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...
Cris de mouettes.
...
Les cloches sonnent.
...
*Directions en allemand.
...
-Bonne journée.
Elle claque la porte.
-Alexis ! On va être en retard.
-C'est quoi, ce lait ? Il n'est pas bon.
-C'est quoi, ce lait ?
-J'ai trouvé moins cher.
-OK. Café.
D'abord, je dois prendre mon café. -J'ai changé de café.
-Tom.
Je n'aurais pas dû te le dire comme ça pour Cynthia et son mec,
mais si tu essaies de te venger sur nous, ce n'est pas cool.
-Tu n'as qu'à rattraper ton retard de loyer.
-Toi aussi, tu devrais faire des rencontres.
-J'aime Cynthia.
J'ai réfléchi à ça.
Ce gus qu'elle voit, c'est une bonne chose.
Elle va se rendre compte que je suis irremplaçable.
Je devrais le remercier,
ce type qui sort avec ma femme.
-Et dans le cas...
hyper improbable où ça ne se passerait pas comme ça,
tu pourrais explorer d'autres options.
-Avec d'autres femmes ? Non. Elles ne me font rien.
-"Rien" ? -Non.
-Forcément un peu,
non ? -Non, je te dis.
-Un peu.
-Tiens. Regarde. Voilà. Zéro fluor. Hein ?
Deux fois moins cher.
-Tu l'aimes, mais... -Oui.
-Mais tu restes humain.
-Je dois avoir des gènes de pingouin, peut-être.
-Pardon ?
-Les pingouins, ils sont en couple pour la vie.
Quand l'un disparaît, l'autre déprime. Il ne se remarie pas.
C'est horrible, hein ?
Je suis un pingouin, je crois.
-Excusez-moi, mais en fait,
ça sonnait. J'ai décroché.
-Il ne fallait pas. -Alors ?
-Quelqu'un est mort.
Coups de klaxon.
-Le 1er qui arrive... -Dirige l'enquête.
-Oh !
Hou !
Un chien aboie.
-Oh !
-Excuse-moi. Ca va ?
Je suis désolé.
Ca va ?
-Non !
-Yes !
J'ai gagné. A moi l'enquête. Appelez-moi chef Serino.
-Non ! -Ca claque, "chef Serino".
Tu vois le divisionnaire quand ?
-Pour ce fichu poste ? 17h. Et toi ?
-18. Je vais être tellement nul que le poste va être pour toi.
-C'est moi qui vais être tellement nulle.
-Tu vas être un cador.
-Direct, tu es nommé.
Je vais être nase. -Ah oui ?
-On peut s'y mettre ?
Je t'attendais pour grimper.
-Salut. On a trouvé son portefeuille et ses clés.
Il a dû les faire tomber.
Antonio Amera.
45 ans.
Il a une maison sur le port.
-Fais voir. -C'est moi qui dirige l'enquête.
-Lance les recherches.
-Je donne les ordres. Lance les recherches.
-Je vais chez lui. -Attends.
C'est bon. Tu as mon autorisation. -Oh.
-Commence l'enquête de voisinage.
-Ouais. -Super.
-Ouais, Mehdi.
-Je dirais qu'il est mort hier. Tombé d'un des étages.
-Soit c'est un suicide...
-Soit c'est un meurtre.
On va voir ?
-C'est mon enquête.
-Tu aimes bien diriger.
-Dans les années 60,
un escalier a été bâti derrière.
Ca relie directement l'appartement et la boutique.
Je vous fais un petit thé ? -Je veux bien. Merci.
-Vous allez prendre
un croquant avec. C'est une recette unique.
Pistache et framboise.
-Pardon. -Oui ?
-Qu'est-ce que la victime faisait ici
cette nuit ?
-Il faisait rénover le dernier étage.
...
-Voilà. C'est un meurtre. -Ca peut être dangereux, là.
-Ca doit être la trace du coup que la victime a reçu sur la tête.
Celle-ci, sur le radiateur, c'est quand il est tombé.
On est au-dessus du point de chute.
-Il était mort quand on l'a jeté par la fenêtre ?
-Il faut que je voie au labo.
-C'était pour l'achever ou pour que tout le monde le voie ?
-J'adore mon taf.
-Colombe, ma fille.
Et Mathias, le fils de ma voisine.
-Bonjour. -Bonjour.
Minuteur.
-Viens. C'est l'heure de sortir les sablés du four.
Allez. Viens.
-Il est sous le choc. Il a vu le corps.
Il est autiste. -Sa mère n'est pas là ?
-Au boulot.
On le garde à la boutique. -Vous habitez ici ?
-Non. Je n'habite plus avec ma mère. Je vis un peu plus loin.
-Vous vous sentez bien ?
-Ma mère m'a prévenue parce que je suis sortie avec Antonio
il y a six mois. Ca n'a pas duré longtemps.
-Un mufle.
Pas un homme pour ma Colombe. C'est une jeune femme
avec un grand avenir.
Il lui faut un homme bien.
-Ouais. On mérite tous quelqu'un de bien.
Et... Vous savez
s'il voyait quelqu'un ?
-Oui. Sa mère,
Aurélie Louison.
Elle habite au 2e étage. Elle ne veut pas que son fils sache
qu'elle voyait un homme. -On sera discrets.
-Merci. -Merci.
-Merci.
-Bonne journée.
-Au revoir.
*-Alors.
*Je suis chez la victime. Il vivait seul.
*Je ramène des dossiers financiers, mais à part ça, RAS.
-On a laissé ça à l'accueil. -OK. Tu sais qui a laissé ça ?
-Un jeune de 17-18 ans. -OK.
...
-Wouah !
La victime avait racheté tout l'immeuble.
Bon parti, le gars.
Il a gagné un appel d'offres pour un projet de réhabilitation.
-Ils réhabilitent et en font des Airbnb.
Elle soupire.
-Mon rêve. Je veux avoir un immeuble.
Avec un étage par enfant.
Chacun sa salle de bains.
-Bon. Allez.
Antonio est mort vers 23h30. Il a heurté l'échafaudage après sa mort.
L'hématome, c'est post-mortem.
-Mais il est mort comment, alors ?
-Fracture de l'os temporal et hématome sous-dural.
Il a été frappé par un objet contondant.
-D'accord. Autre chose ? -Oui.
D'après l'impact sur l'os et la profondeur de l'entaille,
soit le tueur est un homme petit et gringalet, soit c'est une femme.
-Hm... (OK.)
-Tu n'as pas vu la 3e.
Regarde.
-Oui. Elles sont bien, tes photos. Mais tu ne souris pas.
-Ca fait mystérieux.
-Non. Et dans l'onglet "mes passions", tu mets "mon métier".
Les filles vont se dire que tu ne penses qu'à ça.
Tu devrais mettre "la randonnée". Ou "cuisiner".
-C'est ma mère qui fait à manger. Je ne sais pas cuisiner.
-Comment tu veux pécho si tu ne sais pas cuisiner ?
-Ouais. -Eh oui.
-Ca a donné quoi ?
-Ah oui.
La propriétaire du magasin et sa fille ont un alibi.
La mère était au restaurant avec un collectif.
Sa fille est revenue
de Nice ce matin.
C'est quoi ?
-Quelqu'un a déposé ça.
Vous voulez jouer ?
-Non. Je n'ai pas le temps.
-C'est un rébus. -Allez.
-Je vois bien
que c'est un rébus. Bon. Tu... Ca,
c'est "an". T...
"Oignon" sans N,
"Onio".
A des vagues.
-Non. La mer.
-C'est une fleur ?
-Lavande.
-"Lavande". Attends.
"Antonio Amera, 15 rue de la Lavande."
C'est la victime et l'adresse du crime.
-Aurélie Louison,
quel était votre lien
avec la victime ? -On a rompu récemment.
-A cause de Mathias ?
-Oui. Ca a compté.
Mon fils est autiste.
Mais ce n'est pas la seule raison.
Je n'aime pas critiquer les morts, mais c'était un sale type.
Moi, je l'aimais. Et il m'a fait croire
que je comptais, mais il s'en fichait.
-Ca vous donne un mobile.
-Je suis mère célibataire.
Vous croyez que j'aurais fichu ma vie
en l'air ?
Non. Je n'ai pas tué Antonio. Mais je ne vais pas le pleurer.
-Et... Vous étiez où, hier soir ?
-A votre avis ?
Mon fils dormait. J'étais dans mon lit.
-Vous n'avez rien entendu ?
Pas d'éclat de voix ? -Si. Vers minuit, minuit et demi.
J'ai entendu du bruit
dans l'escalier. C'est tout.
-C'est quoi, cette histoire
de boîte mystère ? -Ce sont des énigmes, cheffe.
-Dans la 1re enveloppe,
il y a un dessin de crâne avec le nom et l'adresse de la victime.
On en est à la 2e énigme. Après, il restera deux enveloppes.
-D'où vient
cette boîte ? -Un jeune l'a déposée à l'entrée.
-Ce morceau là
et ce morceau ici.
Non. Celui-là.
C'est un article
sur un autre immeuble. La mairie l'a fait évacuer.
-Ca y est. J'ai fini. Et voilà.
-Un 2e crâne.
Une 2e adresse.
On a potentiellement une 2e victime.
-Je préviens Lola. Jordan, foncez.
-Très bien. -Mehdi, enlevez-moi ça.
-C'est là.
On a peut-être une victime à l'intérieur.
-Ouais. C'est ouvert.
-On y va, mais on fait gaffe. L'agresseur est peut-être dedans.
-OK. -OK ? Go.
...
Il gémit.
-Ne bouge pas ! Police !
-Je n'ai rien fait.
-Ca va, Jordan ? -Oui.
-Lâche-moi !
(Putain.)
-Tu vis ici ?
-D'après vous ?
-Il y a eu
un arrêté d'évacuation. -On n'a nulle part
où aller, nous ! -Tu l'emmènes au poste ?
Je vais voir
s'il y a un corps.
-Quoi ? Il se passe quoi ? -Allez !
-Je n'y arrive pas.
*D'accord ? -Tu ne sais pas lancer un appel
*en visio ? Ma grand-mère m'appelle en visio.
Tu es un boulet.
-Qui a remis l'heure sur ton micro-ondes
et qui a fait débugger ton forfait ? C'est moi.
Je suis un pro.
-Papy a trouvé le bouton ?
C'est facile.
-Tu es intervenue sans moi et tu m'engueules.
-Il fallait agir vite. -Je voulais vous parler.
Vous avez mené une action risquée qui aurait pu mal tourner.
On arrête
les actions hors procédure !
-On a arrêté une suspecte.
-Une squatteuse sans lien
avec l'affaire. Vous n'avez rien
de plus concret ?
-On a trouvé le livreur de la boîte.
Je l'ai repéré
sur la vidéosurveillance, mais il porte un casque.
Je vais voir si j'ai mieux.
-La boîte n'a pas d'empreintes.
-Vous me tenez au courant.
Concentrez-vous sur des pistes sérieuses.
C'est à vous deux que je parle. -Oui.
-Oui, commissaire.
-Tu as fait exprès de m'appeler
pour qu'elle m'engueule.
-Je comptais le faire moi-même.
-C'est ça.
Tom.
Est-ce que tu vois...
"Antonio Amera" ? Il était propriétaire de cet immeuble aussi.
-Il avait deux immeubles. -Oui.
Il l'a laissé tomber en ruine. C'est sa faute,
les expulsions.
-Ca, c'est un bon mobile.
Remets la photo sur l'arrêté. Je fais un "screenshot".
-Laisse plutôt Mehdi faire. -Je peux le faire.
-C'est bon. C'est fait.
-J'allais le faire.
Notification.
-J'ai juste besoin de comprendre. -"Comprendre" quoi ?
C'est chez moi, cet immeuble. J'y suis née et j'y ai grandi.
-La mairie l'a fait évacuer.
-Parce qu'il y a eu des diagnostics.
De plomb ou d'amiante, je ne sais plus.
Après, on s'est fait virer.
-Vous devez en vouloir
au propriétaire.
-C'est une ordure. Il a détruit ma vie. On n'a jamais retrouvé
de logement, avec ma mère.
On est retournées vivre chez nous. Parce que c'est mieux que la rue.
Vous avez parlé d'un mort. C'est quoi, l'histoire ?
-Antonio Amera.
Le propriétaire. On l'a retrouvé assassiné.
-Ce n'est pas moi.
-Vous étiez où,
hier soir ? -Chez moi, avec ma mère.
Il faut me laisser tranquille. Moi, je dois m'occuper de ma mère.
Elle n'a que moi.
Désolé. Je suis en retard.
Bien. Alors. On devait se voir pour votre possible transfert...
-Attendez. Je résous une énigme
d'une affaire en cours.
Plus j'y pense,
plus je pense que Tom Serino serait vraiment mieux placé pour le job.
Il est apaisé. Il écoute bien les ordres.
-Ravi d'apprendre ça. Et vous ?
Vos taux d'élucidations sont bons. -J'ai des manquements à l'ordre.
-Hm hm.
-C'est comme ça, hein.
Ah mais voilà.
-Vous voulez reporter ?
-Yes !
Ca vous fait penser à quoi ?
-Une maison.
-Vous pouvez faire mieux.
-Ah oui.
C'est aussi un logo.
-"Un logo" ? -Hm hm.
Un logo d'une marque de porcelaine portugaise. Casa... Mosa.
Ma femme adore. Pas moi.
-"Casa Mosa" ?
-Oui.
-Excusez-moi.
Bingo. Casa Mosa est vendu dans un seul concept-store
à La Seyne-sur-Mer.
Merci. Vous êtes parfait. Vous devez avoir le poste.
Il faut que j'y aille. C'était hyper chouette.
Ca m'a beaucoup aidée.
Tom Serino.
*-Allô ?
-Jordan, retrouve-moi le patron de Casa Mosa.
-Bonne journée. -Salut.
Droit et direct.
Monsieur Languire. Non.
Monsieur Languire.
C'est claqué, ça.
Monsieur Languire.
Monsieur Languire. -Bonjour.
-Vous gérez un concept-store ?
-Oui. -Je vous en prie.
-Vous pouvez me dire
pourquoi je suis là ?
-Pourquoi le logo d'une marque qui n'est vendue que chez vous
apparaît dans une enquête pour meurtre ?
-De quoi vous parlez ?
-Quel est votre lien avec Antonio Amera
et quand l'avez-vous vu
pour la dernière fois ?
-Oui. J'ai appris qu'il était mort.
Mais c'était juste un partenaire commercial.
-"Partenaire commercial". -Hm.
-C'est-à-dire ?
-Antonio a acheté un nouvel immeuble et on s'est associés.
On a fait des affaires. C'est un problème ?
-Vous avez l'air tendu. -Non.
Vous voulez
que j'aie l'air de quoi ? -Vous pourriez faire semblant
d'être peiné par sa mort. -Ecoutez. Antonio voulait virer
les locataires pour faire
de la location saisonnière. Forcément, ça fait des mécontents.
-"Forcément".
Vous étiez où vers 23h30 ?
-Chez moi, avec ma femme.
-Bien.
Il va de soi que vous ne quittez pas la région.
-Ca va, Cynthia ? -Et toi ?
-Oui. -J'ai commandé.
-Cool. Tu voulais me voir ?
-Oui. C'est à propos de Ludivine.
-Un problème ?
-Elle ne se sent pas à l'aise. Je vais la reprendre à plein temps.
-Pourquoi tu n'en parles pas à Tom ?
-Je ne suis pas contre Tom. Je veux le meilleur pour Ludivine.
Tu vois bien comment ça se passe avec son père.
-C'est vrai que c'est tendu. Cette coloc
à 5... Ce qu'elle perd
en qualité de vie, ce n'est rien comparé à ce qu'elle va perdre
si elle n'a plus ce lien avec son père.
Tom aime sa fille. Tu le vois, ça, quand même.
Ludivine a besoin d'être là aussi pour le voir.
Je te propose un truc.
On se donne un mois.
On ne change rien.
On attend et on voit.
Il faut qu'elle prenne ses marques. Il faut digérer cette séparation.
-OK. Un mois et on voit.
-Si j'avais su que Lola
était candidate,
je n'aurais pas postulé. Elle est faite pour ce poste.
Vraiment.
Non. Je ne me pardonnerais pas de priver la financière
d'un profil pareil.
-Pardon. -Excusez-moi.
Est-ce que vous pouvez m'aider ?
C'est une énigme.
-Ah. Encore une énigme.
-C'est une suite de lettres.
Il y avait ça aussi.
Ca vous dit quelque chose ?
-Un avocat.
-"Un avocat". -"Un avocat".
-Vous êtes trop fort.
"A vaut K."
Il faut remplacer les A par les K.
En vous entendant
le dire, j'ai compris. -Vous ne voulez pas...
-Attendez. A vaut K.
B vaut L.
C, ça vaut M.
Putain. Ca marche.
-On en est où, Jordan ?
-On se concentre sur Aurélie Louison.
-Qui a eu une liaison
avec la victime. -Oui. Rupture mal digérée.
Sarah Meunier, locataire de l'immeuble.
-Elle a tout perdu.
-D. Languire. Associé de la victime.
-Une énigme pointe vers lui.
-Hou ! Yes !
-Bon boulot, Jordan. Bravo.
Qu'est-ce qui se passe ?
-On a craqué la dernière énigme. -Oui. "Je ne peux pas parler,
"sinon, on va me faire
"du mal. Je ne parle pas."
-On a un témoin du meurtre. -Si on le trouve avant le tueur.
-Ouais. Sinon,
on aura une seconde victime.
Tu fais un tuto meurtres en série ?
-Maman ! Ca va ? -Oui.
-On a tous fini.
A ton tour. -Qu'est-ce qu'il y a ?
-Parrain nous a coupé les cheveux.
-Ah... -Ca rend bien. Je suis content.
On fait des photos ?
-Trois coupes
d'économisées.
Viens. -Moi ?
Non. -Allez. Viens.
Bon.
Je te fais juste les pointes. D'accord ?
Hé. Détends-toi.
-Je suis détendue. -C'est ton moment. Relaxe-toi.
Je vais d'abord te démêler les cheveux.
Bon.
Elle soupire.
...
...
-Arrête.
Arrête. -Qu'est-ce qu'il y a ?
-Je veux prendre une douche, en fait.
J'aime bien mes cheveux comme ça.
Elle claque la porte.
-Hou là. Petite tête.
-Tu veux un café ?
-Ca va ?
-Bah...
Ca va, mais... Quand même.
-Ah. C'est Tom.
-Non.
Oui.
-Qu'est-ce qu'il a fait ? -Il a voulu me couper les cheveux.
-Oh. Wouah.
-C'est juste que...
Depuis mon divorce, j'ai renoncé aux mecs.
Priorité aux enfants. Je ne veux pas du couple.
-Et Tom a débarqué.
-Oui. Enfin, non. Ce n'est pas ça.
Enfin, tu vois, c'est juste que...
Il est à moitié à poil tout le temps,
quoi. Et visuellement, c'est... -Excitant.
-Non.
Si. Un peu.
Non. C'est juste que...
A force de tout centrer sur les enfants,
je me suis oubliée.
-Tu as le droit de penser à toi. Tu n'es pas juste une maman.
-Je sais bien. Je sais, mais je...
Je ne veux pas repartir dans une longue histoire.
-Hm. Même une courte histoire. Pas mal d'hommes sont OK avec ça.
Tu vois ? Genre...
Il y a lui.
Puis lui.
Et lui.
-Attends. Fais voir.
Ah.
-Il se passe quelque chose, dans ta vidéo, là ?
-J'ai trouvé.
Note la plaque.
-C'est quoi ? -ZW159AR.
-"ZW159AR".
Je l'ai. "Marcus N'Guyen".
-Adresse ?
-Dans le quartier des artisans.
-On y va.
-C'est lui, là.
Hé ! Hé ! Arrête-toi !
Il gémit.
...
-Pourquoi tu cours, Marcus ? Hein ? -Tu as des trucs à te reprocher ?
-De quoi vous parlez ? -Du colis.
-J'ignorais tout
du contenu. -Ah oui ?
-Je rendais service.
-A qui ?
-Un ado chelou.
Il ne parlait pas. Il ne me regardait pas dans les yeux.
Il m'a écrit qu'il ne pouvait pas aller seul chez les flics.
Que c'était trop loin.
Il m'a payé. -Tu l'as vu quand et où ?
-Sur la place Saint-Jean, tôt hier matin. Il avait l'air fatigué.
Je n'ai pas réfléchi.
*Tonalité.
-Tom ? *-Dis-moi.
-On a le livreur. Un ado lui a donné la boîte.
*-Ca ne peut être que Mathias.
-On l'emmène.
...
-Bonjour. -Bonjour. On peut entrer ?
-Heu, oui. Oui. Je vous en prie.
-On aurait besoin de voir votre fils.
-Il est en bas, à la boutique.
Je ne comprends pas. Pourquoi vous le cherchez ?
-Tout va bien. On a juste besoin de lui parler.
On pense qu'il a assisté au meurtre.
-Je... Je... Je vais le chercher. -Ouais.
-Excusez-moi. Est-ce que Mathias est là ?
-Non. -Sa mère nous a dit qu'il était là.
-Je ne l'ai pas vu. Ma mère m'a demandé d'ouvrir la boutique.
J'ai ouvert à 8h.
-Mathias ? Mathias ?
Il est où ?
-Je ne sais pas. Pourquoi ? Il se passe quoi ?
-Il devrait être là.
-Je vais faire le tour du pâté de maison.
On va le retrouver.
Lola ?
Le gamin a disparu.
On a besoin de toi.
-OK, Jordan. Je suis en route. Je suis là dans 5 minutes.
Il n'est pas là.
-Comment ça ?
On va le retrouver.
Asseyez-vous.
Ouais, Lola.
Le gamin est parti seul.
-OK. Je le cherche.
*-OK. Bon. Je suis dans sa chambre. J'ai des éléments
qu'il a utilisés pour la boîte. Il y a du papier calque.
-Tu as quelque chose pour me guider ?
*-Heu...
Il y a des photos de lui,
de sa mère, des feuilles pliées
qui forment des animaux.
Il y a pas mal de dessins aux murs
et... Je ne sais pas quoi dire. Il y en a partout.
-Ca représente quoi ? *-C'est abstrait.
-Fais un effort.
*C'est comme ses énigmes ?
*Tom ! -Ne me stresse pas, là !
Elle sanglote.
*-Tu dois comprendre
la logique d'un ado.
-Alors, attends.
Je ne sais pas.
On dirait des enceintes militaires.
On dirait une architecture de Vauban.
C'est le fort Napoléon.
-OK. OK. Je ne suis pas loin. Je fonce.
Vous n'avez pas vu un ado ?
-Là-bas, vers les escaliers. -Merci beaucoup.
Mathias ?
Attends !
Mathias !
Non. Pas ça. Attends.
Mathias.
Ah.
Mathias !
Arrête !
Eloigne-toi du bord.
On a eu ta boîte, Mathias. Je suis de ton côté.
Je suis de la police.
On est là.
Je suis avec toi.
Ca va aller. OK ?
J'ai compris tes énigmes.
Je vais te protéger. D'accord ?
Je suis là.
Je suis là.
-Bonjour, Mathias.
Je m'appelle Tom.
Je...
On a résolu tes énigmes.
Dis-nous qui tu as vu ce soir-là.
Tiens.
-Merci.
Merci de l'amener dans une pièce calme.
Ca lui fait du bien.
Je fais tout pour le protéger. Il ne sort jamais seul dehors.
-Il allait souvent au dernier étage ?
-Oui. La porte
restait ouverte.
-Dans la vie, Mathias, il vous a, vous.
Il a Estelle au rez-de-chaussée. Il a l'école. Personne d'autre ?
-Personne.
...
-Message caché.
Il y a du neuf ?
-Non. Il se tait. Il est autiste.
Il a du mal à communiquer.
-Ouais. Il essaie.
Il a passé la moitié de la nuit à fabriquer cette boîte.
Elle soupire. -Il y a un dessin.
C'est fragile. Arrête. -Ca va.
C'est celui de la boîte ? -Oui.
Il veut qu'on fasse quoi ? -Je n'en sais rien.
Tu crois qu'un truc va sortir ?
-Je ne sais pas, moi.
-Attends.
C'est quoi, ça ?
Ah.
-Un double-fond.
-Futé, Mathias.
-Une colombe.
-Oh.
-Bonjour.
-Encore vous ? -Ma mère vous a tout dit.
-On n'est pas là
pour votre mère. -Vous n'avez pas fini ?
-Maman.
-Quoi ? -On a enfin compris votre mobile.
-A. Amera a été autorisé à rénover l'immeuble grâce à vous.
-Pire : vous avez soutenu son projet.
Vous l'avez défendu et son dossier est passé.
-Il prétendait vouloir rénover l'immeuble
pour le bien des locataires. -Tu l'as cru ?
-Bien sûr.
Vous étiez amoureuse. Mais lui, il s'est servi de vous.
-Il voulait expulser tous les habitants.
-Ils se seraient retrouvés à la rue,
dont votre maman. -Taisez-vous ! Non. Non.
-Vous vous êtes fabriqué un alibi
en partant à Nice.
-J'étais tellement en colère. Je n'avais plus de mots.
J'ai attrapé un outil
et... j'ai tapé. Sa tête a heurté le radiateur.
Je voulais seulement t'aider. Il voulait tout nous prendre.
-Ma chérie.
Ma chérie.
-Madame.
Elle sanglote.
...
...
Rires.
-Ah.
Notification.
-Comment on fait ? Comme ça ?
-Ouais.
-"Flic ? Faut que je fasse gaffe ?"
-"Grave. Menottes et tout."
-Comment vous faites ?
-"Un verre ce soir ?"
-"Je réfléchis."
-Tu prends les deux petits bouts.
-Là, tu as le pli.
Tu l'enlèves. Hop.
-Ca pue.
-Les enfants,
ça vous dit, un jeu de société ?
-Oui. -Grave.
Je vais le chercher.
-Je me suis trompée.
J'ai inversé.
-Pas grave. -Hou !
-Ca va ? -Ouais. 50 mn
de cardio.
Ca va ? -Ouais.
Tu joues au Cluedo ? -"Cluedo" ?
-Ouais.
-Pourquoi pas ? On se met en équipe ?
-"Equipe" ?
-C'est notre dernière enquête ensemble avant ton transfert.
...
Ca va ?
-Ca va. -Ouais ?
-Ouais. C'est... C'est Gaëlle.
-"Gaëlle" ?
-J'avais zappé. Il faut que je la voie ce soir.
-Si vite ? -Désolée.
Je dois y aller.
A plus. -On commence.
-On s'appelle. -Maman !
-Ca marche.
Elle soupire.
Le téléphone sonne.
-Oh.
Oui, commissaire ? *-Qu'est-ce que vous avez fichu ?
Le divisionnaire est furieux. *-Ah.
Mais du coup, il a choisi
entre Tom et moi ?
-Oui. Il a choisi. Ca ne sera aucun de vous.
-Ah... OK. Bon.
Vous lui dites qu'on est désolés. On ira s'excuser demain.
*-Vous ne comprenez pas.
Il vous a trouvés "trop instables pour être chefs de groupe".
-Comment ça ?
-Surtout à deux sur le même poste.
Je dois faire un choix.
-"Faire..."
C'est-à-dire ?
*-D'ici la fin
de l'année, Lola, il y en a un de vous deux qui devra partir.
A demain.
Ils rient.
-Allez.
...
Alors ?
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