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Je dois lui parler.
- Il est inconscient. - Réveillez-le !
Je peux l'examiner ?
Son état est grave.
Confirmez-vous avoir dit au médecin de réveiller brutalement
l'auteur de l'attentat ?
Non.
Mais j'aurais aimé l'interroger. À ce stade, nous ignorions
combien il avait de complices
et ce qui allait se passer après.
Nous n'avions aucune visibilité,
la situation pouvait dégénérer à tout instant.
Avez-vous pu parler au tireur
avant sa mort ?
Non.
C'était trop tard.
L'AGENT INFILTRÉ
"Qui sait ?
"Les gens
"ne sont pas toujours
"ce qu'ils paraissent.
"Et
"ils sont
"rarement
"meux..."
"Ils sont rarement mieux !"
Mieux !
"Nathan le Sage", c'était une idée de merde.
Mais ce serait moins barbant,
si vous faisiez un effort.
ON EST DEVANT
Bon sang !
On s'arrête là. À demain.
M. Shaheen, passez dans mon bureau.
Je suis pressé.
Maintenant, s'il vous plaît.
Qu'avez-vous à répondre à l'accusation ?
Qu'est-ce que je dois dire ?
Un témoin m'a balancé.
Il lui a fallu un peu de temps pour l'ouvrir.
C'est gênant de démolir une victime de guerre.
Je trouve ça un peu déplacé
de vous auto-qualifier de victime dans ce contexte.
Je dois donner raison à Harald.
Celui qui vole un appareil photo à son collègue
est plus coupable que victime.
J'aurais voulu leur dire que ce qu'on raconte au pays est vrai.
Les Allemands ont un humour de merde.
Vous me suivez jour et nuit ?
Vous avez géré hier. Respect.
SCÉNARIO ET RÉALISATION : MATTHIAS GLASNER
Vous auriez pu éviter la casse...
Je veux arrêter, ça va trop loin.
Trop loin ? Tu n'es encore allé
nulle part.
Ça me convient pas.
Pour ton bon travail d'hier.
Les informateurs reçoivent une rémunération officielle.
Je dois signer ?
- C'est imposable ? - Moins officielle que ça.
Le type de la camionnette.
Gol Rahmani. On le soupçonne
de préparer une frappe terroriste ici.
- C'est lui, Big Shot ? - Possible.
Mais pour s'en assurer, on doit
se rapprocher de lui.
Vous voulez dire moi ?
Merde !
Laisse-lui le temps.
On n'est pas tous aussi vifs que Miss 1re de la classe.
Il a eu mention très bien au bac.
C'est pas bon.
Trop intelligents,
ils sont difficiles à manipuler.
Il ne dit rien. Pas de pièce d'identité.
Il ne veut pas d'avocat. Il refuse même l'eau.
Il reste muet.
Bonjour.
Bon.
- Un verre ? - Oui.
Bien.
Voyons qui tu es.
Salut, à demain !
Tout va bien ?
Oui, ça va.
Tu me tiens ça ?
Tout à l'heure, on visite un local qui serait top.
Le loyer est un peu élevé.
On devrait peut-être reporter, le temps de...
De quoi ?
Tu as fait une overdose.
Et tu n'as pas de papiers.
Tu devrais faire profil bas.
Profil bas ?
Bien sûr, je peux faire ça.
On voulait bâtir un truc ensemble.
Ton taf d'assistant c'est de la merde.
Tellement de la merde...
qu'ils m'ont viré.
Pourquoi ?
L'appareil photo de Nazir, je l'ai piqué à un con de prof.
Alors ça, c'est vraiment énorme.
Et moi, je dois faire gaffe ?
Il l'avait cherché.
Et tu vois bien que ça fait plaisir à Nazir.
Il a besoin de croire à un truc.
Il est doué. C'est un artiste.
Il est trop sensible.
Comme tous les artistes.
Moi, je suis dur à l'extérieur.
T'as le coeur dur.
On l'ouvrira, notre salon.
J'en ai autant besoin que toi. Qu'est-ce que tu crois ?
Même si les cheveux, c'est pas mon truc.
Je te le fais pas dire.
Vous faites quoi ?
Le père de Naim l'a achetée pas chère.
Si on la retape, on touchera à la revente.
- Ici ? - Oui, y a la place.
Arrête de mytho. Vous l'avez volée.
Pas du tout, ça va pas ?
Vire cette caisse de là.
Mon frère magouille pas.
Arrête !
- Mais arrête ! - T'en mêle pas !
Qu'est-ce qui t'arrive ?
Calme-toi.
C'est quoi, son problème ?
Autour de la ville,
on a vendu plus de butane que la moyenne.
Vu la météo d'août et de septembre...
Il va faire chaud cet été,
d'après les prévisions.
C'est la moyenne mondiale. Rien à voir
avec une bombe à Hambourg.
Les barbecues, on les fait plutôt au propane.
Je vois pas le rapport entre la moyenne mondiale
avec ces ventes.
Oui ?
C'est d'accord.
Mais je veux être payé le double.
C'est une affaire de vies humaines, pas d'argent.
Oui, c'est ce que disent les gens qui en ont.
Il va le faire.
Hanif !
Ça va ?
Je vieillis.
Tu t'es rasé.
Il faut savoir changer pour que les choses demeurent.
On ne te voit plus à la mosquée
depuis la mort de ta femme. Tu nous manques.
Nous aussi, nous voulons changer ce qui ne va pas.
Nous n'avons pas les mêmes problèmes, Ahmad.
J'avance.
Je suis occupé.
Occupé.
C'est moi !
Mes dessous sont rangés sur l'étagère du haut.
Il se passe quoi ?
Où est Raziq ?
J'en sais rien.
Et je m'en fous.
En soirée avec son pote pachtoune ?
Pas bien.
- Quoi ? - Depuis que tu es là.
Tout part en sucette.
Évidemment. Comme je vous plains !
Salut, frère.
Cette fois, c'est moi qui ai besoin d'un pieu.
Bien sûr. Entre.
T'as toujours pas rangé ?
Ils ont fait la fête hier soir.
Je t'offre à boire ?
T'as un coca ?
- Ça te va ? - Oui.
C'est bien que tu sois là. Tu m'accompagneras demain.
Où ça ?
À La-La-Land.
- Ça fait combien de temps ? - Quatre heures.
Qu'est-ce qu'il cherche à cacher en se taisant ?
Il y a quelque chose.
On devrait appeler la fédérale.
Non.
Il ne faut pas en parler à Braun. On ne sait presque rien.
C'est clair ?
Oui.
Mais on finira par savoir.
Café ?
Oui, un double espresso.
5 JOURS AVANT L’ATTENTAT
Debout !
On a un rencard.
Prends ma brosse à dents.
Tu dois faire bonne impression.
On devait pas y aller ensemble ? Toi et moi ?
Calme déjà les mecs du secteur.
Ils se la jouent tous Scarface, maintenant.
On va où ?
Voir Big Shot.
- Attends ici. - Sous la pluie ?
T'as peur de l'eau ou quoi ?
Je prends la température et je te fais monter.
J'en ai pour 5 mn au max.
D'après le porte-parole de l'Elbphilharmonie,
le jeune homme, dont l'identité n'est pas encore connue,
aurait profité de la sortie des ordures
pour s'introduire dans les locaux.
Combien de temps il y a passé et ce qu'il a fait,
nous ne le savons pas encore.
J'y comprends rien.
Quel jeune homme ? Et pourquoi on ne m'a rien dit ?
- Je vais me renseigner. - Chouette.
On sait qu'El Adoua est allé à l'Elbphilharmonie.
La fédérale a trouvé deux musulmans
qui témoigneront qu'il recrute surtout de jeunes hommes.
Je vous le dis, Rose : c'est lui, notre homme.
Vous pensez ?
Écoutez. Vos sarcasmes gratuits me gonflent.
Bottez plutôt le cul de votre ami Gabriel Bach.
On n'a toujours pas l'identité de ce Big Shot !
Monte !
Je savais que c'était vous. Je vous ai dit
de me lâcher !
Qu'est-ce que tu fais là ?
C'est ici que vit
Gol Rahmani.
Super. Merde !
Dadir m'a dit d'attendre ici.
Tu poireautes depuis 45 mn sous la pluie. Monte !
Tu délires. Je peux pas...
Je dis quoi ?
Trouve un truc et fais en sorte d'être crédible.
Non. Attends ! Attends !
Merde !
Oui ?
Je suis avec Dadir. Je peux monter ?
Il a des couilles.
Il commence à aimer ça, mais il ne le sait pas encore.
On lui laisse combien de temps ?
Jusqu'à ce qu'il ressorte.
S'il ressort.
Tu veux quoi, hein ?
Lève-toi. Tu veux parler ?
On va entrer.
On a de la visite.
- C'est qui ? - Un pote.
- Il devait attendre. - Il est monté.
C'est peut-être pas ton pote.
Fais pas ça.
Je m'en occupe.
Qu'est-ce que tu veux ?
T'es mignon.
Ça me fera un beau trophée au mur.
J'en ai déjà une belle collection.
D'où ton surnom Big Shot ?
Tu connais mon nom ?
Il me l'a dit.
Tu as 3 secondes. pour me dire ce que tu veux.
Sur le pont,
il y a une camionnette de flics.
Comment tu sais ?
Quelqu'un est monté, mais pas ressorti.
Le van a pas bougé.
J'ai pensé que c'était important.
- Il y a une camionnette. - Je vous l'ai dit !
Merci pour le tuyau.
Tu as besoin de te rafraîchir après ta frayeur.
Tu veux lui filer de la came ?
Les flics allemands
n'ont pas le droit de consommer de drogue en service.
Et aussi,
si les flics en bas
l'ont vu entrer,
ils doivent le voir ressortir.
IL Y A EU UN DRAME TERRIBLE !
Je voudrais que tu sois là.
NICKY S'EST PENDU !!!
Mauvaise nouvelle ?
Il me faut un café.
Il en reste ici.
Une de mes copines sortait avec un mec comme toi.
Il lui offrait des fleurs, payait au restau,
la complimentait quand elle allait chez le coiffeur.
Jusqu'à ce qu'elle passe une nuit chez une copine.
Elle n'a pas entendu son téléphone les 150 fois où il a appelé.
En rentrant le lendemain matin,
elle a eu le choc de sa vie.
Il avait tout mis en pièces.
Chaque meuble, la télé, son ordinateur.
La machine à espresso. Tout.
Il avait découpé tous ses sous-vêtements
les avait entassés et s'était soulagé dessus.
Du coup, j'aime pas les mecs comme toi,
avec votre air si calme et tranquille.
À la moindre vexation, vous pétez un câble,
comme des bébés qui ont perdu leur tétine.
Bon, tu comprends l'allemand, c'est déjà ça.
- Tu sais jouer ? - Un peu.
Pourquoi tu joues à ça ?
À ça ?
T'es pas comme lui.
Ça se voit tout de suite.
Alors, pourquoi ?
Ma mère est morte, le voyage jusqu'ici l'a tuée.
Depuis, mon père boit
et mon petit frère lui en veut.
Il en veut aussi à ma mère de nous avoir quittés.
Et aux Allemands, de nous traiter en lépreux.
Bref, à tout le monde.
Ma copine sans papiers nage en plein délire.
Et je me suis fait virer de mon boulot de merde.
Je me suis dit qu'il était temps
de prendre ma vie en main
et de faire un acte audacieux.
"Si tu frappes fort au départ, tu frappes moins après."
Mat en trois coups.
J'ai un boulot pour toi. Pas dur.
D'accord. C'est quoi ?
C'étaient des nouvelles de votre vie d'infiltré.
Comment ça ?
Je vous ai observé. Votre posture.
Vous êtes devenu l'autre.
L'homme de la station-service.
Qu'est-ce que tu sais de ma mission ?
Vous avez vos sources, à la fédérale, non ?
Je ne sais rien.
Ce que j'ai appris en premier, c'est la posture.
Toi, tu as une démarche orteils en avant.
Comme tout le monde.
Essaye avec les épaules en avant.
Mon père m'a appris à me tenir droit.
J'ai le torse en avant.
Charlie marche les hanches en avant.
Serre-la.
T'as la poignée de main molle.
- Et Charlie ? - Ultra-ferme.
Lâche-moi.
Lâche-moi, mec !
Avec plaisir, Holly.
Ils ressortent !
Je suis un robot.
Salut. Je suis un robot policier.
Je vous arrête.
Frère !
Quelle dinguerie !
C'était quoi ? Un rendez-vous en mode gangsta ?
Tu délires. C'était un premier contact.
Gol voulait savoir si j'ai la carrure de Youssef.
Pour info, j'en suis.
Comment ça ?
Comme t'as dit, ton bras droit pour ton gros projet.
Tu crois que c'est le trafic qui m'attire ?
Meufs à poil, caillasse à perte de vue ?
Ces enculés ont buté mon frère. Dégagé, comme ça.
Tu comprends ?
J'ai un vieux Zastava M57. Je mets Gol en confiance.
Le moment venu, alors...
Tu captes ?
Je te veux comme bras droit pour ça.
À toi de voir si t'es prêt.
Ça s'est passé comment ?
Big Shot voulait me faire sauter le caisson.
Maintenant, on est BFF.
Ça s'est super bien passé.
C'est quoi, ce fric ?
Je dois faire un transfert en plusieurs fois.
Où ça ?
En Afghanistan.
Et la dispute avec Dadir ?
Dispute ? Y a pas de dispute.
Dadir et moi, c'est bon.
Je peux avoir de l'eau ?
Et maintenant ?
On te ramène chez toi pour que tu redescendes.
Ça va, ton nez ?
Ça me gratte un peu.
Tiens, le sac à dos.
Je dois vraiment le faire ?
On va trouver l'origine des billets.
Tu vas faire tout ce que Rahmani te demande.
OK !
Je le trouve un peu trop à l'aise dans le rôle.
Mieux il se sentira avec ces chiens,
et mieux il se fondra dans le groupe.
Tu n'es pas à l'école ?
Ça se voit, non ?
Tu fais quoi ?
Comme d'habitude, je veille sur la famille.
Lâche-moi. Oublie ce que tu as vu.
Tu comprendrais pas.
Je suis le chef de famille.
Fais comme d'habitude depuis la mort de maman.
Bois une bière en regardant la télé.
Et une autre, et une autre.
Ensuite, tu vociféreras aux murs pour leur expliquer
que le monde est pourri.
Mais pas trop fort, les voisins râlent.
Le traite pas comme ça.
C'est ton père. Il est où, ton respect ?
Le respect, ça se mérite, petit frère.
Tu parles comme un Allemand.
Pourquoi tu me soûles ?
Qu'est-ce que je t'ai fait ?
Désolé, grand frère.
Les talibans et les Pakistanais financent
les camps d'entraînement de Daech à leur frontière.
On y forme des musulmans venus de Hambourg.
Ils savent que l'Elbphilharmonie est une salle emblématique.
D'où la fouille du bâtiment de fond en comble avec des chiens.
Notre enquête est formelle.
On doit se focaliser à fond sur l'Elbphilharmonie.
L'enquête sur le prétendu Big Shot
ne nous fait pas avancer.
Bien.
Vous pourriez tracer l'origine de ces billets ?
Sinon, la fédérale peut...
Dépose-les au labo, ça ira plus vite.
Big Shot ?
On a de la visite.
Les défenseurs des musulmans.
Braun vous attend en salle de crise.
Il est fâché.
Très bien. Merci.
Où tu as passé la nuit ?
J'avais besoin de décompresser.
Je suis un peu stressé.
J'ai peur que Nazir subisse la mauvaise influence
de Naim, avec qui il passe tout son temps.
Le couper de son pote, c'est une super idée.
Passer la nuit dehors aussi.
- Nazir a besoin de toi. - Comme tout le monde.
Mon père, mon frère, toi.
Si c'est relou, je déménage. Tu veux ?
Non ! Bien sûr que non.
- Je t'aime. - Alors, c'est bon !
Je veux qu'on se trouve un salon. Maintenant.
Ça me rend dingue d'attendre.
Je me cache depuis des années. Je veux me poser.
Je crois avoir une idée pour le financement.
- Pour viser un peu plus haut. - Oui ?
J'ai plusieurs options en tête.
Je t'écoute ?
Surprise.
Le prolongement de la garde à vue attise les préjugés anti-musulmans.
Que ce soit bien clair.
Partout, on prend les hommes barbus pour des terroristes potentiels.
Pourquoi dites-vous qu'il est chez nous ?
La sécurité
l'a livré à la police. Où serait-il d'autre ?
Vous faites des raccourcis un peu faciles.
Je veux bien enquêter...
Alors, Rose ? Vous l'avez ou pas ?
On lui a demandé son nom,
mais il n'a rien dit.
Mme Kuhlenkampf ignorait...
Ça va pas ?
Sancho Panza couvre Don Quichotte, c'est chou.
Il ne s'agit que d'une effraction.
Vous le retenez depuis longtemps, sans avocat.
Ni personne pour défendre ses intérêts.
Qui vous a demandé de défendre ses intérêts ?
L'association des musulmans d'Allemagne.
Nous nous assurons
du respect des droits des détenus musulmans.
Me Soykan va représenter ce jeune homme.
Il ne veut pas d'avocat.
Vous m'empêchez de le voir ?
Allez-y, essayez. Il vous parlera peut-être.
Pourquoi ici ?
Elle voulait nous voir seuls.
Maintenant. C'est tout ce que je sais.
Merci d'être venus.
Tout d'abord, sachez que je suis
impressionnée par votre travail.
J'ai révisé mon jugement à votre sujet.
C'est gentil, ça.
Je m'en réjouis.
Vous parlez bien de moi ? Du vieux Blanc dépassé ?
Vous formez une bonne équipe.
- Nous nous donnons du mal. - Oui.
Vous avez des suggestions d'amélioration ?
On peut toujours travailler sur soi.
Abandonnez l'enquête sur Rahmani. Il n'est pas impliqué.
- Qu'en savez-vous ? - Faites-moi confiance.
Moi, je vous fais confiance pour cette affaire.
Je suis passé à côté d'un truc important ?
Pourquoi on abandonnerait
la seule piste solide qu'on ait ?
Parce que nous savons que...
Nous savons que c'est dans l'intérêt du bien commun.
"Nous" ?
- Braun est au courant ? - Non !
Pourquoi je vous vois ici ?
Vous croyez que je le fais par plaisir ?
On ne peut pas tout savoir. On s'en remet alors à sa hiérarchie
et on fait son travail de rouage de la machine.
Sinon, le système s'écroule.
Lâchez Rahmani.
Elle doit être très malheureuse.
Pourquoi ?
Elle se tape le chauve de l'Intérieur.
Ça, c'est triste.
On continue à surveiller Rahmani ?
Ou tu veux continuer ta vie de rouage dans la machine ?
Regarde-moi ça.
Il parle.
Ah non.
Il était temps que l'un de vous se montre enfin.
C'est hallucinant
qu'ils livrent au pied de l'immeuble.
C'est comme ça.
Tu as dû t'exploser la hanche.
T'en fais pas pour ma hanche.
- Il me faut un coca. - Moi aussi.
Qu'est-ce qui se passe ?
L'avocate a dû lui dire où se trouvait la Mecque.
Me Soykan ?
Rafik Orsho. C'est un réfugié qui vit dans un foyer en Bavière.
Oui, nous vérifions.
Que faisait-il à l'Elbphilharmonie ?
Je ne sais pas. Il dit que c'est personnel.
Personnel ?
Il a des droits.
Je pense qu'il est mineur.
Pas d'inquiétude.
On va lui faire un chocolat chaud et le mettre au lit.
J'ai appris que vous aviez défendu des islamistes radicaux.
Des revenants ?
Eux aussi ont le droit d'être bien défendus, non ?
Absolument. Mais je m'interroge.
Avec votre expérience, que pensez-vous ?
Risque-t-il de commettre un attentat ou pas ?
Vous me le demanderiez, s'il n'était pas barbu ?
Vous avez de la chance, il refuse mes services.
Là-dessus, il est comme les fondamentalistes.
Il n'a confiance en personne.
Mais nous ne tolérerons pas que vous le gardiez encore.
J'ai bien compris.
Mais que fera-t-il, une fois libéré ?
Au revoir.
Au revoir.
Je ne sais pas ce qui se passe entre vous,
mais tu devrais mettre la pédale douce.
Tu t'y mets aussi ?
On dirait ta mère.
On s'inquiète, papa.
Arrêtez.
J'en ai ras le bol
que le salaire de prof de ta mère paye tout ici,
et de vos airs apitoyés depuis que j'ai perdu mon boulot.
Sérieusement.
J'aime ta mère plus que moi-même.
Mais ça peut être dur de vivre avec quelqu'un qui a...
toujours raison.
Mais non, maman dit autant de conneries que toi.
Mais elle les formule mieux.
Le fait est
qu'elle se donne du mal.
Et toi, tu te tais.
Tonja ?
Désolé, j'ai pas pu
te rappeler.
Oui.
Moi aussi, j'aimerais être avec toi.
Je sais pas.
C'était pas un homme heureux, on le savait.
Et toi, ça va ?
Bien sûr que je serai aux obsèques.
Tu peux compter sur le bon vieux Charlie, ma puce.
D'accord ?
Bon.
4 JOURS AVANT L’ATTENTAT
Adaptation : Vanessa Azoulay
Sous-titrage : Karina Films
POUR ARTE G.E.I.E. Eva-Maria Von Geldern
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