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Original subtitles

Sous-titres optimisés et validés par Fedo (Octobre 2013)

172 est parti à Kinshasa hier.

169 est rentré quelque peu mutilé.

Salement.

Je pars déjeuner. Davis tiendra le fort.

Excusez ce retard. On sort vendre des secrets ?

Je n'ai plus d'offre valable pour nos secrets. Et vous ?

Je prends ce qu'on me donne. Les célibataires ont des besoins.

Comment va Sarah ? - Bien.

Et le petit bâtard ? - Le petit bâtard aussi.

Ciel, on nous téléphone !

Si c'est le Zaïre, transmettez au Foreign Office et au Trésor.

Le général Tomlinson vous demande. - Le général Tomlinson ?

A l'étage, bureau A3.

A3. Merci.

Entrez.

Castle, entrez !

Le colonel Daintry... - Enchanté.

Asseyez-vous.

J'ai connu un cousin à vous à Cambridge.

Le colonel arrive pour diriger la Sécurité.

Mon cousin Roger ? Je ne l'ai pas vu depuis des années.

Il est au Trésor. Mention TB en maths.

Avec ma mention AB en histoire, je suis ici.

J'expliquais que Davis et vous seuls traitez les câbles top secret

qui passent par la section 6A.

Watson dirige la 6. Il les voit aussi.

Davis était donc à l'université de Reading ?

Vous lui avez parlé ?

Je lui ai parlé de vous, je vous parle de lui.

C'est un contrôle à ciel ouvert !

J'ai cru comprendre... qu'il était un peu de gauche ?

Il est membre du parti travailliste.

Et vous ?

Apolitique. Davis a dû vous le dire.

Ne voyez rien de personnel dans tout ceci.

Il faut appliquer les consignes.

Je ne vous retiendrai pas, j'ai un train à King's Cross.

Un week-end de chasse ? - Comment le savez-vous ?

Oui. Elémentaire. - Mon cher Watson.

Watson dirige notre 6e section.

Je ne voulais pas... - Pure routine !

Il y a tant de règles que certaines sont négligées.

C'est dans la nature humaine.

Par exemple, l'interdiction d'emporter du travail.

Les mallettes...

Vous vivez à la campagne. Peu pratique, non ?

A peine une heure de train. Nous avons un enfant, un chien.

"Huckleberry Finn" ? - C'est meilleur que "Tom Sawyer".

Vous achetez votre fromage chez Paxton ?

Il est mieux que chez Fortnum ? - Pas spécialement.

Mais un fromager, ça a quelque chose de téméraire et d'anglais.

C'est quoi, les "Malteser" ? - Des chocolats.

Bons ?

J'ai été désagréable avec mon fils, ce matin.

Pas trop fâché ? J'en ai demandé autant à Davis.

Il ne portait pas de mallette.

C'est vrai.

Mais je pensais au contenu de ses poches d'imperméable.

Est-ce une habitude d'emporter des dossiers à lire durant le déjeuner ?

Pas que je sache.

C'est très gênant de prier des hommes

de vider leurs poches comme des écoliers.

Non pas que nous n'ayons pas confiance en vous, bien sûr !

Merci.

Croyez-vous que ces friandises plairaient à mon hôtesse ?

J'aimerais un cadeau qui sorte de l'ordinaire.

Alors, ça devrait convenir.

J'enverrai le portier. Chez Fortnum ?

Je l'ignore. C'est bon marché.

Oh, ça ferait pingre ! - Jouez la quantité.

5 £ ? 10 £ ? Dans ces eaux-là ? Vous croyez que ça l'amuserait ?

Certainement.

Je crois qu'on a fini.

Merci.

Sarah ?

Pardon, je parlais avec le Dr Barker.

Que se passe-t-il ? - Sam a la rougeole.

Ça va aller. Qu'il se repose. - Un whisky, docteur ?

Non merci, je n'ai pas fini. J'ai des hypocondriaques partout.

Et quelques cas de rougeole, bien sûr.

Gardez ses rideaux tirés. Evitez la lumière.

Merci d'être passé, docteur.

Qu'est-ce que tu as ?

J'étais inquiet. Rien n'était normal.

Ni épouse, ni enfant, ni chien... - Il est dehors, à brouter l'herbe.

Ni whisky sur le buffet. - Quel homme de coutumes tu fais !

Je sais.

Je refuse les variations intéressantes :

le whisky sur la pelouse et le chien sur le buffet.

Tout est normal, sauf la température de Sam.

Puis-je voir Sam ?

Il allait s'endormir. Mieux vaut le laisser.

Bonjour, Buller.

Pourquoi n'as-tu pas aboyé ? Tu es nul.

Il n'est pas nul en tout. Il a effrayé l'électricien, ce matin.

Même s'il se montrait juste amical.

Il me rassure quand tu n'es pas là. Et Sam l'adore.

Tu l'as fini ?

J'ai besoin de changer. Je vais essayer "Guerre et Paix".

On ne l'a pas. - Je l'achèterai lundi.

Du fromage.

Et des Malteser pour Sam.

L'électricien a eu peur de Buller ? Il le connaît !

C'était un nouveau.

Il a l'air brûlant.

Tu le serais aussi, si tu avais 39,4°C.

Tu es triste qu'on n'ait pas fait d'enfant ?

Je m'inquiète pour son entrée au collège.

C'est un bon coureur.

En Angleterre, on est accepté si on est bon en sport.

Je ne veux pas qu'il soit fait Blanc d'honneur.

Ça, non.

Tu l'aimes, hein ?

C'est étrange... Un petit bâtard. - Davis l'appelle comme ça.

Il ne sait pas... - Non, bien sûr.

Il appelle tous les enfants "bâtards".

J'ai oublié quelque chose.

Quelque chose t'inquiète ?

Rien de grave. C'est qu'aujourd'hui, au bureau,

un nouveau chef de la Sécurité m'est tombé dessus. Ça m'a irrité.

Ce n'est pas leur faute, ils font leur métier.

Je suis dans la Maison depuis plus de 15 ans.

Je mérite quelque confiance.

J'aime la Maison.

Elle t'a donné à moi. Je l'aimerai jusqu'à ce qu'elle te reprenne.

Comme le Seigneur.

A vous, Daintry.

Ce Daintry n'est-il pas un peu fou ?

Je ne crois pas. Quel fusil ! Pourquoi ?

Il est venu avec un grand paquet, me l'a offert.

Et en sont tombés 200 sachets de billes en chocolat !

Je suis censée en faire quoi ?

Mon cher ami...

Je monte, mais il y a à boire avant de se changer.

C'était sportif ?

Les faisans étaient au rendez-vous.

Je suis moi-même pêcheur.

Vous êtes Daintry ? J'avais pris votre tension.

Bien sûr ! Docteur Percival...

Je voulais qu'on parle au calme. Venez dans mon bureau.

Ciel ! Ce sont des Malteser !

Enfant, j'en achetais au ciné.

Nous les devons au colonel Daintry.

Un bail que je n'en avais pas mangé !

Je ne vais plus au cinéma !

Il y a des fuites à la 6e section.

Au siège ? Sur le terrain ?

Je crains que ce ne soit au siège : une des sections africaines, la 6A.

J'ai achevé mon enquête à la 6. Inspection de routine.

La Sécurité s'était relâchée, mais comme dans d'autres sections.

Des mallettes sortent à l'heure du déjeuner.

Les Russes ont pu nous faire croire que la fuite vient d'ici.

Ils peuvent rechercher le scandale.

Briser notre moral. Ça pourrait être pire qu'une fuite.

La fuite est donc sans gravité ? - Une gouttelette.

Des matières économiques. Une idée, Daintry ?

Le chef de la 6, Watson, est un nouveau. On l'a contrôlé.

Ensuite, il y a Castle.

Un homme de l'époque laxiste. Mais je le crois fiable.

Remarié. Sa 1ère épouse est morte. Un enfant.

Maison à la campagne. Assurance vie. Tranquille.

A la campagne ?

Une petite villa à Berkhamsted. Pas d'emprunt. Même pas de voiture.

Un type assez terne. On l'a ramené de Pretoria il y a 7 ou 8 ans.

Des ennuis en Afrique ? - Uniquement personnels.

A cause de sa future femme. - Une Noire, non ?

Est-ce pertinent ? - Ai-je dit cela ?

Parlez-moi de Davis. - J'ai plus de mal avec Davis.

Le genre ostentatoire. Célibataire.

Assez dépensier. Il a une belle voiture.

Moi aussi. - Il aime jouer.

Il aime le porto millésimé... - Moi aussi.

Université de Reading, mathématiques, physique. Travailliste.

Comme la moitié des gens. Et les secrétaires ?

Mieux contrôlées que quiconque.

La mieux informée est la fille du général Chamberlain.

Qui nous a avertis ?

Moscou. Un transfuge soviétique resté sur place.

Ce qui me préoccupe,

c'est que Davis sortait un dossier du bureau.

On le place sous surveillance maximale ?

Voyons plus loin : et si vous prouviez que c'est lui ?

Les juges s'en saisiront.

Et ils auront gagné !

Gagné ? - Un autre procès.

La une des journaux.

Pour une fuite sans importance, on dira qu'on a encore été infiltrés.

Notre source moscovite sera grillée. Elle peut encore être utile.

Mieux vaut encore fermer les yeux.

Mettre le responsable à l'ombre et l'oublier.

Et encourager un crime ?

Les Russes vont rarement jusqu'au procès.

Si on veut les battre à leur propre jeu,

il importe de jouer selon les mêmes règles. Logique ?

Je ne saisis pas ce que vous dites.

Un autre whisky ou on en reste là ?

J'en prendrais bien un autre.

Sans rien compliquer, j'aimerais y voir plus clair.

C'est assez simple. Prenez Davis... Mettez-le sous surveillance maximale.

Vous pourriez lui confier une information spéciale,

voir si elle ressort à Moscou.

Je pourrais lui donner une friandise plausible

venant des bactériologistes de Porton.

Si elle nous revient, il n'y aura plus l'ombre d'un doute.

Quand on sera certains que c'est lui, il faudra l'éliminer.

L'éliminer ?

Evitons le vol de nuit et la salle de presse à Moscou !

Je devrais le pousser sous un train ?

De grâce, évitons les enquêtes !

Il devra mourir paisiblement, sans douleur. Le pauvre !

Qui ?

Si c'est Davis, il a juste 40 ans !

La vie est dure avec ces antibiotiques. Enfin... la mort !

Peut-être une crise cardiaque ? - Ou son foie, s'il boit beaucoup.

Vous parliez de porto, Daintry ?

Je ne dis pas qu'il est coupable.

Davis n'est qu'un exemple pour étudier le problème.

Les bactériologistes... Rien de spectaculaire.

Un certificat médical.

Voilà pourquoi Percival est avec nous.

Je ne vous dérange pas ?

Je vous prête quelque chose ? - C'est quoi ?

Recommandé par mon dentiste. L'eau passe entre les dents.

Parce que vous mangez beaucoup de chocolat !

Ceci m'a été recommandé par Cartier.

Il est plus de minuit !

Vous alliez vous coucher inquiet.

Vous sembliez choqué par l'attitude de Hargreaves.

C'est possible.

Hargreaves aime choquer. C'est sa pointe de malice.

Vraiment ?

Vous vous rasez matin et soir ? - C'est une habitude.

Un rapport avec le mariage ?

Ma femme et moi sommes séparés.

Je n'ai jamais voulu me marier.

La saison de la truite est bien trop courte.

Autre chose... Vous êtes nouveau, sinon vous le sauriez :

nous vivons tous dans des boîtes.

Vous connaissez Mondrian ? - Il est de la Maison ?

Pas que je sache.

C'était un peintre, l'ami !

Les boîtes...

Des parties d'un même tableau.

Chacune est séparée mais maintient un parfait équilibre.

Chacun est dans sa boîte, vous dans la vôtre, moi dans la mienne.

Notre responsabilité s'arrête là. C'est cohérent, vous savez.

Trouvons notre taupe et passons-la à la boîte d'à côté.

Pas de quoi en perdre le sommeil !

Le peintre partage-t-il votre interprétation ?

Il est mort.

Bonjour, M. Castle.

Tout va bien au Foreign Office ? - Tout est relatif.

1897 a dû être notre meilleure année.

Avez-vous "Guerre et Paix", dans la traduction d'Aylmer Maude ?

Vous avez fini "Huckleberry" ? - J'aimerais changer.

J'ai l'Aylmer Maude. Il n'y a pas mieux pour Tolstoï.

En double, comme d'habitude. - La famille va bien ?

Mon fils a la rougeole, rien de grave. Et le vôtre ?

Ses affaires marchent très bien.

Je le verrai un jour ? - Nous parlons souvent de vous.

Il aime savoir ce que vous achetez.

Entrez.

Voilà, beauté. Une lettre pour M. Davis.

Et un câble. Du Mozambique. - Qu'en savez-vous ?

Il n'y a pas de secrets, ici. Il doit signer le reçu.

Un moment.

Une lettre pour vous. Il faut signer.

Et mon message ? - Je suis prise au déjeuner.

Il y a un câble de Lourenço Marques. Je le décode.

Me suivriez-vous à Lourenço Marques ?

J'ai toujours rêvé d'y être envoyé un jour...

Vous y êtes allé, non ?

Sarah et moi avons passé quelques jours au Polona Hotel il y a 8 ans.

Quel est votre rêve ?

La sécurité. Pas celle façon Daintry.

Je suis trop romantique.

Au début, je rêvais de secrets atomiques, de Lüger...

L'atome, c'est la 8e section.

Pourquoi faut-il... Vous avez reçu ça ?

Entendu.

Hargreaves me demande. - J'ai une visite médicale !

Pour l'assurance, peut-être.

J'en ai eu une avant mon départ à l'étranger.

Vous croyez que je pars ?

Je veux bien vous proposer pour un échange.

Je suis sérieux ! J'en ai assez d'être ici.

Allez-y.

Bonjour, monsieur. - Asseyez-vous.

Vous souvenez-vous de Cornelius Muller ?

Très bien.

Il arrive d'Afrique. Il verra certains de vos documents.

Il doit tout savoir du Zaïre. - Il s'intéresse au Mozambique.

Alors, Davis est votre homme.

Si vous lisez mon dossier, notre rencontre fut assez déplaisante.

J'ai lu votre dossier. Comment va votre femme ?

Bien, merci. Il vaudrait mieux que Davis s'en charge.

Il n'a pas votre expérience du BS.

J'ai connu le Bureau de la Sécurité sur un plan personnel.

Vous êtes le supérieur de Davis, c'est le protocole.

Je sais que ce sera à couteaux tirés des deux côtés...

Etes-vous végétariens, au fait ? - Végétariens ? Non.

Bien. Prenez un faisan.

Ma secrétaire ne mange même pas d'œufs !

Etonnant.

C'est très aimable. - Venez, l'automne prochain.

A quoi bon ? Je n'ai jamais tiré de ma vie.

Pourquoi doit-on informer Muller ? - Je ne raffole pas des Hollandais.

Leur Afrique me déplaît. Mais, la préféreriez-vous russe ?

Nous sommes associés dans l'opération "Oncle Remus".

Au cas où Muller en parlerait.

Je vois.

Invitez-le chez vous.

C'est ce que je fais pour les tenir à distance.

Ils repartent en croyant avoir tout vu.

Que dira ma femme ?

Laissons-la décider, d'accord ?

N'oubliez pas ça.

Prenez donc les deux.

J'en donnerai un à Davis.

Pourrais-je vous parler de Davis ? - Bien sûr.

Il étouffe. Envoyons-le à Lourenço Marques.

Notre agent là-bas pourra rentrer. - L'idée est de Davis ?

Pas exactement, mais il aimerait partir.

Il est assez nerveux. - A quel propos ?

Les femmes, je suppose. Et la lassitude du travail.

J'y penserai.

Au fait, la visite de Muller est top secrète.

Même Watson l'ignore. Ne dites rien à Davis.

C'est la couleur exacte du Château Yquem

offert à l'ambassade de France l'autre soir.

Heureusement, la comparaison s'arrête là.

Je n'ai rien de grave ? Je me sens bien !

Surveillez votre foie. Montez sur la balance.

Quoi, mon foie ?

Il faut le ménager. Surtout nous autres, célibataires.

A cause de la vie mondaine. Je vais prendre votre tension.

Je ne suis pas très mondain. J'aime siroter un bon porto.

Je vais parfois au pub. J'en bois un ou deux au club.

Je devine assez bien dans quel club vont les gens.

Le Garrick ?

La salle du Playgirl.

Je suis membre du Wig & Pen.

Invitez-moi au vôtre, je vous inviterai au mien.

Ça vous dirait ?

Pourquoi pas ? Je n'ai jamais vu de striptease.

Les seins dans le Martini...

C'est mauvais pour la tension.

Savez-vous ce que je fais ici ? - Je crains que non.

Je suis dans ma petite boîte, comme vous dans la vôtre.

Vous pouvez vous rhabiller. - Mais vous êtes de la Maison !

Je fais la liaison avec Porton. - Je n'aime pas penser à Porton.

On craint tant le nucléaire qu'on oublie le bactériologique.

Ne critiquez pas Porton, nous y surclassons les Américains.

C'est très utile. - Pourquoi ?

Je n'en sais rien.

Si. Je vous donne un exemple.

Si les Américains nous demandent de créer une bestiole

qui survive à tous les insecticides des Cubains

et ravage leur canne à sucre,

nous répondons : "Bien sûr ! En échange d'une faveur."

Vous me suivez ?

Vous ferez une autre prise de sang. - A quoi servent tous ces tests ?

Nous autres, toubibs, adorons ça. Par amour de la chasse.

Traquer la maladie chez ceux qui se croient bien portants.

Je dois sortir ce soir avec un des chefs.

Davis me logera. - Ça se terminera si tard ?

Ça t'embête ?

Je sais que Davis te chaperonnera.

Voici l'écharpe officielle. - Merci.

Muller viendra dîner.

Cornelius Muller ?

Je dois me montrer amical. C'est un ordre.

Il ne peut plus rien contre nous.

Comment vous me trouvez ?

Tu es superbe !

35 £, monsieur.

Ça doit vous rappeler le bon vieux temps.

Pourquoi ?

L'Afrique.

Pensez à votre tension !

Vous ne m'effrayerez pas ce soir.

La même chose. - Non, merci.

Messieurs, je crèche ici. Je vous dis bonne nuit.

Je regrette qu'il soit venu. - Vous disiez bien l'aimer.

Oui, mais il m'a tapé sur les nerfs à me parler de ma tension.

En quoi ça le concerne ?

Il est vraiment médecin ? - Il travaille avec Porton.

Oui, il me l'a dit.

Ah oui ?

Il était assez fier de Porton. - Comment ça ?

Ils devancent les Américains.

Les Américains viennent, casquette à la main,

mendier des insectes bouffeurs de canne à sucre cubaine.

C'est ce qu'il m'a dit.

Faites comme chez vous.

Je nous sers un dernier verre.

Un peu de musique ?

Personne ne fait le ménage ?

Une dame vient le lundi. Je laisse tout pour elle.

Un verre de porto ?

Vous n'avez pas de scotch ?

On appellera ça un "Black & White Walker" !

On devrait lancer ce "Black & White Walker" :

un panda géant qui marche en haut-de-forme.

Qui ça peut être ?

C'est Sarah. Je vous dérange ? - Non, pas du tout. C'est Sarah.

Tu n'étais pas couché ?

Qu'y a-t-il ? C'est Sam ? - Non, Sam va bien.

J'ai peur. Le téléphone a sonné deux fois

depuis minuit.

Des erreurs. C'est fréquent. N'aie pas peur.

Quelqu'un sait que tu n'es pas là.

Je rentrerais bien, mais...

Non, je vais mieux maintenant que je t'ai parlé.

Je suis sotte, hein ? Je t'aime, chéri.

Moi aussi, chérie.

Excuse-moi auprès de Davis. - Bonne nuit, chérie.

Bonne nuit, Maurice.

Rien d'ennuyeux ?

Pas du côté de Sarah. Je crois que vous êtes sur écoute.

Qu'en savez-vous ?

J'ai senti comme une porte ouverte, habituellement fermée.

Les écoutes sont devenues indétectables.

Sauf s'ils le veulent. - Mais pour quoi ?

Pour vous faire peur. - Pourquoi moi ?

Ce que vous a dit Percival m'inquiète.

Ils ont une fuite et ils enquêtent.

Ils nous suspectent ? - L'un de nous deux.

Peut-être les deux.

Comme ce n'est pas nous, on s'en fout.

Qu'est-ce qu'on s'en fout !

Ils me rendent malades ! Je ne viendrai pas lundi matin.

Cynthia est libre, je l'ai invitée au zoo

et pour un homard au Bentley's.

Elle a dit qu'elle viendrait ? - Mais elle n'a pas dit non.

Peut-être aura-t-elle pitié de moi ?

Pauvre Davis, vous êtes très amoureux !

Si on me demande, je suis chez le dentiste.

Je promets d'être là à 13h.

Watson n'attend pas le rapport de 69300 ?

Après le déjeuner. Je l'emporterai.

Vous prenez des risques !

J'emmènerai Cynthia étudier la copulation des singes.

Pardon pour ce retard. - Bonjour, papa.

J'ai pris un sherry. - La même chose.

Comment va ta mère ?

J'ai une nouvelle à t'annoncer. Seule maman est au courant.

Ne veux-tu pas entendre ma nouvelle ?

Une nouvelle ? Oh... désolé, ma chère.

J'ai reconnu quelqu'un.

Je vais... me marier.

Te marier ? Ta mère le sait ?

Je viens de te dire que oui.

Il est dans une agence de pub.

Il a le talc pour bébé Jameson.

Ils dépensent des fortunes pour détrôner le talc Johnson.

Colin a écrit le slogan : "Jameson est le plus doux.

Ce sont les fesses de bébé qui vous le disent !"

Colin est très créatif. - En effet.

Ma chère, es-tu absolument sûre ?

Nous le sommes tous les deux.

Après tout, nous vivons ensemble depuis un an.

Désolé, je ne savais pas.

Pendant que j'y pense, je te donne notre téléphone.

J'y serai officiellement à partir du 21.

C'est un mariage à la mairie. Nous n'invitons personne.

De la famille.

Sauf maman.

Tu es le bienvenu, bien sûr. Si tu n'as pas trop peur de maman.

Je ne suis pas sûr de pouvoir.

Qu'aimerais-tu comme cadeau ?

Ce serait un chèque, le mieux. Et le plus simple pour toi.

Tu devrais venir. - J'essaierai.

Viens accompagné, ça sera mieux. - Accompagné ?

Tu as bien des amis, non ?

Oui, bien sûr !

Je sais où était Davis lundi dernier.

Au zoo.

Et alors ?

Il avait dit aller chez le dentiste.

Il y a vu quelqu'un ?

Non, mais il attendait quelqu'un. Il avait un dossier sur lui.

C'est peu probant. - Je suis convaincu que c'est lui.

Et Watson ? C'est lui, la nouvelle recrue.

Il repousserait même une infirmière communiste nymphomane.

Reste Castle. Encore plus improbable.

Fils d'un médecin de famille vieux jeu.

Sa mère était chef d'îlot pendant la guerre.

Elle va aux meetings des Conservateurs.

Ça innocente la mère.

C'est un bon fils. Il lui rend visite chaque mois.

Bon père de famille, pas dépensier, modéré sur la boisson.

Il n'aurait pas l'imagination d'un agent double.

Quand on sera fixés, avez-vous décidé de la manière ?

Nous élaborons un joli petit plan.

Les arachides.

Les arachides ?

Les arachides, comme les cacahuètes.

Je sais ce qu'est une arachide, j'ai vécu 6 ans au Nigeria.

Elles peuvent produire une moisissure.

Laquelle produit une substance nommée aphlatoxine.

Garçon !

S'il vous plaît, M. Davis...

Bon, je me cache le premier.

La "proie" a froid ! - C'était votre idée.

Sam me fait craquer. Il adore jouer à cache-cache.

Je l'appelle. - Non, attendez !

Je veux vous parler, Castle.

Je suis suivi.

Jeudi, j'ai emmené Cynthia au Scotts.

Un homme se tenait à l'entrée à notre départ.

Plus tard, il buvait un Black Velvet au Scotts.

Aujourd'hui, en sortant, j'ai remarqué une Mini dans la rue.

Par hasard. Je croyais le connaître.

Ce n'était pas le cas, mais il m'a suivi dans Londres.

Il vous a suivi ici ? - Non, je l'ai semé.

Vous êtes bel et bien sur écoute. - Castle, que se passe-t-il ?

Il doit y avoir une taupe. On vous surveille ostensiblement.

Pour vous faire craquer. Si vous étiez la taupe.

Vous ne croyez pas ça ? - Non, bien sûr.

Ils finiront par s'en dissuader. - Je n'aime pas ça.

Je n'avance pas dans "Guerre et Paix".

C'est un grand livre. Ah, si vous aviez la patience !

Vous avez lu "La retraite de Moscou" ?

Non, et mon amie s'est lassée avant moi.

Voyons ce que nous pouvons faire...

Et un grand victorien ? Trollope ?

Mon fils vous en conseillera un. Il adore Trollope.

C'est curieux...

C'est un garçon surprenant. Mais c'est l'argent...

Il doit gagner beaucoup.

Il a de gros besoins, pour l'impôt sur le revenu de la police.

C'est ce qu'il dit : "La police revenue, on paie l'impôt !"

Deux, comme d'habitude ?

Veuillez entrer.

Entrez, Castle.

Vous vous connaissez, bien sûr.

Content que vous ayez pu venir, Castle.

Asseyez-vous.

Ça n'a pas été commode, mais je suis là.

Ecrire à votre ambassadeur aurait causé un scandale inutile.

Vous avez été très imprudent.

Le capitaine Van Donck, de la Sécurité, nous a informés.

Selon lui, il y a souvent abus des privilèges diplomatiques

par les jeunes employés d'ambassade.

Il veut vous arrêter pour violation de la loi.

Quelle loi ? - Baisez vos putes noires

dans les bordels du Lesotho ou du Swaziland !

Dans votre soi-disant Commonwealth !

Vous êtes sous surveillance.

Sachez que, sans les privilèges diplomatiques,

vous seriez en prison ! - Où est-elle ?

Ça ira, capitaine. Merci d'avoir aidé le ministère.

Croyez-moi, je la retrouverai !

Il risque d'avoir la main dure avec elle.

Je pourrais lui offrir une protection.

Arrive un temps où il faut choisir ses amis.

John doit savoir que j'ai tenté de vous recruter.

Recruter ? Ça n'est pas tout à fait le mot.

Mais nous aurons fini par collaborer.

Si j'avais su votre véritable travail,

je ne vous aurais pas menacé à travers cette Bantoue.

J'ignorais qu'elle était un de vos agents.

Je vous avais pris pour un de ces sentimentalistes anti-apartheid.

Sans rancune ?

Nous sommes des pro.

Votre agent est sorti par où ? - Mon agent ?

La Bantoue. Par le Swaziland, je suppose ?

Nous croyions notre frontière hermétique !

Vous avez un souvenir du capitaine Van Donck ?

Très vif !

Je l'ai rétrogradé pour avoir laissé fuir la fille.

Comment s'appelait-elle ? Mankosi ? - Sarah Mankosi.

Je savais que c'était une histoire d'amour. Ne le prenez pas mal.

Je pensais que vous collaboreriez si nous la gardions en prison.

Voyez-vous,

j'ai eu un jour une expérience avec un cul de négresse.

Pas dans la République, bien sûr...

Au Lesotho, avec mes frères noirs au Holiday Inn Casino.

Ça semblait assez différent, là-bas.

Mis à part que c'était légal.

Donc, à 10h30.

Oui, enfin...

Ça a un rapport avec Oncle Remus et nos éventuels problèmes communs.

Votre pays, mon pays, et les USA, bien sûr.

La voilà. Bonsoir, chérie.

Je te présente M. Muller. Ma femme, Sarah.

Ravi de vous rencontrer, Mme Castle.

On a failli se rencontrer il y a 7 ans.

Sept ans de gâchés.

Votre épouse est très belle.

Et notre fils.

Quel âge as-tu ? - Sept ans. Et vous ?

Que pensez-vous du climat ici, Mme Castle ?

Après l'Afrique du Sud.

Il est moins extrême. Vous parlez bien du temps ?

Oui, du temps.

Il est moins extrême.

A quoi buvons-nous ?

A Oncle Remus ?

Laissons Oncle Remus au bureau. - Si vous voulez.

Je préfère boire à vous et votre femme.

Elle s'est retirée à cause de nous ? - Non.

A vous deux !

Nous avions un excellent porto de Lourenço Marques,

du temps des Portugais.

La ville a beaucoup changé. - Pauvre Davis.

Qui ?

Rien. Un jeune avec qui je travaille.

L'Afrique doit parfois manquer à votre femme.

Elle en a d'autres souvenirs que vous.

Allons, nous sommes tous deux africains !

Ma famille était là-bas avant l'arrivée des Bantous.

Les derniers arrivants identifient les Africains par la couleur.

Surtout les communistes, bien sûr. Comme ce pauvre Connolly.

Pourquoi "pauvre" ?

Il était allé trop loin, il avait des liens avec la guérilla.

C'était un bon avocat. Il a mené la vie dure à la Sécurité.

Il continue ?

Il est mort en prison il y a un an. De pneumonie.

Ça lui a épargné un long procès.

Bonjour. - C'est ça.

Je suis Castle. - C'est ça.

Content que vous soyez venu.

C'est M. Castle, de l'ambassade britannique.

Je ne viens pas en diplomate. Je suis écrivain.

Il rejoint le groupe de discussion et répondra aux questions.

J'espérais en poser aussi. - C'est un échange.

C'est équitable. Qui commence ?

J'ai une question. Qu'est-ce que tu fous là ?

Question rhétorique.

Je ne savais pas. On ne parle pas la même langue.

Et je n'ai pas envie de lire tes livres.

J'essaie juste de...

On a nos Blancs libéraux. Pas besoin d'importation.

Laissez-le parler. - De quoi ? Un écrivain !

Tu sais ce que les Libéraux devront faire ?

Dites-moi. - Ils devront se planquer !

Ce n'était pas une bonne idée. - Mais non, j'apprends.

Alors, ce livre ?

C'est dur de contacter les gens.

Il vous faut un relais. - Tout est bienvenu.

Je verrai ce que je peux faire.

Voici Sarah Mankosi. Pouvez-vous la ramener à Pretoria ?

Bien sûr. - Ne vous faites pas remarquer.

Au revoir. - Merci.

J'ai une vision un peu naïve de l'Afrique du Sud.

Habillée en domestique, je pourrais être devant.

Vous ramèneriez votre bonne à la maison.

Connolly dit que je peux vous aider.

C'est bon. Codez-le pour Londres.

OK demain Hôtel Carlton. Ch. 299

Sarah, tout va bien ?

L'avion avait du retard.

Et votre interlocuteur n'était même pas dedans.

J'ai eu peur qu'un drame ne vous soit arrivé.

Pas à moi. A lui, peut-être.

Vous écrirez votre livre sans lui. Mais il y en a d'autres.

Vous êtes en sécurité, ici ? - Suffisamment.

C'est un hôtel cher. L'un des meilleurs.

Si on se rencontrait à Marmelodi ou à Soweto,

la Sécurité serait intriguée. Il y a d'autres lois pour l'argent.

J'ai apporté à boire.

Whisky ? - Un petit. Merci.

Avec de l'eau.

Bonne chance.

Désolée pour ce ratage. Ça sera mieux la prochaine fois.

Vous devriez arrêter après ça. - Pourquoi ?

Je m'inquiète pour vous. - Ça me manquerait si j'arrêtais.

Pourquoi Connolly vous a-t-il choisie ?

Je m'apitoyais sur mon sort

et il a pensé que je devais me rendre utile.

Que s'était-il passé ? - Un ami à moi est mort il y a peu.

Renversé par une voiture. - Un ami proche ?

Oui.

Comment boire un verre sans attirer l'attention ?

Pretoria est conservatrice, ce n'est pas Johannesburg.

Johannesburg est à moins d'une heure !

D'accord.

Vous êtes vraiment diplomate ? - Bien sûr. Pourquoi ?

Vous n'agissez pas en diplomate.

C'est très diplomatique d'être amical avec les habitants.

Vous avez une chambre, ici ? - Non, pourquoi ?

Le risque vous fait peur ? - Pas vous ?

Ça va. C'était mon idée.

Ce n'est pas ce que je voulais dire.

Tu ne regrettes pas ?

Qu'y a-t-il à regretter ?

Je ne peux pas passer la nuit ici.

Je te raccompagne. - Non, tu dois rester.

Ton départ paraîtrait suspect.

J'ai des amis à Johannesburg, je rentrerai demain.

Quand te reverrai-je ?

Si tu as besoin de moi, passe par Connolly.

Je crois que j'aurai besoin de toi.

Mais je te reverrai hors de tout danger.

Je viendrai à l'ambassade.

Territoire britannique : ce sera légal dans ton bureau.

Ne plaisante pas.

Ai-je l'air respectable ?

De grâce, fais attention à toi.

Pourquoi ne pas venir chez moi ? Nous aurions toute la nuit.

Personne ne vient ici.

Te protèges-tu contre... - Contre quoi ?

Ne crains-tu pas d'être enceinte ?

C'est trop tard. - Comment ça ?

Tu n'es pas concerné. Je suis tombée enceinte avant de te connaître.

Que dis-tu ?

J'en suis à dix semaines. - Et tu ne me disais rien ?

Ça ne te concerne pas. Le père est mort, je te l'ai dit.

Pas que tu portais son bâtard ! - Une Blanche l'aurait fait ?

Tu t'es moquée de moi ! - Sale hypocrite !

Tu ne m'as pas connue à une soirée tennis !

Tu voulais essayer une Noire ! Vérifier si on dit vrai.

Ne parle pas comme une pute. - Je parle comme je veux.

Ramène-moi.

Tu attendais que je m'en aperçoive ?

Arrête-toi ici. - Pourquoi ?

Arrête la voiture !

L'inculpé parle d'un coup de pied dans le ventre.

Quand il était au sol. - Il n'a jamais été au sol.

Et la rupture de sa rate ?

Il m'a foncé dessus, je l'ai arrêté de la main.

Montrez-nous comment.

Veuillez descendre.

Que l'inculpé approche.

Montrez-nous ça à nouveau.

L'inculpé était-il sur des échasses ?

L'audience est ajournée jusqu'à 14h.

Vous l'avez vue ? - C'est d'accord.

Elle viendra ?

Où ? - Chez vous.

Merci.

Je ne savais comment te parler. Je regrette pour...

Si c'était pour ça, c'était inutile.

Non, je voulais te revoir.

Tu m'as manqué.

Tu m'as manqué aussi, Maurice.

C'était affreux.

On dirait que je suis amoureux de toi.

Car les choses n'étaient pas dites. Mais ça ira.

Non, ça n'ira pas.

Je t'aime.

Tu vas t'attirer de gros ennuis.

Nous en attirer.

Oui, nous en attirer.

Oh, je t'aime !

La clé de Sarah.

N'ayez crainte pour elle, elle est entre de bonnes mains.

Dieu merci ! - Votre bureau est averti ?

Londres veut que je parte.

Prenez le premier avion pour Lourenço Marques.

Attendez Sarah au Polona Hotel. Je vous l'enverrai.

Je vous suis si reconnaissant !

C'est pour la cause.

J'aimerais pouvoir dire que j'y adhère, mais c'est faux.

Votre communisme ne doit pas être le vrai.

Si, c'est le vrai communisme.

Sa fuite prendra peut-être une semaine ou deux. Adieu, Castle.

Content de vous revoir.

Je pensais ne jamais vous revoir, Boris.

Ils m'ont renvoyé ici après votre dernier rapport sur Muller.

C'est quoi, ça ?

Je donne des cours de langue. - De russe ?

D'anglais ! Mon seul élève est polonais.

Saviez-vous que Connolly était mort ?

Je l'ai appris récemment.

J'aidais Connolly car il avait sauvé Sarah.

Je ne partageais pas ses vues. Et Connolly est mort !

Vous vous disiez naturalisé noir par amour pour Sarah.

Vous faites ça pour le peuple de Sarah.

On a besoin de vous. - Mes informations sont sans valeur.

Oncle Remus, c'est du sérieux.

Et chez vous ?

Il y a ces appels... Sarah croit à des voleurs.

Et Sam et Sarah ? Si j'ai un ennui...

Votre fuite a été préparée. - Ma fuite ? Et Sarah et Sam ?

Ils suivront. Vous pouvez nous croire.

Je sais. Désolé.

Qu'y a-t-il ? Mon avion attend !

J'ignorais que vous partiez à Washington.

Moi aussi. Que voulez-vous ? - Un feu vert.

Un feu vert ? - La carte marquée est revenue.

Quelle carte ?

Vous vous rappelez cette soirée chez vous, après la chasse,

avec vous, Daintry et moi ?

Je devais passer une information à un ami à nous

qui est en mauvaise santé.

Elle est revenue comme un pigeon voyageur.

Vous êtes sûr ?

Je suis sûr.

Bien.

Le bureau croit que vous avez la gueule de bois.

Je me sens affreusement mal. On n'a pas bu tant que ça.

J'ai eu tort de vous sevrer du porto. Assis, mon vieux.

Ça doit être le champagne.

Les alcools dans ces stripteases sont une honte nationale.

Que faites-vous ?

C'est meilleur que le verre au réveil.

Merci pour votre aide. - Inutile de vous laisser souffrir.

Voici le courrier.

Le sac du Zaïre est arrivé ? - Au fait, Arthur est malade.

Qu'est-ce qu'il a ?

La migraine. Il a appelé lui-même. Ça devrait aller.

La gueule de bois ? - Peut-être.

Il a dit être sorti avec le Dr Percival hier soir.

J'irai le voir au déjeuner. Vous viendrez ?

J'ai du travail.

C'est gentil d'être venu. - Je reviendrai.

La prochaine fois,

pourriez-vous demander à Cynthia de venir avec vous ?

Comment va Sarah ? - Bien.

Et le petit bâtard ? - Bien aussi.

J'aimerais avoir un petit bâtard. Mais avec Cynthia !

"Pourquoi m'a-t-elle regardé, elle qui refuse mon amour ?"

Je suis atteint ! Je lis des poèmes.

Et je marque les passages qui me rappellent Cynthia.

Je lui demanderai.

Je ne fais pas semblant, j'ai les bras et les jambes en compote.

Ne croyez pas que ça m'arrêtera.

Vous arrêter ?

Je serais un autre homme à Lourenço Marques.

J'en ai parlé à C.

Vous êtes un ami.

A bientôt.

Entrez !

Vous vouliez me voir ?

Venez vous asseoir.

Ma fille.

Belle fille !

Elle se marie ce matin. - Félicitations.

Je ne connais pas l'époux. On parlerait fesses de bébés...

Fesses de bébés ?

Il a inventé le slogan :

"Jameson est le plus doux,

ce sont les fesses de bébé qui vous le disent."

Vous ne vous sentez pas seul, ici parfois ?

Je m'entends bien avec Davis, ça change tout.

Vous êtes content de lui ?

S'est-on plaint de lui ? Car je me porte garant de lui.

Me rendriez-vous un service ?

Je suis lâché par le gars que j'emmenais au mariage.

Je ne voudrais pas que ma fille croie...

...que je n'ai pas d'amis.

Nous n'irions pas à la mairie.

Mais il y a une petite réception chez ma femme.

Qu'en dites-vous ? - Je serais ravi de venir.

Vous me sauvez.

Je ne connais personne, sauf ma femme, bien sûr.

Mais je ne lui ai pas parlé depuis sept ans.

Il est d'un sexy !

Je suis Daintry.

Le père de la mariée. - Le mari de Sylvia !

Et vous êtes ?

Partons. - Vous devez voir votre fille.

J'avais oublié les chouettes.

Edward m'a dit que tu étais là. Trop aimable d'être venu.

Voici Castle, du bureau. J'ignore votre... Maurice Castle.

Bon sang, Edward ! Est-ce une chouette ?

Non ! Juste un cendrier.

Vous êtes un ami de Colin ?

Il est génial. - Vous travaillez ensemble ?

Je suis le talc de bébé Jameson !

Les manteaux dans la chambre. Par là.

Vous êtes Castle ?

On vous demande. Une femme. Elle semble bouleversée.

Sarah ?

Cynthia ! Que se passe-t-il ?

Tu n'as pas encore vu Colin.

Davis est mort.

Il est mort. Le Dr Percival est là-bas.

Percival ! Mon Dieu, cet homme !

Edward, John a cassé une chouette !

Je ne peux pas être partout !

Vieux barbon, je ne te le pardonnerai jamais !

Venez, Castle. - Et en plus, que fais-tu chez moi ?

Je ne m'y attendais pas. - Que voulez-vous dire ?

Je ne m'attendais pas à ce que ça arrive si vite.

Il y aura une autopsie ?

Bien sûr, si son docteur la demande.

Que font ici les Spéciaux ? - Je les ai appelés.

Vous croyez qu'il a été tué ? - Non, bien sûr.

Son foie était dans un état terrible.

Je ne comprends pas ce qu'ils cherchent.

C'est un contrôle de sécurité.

Encore une : la même marque verticale dans la marge.

"Pourquoi m'a-t-elle regardé, elle qui refuse mon amour ?"

Guerre et Paix

Tu sors ?

J'ai besoin d'air. Buller aussi.

Chéri, attendons de dire à Sam pour Davis.

Il cherche encore ses marques à l'école.

C'est toi qui sais.

Pauvre Davis. Fini, les cache-cache. - Oui, fini, les cache-cache !

Viens, Buller.

SVP, cessez toutes communications

Adieu

Cours, papa, cours !

Buller !

Messieurs...

Ferguson, bureau du 1er ministre. Phipps, Renseignements de l'armée.

M. Muller. Voulez-vous vous asseoir.

Désolé, mais M. Watson va directement aux funérailles.

Zut ! On est sans la 6e section.

Mais j'ai eu M. Castle. Il est là. - Faites-le entrer.

On a un mort dans la famille. - Navré. Qui est-ce ?

Un gars nommé Davis.

M. Muller rentre tout juste d'Allemagne.

Merci d'être venus si vite.

Désolé de vous priver d'enterrement. Remplacez Watson.

Bien entendu.

Allez-y. Pas de notes, messieurs.

Merci.

C'est une réunion informelle concernant l'opération Oncle Remus.

Il faut d'abord dire que cet Oncle Remus

ne vise pas à défendre l'Afrique du Sud, mais tout l'Occident libre.

Ce doit être compris à Washington, d'où Sir John revient à l'instant.

Si une guerre raciale ferme les mines d'or,

la Russie contrôlera le marché de l'or.

En comparaison, la crise pétrolière sera un désagrément mineur.

Il y a l'or, mais aussi les diamants, l'uranium.

Et si la guerre était perdue, comme au Vietnam,

le tableau serait assez préoccupant.

Ils ne s'engageraient pas à nouveau.

Je veux dire, avec des troupes sur un continent étranger.

Ils connaissent aussi mal l'Afrique qu'avant, l'Asie.

Oncle Remus rendrait l'emploi de troupes presque inutile.

Le plan, en cas d'invasion, consiste à fermer l'Afrique du Sud au nord

en laissant un corridor où l'ennemi serait défait.

Comment ? La frontière est longue et ouverte.

Trop longue pour miner le terrain. Vous voulez bâtir un mur ?

Un mur invisible, oui.

L'usage d'armes tactiques en pays désert créerait ce mur.

Tactiques ?

C'est un mot rassurant.

La bombe tactique est raisonnablement propre,

bien plus que celle d'Hiroshima.

Mon Dieu !

M. Castle, j'espérais votre visite !

J'ai le Trollope pour vous.

Mon fils dit qu'il vous plaira beaucoup.

J'espérais le voir. Le trouverai-je ici ?

Pas maintenant. Un message pour lui ?

C'est une affaire assez délicate.

J'ai des livres chez moi, datant de mon enfance.

Des livres illustrés qui pourraient l'intéresser.

Je me disais que certains pourraient valoir une belle somme.

Vous savez ce que c'est. J'ai une liste avec moi.

Je m'assurerai qu'il l'ait dès son retour.

C'est très aimable. - Et pour "Comment nous vivons" ?

Le livre de Trollope ?

Je peux ne pas le prendre ? Pour me reposer de tout ça.

Attendez une minute.

Tire-toi.

Bien. C'est d'accord.

Un autre pauvre Davis ? - Tu ne sais rien de Davis.

Mets du soda. - Ne me materne pas, Sarah !

Désolé.

Il est arrivé quelque chose.

Pourquoi ne m'en parles-tu pas ? Parce que c'est interdit ?

La loi sur les secrets et autres bêtises !

Ce n'est pas eux.

A notre arrivée en Angleterre, Connolly m'a envoyé quelqu'un.

Il vous avait sauvés, Sam et toi.

Il demandait un peu d'aide en échange. J'ai accepté.

Quel mal à cela ?

Je suis agent double depuis 7 ans.

Et j'ai attendu pour te le dire.

Es-tu en danger ? - Je l'ai toujours été.

Ce soir ? - C'est pis que jamais.

Ils avaient découvert des fuites et ont cru que c'était Davis.

Tu crois qu'ils l'ont tué ? - Oui.

Ça aurait pu être toi.

Comment ont-ils su, pour les fuites ?

Un transfuge à Moscou doit avoir accès à mes rapports

et les repasse à Londres.

Ça veut dire que tu es à l'abri.

Arrête maintenant, ça confirmera que Davis était le traître.

Je sais.

J'ai dit à l'homme de Connolly que j'arrêtais tout.

Mais il s'est passé autre chose.

Ça m'est arrivé comme un don du ciel, ou une ironie du sort.

Le plus grand secret qu'on m'ait jamais confié.

Parce que Watson était aux funérailles !

De quoi parles-tu ?

Je devais leur dire ce que ces salauds manigancent.

Mais Maurice, c'est du suicide !

Davis est mort. Quand ton rapport reviendra à Londres...

Ça peut sauver tant de vies ! Des vies de ton peuple.

Ne me parle pas de mon peuple. Tu es mon peuple.

Qu'attends-tu de moi ?

Le mieux serait de prendre Sam et d'aller chez ma mère.

Séparons-nous un moment, prétends qu'on s'est disputés.

Si rien ne bouge, je resterai ici et on se retrouvera.

Mais s'il arrive quelque chose ? - Ils m'ont promis un plan de fuite.

Seul.

Ils vous contacteront, toi et Sam, quand tout se sera calmé.

Nous ne pourrons pas communiquer,

peut-être pendant longtemps.

Tu n'as pas dit un mot de reproche.

Que pourrais-je dire ?

Je suis ce qu'on appelle un traître.

Nous avons notre propre pays, toi, moi et Sam.

Et ça, tu ne l'as jamais trahi.

Combien de temps avons-nous ?

Pourquoi avoir tiré cette conclusion ?

Une chose ne cessait de me tracasser après ma soirée avec Castle.

J'ai compris plus tard

que c'était sa réaction en apprenant la mort de Connolly.

C'était un ami. - Un ami communiste.

Son poste exigeait qu'il en ait. - Je ne me suis pas alarmé.

Je me suis simplement dit qu'en cas de fuites dans la section,

ce serait Castle. - Intéressant.

Puis ça a été l'enterrement d'un certain Davis.

Il est mort de cirrhose. - Que vous dites.

Connolly est mort de pneumonie.

Je ne dirai qu'une chose, Sir John.

S'il y a un traître dans la section africaine,

j'affirme avec une certitude absolue que c'est Castle.

Je répète, il n'y a pas de fuites,

mais perte d'un bon élément trop porté sur le porto.

J'espère que vous dites vrai.

Vous êtes chez moi !

Ne le prenez pas mal.

Nous devons tous les deux mentir de temps en temps.

Mais j'espère pour vous que là, ce n'est pas le cas.

Bonsoir.

M. Halliday est là ? - Non.

Mais je suis Mme Halliday.

Je m'appelle Ca... Je suis un client.

Oui, M. Castle. - C'est pour une lettre...

Je ne sais pas quand il rentrera.

Où est-il ? - Il a dû aller au tribunal.

Au tribunal ?

Ils ont arrêté notre fils. - Ils l'ont arrêté ?

N'avait-il pas un accord avec la police ?

C'est ce qu'il croyait, jusqu'à 6h ce matin.

C'est affreux, n'est-ce pas ?

Désolé, je croyais qu'on avait du temps.

J'avais tort.

Tu emmèneras Buller. - Que vas-tu faire ?

J'ai un numéro de détresse. J'ignore s'il fonctionne encore.

Ils m'aideront à fuir, ou la police viendra.

Nous, c'est fini ? - Bien sûr que non !

Nous sommes en vie, nous nous retrouverons.

Ta mère ne semblait pas ravie.

Si rien ne se passe, revenez. - Et si...

Tu étais bien arrivée jusqu'au Polona !

Au revoir, papa.

Au revoir, fils.

A bientôt !

Zut !

Sur quoi se fonde Muller ?

Sur l'intuition. - L'intuition ?

Ma secrétaire a tenté de joindre Castle. Pas de réponse.

Il a dû partir une journée en famille.

Daintry est allé s'assurer sur place qu'il ne s'agit que de ça.

Sinon, ça voudra dire que Davis était innocent.

Ce n'est pas une grande perte.

Il était inefficace, imprudent, et il buvait trop.

Tôt ou tard, il aurait posé problème.

Prenez une cacahuète.

Non, merci.

Puis-je téléphoner ?

C'est Maurice ?

Heureusement, tu es là. Sarah te croyait parti.

Je suis encore là. - Votre dispute est absurde !

Ça n'a rien d'absurde. - Sarah dit qu'elle a oublié Buller.

Oui, je sais.

Sam demande si tu l'as nourri.

Dis-lui que oui.

Daintry ! - Puis-je entrer ?

Bien sûr. Donnez-moi votre manteau.

Entrez.

Un scotch ?

Un petit, si vous permettez.

Asseyez-vous.

Que faites-vous ici, Daintry ? - Une cigarette ?

Non, merci. - Je peux ?

Je passais en voiture, j'ai pensé vous rendre visite.

Désolé. La sécurité est une chose sérieuse.

Vous venez ajouter à mes ennuis ? - Y ajouter ?

Ma femme m'a quitté. Elle est partie avec mon fils chez ma mère.

Désolé. - On s'est disputés.

C'est affreux quand ça arrive.

On s'est vus pour la dernière fois le jour du mariage de ma fille.

On avait filé à cause de la mort de Davis.

Oui, le pauvre gars.

Que pensez-vous de sa mort ?

Je n'en sais rien.

J'essaie de ne pas trop y penser.

On le croit coupable de fuites dans ma section ?

On ne s'ouvre pas aux officiers de la sécurité.

Davis n'a jamais trahi personne.

Vous croyez cela ? - Je le sais.

J'ai des doutes, pour tout vous dire.

Ils se sont donc ouverts à vous.

Vous aviez passé une sale journée : d'abord la chouette brisée,

puis Davis sur son lit de mort...

Je n'ai pas aimé les mots du Dr Percival.

Il a dit : "Je ne m'y attendais pas."

Oui, je me rappelle. - Ça m'a ouvert les yeux.

Ils ont conclu trop rapidement, sans étudier les alternatives.

Vous-même ? - Ou Watson.

Watson ! Je l'oubliais.

Et nos agents là-bas ?

Et les secrétaires ? Qu'a fait la Sécurité ?

Je ne suis pas aussi libre que vous ne le croyez.

Ils vous ont parlé des boîtes ?

Vous connaissez ça aussi ? - On a tous droit à ce baratin.

Davis est dans une boîte, en ce moment !

Un autre scotch ?

Non merci, ça ira.

Vous et moi pouvons aussi commettre la même erreur

en tirant des conclusions hâtives.

Davis était peut-être coupable.

Si notre section était soupçonnée,

l'information devait concerner l'Afrique.

Oui, je pense.

Ça indique un intérêt africain,

ou un attachement à l'Afrique ou aux Africains.

Je doute que Davis ait connu un Africain !

A part ma femme et mon fils, bien sûr.

Par comparaison, prenez un homme comme 69300 à Lourenço Marques...

Personne ne connaît ses amis. Il a ses agents, dont des communistes,

comme j'en avais à Pretoria.

Vous me suivez ?

Il est temps que je m'en aille. Bonsoir.

C'est votre voiture ? - Je suis garé plus haut.

J'avais mal lu les numéros.

Merci pour le scotch.

Quel beau chien !

La porte de derrière était ouverte.

Nous n'avons que peu de temps.

Votre chien de garde est si amical !

Il m'a trouvé pendant que je vous regardais.

M. Halliday, je ne m'attendais pas à vous voir.

Non, je ne pense pas.

Avez-vous remis ma lettre à votre fils ?

J'ai préféré éviter.

Il y a toujours eu un petit malentendu :

mon fils ne s'intéresse pas à vos affaires.

J'ai passé le message à qui de droit.

Où sont votre femme et votre fils ? J'ai des ordres.

Je comprends. Je les ai mis au vert.

C'est une difficulté en moins.

Dommage qu'elle n'ait pas pris le chien.

C'était si précipité ! - Qu'allez-vous faire du chien ?

Je ne sais pas. Vous ne...

Hélas, vous n'êtes pas sportif ?

Je veux dire, au tir...

J'ai un revolver Smith & Weston.

Il y a une balle dans le barillet. Elle y est depuis 10 ans.

Vous avez une cave ?

Comment s'appelle-t-il ?

Tu ne feras pas d'histoires, hein, vieux coquin...

Quelle a été votre impression ?

Mon impression ?

Vous avez tué la mauvaise personne.

Dommage.

Qui vous a mêlé à ça ? - Pas mêlé.

Je suis membre du Parti depuis ma jeunesse.

Vous êtes un des fidèles ? - Cachés.

Ni meetings, ni défilés. C'est une vie solitaire.

Ils m'utilisent pour de petites choses.

J'ai souvent ramassé vos enveloppes.

Vous n'avez jamais douté, Halliday ? La Hongrie, la Tchécoslovaquie ?

J'ignore ce que vous avez fait pour nous,

mais je suis fier de vous aider à partir à Moscou.

Je ne voulais pas finir à Moscou. Je crains de n'être pas communiste.

La clé dans la boîte à gants, chambre 1028.

Vous n'avez plus qu'à prendre l'ascenseur.

Et après ça ? - Je ne sais pas.

Un petit cadeau pour vous.

Le Trollope. Vous serez content d'avoir de la lecture.

Merci. - Au revoir.

S'il vous plaît, nous avons très peu de temps.

Asseyez-vous.

Voici votre passeport, Monsieur "Partridge".

C'est un billet pour Paris, seulement.

Ils vont surveiller tous les avions !

Ils surveilleront en particulier l'avion pour Prague,

qui doit partir à la même heure que celui pour Moscou,

lequel a été retardé.

Peut-être qu'Aeroflot attend un passager important.

La police sera très attentive aux vols pour Prague et Moscou.

Et au bureau de l'immigration ?

Tout aura été réglé.

Veuillez rester tranquille, M. Partridge.

Quelle est ma profession ?

Retraité.

Il y a au moins une chose de vraie.

Puis-je parler à Mme Castle ?

Votre nom ? - Butler.

Veuillez attendre ici.

Un certain M. Butler te demande.

Ne laisse pas traîner tes jouets, sois gentil.

Mme Castle ?

Je suis l'inspecteur Butler.

Peut-être sauriez-vous comment joindre votre mari ?

Vous ne savez pas où il est ?

Pourquoi la police saurait-elle où il est ?

Avez-vous essayé à son bureau ?

Son bureau a suggéré de vous chercher ici.

J'ignore où il est. C'est à quel propos ?

En partie, au sujet d'un chien. - Buller ?

Les voisins se sont plaints d'un bruit, un gémissement.

Quelqu'un a appelé la police.

Le chien a été abattu, mais le travail a été mal fait.

Désolé, mais on a dû l'achever.

Mon Dieu, que va dire Sam ? - Sam ?

Mon fils. Il adorait Buller.

Dites qu'il a été renversé et tué sur le coup.

Oui, peut-être.

Je ne peux pas vous aider, je suis séparée de mon mari.

Quand l'avez-vous vu ? - Samedi matin.

Et vous ignorez où il est ?

Je crains de ne plus beaucoup m'en soucier.

Merci, Mme Castle.

Je me réjouis de vous avoir persuadée de venir.

Un verre ? Je me suis commandé un sherry.

C'est parfait.

Pourquoi ai-je accepté de venir ?

Réglons d'abord les choses importantes.

Ici, mieux vaut manger anglais. Je suggère une potée Lancashire.

Ça m'est égal.

Et comme entrée ? - Rien.

Je suivrai votre exemple admirable.

Un peu de vin ?

Juste un verre.

Excellent !

Vous devez être très anxieuse.

Anxieuse ?

N'être au courant de rien... - Ça ne m'intéresse pas beaucoup.

Mais vous êtes ici ! - A votre demande.

Nous aimions tous Maurice.

Vous en parlez comme d'un mort.

Il a dû arriver en toute sécurité à Moscou.

Je vous ai peinée !

Non, ça va.

Nous attaquerons directement par la potée.

Je pensais que vous saviez la bonne nouvelle.

La bonne nouvelle ? - Je parle de son point de vue.

Maurice a choisi une voie très dangereuse.

Espérons que vous resterez à l'écart.

Je me suis séparée de Maurice.

Bien sûr ! C'était la chose évidente à faire.

Ça aurait été un peu voyant, à trois.

Pour vous, je suis une traître moi aussi ?

On ne dit pas "traître" dans la maison.

On laisse ça aux journaux.

Maurice a suivi une loyauté différente.

Et y a-t-il plus sacré que la loyauté envers la famille ?

Que ferez-vous quand il vous contactera ?

Je ferai ce qu'il me dira.

Merci d'avoir dit ça. Nous pouvons être francs l'un avec l'autre.

Il vous dira tôt ou tard de le rejoindre là-bas.

Et j'irai.

Avec l'enfant ? - Bien sûr !

Une bouteille de Mouton Cadet. - Vous ne pourrez nous en empêcher.

Ce n'est pas si sûr. Nous avons un gros dossier sur vous.

Vous étiez proche de Connolly, un agent communiste.

Bien sûr ! J'aidais Maurice pour vos services !

Sans le savoir. Je croyais qu'il écrivait un livre.

Maurice aidait peut-être déjà Connolly.

Maurice est à Moscou.

Le Ml5 pourrait penser qu'il faut enquêter sur vous.

Acceptez juste d'être raisonnable.

Restez dans le pays avec votre belle-mère et l'enfant.

L'enfant de Maurice. - C'est une autre histoire.

Vous avez rencontré Cornelius Muller.

Il pense, pardonnez ma franchise,

que le père était un des vôtres. Vous aviez un amant.

Il est mort.

Muller dit qu'il est sous les verrous. Vivant.

Muller ment !

Probablement. Quelle différence ? L'enfant est sur votre passeport ?

La délivrance des pièces est parfois très lente.

Quelle bande de salauds !

Ma chère, écoutez le conseil d'un ancien,

d'un ancien qui fut l'ami de Maurice.

Et de Davis ! Vous étiez aussi un ami de Davis, non ?

Vous ne partez pas ?

Oh si, je pars !

Et veuillez ne plus me téléphoner.

Bonjour. Je suis Bellamy.

J'ai rassemblé mon courage et me voici.

Kroutchank m'a montré où on trouve ça,

et j'ai montré à Bates. Vous ne les connaissez pas encore ?

Ils passeront, maintenant que votre présence est officielle.

Votre conférence de presse est imminente.

Qui vous l'a dit ? - Un ami russe.

Epouvantable, hein ?

Mais il suffira de faire valoir vos standards.

Vous serez surpris de ce qu'on obtient si on est sage.

Ils veulent notre bonheur.

Je crains de ne pas me rappeler...

Bellamy, dites-vous ? - Bellamy, du consulat britannique.

Oui... une histoire compliquée. J'avais un ami allemand.

Il dirigeait beaucoup d'agents à l'Est, ce que j'ignorais.

L'idiot s'est laissé séduire par une horrible femme.

Il méritait d'être puni, alors je l'ai sifflé,

si vous pardonnez l'expression.

Elle m'a dénoncé à l'ambassade britannique, la garce !

J'ai été heureux de laisser Checkpoint Charlie derrière moi !

Vous êtes heureux, ici ? - Oui, j'ai un ami russe maintenant.

C'est illégal, mais ils font des exceptions.

Et mon ami est un officier du KGB.

Il faudra venir voir notre villa au printemps !

C'est quoi ?

Votre téléphone.

Il est branché. Et pour appeler Londres ?

Ils vous diront quand.

Boris ! - Bienvenue !

Ne faites pas attention, je partais. - Voici M. Bellamy.

A bientôt, les enfants !

Comment va Sarah ? - Une minute.

Elle m'a chargé de vous en donner une de sa part,

et une de la part de Sam.

Ils vont bien.

Quand les verrai-je ? - Il y a des difficultés.

Lesquelles ? - Soyez patient.

Vous l'avez vue ? - Je lui ai parlé.

Elle semblait bien ? Quelles difficultés ?

Ils tentent de la retenir.

Ils ne peuvent pas ! - Sam n'a pas de passeport.

Et vos services pourraient la faire arrêter pour complicité.

Vous aviez promis ! - De bonne foi.

On pourrait la faire sortir si elle laissait l'enfant.

Elle ne fera jamais ça. - Elle me l'a dit.

Vous m'avez fait sortir ? Halliday savait pour Oncle Remus !

Nous avons répondu à votre signal d'urgence.

Il nous importait aussi beaucoup de vous sortir.

Pourquoi ?

On ne vous a jamais dit la vérité.

Vos services pensaient avoir un agent ici, à Moscou.

Mais il les infiltrait pour nous !

Il repassait vos informations à Londres.

Vos rapports avaient pour seul intérêt de crédibiliser le transfuge.

Et il passait d'autres informations, fausses, qu'ils ont crues.

Une belle intoxication.

C'est moi qui ai été intoxiqué ! Par Connolly et vous !

Et j'ai toujours trop donné dans l'échange.

Puis ça a été Oncle Remus.

Notre meilleure réponse à Oncle Remus, c'était la publicité.

Tout dire. Nous avions besoin de vous ici pour montrer notre source.

J'aurais dû rester. Au moins, les prisons ont des jours de visite.

Vous verrez bientôt la presse.

Et si je refusais, pour avoir Sarah ?

On fera sans ! Notre gratitude est réelle, mais comme l'amour,

on doit l'alimenter ou elle risque de s'éteindre.

On n'est pas si mal, ici.

Vous apprécierez mieux avec le printemps.

Maurice est à Moscou. - Je sais.

Il était à la télévision, entouré de journalistes,

en train de se justifier...

Il a eu le culot, le toupet...

C'était ça, votre dispute ?

Tu as bien fait de le quitter !

Notre dispute était feinte. Il ne voulait pas m'impliquer.

Tu étais impliquée ? - Non.

Dieu merci ! Je n'aurai pas à te jeter dehors.

Vous auriez jeté Maurice dehors si vous aviez su ?

Non, je l'aurais retenu le temps d'avertir la police.

Comprenez, par amour pour Sam et moi...

Maurice est un traître ! - Envers qui ?

Muller et ses amis ? La Sécurité ?

Je ne sais pas qui est Muller. C'est un traître à son pays.

Si tu ne comprends pas ça,

tu serais peut-être mieux à Moscou.

J'irai, s'ils me laissent. - Tu ne prendras pas Sam.

Sam est mon petit-fils.

Un sujet britannique. Je l'empêcherai.

Vous ne pouvez pas faire ça !

Je verrai mon avocat demain.

Maurice, où es-tu ?

Tu le sais. Je t'aime, Sarah !

Je t'aime tant, Maurice !

Faisons vite, ils peuvent couper. Comment va Sam ?

Dis-lui que je l'aime.

Je le ferai. Tu vas bien ?

Tu me manques terriblement.

Toi aussi, toi aussi ! Mais je ne peux pas laisser Sam.

Bien sûr que non, je comprends.

Est-ce que tu es bien ?

Ils sont gentils. J'ai un travail.

Leur gratitude dépasse de loin ce que j'ai fait.

Tu as des amis ?

Oui, je suis invité. Et j'aurai peut-être une maison de campagne

quand viendra le printemps.

Tu es là, Maurice ? Maurice, garde espoir !

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