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Original subtitles

...

-Le véhicule appartiendrait à Pascal Dubreuil.

Sa femme a une boutique de fleurs. -Mme Dubreuil ?

-Oui. -Capitaine Delboscq.

Votre mari est mort.

-Les gendarmes pensent qu'il a été tué.

-On était divorcés, quand Isabelle l'a rencontré. On a un fils.

-On a retrouvé dans le thermos de Pascal des traces de lorazépam.

-C'est de là que venaient les somnifères.

-Isabelle savait qu'il devait

boire beaucoup d'eau ? -Oui.

-Le 1er mari d'Isabelle a passé 3 mois dans le coma

pour intoxication au lorazépam.

-Comment cela peut se produire chez 2 personnes à 16 ans d'écart ?

-J'ai vraiment pas de chance.

-Elle nous ment. Je suis sûre que c'est elle.

Elle a tué son mari de sang-froid.

-C'est pas un mari, qu'elle a voulu tuer, c'est quatre.

Et elle recommencera.

-A notre rencontre.

-A notre rencontre.

-Je suis ravi de vous avoir rencontrée. Je m'y attendais pas.

-Moi non plus. C'est une belle surprise.

-M'autorisez-vous une question indiscrète ?

-Hm... Oui.

-Vous avez une alliance. Vous êtes mariée ?

-Je l'ai été.

Je suis veuve.

C'est récent. Je suis encore sous le choc.

-Je suis désolé.

-Non, c'est comme ça. Chacun son parcours, son destin.

-Oui, il faut croire.

-Je pense que les choses ont un sens, dans la vie,

qu'il y a une raison pour tout ce qu'on vit.

Je dois croire que toutes ces épreuves ont un sens.

Même au plus bas... j'ai toujours surmonté.

J'ai toujours voulu croire au bonheur.

Et aujourd'hui plus que jamais.

-Son mobile, ce serait quoi ?

L'argent ?

-Même pas.

Elle s'est retrouvée ruinée après la mort de Leclerc.

-Comme après celle de Dubreuil. -Le mobile n'est pas l'argent.

-Alors, qu'est-ce qui fait qu'elle passe à l'acte ?

-C'est ce que personne n'a réussi à comprendre, à l'époque.

C'est pour ça que j'ai pas été suivi.

Sans mobile, pas de crime.

Surtout sans preuve. Vous connaissez le Dr Vidal ?

-Oui, le psychiatre. -En tant que criminologue,

il a réalisé une expertise lors de la mort de Leclerc.

Même lui n'a rien trouvé d'anormal dans la tête d'Isabelle.

C'est terrible à dire,

mais cette femme est parfaitement saine d'esprit.

-Vous en pensez quoi ?

-C'est comme si à un moment précis se mettait en route un scénario,

sans savoir ce qui le déclenche. Une chose est toujours la même :

elle ressent un besoin de se libérer.

Un besoin irrépressible.

...

-C'est très joli, chez vous. -Merci.

Je vais sans doute devoir partir. -Pourquoi ?

-Diverses raisons. J'ai pas très envie d'en parler.

Je voudrais pas gâcher une si belle journée.

-J'espère qu'on va se revoir bientôt.

C'était un plaisir.

-Au revoir.

-Au revoir.

Téléphone.

...

-Mme Dubreuil ? *-Capitaine,

je voulais m'excuser, si je vous ai heurtée hier.

J'espère que vous ne m'en voulez pas.

*Ne croyez pas que je vous veux du mal.

-Je crois rien, je fais juste mon travail.

*-Je sais.

Mais il faut que vous aussi, vous sachiez quelque chose.

J'ai vécu des choses terribles dans ma vie. Alors parfois,

*ça me rend agressive malgré moi.

*Vous comprenez ? -Je comprends.

*-Vous devez comprendre autre chose.

A cause de tout cela, je me fiche de ce qu'on pense de moi.

*J'ai appris à me battre. Et quand on m'attaque,

je rends coup pour coup.

...

Elle soupire.

...

...

...

-Antoine Garault, le premier mari d'Isabelle.

Son nom de jeune fille était Marcou.

3 mois de coma après une ingestion de somnifères.

Verdict : tentative de suicide.

David Lecoeur est bijoutier à Toulon.

Même traitement. Le mec frôle la mort

après avoir bu du thé, qu'elle avait selon lui drogué.

Quand il est à l'hosto, elle utilise 3 chèques.

Il porte plainte, puis il se ravise.

Pas de poursuites judiciaires. Elle rencontre René Di Giusto,

un entrepreneur. Ils vivent ensemble à Bézier,

là où lui travaille. Deux ans plus tard,

il est retrouvé mort dans sa voiture,

asphyxié, le moteur tournant dans son garage.

Comme d'après les examens, il avait pris des somnifères,

mobile : suicide.

Pas d'enquête.

Ensuite, Stéphane Leclerc,

son 2e mari, mort asphyxié dans l'incendie de sa maison,

près de Montpellier. Elle a été blanchie par le témoignage

de Pascal Dubreuil.

12 ans plus tard, il est retrouvé mort, bourré de somnifères.

Bilan : 3 morts,

2 tentatives de meurtre, une enquête, zéro condamnation.

-C'est pire

que tout ce qu'on pouvait imaginer. C'est qui, cette femme ?

Qu'est-ce qu'elle a dans la tête ? -C'est ce que Lassalle a essayé

de comprendre. On doit réussir

là où lui s'est planté. -Ca prouve rien.

-C'est vrai. C'est que des affaires classées.

-On n'a rien contre elle. Pas de preuves, pas d'indices.

Ca fait chier, mais elle a peut-être

encore réussi le crime parfait. -Il faut qu'on l'arrête.

-Comment ?

-Elle va bien finir par commettre une faute.

On frappe.

-Le notaire de papa m'a appelé pour la succession.

Il n'y a plus rien. Que des dettes.

Même la maison est hypothéquée.

-Je sais. Je l'ai dit à Louise.

C'est regrettable.

-Regrettable ? C'est tout ce que tu trouves à dire ?

C'est quoi, ça ?

Tu déménages ?

-C'est trop de souffrance pour moi de rester ici.

-C'est les affaires de papa, ça !

-Prends-les. -Il est mort depuis une semaine !

-Une semaine, un mois, un an, c'est pareil,

la douleur est la même. -Arrête.

-Tu crois que c'est facile pour moi

de tourner la page sur 12 années de vie ?

-Moi, c'est mon père. J'ai perdu mon père.

Tu le ruines, et maintenant, tu... -Je quoi ? C'est juste

son héritage qui t'intéresse.

-C'est pas son héritage, c'est celui de ma mère.

-Alors, prends-le, ton héritage, c'est tout ce qui reste.

-Je sais que c'est toi qui l'as buté.

-Tu sais rien.

-Arrête. -Tu sais même pas

à quel point on était liés. -Arrête.

Putain, arrête. Je te déteste !

-Maman ? -Oui ?

-Qu'y a-t-il ?

-Rien, mon chéri.

-Pourquoi il te crie dessus ?

-Ca lui passera.

Il fera son deuil, un jour, comme tout le monde.

Tu peux m'aider à mettre ça dans le coffre ?

S'il n'en veut pas, je vais emmener tout ça à la décharge.

*-Mathilde ?

*Isabelle compte jeter les affaires de mon père.

*Elle a pas le droit de faire ça. -Merci de nous avoir prévenus.

Si elle veut jeter les affaires de son mari,

c'est pas pour rien. Je vais chez elle.

...

Bonjour, Isabelle.

-Quel hasard ! -Non, je viens voir quelqu'un.

-Ah oui... Votre mère.

J'ai cru que vous m'aviez suivie. Ca aurait frisé le harcèlement.

J'imagine que vous venez souvent ici, du coup.

-Pendant longtemps, j'ai pas pu venir. C'était trop douloureux.

-Oui. C'est terrible, cet accident de voiture.

Que lui est-il arrivé, si tard, elle revenait de soirée ?

-Vous avez encore votre mère ?

-N'hésitez pas à passer à la boutique chercher des fleurs

pour votre mère. C'est important, de prendre soin de nos morts.

A bientôt.

Que faites-vous ?

-Vous comptiez faire quoi des affaires de votre mari ?

-C'est à moi. -Arrêtez.

-Tentative de destruction d'éléments liés à une enquête.

-Un ancien portable.

Il doit y avoir des infos dedans.

-On l'envoie au labo. Elle fait le ménage.

-Elle voudrait se débarrasser d'indices ?

-Ca y ressemble.

-C'est quoi ?

-Un minuteur.

Téléphone.

Oui, Revault ? *-L'expert criminologue est arrivé.

-Ca marche, on arrive.

-J'ai été missionné par le parquet

lors de l'enquête sur la mort de Leclerc.

J'ai passé plusieurs heures à la questionner,

à creuser sa psychologie.

Je n'ai détecté aucun signe criminogène chez cette femme.

-Mais vous connaissiez son passé.

Les tentatives de suicide de ses 1ers compagnons,

la mort de René Di Giusto... -Oui. Mais en dépit de cela,

je lui ai trouvé une personnalité très structurée.

Très normale, si on peut dire.

-Normale ? Ca, il faut le dire vite.

-J'ai expertisé pas mal de tueurs.

Elle est tout le contraire.

Elle est même douée d'une profonde empathie.

-C'est ce qui la rend aussi attirante

auprès des hommes. -Certainement.

Elle crée un climat de sécurité qui les met en confiance. Nul doute

qu'elle a une profonde attirance

pour eux. Elle aime les hommes, et en même temps, elle les déteste.

Le soir de la mort de Di Giusto,

ils fêtaient ensemble la Saint-Valentin,

et le lendemain, on le retrouve mort.

-Pour vous,

elle est coupable ? -Sans aucun doute.

Mais elle n'a jamais laissé percer le moindre signe de culpabilité.

C'est pour ça que mon expertise a cautionné son non-lieu, hélas.

-Pour vous, pourquoi elle se mettrait à tuer ?

-Il a dû se passer quelque chose dont elle est seule à avoir

le secret. -D'où il vient, ce secret ?

-Eh bien, du même lieu que les fractures du même genre :

l'enfance.

...

-Bonjour, madame. -Bonjour, monsieur.

-Gendarmerie. -Il y a un problème ?

-Pas du tout.

-Bonjour. Ca fait longtemps que vous habitez ici ?

-Ca fait un bail ! -C'est bien la maison des Marcou ?

-Oui. -Vous vous souvenez d'Isabelle ?

-Evidemment. Je l'ai vue grandir, la gamine.

Ca va faire 5 ans que sa maman est morte, la petite chérie.

-Elle avait quel âge, quand sa mère s'est installée ici ?

-Un an.

La mère était seule, puis elle a rencontré Fernando,

un gars qui travaillait sur les chantiers.

La petite l'aimait pas. -Il était violent avec elle ?

-Non, il s'en foutait, d'elle.

Puis vers 10 ans, Isabelle a été envoyée chez les grands-parents.

-Elle est revenue quand ? -Quand elle avait

14 ans, après que le Fernando a eu son accident de chantier.

Il s'est fait écraser par une benne.

-Après, elle est revenue vivre ici avec sa mère ?

-Oui, mais c'était trop tard pour qu'elles aient une relation.

Après, à 20 ans, elle a rencontré ce gars, là,

qui travaillait sur le chantier naval.

Antoine Garault.

Ils avaient l'air très amoureux.

Jusqu'à ce que le gars bouffe une boîte de somnifères.

-Je me suis déjà expliqué avec Lassalle.

Pour moi, Garault avait tenté de se suicider.

-Pourquoi le couple s'est séparé après ?

-Elle a rencontré quelqu'un

pendant que Garault était à l'hôpital.

Non, je vous le dis, c'était un suicide.

Garault a même laissé une lettre.

-Une lettre ? -Oui.

-Lassalle ne m'en a pas parlé.

-Ca collait pas avec sa théorie.

-On peut voir la lettre ? -Bien sûr.

Elle est là.

-On dirait la même écriture, oui.

-A 16 ans d'écart ! -Ca peut être elle qui l'a écrite.

-Ca peut aussi être lui. -On convoque Garault demain ?

-Il est reparti à Toulon. -On le fait revenir. On va

le mettre sous pression jusqu'à ce qu'il craque.

-J'ai été ravie de ce déjeuner. *-J'aimerais qu'on se revoie

*avant que je parte. -Moi aussi. Mais je voudrais pas

brûler les étapes entre nous. *-Quelles étapes ?

-Je vous l'ai dit, je sors d'un deuil récent.

Je suis encore en phase de reconstruction.

*-Je comprends. Mais je repars dans 3 jours, c'est court.

-C'est court, mais la vie est longue.

Je sais qu'on se reverra.

Je ne sais pas quand, mais... bientôt.

Au revoir.

-M. Garault ?

-Vous vouliez me voir ? -Merci d'être venu aussi vite.

On doit vous faire passer un test graphologique.

-Vous m'avez fait venir de Toulon pour ça ?

-Exactement. Suivez-moi.

-J'écris quoi ?

-Ce que vous voulez, mais en majuscules.

Bon, je vais vous aider.

Ecrivez : "Pardonnez-moi,

"je n'ai plus le courage de vivre.

"Adieu, Isa..."

"Adieu, Isa...

"Pardon, Romain, mon garçon."

Où étiez-vous,

la nuit où Pascal Dubreuil a été tué ?

-Chez moi, je dormais. -Vous étiez seul ?

-Oui. Enfin, mon fils était dans la chambre à côté.

-Donc, vous n'avez pas de témoin.

-J'ai rien à voir avec ça, j'habite à Toulon.

-Un aller-retour est vite fait.

Vous avez mis combien pour venir ? Une heure ?

-Pourquoi j'aurais fait ça ? J'avais rien contre Dubreuil.

-On veut juste vous éliminer de la liste des suspects.

Vous restez à notre disposition jusqu'aux résultats de l'expertise.

Merci.

-Ca marche. A tout à l'heure. -Karim ?

Tiens. -J'envoie ça au graphologue ?

-Oui. Qu'il compare la lettre de suicide de l'époque

avec la lettre de menaces envoyée à Pascal.

Je veux être sûre qu'elles aient été écrites de la même main.

-Si elle l'avait suicidé, Garault aurait porté plainte.

-Sauf qu'il a un enfant avec elle.

-C'est vrai.

-Ils disent que je suis suspect,

mais je sais que c'est après toi qu'ils en ont.

-Ah bon ? Ils te l'ont dit ? -Non, mais c'est évident.

Je voulais juste te prévenir.

-Mais j'ai pas tué Pascal.

-Je sais bien.

Mais... il leur faut un coupable, ils n'ont plus que toi.

-S'ils avaient quelque chose, ils m'auraient arrêtée.

Ils n'ont rien.

-Alors, tout va bien.

-Oui.

...

Téléphone.

...

-Allô ?

-Bonjour. J'aurais aimé vous voir.

-Oui, bien sûr. *-Juste vous et moi.

Pour motifs personnels.

-Quand ça ? *-Maintenant.

Si vous êtes libre. On pourrait déjeuner.

-D'accord, ça me va.

*-Alors, à tout de suite.

-Elle veut me parler.

Je vais déjeuner avec elle. -T'es sûre ?

-Que veux-tu qu'il m'arrive ?

Notification.

-Quoi ? -Elle a réservé chez mon père.

Bonjour.

Bonjour. -Bonjour. Ca va ?

-Et vous ? -Très bien, merci. Je me suis dit

que vous seriez plus à l'aise chez votre père.

Mais on peut aller ailleurs.

-Non, ça me va très bien. -Mathilde ! Je vais

dire à ton père que t'es là. -Non, j'irai le voir.

-Bon. En plat du jour, on a des aiguillettes aux légumes rôtis.

-Parfait. Ca ira ?

-Très bien. -Parfait.

-Merci. Je suis contente que vous ayez

accepté mon invitation. -Pourquoi j'aurais refusé ?

-Vu les circonstances...

-Vous vouliez me voir pour des motifs personnels.

-Oui. C'est le cas. (Je pense que je peux vous aider.)

-(Ah.)

-Je connais un radiesthésiste qui fait des merveilles.

-Pour quoi faire ?

-Il est magnétiseur aussi.

-Je crois pas à ces choses-là. Je suis très rationnelle.

-C'est très rationnel ! C'est souvent une histoire

d'énergie négative, de blocages somatiques à éliminer.

-Hm.

Je ne comprends pas de quoi vous me parlez.

-Vous m'avez dit que vous étiez avec le même homme depuis longtemps

et vous n'avez pas d'enfant.

C'est important, les enfants. C'est ce qui donne un sens

à une relation. Peut-être même à la vie.

Moi, sans mon fils, je sais pas où j'en serais.

Donc... Je vous comprends. Je sais que c'est pas facile.

-Et voici. -Pardon.

Merci. Magnifique. -Je vous en prie.

-Merci.

-Bon appétit. Ca me fait plaisir, parce que...

On est pareilles, c'est pour ça qu'on peut parler,

malgré la situation.

-Non. On n'est pas pareilles.

-Si ! On est des victimes.

-Je suis pas une victime.

-J'avais un an, quand mon père a quitté ma mère.

Il est jamais revenu. Enfin, je pense que je vous apprends rien.

Mon père m'a abandonnée, comme si j'existais pas.

Comme le vôtre.

-Moi, j'ai pas été abandonnée. Je suis partie.

-Oui, parce que vous vous sentiez abandonnée.

Et ma mère n'a pensé qu'à une chose : trouver un homme.

Et tant pis s'il m'aimait pas. Comme votre père. Pareil.

Euh... C'est bien ce que vous m'avez dit ?

C'est ce que vous lui reprochez, je me trompe pas ?

A ceci près que vous voulez pas

le reconnaître, du coup, vous essayez

de régler vos problèmes à travers les autres.

-Comme vous, non ?

C'est pas pour fuir votre passé que vous avez

épousé Antoine ? -Ah ! Non !

Je l'ai épousé parce que je l'aimais.

Notre rencontre a changé ma vie, il m'a donné confiance en moi.

-Pourtant, ça n'a pas été long. -Détrompez-vous.

D'une certaine façon, ça dure toujours. Il me soutient.

Vous, vous n'avez personne.

Regardez-vous.

Vous êtes incapable de voir l'amour là où il y en a.

La seule chose que vous voyez, c'est ce qu'il y a au fond de vous,

de la frustration. Il faut pas s'étonner, si vous n'arrivez pas

à avoir d'enfant. La responsable, c'est vous.

Et vous accusez les autres ! Pour vous venger ?

On n'échappe jamais à son enfance.

Je vais payer l'addition. Je pense qu'on s'est tout dit.

Félicitez votre père, c'était délicieux. L'addition !

Ah, si ! Une dernière chose.

Si vous continuez de me harceler, moi ou ma famille,

je porterai plainte. Et je vous broierai.

Comme le lieutenant Lassalle. Vous le connaissez ?

Oui, c'est ce qui me semblait.

Bonjour. -Bonjour.

-C'était délicieux. Merci. Votre fille vous le confirmera.

A bientôt. -A bientôt.

-Merci. Au revoir.

-Excuse-moi.

-Mathilde ? Que se passe-t-il ?

-Qu'est-ce que ça peut te faire ? -Pardon ?

-T'as jamais été là.

-De quoi tu parles, ma chérie ? -Je parle de maman.

Je parle de comment tu m'as laissée toute seule dans ma merde.

Je sais très bien que tu m'en veux.

Tu penses que maman est morte à cause de moi.

On frappe. -Mathilde ?

Je peux ?

Qu'est-ce qu'elle voulait ? -M'écraser.

Me dominer.

C'est pas pour rien

qu'elle a choisi d'aller chez mon père.

Elle a tapé en plein dans le mille. En plein dans ma culpabilité.

-Quelle culpabilité ?

-L'accident de ma mère.

C'était de ma faute.

J'avais insisté pour aller à une fête,

alors que mes parents voulaient pas que j'y aille.

-Et tu y es allée quand même.

-Là-bas, on a essayé de me faire prendre des trucs,

et je me suis pas sentie à l'aise.

Du coup, j'ai appelé ma mère pour qu'elle vienne me chercher...

et c'est sur le chemin

qu'elle a eu son accident.

Elle est prête à tout pour me détruire.

Mais elle va pas y arriver. On frappe.

-Lieutenant Venturi ? -Excuse-moi.

-Lieutenant Lassalle ? C'est Mathilde Delboscq.

Vous avez raison, c'est pire que ce que j'imaginais.

-Je vous avais prévenue.

-Je vais avoir besoin de vous.

-Regarde ce qu'ils disent dans le journal.

C'est pas vrai ?

-Merci.

Je te le rapporte.

-On est dans la merde, tout est sorti.

-L'article raconte tout.

-Aucun nom n'est cité, mais tout est dit. 3 meurtres, 2 tentatives.

Quelqu'un a parlé à la presse.

-Ca va pas ou quoi ? Tu nous prends pour des cons ?

-C'est Lassalle. C'est le seul qui sache tout.

-Putain... Il a voulu régler ses comptes et ça nous retombe dessus.

-C'est peut-être une bonne chose. -Ah bon ? Je vois pas pourquoi.

-Ca nous donne une bonne raison de convoquer Garault.

Il doit avoir des choses à nous dire.

-Oui.

Je l'appelle. -Ne lui dis pas

pourquoi on veut le voir. -OK.

-A mon avis, il va pas tarder à le savoir. Café ?

-Volontiers.

-C'est quoi, ces histoires, dans le journal ?

-Des calomnies.

-Des calomnies ?

Trois hommes sont morts.

-Je te l'ai dit, j'ai vécu des choses horribles.

-C'est insensé.

-Oui.

Oui, je sais.

Ca paraît fou, hein ?

-Que se passe-t-il ?

-Les gendarmes se déchaînent sur moi.

-Et pourquoi toi ? -Il leur faut un coupable.

Tu crois vraiment que je serais en liberté, si je les avais tués ?

Lionel soupire.

Je suis innocente.

Je suis innocente.

Pas toi, Lionel, s'il te plaît.

Tu vas pas aboyer toi aussi avec les chiens.

Alors que tout est possible entre nous.

...

-T'avais raison. -Quoi ?

-Regarde.

C'est papa qui l'avait innocentée de son meurtre précédent !

-Elle l'a tué.

-J'en reviens pas.

Comment elle a fait pour savoir où il s'était arrêté dormir ?

Tu te souviens, quand papa avait paumé son portable ?

-Lassalle... L'idée lui est pas venue toute seule.

-Pardon, Revault ? -Ecoutez, si vous voulez

qu'on soit une équipe, il faut pas me prendre pour un con.

C'est vous qui lui avez donné l'idée ?

-J'ai pas eu le choix.

-Bon. J'ai eu Antoine Garault, il sera là dans la journée.

Quoi ?

Il y a un problème ?

-Peut-être.

-J'ai demandé à Lassalle de tout lâcher à la presse.

-Toi ?

-Oui. -T'es sérieuse ?

Ca peut nous péter à la gueule. -C'est un risque à prendre.

-Si on nous vire de l'enquête ? Et ta carrière ?

-Si on se plante sur ce coup-là, elle est finie.

Et je ne pourrai plus me regarder dans une glace.

-Elle a raison. A sa place, j'aurais fait la même chose.

Isabelle Dubreuil mène le jeu depuis le début.

La maîtresse, le fils...

Dès qu'elle nous balance un os, on court.

C'est fini, maintenant. On reprend la main.

-Et si Lassalle parle ? -C'est un risque à courir.

Cette femme, c'est une tueuse en série.

Alors, on fait quoi ?

On suit gentiment la procédure et on la laisse filer,

jusqu'au prochain mort,

comme c'est déjà arrivé 3 fois ? -Ben non.

J'ai pas envie qu'elle nous échappe.

-T'es avec nous, alors !

-Evidemment. Si j'étais le chef, j'aurais fait pareil.

-Sauf que t'es pas le chef.

Téléphone.

-Oui ?

OK, j'arrive.

Louise ? -Je peux vous aider. Je sais

comment elle a fait

pour tuer mon père. Mon père était quelqu'un de distrait,

il oubliait toujours son portable, ses clés, et je me suis souvenue

qu'un soir, il y a 6 mois, il a oublié son portable

après le boulot, chez sa secrétaire, Julie Alban.

Et c'est Isabelle qui l'a localisé.

-Comment ? -Ils avaient téléchargé

une application pour retrouver le téléphone de mon père.

Alors, elle savait toujours où il était.

C'est comme ça qu'elle a fait

pour tuer mon père.

-Merci, Louise.

Isabelle a peut-être localisé son mari le soir du meurtre.

-Et c'est comme ça qu'elle a su où il dormait.

-Exactement. -C'est plausible.

-On va retrouver l'appli.

-Oui. C'est pas une preuve, mais ça se rejoute au dossier.

-Je vais demander une audience en urgence au procureur.

-Antoine Garault vient d'arriver.

Et je crois qu'il a lu le journal, lui aussi.

-Mon fils m'a appelé, il est super angoissé.

-A cause de cet article ?

-C'est de la diffamation.

-C'est pas nous qui contrôlons la presse.

Vous avez dû les connaître, tous ces hommes

dont parle l'article.

-Non. Je me suis jamais occupé des histoires d'Isabelle.

-Vous êtes resté en contact avec elle via votre fils.

-On parlait uniquement de ce qui concernait Romain.

J'ai jamais su qui elle voyait.

-Je vais vous donner des noms, ça va peut-être

vous rafraîchir la mémoire. David Lecoeur,

bijoutier à Toulon. René Di Giusto,

retrouvé mort asphyxié dans sa voiture.

Stéphane Leclerc, retrouvé mort dans l'incendie de sa maison.

12 ans plus tard, Pascal Dubreuil. -J'ai rien à voir avec ça.

C'est des affaires classées, non ?

-C'est ce que vous allez dire à votre fils ?

-Il sait que sa mère n'est pas une criminelle.

-Et pour vous ?

-Quoi, pour moi ? -Votre tentative de suicide.

Votre fils va l'apprendre, on parle d'une tentative de meurtre.

-Allez, c'est bon.

Mon fils m'attend.

-On ne vous retient pas. Mais vous restez à notre disposition.

-Même s'il pense que c'est elle qui l'a fait, il balancera pas.

Il a peur.

-On peut le comprendre.

Il veut protéger son fils.

-On ferait n'importe quoi pour son gosse.

-Antoine.

Que me vaut l'honneur ?

-Romain m'a appelé. Il a lu l'article.

-C'est quoi, ces histoires ?

-Des mensonges.

-C'était qui, ces mecs qui sont morts ?

-Des personnes que j'ai rencontrées

dans ma vie.

-Ils disent que t'as voulu tuer papa.

-C'est faux.

-Bien sûr que c'est faux. Je lui ai expliqué

ce qui s'était passé. Que c'était un accident.

Tu connais ta mère, Romain.

Tu l'imagines faire un truc pareil ?

-Tu me crois capable de faire ça ?

Romain... je suis pas un monstre.

Je suis ta mère.

-Ils disent que t'as voulu m'abandonner.

-J'ai lu ça, oui.

Je t'ai pas abandonné.

Propos indistincts.

...

...

-C'est un très bon travail.

Mais si on fait abstraction de son passé, qu'est-ce qu'on a ?

Une lettre de menaces dont on n'est même pas sûrs

qu'elle en soit l'auteure, le témoignage des enfants

de la victime, des spéculations sur le mode opératoire...

Pas suffisant. -On a un tableau criminel global.

On a un passé, un mobile, un mode opératoire.

-Oui, mais aucune preuve. Ces dossiers passés sont classés.

Or, si on doit obtenir la mise en examen d'Isabelle,

c'est sur le meurtre de son mari.

Quand elle sera dans le box des accusés, c'est sur ce meurtre

que je veux remporter la conviction du jury.

On pourra même pas évoquer

une seule de ces affaires passées.

Allez.

Bon courage.

-Porte plainte pour diffamation. Il faut protéger Romain.

-Mon nom n'est jamais cité. Le tien non plus.

C'est que des allusions.

-Même. Si la flic a parlé à un journaliste,

un bon avocat pourra le prouver. -J'ai pas besoin d'un avocat.

Ca fait pas de moi une coupable.

Il faut des preuves, pour accuser les gens.

-C'est pas possible qu'il soit mêlé à tout ça. T'imagines ce qu'il va

se prendre dans la tronche ? -Oui, peut-être.

Laisse-le aller à sa soirée, il doit voir un copain.

Je lui parlerai en rentrant, vous partirez après.

-Je vais chez Théo, tu m'emmènes ?

-Oui, bien sûr. -A ce soir, maman.

Téléphone.

-J'arrive.

Allô ? *-C'est la capitaine Delboscq.

*Vous êtes convoqué à la gendarmerie.

-Vous allez pas me lâcher !

Je suis convoqué pour quoi, cette fois ?

*-Comme témoin.

*J'ai besoin de réponses de votre part.

-Vous voulez me voir quand ?

*-Demain, 10h ?

-OK.

-C'était qui ? -C'était... le boulot.

Il y a une merde sur un chantier, à Toulon. Rien de grave.

A tout à l'heure.

-Hm.

...

-Mais...

Qu'est-ce que tu fais là ? -J'ai réfléchi, je ne veux plus

qu'on soit séparés. Pas une journée,

pas une nuit. Je t'aime. -Et ton resto ?

-Je m'en fous, je vends mes parts à Mathieu.

-(T'es dingue.) -(Tu m'as manqué.)

-J'adore ça, les girolles.

-Je les ai trouvées au marché. C'est la saison.

Antoine halète.

...

...

...

...

...

Ca va ?

-J'ai... un coup de barre.

-T'as qu'à aller te reposer.

-Non, je dois aller chercher Romain.

-Laisse, j'y vais. Tu vas pas conduire dans cet état.

...

Je vais t'aider. -Non, c'est bon, je vais y arriver.

Merci.

Je sais pas ce qui m'arrive.

-Je t'emmène dans l'atelier, tu vas te reposer.

Lionel ? C'est Isabelle.

J'aimerais qu'on se voie.

Toi aussi, tu me manques.

A tout de suite.

...

-Ciao, frérot.

...

Maman ? Papa ?

Maman ?

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