au th��tre, impossible de me souvenir de ce qui s'�tait pass�.

Puis 16 jours ont pass�

et je ne me souvenais toujours de rien.

�a vous a fait peur ?

Non.

Pas sur le moment.

Maintenant, je ne sais pas. Quand j'y pense,

�a me pr�occupe.

Je n'ai pas vraiment d'amis.

Pas de gens avec qui...

je puisse parler.

Pas de famille, bien s�r.

Peut-�tre... J'ignore ce qui est arriv�.

Pas d'enfants.

Pas de femme.

Je me demandais pourquoi j'avais un fusil.

J'ai alors compris que c'�tait � cause de Hemingway.

Il s'est fait sauter le caisson avec un fusil.

Je ne vois que �a comme raison.

Je ne suis pas fan des armes.

Hemingway devait avoir des bras plus longs...

Jerry ? D�sol� de vous appeler si tard.

C'est Simon.

J'ai comme un probl�me.

On s'est rencontr�s comme �a.

Repos, r�tablissement, r��ducation

Vous allez �tre bien occup� ces 30 prochains jours.

J'aime �a.

J'ai une chambre ?

- Oui, une jolie chambre. - Seul ?

Double au d�but.

Double ? �a ne va pas aller.

Je suis quelqu'un de connu.

Peut-�tre pas pour vous, mais je suis connu.

Non, je vous connais.

Ne faites pas �a, Dr, �a m'indispose.

- Quoi ? - �crire quand je parle.

Comme si je jouais sur sc�ne et que le public �crivait sur le programme.

C'est pour �a que je hais les premi�res. Les critiques ne font

qu'�crire sur leurs carnets et on le voit.

Vous n'aimez pas qu'on �crive ?

�a me d�range.

Bonsoir, Walter.

- �a va ? - C'est quoi ?

- �a aide � dormir. - �a marche pas.

Croyez-moi, celles-ci sont diff�rentes.

Moi, je joue.

�a m'est facile.

�a l'a toujours �t�.

En fait, c'est comme si

j'avais �a dans le sang.

Je suis n� avec.

J'adore la sc�ne. J'adore �tre sur sc�ne.

Je m'y sens moi-m�me.

Pour moi, �a a toujours �t�...

naturel, c'est comme �tre chez moi.

La chute a �t� progressive.

�a a vraiment commenc�

quand j'ai perdu le fil...

de ce que j'appellerais... mon art.

On peut g�rer bien des choses,

mais son art... C'est un peu comme le musicien

qui perd sa capacit�

� faire des gammes.

C'est arriv� � de grands musiciens.

Mais si on perd l'ou�e ?

Pas comme Beethoven, comme...

C'est ce que j'ai ressenti en perdant...

mon don.

Mon talent.

Il a commenc� � s'estomper.

C'est surtout l'envie, je crois,

l'app�tit de jouer qui a commenc� �...

dispara�tre, ou...

j'en ai perdu le fil.

Toujours est-il qu'on n'est...

jamais pr�par� � �a.

� ce qu'on pr�dit toujours aux autres.

Comme : "Vous allez perdre vos amis."

Que dit-on pour les athl�tes ?

"Les jambes l�chent d'abord,

"puis les genoux,

"et enfin l'argent ainsi que les amis."

�a, tout le monde le sait.

Mais l'incapacit�

� se souvenir des mots,

comment �a arrive ?

Comme ce qui est arriv� sur sc�ne

l'autre jour,

je me suis mis...

� dire les r�pliques d'une pi�ce que j'avais jou� il y a dix ans

et qui...

�tait une autre pi�ce.

Bien s�r,

c'est tr�s d�stabilisant.

Le public a commenc� �...

Je ne suis pas seul l� ? Vous m'�coutez ?

�a vous int�resse ?

Je peux continuer.

J'ai le sentiment

de monopoliser le crachoir.

Je ne sais que dire si ce n'est que c'est devenu grave,

�a n'a fait qu'empirer

et quand le public a...

Quand le public a commenc� � se rar�fier,

� refuser...

de participer avec moi...

� ressentir ce qui se passait,

c'�tait trop lourd � porter.

Je n'y arrivais pas.

J'avais perdu une chose que j'avais eue toute ma vie.

�a avait disparu.

Disparu comme par magie.

Et je...

Je ne pouvais m�me pas concevoir que �a puisse arriver.

Alors, que pouvais-je faire ?

On fait une enqu�te sur les r�actions, voulez-vous participer ?

- Oui. - Merci.

�a fait 2 points.

Avez-vous d�j� fait �a ?

- Jamais. - Merci beaucoup.

- �a vous pla�t ? - Non.

�a fait 2 points de plus.

Simon, seriez-vous libre un peu plus tard pour bavarder ?

J'ai d'autres projets.

Mais je peux vous inscrire pour jeudi.

Jeudi ?

C'est une plaisanterie.

Je plaisante.

Bien s�r que je suis libre.

Vous �tiez si convaincant.

J'�tais l'�pouse id�ale pour le mari id�al

du 20e si�cle, de la c�te Est, tr�s B.C.B.G.,

bien consid�r� et tr�s riche.

Notre maison aux abords de la ville

est l'endroit parfait pour mener nos vies id�ales.

Nous avons deux...

enfants parfaits.

Un gar�on de 5 ans

et une fille de 7 ans

parach�vent cette famille id�ale.

Un jour, je suis sortie pour faire des courses.

� mi-chemin, je me suis aper�ue que j'avais oubli� mon portefeuille

et je suis rentr�e.

Je ne voyais que le haut de la t�te de ma fillette

derri�re le dos du canap�.

La t�l� �tait branch�e

et passait des dessins anim�s,

ce qui �tait on ne peut plus normal.

Vous me suivez ?

Tout � fait.

Tout �tait donc normal,

� un d�tail pr�s. Que faisait

sa petite culotte sur l'accoudoir du canap� ?

Vous avez peut-�tre une id�e,

mais quand je suis all�e au canap�

et que j'ai regard�,

j'imaginais tout, sauf de voir

la t�te de mon riche et puissant mari

fourr�e sous la jupette de ma fille.

C'est �pouvantable de dire �a, je sais,

mais pendant qu'elle parlait, je me demandais

si ce n'�tait pas une sorte de test.

Si elle ne me testait pas pour voir si je gobais son histoire.

Est-ce que �a va me faire du bien ?

Est-ce que �a fait partie de la th�rapie ?

Vous me suivez ?

Le malade qui parle au plus malade ?

J'ai d� faire du bruit

et la t�te de mon mari est sortie...

d'o� elle �tait,

il m'a regard�e et m'a dit :

"Bonjour,

"tu n'es pas en ville ?"

Et...

j'�tais l� p�trifi�e,

mon c�ur battait la chamade, ma gorge me br�lait...

et je n'avais rien � dire.

Rien.

Elle �tait l�, m'ouvrait son c�ur,

et je ne pensais qu'� une chose : sa fa�on de raconter.

J'�tudiais sa prestation.

J'aurais pu �tre

un peu plus �mu quand m�me.

Un peu plus proche, non ?

Alors que

je la regardais comme j'aurais regard� une pi�ce de Tennessee William.

Je dois trouver quelqu'un pour tuer mon mari.

Lui avez-vous demand� si elle avait d�j� �t� sous traitement psychiatrique ?

Non.

�a ne vous a pas titill� ?

Pour �tre franc, �a ne m'a pas travers� l'esprit.

Je suis s�r que vous trouverez quelqu'un qui pourra le faire.

Oui, vous.

Si j'�tais un tueur, je vous dirais

que je le fais b�n�volement.

Je le ferais, mais... je suis un acteur au ch�mage.

Je saboterais le boulot, c'est s�r.

Vous �tes s�rieuse ? Vraiment ?

Oui, bien s�r. Je paierai pour �a.

Non...

Sybil, �coutez.

Quand vous jouez,

vous vous demandez quel est le pass� du personnage ?

Oui, bien s�r.

Mais pas dans la vraie vie ?

Je vous ai vu dans le film

o� le type massacre tous ses voisins.

C'�tait The Neighbor Next Door.

Vous �tiez tr�s cr�dible !

C'�tait de la fiction, Sybil.

Vous ne pouvez vous balader et demander aux gens

s'ils peuvent tuer votre mari.

�a ne se fait pas.

C'est socialement...

C'est socialement d�licat.

Mais vous n'�tes pas les gens, Simon.

Vous �tes mon ami.

Miam-miam.

J'ai perdu mon talent sans bonne raison,

et l�, tout aussi arbitrairement,

je perds l'envie de me tuer. Je l'ai perdue.

Ce qui compte, c'est que vous partez d'ici plus fort.

N'oubliez pas que nous continuerons nos sessions sur Skype.

Oui, c'est grav� dans ma t�te, ainsi que le traitement...

- Bien. - Dans ma t�te.

Vous savez, mon gros probl�me est que

d�s que je vois une cam�ra, j'�prouve...

le besoin de jouer.

C'est une manie.

N'attendez pas d'applaudissements, il n'y a que nous.

- Bonjour. - Bonjour, vous d�sirez ?

Tu ne te souviens pas ?

Ce n'est pas vrai, je ne le crois pas. Tu es la petite Pegeen !

Allez, entre !

C'est de la part de mes parents.

�a alors, merci !

Mon Dieu !

J'ai toujours cette image de toi t�tant le sein de ta m�re.

La grande classe.

Eh bien...

Quand j'avais 8 ans et que tu en avais 40,

j'avais un gros faible pour toi.

- Ah bon ? - �norme.

Eh bien...

tu as dr�lement grandi.

J'ai un truc sur la figure

ou tu as toujours l'air �bahi en revoyant de vieilles connaissances ?

Excuse-moi.

Je te fixais, c'est �a ?

J'�tais un peu largu�, d�sol�.

Simon Axler dont la pr�sence dans une pi�ce

est aussi �blouissante que sur sc�ne.

Simon Axler au charisme qui tue ?

Que s'est-il pass� ? Tu es devenu timide ?

Qu'est-ce qui t'am�ne ici ?

J'habite tout pr�s.

J'enseigne � Wescott.

� Wescott, la facult� pour filles ?

Oui.

Le th��tre, le jeu, les d�cors.

- C'est de famille. - Exactement.

Ta m�re et moi avons partag� l'affiche de Pegeen Mike

au th��tre Branford.

Je sais.

On m'a rab�ch� toutes ces vieilles histoires de th��treux.

Tu te souviens de la derni�re fois o� tu m'as vue ?

Oui.

Tu avais 10 ou 11 ans.

Et de ce que tu m'as donn� ?

Je t'ai donn� l'anneau de mariage que je portais dans Streetcar.

J'ai dormi avec cette alliance sous mon oreiller pendant...

Quoi ?

Je pensais que tu m'�pouserais.

Mais 20 ans ont pass� et tu ne t'es pas pr�sent�.

Vous avez tous d�m�nag� � 5 000 km.

Dis-moi, comment vont tes parents ?

Je ne sais pas, j'essaie de les �viter.

Pourquoi ?

Ils n'appr�cient pas la personne avec qui je vis.

Ah bon ?

Qui est-ce ? Que fait-il ?

C'est "elle".

Elle ?

Pas de probl�me.

Super.

Je dois prendre cet appel. D�sol�e.

�a va te... Entendu.

Bonjour. Oui, non, en fait,

je suis pass�e chez lui et nous bavardons.

Oui, nous bavardons, c'est �a.

J'ai pens� que...

C'est une jolie maison. Une tr�s jolie maison.

Eh bien, simplement parce que

ce ne sont pas tes oignons !

Entendu, on se parlera quand on se verra, salut !

Bon sang !

Tout va bien ?

Ils sont en train de flipper pour le casting de mardi.

On est dimanche.

Je sais. Ils sont casse-pied.

Tu pourrais peut-�tre m'aider.

On fait une adaptation moderne de Macbeth.

Et je ne vois pas d'autre acteur que toi pour l'interpr�ter.

- Mauvaise id�e. - Pourquoi ?

�a m'angoisse.

Et moi qui pensais que tu avais r�cup�r� ton charisme qui tue.

�a ne te ressemble pas.

Ah bon ? Tu sais ce qui me ressemble ?

Oui, je commence � le d�couvrir.

On devrait le faire circuler dans toute la maison.

Tu d�nes ici ?

- D'accord. - Bien.

- Pas grave. - Quel serveur-n� !

Bois.

On est de super ing�nieurs !

Et on l'a fait sans avoir recours � des travailleurs au noir !

Qu'est-il arriv� � ton art de jouer ?

Je ne sais pas.

Mais je trouve �a vraiment trop ennuyeux pour en discuter.

C'est un accident ou tu as pris ta retraite ?

Ne me demande rien.

Tu sais, je viens...

de passer 30 jours � ne parler que de �a.

Si on pouvait �viter...

De quoi veux-tu parler ?

Il y a la signature...

Tu es homo, non ?

En effet.

Que pensez-vous d'elle ?

C'est la fille de mes amis

et elle est... lesbienne.

- Pas connu d'homme ? - Pas en 16 ans.

Je n'ai pas couch� avec une lesbienne en 67 ans.

Que tu saches...

Lesbienne qui aime flirter, j'ajouterai.

Si c'est possible.

Je ne sais que dire.

Tu es maqu�e en ce moment ?

Oui, tr�s maqu�e.

Pourquoi... pourquoi dites-vous �a ?

Elle est lesbienne et elle flirte avec moi.

La diff�rence d'�ge ne te choque pas ?

J'ai pens� � toi de fa�on inappropri�e

depuis que c'est vraiment inappropri�.

C'est vous, le psy.

Qu'est-ce que �a vous inspire ?

"Mais qui est-ce que celui-ci qui g�t si �veill� ?

"C'�tait ainsi quand je me suis r�veill�.

"Qu'allons-nous en faire, Monseigneur ?

"Pour l'instant, je dirais...

"laissez-le ainsi.

"Profitez du temps qu'il lui reste.

"Ou peut-�tre,

"pourrions-nous lui parler gentiment,

"ou...

"peut-�tre le garder

"bien au chaud, � l'abri."

Sachez, Votre C�l�brit�,

que Pegeen est d�sirable,

audacieuse,

absolument impitoyable, au c�ur de pierre,

monstrueusement �go�ste et compl�tement amorale !

Bonjour. Je sais que Louise t'a appel�

et je m'en excuse.

Louise ?

Louise Trenner, la doyenne de Westcott.

C'�tait donc �a tous ces appels myst�rieux,

ces appels raccroch�s en pleine nuit

qui me sortaient de mon sommeil.

Elle va vous vider.

Vous engourdir le cerveau.

Qui est-ce ?

Elle va vous an�antir et vous souffrirez !

- Pegeen m'a dit o� vous habitiez. - Louise...

- Ne l'approchez plus. - Louise ?

Elle est l�.

Passez-la-moi.

Passez-la-moi imm�diatement !

O� est-elle ? Je veux seulement la voir !

J'ai juste besoin de la voir.

J'ai juste besoin de lui parler.

De l'avoir devant moi et de lui demander pourquoi.

De lui demander pourquoi.

Vous �tes seule ?

Bon Dieu !

- Vous �tes seule ? - Je suis seule.

Vous �tes Mlle Trenner, j'imagine ?

Oui. Je ne vous...

voyais pas si vieux.

Que fichez-vous ici ?

Je suis en tort.

Baissez votre arme, �a me rend nerveuse.

�a me rend nerveux que vous m'espionniez !

Je voulais voir o� elle se rend chaque week-end.

Elle devait rester avec moi � vie et 3 semaines apr�s, elle est partie.

Je ne sais pas pourquoi elle vous a quitt�e pour moi.

- Vous ne le savez pas ? - Non !

Vous �tes belle, superbe, une Valkyrie.

Et je suis vieux.

C'est exact.

- Entrez donc une minute. - Pourquoi ?

Pour me s�duire ?

C'est votre truc de convertir les lesbiennes ?

Madame, ce n'est pas moi qui me suis introduit chez vous.

Ce n'est pas moi qui espionne.

Ce n'est pas moi l'auteur d'appels en plein milieu de la nuit

destin�s �... "Votre C�l�brit�".

Elle vaut qu'on fasse tout �a ?

Elle n'est pas si belle,

ni si intelligente que �a.

Elle est m�me pu�rile pour son �ge.

C'est une gamine.

Pourquoi ne pas entrer ?

Pourquoi tenez-vous � ce que j'entre ?

Pour ajouter � vos troph�es celle qui couchait avec Pegeen ?

Parce que je suis poli.

Et qu'il fait froid dehors.

Vous voulez me baiser.

Vous vous croyez en s�curit�,

mais quand elle aura fini de jouer avec vous,

elle vous d�molira

comme un jouet de No�l bon march�.

Je postulais � Westcott

mais Louise ne voulait pas m'engager.

Alors, je l'ai rencontr�e et j'ai us� de mon charme.

J'�tais � la rue, il le fallait.

Elle ne voulait pas t'engager ?

Non, je te l'ai dit.

Je sais, mais pourquoi ?

Elle t'avait vue avant ? Tu n'avais pas le profil ?

Il se peut que je n'�tais pas la meilleure candidate pour ce poste,

mais j'avais autre chose � offrir et je le lui ai fait comprendre...

Je n'�tais pas la meilleure candidate.

Comment savais-tu tout �a ?

Je l'avais appris par le t�l�phone arabe.

Le monde universitaire n'est pas la N.S.A.

Pourquoi �a t'obs�de ?

Non, je veux juste savoir.

Tu es s�r de ne pas m'aimer dans cette tenue ?

Je dois r�pondre.

Vas-y, je te rejoins.

Jerry !

Bonjour, que fais-tu ?

Non, c'est fini la sc�ne. C'est fini.

C'est fini la sc�ne !

Trouve quelqu'un qui veuille publier mes m�moires.

Les acteurs lessiv�s font �a, non ?

Pourquoi faire du shopping avec elle ?

Je ne sais pas.

Vous voulez en faire une femme

ou qu'elle ait l'air d'en �tre une ?

C'est-�-dire que lorsque vous interpr�tez un r�le,

d'habitude, vous vous habillez en cons�quence.

Sinon, le public est troubl�.

C'est ce qu'elle voulait ?

Je ne sais pas, je voyais �a comme �a.

Vous avez couch� ensemble.

Il me semble.

Voyons... Je ne sais pas.

Oui.

�a me pla�t.

Ceci marque officiellement la fin de mon erreur qui a dur� 16 ans.

Elle a vraiment dit : "Erreur qui a dur� 16 ans" ?

Je ne sais pas, je ne suis pas s�r.

Ou c'est ce que vous vouliez entendre ?

Je ne sais pas, je ne suis pas s�r.

Tout ce qu'elle dit, je ne suis pas s�r de l'entendre.

Ce qu'elle dit ou ce que j'imagine qu'elle dit.

Je ne sais pas.

La moiti� du temps, j'ignore ce qu'elle pense

ou ce qu'elle a dans la t�te.

Elle semble si indiff�rente,

elle semble si lointaine,

et pourtant, quand je suis avec elle,

j'�prouve un sentiment.

Oui.

- C'est joli ? - Tu as encore un air emprunt�.

Mais je trouve que �a te va bien.

Je me sens comme un matador.

Quelle importance ? Dans la vie, on fait essentiellement des erreurs !

Le fait d'avoir �t� acteur,

�a a �t� une putain d'erreur. Si �a se trouve.

On a des r�compenses, on vous �treint, on vous bichonne, on vous adule,

et tout �a s'ach�ve comment ? On se jette de la sc�ne.

Allons !

Ou on tente de se suicider � la Hemingway.

L'autre jour, j'�tais ici, je regardais la t�l�vision

et je vois une pub qui fait une promo sur des meubles Hemingway.

Voil� un type

qui s'est fait sauter le caisson parce qu'il supportait plus la vie,

et aujourd'hui,

on peut se payer une chambre Hemingway.

Je ne sais pas pourquoi, mais je trouve �a tordant !

Vous voyez ? Il �crivait des livres, accessoirement.

Je sais que vous le savez.

Elle semble agr�able.

Qui ?

La femme qui vient ici de temps en temps.

Quelqu'un est venu ici, n'est-ce pas ?

Pardon ?

Il y a eu quelqu'un. Oui, quelqu'un vient ici.

Elle vient � l'occasion, elle m'aide...

pour mon...

r�tablissement.

C'est une kin�sith�rapeute ?

Elle ne fait que... Je fais parfois des �tirements.

Tout va bien, c'est bien.

Elle ne vient que de temps en temps.

�a ne me regarde pas.

Non, je...

Pas de probl�me, on peut en parler.

Je ne veux pas me m�ler de �a.

Elle semble tr�s agr�able.

Quoi ? Vous lui avez parl� ?

Non, je l'ai seulement vue.

Vous vous �tes salu�es ?

Rien de plus ? Vous n'avez pas pos� de questions ?

C'est juste pour ma...

Je ne me serais pas permis...

Nous aimerions que �a reste

comme on a toujours fait.

Vous voulez dire entre vous et moi ?

Ou, entre elle, moi et vous ?

Je ne saisis pas.

Vous avez dit "nous".

J'ai dit �a de fa�on...

- G�n�rale. - De fa�on g�n�rale.

Vous avez besoin de quelqu'un de gentil qui prenne soin de vous

� votre �ge.

Bonjour !

Quoi ?

Bonjour !

Je n'ai pas Alzheimer.

Ce n'est pas de la d�mence.

C'est autre chose.

C'est cette inertie qui vous prend quand on en vient

� ce qu'on appelle "travail".

Voyez-vous, la d�mission est...

si grave

et fait beaucoup de mal car elle...

g�n�re la confusion et la peur.

Je ne sais pas o� aller.

Cher Simon, comment allez-vous ? Bien, j'imagine.

J'ai besoin de vous voir. Vous �tes mon seul ami.

Bien � vous, je vous embrasse, Sybil Van Buren.

Regarde ce que j'ai trouv�.

La Mouette, avec Simon Axler.

Une copie pirat�e live au Globe.

On regarde ?

Je suis tomb� sur cette femme et il y a un app�tit.

C'est quelque chose qui a l'air provisoire,

qui va probablement m'�chapper,

mais en m�me temps... Et alors ?

Je ne sais pas ce qui est bon pour moi ou ce qui est mauvais.

Et personne ne le sait quand on en est l�.

Mais j'aime ces vers de Shakespeare :

"Que la perdition s'empare de mon �me..."

"S'empare de mon �me."

"Mais je t'aime."

"Mais je t'aime."

Et...

"Quand je ne t'aimerai plus...

"ce sera le retour du chaos."

Je prends �a pour un refus.

Simon ?

- Bonjour. - Vous �tes surpris ?

De vous voir appara�tre

dans le bois

de ma propri�t� ?

Je suis surpris, oui.

Je voudrais vous parler en priv�.

Connaissez-vous un endroit tranquille o� nous pourrions aller ?

Plus tranquille que ce bois ?

Le monstre est seul avec eux.

Oui.

C'est affreux.

Avez-vous quelque peu r�fl�chi � ma proposition ?

Je n'y ai pas r�fl�chi.

Pas du tout ?

Pas du tout.

Bapt�me... Bon.

Eh bien... c'est quoi �a ?

Edgar se prom�ne tous les soirs dans ce jardin.

Regardez... Regardez comme il serait facile de...

Simon, s'il vous pla�t !

Pourquoi moi ?

Vous �tes le seul en qui j'ai confiance !

Confiance ?

Vous ne me connaissez pas, on ne...

Je vous connais.

Vous me demandez de faire une chose invraisemblable.

Vous comprenez ?

Pourquoi me le demander � moi ?

Parce que vous avez de l'exp�rience.

Comment �a ?

Gr�ce aux films.

Mais ce n'est pas la r�alit�.

Je n'ai pas d'exp�rience.

Vous avez empoign� un vrai revolver,

vous avez fait du tir.

Pas avec de vraies balles !

Tout ce que les acteurs font dans les films est bidon.

Compris ? Ce n'est pas r�el.

Nous faisons semblant.

Dites-vous que votre exp�rience d'acteur vous aidera

quand il faudra parler � la police.

Ridicule.

C'est ridicule.

Pas vous,

toute cette histoire est ridicule...

Mon mari m'a dit que j'�tais ridicule,

ma famille, mes amis, avocats, m�decins, tous me l'ont dit, sauf vous.

Je suis aussi ridicule.

Vous devez m'aider.

Je ne peux pas.

D�sol�.

- Je vous en supplie. - Je sais,

mais je ne peux pas, il va falloir vous adresser ailleurs.

Je dois rentrer, j'ai � faire.

- Rentrer o� ? - Je dois rentrer...

- O� �a ? - Chez moi.

Rentrez chez vous, o� que ce soit.

J'ignore o� est votre maison, o� vous habitez...

Vous venez chez moi ?

Non, je ne veux pas.

Vous devez vous adresser ailleurs.

Je ne peux pas vous aider.

D�sol�.

Vous avez l'air occup�, on fera �a plus tard.

C'est pas le probl�me !

Allez voir... Une autre fois peut-�tre.

Dans quelque temps, un jour.

Un jour, dans tr�s longtemps.

Jeudi ?

Non, pas jeudi ! Dans quelque temps, pas jeudi !

Jeudi, c'est maintenant ! Plus tard !

Au si�cle prochain !

Quoi ?

Au fil du temps, je suis devenu de plus en plus d�pendant.

J'attendais le son de ses pneus crissant sur le gravier devant la maison.

Qui je vois ?

C'est Emily.

Tu es superbe. Je prends �a.

Merci.

Mon Dieu, tu t'es fait mal ? �a va ?

Oui. Bon sang !

- Je prends... - Tu as vu ce qui lui est arriv� ?

Elle contient quoi ?

Des affaires � moi. Hein, ma puce ?

Je me disais... Tu ne crois pas qu'il serait temps

que tu parles de nous � tes parents ?

Non, ma m�re ne doit jamais apprendre...

- Quoi ? - Tout �a.

Pourquoi ?

M�me s'il n'y a rien eu entre vous dans le temps...

Quoi entre nous ? Attends une minute.

Je dis simplement que jamais

je ne pourrai le lui dire. Pas plus qu'� lui.

Imagine la t�te que ferait Asa. Ce serait �pouvantable.

Bien trop douloureux. Tu ne crois pas ?

Tu veux qu'on aille s'installer ?

Je peux pas...

Merci infiniment d'avoir essay�.

Bon...

C'est �a...

Ma�tre, je viens vous servir.

Toujours mal au dos ?

Non, ma ch�rie.

�a... va passer.

C'est ainsi que tu as jou� Richard III ?

Non, c'�tait Igor

dans Old Frankenstein.

Tr�s convaincant.

J'y suis presque,

maintenant il va falloir que je le pose.

Oui !

J'y suis.

� la tienne.

Je n'arriverai pas jusqu'au lit.

Pas grave.

Je vais donc passer la nuit � veiller

dans ce fauteuil.

Je vais te lire � haute voix ces pi�ces religieuses m�di�vales.

Je suis en plein dialogue entre Abraham et Isaac.

Abraham apprend � Isaac que Dieu lui a dit de le tuer

et, bizarrement, Isaac lui r�pond que ce n'est pas grave.

Il lui dit :

"Ayez d'autres enfants, un ou deux,

"que vous aimerez, ch�rirez,

"et, P�re, que vous ne rendrez pas malheureux."

Bonjour, Mme Rutledge.

Bonjour, tr�s ch�re.

Vous avez vu un homme pr�s de l'eau ?

Oui.

On dirait que beaucoup de gens fr�quentent votre propri�t�.

Il y a un type qui se balade.

Tu vois ? Tu le vois l� ?

Tu le vois ? Ce n'est pas vrai !

C'est le jardinier ?

Le jardinier ? Non, c'est un noir.

Tu n'engagerais pas un Noir ?

Bien s�r que si, mais le mien est blanc.

C'est raciste.

- Pardon ? - Je dis que c'est un brin raciste.

Raciste ?

Donc, Pegeen �tait l� aussi.

Oui, elle �tait l�.

Je ne l'ai pas dit,

mais on est all�s au petit pont de la rivi�re.

Je ne le crois pas.

Priscilla ?

Priscilla ?

Ce n'�tait pas un type pr�s de l'eau ?

Bon sang ! Je n'arrive m�me pas � te regarder.

J'avais besoin de voir par moi-m�me, d'�tre s�r.

- De quoi ? - Que tu couchais avec un homme !

Ce n'est pas vrai !

Quelque chose m'�chappe ?

Quelque chose m'�chappe ou vous ne me dites pas tout ?

Non, c'est-�-dire qu'ils parlaient...

Ils parlaient d'assurance sant�...

de soins de sant�, et aussi

du co�t de l'intervention chirurgicale.

Tu t'es compl�tement remise de l'intervention ?

Quasiment. Je m'appelle Prince maintenant.

Prince ? Tu plaisantes !

Elles ont v�cu...

Elles sont sorties ensemble pendant 6 ans

et � l'�poque,

elle �tait Priscilla.

Qu'est-il arriv� alors ?

Eh bien...

entre donc.

Simon, baisse ton fusil.

- C'est qui ? - Mon ex-copine.

Comment va Emily ?

- Bien, Amy lui manque. - Elle me manque.

Qui est Amy ?

Notre autre chat. On a d� les s�parer.

Pauvres petites b�tes.

Qui �tait l� pendant l'op�ration ?

Personne.

J'aimerais pouvoir dire que j'en suis d�sol�e.

Je te demande pas de t'apitoyer.

Il fallait que je le fasse seul.

Mais je me suis quand m�me senti seul.

Et �a continue.

Que sugg�res-tu ?

Tu me manques.

- Et ? - Et...

je me dis que

puisque tu couches avec des hommes maintenant...

pourquoi pas moi ?

- Reviens. - Il n'en est pas question.

Tu es partie de fa�on si brutale

quand tu as d�couvert mes pilules...

J'en reviens pas que tu aies fait �a !

Je n'arrive m�me pas � y penser sans frissonner !

Ablation des seins ? Sans parler de...

Je ne peux m�me pas y penser. Je frissonne.

Tu as mutil�, d�truit la femme que j'aimais.

Pegeen, essaye de te mettre � ma place.

� ta place ?

Prince ? Connais pas. Je connais pas Prince.

La femme avec laquelle j'�tais n'existe plus.

Vous regrettez de l'avoir fait entrer ?

�coutez, je ne sais pas ce qui est pire.

Quand j'�tais seul,

j'�tais compl�tement d�sesp�r�.

Et l�,

il y a ces cingl�s qui se pointent chez moi.

Ils me savent ici.

Ils m'ont senti.

Allez, ouvre.

Baisse ta vitre !

- Bon sang ! - C'est vrai !

- Je viens r�cup�rer ma fille. - R�cup�rer ?

Sors de l�.

Sors ! Tu viens avec moi !

Vous permettez ?

Pegeen !

Emily !

C'est qui Emily ?

Emily !

Regarde ce que tu as fait.

Pauvre petit vieillard path�tique.

Quel d�sastre.

- Comment l'as-tu appris ? - Par un appel de Louise Trenner.

Elle a commenc� par dire que tu avais profit� d'elle

et que tu l'avais tromp�e. C'est vrai ?

Il faut aller chez le v�t�rinaire !

Imagine le choc qu'on a eu !

Je n'ai pas id�e de ce qu'est devenue ta vie.

Tu as rompu avec Priscilla ?

Quand Priscilla a d�cid� de devenir un homme, d'accord ?

Tu aurais pu en faire part � tes parents, non ?

Qu'as-tu cach� d'autre ?

Montez dans la voiture. Le chat va bien ?

Simon, tu n'as pas de famille.

Tu ignores ce que c'est d'apprendre avec qui couche ta fille.

Ta fille est adulte !

Et tu es vieux !

Comment as-tu pu ? Avec ta filleule ?

Tu as eu des probl�mes mentaux, mais l�, �a d�passe tout !

Qu'a-t-il � t'offrir ?

De l'argent ?

Ma petite ch�rie, ma pauvre petite ch�rie.

Je te trouve absolument

superbe et tr�s...

- F�minine ? - Oui.

F�minine.

La voiture a roul� sur sa patte.

Allons au fond.

D'accord, merci.

Mon Dieu... pas encore.

Vous devrez attendre ici.

Vous n'auriez pas un antidouleur � lui donner ?

C'est une personne.

Ce que vous administreriez � un chien

mais en dix fois plus puissant.

� mon avis, mieux vaut ne parler de �a � personne.

�a va rapidement d�tendre vos muscles.

Oui, que �a reste entre nous.

Je vous en saurai gr�.

Tu commets une grosse erreur.

Tu as eu une d�pression

qui t'a fait passer quelque temps dans un �tablissement.

Depuis qu'elle est petite, elle a un faible pour toi.

Elle t'a toujours v�n�r�,

elle a pleur� pour toi,

elle a r�v� de toi, elle t'a aim�.

Elle a d�velopp� cet engouement.

Comment sais-tu �a ?

Quoi ?

Il a dit quoi ?

Quoi ?

Comment le sais-tu ?

Comment le sais-tu ?

Tu comprends ce qu'il dit ?

Comment je sais quoi ? � propos de ma fille ?

Parce que je suis sa m�re. C'est comme �a que je sais.

C'est comme �a que je sais. Comme �a que je sais !

Tu vieillis de jour en jour.

Tu as 65 ans.

Bient�t, tu auras 66 ans.

Puis, tu auras 67 ans

et ainsi de suite.

�a ne s'arr�te jamais.

Tr�s bient�t, on te prom�nera dans un fauteuil.

Si j'avais eu...

C'est incompr�hensible.

Si j'avais eu...

Qu'est-ce que... Qu'est-ce qu'il dit ?

Simon...

tu l'entends ? Je sais que tu l'entends.

Oui.

C'est grave.

Qu'est-ce qu'il dit ?

Tu vas cesser de fr�quenter notre fille.

D�s ce soir !

Je n'ai jamais dit que je ne voulais plus...

Non, Simon, �coute...

Simon, ce ne sera jamais bon pour toi.

Simon, �a ne finira pas bien.

Et �a ne finira pas bien pour elle.

Tu dois arr�ter.

�a marche pas.

Pegeen a commenc� � dialoguer avec sa m�re.

Cliquez sur le Bic.

Non, mes cours se passent tr�s bien.

Pourquoi elle �coutait sa m�re me d�nigrer

sous mon propre toit ?

Bon, peu importe. Je t'aime aussi, maman.

� plus maman, au revoir.

Que te raconte ta m�re ?

Comme d'hab, que je suis �blouie par la star.

Et elle ne cesse pas de rab�cher

ton comportement pitoyable chez le v�to.

C'est son sujet pr�f�r�.

Elle se gargarise avec le mot "pi�tre".

Puis elle ajoute : "C'est une coquille vide."

C'est vraiment g�nial, c'est sa nouvelle obsession.

J'aurais aim� participer.

Pourquoi es-tu mont�e � l'�tage ?

Je jetais un �il tout autour quand elle a appel�.

Tu jetais un �il ?

C'est g�nial ici, c'est grand. Pourquoi tu n'y vis pas ?

Je ne sais pas... je ne suis pas encore pr�t.

Pas pr�t ? Tu vis ici depuis 14 ans.

Oui, mais j'aime bien �tre en bas.

C'est comme un appartement. Comme un appartement � New York.

Comme un appart avec piscine.

Rien... rien n'est parfait.

Parle-moi de ta m�re.

�a lui donne une raison de vivre, de te ha�r.

Savez-vous pourquoi elle s'inqui�te de l'avis de ses parents ?

Beaucoup d'animosit�.

Non, mais pourquoi �a vous d�range ?

Parce que c'est p�nible !

Elle est...

Ils devraient se r�jouir de la voir avec quelqu'un qui a r�ussi,

a fait des choses, a v�cu et peut offrir des choses.

Apr�s tout, elle ne rajeunit pas.

Pourquoi elle agit comme �a ?

La transformation de Pegeen

est une orgie de d�penses et de caprices.

Je n'ai plus d'argent.

Je ne suis qu'un...

Il y a du d�sespoir dans votre voix.

Je n'ai pas d'argent et je ne peux plus jouer.

Qu'est-ce que je vais faire ? Comment je vais la garder ?

Vous ne devriez pas acheter son affection.

Et quand bien m�me ?

J'ai parl� � ton comptable. Tu d�penses beaucoup trop en fringues.

Beaucoup trop en fringues pour femme.

Sais-tu ce que �a co�te

de chauffer une piscine en plein hiver ?

Et tu lui donnes de l'argent de poche.

Je sais que je d�pense trop. Qu'en est-il de mes m�moires ?

Peu int�ressant. Pas assez d'argent d'avance.

C'est plut�t d�primant.

Bien peu d'int�r�t... pour ma vie.

Tu es le premier qu'elle n'int�resse plus.

Tu pourrais faire des pubs.

C'est �a.

On en reparlera.

Jamais tu en sors ?

Viens !

Je ne sais pas, je n'ai pas la bonne tenue.

Oui, mais...

tu sais quoi ? Tu n'as pas � avoir peur.

Je suis un ma�tre-nageur certifi�.

Je pourrai te sauver.

Tu l'as d�j� fait.

Tu l'as d�j� fait...

Qui est-ce ?

Ton agent !

R�jouis-toi, le courrier des fans a bien augment�.

- Bien. - Enfin...

tout vient de la m�me personne, Sybil Van Buren, mais quand m�me !

Ils te donneront 150 000 $ pour �tre le porte-parole.

- Tu iras en Europe... - Porte-parole ? Pour quoi ?

Une nouvelle technique qu'on appelle "chauvation".

Chauvation ?

Technique d�velopp�e par le Dr Kingsle

pour tout ce qui concerne le cuir chevelu.

Contre la calvitie ?

Si tu veux.

As-tu perdu la t�te ?

150 000 $ ?

Je me fiche de la somme. Qu'importe ?

Et ma dignit� ?

Enfin, le peu qui m'en reste !

Alors, sois s�rieux et accepte le r�le � Broadway.

- Quel r�le ? - Le roi Lear, � Broadway.

Le roi Lear ?

Je l'ai dit et je le r�p�te...

Tu me le r�p�tes ? Je ne l'ai jamais entendu.

Il s'agit de... Ils te veulent pour Le roi Lear � Broadway.

Ils me veulent moi ?

Tu adores les trag�dies.

Combien de fois ? Que dois-je faire ?

Le dire � haute voix ?

Tu fais le buzz.

Ils veulent te voir.

Pour voir si tu plongeras de nouveau.

Comme pour Spider-Man. Les gens veulent voir

si quelqu'un ne tombera pas en volant � l'aide de c�bles.

Comme au cirque.

Tu dois bouger, tu es fauch�.

Je suis devenu un guignol.

Ils veulent voir le guignol.

Trouve-moi une pub avec des cheveux !

Mes cheveux !

Entendu.

Presque, pas de cigare.

Exact.

J'essaie encore une fois.

Tu ne devrais pas, tu devrais le laisser au repos.

Peut-�tre...

Peut-�tre que si on essayait de ce c�t�.

D'accord, entendu.

Non !

Je ne le crois pas que �a m'arrive.

C'est le cas.

Patiente un jour ou deux.

Qu'il se d�tende.

Oui, bien s�r.

C'est que...

parfois �a prend 3 jours. Alors, il reste un jour.

Tu vois, il faut simplement...

que je me mette � faire des exercices.

De fa�on r�guli�re. Tous les jours, je dois m'allonger

et faire des �tirements.

Oui.

Tu sais, le...

rem�de pour cheval que m'a donn� le v�to

a �t� efficace.

Oui, tr�s efficace.

�a s'est av�r� bien ce soir-l�, non ?

Tu veux un coup de main ?

Tu n'as pas encore retourn� la lesbienne.

Tu couches toujours avec des femmes ?

- Je l'ai fait deux fois. - Deux fois ?

Ah bon ?

Avec Louise ?

Oui... non ! Tu es dingue ou quoi ?

Avec qui, alors ?

Des joueuses de softball que j'ai rencontr�es.

Ce n'est pas une histoire d'amour.

Elle est l'objet de mon affection.

Un putain de clich� ! Voil� pourquoi je l'ai choisie.

Je suis un clich� de l'amour.

Elle est jeune, avec tout ce qui va avec.

Au moins, elle est lesbienne. Je n'ai pas �t� si b�te.

J'ai fait le bon choix.

Elle finira forc�ment par me quitter.

Elle finira par me quitter et je le m�rite.

Ce qui m'arrive, je le m�rite.

Et je me lance l�-dedans en connaissance de cause.

Parce que... merde !

Donne, donne tout ce que tu as. Je prends, je le cherche.

Je m'en glorifie.

Pegeen a fait virer son ex-copine en homme.

Elle a fait de moi un mendiant � moiti� fou.

Qui sait ce qu'elle fera de vous ?

Ne dites pas que je ne vous ai pas pr�venu.

Jerry... c'est moi.

Je vais le faire.

S�rieux ? C'est fantastique, Simon.

J'appelle les producteurs d�s demain.

Ils r�vent de revoir ton saut carp� dans l'orchestre.

Pas Le roi Lear.

L'autre chose.

Cache ta joie, s'il te pla�t.

Le produit pour cheveux ?

Oui, c'est �a.

Bon choix, �a veut dire que tu reprends du poil de la b�te.

C'est �a, oui.

Docteur, vous n'allez pas le croire.

Sybil s'est de nouveau point�e.

Comment �a ?

Elle est arriv�e quand je partais pour ma pub.

Elle �tait l�, dans mon all�e enneig�e.

Elle me... elle me harc�le !

Tout le temps !

Pas encore.

Simon, je suis un peu d�sorient�.

Ne quittez pas une seconde.

Descendez de l�.

Simon, je regarde une carte postale

que Sybil vient de m'envoyer.

Elle est en Floride actuellement.

- Tenez. - C'est quoi ?

De l'argent.

De l'argent ? Pour quoi ?

Vous le savez foutrement bien.

Je refuse de m'approcher de �a.

Allez-vous-en avec cet argent !

Trop tard, Simon.

Ah bon ? Et pourquoi �a ?

Vous avez d�j� accept� de tuer mon mari.

Vous �tes complice.

Si !

Non !

Vous l'avez vu en photo !

Vous �tes compl�tement mouill�, monsieur.

- On a un arrangement. - On a rien !

Vous allez... Vous avez vu Harvey ? Avec le lapin invisible ? C'est vous.

Je vous �jecte de ma vie. Vous �tes �ject�e.

Une chose m'�chappe.

Quel est le rapport avec la pi�ce Harvey ?

C'�tait un lapin invisible qui n'existait que dans sa t�te.

Sybil �tait l�...

ou elle n'y �tait pas ?

Sybil me harc�le.

Elle est folle.

Elle...

Elle �crit sans arr�t. Elle fait une fixette.

Tu fais quoi ?

J'essaie de trouver une place dans ta nouvelle vie.

Il n'y en a pas.

Pourquoi ? Notre histoire est belle.

Qu'a-t-il de plus � t'offrir que moi ?

Je suis plus jeune et plus s�duisant.

Voire plus masculin.

Arr�te, Priscilla ! Je ne suis pas h�t�ro !

Je reviens. Je dois aller aux toilettes.

Lesquelles ?

Simon !

�a ne va pas ?

Excuse-moi, mais...

qu'avions-nous besoin d'inviter ton ex � d�jeuner ?

Je ne ferai pas de pubs.

Je resterai � la maison.

Tu n'as aucune obligation envers moi. Ce que tu fais en mon absence

n'a rien � voir avec la r�alit� que nous partageons.

C'est... ind�chiffrable.

Et toi ? Comptes-tu retourner un de ces quatre sur sc�ne,

ou tu vas continuer � te complaire

dans ton angoisse et � t'apitoyer sur toi ?

D�sol�e, c'�tait m�chant ce que j'ai dit.

Mais je ne veux pas �tre avec quelqu'un qui abandonne.

Tu n'as pas � aller affronter un public tous les soirs,

soir apr�s soir et � lui mentir.

Tu devrais faire plus d'efforts. Fais-le pour moi.

"Montrez-moi un homme qui ne soit pas l'esclave des passions,

"je le garderai au profond de mon c�ur.

"Oui, tout au fond de mon c�ur.

"Quand l'�me est libre, le corps est d�licat

"mais la temp�te qui agite mon �me

"ne laisse � mes sens aucune autre impression..."

Lear...

L�che-toi.

�pouse accus�e d'avoir poignard� � mort son mari

Quoi ?

- Pegeen ? - Oui ?

- Elle l'a tu�. - Quoi ?

Sybil Van Buren a tu� son mari. C'est incroyable.

Vraiment ?

Mon Dieu !

Elle m'a dit que j'�tais complice.

On s'est connus � la clinique psychiatrique.

Quand elle est sortie,

elle est venue

dans ma ville, m'a envoy� des lettres,

elle est venue chez moi et s'est mise � me harceler.

Je lui disais de s'en aller, que je ne voulais rien savoir.

Elle a dit que vous l'aviez pouss�e

� chercher quelqu'un pour tuer son mari.

C'est inexact.

Vous lui avez dit de trouver un tueur pro, non ?

Oui.

Je l'ai dit, mais...

Vous l'avez donc pouss�e � le faire.

- Vous interpr�tez. - Je me trompe ?

Je ne voudrais pas interf�rer dans votre travail, mais...

Pegeen, pourrais-tu m'aider ?

Pas la peine.

- Vous aviez une relation sexuelle ? - Non.

Enfin, voyons, non.

C'�tait une jeune femme, juste au d�but de la trentaine.

C'est une fan qui s'est fourvoy�e, voil� tout.

Avant que vous ne partiez, sachez

que j'ai fait le tri de vos joujoux.

Joujoux ?

Il faut les ranger.

Absolument, Mme Rutledge.

Les appareils m�caniques et �lectroniques,

verge magique, vibreur du point G

et... Jeannot lapine,

doivent �tre huil�s tous les mois.

C'est vrai.

Quant �... la ceinture gode,

le double zob et la paluche magique, �a passe � la machine.

Vous avez tout � fait raison.

- Bonne soir�e. - Merci.

Merci, bonne soir�e.

Vous aussi, merci.

Je reviens.

J'aurais d� m'en douter. J'aurais d� m'en douter !

� l'instant o� elle a quitt� la table, j'aurais d� comprendre.

Non, vraiment ?

Trop sympa de t'imaginer dans un pick-up.

- Tu es pr�te ? - J'adore.

- Quoi ? - Tu es pr�te ?

Simon ! Je te pr�sente Tracy.

Minute...

Vous �tes acteur ?

Vous �tiez g�nial dans ce film

que je regardais toute petite.

Lequel, d�j� ?

Aucune id�e.

Mais si, celui avec les tarentules.

Je n'ai jamais tourn� avec une tarentule.

Vous �tes s�r ? Mais si.

Tu ne la trouves pas adorable ?

On y va ?

�coute, on s'amuse trop ici.

Tu pourras me raccompagner avec ton pick-up ?

Elle a un pick-up. Rentre si tu veux.

Je te rejoins plus tard. Tout ira bien.

Salut, Simon.

Salut, les filles. Bien amus�es ?

Oui !

On s'est vraiment �clat�es.

Je n'en doute pas.

J'avais l'intention de faire visiter la maison � Tracy.

Je vous en prie.

Viens avec nous.

Allez-y.

Je suis tr�s bien ici. Allez-y.

- Venez. - Allez, viens.

Entendu, je viens.

Par ici.

Tout droit.

Que fait-on ?

On emm�ne des joujoux humains dans notre lit ?

Peut-�tre.

Allons, fais pas ton rabat-joie.

Vis un peu.

J'ai quelque chose pour toi.

Arr�te...

H�, Simon !

Je cherche toujours le titre du film.

Quoi ?

Je fais visiter la maison � Tracy.

Par ici.

Docteur, bonsoir !

Vous ne devinerez jamais ce qui m'arrive.

Eh bien...

elle m'a demand�

d'�tre le p�re de son enfant.

Vous n'aviez jamais parl� d'enfant.

Pegeen planifie notre vie ensemble.

Vous �tes s�r de �a ?

Oui, oui !

Je ne suis pas convaincu de �a, Simon.

Passez me voir pour une s�ance en t�te-�-t�te.

Franchement,

ce que vous me dites est incoh�rent et me g�ne.

Alors, je vous en prie,

passez � mon cabinet.

Ne tergiversez pas,

je m'inqui�te � votre sujet.

Simon Axler.

Je viens pour un spermogramme.

Vous �tes en dermato.

La fertilit�, c'est au 14e.

- Asseyez-vous. - Merci.

D�sol� pour le retard. Je me suis �gar�.

Pas grave, tu es tr�s stress�.

Oui.

C'est que...

j'approche des 70 ans.

C'est encore jeune.

Quand cet enfant aura 10 ans, j'en aurai 80.

Et, qui sait, alors...

je ne te plairai peut-�tre plus.

Tu me plairas toujours.

Oui... Eh bien,

c'est bon � savoir. Vraiment bon � savoir.

Je serai chauve, dans un fauteuil roulant...

�tant donn� l'�tat de mon dos, c'est certain.

Et puis quoi ?

Probablement la mort.

Je ne suis peut-�tre pas fait pour �tre p�re.

Peut-�tre

qu'il est trop tard.

Une autre occasion rat�e.

J'en ai tant rat� dans ma vie.

J'ai tout...

rat�.

J'ai capitul� devant la vie.

Non, tu l'as prise � bras-le-corps.

On aura un enfant, tu te feras op�rer le dos

et on s'aimera pour le restant de ta vie.

Je ne peux pas croire

que tu dises ces choses-l�.

Et qu'on finisse

par en arriver l�.

Que les choses prennent cette tournure.

Bref, je suis l�,

pr�t � reprendre ma carri�re,

et si tout va bien aujourd'hui,

pr�t � te f�conder, n'est-ce pas ?

"Je suis vieux maintenant,

"et ces revers...

"m'�puisent.

"Et ces revers..."

Qui est l� ?

Je veux te parler, Simon.

Carol ?

Je veux te parler.

Puis, tu ne t'approcheras plus de ma fille.

Es-tu devenue folle ? Je suis en train de r�p�ter !

Sais-tu ce qu'il y a dans une semaine ? La premi�re !

Tu as du mal � te souvenir de ton texte ?

Gu�re �tonnant, puisque...

Pourquoi t'en souviendrais-tu, alors que tu ne te souviens pas de ta vie ?

�a veut dire quoi ?

Que faisait-on un an avant que tu ne joues Godot avec Asa

dans le New Jersey ?

On jouait dans une pi�ce.

Et que faisait Asa ?

- Asa ? - Asa, mon mari, ton ami.

Il �tait � l'h�pital.

Et que faisions-nous ?

- Nous ? - Toi et moi ?

On jouait dans une pi�ce.

Et quoi d'autre ?

Quoi ? Je ne vois pas.

On baisait, Simon.

Voil� ce qu'on faisait. On baisait

comme des rats, comme des marins.

Bon d'accord, on...

On jouait cette pi�ce, et juste un soir,

on �tait saouls...

Non, 8 fois.

- 8 fois ? - Oui.

- Tu comptais ? - C'est dans mon journal.

Carol, �a fait des lustres.

De quoi tu parles ? La pi�ce �tait finie...

Et nous n'en avons jamais parl�, non ?

Non.

Ensuite, j'ai eu l'adorable fillette dont je r�vais.

Asa et moi, nous... nous nous entendions bien.

Une fin heureuse.

Sauf que l'adorable fillette s'est av�r�e �tre plut�t excentrique.

Cr�ature complexe au caract�re

difficile, probablement d'ordre g�n�tique.

Tu devrais en parler � son p�re.

- N'importe quoi. - Que tu es bouch� !

- N'importe quoi. - Vraiment bouch� !

Quand on �crit que tu es un fin observateur,

je hurle de rire.

N'as-tu jamais remarqu� les ressemblances ?

Je ne te crois pas.

Je t'enverrai son ADN.

Il est vraiment dommage

que le roi Lear meure le c�ur bris�.

Comment �a ?

La fin aurait pu �tre bien plus th��trale.

Je savais que tu n'en aurais pas eu le courage !

Beau travail.

Beau travail.

Simon, �a va ?

Oui.

C'�tait bien.

QUEL SERA LE PROCHAIN GRAND PROJET D'AXLER ?

UNE SOIR�E AVEC SIMON AXLER

Ici Simon, laissez un message.

Simon ?

�tes-vous...

�a alors !

Ce n'est pas croyable.

Le retour de Spider-Man

Ils attendent de revoir

le guignol.

Arr�te de lire �a. S�rieusement, ces types sont des cons.

Tu seras formidable demain. Ne lis pas �a.

"Allons-nous-en... Allons-nous-en en prison.

"Nous deux..."

J'oublie le texte.

J'oublie le texte.

C'est quoi ?

"Nous deux..."

- Qu'est-ce que tu fiches ? - Comment �a ?

- Tu fais quoi ? - Je n'ai que 5 min de retard !

Cette voiture attend depuis une demi-heure !

Tu plaisantes ?

Et tes cheveux ?

Je ne veux pas parler de �a.

Ils ont chang�.

Oui, eh bien...

�a ne m'est pas facile d'aller acheter ce genre

de robe seule.

�a n'est pas facile de me regarder dans un miroir

et de me demander qui je suis devenue.

Tu as choisi ce moment pour ta crise identitaire.

- Oui. - Juste maintenant ?

- Oui. - Tr�s attentionn� de ta part.

Sybil Van Buren continue d'exprimer sa d�ception

vis-�-vis de l'acteur Simon Axler,

cet ami qui, selon Sybil,

avait promis de l'aider mais n'a rien fait.

Mme Van Buren a accus� son mari de comportement indu avec sa fille,

mais sans jamais donner plus de pr�cisions.

Elle n'en dira pas plus long

tant qu'elle n'aura pas re�u la visite de Simon Axler.

Simon, s'il vous pla�t,

pensez-vous pouvoir r�ussir ce retour apr�s votre accident ?

D�sol�, je dois aller en coulisses.

Comment r�agissez-vous au fait qu'il soit avec une autre ?

Tu n'as pas cess� de te foutre de ce que je veux.

Que veux-tu dire ?

- Tu veux un exemple ? - Absolument.

Tu as amen� cette fille chez moi !

M'as-tu consult� avant ?

Il faut ta permission ?

Profite de la joie de vivre et de la spontan�it� d'autrui.

La permission ?

Tu ne m'as m�me pas demand� ce que j'en pensais, ni mon avis.

Ce qui me frustre,

c'est que j'avais vraiment h�te

de partager une nouvelle avec toi.

C'est tr�s frustrant.

Quelle nouvelle ?

"Quelle nouvelle" ?

C'est bien ce que je dis.

C'est �a. Tu ne te souviens m�me pas.

Tu te souviens ? J'avais une surprise.

Laquelle ?

Oublie.

Ce n'est vraiment pas le bon moment.

De quoi s'agit-il ?

J'ai fait un spermogramme.

Comment �a ?

Je suis fertile.

Je peux avoir un enfant.

Un b�b�.

Tu plaisantes ?

Non. Qu'est-ce qu'il y a ?

Tu me donnes une brochure qui me dit que tu es fertile ?

�a me le dit � moi.

Qui t'a donn� cette id�e ?

Toi ! Tu as dit vouloir un enfant.

Non, je n'ai jamais dit �a. Jamais.

Jamais ?

Je ne suis pas pr�te. Je n'en veux pas.

�a alors, on peut vraiment dire que tu es un cas.

J'ai toujours pens�

que ton �go�sme �tait inn�.

- Quoi ? - Mais l�...

Comme on dit, �a d�passe l'entendement.

Tu rigoles ?

Alors que tu es l� � me pr�senter ta putain de brochure

qui te dit fertile et je devrais...

Elle me dit pas �a !

Et merde ! Je ne...

Je ne serai pas ce que je ne suis pas, pour toi !

J'en ai marre de faire semblant !

- J'ai �t� une exp�rience ? - C'est d�bile.

J'ai �t� un galop d'essai hors des sentiers battus ? Hein ?

Tu t'en vas ? G�nial, vraiment g�nial.

Le soir de ma premi�re.

Je ne peux pas continuer � faire semblant.

Et je suis sens� t'emp�cher de partir ? C'est �a ? Ne pars pas.

Ne m'emp�che pas de partir.

Ne m'en emp�che pas. Parce que je pars...

Tu ne peux pas faire �a.

Si, je le fais !

Tu es en plein d�lire, s�rieux !

Pas du tout. Parce que j'ai presque fait de toi une femme ?

Bon Dieu ! Va te faire foutre !

Vas-y, toi !

Je ne veux m�me pas... �a n'en vaut pas la peine !

�a n'en... Ne me quitte pas.

Ne pars pas d'ici !

- Tu ne peux pas me quitter ! - Si !

Non, c'est la premi�re !

- Je suis d�sol�e. - Je monte sur sc�ne pour jouer Lear !

C'est de Shakespeare ! Tu en as entendu parler ?

Pourquoi tu me cries dessus ?

Je ne veux plus jamais te revoir !

Salut ! Tu es une force destructrice !

Je ne t'ai jamais vu aussi �nergique. Bravo.

Ah oui ? Va donc dans la salle

et tu verras de l'�nergie r�elle !

Je ne la g�che pas, je la garde pour la sc�ne !

Va donc me voir et tu verras ce que c'est l'�motion !

Tu radotes.

Je suis plus qu'une pondeuse d'enfants, soit dit en passant,

je suis un professeur, une femme

et je me fous de tes besoins de vieillard tordu.

Tu es un b�b� poney !

La ferme ! Un b�b� poney ?

- Tu es une d�robade ! - C'est du n'importe quoi.

Je peux pas... Je flingue ma voix !

C'est dingue qu'on paie pour te voir !

Je paierais pour ne plus te voir !

Ta place est au zoo !

Bonne chance avec ton super sperme !

Reviens !

Reviens !

Shane !

Reviens, Shane !

"Allons-nous-en en prison.

"Nous deux, seuls,

"nous chanterons comme des oiseaux en cage.

"Et,

"quand tu demanderas ma b�n�diction,

"je me mettrai � genoux et je te demanderai de me pardonner.

"Et...

"ainsi nous vivrons,

"nous prierons,

"nous chanterons,

"nous conterons de vieilles l�gendes

"et nous rirons.

"Et,

"nous prendrons sur nous

"le myst�re des choses

"comme si nous �tions les espions des dieux.

"Et nous survivrons

"entre ces murs

"� ces bandes et coteries de grands personnages

"qui fluent et qui refluent � chaque nouvelle lune."

"Et...

"nous prendrons sur nous le myst�re des choses...

"comme si nous �tions les espions des dieux.

"La peste soit avec vous, assassins !

"Tous des tra�tres !

"J'aurais pu la sauver.

"Maintenant...

"Cord�lia, reste un peu.

"Sa voix fut toujours si m�lodieuse et douce.

"Tu ne reviendras jamais plus.

"Tu ne reviendras jamais plus.

"Jamais,

"jamais, jamais..."

"Je vous prie, monsieur,

"d�grafez ce bouton.

"Merci, monsieur.

"Voyez-vous ceci ?

"Regardez-la.

"Regardez.

"Ses l�vres.

"L�.

"Regardez.

"Regardez."

Ce n'est pas dans la pi�ce.

C'est tout lui et c'est pour �a qu'il est lui.

Non, il va mourir.

Il ne va pas mourir.

C'est un g�nie. Vous regardez un g�nie.

Je vous dis que le g�nie est en train de se tuer.

Pas de couteau dans cette sc�ne. Le roi Lear meurt de chagrin.

Peu importe.

Il transcende cette pi�ce !

Que se passe-t-il, bon sang ?

"Tout adoucissement � ce grand malheur, tentez-le.

"Pour notre part, nous lui rendrons,

"tant que vit ce vieux prince, le supr�me pouvoir !"

De ma vie, je n'ai jamais vu quelque chose de semblable.

Tout va bien.

"Monseigneur ! Monseigneur !

"Ouvrez les yeux !

"Ne l�sez pas son �me, laissez-la partir.

"Il ha�rait qui voudrait,

"sur le chevalet de torture de ce dur univers, le tenir couch� plus longtemps.

"Il est mort, en effet.

"C'est miraculeux qu'il ait r�sist� aussi longtemps.

"Il s�questrait sa vie.

"Au fardeau de ces tristes temps nous devons ob�ir.

"Parlons selon nos c�urs

"et non la biens�ance.

"Les plus vieux ont le plus souffert.

"Nous, les cadets, jamais n'en verrons tant,

"ni ne vivrons tant d'ann�es."

EN TOUTE HUMILIT�

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