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Ce Zastava M57
est un pistolet simple action à court recul et à sûreté manuelle,
fabriqué en 1991
dans l'usine Zastava de Belgrade, en ex-Yougoslavie.
En 2002,
le M57 a servi à braquer une banque
à Ludwigshafen.
L'origine terroriste a été soupçonnée,
mais jamais prouvée.
Par la suite, l'arme a disparu pendant quelques années.
En 2017, on l'a vue sur la photo d'avis de recherche
d'un trafiquant de Duisburg,
mais elle n'a pas pu être saisie.
L'arme a servi
le 2 octobre dernier
à Hambourg à abattre six personnes.
L'AGENT INFILTRÉ
Ce soir, je coiffe Hink
des Scuffa Tape.
Quoi ? Tu déconnes.
Il enregistre son clip.
Le réal m'a recommandée.
Je lui ai fait une coupe et depuis, il raconte partout
qu'il n'a plus de bad hair day.
On y va ce soir,
tu veux ?
Quoi encore ?
Un bad hair day. Je file.
Bonjour.
12 490.
Pratique.
Au-delà de 12 500, on doit
le déclarer.
C'est vrai ?
SCÉNARIO ET RÉALISATION : MATTHIAS GLASNER
Bon.
Ça fait presque 75 000 euros.
- Et maintenant ? - On va le découvrir.
Tu me le diras ?
On forme une équipe, non ?
Tu fais équipe avec qui, on se le demande.
Tu parles de Dadir ? Entre lui et moi, ça roule.
C'est le but, non ?
Dis-moi.
Ton boulot marche bien ?
- Ça peut aller. - J'en étais sûr.
Tu fais trop la gueule.
Tu sais ce que la vie m'a appris ? Quoi qu'on fasse,
si on n'y prend pas de plaisir, on merde.
Le plaisir dont tu parles, il te détruira.
Dadir et Rahmani sont pas tes potes. C'est clair ?
Toi non plus.
C'est toi qui m'as filé le boulot.
Viens pas me reprocher de le faire super bien.
Vous vouliez me parler ?
Les billets ne mènent nulle part.
Ils n'ont jamais servi à quoi que ce soit d'illégal.
Ils sont tout neufs,
ils arrivent de l'imprimerie.
Neufs ? C'est-à-dire ?
Nazir ?
Mon petit.
Ça me fait plaisir de te voir.
Merci, tonton Ahmad. Il était temps.
Oui.
- Ton père, ça va ? - Bien, grâce à Dieu.
Salue-le pour moi. Je pense souvent à lui.
Il devrait revenir à la mosquée.
- Je lui transmettrai. - Oui ?
Toi aussi, reviens.
Alors, t'as trouvé ça comment ?
Moi, la première fois, c'était comme...
Comme si je rentrais à la maison.
Je sais pas ce que c'est, rentrer à la maison.
Mon père hait les musulmans qui portent la barbe.
C'est un communiste.
Tu dis des conneries.
Il a bossé pour les Russes en Afghanistan ou pas ?
Il était prof de fac.
Et ici, il faisait quoi ? Taxi !
Et aujourd'hui ?
Vous auriez dû rester à Kaboul.
Au moins, tu aurais moins galéré avec le gluten.
Il se passe quoi ?
- C'est le parking ? - Ça fume.
Bonjour.
Quelqu'un sait à qui appartient le véhicule ?
Bon.
Vous n'êtes pas du genre bavard.
Par contre, vous écrivez avec passion.
Pas vrai, M. Orsho ?
Nous avons lu vos posts dans un groupe sur Internet,
où vous vous lâchez.
Selon vous, l'Allemagne vous offrirait
trop peu pour vivre, mais trop pour mourir.
Et qu'on veut vous "briser".
Quoi d'autre, déjà ?
Ah oui : "On veut me priver de libre arbitre."
Dans ces groupes, vous avez connu des gens
qui pensent comme vous.
L'un d'entre eux
est cet homme : El Adoua.
Un terroriste,
qui a commis des attentats.
Ces derniers temps, il va souvent
à l'Elbphilharmonie.
Là où vous vous êtes introduit sans autorisation.
Je ne le connais pas.
Il ne le connaît pas.
Écoutez bien ce que je vous dis.
Si vous nous compliquez la tâche, je vous promets
d'employer tous les moyens à ma disposition
pour vous pourrir,
vous, votre famille et vos amis. J'ai ce pouvoir.
Vous m'avez compris ?
C'est pas si grave.
Il faut que ça sorte. Allez.
Pleure un bon coup.
Ensuite, tu me raconteras
ce qui te pèse depuis quelques jours.
Chewing-gum ?
Trop génial.
Raza.
La Mercedes, c'était toi ?
Traîne pas avec Naim.
C'est un cinglé, un criminel dangereux.
Papa me dit ça sur toi.
Quoi ?
De pas traîner avec toi.
Avec mon frère, mec.
Pourquoi il dit ça ?
Demande-lui.
La famille est claquée depuis que tu as ramené ta pétasse.
- T'es con ? - Lâche-moi.
Je sais pas ce que je fais là !
- T'en veux ? - Non, merci.
Entre et ferme la porte.
Je reviens vite.
Raza.
Qu'est-ce qu'il y a ?
J'essaye de bâtir un truc.
Je veux créer un truc et toi, tu fais de la merde.
Tu vas pas m'apprendre la vie.
Tu parles comme une ado qu'on prive de glace.
Je t'emmerde.
Ce que tu penses vraiment,
c'est que je suis une princesse qui essaye des tenues
pendant que ses parents se font massacrer dehors.
N'importe quoi.
Je suis désolé.
Je suis pas cool.
S'apitoyer sur son sort sert à rien.
Je suis bien placée pour le savoir.
OK. Dis-moi comment je dois faire.
Fais-moi enfin confiance.
3 JOURS AVANT L’ATTENTAT
Tu prends des photos ?
Je trouve ça beau. Pas toi ?
Beau ?
C'est pas beau du tout.
Ton frère va payer.
Pourquoi tu dis ça ?
Il joue pas dans la même cour que nous.
Tu parles. Regarde ce qu'il a foutu.
Ça, là.
- C'est quoi ? - Il va vous épater, Raza.
Ta gueule et tire-toi.
Toi, ta gueule, tu sais pas de quoi tu parles.
Va faire tes photos.
C'est ça, je t'emmerde. Tu sais pas ce que tu perds.
Salut.
Rahmani veut nous voir.
Dans 2 h à la gare routière de Wilhelmsbourg.
C'est bon ?
Oui, j'y serai.
Les indices convergent, l'Elbphilharmonie serait la cible.
- Concrètement ? - D'après la vidéosurveillance,
ces dernières semaines, le nombre de barbus dans le public
a augmenté.
Si on me parle encore de barbus, je casse tout.
Alors, ça avance avec Orsho ?
Il chiale comme une gamine, mais ne dit rien.
J'envie les mecs à Guantanamo.
Quoi de neuf, ici ?
Vous en êtes où ?
La fédérale est d'avis d'annuler le concert.
La sécurité est un sujet d'inquiétude.
On va pas risquer des vies pour Beethoven.
J'en reparle avec Oevermann.
En attendant, on est
à trois jours du concert.
Mme Kuhlenkampf ?
On peut se voir rapidement ?
L'argent que Rahmani envoie en Afghanistan.
Il est clean. Les billets sortent de l'Imprimerie nationale.
Les numéros se suivent.
Les billets neufs ne sont livrés qu'aux banques, non ?
Ou à l'État.
Tu penses que ça vient de nous ?
Il en dit quoi, Braun ?
Je pense qu'on ferait mieux d'accumuler plus de preuves
avant de l'embêter avec ça.
À toi de voir si tu veux mettre Mme Kuhlenkampf dans le coup.
En cachant Orsho,
vous lui avez permis de se bâtir une armure.
Il se l'est bâtie il y a longtemps
et dans un cadre bien plus dur.
C'est votre responsabilité.
Je vois : c'est à moi de travailler en mode Guantanamo.
Quel clown !
On devrait aller bosser sur l'ordinateur de chez moi.
Mon Internet est presque aussi sûr que celui de la CIA.
C'est un passe-temps.
Des nouvelles de Raza ?
Il est censé me prévenir quand Rahmani l'aura contacté.
Il va le faire ?
Le directeur de son école dit qu'il l'a licencié.
Il a volé l'appareil photo d'un collègue.
Je m'occupe de Raza.
On se retrouve chez moi dans une heure ?
On n'attend pas Dadir ?
Ma collègue va passer. On va bosser là-haut.
Pourquoi ?
- Quoi ? - Tu peux rien dire, c'est ça ?
C'est bon, Charlie.
Je te présente Holly.
Vous avez l'air affamée. Je peux réchauffer des restes.
On a du boulot.
Vous avez quoi ?
Un sauté de poulet. Fait maison.
C'est meilleur le lendemain.
- Je ne dis pas non. - Super.
Ils vous logent où ?
Dans un hôtel pour commerciaux itinérants près de l'autoroute.
- C'est déprimant. - Oui. L'État fait des économies.
On peut arrêter de parler de la pluie et du beau temps ?
Je réponds aux questions.
Bien.
Vous avez quelqu'un dans votre vie ?
Dans ma vie ou dans mon lit ?
C'est pareil, non ?
Dans notre appart à Berlin, parfois, avec ma soeur,
on dort ensemble, mais on couche pas.
Je vous ressers ?
Vous avez l'air d'être très proches.
Je n'ai personne de plus proche qu'elle.
Votre cicatrice vient d'où ?
Mauvaise question.
Elle est directe, ton équipière.
Désolée, si je vous ai heurtée.
Pas du tout.
Un chauffeur de poids lourd ivre me l'a faite.
J'étais à vélo, il m'a renversée dans un virage.
- Désolée. - Faut pas.
C'est comme ça que je l'ai connu.
Vous étiez en patrouille ?
Non, en civil.
Je l'ai emmenée aux urgences.
On est devenus inséparables.
Le chauffeur a déclaré que j'étais passée au rouge.
Il a menti. Mais sa boîte lui a payé
un as du barreau pour semer le doute.
Il a été innocenté.
- "In dubio pro reo". - Oui.
Un pilier de notre merveilleux système judiciaire.
Mais, ironie du sort, quelques semaines plus tard,
un inconnu l'a agressé
et lui a brisé les deux jambes.
Ça a mis fin à sa carrière
de chauffeur de poids lourd.
Ça fait longtemps.
On a tous nos cicatrices.
Pas vrai, Charlie ?
J'attends là-haut.
Tu es un sale petit traître.
C'est quoi, ce plan ?
Ton pote est une balance.
Une balance ? Dadir ?
Non, c'est impossible.
Quelqu'un parle aux flics. Qui, alors ?
C'est un malentendu.
S'il vous plaît, laissez-nous rentrer chez nous.
Il est furax. Son frère est mort.
Il pense que c'est ma faute.
Et maintenant, il veut me faire du mal.
C'est pour ça qu'il a ça chez lui.
- J'en fais quoi ? - Tu aimes les échecs.
- Tu vas jouer avec nous. - Là...
Derrière l'oreille, il sentira rien.
C'est tordu. Je peux pas. Je le ferai pas.
Abats les deux.
Non, merde, non !
C'est un test ? Un test de merde ?
Vous me testez ?
Tu joues avec moi ?
C'est pour ça que tu m'as raconté ta vengeance ?
C'était ça, l'idée ?
Meurs pas, s'il te plaît.
Reste avec moi.
Écoute-moi. Merde !
Meurs pas.
Les salauds !
Reste avec moi, Dadir.
Reste avec moi.
Il m'a échappé.
Quand il a arrêté l'infiltration, j'ai cru que c'était bon.
J'ai parfois l'impression que c'est un avatar.
Que le vrai lui est ailleurs.
Il vous a quand même parlé de Charlie.
Non.
Comment êtes-vous au courant ?
Il vaut mieux que vous montiez, je pense.
Merci pour le repas, c'était délicieux.
On s'y met ?
Oui.
Tu es où, maintenant ?
Ici ou là-bas ?
Quand on a été là-bas,
on ne peut plus vraiment être ici.
C'est juste un rôle que tu as joué.
T'as lu "Sur le théâtre de marionnettes" de Kleist ?
Rose me l'a offert
quand je suis passé sous couverture.
C'est compliqué, mais j'ai retenu une chose :
un bon acteur ne joue pas,
il vit ses rôles au plus profond de son être.
Sinon, il n'est pas crédible.
"Chaque jour est une nouvelle opportunité."
C'est pas de Kleist,
mais du livre de coaching que j'ai offert à ma mère à Noël.
Ça lui a fait du bien.
J'écris à Fred.
Il nous retrouvera l'origine de l'argent.
C'est qui, Fred ?
Un mec 100 % fiable de la fédérale.
Personne n'est fiable à cent pour cent.
Oui ?
Il est en vie ?
Il avait une pièce d'identité.
On a fait des recherches
qui ont déclenché une alerte au sein de la PJ.
C'est ici, sur la gauche.
T'es où ? J'arrive pas à te joindre.
Je veux arrêter.
Maintenant ? Pourquoi ?
Vous vous méprenez. Je suis prof assistant.
Pas James Bond.
Pourquoi tu paniques d'un coup ?
T'étais sur place ?
Quoi ?
Où ?
Il est en vie.
Je suis aux urgences.
S'il s'en sort et qu'il survit,
il va nous raconter quoi ?
Mieux vaut que je l'entende de ta bouche.
Rahmani sait qu'il y a une taupe.
Comment il le sait ?
Pas par moi. Il bluffe peut-être ?
C'était pas du bluff.
Ni un test.
Je veux arrêter.
Sois pas naïf.
On descend pas du train comme ça. Rahmani vient de le démontrer.
Comment il va ?
Une balle lui a déchiré la gorge.
Grosse hémorragie. Ils ont induit un coma artificiel.
- C'était qui au téléphone ? - Raza.
Je pense qu'il était avec lui.
Rahmani sait qu'on a un indic chez lui.
Il voulait peut-être faire un exemple de Dadir.
Et Raza, là-dedans ?
Aucune idée. Il veut arrêter.
Ou changer de camp.
Un vol, ça fait pas de lui un dealer.
Raza et Dadir se disputaient en sortant de chez Rahmani.
Raza était flippé. Je l'aurais été, moi aussi.
Mais surtout,
comment Rahmani peut savoir qu'on a une taupe ?
T'as fait des photos ?
Fais voir !
Non. Elles sont ratées.
Attends.
À propos de ce qu'a dit papa, que tu devais te méfier de moi.
Oui, quoi ?
Il a raison.
Raza, lâche-moi.
Mon frère.
Qu'est-ce qui t'arrive ?
À quoi tu joues ?
Quoi qu'on te racontera le jour venu,
j'ai fait tout ça pour toi.
Je ferais jamais rien qui puisse te nuire.
Je le sais.
Fais attention à toi.
Oui. C'est promis.
N'y va pas.
Charlie.
Comment tu sais pour Charlie ?
Je t'ai entendu au téléphone.
J'aurais jamais pu le faire avant, tu vieillis.
N'y va pas, s'il te plaît.
J'ai un dernier truc à régler. Après, c'est fini.
Tu es comme un alcoolique qui se justifie avant de boire.
"C'est le dernier."
Si tu y vas, je ne promets pas d'être là demain.
Je suis désolée
de lancer des menaces absurdes.
Crois-le ou non,
c'est pour toi que je le fais.
Nicky !
À ton dernier voyage.
Que te poussent des ailes !
Que l'enfer te chope avant que tu arrives au ciel.
À Nicky !
Je voulais dire quelques mots de plus.
Mais je suis heureuse
que Charlie soit parmi nous.
Il a connu Nicky à sa grande époque
comme personne.
Même si t'es pas le roi des discours,
tu dois pouvoir dire quelques mots.
- Allez, Charlie ! - S'il te plaît !
- Nicky était un des meilleurs. - Oui !
J'aimerais pouvoir en dire autant.
ÉVALUATION PSYCHOLOGIQUE
... ACCÈS DE VIOLENCE... TROUBLES PSYCHOLOGIQUES...
... ERREURS DE JUGEMENT FLAGRANTES...
SUSPENSION
Bonsoir.
Je peux entrer ?
Le type à la réception m'a laissé monter
sans poser de question.
Il m'a...
Évidemment, il m'a regardée un peu...
de travers.
Je vais enlever ça. C'est bon.
Merci. C'est vraiment...
C'est bien glauque chez vous.
Y a autre chose à boire dans le minibar ?
Du jus de pommes.
Vodka. Ce sera très bien. Merci.
Super.
Ça doit être bien stressant d'avoir...
autant de secrets qu'on ne peut partager avec personne.
De devoir tout garder pour soi. Enfin, ça vous plaît peut-être.
Au contraire,
je déteste les secrets, le flou, les mensonges.
Vous êtes entrée dans la police pour ça ?
À 11 ans, j'ai découvert que mon père trompait ma mère.
À 11 ans ?
Vous étiez jeune.
Comment vous l'avez su ?
Son compteur kilométrique.
Le nombre était trop élevé.
Son bureau était à deux pas.
Vous l'avez dit ?
Non, ma soeur m'en a dissuadé.
Elle a mis six ans à le découvrir.
Il l'a quittée et elle a failli en mourir.
Je comprends.
Vous savez...
où est mon mari en ce moment ?
Non.
Quoi ? C'est mon déo ?
Non.
Enfin oui.
Je reconnaîtrais ton odeur entre mille.
Elle ne change pas.
Vous croyez qu'il vous trompe ?
Charlie me trompe.
Et je crois qu'il est avec elle.
Charlie n'existe plus. C'était un rôle...
Une figurine dans une partie. Je sais.
Mais la partie continue.
Ce sont les prolongations.
"Le but en or" n'a pas encore été marqué.
Apparemment.
Pourquoi on reste avec un homme qui a un tatouage nazi dans le dos
et refuse de le faire retirer ?
Il peut y avoir différentes raisons.
Soit vous vivez
votre propre nostalgie ou vos traumatismes
à travers votre mari ?
Soit vous avez besoin de vous punir vous-même ?
Soit vous ne voulez pas priver votre fille de son père ?
À moins que...
peut-être que vous l'aimez, tout bêtement.
Mais je ne comprends pas le concept de l'amour.
J'étais comme vous à votre âge.
Ça m'est venu plus tard.
J'ai dit sans leur pepperoni de merde !
Une Hawaï pour Charlie ?
Je suis là !
J'arrive.
C'est combien ?
8... non 9,50.
Combien, alors ? 8,50 ou 9,50 ? Décide-toi.
9,50.
Je te les mets dans la veste ?
Pose ça pour me rendre la monnaie.
On va y arriver,
petit.
Je croyais que les bridés savaient compter.
Non, garde la monnaie.
Je veux pas de ton fric.
Quoi ?
Je veux pas de ton fric de merde.
Margarita ?
Il a des couilles.
Marion, une bière pour l'homme jaune.
Charlie, tu vas te laisser faire ?
Tu aurais dû prendre le pourboire.
C'est qui, Charlie ?
Vous le savez, non ?
Non.
Si je le savais, je ne vous dirais rien.
C'est une très jolie histoire que vous m'avez racontée
sur votre famille.
Très triste.
Je crois que c'est le principe.
On brise l'autre
en jouant sur ses émotions.
On fait semblant de lui livrer ses propres sentiments.
Elle existe, votre soeur ?
C'est bon. Bonne nuit.
Oui, Fred ?
Les billets viennent du ministère de l'Intérieur.
- Enfin, pas tout à fait. - Sois clair, il est tard.
L'Intérieur les a empruntés aux Affaires Étrangères,
comme aide administrative.
C'est la caisse "Aide humanitaire au tiers monde".
Ciao.
Oui ?
Holly Valentin. Je dois vous parler.
Demain.
Je sais d'où vient l'argent que Rahmani envoie en Afghanistan.
Pour l'instant,
je suis la seule au courant.
On peut en parler demain en réunion.
Une minute. J'arrive.
Ce n'est ni le lieu ni l'heure de me confronter.
Comment se fait-il que l'État finance
des terroristes en Afghanistan
avec des fonds destinés à l'aide humanitaire ?
C'est de l'aide humanitaire !
Gol Rahmani transfère l'argent aux opposants des talibans.
Des gens qui dépendent de nous, mais qu'on ne peut plus atteindre.
La police fédérale n'est pas au courant ?
Vous nous empêchez d'éviter un attentat à Hambourg, bordel !
Si une bombe explose, vous aurez les morts sur la conscience.
Calmez-vous ! Nous sommes comme vous.
Nous essayons d'éviter ce genre de frappes
en soutenant les opposants aux terroristes.
Par tous les moyens.
C'est illégal. Vous alimentez le trafic sur les deniers publics.
D'après nos informations, Rahmani a tué Youssef Hassan.
Oui, sans doute.
Une guerre entre dealers. Et alors ?
Il y a le dealer Gol Rahmani.
Et celui qui nous aide à lutter contre le terrorisme.
Nous travaillons avec celui-là.
Je vous l'ai dit :
laissez Rahmani tranquille.
Rapatriez votre indic avant sa prochaine connerie.
Quel genre de conneries ?
C'est vous qui avez dénoncé l'indic.
Rahmani sait seulement qu'il a les flics sur le dos.
Gardez ce Raziq Shaheen à l'oeil.
C'est une bombe à retardement.
Pas un mot à quiconque.
Ou vous déclencherez un séisme plus retentissant
que votre tête bien-pensante ne peut l'imaginer.
Et puis, ça va sans dire, ce serait la fin de votre carrière.
Adaptation : Vanessa Azoulay
Sous-titrage : Karina Films
POUR ARTE G.E.I.E. Eva-Maria Von Geldern
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