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Original subtitles

...

Vibreur.

...

-Bonne soirée, Isabelle. -A demain.

*Isabelle Dubreuil, merci de laisser un message.

*-Ma chérie, c'est moi.

Je pars de chez Jérémie et j'ai un dernier client à voir,

ne m'attends pas pour dîner.

Je t'aime.

...

*-Des orages sont à prévoir, avec du vent sur le sud-est,

*des pluies durables sur la Bourgogne,

*qui vont se renforcer cette nuit.

Coup de klaxon.

...

-Oh, putain.

Expiration profonde.

...

Explosions.

...

...

Sonnerie.

...

*-Mon amour, t'as bien dormi ?

-Trop bien, le lit est trop grand. Et toi ?

*-On a fini tard, hier.

Et aujourd'hui, repos. *-Récupère,

je compte t'épuiser, ce week-end. *-J'attends que ça.

Tu me manques.

Ca fait longtemps. Ca va faire un mois.

-Tu me manques aussi.

*-Vous vous êtes parlé avec ton père ?

-Pas encore.

J'y vais, j'ai une urgence.

*Je t'appelle.

Je t'aime.

Je suis là !

-Ca va ?

-(Ouais.)

Sirène.

...

...

Bonjour, Revault.

-Patronne.

-Alors ? -D'après l'immatriculation,

le véhicule appartiendrait à un certain Pascal Dubreuil, 45 ans,

domicilié à Gardanne.

Entrepreneur, il a une société

de construction basée à Aix. -D'accord.

Marié ?

-Oui. Deux grands enfants. Louise, 22 ans, étudiante.

Jérémie, 24 ans, qui habite pas loin, à Pourrières.

-Qui nous a prévenus ? -Un voisin, ce matin.

Il a entendu une explosion hier,

vers 23 heures.

-Comment le feu a pris ?

-D'après les gars, il est parti du coffre

de la voiture. La victime

a été trouvée

sur le siège conducteur. C'est pas un suicide.

Le gars a dû

arroser d'essence, allumer,

et boum.

-C'est quoi ?

-L'arme du crime.

Merci.

Sa disparition a été signalée

depuis ce matin ? -Non.

-Il est marié, non ? -Oui.

Sa femme est fleuriste en ville. -On y va.

Attendez que la scène soit bouclée. On appellera ses enfants après.

-A vos ordres, capitaine.

Tintements de cloche.

...

-Madame Dubreuil ?

-Oui. Bonjour. -Bonjour.

Capitaine Delboscq de la brigade

de recherches d'Aix. Lieutenant Venturi.

Quand avez-vous parlé

à votre mari pour la dernière fois ?

-Il m'a appelée hier pour me dire de ne pas l'attendre.

Quoi ? -Vous l'avez vu à son retour ?

-Non, je dormais. Je prends des somnifères.

-Qu'a-t-il fait hier soir ? -Il devait voir son fils.

Il a dû dîner avec lui ou son client.

-Quel client ?

-C'est quoi ces questions ?

Il faut me dire parce que

vous commencez à me faire peur.

-Oui. Euh...

votre mari a été retrouvé ce matin dans sa voiture...

Il est décédé.

-Il est où ? Je veux lui parler.

-Vous ne m'avez pas bien comprise.

Votre mari est mort, je suis désolée.

On l'a retrouvé dans sa voiture qui a été incendiée

sans doute volontairement.

-C'est pas possible.

Il a pas pu

me faire ça.

Enfin, pas lui, pas Pascal...

Il a pas le droit.

-Non...

Il est possible que votre mari ait été assassiné.

-Assassiné ? -Oui.

-Par qui ?

C'est impossible, ça !

Laissez-moi !

Me touchez pas.

Mais je...

je vais faire quoi ?

Je suis rien sans lui, je...

Je l'aime, vous comprenez ?

-Ca va aller.

-Merci.

-Tu y as été un peu fort avec elle. -Tu trouves ?

-Ta manière de lui annoncer la mort de son mari.

-Ben quoi ?

-Comme pour la prendre par surprise.

-On sait jamais à qui on a affaire.

-Si elle est impliquée, elle mérite un Oscar.

-T'as eu les enfants ? -Pas son fils.

Revault est passé le voir : pas là. -Et sa fille ?

-Elle doit nous rejoindre chez eux. -On y va ?

Louise Dubreuil ?

-Oui. -Mathilde Delboscq,

capitaine de la gendarmerie.

-On m'a dit de venir vite, que ça concernait mon père.

-Oui. Lieutenant Venturi.

-Que se passe-t-il ?

-On peut se parler

à l'intérieur ?

-Vous voulez vous asseoir ?

-Non, merci.

J'ai une très mauvaise nouvelle.

On a retrouvé votre père dans sa voiture et elle a pris feu.

Il est décédé, je suis désolée.

-Non, non...

Non, c'est pas possible.

-Je vous apporte

de l'eau.

-Vous l'avez dit à sa femme ?

-Oui, bien sûr. Comme vous, elle est sous le choc.

On l'a emmenée à l'hôpital. -Tenez.

-Merci.

Excusez-moi.

J'appelle mon frère.

-Vous permettez

qu'on jette un oeil ? -Allez-y.

-Viens voir.

Regarde ça.

Une belle petite armoire à pharmacie.

-Sa femme prend des somnifères.

-Ca devait pas être la seule.

Filer le parfait amour n'empêche pas la dépression.

-Allez, viens.

-Les photos,

c'est juste eux deux, le couple parfait.

-Hm, le couple fusionnel.

Sauf celle-là.

-C'est la mère de Pascal.

-Elle a été brûlée, c'est bizarre.

-Excusez-moi. -Pas de problème.

On a des questions, ça vous embête ?

-Allez-y. -Votre père est rentré hier soir ?

-Je ne sais pas. J'étais avec des amis, je suis rentrée tard.

-On a retrouvé beaucoup de somnifères et d'anxiolytiques.

Il en prenait ?

-Il voyait un spécialiste parce que la mort de ma grand-mère

l'a beaucoup affecté.

Mais il allait mieux.

-Il avait des problèmes au boulot ? -Non.

Pas à ce que je sache.

-Dans son couple, ça allait bien ? -Très bien.

Ils s'adoraient.

-Romain...

il s'est passé quelque chose de très grave.

Je suis à l'hôpital, là.

Non, non...

Ca va, moi. C'est Pascal...

Euh...

il est mort.

Je sais pas, c'est terrible... Je peux pas t'en parler comme ça.

Tu peux demander à ton père de t'amener ?

Merci, mon amour.

On frappe à la porte.

Entrez.

-Vous allez mieux ?

-Physiquement, ça va.

C'est gentil, merci.

J'ai l'impression de vivre un cauchemar.

C'est inimaginable qu'on ait fait ça à Pascal.

C'était un type formidable.

Pendant longtemps, j'ai pas eu de chance.

J'ai dû traverser beaucoup d'épreuves

et c'est grâce à lui que j'ai tenu.

Pascal était un miracle pour moi.

-Désolée, mais je vais devoir

vous poser quelques questions. -Je comprends.

-Comment votre mari se sentait psychologiquement ?

-Ca allait.

La mort de sa mère, il y a 6 mois, l'avait affecté,

mais il s'en remettait doucement.

-Il était sous anxiolytiques ?

-Il avait arrêté.

-Et au travail ?

-Pascal ne s'épanchait pas sur ses problèmes.

-Il avait donc

des problèmes ? -On en a tous, non ?

Vous, moi, dans la vie, au boulot.

On fait avec.

-Avec son fils, il s'entendait comment ?

-Mieux.

Ils ont eu des moments difficiles.

Il a pas supporté que je remplace

sa mère. Mais ils se revoyaient.

Ca s'était arrangé.

-Des personnes dans son entourage auraient pu lui en vouloir ?

-Je sais pas.

-Je vous laisse vous reposer.

-Merci.

...

-Salut, Karen. -Lieutenant.

On l'a trouvé endormi dans sa voiture.

-Dans quel état ? -Clean.

-OK.

Jérémie Dubreuil ?

-Vous pouvez y aller.

-Bonjour. -Bonjour.

Lt Revault, section de recherches.

-Y a un problème ? Ca fait 30 mn que j'attends.

-Vous étiez où,

hier soir ?

-Au bar le Mayflower, pas loin.

J'étais un peu bourré,

donc je me suis arrêté là pour la nuit.

-Et avant le bar ?

-Chez moi.

-Vous avez vu votre père,

hier soir ?

-Oui, il est passé.

Rapidement car il devait rentrer.

Pourquoi ?

-Votre père est mort.

Il a été tué après être reparti de chez vous.

Sanglots.

...

Je suis désolé.

...

-S'il est bien parti de chez son fils

à 21h, on sait pas ce qu'il a fait de 21h à 23h.

-Non. Il aurait eu un client.

-Quel client ?

-On en saura plus, quand on aura

la liste de ses appels.

-Il y a des antécédents judiciaires ?

-Aucun. Il est de Montpellier.

Il a épousé Isabelle il y a 12 ans.

Installés peu après à Gardanne dans une maison

de famille. -Avec leurs enfants ?

-La fille.

Le fils est pas loin. Ils ont vécu avec leur mère jusqu'à son décès.

-Son fils à elle ?

-En terminale, à Toulon, où vit son père,

Antoine Garault. Il passe ses vacances ici.

-Il avait quel âge, quand elle s'est remariée ?

-Il se sont mariés il y a 12 ans, je dirais 6 ans.

-Donc il n'a pas suivi sa mère ?

-On se renseignera.

-Sur les circonstances de leur divorce aussi.

-Je m'en occupe. -Revault, le fils de la victime ?

-Il était bien au pub le Mayflower.

Il serait arrivé entre 23h et minuit.

Il avait trop bu et a dormi dans sa voiture.

-Et elle, sur le plan judiciaire ?

-RAS, casier vierge.

-Côté boulot ? -Elle a

une boutique de fleurs qui marche. Lui, une boîte de construction.

Une employée permanente, Julie Alban. Le reste en CDD.

-Il faut trouver le client qu'il a vu hier soir,

le dernier à l'avoir vu vivant, a priori.

-On reprend tous ses contacts : ses relations pros, personnelles,

son médecin, ses finances pros et perso.

-Très bien.

-T'en as pas marre qu'elle nous mène à la baguette ?

Elle nous donne des ordres. -Normal, c'est la cheffe.

-Ouais, on sait pourquoi.

Elle sait pas où elle va, elle a pas les épaules pour.

-Je trouve pas. Elle fait le job.

-Ouais ben, elle a intérêt à bien le faire.

-Ca va ?

-Super. -Et avec le groupe ?

-Nickel, surtout quand on m'attend pour commencer les réunions.

-Revault n'est pas un mauvais gars et n'a rien contre toi.

-C'est quoi son problème alors ?

-20 ans de plus, un grade de moins. T'as vu ton père,

vous avez parlé ?

-Non, pas encore.

-T'es là depuis un mois. Je croyais que t'étais revenue pour ça.

-Tu m'as recrutée, donc je suis revenue.

-Parce que t'étais la plus qualifiée pour le poste.

Mais tu es aussi ma nièce et je m'inquiète pour toi.

Fais attention,

un meurtre peut très vite monter à la tête, surtout le premier.

-Je suis solide.

Tu peux me faire confiance.

-Allez, au boulot.

-Perquisition demain, 8h.

Vous, à la boîte de Dubreuil. Moi, chez eux.

Il faut tout savoir sur la victime et identifier ce client.

Revault. La prochaine fois, demandez-moi

avant de commencer

un briefing. Il rit.

-OK.

-Sois un peu plus soft avec lui.

-Tu rigoles ? Depuis mon arrivée, il me marche dessus.

-C'est pas facile pour lui.

Ca m'a fait bizarre aussi de travailler sous tes ordres.

-Sérieux ? -Ben ouais.

On était ensemble à la fac et là, t'es capitaine.

-Ca te pose un problème ?

-Non, c'est même plutôt cool.

-Y a pas de problème alors. -Ouais,

patronne.

-(C'est là.)

-Maman.

Il sanglote.

-(Ca va aller.)

Merci d'être venu,

Antoine.

-C'est normal.

Que s'est-il passé ?

-Les gendarmes pensent que Pascal

a été tué.

Ils veulent

me garder la nuit en observation.

-On va rester un peu, avec papa.

Hein, papa ? On reste ?

-Oui, bien sûr. Oui.

On va rester 2-3 jours, jusqu'à l'enterrement.

-(Oh, c'est vrai ?

(C'est gentil.)

-Je vais me trouver

un hôtel. -Tu vas pas payer l'hôtel.

Installe-toi dans l'atelier de Pascal, Romain te montrera.

Tu verras, il avait même mis

un canapé-lit dedans.

Merci d'être là. -C'est normal,

maman. Sanglots.

-Jérémie.

Elle éclate en sanglots.

C'est horrible.

-C'est elle.

-Quoi ? -C'est elle, je te dis.

J'en suis sûr, Isabelle.

C'est elle qui a tué papa.

-Pourquoi tu dis ça ?

Papa t'a dit quelque chose ? -Non, mais...

maman m'avait dit de se méfier d'elle.

-Mais c'était il y a au moins 12 ans.

Comment tu peux dire ça, après tout ce qu'on a vécu ensemble ?

Elle s'occupait de nous comme de ses propres enfants.

-Ouais, mais y avait eu des histoires. Maman était

au courant. -Mais de quoi ?

-Je sais pas exactement.

Même papa, un jour, s'était embrouillé avec elle

et a dit avoir fait une connerie

en l'épousant.

-C'est des choses qu'on dit comme ça.

On les pense pas, c'est sous le coup de la colère.

Des fois, ils se disputaient, mais ils s'adoraient.

Ils étaient inséparables.

-Maintenant, on n'a plus personne.

Tintements de cloche.

...

Message.

...

Il sonne.

-Bonjour. Vous êtes le concierge ?

-Bonjour.

-Gendarmerie nationale, c'est pour une perquisition.

-Très bien.

...

-Bonjour, Louise.

-Bonjour.

-On vient perquisitionner.

-Je vous présente

Romain, le fils d'Isabelle. Il est arrivé hier.

-Bonjour. Vous êtes que tous les deux, ici ?

-Mon père a dormi là.

-D'accord. -Dans l'atelier de papa.

-Et il est où ?

-Juste là.

-On va commencer par là.

...

Gendarmerie nationale.

-Bonjour.

-M. Garault ?

On vient pour une perquisition.

-Allez-y.

Je ne devais pas rester.

Isabelle m'a proposé de rester.

-Vous êtes restés

proches ? -On a un fils ensemble.

Romain voulait être avec sa mère, je l'ai amené.

Je repars à Toulon après l'enterrement.

-Vous connaissiez bien Pascal Dubreuil ?

-Non. On a divorcé longtemps

avant leur rencontre. -Vous vous entendiez comment ?

-Normal. Rien de spécial.

On n'était pas trop en contact. Je vais

voir mon fils.

-Non, restez. J'ai besoin

d'un témoin pour la perquisition.

Déclic.

...

Il y a des traces d'incendie, ici.

Prends des photos,

s'il te plaît.

Ca a l'air récent.

Vous savez ce qui s'est passé ? -Non, je vis pas là.

-Votre ex-femme aurait pu

vous en parler. -Non. Je suis là pour Romain.

On se parle pas trop avec Isabelle, chacun sa vie.

-Et votre vie à vous, c'est quoi ? Vous êtes marié ?

-Non. -Vous avez d'autres enfants ?

-Non plus.

-Votre fils ne vit pas avec sa mère,

c'est plutôt rare, non ?

-Ca s'est fait comme ça au début.

On est passés en garde partagée quand il a été d'accord.

Romain passe ses vacances ici.

-Quand "il" a été d'accord ? Pascal Dubreuil ? Pour que votre fils

passe la moitié du temps avec eux ? -Demandez plutôt à Isabelle.

-Vous allez quand même

me répondre.

-Pascal était pas très chaud.

Isabelle a dû le convaincre.

-Bonjour.

Que se passe-t-il ? -Madame Alban ?

Lieutenant Venturi. On s'est parlé hier.

On doit vous interroger, suite au décès de votre patron.

-Bien sûr, oui.

Pascal était un spécialiste

de la pierre d'Estaillades,

une roche du Lubéron très particulière. Peu d'artisans

la maîtrisent.

-Et ça marche bien, ça ?

-L'activité est un peu au ralenti à cause d'un retard de livraison.

-Au ralenti...

Vu les comptes, je dirais carrément arrêtée.

-On a tout fait pour que l'activité reprenne, mais...

-Vous semblez bien plus qu'une secrétaire.

Vous devez savoir beaucoup de choses.

-Comme ça,

par exemple ?

"Paie tes dettes, sinon tu iras retrouver ta mère."

-J'étais au courant des dettes, mais de ça, non

-Quelles dettes ? -Pascal m'a dit qu'il avait

emprunté beaucoup d'argent à un client.

-Ce client qu'il est allé voir avant-hier soir ?

Juste avant qu'on le retrouve mort ?

-Peut-être.

Je ne sais pas qui c'est.

On entre.

-On a quoi sur Garault, l'ex-mari ?

-Mariés 2 ans. Il a passé

3 mois à l'hosto avant leur divorce.

-Pourquoi ? -L'hôpital doit me rappeler.

-On a trouvé ça dans la boîte de Dubreuil.

Une belle lettre de menace.

-La société était endettée. Il a demandé un délai

pour payer les salaires, son équipe a accepté 2 mois.

-Ils ont été bosser ailleurs.

-Il a peut-être emprunté à un client.

-Celui qu'il a vu avant sa mort ?

-Le client a pu perdre patience.

-Donc on aurait une lettre de menace,

puis l'incendie dans l'atelier de Dubreuil pour l'intimider ?

Il faut trouver l'identité de ce client.

-Et la lettre ? -On la montre

à un graphologue. -OK.

...

-Mon Dieu, Louise.

Comment tu te sens ?

Tu tiens le coup ? -Ca va.

-J'arrive pas à croire que je reverrai plus ton père.

-Moi non plus.

C'est un cauchemar. -T'as vu Jérémie ?

-Oui. -Il doit être tellement mal.

Dis-lui que je pense à lui.

Une chance qu'ils se soient réconciliés avant ça.

Ca aurait été terrible,

sinon.

-Excuse-moi,

je vais monter. -Oui, vas-y.

On va y arriver ensemble,

soudés.

A tout à l'heure.

-Les gendarmes

sont venus. -Romain m'a dit, oui.

-C'est quoi cette histoire d'incendie dans l'atelier ?

-Un accident.

Pourquoi ?

-Ils m'ont interrogé. J'ai dit que j'avais rien à voir là-dedans.

-Si ça te pose un problème d'être là,

je ne te retiens pas. -Non, ça va.

-Maman.

-Oui ? -J'ai appelé le lycée.

Ils sont OK pour que je suive les cours en ligne.

-C'est gentil, mais tu vas rentrer bientôt.

C'est l'année du bac.

C'est ton avenir, Romain, c'est important.

Mais merci. A tout à l'heure,

je monte me poser.

-(Ca va ?)

-Ca va.

-Allez, viens.

...

-Je peux vous aider ?

-Avec plaisir. -Bonjour.

-Bonjour. Je dois offrir des fleurs

et je...

j'y connais rien. -Vous êtes au bon endroit.

Pour quelle occasion ?

-Pour le mariage d'un ami d'enfance.

J'en profite pour passer quelques jours ici.

-Vous êtes pas d'ici ? -Non, de Bretagne.

Rennes.

Je découvre. -C'est une très belle région.

Suivez-moi.

On peut faire mieux

que ça. -Oui.

-Les résultats du labo.

Pascal Dubreuil était bourré de somnifères.

-Il était dépressif.

Il a pris des anxiolytiques après la mort de sa mère.

-Il avait 10 fois

la dose prescrite dans le sang.

-Quel type d'anxiolytique ?

-Alors... type benzodiazépine.

La molécule, c'est du lorazépam.

-Du lorazépam ? -Oui.

-J'ai vu passer un truc.

Le premier mari d'Isabelle a passé 3 mois à l'hôpital de Toulon,

dans le coma pour intoxication au lorazépam.

-Même molécule de Dubreuil ?

A 16 ans d'écart ? -Il s'en est sorti de justesse.

-Ils ont divorcé après.

-Selon le jugement, il a gardé leur fils.

-C'est pas ce qu'il m'a dit.

Et elle lui a laissé ?

Peu de mères feraient ça,

après un coma.

-Ca pose de sacrées questions sur eux.

Non ? -Hm. On commence

par lui ?

-C'était un accident.

J'étais traité pour une dépression, j'ai surdosé sans faire gaffe.

-Vous avez pris 10 fois la dose.

-Et vous avez demandé

le divorce peu après. -Oui.

Notre couple battait de l'aile, d'où ma déprime.

-Pourquoi vous m'avez menti en me disant que Pascal rejetait

votre fils ? -J'ai pas dit ça.

Romain est resté avec moi 3-4 ans,

puis on a partagé la garde quand Isabelle s'est mariée.

-C'est rare qu'une mère laisse son enfant au père.

Surtout dans ces circonstances. -Lesquelles ?

-Votre accident.

-Vous voulez que je dise qu'Isabelle est une mauvaise mère ?

C'est pas le cas.

Pourquoi je vous réponds ? Je suis accusé de quelque chose ?

Merci.

-T'en penses quoi ?

On l'a empoisonné ?

-Elle lui aurait filé la garde de son fils juste après ?

Je sais pas.

-Bonjour.

-Vous avez vite repris

le travail. -Ca m'aide à rester lucide.

-On peut se parler ?

-Oui, bien sûr.

-On a retrouvé une lettre dans le bureau

de votre mari. Je voulais vous la montrer.

Voilà.

-Qu'est-ce que c'est ?

-Il vous a pas parlé des menaces ? -Non.

-Vous savez s'il avait emprunté de l'argent ?

A un client, par exemple.

-Aucune idée.

-Et l'incendie, que s'est-il passé ?

-Quel incendie ?

-Dans son atelier.

-Ah ça, c'était un banal accident.

Pascal était endormi,

il avait allumé une bougie à côté de la photo de sa mère.

La bougie est tombée, ça a mis le feu.

Il s'est réveillé à temps, un miracle.

-Vous n'aviez rien remarqué ? -Non, j'étais dans la cuisine.

Jérémie était avec son père, il pourra en témoigner.

Même si...

-Même si ?

-Sur le coup, j'ai eu peur, en fait.

-Vous avez pensé à quoi ? -A tout.

Mais Pascal m'a juré

que c'était un accident.

C'est à cause de ça qu'il a arrêté les anxiolytiques.

Mais il a failli

ne pas se réveiller, alors vous comprenez...

-Justement, il avait d'importantes traces de somnifères dans son sang.

Du lorazépam.

Oui.

Comme votre ex-mari, il y a 16 ans,

quand il est tombé dans le coma. D'après lui,

c'était aussi un accident.

-Il vous a menti.

Il a tenté de se suicider.

Notre couple battait de l'aile.

Et il avait des difficultés au travail.

Un soir, il a craqué et avalé la boîte de somnifères.

-C'est marrant, il a employé

les mêmes termes que vous.

"Notre couple battait de l'aile." -C'était le cas.

-Hm.

-C'est une expression assez commune.

Qu'insinuez-vous ?

-Rien. J'essaie juste de comprendre

comment la même intoxication peut se produire chez deux personnes

à 16 ans d'écart.

-J'ai vraiment pas de chance.

-Une autre chose m'intrigue aussi.

Pourquoi avoir laissé la garde de votre fils à M. Garault ?

-Pour des raisons sans rapport avec la mort de Pascal.

Merci d'être venue.

J'apprécie votre franchise.

-Je voudrais des fleurs aussi.

-Très bien.

Vous savez ce que vous voulez ?

-J'y connais

rien. -D'accord. J'ai des freesias,

qui symbolisent l'amour inconditionnel.

Si c'est pour un proche,

plutôt des hortensias, qui symbolisent la famille.

-Oui, c'est pour mon père.

-Des chrysanthèmes.

On croit que ce sont les fleurs du deuil,

mais ça dépend de la couleur.

Le chrysanthème blanc symbolise la pureté,

la longévité et l'apaisement.

Votre père, c'est Jérôme Delboscq ? Le chef ?

Vous avez le même nom.

-Oui. -J'aime son restaurant.

On y a fêté les 20 ans de Louise.

C'est important, la famille.

C'est ce qui vous tient debout

quand tout s'écroule sous vos pieds.

Vous voulez savoir pourquoi j'ai laissé mon fils à Antoine ?

J'ai rien à cacher.

Il en avait besoin pour reconstruire sa vie.

Je l'ai fait pour lui.

Vous pensez que ça ne m'a pas coûté de ne pas le voir

tous les jours ?

Vous ne me croyez pas.

Vous pensez que je suis une mère indigne qui a abandonné son fils.

Vous avez tort.

Et voilà.

C'est cadeau.

A bientôt.

...

Un téléphone sonne.

...

-Oui, ma chérie ? *-Papa, je viendrai plutôt

jeudi soir, d'accord ?

*Là, j'ai vraiment trop de boulot.

-OK.

C'est jour de fermeture, on sera

*plus tranquilles.

-Parfait, alors.

*-Je t'embrasse.

-Alors ? -Elle viendra plutôt jeudi.

-Ah.

Vibreur.

-Oui, Karim. *-On a le listing téléphonique

*de Pascal Dubreuil. Tu veux savoir quel client il a vu avant sa mort ?

*Tu vas pas

*y croire. C'était pas un client.

Sirènes.

...

-Mme Alban ?

-Oui. -Capitaine Delboscq.

Vous auriez dû dire que le "client" de Dubreuil, c'était vous.

On aurait gagné du temps.

On peut se parler ?

-Bien sûr.

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