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Original subtitles

LE PASSÉ RETROUVÉ

Ça va ?

Oui.

Comment ça se passe, l'internat ?

Mieux que chez nous.

C'est juste pour le week-end.

C'est pour elle ?

C'est pour l'année ?

Deux ou peut-être trois semaines.

Elle boit tant que ça ?

Oui.

Tu détestais pas ta mère ?

Détester, c'est un grand mot.

Elle va dormir où ?

Elle vient avec une infirmière. Elle a la jambe cassée.

Elle va dormir où ?

L'infirmière sera dans la chambre d'amis.

Donc là où était maman ?

Elle aime le soleil.

Sam.

On est arrivés.

Donne.

Viens vite.

Deux personnes vont mourir dans cette chambre ?

Elle ne vient pas mourir. Elle vient pour se rétablir.

Et pour te rencontrer.

Elle ne va pas rester.

Elle sonne toujours aussi fort.

Ça va ?

Tu as vendu les chevaux.

A quelqu'un qui a les moyens de s'en occuper.

Et Grace ?

Je ne vendrai pas le cheval de ta mère.

Elle va se sentir seule.

Il faudra passer plus de temps avec elle.

Papa !

Samuel ?

Sam.

Approche.

Tourne.

Quoi ?

Je veux te regarder.

Tu plais aux filles ?

Oui.

Où est mon infirmière ?

Je sais pas trop.

- Et Robert ? - Aucune idée.

Merde.

Je vais devoir te demander de m'accompagner aux toilettes.

Aux toilettes ?

Vous en avez ?

C'est bien plus humiliant pour moi que pour toi.

- Va-t'en. - Quoi ?

Laisse-moi.

Le corps du Christ.

Tu aimes la Nouvelle-Zélande ?

Le peu que j'en ai vu est plutôt joli.

Et Sam ?

Il ressemble à sa mère.

Oui.

Ça me surprend que tu l'aies envoyé aussi loin.

Tu disais que ça t'avait gâché la vie.

Ça lui évite les ennuis.

Je veux que tu lises ça.

Tu vas pas chialer pour ça ?

- T'as raté une pure soirée. - Tracy Turnbull était là.

Je manquerai pas la prochaine.

Ses nichons font rêver !

C'est dégueu.

Le gin, ça se boit pas comme ça. C'est pour les cocktails.

Comme ta mère.

Ça boit quoi, un alcoolique ?

Deux caisses en deux semaines.

- Ça fait une bouteille par jour. - Impressionnant !

- Elle chie dans son froc ? - Quoi ?

Je déconne pas.

Quel crétin !

Un gamin s'est noyé ici.

Comment ?

Il a mis des cailloux dans son sac et a essayé de traverser.

C'est vrai ?

Pourquoi faire un truc pareil ?

Il le voulait peut-être.

On se concentre, les gars !

La passe !

Il est démarqué !

Allez, les gars !

Tu vas le dire à ta mère ?

Debout, Sam !

Allez !

Les gars, on se reprend !

- Plaquez-le ! - Allez !

Marquez-le.

Attention.

Retenez-le !

Si tu en oublies, ça sera sur ton lit à ton retour.

Je resterai pas en Angleterre longtemps.

Sarah sera là tout le temps.

J'irai chez James, de toute façon.

Non.

Tu vas rester avec ta grand-mère.

- Tu t'en vas bien, toi. - Je n'ai pas le choix.

Vraiment ?

Sarah aura besoin d'aide.

Je dois régler les affaires de Ruth. Ce sera plus facile sur place.

C'est ta mère.

Oui, et je dois aller là-bas. Il faut régler ça maintenant.

Je m'occuperai pas de cette vieille garce.

C'est une vieille garce,

mais tu vas veiller sur elle, que ça te plaise ou non.

Sans elle, on serait complètement fauchés.

Si tu bois, ce qui est fort probable, pas touche à mon whisky.

Et pas de fêtes.

Je suis sérieux, Sam. Pas après la dernière fois.

Sinon, je te crucifie.

D'accord.

Ça va aller.

Merci.

Merci d'avoir proposé ton aide.

J'ai rien proposé.

D'accord.

Le plus important, c'est sa jambe.

Les os ont cassé quand elle est tombée.

Sa peau ne supporterait pas un plâtre, d'où l'attelle.

Il faudra que tu m'aides à la bouger,

à lui tenir compagnie, pour me soulager.

Je vais vous aider, mais je ne veux pas lui parler.

D'accord.

Les mains ici.

Accrochez-vous. Voilà.

Un, deux, trois, on se lève.

Et voilà. Parfait.

- Merci d'être venu. - Je vous en prie.

Ruth...

- Voici le révérend Matthews. - Bonjour.

Vraiment ?

Ça vous fera du bien de parler.

Vous croyez ?

Pardonnez-moi. Que puis-je pour vous ?

Je suis là pour vous. Nous pourrions

faire connaissance autour d'une tasse de thé ?

Le thé, c'est pas mon truc.

Je pourrais vous offrir la communion et l'absolution.

C'est-à-dire ?

Si vous avez quelque chose sur la conscience, des regrets,

je peux vous absoudre.

Je n'ai aucun regret.

Papa, je t'aime. Ça ne se voit pas toujours...

On peut passer un accord.

Pardon ?

Je fais un don à votre église. C'est quelle église ?

Anglicane.

Je ne vous juge pas.

Je peux traiter avec n'importe qui pour repartir de zéro.

Combien il faudrait ?

500 ?

1 000 ?

Va pour 1 000.

Ecoutez...

On négocie avec le diable, pas avec Dieu.

Voyons...

Un chèque, c'est bien plus honnête que d'écouter

mes regrets et ma honte.

Prenez-le.

On ne peut pas acheter sa place au paradis.

Qu'avez-vous à m'offrir ?

Si vous n'avez pas la foi...

rien.

Alors dégagez.

C'est ma décision. Ne te sens pas responsable.

Dehors !

Vous ne pouvez pas lui parler comme ça.

Je parle à qui je veux comme je veux !

Vous l'avez frappé !

Vous irez en enfer !

J'y suis déjà.

Salut, papa.

Sam ! Je suis content de t'entendre.

- Tu peux parler ? - Oui.

Est-ce que tout va bien ?

- C'est l'anniversaire de maman. - Oui.

Je sais.

Tu vas aller la voir ?

J'ai prévu quelque chose.

Super.

Et Ruth ? Comment va-t-elle ?

Elle vient d'agresser quelqu'un.

Tout est normal, alors.

Oui, ça va.

Je te l'avais dit !

Ecoute...

- Je suis un peu occupé. - D'accord.

Désolé, je dois te laisser.

Ça ira ?

Au revoir.

Allez, au revoir.

Tu vas où ?

- Derrière la ferme. - Tu dois rester avec Ruth.

- Je ne peux pas. - Mais si.

J'ai un truc à faire.

Arrête de bouder et va voir ta grand-mère.

Elle a pris la poudre d'escampette ?

On peut dire ça.

Alors... qu'est-ce qu'on fait ?

Quoi ?

On pourrait faire le tour du jardin.

Se promener.

Se promener ?

Avec mon fauteuil, idiot.

Ou alors, tu me fais la lecture.

Je crois que je vais passer mon tour.

Pardon ?

Je t'apporterai à manger, t'accompagnerai aux toilettes,

jusqu'au retour de Sarah. Mais c'est tout.

Va-t'en, s'il te plaît.

C'était juste un test.

Ça fonctionne.

Oui ?

Il faut que j'aille aux toilettes.

- J'ai faim. - Tu veux manger quoi ?

Une tartine aux anchois.

Il m'en faut plus.

Tu as assez bu.

Non, mon chéri. C'est loin d'être le cas.

Du gin jusqu'ici, de l'eau jusqu'ici.

Et un peu de citron.

Du gin jusqu'ici, de l'eau jusqu'ici ?

Tu as entendu.

Moitié gin, moitié eau ?

Tu es débile ?

Merde.

Tu peux venir ?

Merde !

Ne le dilue jamais.

Va le refaire.

Fait chier !

Donne-moi mon gin, petit con !

Je te l'interdis !

Tu veux réessayer ?

Volontiers. Merci.

Je vais te dire...

Je ne bougerai pas.

C'est fini ?

Je suis à court de munitions.

Va-t'en, ma belle.

Va-t'en !

Dégage !

Ruth !

Qu'est-ce qui t'a pris ?

Ferme-la et aide-moi à me relever, crétin.

Ça va, ta jambe ?

Ça va.

Où est Sarah ?

Aucune idée.

Elle avait l'air fâchée.

- Elle ne reviendra peut-être pas. - Elle reviendra.

Elle veut sauver mon âme.

Y a du boulot.

Sam, t'es un petit con.

Un sale petit con.

Comme toi.

Au moins, tu es un battant.

Je vais chercher Sarah.

Reste.

Prends un verre avec moi.

Pourquoi tu es venue ?

On peut commencer par des banalités ?

D'accord.

Pourquoi tu es venue ?

C'est pas vrai...

J'avais besoin de vacances.

Tu as la jambe cassée. Papa et toi vous détestez.

Non, je ne le déteste pas.

Je l'ai envoyé en pension à l'âge de cinq ans,

et je ne lui ai jamais dit qui était son géniteur,

mais je ne déteste pas ton père.

Tu veux quoi ?

Ce que je veux ?

Je veux une histoire d'amour passionnée.

Ça va être compliqué, vu ta situation.

Ça, tu n'en sais rien.

Finis ton verre.

- J'ai pas soif. - Allez !

On ne peut pas discuter vraiment sans être ivre.

Donne.

Je vais te montrer.

Tu vois ?

Contente ?

Tu peux le refaire ?

Ça suffit.

Je n'aime pas trop cette chambre.

Ça doit être pénible de me voir ici.

Oui.

Je suis désolée.

T'as pas essayé de boire avec elle ?

Si.

Tu es donc un idiot.

Comment elle fait ?

Elle est forte comme un bœuf.

Elle va bien ?

Je vais l'emmener à l'hôpital pour un check-up.

Tu vas m'aider.

C'était pas une question.

D'accord.

Je vais...

Je vais regarder ton œil.

Détends-toi.

Elle est toujours comme ça ?

C'est pire depuis sa jambe cassée.

Vous m'avez laissé avec elle.

Oui.

Parfois, il y a une limite à ce qu'on peut supporter.

Elle t'a vraiment fait rouler sous la table.

Le gin, c'est horrible.

Pourquoi vous l'avez suivie ?

Je ne sais pas vraiment.

C'est quoi, tout ça ?

Des souvenirs que je rassemble pour elle.

Elle déteste ça.

Elle s'amusait bien.

C'est une façon de voir les choses.

Elle était sur le front, elle prenait des photos.

- C'est vrai ? - Tu imagines ?

J'arrive !

- Elle est réveillée ? - C'est une lève-tôt.

J'ai dit que j'arrivais !

Les gens aiment les couchers de soleil.

Moi, j'adore quand il se lève.

- Oui, c'est joli. - Joli ?

Essaie de lire un peu plus.

Cette lumière laisse libre cours à l'imagination.

Même ce jardin à l'abandon devient magique.

Dans à peine une heure, il deviendra mal entretenu et laid.

Ces photos...

tu les as prises ?

Ton père ne t'a pas beaucoup parlé de moi.

Il a dit que tu étais photographe, que tu étais partie faire la guerre.

C'est vrai.

Quelle guerre ?

Presque toutes, j'imagine.

Merci, Sarah.

J'adore les jeux auxquels nous jouons.

Les jeux ?

Tous les matins, elle m'apporte du thé,

en espérant que je le boive avant ce que je bois d'habitude.

Et tu ne le bois pas.

Bien sûr que non.

Mais je fais semblant de la remercier.

Pourquoi ?

Parce que c'est notre jeu.

On va jouer aussi ?

D'accord, pas de jeux.

Tu pourrais appeler des amis pour arranger ce chantier.

Mes amis ne voudront pas nettoyer le jardin.

- Pourquoi pas ? - On est tous des ivrognes.

On devrait bien s'entendre.

- Vous pouvez pas frapper ? - Désolée.

Vous voulez quoi ?

Elle m'a demandé de t'acheter des vêtements.

Pourquoi ?

Elle a dit que tu étais très mal fringué.

Entre.

- Tourne. - Je ne me tournerai pas.

Tais-toi, tourne-toi et rentre ta chemise.

Pour plaire aux femmes, un homme doit être fier de son apparence.

Tu te sens comment ?

Je me sens con.

Ce n'est qu'une impression.

Ça pourrait améliorer ta vie sexuelle.

C'est-à-dire ?

A ton avis ?

Je ne suis pas...

Non, mais tu n'as jamais fait l'amour.

Je ne suis pas puceau !

Je n'ai jamais dit ça. Coucou, Sarah.

Qu'en pensez-vous ?

Très élégant.

Qu'est-ce que tu fais ?

Je te conduis chez le médecin.

- Où est ton pantalon en flanelle ? - Pardon ?

On ne part pas tant que tu ne l'as pas mis.

Alors on ne va nulle part.

Il y a une petite amélioration, mais rien de probant.

C'est-à-dire ?

C'est un processus très lent.

Je pourrai remarcher ?

Pas comme avant.

Autre chose ?

On devrait peut-être envisager de vous poser une sonde.

Ça limiterait vos passages aux toilettes

et les mouvements inutiles pour votre jambe.

Sarah ?

C'est peut-être une bonne idée.

Et si je rencontre quelqu'un ?

On boit quelques verres.

Je vous fais un dessin ?

Vous ne pourrez pas avoir de rapports sexuels.

Ecoutez-moi bien.

Je vais remarcher.

Et votre sonde, mettez-la-vous où je pense !

C'était comment ?

De quoi tu parles ?

La guerre.

La guerre, c'est du gâchis.

Un gâchis absurde.

Des garçons comme toi vivent...

et d'autres, non.

On devrait organiser une fête.

Ça pourrait être sympa.

- Avec qui ? - Tes amis ivrognes.

- Ce n'est pas une bonne idée. - Pourquoi ?

Ils vont foutre le bordel, papa va me tuer...

Ton père a un balai dans le cul. Il t'interdit de t'amuser ?

Ruth !

J'ai fait une connerie, la dernière fois.

Qu'est-ce que tu as fait ?

On s'en fiche.

Allez, crache le morceau.

Maman était malade.

Papa a voulu me remonter le moral.

Alors on a organisé une fête.

J'ai trop bu et j'ai pris la voiture pour aller à l'hôpital

à 3 h du matin.

Je me suis planté.

Bien comme il faut.

J'ai bousillé la voiture de papa.

Toi, ça allait ?

Oui.

Mais un de mes amis a cassé un robinet et inondé la maison.

Un vrai carnage.

J'ai besoin d'un carnage, en ce moment.

Papa, je t'aime.

Ça ne se voit pas toujours, mais c'est vrai.

Bonjour. Est-ce que Robert est là ?

C'est toi, Steven ?

Steven ?

Oui.

Chéri, c'est ton avocat.

Salut, Steve.

Salut, papa.

Sam...

"Chéri" ?

C'est qui ?

Une amie.

- Vraiment ? - Oui.

J'espère que tu t'amuses bien...

pendant que je m'occupe de ta mère.

Il doit être 3 h du matin.

Tu veux parler de ça maintenant ?

Non, pas vraiment.

Je rentre bientôt, j'ai presque fini ici.

J'aimais ta mère, Sam. Elle me manque tous les jours.

Bien sûr.

Je voulais te prévenir : on va organiser une fête.

Ecrivez ce que vous voulez boire, Sarah ira l'acheter.

Ah bon ?

En échange, vous allez nettoyer le jardin.

Comme vous le voyez, il fait peine à voir.

- Ça fait beaucoup de boulot. - Oui.

Combien d'alcool ?

Vous voulez combien ?

- Trois fûts. - Marché conclu.

Sérieux ?

Vous n'êtes pas là pour rigoler.

Je veux vous voir travailler.

Sinon, vous n'aurez rien.

Ça marche.

C'est moins cher qu'un jardinier.

Je profite de la vue.

Petite coquine !

Joli tir !

Encore.

Ça m'a toujours étonnée que ton père s'installe ici.

C'était le rêve de maman.

Et il voulait s'éloigner de moi.

Pourquoi tu lui as jamais parlé de son père ?

Je n'étais pas prête.

Et quand je l'ai été,

ça ne l'intéressait plus.

C'était qui ?

Un imbécile.

Tu es déjà venu ici au lever du soleil ?

Une fois.

Avec maman, on a apporté nos duvets et dormi à la belle étoile.

J'aimerais le faire, avant de rentrer.

C'est vrai ?

- Tu ne m'en crois pas capable ? - J'ai pas dit ça.

Pas vers moi, sérieux.

Elle est pas chargée.

Voir un blessé par balle, ce n'est pas agréable.

J'ai vu des garçons plus jeunes que vous

dont la cervelle décorait la poitrine de leur meilleur ami.

Donnez, je vais vous montrer.

Allez.

Ça va être intéressant.

Pull !

Encore.

Santé !

C'est elle ?

Oui.

- Canon. Je l'aurais bien... - Tu parles de ma grand-mère.

Oui, désolé.

- Putain ! - Quoi ?

Des filles arrivent. Et certaines sont pas mal.

Tu déconnes ! Sérieux ?

Pardon, excusez-moi.

Les nouvelles vont vite.

Salut. Tu viens d'où ?

T'es pas du coin ?

C'est toi ?

On fait trop de bruit ?

Ça ferait de moi un cliché.

Une vieille dame qui veut la paix et le silence.

Alors c'est quoi, le problème ?

Il n'y a pas de problème.

- Tu voulais du carnage, non ? - Si.

Mais un peu de sophistication, c'est pas mal.

On connaît pas le carnage sophistiqué.

De toute évidence.

Et si tu allais trouver une fille et la séduire ?

Tu vas pas baiser en promenant une vieille.

Tu as peur ?

De quoi ?

Non.

Tu ne veux pas qu'on te voie avec moi ?

Mais non.

Tant mieux.

Tu es un petit con.

Ne fais pas ça...

- Bonsoir, chérie. - Bonsoir, beau gosse.

Fais pas ton chien.

- Propose-lui une taffe. - Un joint, ça se partage.

Vous en voulez ?

J'ai connu mieux.

- Sarah ? - Hors de question.

La fête vous plaît ?

Oui.

Tu peux lui arracher les yeux ?

Je ferai pas ton sale boulot.

On danse ?

- Tu vas me faire tomber. - Non.

T'as pas intérêt.

Je m'occupe du reste.

Ruth.

On se retrouve à l'hôpital.

J'aurai les résultats pathologiques demain.

Merci.

J'ai besoin d'un café. Vous en voulez un ?

Non, merci.

Sam ?

Ça va. Merci.

Comment tu vas ?

- Je vais bien. - J'aurais dû être là.

On s'en sortait très bien sans toi.

Ça ne saute pas aux yeux.

Comment tu te sens ?

Je vais bien.

Je ne devrais pas être ici.

- C'est à toi et papa de décider. - A moi.

J'ai quelque chose pour toi.

N'exagère pas trop.

Le goût du caoutchouc rajoute un certain charme.

Tu as dit que tu ne voulais pas jouer.

Non.

Tu vas mourir ?

Nous allons tous mourir.

Je veux savoir.

Oui.

Pourquoi tu n'as rien dit ?

Tu m'aurais parlé...

si tu l'avais su ?

Je peux te poser une question ?

Cet accident avec la voiture de ton père...

tu l'as fait exprès ?

Quoi ?

Tu as entendu.

L'hôpital va transférer Ruth en soins palliatifs.

Tu pourras passer la voir en repartant ?

Non.

- J'ai peur qu'il la laisse là-bas. - C'est vous, l'infirmière.

Ton père se fiche de ce que je pense.

C'est lui qui décide.

Elle est venue ici pour ne pas mourir seule.

Vraiment ? Elle n'a pas d'amis chez elle ?

Pas vraiment.

C'est pas surprenant.

- Elle a peur. - C'est son problème !

Maman ne voulait pas être seule.

Elle voulait que je reste avec elle,

que je lui tienne la main.

Je lui ai promis que je le ferais.

Elle a commencé à partir, elle avait l'air de souffrir.

Elle s'est mise à faire des bruits bizarres.

J'ai pas supporté.

J'ai eu peur, j'étais terrifié, alors je suis parti.

Et elle est morte sans moi.

Je suis un lâche.

Tu n'es pas un lâche.

J'étais défoncé à son enterrement.

Je ne suis pas allé sur sa tombe, depuis.

J'ignorais qu'elle était mourante avant son arrivée.

C'est pour ça que j'ai dû partir.

Je n'aurais pas dû l'accueillir.

J'ai fait une erreur, je suis désolé.

Les docteurs veulent qu'elle reste à l'hôpital.

J'ai donné mon accord.

- Elle ne reviendra pas chez nous. - Je m'en fous.

Sam !

M. Stevenson ?

Vieux !

Stevenson.

Stevenson, qu'est-ce que vous faites ?

Arrêtez !

Arrêtez !

Génial !

Vous êtes viré, Stevenson !

Vous m'entendez ?

- T'es pas censé être à l'école ? - Je me suis fait virer.

Je suis fière de toi.

Tous les meilleurs se sont fait virer.

Je me suis fait virer.

Je n'en doute pas.

Deux fois.

On rentre à la maison.

Bonne nuit.

Bonne nuit.

Oui.

Essayez de vous mettre à sa place.

Il a beaucoup souffert.

Oui, mais peut-être que...

Oui, je sais que les règles sont importantes.

Merci.

Quel crétin !

Elle doit y retourner.

Ce serait dommage.

Tu as bousillé ton éducation.

Pour quoi ?

Je t'ai posé une question. Qu'est-ce qui t'a pris ?

Et toi ?

- Tu m'as envoyé en pensionnat ! - C'est ça, le problème ?

- Deux mois après la mort de maman. - On en a parlé.

C'était la meilleure solution.

De me laisser tout seul

pour aller sauter ta copine en Angleterre ?

Je n'ai jamais trompé ta mère.

Si tu tiens autant à elle,

pourquoi tu n'es pas allé la voir ?

Avoir grandi sans père t'autorise pas à être minable avec moi !

Je pensais que tu irais mieux sans moi, Sam.

Je suis désolé.

Ils décident de mon sort.

Les examens sont inutiles.

Elle n'urine plus, donc ses reins ne fonctionnent pas.

A quoi doit-on s'attendre ?

Elle va commencer à avoir mal,

et progressivement, ses poumons vont se remplir de liquide.

Sa respiration va devenir plus lente

et elle va mourir. Elle devrait être à l'hôpital.

Elle reste ici.

Elle a une infirmière.

Elle reste ici.

Je vous donnerai quelque chose pour la douleur.

Merci.

Sam, retire-moi mes chaussures.

Je veux sentir l'herbe sous mes pieds.

Tu peux m'aider à me lever ?

S'il te plaît.

C'est bon.

Tu peux me lâcher.

Je ne rentrerai pas chez moi.

L'Angleterre, c'est nul.

Je t'aime, Sam.

Je préférerais que non.

Mais c'est vrai.

J'ai un dernier service à te demander.

Tout ce que tu veux.

Je le fais pour vous.

Par la souffrance, la mort et la résurrection de Jésus-Christ,

que Dieu tout-puissant vous libère de tout châtiment.

Le corps du Christ.

Je suis encore pas mal.

Oui, c'est vrai.

Ruth.

C'est l'heure de notre petite sortie ?

Oui.

Je t'ai pas remercié d'avoir nettoyé le jardin.

Elle nous a soudoyés avec de l'alcool.

Tu sais...

elle m'a lancé un couteau, un jour.

- C'est vrai ? - Elle était ivre.

Elle a manqué ma tête de peu. Il s'est planté dans la porte.

J'essayais juste d'attirer son attention.

Elle m'a lancé un verre.

- Et ? - Elle ne m'a pas raté.

Tu la connaissais sûrement mieux que moi.

Elle ne m'a jamais dit qui était mon père.

Je crois qu'elle ne le savait pas.

Ça doit être ça.

Si tu as quelque chose à lui dire,

c'est ta dernière chance.

Elle ne va pas s'énerver.

Tu es comme ta mère, Sam.

C'était elle, la plus forte.

La plus gentille.

Adaptation : Laure Fontès

Sous-titrage : ECLAIR V&A

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