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Syst�me sonore EION
un film DAl ICHI EIGA
LES S�URS DE GION
Sc�nario: Yoshikata YODA
Cam�ra: Minoru MIKI Son: Kase HISASHI
Isuzu YAMADA: La jeune geisha Yoko UMEMURA: Sa s�ur a�n�e
Bendo SHIGANOYA: Le drapier ruin�
Kazuko HISANO: Sa femme
Fumio OKURA: L'antiquaire Taizo FUKAMI: Le commis tailleur
Eitaro SHINDO: Le patron tailleur Sakurako IWAMA: Sa femme
Id�e originale et r�alisation: Kenji MIZOGUCHI
Quel chagrin, patron,
de voir partir comme �a ces objets pr�cieux
t�moins de toute une vie...
C'est comme si on vous coupait un bras.
On n'y peut rien...
Ce n'est qu'une �preuve de plus, hein Sadakichi!
Dire que tu travaillais d�j� pour mon p�re!
Tu n'as m�me pas pu ouvrir une succursale...
j'en suis d�sol�.
Que dites-vous! J'ai �t� votre oblig� pendant tout ce temps...
Je regrette mon incomp�tence...
Nous pourrons peut-�tre retravailler ensemble...
D'ici I�, va chez Kagikichi. Il a du travail pour toi.
Comme tu le sais, c'est un excellent commer�ant.
Je vous remercie infiniment pour tout.
Madame...
vous rentrez donc demain avec votre mari dans votre village natal?
Oui, pour le moment...
Je vais vous aider � faire vos bagages.
Merci, mais je n'ai pas vraiment besoin d'aide.
Il ne nous reste rien que nos v�tements.
Quand j'ai apport� ma dot, je ne pensais pas qu'elle finirait ainsi.
Lorsque j'ai quitt� ma famille, tout le monde m'enviait.
On n'avait jamais vu mari�e si richement dot�e.
En revenant chez les miens ainsi d�pouill�e,
comment les aborder?
Combien de fois vas-tu le r�p�ter?
Tu me casses les oreilles!
Comme si j'avais fait faillite expr�s!
Et cet enfant...
quand je pense � son avenir...
je ne peux... je ne peux...
Mais enfin... Tu n'as pas fini de pleurnicher?
Si tu as tant � dire, va donc le crier dehors!
Demande pourquoi j'ai ferm� mon commerce,
pourquoi j'ai d� vendre ton trousseau de mariage.
Prends la rue � t�moin!
O� t'en vas-tu?
Peu importe... Te voir m'est devenu insupportable.
Je ne pars pas avec toi.
Oh non!
Patron!
Qui veut mes fleurs? Qui veut mon th�?
J'ai aussi de la farine I
Quelle chaleur!
Bienvenue!
Comment �a va, au magasin?
C'est foutu.
Il n'y a plus aucun espoir.
Si on vendait quelque chose d'ici,
�a ne pourrait pas vous aider?
Ce serait verser de I'eau sur du roc...
Ne t'inqui�te pas!
Vous avez toujours �t� si g�n�reux, je voudrais vous en remercier.
Prenez ce que vous voulez si cela peut vous aider un peu.
N'insiste pas! �a ira!
Je suis vann�!
Ah, Omocha! Bonjour!
Bienvenue!
Ta s�ur a�n�e vient de m'accepter ici, merci d'en faire autant.
C'est vrai?
Je serai aux petits soins, n'h�site pas � user de moi.
Cessez de plaisanter!
Vous �tes en nage!
Vos v�tements sont tremp�s de sueur! Je vais les laver.
Allez vite prendre un bain...
et vous laver de vos soucis.
Bonne id�e!
Dans quel �tat vous �tes! Tout d�go�tant!
Allez vite au bain!
L'automne est donc venu frapper � ma porte.
Comme une feuille morte,
je vais d�sormais aller au gr� du vent.
C'est bien �a, non?
H�tez-vous de revenir!
Je ne suis pas d'accord!
Le laisser s'incruster ici, c'est de la folie!
Comment oses-tu dire une chose pareille!
On ne peut le rejeter dans I'�tat o� il est.
Ce n'est pas notre faute s'il a fait faillite.
Ne parle pas comme �a!
Oublierais-tu qu'il existe des obligations?
M�me s'il reste ici, nous ne pouvons grand-chose,
mais, au moins, tenter de le r�conforter.
Pourquoi devrions-nous le r�conforter?
Notre situation ne nous permet pas d'avoir un parasite.
L'automne approche et nous n'avons pas un seul kimono neuf!
Nous avons 2 ou 3 mois de loyer en retard.
En fait, je dis �a...
mais ce n'est pas contre M. Furusawa.
Ce n'est pas pour ce qu'il va co�ter en �tant ici.
Mais c'est ta fa�on de voir les hommes qui est aberrante!
D'abord, je n'aime pas ce mot "obligations".
Qu'est-ce au juste?
M�me s'il a �t� tr�s g�n�reux avec toi, c'est normal!
Tu le lui as rendu au centuple.
Comme tu as grandi dans les quartiers r�serv�s,
ta fa�on de penser est d�form�e.
Mais moi, avant d'�tre geisha, j'ai �t� au coll�ge et je vois clair.
Les hommes qui viennent ici se distraire
n'ont qu'un seul but: Nous acheter pour faire de nous leur jouet.
Ils sont tous pareils, sans exception.
Je ne t'ai pas attendue pour le d�couvrir.
Dans ce cas, agis en cons�quence!
Si les hommes sont comme �a,
� nous de trouver un protecteur pour en tirer le maximum.
Sinon, on est poire!
Tu vas laisser vivre ici ce bonhomme sans le sou!
Pourquoi dois-tu donc te sentir son oblig�e?
Tu ne sais pas?
Il a pay� ma dette de geisha...
Et alors, qu'est-ce que �a change?
Une geisha ind�pendante,
c'est comme les autres, un jouet pour ces messieurs...
C'est tout ce qu'il a fait!
Qui se sert de nous pour se consoler?
Qui fait de nous des objets � vendre ou � acheter?
Ce sont eux...
les hommes, tous les hommes sont nos ennemis.
Je les hais, les hais, les abhorre!
Ils m�riteraient de payer cher leurs m�faits...
ils vont me le payer!
On te parle de gratitude, d'obligations et �a marche!
Les hommes font de toi ce qu'ils veulent.
�coute-moi, Umekichi...
Romps sans attendre avec M. Furusawa.
D�s qu'il reviendra, dis-lui son fait
et fais-le partir au plus vite.
On ne peut vivre dans ce monde en parlant comme tu le fais.
S'il ne s'agit que de clients venus se distraire en passant,
ta fa�on de faire peut �tre acceptable.
Mais pour celui dont on est I'oblig�e, il faut bien le lui rendre,
on vit sous le regard des autres.
Dis-moi, petite s�ur...
� ton avis, que diraient les gens si je suivais ton conseil?
Certainement pas du bien de moi...
Alors, dis-moi...
c'est pour �tre bien vue des gens que tu t'occupes de M. Furusawa?
Mais ces gens-I�...
leur est-il arriv� une seule fois de nous traiter en �tres humains?
Pourquoi devrions-nous veiller � ne pas les froisser?
� force d'agir comme tu le fais,
tu n'auras m�me plus de voix pour pleurer sur ton sort.
Regarde un peu les cons�urs de ton �ge!
Elles ont toutes un p�cule.
Omocha I Bien le bonjour I
Bienvenue au temple!
Omocha, �coute...
j'ai une bonne nouvelle pour toi.
Quelqu'un se meurt d'amour pour toi.
Quel ennui! Qui est-ce?
Voyons! M. Kimura!
Le commis du magasin de kimonos. Il est toujours I�.
Lui? C'est pas une affaire!
Ne dis pas �a! Sois gentille avec lui.
Quelle blague!
Au revoir!
Bonjour, madame Patronne!
Bonjour Omocha, je voulais te voir.
� quel sujet?
�coute... le cinq du mois prochain,
il y a la parade du quartier,
et tu m'as demand� d'y engager ta s�ur.
Vous allez I'engager?
� vrai dire...
comme je ne peux lui en parler,
je me confie � toi.
En ce qui concerne son art, elle est irr�prochable.
Mais je me demande si elle a un kimono appropri�?
C'est une manifestation tr�s exclusive...
Elle pourrait se sentir g�n�e et puis, il en va de ma r�putation.
Quelle r�putation?
Tu parles!
Elle n'a chez elle que des geishas de 2e ordre
qu'elle exploite � mort!
Je vous en prie... engagez-la pour la parade.
Je veux bien, si elle a le kimono appropri�.
Pour le kimono, je m'en occupe.
Si elle ne participe pas � la parade et ne trouve pas un bon protecteur,
je ne sais ce qu'elle va devenir.
C'est vrai.
�coutez, je vais vous conter la derni�re.
�a me fait bouillir de rage.
Vous connaissez M. Furusawa?
Le drapier ruin�...
Eh bien, il a d�boul� ce matin chez nous pour s'y installer!
D�sol�e de vous avoir abandonn� si longtemps!
Une chance que les souris ne vous aient pas mang�!
Il se fait tard, tr�s tard, madame le ge�lier!
Veuillez excuser mon incommensurable n�gligence...
Je suis bien fatigu�e!
Veux-tu du th�?
Je vous remercie.
Je viens d'acheter ce rouleau de serge.
Pensez-vous que cela vous ira?
Quel tissu raffin�! � faire p�lir les stars du Kabuki!
Il vous faut bien un kimono de saison.
Je suis g�t�...
Je vous ai aussi apport� vos bouch�es et petits p�t�s pr�f�r�s.
�a a I'air bon!
�a I'est!
N'est-ce pas?
Je vous pr�pare �a. Un instant!
Merci.
Merci pour votre commande.
Merci beaucoup.
Votre argent...
Merci.
Excusez-moi, mais je vous paierai la prochaine fois.
Sans faute! Mon patron est tr�s pointilleux.
Je compte sur vous.
C'est emb�tant!
Bonjour!
� votre service!
�a va, M. Kimura?
Bah... comme ci, comme �a.
Vraiment? Mais vous avez I'avenir devant vous.
Pas si s�r!
M. Kimura!
Oh, Mlle Omocha! Bonjour!
Vous �tes un vilain!
Pourquoi �a?
Umeryu m'a tout racont�.
Vous avez dit des choses embarrassantes.
Alors, vous savez?
Comme �a...
Je suis d�sol�.
Quelle fournaise! Vous irradiez tous les deux!
Quelle moqueuse!
Ne lui faites pas tourner la t�te!
Je ne suis pas � la hauteur.
On dit �a!
Dites, M. Kimura!
J'ai besoin d'un kimono pour le mois prochain.
Avez-vous quelque chose de bien?
Un kimono d'automne?
J'ai tout ce que vous voulez...
comme j'allais d�marcher � Hanamikoji,
j'ai avec moi le haut du panier.
Montrez-moi ce que vous avez. J'en prendrai un.
Cependant... ce n'est pas donn�.
Ceux-I� ne suffiraient-ils pas?
On peut bien s�r �tudier le prix ou m�me r�gler par mensualit�s...
En fait, vous ne pr�f�rez pas les kimonos de rayonne?
Dans ce cas, ce n'est pas nous...
Vous devriez demander � d'autres magasins.
Quelle froideur!
Ce que vous avez racont� � Umeryu, c'�tait donc un mensonge?
Non, c'�tait vrai.
Je ne vous crois pas.
Pourtant, si c'�tait vrai, j'en serais tr�s heureuse.
Dites, M. Kimura...
j'aimerais que ma s�ur soit engag�e dans la parade,
mais elle n'a pas de kimono.
C'est pour �a que j'en ai absolument besoin.
Me voil� bien!
Dites, M. Kimura...
faites-lui un kimono,
comme si c'�tait pour moi...
�coutez... au lieu de demander �a � un pauvre gars comme moi,
vous devriez demander � votre protecteur.
Imb�cile! Comme si j'avais un protecteur!
Si j'en avais un, je n'en serais pas I�.
Je lui ferais acheter des tas de kimonos.
Vous n'avez qu'� en choper un bon!
Vous �tes odieux! C'est comme �a que vous me voyez?
C'est �a que vous voulez me faire faire?
J'ai �t� idiote.
Je ne vous savais pas comme �a et vous ai cru sinc�re.
Vous I'aurez voulu,
vous allez voir...
Des protecteurs, je vais m'en trouver tout plein.
Vous me plaisez, mais, plus fiable que vous, je trouverai.
Je plaisantais. Calmez-vous. Lequel vous va?
�a suffit. Aucun ne me pla�t.
�coutez, si vous avez vraiment un faible pour moi,
je peux sans doute m'arranger pour un kimono...
Vous �tes aveugle ou quoi?
� quoi vous servent vos yeux?
Vous ne savez pas distinguer
si une femme vous aime ou ne vous aime pas?
Mais... pour �tre s�r,
vaut mieux demander.
Sinon, on n'est s�r de rien...
Vous �tes aga�ant!
Oh, quelle jolie pi�ce!
Je prends celui-I�.
Il vaut 53 yen...
c'est le plus beau que j'ai aujourd'hui...
�a fait 53 yen.
�a suffit! J'ai compris.
Je vous ai � peine reconnue...
C'est �tonnant comme vous avez rajeuni!
Cessez donc de plaisanter!
Au fait, hier...
je suis all� au club des Arts pour la vente Furusawa,
mais on m'a dit que notre ami avait disparu...
Ne serait-ce pas la raison de votre rajeunissement?
Ne serait-il pas chez vous?
Je suis orf�vre en la mati�re,
je vois tr�s bien si c'est s�rieux ou si �a ne I'est pas.
On ne me trompe pas, moi! Alors?
On ne vous trompe pas, vous?!
C'est vrai?
Ah, quelle chaleur!
Shinbei Furusawa, o� te caches-tu?
Faites attention!
C'est dangereux...
Qui est I�?
M. Jurakudo a insist�...
Je I'ai rencontr� � la parade, on a parl� de vous,
et il a voulu vous voir.
C'est gentil...
Jurakudo, �a fait longtemps qu'on ne s'est vu!
Furusawa... Furusawa...
j'�tais inquiet pour vous.
Dans quel �tat vous �tes!
Quelle histoire!
En fait...
je suis all� hier � la vente, au club des Arts...
et je n'ai vraiment pas pu m'emp�cher de pleurer.
Cette estampe, cette autre estampe...
vous les aviez toutes achet�es chez moi.
Je n'aurais jamais imagin�
devoir, un jour, vous les racheter comme �a.
Rien que d'y penser...
j'ai pleur� sans vergogne devant tout le monde.
Dites-moi... vous me comprenez, au moins?
Vous me comprenez?
Umekichi, il est compl�tement paf!
Paf?
Furusawa, vous me percez le c�ur!
Vous �tes cruel.
Ainsi, vous croyez...
que je suis saoul et que je d�raisonne?
Non, je comprends.
Je vous crois. Merci. Pour votre amiti�, merci.
Il est dr�le, votre ami!
Qui �tes-vous?
Oh, Cr�ature c�leste!
Attention, vous allez tomber!
Soyez sage!
Qui �tes-vous?
C'est ma s�ur cadette. Merci de lui �tre aimable.
Votre s�ur cadette?
J'ignorais que vous aviez une si jolie s�ur...
Viens donc par ici, ma jolie! Buvons un coup.
Cr�ature c�leste, sers-moi!
Non, pas vous. Si vous me servez � boire,
le sak� deviendra aigre.
Quel Don Juan!
Au fait, j'ai une requ�te � vous faire.
Besoin d'argent...
Combien voulez-vous?
30 yens suffiront.
C'est beaucoup trop!
Contentez-vous de 20!
Ne soyez pas radin!
C'est le monde � I'envers!
Le c�l�bre marchand drapier de Kyoto,
Shinbei Furusawa, tomb� si bas qu'il lui faut
supplier... ce moins que rien de Jurakudo,
pour une obole,
qu'il lui faut m�me marchander.
Quelle d�gringolade!
Vous en avez du toupet!
Apr�s m'avoir vendu toutes vos camelotes et vos estampes trafiqu�es!
Comment �a, Furusawa?
R�p�tez voir!
Voudriez-vous �tre blessant?
Voudriez-vous dire que je vous ai tromp� sur la marchandise?
Alors, je serais, selon vous, un brocanteur v�reux?
Non, je vous crois.
Quelle piti�!
Moi, vous savez...
je suis all� hier � la vente...
et j'ai pleur�.
Je sais.
Cette estampe, celle-I�...
Oui, oui, je sais... je plaisantais.
Vous plaisantiez?
Heureux de vous I'entendre dire!
Vous savez... vaut mieux pas me traiter de brocanteur v�reux!
Compris?
Vous avez int�r�t � comprendre!
�a suffit, maintenant.
�a vous va?
Attendez voir!
Quelle d�fonce!
Je vais le raccompagner.
Bonne id�e.
O� habite-t-il, ce monsieur?
� Sangenzaka...
Ah, vraiment?
M. Jurakudo! M. Jurakudo!
Chauffeur, excusez-moi! Ramenez-nous � Shimokiya...
�tes-vous r�veill�?
Qui �tes-vous?
Vous �tiez terriblement ivre
et vous m'avez forc�e � venir ici.
Vraiment?
Mais... qui �tes-vous?
La s�ur d'Umekichi, Omocha, pour vous servir.
Umekichi a donc une s�ur comme toi?
Et pourquoi sommes-nous ici tous les deux?
Vous en avez de bonnes!
Il y a eu la parade... Umekichi...
Ah oui!
J'ai vu Furusawa?
Oui, vous I'avez vu.
Ah, bon...
Quelle cuite je me suis pay�e!
On est � Shimokiya, non?
Vous prendrez bien une coupe...
Ne dis pas de b�tises! Quelle heure est-il?
Il est � peine plus de dix heures!
10 heures! D�j�! Je rentre.
Attendez un instant! J'ai � vous parler.
Eh bien... ma s�ur voulait vous voir...
pour vous demander conseil.
Si c'est pour de I'argent, inutile!
Dites-moi...
que pensez-vous de ma s�ur?
D'Umekichi? Ne pose pas des questions stupides!
Elle vous d�pla�t?
De quoi parles-tu?
Ah, vraiment? Dans ce cas, c'est sans espoir.
Attends!
Ne tire pas de conclusions trop h�tives!
Elle m'a tant et tant parl� de vous!
Tu veux me flatter.
Elle me dit tout le temps que vous �tes tr�s bon
et quel bonheur ce serait si vous �tiez son protecteur.
C'est vrai?
Pourquoi mentirais-je?
- Buvons un peu. - Merci.
Mais quand m�me...
ta s�ur... elle a d�j� M. Furusawa.
C'est �a, le probl�me!
Il a �t� son protecteur autrefois,
mais maintenant, il n'y a rien entre eux.
Seulement... elle se sent son oblig�e, elle pense qu'elle doit s'en occuper.
Pour vous dire la v�rit� cr�ment,
Umekichi ne sait vraiment pas que faire de lui.
Je la comprends...
ce n'est pas un cadeau que de s'occuper d'un type comme lui...
du moins, maintenant!
Il n'a plus le moindre sou vaillant...
il ne peut que I'entra�ner dans la d�che.
Excusez-moi...
D�sirez-vous quelque chose?
Apporte-nous plein de bonnes choses!
Et aussi, du sak�!
Tr�s bien. Je vous apporte tout �a.
Umekichi dit que
si un homme comme vous s'engageait � s'occuper d'elle,
naturellement, M. Furusawa ne pourrait plus s'incruster...
voil� ce qu'elle dit.
Je vous en prie, donnez-lui sa chance.
Mais la situation est d�licate.
Pourquoi?
Tu as beau dire...
j'ai �t� autrefois I'intime de M. Furusawa,
je suis son oblig�.
Si M. Furusawa la quitte, je veux bien �tudier la question.
Je vais vous donner un coup de main.
Pr�parez-vous � payer.
Une somme de rupture?
Il est si fauch� qu'il ne peut m�me pas acheter son billet de train.
Combien te faut-il?
Maintenant, il ne s'agit plus d'argent de poche...
- 100 yens, �a ira? - �a me semble parfait.
Dans ce cas, donne-les-lui vite. Fais �a pour ta s�ur.
Je ne suis pas dupe. Ce ne serait pas plut�t pour vous?
Cesse donc d'�tre franche!
- C'est moi. - Bonsoir.
Je suis vann�e.
Merci pour lui. Tu I'as bien ramen�?
Tr�s bien.
Il �tait si saoul! �a n'a pas �t� simple!
J'imagine! D�sol�!
Tu dois avoir faim. Je te commande des nouilles?
Merci, mais j'ai �t� invit�e � d�ner...
Tenez, c'est pour vous.
- Merci bien. - C'est pour accompagner votre sak�.
Voyons voir ce que c'est.
Oh, j'adore �a!
Je vous sers une coupe?
Allez, une autre!
Vous avez une bonne descente!
Dites, M. Furusawa...
Vous n'allez pas aimer ce que je vais dire,
mais ne vous f�chez pas!
Qu'y a-t-il?
Je suis s�re que vous devinez ce que je vais vous dire,
mais, comme vous savez,
c'est tr�s dur de vous garder ici, dans cette maison.
C'est vrai. C'est tout � fait juste.
Vous �tiez dans le rouge, le mois dernier.
Le m�tier de geisha ne rapporte vraiment rien. Je vous plains.
M�me � deux seulement, on ne joint pas les deux bouts...
En plus, les quartiers de plaisir sont des nids de rumeurs.
On n'arr�te pas de jaser sur votre pr�sence chez nous.
C'est s�r.
On a beau vous h�berger par reconnaissance et par abn�gation,
les gens ne voient pas les choses comme nous.
Umekichi ne vous dit pas toute la v�rit�...
mais je laisse faire votre imagination.
Je vous prie de me pardonner...
mais je me suis procur� une petite somme.
Voici 50 yens pour vous permettre de rentrer chez vous.
Je suis vraiment d�sol�...
Vous m'avez vraiment bien comprise. Je vous remercie. D�sol�e!
Je pars � I'instant!
On voit que vous avez souffert,
vous comprenez tout, tout de suite. Je vous remercie.
J'y vais. Salue bien Umekichi pour moi.
Oui, oui, bien s�r!
Eh bien, adieu! Portez-vous bien!
Patron! Patron!
Qui me veut?
Mais c'est Sadakichi! �a fait un bail!
Comment va?
O� �tiez-vous pass�?
On �tait inquiets, on vous a cherch�...
votre femme �tait furieuse et elle est repartie chez ses parents.
O� habitez-vous?
J'�tais h�berg� chez une connaissance, mais on m'en a chass�.
Vous devriez retourner chez votre femme.
Laisse tomber! Ce soir, je suis riche!
Viens avec moi te balader. On va faire la f�te.
Entendu, je vous accompagne, mais on passe d'abord chez moi.
Ne t'en fais pas! Viens!
Chauds, les marrons, chauds! Marrons grill�s!
C'est moi!
M. Furusawa?
Il n'est plus ici.
Plus ici... pourquoi?
J'en sais rien.
�a I'a pris d'un seul coup. Il m'a dit qu'il s'en allait.
Il est parti?
Je ne lui ai rien dit.
Je ne t'ai rien demand�.
Je ne sais rien du tout.
Qu'en dites-vous?
M�me un sp�cialiste n'y verrait que du feu.
C'est plut�t r�ussi, non?
Combien? Votre meilleur prix?
Voyons voir...
C'est vraiment une belle pi�ce...
Disons 170 yens.
Bonjour.
Tiens, bonjour! Entre donc et assieds-toi.
Je me suis tromp�...
c'est 270 yens...
Trop cher. Enlevez 100 yens.
Impossible de r�duire.
Si cela ne vous convient pas,
on verra une autre fois.
Non, je le prends.
Ah bon? Merci.
- Viens par ici. - Merci.
Alors, quelles nouvelles?
Il est parti plus vite que je ne pensais.
J'en �tais presque embarrass�e...
ou plut�t m�me, d�sappoint�e.
Quelle chipie! Et Umekichi?
Elle est folle de joie � I'id�e d'�tre avec vous.
Vraiment?
Mais, �coutez-moi bien...
vous ne devez pas mentionner le nom de M. Furusawa.
Il ne faut pas compliquer les choses.
Et puis, vous ne devez pas demander si vous �tes aim�.
D'ailleurs, �a ne se demande pas.
Je sais, je sais.
Je n'ai pas I'intention de tout ab�mer.
Je vais la voir sans tarder.
Faites au mieux!
Allez, vas-y! Additionne-moi �a!
Tu croyais pouvoir gommer cette somme? Idiot!
Je me disais bien que tu �tais bizarre, ces temps-ci...
C'�tait donc pour �a?
Si tu veux tromper quelqu'un, sois donc plus habile!
Si tu t'amuses � faire �a, tu vas avoir des probl�mes!
Allez, parle! Pourquoi as-tu eu besoin de cet argent?
Dis-le donc!
Tu ne peux pas?
Oui, bien s�r...
Alors, je vais te le dire.
Une geisha de 3e ordre t'a convaincu de lui confectionner un kimono.
Alors, c'est bien �a?
Serais-tu de ces hommes qui doivent payer pour se faire aimer?
Moi, quand j'�tais jeune,
c'�taient les femmes qui me faisaient des cadeaux.
Comment est-elle, cette geisha?
Pour �tre amoureuse de toi, elle ne doit pas valoir grand-chose!
Si c'est une fille s�rieuse que tu peux �pouser,
je suis pr�t � t'aider et � parrainer votre mariage.
Dis-moi o� elle habite et j'irai la voir.
Omocha, il se passe une chose terrible!
Qu'y a-t-il?
C'est affreux! Tout est d�couvert!
De quoi parlez-vous? Vous �tes bien excit�!
Je vais peut-�tre �tre vir�!
Ah bon?
Si mon patron vient, je t'en prie, plaide ma cause! D'accord?
Pas question. Pourquoi m'impliquer dans des histoires louches?
Ne refuse pas, je t'en prie!
Si tu r�ussis � le rassurer, mon patron dit qu'il nous mariera.
Nous deux?
Quelle idiotie!
D'accord? Tu le rassures comme il faut!
Bonjour!
Veuillez entrer!
� qui ai-je I'honneur?
Au patron du Marubishi...
Je vous remercie de votre client�le.
Ah, c'est vous? Ah bon!
Omocha, c'est ici?
C'est moi... que puis-je pour vous?
J'ai � vous parler.
Ah bon? Dans ce cas, donnez-vous la peine... je vous en prie.
Merci.
- Je vous en prie. - Ne vous d�rangez pas.
En fait, je suis venu au sujet de Kimura.
Comment dire?
Il para�t qu'il a fait un kimono pour votre s�ur. C'est vrai?
Le kimono? Oui, nous I'avons re�u I'autre jour.
Votre franchise est renversante.
Vous �tes de ce quartier r�serv�,
vous devez donc en conna�tre les usages,
et savoir si un commis de magasin
peut ou non offrir un kimono valant plus de 50 yens, ne croyez-vous pas?
Je I'ignore.
Je ne vous laisserai pas dire une chose pareille.
Vous le savez tr�s bien et pourtant...
Ne dites pas de b�tises.
J'ai demand� � M. Kimura s'il pouvait faire cela,
si �a n'allait pas lui poser des probl�mes au magasin.
Il a dit qu'il paierait de sa poche et j'ai fini par accepter.
Ce gar�on est chez moi depuis son enfance,
je le connais donc tr�s bien.
Il est d'une honn�tet� qui frise I'ent�tement.
Vraiment? Il est honn�te?
Un homme qui tente d'acheter une femme avec un simple kimono
peut-il �tre consid�r� comme honn�te?
Vous voulez dire que tel �tait son but?
Mais... c'est aussi ma faute...
Si j'�tais une geisha tr�s populaire,
je n'aurais rien � recevoir d'un homme comme lui.
Mais, comme je n'ai pas de protecteur,
il m'est difficile de m'acheter le moindre kimono.
Voil� pourquoi j'ai accept� qu'il me I'offre.
Une beaut� comme vous ne serait pas populaire?
C'est comme je vous le dis.
J'ai beau vouloir qu'on s'occupe de moi,
je n'ai toujours pas r�ussi � trouver un bon protecteur.
Personne pour s'occuper de vous?
Ce sont les hommes, les fautifs!
Vous �tes un flatteur! J'aimerais que ce f�t vrai!
Mais c'est vrai!
J'ai tellement bu vos paroles, je ne vous ai m�me pas offert de th�.
Laissez... ne vous inqui�tez pas.
Si un protecteur voulait bien s'occuper d'une fille comme moi,
je serai pr�te � le ch�rir de tout mon �tre...
Venez donc par ici... Une petite coupe?
Il n'y a personne � la maison,
�a remplacera le th�.
Venez donc par ici, je vous prie.
Vraiment? Bon, je me laisse faire.
Je vais vous para�tre impudent...
mais vous vivez ici, seule avec votre s�ur a�n�e?
Oui, nous travaillons toutes les deux tant que nous pouvons,
mais on n'y arrive pas.
Raison de plus...
pour ne pas vous encombrer d'un commis sans le sou.
Bien s�r, mais je ne connais personne de bien.
Mais vous, vous devez conna�tre des gens de qualit�.
Pr�sentez-m'en!
Je n'en connais pas un seul qui soit assez attentionn�.
�a m'�tonnerait.
En tous cas, les jeunes, j'en ai par-dessus la t�te.
Ils sont inconsistants et n'ont pas le courage de s'impliquer.
M�fiez-vous d'eux!
Les jeunes ne savent rien de la duret� de la vie.
Comme vous avez raison!
Vous connaissez le bon et le mauvais.
J'aimerais pouvoir vous parler une fois � c�ur ouvert.
Je suis � votre disposition.
Quel bonheur!
Si vous saviez comme je suis heureuse!
Si seulement je trouvais quelqu'un comme vous pour s'occuper de moi,
je serais combl�e!
Vous savez y faire pour flatter les vieux!
Que dites-vous? Je suis sinc�re.
Je viens de d�cider de faire de vous mon protecteur.
Dites, vous voulez bien?
C'est-�-dire...
Allez, �tez votre veste!
Mais vous savez...
Vous avez le temps, aujourd'hui?
Je n'ai rien de sp�cial � faire.
Mettez-vous donc � I'aise.
Quand m�me, tout cela semble trop beau, non?
- Le patron est rentr�? - Pas encore.
Pas encore?
Bonsoir, patron!
Kimura!
Viens voir!
Bonsoir, patron!
Bonsoir!
Elle ne fait pas le poids!
Des geishas comme elle, on en trouve � la pelle!
Trouve-toi plut�t une geisha plus attentionn�e.
Je suis d�sol�.
Pour cette fois, je passe I'�ponge,
mais t�che de t'acheter une conduite...
Tant pis...
c'est moi qui ferai la tourn�e des quartiers r�serv�s,
compris?
N'approche plus jamais cette femme!
Mon seul souci, c'est ton avenir!
Si j'apprends que tu continues � la voir, tu le regretteras!
Il faut t'y r�soudre!
Je suis d�sol�. Je ferai attention. Je suis d�sol�.
D'accord?
Dis-moi, on ne t'aurait pas embobin� avec des flatteries?
Ne dis pas de b�tises! Moulin � paroles!
Je te connais comme si je t'avais fait.
Dis... regarde-moi!
C'est superbe, non? �a me va?
Il suffit de savoir s'y prendre!
On se fait offrir ce dont on a envie,
et on peut enfin vivre une vie de luxe.
Tu ne sais vraiment pas y faire!
� ton �ge, avoir � travailler comme �a!
Jurakudo ne s'est pas d�clar�?
Il doit venir aujourd'hui pour conna�tre ma r�ponse.
M. Jurakudo!
Alors?
C'est vrai?
On vous attend avec grande impatience...
Entrez donc!
Bienvenue!
Allez, d�brouille-toi bien!
Ne lui donne pas des id�es!
Vous prendrez bien du th�...
Alors, tu as r�fl�chi?
M. Furusawa!
Bonjour!
�a alors! Comment va?
Comme d'habitude.
Mais vous, vous n'�tes donc plus chez Umekichi?
Non, j'habite pr�s d'ici maintenant,
chez mon ancien commis.
Ah bon?
J'ai justement I'intention d'aller chez Umekichi tout � I'heure.
Y a-t-il un message?
Tu vas I�-bas?
Non... pas la peine.
Vraiment? Bon, j'y vais!
Que vous est-il arriv�? On ne vous voit plus ces temps-ci.
Ben... mon patron a voulu d�marcher � ma place...
On m'a interdit d'aller dans les quartiers r�serv�s,
il m'est donc difficile de passer.
Ah, vraiment?
Bonjour monsieur.
Mme Umekichi...
Et vous, que vous est-il arriv�?
Une querelle avec M. Furusawa?
Je viens de le rencontrer...
Et... o� I'avez-vous rencontr�?
- Comment? Vous ne savez pas? - Non.
� Yasaka-shita.
Yasaka-shita?
Il para�t qu'il habite chez son ancien commis.
Il poussait un landau et d�clamait ses m�lop�es habituelles.
Attends! Attends!
J'ai �t� tout chose de le voir dans cet �tat,
lui qu'on a connu puissant et respect�.
�a m'a fait r�fl�chir sur la vanit� de ce monde.
Que fais-tu?
Mais quoi? Que se passe-t-il?
Tu ne dois pas! Que veux-tu?
Ne m'arr�tez pas! Laissez-moi agir � ma guise!
Quelle mouche I'a piqu�e?
Qu'y a-t-il de bon aujourd'hui?
Ces plats occidentaux, c'est du chinois!
Je te laisse choisir.
Que vous arrive-t-il?
J'ai oubli� mon portefeuille.
Votre portefeuille?
Quelle t�te de linotte!
Omocha?
Que viens-tu faire ici?
Imb�cile!
Tu n'as pas compris ce que je t'ai dit?
Allez, file!
Et vous, patron?
Vous me houspillez,
mais vous vous �tes vu?
Que faites-vous I�?
Comment peux-tu parler ainsi � ton patron?
Tu I'auras voulu! Je te flanque � la porte.
Sans plus attendre!
Tu as int�r�t � d�guerpir avant mon retour!
Imb�cile!
Omocha, dites-moi... il ne serait pas devenu...
Si. C'est mon protecteur.
Votre protecteur?
Et vous avez le toupet de m'annoncer �a tranquillement?
Renarde!
Va pour renarde!
Je suis une geisha.
Si je ne disais que la v�rit�, je ne pourrais pas travailler.
Il faut bien mentir, parfois!
Qu'est-ce qui vous prend?
Se croire irr�sistible pour un simple kimono!
Pauvre type!
Vous feriez mieux de prendre garde!
Si vous recommencez, vous irez droit au trou.
C'est vrai.
Merci pour I'avertissement!
Souviens-toi!
Patron!
Vous aussi, souvenez-vous!
Qu'as-tu � d�goiser? File!
J'y vais!
Omocha, souviens-toi... Je suis un homme, moi aussi!
Je n'oublierai pas!
Quel homme!
Tu te d�p�ches?
C'est vraiment un puits de b�tise!
Quelle histoire!
Mais enfin, pourquoi �tes-vous parti comme �a?
Vous n'avez pas pens� un instant � moi?
Comment peux-tu dire �a?
Ai-je donc I'air d'un homme au c�ur si sec que �a?
Comme tu ne voulais plus que je reste,
je suis parti.
Qui vous a dit cela?
Omocha elle-m�me.
C'�tait donc bien �a!
Ah bon?
Je I'avais bien pens�...
mais pourquoi a-t-elle fait cela?
Pourtant, m�me si elle vous a dit une chose pareille,
�tait-ce juste de partir sans rien dire?
Elle m'avait dit que tu ne voulais plus de moi...
Si c'�tait le cas, aurais-je autant souffert?
�a me fait plaisir de t'entendre dire �a...
mais Omocha me d�teste-t-elle donc � ce point?
Dis donc... tu ne veux pas t'installer ici?
Si cela ne vous g�ne pas, avec plaisir.
Je ne veux plus vivre avec une s�ur qui vous a fait cela.
Ici, on est bien tranquille...
Personne pour nous g�ner.
Quelle joie!
Mais vous dites �a maintenant...
Qui sait si vous n'allez pas filer � nouveau?
Aucun risque. Comment pourrais-je t'abandonner ainsi?
Quel enj�leur!
Pr�tez-moi le t�l�phone!
- Comment? - Je voudrais t�l�phoner.
C'est toi, mon petit?
Comment?
Ne raconte pas de craques!
Je ne plaisante pas.
Oui, Mme Kudo.
Patronne, je vous remercie pour toutes vos gentillesses.
Quoi? Pourquoi �a?
C'est vrai?
C'est la v�rit�.
Voil�, j'ai rencontr� votre mari dans un endroit chic de Gion,
et il m'a licenci�.
Un endroit chic de Gion... quel genre d'endroit?
Chez quelqu'un...
Cette Omocha qui m'a fait plonger.
Oui, c'est �a. Il avait tout I'air d'un excellent protecteur.
Je ne vais plus pouvoir aller au magasin.
Au revoir.
Veuillez saluer le patron pour moi.
Bonsoir monsieur!
Dis, Kimura n'est pas rentr�?
Non, pas encore.
Ah bon?
Me voil�!
Bonsoir, monsieur.
Omasa,
je t'ai rapport� tes bouch�es favorites de Gion.
J'ai eu tant � faire...
submerg� de travail!
J'ai pas arr�t�.
Qu'as-tu donc?
�a ne va pas?
Ne t'approche pas de moi!
Pourquoi �a?
Otak�!
Le bain est pr�t?
Pas tout � fait.
Ces bouch�es sont infectes! M�me pas bonnes pour le chien!
Que fais-tu?
Arr�te de d�raisonner! Idiote!
C'est vrai, je suis une idiote!
Mais enfin, qu'y a-t-il? Qu'as-tu � fulminer?
Ne te moque pas de moi!
O� �tais-tu jusqu'� cette heure? Avoue!
Chez un client.
Dis-tu vraiment la v�rit�?
Qu'est-ce que c'est que ce galimatias? Reprends tes esprits!
T'as pas fini de faire la noce? � ton �ge!
Alors, Jurakudo �tait content?
Je quitte cette maison.
Pourquoi donc?
M. Furusawa m'a tout racont�.
M. Furusawa? Tu I'as rencontr�?
J'enverrai quelqu'un chercher mes bagages.
Attends, attends un peu!
Quelle idiote!
Bonsoir!
Mlle Omocha, c'est ici?
Oui. Qu'y a-t-il?
C'est M. Kudo qui m'envoie vous chercher.
M. Kudo?
Ah bon?
Attendez un instant.
Alors Omocha, comment vont les affaires?
On va faire un tour?
Qu'est-ce qui vous prend? Veuillez garder vos distances.
Ah, vraiment?
Pourtant, je vous connais tr�s bien.
Ce kimono, c'est celui que vous a offert un certain commis...
Ne plaisantez pas!
Vous �tes bien jolie!
Toujours aux abois,
� la recherche d'un bon protecteur? Pauvre petite!
De quoi parlez-vous? Arr�tez de d�goiser!
Et M. Kudo? O� est-il donc?
M. Kudo? Laissez tomber! Il est bien trop radin pour vous!
Je vous pr�senterai un vrai noceur plein aux as.
Si vous en voulez un jeune, je suis pr�t...
m�me � �tre votre protecteur!
Ou bien pr�f�rez-vous ce bell�tre-I�?
Ne m'insultez pas! Je ne suis pas comme �a!
Rabaisse ton caquet! Tu n'es pas celle que tu pr�tends!
La seule chose qui compte pour toi, c'est le fric.
Tais-toi et viens. J'ai de I'amour � revendre.
Cr�tin! Comment osez-vous parler ainsi?
Qu'avez-vous donc contre moi?
Omocha, �a fait longtemps qu'on ne s'est vus...
Gr�ce � toi, voil� o� j'en suis.
Ce soir, j'ai tout mon temps pour te faire �couter mes griefs,
Kimura!
Je suis plein de ranc�ur.
Tu vas payer tr�s cher ce que tu m'as fait.
Je veux descendre!
Pas question!
Laissez-moi descendre!
Aucune envie de te manger.
N'aie pas peur et suis-moi.
Je veux descendre! Je veux descendre!
C'est terrible!
Votre s�ur vient d'avoir un accident!
Quoi? Omocha?
On vient de me pr�venir.
C'est terrible! Umekichi, va vite voir.
Que s'est-il donc pass�?
�a ne sert � rien d'�lucubrer...
D�p�che-toi plut�t d'aller voir.
Oui, j'y vais.
Si tu as besoin de quelque chose, je te I'apporterai.
Madame Patronne, que s'est-il pass�?
On ne sait si c'est une vengeance, mais...
elle a �t� jet�e d'un taxi.
C'est grave?
J'esp�re qu'elle ne restera pas paralys�e...
Quel tourment!
O� est-elle?
On est en train de la soigner.
Elle va s'en tirer?
Je n'en sais rien.
Dans quel �tat tu es!
Tu as mal?
Je te I'avais bien dit!
� force de te jouer des hommes...
�a ne pouvait pas finir autrement.
Ce n'est pas �a... qui me fera...
m'avouer vaincue.
Un homme assez l�che pour traiter ainsi une geisha
parce qu'elle refuse d'ob�ir � ses caprices...
il me trouvera toujours pr�te � me battre.
Et il le regrettera!
Ne parle pas comme �a!
Fais-en une le�on,
et apprends donc � respecter un peu les sentiments d'autrui.
Si tu m'avais �cout�e,
tu ne serais pas dans cet �tat.
Pas question! Si je faisais ce que tu dis,
ce serait m'avouer vaincue.
Je ne...
Je ne le veux � aucun prix!
C'est trop b�te! Qui veut perdre contre les hommes?
Ce n'est pas bon de t'exciter comme �a!
Oui, tu ne dois pas parler comme �a!
Tu dois rester calme!
C'est entendu? D'accord?
Sois sage, d'accord?
Madame... je suis d�sol�e mais je dois aller chercher des affaires.
Merci de m'attendre...
Entendu. Revenez vite!
Il est sorti?
M. Furusawa?
Il a re�u un t�l�gramme de sa femme.
Un t�l�gramme?
Oui, il est parti aussit�t avec mon mari chez Mme Furusawa.
Chez Mme Furusawa?
Oui, � ce qu'il para�t,
il va devenir directeur d'une usine de rayonne, I�-bas.
Vraiment?
N'a-t-il pas laiss� un mot?
Non, il n'a rien laiss� d'�crit...
mais il a dit de vous dire
qu'il �tait un irresponsable,
et que vous devriez vous trouver un protecteur plus fiable.
Comment peut-il dire une chose pareille?
On se demande?
J'ai froid.
�a s'est rafra�chi.
Mets-moi une couverture.
Qu'y a-t-il?
Les larmes, c'est de mauvais augure!
Qu'as-tu � pleurer?
Que s'est-il pass�?
M. Furusawa...
Il est reparti soudain chez sa femme,
sans rien me dire.
Tu vois!
Je te I'avais dit!
Peu importe comme on les traite...
les hommes, ils n'en font qu'� leur t�te!
�a m'est �gal,
c'est bien comme �a.
J'ai fait tout ce que j'ai pu...
M. Furusawa est heureux, j'en suis s�re.
Et les gens aussi,
je peux les regarder en face.
Tr�s bien...
mais o� cela t'a-t-il men�e?
Tu peux regarder les gens en face,
mais eux, qu'ont-ils fait pour toi?
M. Furusawa est heureux, c'est bien,
mais toi, dans quel �tat es-tu?
Peux-tu maintenant vivre plus � I'aise?
Tu as fait ce qu'on t'a dit de faire, tu as �t� bonne,
mais qu'en as-tu tir�?
Si nous menons rondement nos affaires,
on nous traite de pourries.
Que devons-nous faire?
Que sommes-nous suppos�es faire?
Pourquoi faut-il qu'on nous fasse tant souffrir?
Pourquoi faut-il qu'il existe une profession comme celle de geisha?
Pourquoi faut-il que �a existe?
Tout �a, c'est une grossi�re erreur!
�a ne devrait pas exister!
Vraiment, �a ne devrait pas exister.
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