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Musique cocasse
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Aboiements
Cloches
---
Musique douce
---
- Tu m'as manqué, tu sais, papa.
Tu me manques encore.
J'aimerais tellement que tu me fasses un signe,
même pour me mettre une torgnole.
C'est dur de ne plus avoir de papa. D'autant que maman,
elle est pas toujours tendre.
Enfin...
Musique intrigante
---
- Je suis ton père.
Rentre à la maison. Et traîne pas en route.
Quelqu'un de la famille va mourir, quelqu'un qui partage ta vie.
- Maman ?
- Rentre vite.
Rentre vite !
Musique inquiétante
---
- M'man ! M'man !
Gémissement M'man !
--- T'es où ?
M'man ?
- Oh, le fumier de chat ! Il a zigouillé Poulidor.
Pauvre petite bête.
- Bon, tant mieux. - Comment ça ?
Le chat a bouffé ton hamster et c'est tout ce que tu dis ?
- J'ai cru que t'étais en train de crever.
- Merci. Réjouis-toi pas trop vite.
Je suis pas encore dans le trou. - Non, non, mais...
- Qu'est-ce qui t'arrive ? T'es pâle comme un derrière.
- Tu vas pas me croire.
Y a le... Y a le fantôme à papa
qui m'a parlé au cimetière.
- Et j'étais avec de Gaulle.
Combien t'as bu de Suze-cassis ?
- Non, j'ai pas picolé. C'est même lui, papa, qui m'a dit
que quelqu'un allait mourir. Sonnerie
Miaulement
---
- Quoi ?
- Je te jure, je l'ai vu
comme je te vois là.
Meuglement
À moins que l'omelette aux champignons
m'ait filé la berlue,
j'ai pas de... J'ai pas d'explication.
- Rigole pas, Christian.
- Hein ?
- Merde.
Merde, merde et re merde.
- Quoi ? Qu'est-ce qu'il y a ?
- Je t'expliquerai. - Hein ?
- Je vais me coucher.
- On mange pas, là ?
- Ah non, ça m'a...
Couinement
Ça m'a noué les boyaux.
- Bon.
Ronflements
---
Musique inquiétante
---
Il gémit.
---
Orage
Musique effrayante
---
- Tu vas payer, Pasqualini.
- Tirez pas ! Cri
Tir Tirez pas !
Tirez pas, tirez pas !
Tire pas !
- Qu'est-ce que t'as à gueuler comme un goret ?
- La vache.
- J'ai cru qu'on t'attaquait. - J'ai fait un cauchemar.
- Y avait quoi dans ton cauchemar ?
- Oh, il y avait un homme
que je connais pas, avec une arme,
qui voulait tuer un Pasqualini, que je connais pas non plus,
dans un endroit que j'ai jamais vu.
- Ah oui ? - Oui. Mais ça va se passer
au bord de la mer, le jour de la pleine lune.
- Le 7 novembre. - 7 novembre ?
- C'est le jour où Ségolène doit mettre bas.
- Elle est enceinte ? À son âge ?
- Ségolène notre chèvre.
- Ah. Excuse-moi, je me réveille.
- Eh ben, mon vieux.
- Oh, la vache. - J'avais déjà des doutes
avec le coup du hamster,
mais maintenant, c'est sûr, ton père te l'a refilé.
- Le hamster ? - Mais non,
le don de voir les futurs morts.
Elle soupire.
---
Tu pouvais pas nous lâcher,
avec tes pouvoirs surnaturaux ? Orage
Quand on est mort, c'est pour la vie.
Nous v'là les cuisses propres.
- Parce que ?
- Comment te dire ?
Ton père, quand il était jeune,
il rêvait les malheurs avant qu'ils arrivent.
- Non ? - Si.
- Ah bon ? - Oui.
La grêle dans les vignes,
les épidémies de myxomatose sur les lapins,
les voisins qu'allaient être cocus,
même mon ongle incarné, il l'a vu arriver.
- Non ? - Si, à travers la godasse.
- Ah bon ? - Oui.
Il voyait tout, il prévoyait tout.
Son père et son grand-père, c'était pareil.
- Ah bon ? - Oui.
Quand t'es né, tout s'est arrêté.
Il a perdu son don.
Coucou
Cherche pas,
de là où qu'il est, il vient de te passer le relais.
Orage
- Oh là là là là...
- Je sais pas toi,
mais j'ai besoin d'un remontant. - Moi aussi.
Musique cocasse
---
Elle pousse un cri.
Elle tousse.
Dis donc !
- Ça, c'est de la prune. - 56.
- Tu sais, Christian, la légende familiale est formelle.
Quand on rêve que quelqu'un va mourir,
faut empêcher sa mort,
sinon la malédiction peut s'abattre sur nous.
- C'est des conneries.
Poulidor est mort et il y a jamais eu de malédiction.
- C'est pas toi qui as rêvé de sa mort,
c'est ton père qui t'a prévenu.
- J'y crois pas. Orage
---
- Et ça, c'est pas un signe ?
- C'est pas parce qu'il y a eu...
Cri
- Doux Jésus !
Mon Raymond.
- Pourquoi on appelle pas
Pasqualini pour lui dire de faire attention ?
- Faut pas.
Si on le prévient, la malédiction va s'accomplir.
On pourra pas empêcher sa mort. Tu l'auras sur la conscience
jusqu'au restant de tes jours.
Il y avait marqué quoi sur ta camionnette ?
- Il y avait une mandarine.
Non, d'ailleurs, c'était une clémentine.
Une clémentine, c'est plus petit qu'une mandarine...
- T'as fini de nous emmerder avec ta salade de fruits ?
- Hein ?
Je me rappelle plus. - Ben cherche, bon sang !
- Alésia !
Je m'en rappelle, je l'avais appris à l'école.
C'est là où que Jules César avait battu Vercingétorisque,
quand il avait la Gaule.
- Tu l'as pas, la gaule.
T'as une demi-molle dans la cervelle.
Soupir
Ça existe plus, Alésia, c'est dépassé.
Tu m'as pas dit que ça se passait au bord de la mer ?
- Si. - Au bord de la mer ?
- Oui. - Ça serait pas Aléria ?
- Aléria !
C'est ça, t'as raison.
Où que c'est fourré ?
- C'est en Corse. - En Corse ?
- Sur la côte est.
Tu sais pas où c'est, t'es à l'ouest, toi.
Bon, faut partir en Corse.
- Hein ? - Ben oui.
- On va pas aller en Corse
juste parce que j'ai fait un cauchemar.
- Je te dis
qu'on n'a pas le choix.
Faut pas jouer avec ça.
- Mais la Corse, m'man, c'est loin.
Comment on va y aller ?
Où que c'est qu'on va coucher ?
- Écrase, tu m'empêches de réfléchir.
On a une cousine à Aléria.
- C'est nouveau, ça. - Non, c'est pas nouveau.
C'est la petite-fille par alliance
de la grand-tante à ton père avant son remariage.
- Ah. - Aux dernières nouvelles,
elle élevait des cochons.
Y a pas de raison qu'elle nous refuse le gîte.
- Ben si, si tu l'as pas vue depuis son baptême...
- Écrase !
Fais confiance à ta mère.
Musique cocasse
---
Qu'est-ce que tu fous ?
- J'arrive. Calmos, m'man.
Calmos, ça va.
C'est ta valise qui pue comme ça ? C'est une horreur.
- Ça doit être les fromages pour la cousine Élisa.
- Ils ont pris un coup de chaud. Ils supporteront pas le voyage.
- C'est tes pieds qui ont pris un coup de chaud.
Fallait pas garder tes bottes. - Je suis bien dedans
et ça va avec tout.
- Tu m'agaces. Va changer de godasses !
Et magne-toi la rondelle, parce qu'on va louper le bateau.
On embarque à Marseille. C'est pas la porte à côté.
- En admettant qu'on le retrouve. - Oui.
- Comment on empêche sa mort ?
On n'est pas le "GIG-gène".
- On est mieux que ça, Christian. On est les Bodin's.
Musique cocasse
---
Klaxon de bateau
---
- Je me sens pas bien.
- T'as toujours un pet de travers.
- J'ai le mal de mer.
- Moi aussi, je l'ai, mais ça s'écrit pas pareil.
Klaxon
Hé, oh ! C'est bon, hé !
Moi aussi, j'ai un klaxon ! Klaxon
- Tu me donnes deux euros pour de l'eau ?
- Non. - Ben si.
- Il ne faut plus acheter de bouteilles en plastique.
Après, le plastique finit dans les océans,
ça fait crever les tortues, les dauphins, les baleines...
Pour sauver la planète, faut boire du pinard.
Voilà. - Faut que j'aille aux cabinets.
- Y en a pas. Y a rien.
- Tu peux ouvrir.
- La barrière !
- On s'en fout ! - T'es pas bien ou quoi ?
- Faut pas patiner dans le terreau.
Il nous reste plus que 3 jours avant la pleine lune.
Alors, direction Aléria, chez la cousine.
Musique cocasse
---
- Arrête-toi. Arrête, arrête.
Il y a un bar, là.
- Oh, tu m'agaces.
- Je peux plus tenir, j'ai trop envie.
- Envie de quoi ? - De tout.
- C'est quelque chose, de voyager avec toi.
- J'y vais. - Ben oui, vas-y, tu m'emmerdes.
*Chant corse
---
- Bonjour. - Monsieur ?
- C'est pour les cabinets.
- C'est pour la clientèle. Ici, on fait pas dans le social.
- On va boire un coup en terrasse avec ma mère.
- Ah.
- Merci.
Musique enjouée
- Madame.
- Bonjour, monsieur.
Mettez-nous deux petits ballons de rouge.
Et pas de la piquette, on s'y connaît.
Voilà.
*Chant corse
Soupir - Ah, c'est mieux.
- Vous êtes français ? - Oui.
- Vous visitez notre île ?
Les Corses sont hospitaliers. Un verre ?
- Ah ben ouais, pourquoi pas. C'est gentil, merci.
- Non, pas ça. Sors la spécialité. - Ah.
Le pinzutu. Ça peut le tuer.
- Ouh là, c'est du vin ?
- Ça, c'est bien mieux.
Goûte, goûte. - Ouais.
- Renverse pas, ça tache. - Ouh là.
- Ça se laisse boire, votre mixture. Il y a quoi, là-dedans ?
- De la liqueur de myrte, de l'artisanale. Bienvenue.
- Merci. - Faudrait pas en laisser,
ça pourrait nous vexer. - Ouais, d'accord.
- Voilà.
Éternuement
- Oh ! Ah, bon sang !
Oh...
J'ai pas de mouchoir. Bon sang de bonsoir.
Oh... Là.
Oh...
Là.
"Les Corses protègent leur patrimoine.
"Dominique Pasqualini fait un don pour la reprise des fouilles."
Ben là, pour le coup, j'ai eu le nez fin.
- Vous êtes en vacances ?
- Euh, euh...
Ma mère et moi, on est en enquête.
Pour sauver un mort. Enfin qu'est pas mort.
C'est parce que tout ça, je l'ai vu dans un rêve.
Faut surtout pas en parler, à personne hein.
Motus et mouche cousue.
- Vous savez, chez nous...
Propos en corse
- Ah oui ?
M'man. - Qu'est-ce que tu fous ?
- J'ai croisé deux loustics.
- Tant pis pour toi, j'ai bu ton verre.
- J'ai plus soif. - Allez, on y va.
Musique cocasse
Ça va ? - Moyen.
- Ben oui, je vois bien.
- Je me sens pas bien. Ça doit être la "myte".
- La "myte" ? - Oui.
- Je te garantis, en tout cas,
t'avise pas de saloper la bagnole à ton père,
parce que sinon tu vas découvrir la Corse sous les étoiles.
- Arrête-toi.
- J'ai pas de freins, tu le sais bien.
Ça va ? Christian a des haut-le-cœur.
Ça va ou ça va pas ?
Tu pourrais me répondre.
Soulage-toi.
Là. Sans vouloir être méchante, Christian, tu ne l'as pas volé.
- Je suis pas entraîné.
- Ah ben oui, entraîné, entraîné. Faut savoir dire non.
- Oui. - Voilà.
- C'est pas agréable. - Pour moi non plus.
- Dis donc, c'est joli là.
- Ah oui. Dis donc, oui.
- Clic. - Ah...
Voilà. C'est bon ? - Oui.
- On y retourne ? - Oui.
- Allez, hue.
Ah, voilà ! Aléria. On arrive.
Musique cocasse
Elle klaxonne.
---
Et voilà. Prends les valises !
- Ah !
- C'est beau. C'est loin,
mais c'est beau.
Ouh, ma petite Élisa !
Oh ! - Ma cousine !
Elles s'exclament.
- Ça fait plaisir, dis donc. Oh là, là, là.
- Bonjour. Christian.
- Attends, on s'embrasse. - Ah oui, j'espère.
- Dis donc, ça nous rajeunit pas.
T'as changé depuis ton baptême.
- Allez, venez. - Ouais.
Ouais.
Elle aurait du mal à loger dans le bénitier.
- Hé, oh, tu vas te tenir.
Elle est bien installée. - Allez, en Corse,
on commence par l'apéro.
- Hop là. - Comme chez nous.
- Je suis pas sûr.
- Faut rallumer la chaudière. - Oui.
- Voilà. Hop là.
Pas plus haut que le bord. Merci.
Ton mari est pas là ?
- Non, j'en ai pas.
- Ah ? Excuse-moi. - Non, t'inquiète.
Je suis tranquille.
J'ai jamais trop aimé les hommes dans mon lit.
- Ça dépend, parce que moi, si...
- Goûtez ma charcuterie, avant qu'ils m'interdisent d'en faire.
- Qui veut t'interdire quoi ? - L'inspection sanitaire.
- Ah bon ? Pourquoi ? - J'en sais rien,
il paraît que ma fosse à purin est trop petite.
Ils veulent abattre mes bêtes.
- Oh là...
- Cette bande de fumiers ! - Chez nous, c'était pareil.
- Ils ont fait pareil.
- Ah bon ? - Quel monde de cinglés.
Je te le dis.
Ils nous empêchent de bosser.
- T'inquiète pas.
Il va falloir qu'ils me passent sur le corps.
Le bonhomme qui me montera dessus, il est pas né.
Je les attends.
- J'en connais un que...
- C'est pas tout ça. Allez.
Je vous prépare le spontini. - D'accord.
Musique douce
---
Ils sont sacrément beaux, tes cochons, ma petite Élisa.
- Vous les avez vus sur pied et maintenant, en rondelles.
- Sens ça. - Si c'est pas beau, ça.
Attends. - C'est du corse ?
- Oui. Vous allez m'en dire des nouvelles.
Si tu veux qu'on reste amis,
faut apprendre à parler corse.
- Ah, ben pas de problème. Moi, je m'y mets demain.
- Allez, mange.
- Ah, ouais. Propos en corse
- C'est relevé comme il faut.
Faudrait me payer cher pour être végane.
Va chercher le fromage de chèvre, qu'on lui fasse voir
qu'on fait des bonnes choses aussi.
- Le fais pas tomber.
- Alors dis, je te disais tout à l'heure,
on cherche un certain Dominique Pasqualini.
Ça te parle ? - Je le connais, oui.
Un gros propriétaire terrien.
Producteur de clémentines. Une famille respectable.
Elles viennent de chez lui. Je les ai achetées
au marché. - C'est jour de marché ?
- Ah ! Les fameux fromages !
- T'entends, Christian ?
- De ? Quoi ? - C'est le jour du marché.
Allons y faire un tour, histoire de prendre la température.
Hm ? - À qui ?
- À qui ? Qu'il est con !
Non mais t'en loupes pas une.
Il est impayable, hein.
Pis c'est tous les jours comme ça.
- On rigole, mais faites attention. La Corse,
c'est dangereux. - Ah bon ?
- Ouais, surtout pour les pinzus, comme vous,
un peu trop curieux.
Propos en corse
Prends ça. - Un saucisson ?
- C'est une bombe lacrymo cachée dans un saucisson.
Je l'ai toujours sur moi. - C'est pas con, ça.
Ouh là, oui. - Tu sais quoi ?
Je m'en suis servie pour une tentative
de main au cul.
- Ouais. Tu rigoles pas, toi.
- Des fois si, mais pas toujours.
- Voilà.
- T'emmènes ton sac ? - Ah, ben oui, Christian.
On va pas dépenser des mille et des cents,
mais si on peut se faire plaisir...
- Il y a des glaces, m'man.
- Bonjour, jeune homme.
Tu m'agaces. Tu viens de bouffer.
- Bonjour. - Bonjour.
- Bonjour. - Euh...
Dites donc, c'est appétissant.
Il hésite.
- Bon ben décide-toi. On va pas passer la journée là.
La glandouille, celui-là.
- Je choisis mon parfum.
- Ça fait deux plombes que t'es en train de choisir.
- Y a trop de choix, je sais pas quoi prendre.
Tout me fait envie, alors...
Rire ironique
Euh...
- Bon, ben hop,
te v'là tes quatre euros. Voilà.
Moi, je me barre, tu m'agaces.
Allez.
- Euh...
Bon, ben je...
Je vais prendre une boule à la fraise.
- À la fraise, oui.
- Il y a des morceaux
dans la fraise ? Non, ben je vais prendre
framboise, à ce moment-là.
Soupir
- Il y a des morceaux dans la framboise.
- Il y a des morceaux aussi ?
Ah, oui ? Mince.
Chez nous, en France,
y a jamais de morceaux dans la framboise.
- En France ?
- Ouais. Jamais.
Dans la fraise, oui, souvent même, mais jamais dans la framboise.
C'est de la framboise corse ?
- Tu choisis quoi ? - Ben là, je sais plus du coup.
Vous faites des gaufres ?
- Non, que des glaces. Allez, magne-toi, pinzutu.
- Combien de chèvres ? - 200.
- 200 chèvres ?
Vous trayez pas à la main ? - Non.
- Nous, on a fabriqué une machine. Faut voir ça, c'est épatant.
Inimaginable, vous pouviez même pas... Bonne journée !
- Pouvez-vous me dire, si c'est pas trop vous demander,
dans quel parfum il n'y a pas de morceaux ?
- Pistache.
Bruit de pet
Et melon. - Ah, vous avez melon ?
Ah, super, j'adore le melon.
Eh ben deux boules au melon.
- Melon.
- Oh, pis non.
Non, attendez. Je vais prendre une boule au melon et une
à la pistache. Comme il n'y a pas de morceaux.
- C'est petit, mais c'est agréable.
Et j'ai été bien reçue partout où je suis passée.
On dit des Corses, mais non.
- Attendez.
Excusez-moi, j'ai une idée.
Je vais prendre une boule et demie de melon,
comme j'adore le melon,
et juste une demi-boule de pistache.
- Les demi-boules, on fait pas.
- Une gaufre alors.
- Tu veux une gaufre ? - Oui, s'il vous plaît.
- Viens, viens.
Celle-là est bonne aussi.
Bon appétit. - Merci, monsieur.
Bon...
- Deux kilos.
- Et voilà. - Merci.
- Des Pasqualini.
- Elles sont belles, vos clémentines.
Elles viennent d'où ? - De chez Pasqualini.
Ce sont les meilleures de Corse.
Il fait que du bio.
- Si c'est comme le saucisson d'âne... Vous voyez.
- Non,
je vois pas.
- Il y a du faux bio.
- Oui, madame la pinzutu, mais chez Pasqualini, ça en est.
- Si vous le dites.
Il y en a qui disent que son bio ne serait pas si bio.
- C'est un gars bien.
Il a hérité du domaine de son père.
- C'est peut-être un gars bien,
mais il a quand même des ennemis.
- Mais madame, tout le monde a des ennemis, ici. Sauf les morts.
- Qui vous a dit qu'il avait des ennemis ?
- Des rumeurs. Y a pas de fumée sans feu !
- Ici, vous êtes pas
chez vous !
- Tu vas baisser d'un ton, ma grande.
- Si vous êtes pas contente, retournez chez vous.
Propos en corse
- Tu as compris ? Je vais te traduire.
- Ramène-moi chez moi, si...
Brouhaha
- Tu t'en vas chez toi.
- S'il vous plaît.
Veuillez vous calmer. S'il vous plaît !
Calmez-vous. C'est pas comme ça qu'on traite une vieille femme.
Faites-nous honneur.
- On t'a pas sonné, l'avocat.
Allez, ciao !
Charabia
Allez, va, va, va.
- Ça va, madame ? - Oui, ça va nickel.
Ça m'a requinquée, cette séance de kung-fu.
J'adore ça.
- En Corse, on a le sang chaud.
- C'est pas pour me déplaire. - Ah.
- Bon, c'est que maintenant,
je dois remettre la main sur ma progéniture.
Et ça va être dur. Eh ben, merci, hein.
Mes hommages, monsieur. Ou maître, si j'ai bien compris.
- Oui, Me Teyssier, pour vous servir.
- Eh bien au revoir, Me Teyssier.
Salut !
Elles lui crient des injures.
- Mais enfin. S'il vous plaît.
- Christian, on a bien fait de venir.
Et ta glace, elle était bonne ?
- Euh... sans plus. - Ah oui.
J'en ai mangé des meilleures. - Ah.
Bon.
Musique cocasse
---
- Pas de temps à perdre. - C'est où qu'on va ?
- Chez Pasqualini, j'ai son adresse.
- Ah bon ? - Oui.
Musique cocasse
---
Des hommes chantent en chœur.
---
Voilà, c'est là.
Pasqualini, c'est là. - C'est là ?
La portière claque.
(- Chut ! T'es cinglé ?)
Chant corse
---
C'est beau.
J'en ai la chair de poule.
---
- Oh, Patrick Fiori, on n'est pas venus pour écouter l'Eurovision.
Le portail est fermé.
On va escalader le mur, là-bas.
- C'est trop haut.
- Aie des kiwis dans la corbeille.
Allez, viens.
Musique cocasse
- Je le sens pas. Je le sens pas.
- Veux-tu que je te colle un bourre-pif ?
Allez. Oh, la vache !
Oh, mon saligaud, tu pèses ton poids.
- Je suis un faux maigre. - Un vrai gros, oui.
Non, descends, Christian. Descends.
Oh, la vache. J'ai l'utérus dans les godasses.
On fait le contraire.
Hop là.
File-moi ton futal.
Allez, cramponne le bout.
Allez.
Tu y es, t'es en haut. Allez, Christian.
Y a plus qu'à sauter. - C'est trop haut, attends.
- T'as rien dans le froc. - J'ai pas de froc.
- Ben, tiens.
Il t'attend en bas. - Non...
(- Plus près. Plus près, que je te dis. Là.)
Christian crie. Allez.
Roule. Allez, allez.
Aboiements - On fait quoi ?
- Vas-y, ça bouffe que des croquettes.
Bouge pas. Petit, petit, petit.
Petit, petit.
Allez, dépêche-toi. Avance pendant qu'il bouffe.
- T'es où, m'man ?
- Aide-moi, abruti ! Oh !
T'es empoté !
Allez, allez, allez...
Chant
Applaudissements
---
(- C'est lui, Pasqualini. C'est lui que j'ai vu en rêve.)
(- Avançons, on entendra mieux.)
- On a les meilleures clémentines. Applaudissements
C'est le fruit, c'est le cas de le dire...
Craquement (- Oh, chut ! C'est pas vrai !)
- Mais je veux particulièrement remercier
notre chef d'équipe, Ange-Sauveur.
Applaudissements
(- Chut ! T'es con !)
Propos en corse
---
- Mon cher Ange-Sauveur, je veux te remercier,
rendre hommage à ta capacité d'exécuter mes décisions.
Un patron a toujours besoin d'un homme de l'ombre.
Tu es mon Sancho Panza.
Rires Allez, on l'applaudit.
(- À mon avis, il aime pas beaucoup son patron.)
- C'est qui Sancho Panza ?
- Personne. Tu oublies. - OK, OK.
Musique cocasse
---
---
- Qu'est-ce que c'est ?
- Mais tu pousses pas. C'est moi qui fais tout.
Allez, encore un peu.
- C'est bon ? - Oui, attends.
Pousse. Mais pousse, bon sang !
Je suis pas Belmondo. Donne-moi ton froc.
- D'accord. - Magne-toi.
- Le déchire pas. - C'est du velours côtelé, allez !
Cris Le tissu se déchire.
Oh, ben voilà. - Oui, je te l'avais dit.
Voilà, voilà.
- Tu t'y prends comme un manche aussi.
On va se faire gauler avec tes conneries.
Gémissements
---
- J'ai mal au bide.
Il pète. C'est la glace au melon, ça.
- La taca-taca-tique - Quoi ?
- Du gendarme
- Salute.
- Messieurs-dames.
Tout va bien ? Pets
- Quand on ne l'attend pas Pets
Il fait doux, ces derniers temps. - Va falloir remettre
les pieds sur terre, non ?
Musique cocasse
---
- Bien. Que faisiez-vous en haut du mur
de M. Pasqualini ?
- C'est-à-dire qu'on avait pris de la hauteur
pour chercher notre route.
Chez vous, les panneaux, c'est pas terrible.
- Ils sont pleins de trous.
Les chasseurs tirent mal. - Ah, oui.
- Testa di cazzo.
- Oh Zézé, laisse tomber.
C'est deux ploucs égarés.
- Je pourrais aller aux cabinets ?
- On verra plus tard.
- Non, plus tard,
il sera trop tard.
Ça presse.
- Méfiez-vous, avec lui,
le coup pourrait partir avant les sommations d'usage.
- Vous vous foutez de ma gueule ? En garde à vue.
Allez.
Embarque-moi-les.
On va voir si vous retrouvez la mémoire.
- Non, pitié, pitié. En plus, on mène une enquête.
- Tais-toi. - Si, si.
Si, si, si.
Faut tout dire.
On est venus en Corse avec ma mère pour empêcher un meurtre.
On est quasiment collègues.
- Toi et moi ? Dans tes rêves.
- Eh ben justement.
Dans mes rêves, j'ai vu un homme qui allait mourir
si on le sauve pas.
- Qu'est-ce que tu racontes ? Toi, un pinzutu,
tu vois les morts ?
- Parfaitement. C'est un don
que j'ai hérité de mon père.
Propos en corse
---
- Je suis un misérable.
Pardonnez-moi. Pardonnez-moi.
Excusez-moi. Excusez-moi.
Vous êtes un mazzeru, un mazzeru.
- C'est quoi un mazzeru ? - Un mazzeru ?
- C'est une sorte de sorcier,
un chaman de chez nous. - Oh, là.
- Il rêve qu'il tue un sanglier, qui se transforme en une personne.
Ça veut dire que cette personne-là, elle va mourir.
Le mazzeru, c'est le messager de la mort.
- Ah, quand même.
- Il est très respecté.
Il ne peut y avoir qu'un mazzeru par village.
- Alors moi aussi, je suis un mazzeru ?
- Chut, chut, chut, chut, chut. Faut le dire à personne.
- À personne ? - Personne.
Faut jamais le dire. - Ah bon ?
- Je compte sur vous. - Oui. Je savais pas.
- Et comme on dit chez nous...
Propos en corse
- Hein ? - Copacabana.
- Je vous raccompagne.
- Hop, c'est pas trop tôt.
Voilà. Eh ben. Allez, au revoir, messieurs.
Bon courage.
Ça m'a l'air harassant, votre travail.
Allez, zou.
- Appelle Orso Petrucci !
Propos en corse
Sonnerie de téléphone
- Oui ? Ouais.
Je m'en occupe.
- Alors moi aussi, je suis un mazzeru.
- Ben oui. - Pas roux, plutôt châtain, mais...
- T'as rien compris.
Tu parles trop. Tu pouvais pas la fermer ?
- Si j'avais pas été un mazzeru, on aurait fini au gnouf.
On ferait mieux de rentrer.
- Pas question !
Le grand-père a arrêté la Wehrmacht,
alors on va pas se laisser emmerder par des chanteurs de Catarinetta.
J'ai un plan pour approcher le mandarinier.
Et sans escalader les murs. Regarde.
Lis ça. - C'est quoi ?
- Lis-le. Tu vas tout comprendre.
- Je comprends rien.
- T'as le QI d'un coton-tige.
Ça parle de Pasqualini.
Comme il est passionné d'archéologie,
il a donné du pognon pour aider aux fouilles
sur le site gallo-romain. - Il y a des Gaulois.
- Me coupe pas. Et le Pasqualini,
il a le droit à participer aux recherches
avec les archéologues. - C'est quoi ce truc ?
- Tu m'écoutes ?
- On dirait de la morve au nez.
- J'avais que ça.
- T'aurais pu le dire avant.
- Oh, t'es pas délicat.
Vaut mieux avoir la morve au nez que la merde au cul.
- J'y pensais plus. - Allez.
Il soupire.
- Allez hop, on va aller fouiller.
- Les voilà. Vrombissement
Musique rythmée
---
Rapproche-toi.
---
- C'est quoi, cette bagnole ?
- C'est bizarre, c'te bagnole qui nous suit.
- Elle date de 2018.
Les phares ont été remplacés.
C'est des F33 adaptables au lieu des F32 d'origine.
- Tu m'étonneras toujours.
- Ah ouais ? - Oh oui, oui.
T'es drôlement fabriqué. - Parce que ?
- T'as plein de cases qui sont complètement vides,
puis deux, trois
cases, par-ci, par-là,
qui sont quasiment trop pleines, mais de choses totalement inutiles.
- Fais-leur peur.
Klaxon
- Ils nous lâchent pas. Cramponne-toi, on va se marrer.
Musique cocasse
- C'est quoi, cette fumée de merde !
- Fais gaffe. - Je gère.
- Tu vas trop vite. - Ta gueule.
- Freine ! Freine !
- Ralentis.
- Putain, on va les perdre !
- Ralentis, oh !
Ils sont où, maintenant ?
Putain ! Fait chier !
Merde, merde, merde !
- C'est pas la bagnole qui compte, c'est le pilote.
- Bravo, m'man. - Merci, mon petit gars.
Musique cocasse
---
- Plus de temps à perdre, Christian !
On n'a plus que deux jours.
Souffle d'air - C'est crevé devant.
- Non ? - Si.
Elle râle. On fait quoi ?
- On avait bien besoin de ça. - Oui. La vache.
- On va pas faire une belote, ducon, faut changer la roue.
- Oui ? - Ben oui.
Envoie le "cri". Il crie.
Qu'est-ce qui te prend, couillon ? T'es cinglé.
- Tu m'as dit d'envoyer le cri.
- C'est malin. Tu trouves ça rigolo ?
- Ben attends... Même toi, ça te fait rigoler.
- Oui, admettons, je rigole.
Oh, pénible.
- Y a pas de "cri". - Si, il y a un "cri".
- Y en a pas. - Es-tu pénible !
- Ben regarde. - Pousse-toi. Je vais le trouver.
Oh...
Alors... Ben merde, y a pas de "cri".
- Je te le dis.
- Je t'avais dit de tout vérifier. - Ça va être de ma faute.
- Eh ben tu vas soulever la bagnole.
- C'est trop lourd.
- Tu soulèves et tu discutes pas.
Ça va pas être long. 2 minutes, 3 minutes maxi.
Soulève. Un, deux, trois.
Voilà. Bouge pas. Comment je la mets ?
- Je pose, c'est trop lourd. Elle crie.
- Il m'a bousillé le pied,
cet abruti !
Cloches
- Aléria était une ville gréco-romaine
florissante pendant 1 000 ans,
de -560 jusqu'à 450 après Jésus-Christ.
Aujourd'hui, elle est fouillée par nos archéologues,
comme la belle Magali.
À cette époque,
le monde dépendait de la volonté des dieux.
- Moi, j'ai à faire. Toi, tu restes là.
Tu fais semblant de t'intéresser. Oui, oui.
Écoute pas, tu te ferais un AVC.
- C'est bon, j'y suis allé avant de partir.
- Mais qu'il est con !
- Si vous voulez bien me suivre.
Raclement de gorge
Musique cocasse
---
- Oh là, là.
C'est fascinant, n'est-ce pas ?
- Oui, carrément. C'est incroyable.
Incroyable d'avoir retrouvé des hypo...
des hypopo... trusques,
à deux pas de la Gaule.
- Bonjour. - Bonjour.
Musique intrigante
---
- Vous êtes passionné d'archéologie ?
- Ah, peut-être encore plus que vous, si ça trouve.
- Vous êtes archéologue.
- Peut-être pas quand même, mais bon, je...
- Vous travaillez dans l'Antiquité.
- Euh, oui et non.
- C'est-à-dire ?
- Ben en ce moment, je travaille plus dans le fromage.
- Le fromage ? - De chèvre.
Avec ma mère. Petit rire
Notification
Musique intrigante
---
- "Bonjour, M. Pasqualini.
"Désolé, mais la femme de ménage veut nous quitter.
"En pleine saison, c'est la grosse tuile.
"Faut vite trouver quelqu'un."
C'est nickel, ça.
- C'est beau. - Magnifique.
- Vous aussi, vous êtes belle.
- C'est vrai ? - Je peux... ?
- Christian ! Allez, viens !
On lève le camp, là. Oh !
- Ma... ma mère.
Voilà, j'y vais.
- Qu'est-ce que tu fous ? - Hein ?
- Magne-toi ! - J'arrive, deux secondes.
- C'est l'idéal pour coincer le meurtrier. Hein ?
Et moi, le ménage, c'est un peu ma spécialité.
- Et moi ?
- Ils vont te trouver quelque chose.
C'est pas chez Bill Gates,
il y aura des trucs dans tes compétences.
Propos en corse Tu baragouines quoi ?
- C'est du corse.
J'ai fait des progrès. - Oui.
- Elle serait contente, Élisa.
- Christian. - Quoi ?
- Elle t'aurait pas tapé dans l'œil ?
- Écoute, je dois t'avouer que c'est mon style de femme.
- Je le craignais.
- Pourquoi ?
- Je sais que t'as les clémentines qui moisissent au fond du panier,
mais arrête. - Pourquoi ?
- Élisa est pas pour toi. - Pourquoi pas ?
- Mais faut tout t'expliquer. Elle aime pas les hommes.
- Hein ? - Chut !
Elle aime pas les hommes. Eh ben oui.
Et le croisement de cousins, ça donne jamais rien de bon.
- Comme les chiens de chasse, un peu.
- C'est pareil, exactement.
Allez, hop.
Gémissements
T'es déçu ?
- Ben oui.
Oui. - Je le vois bien. Allez, monte.
- JEANNETON PREND SA FAUCILLE
LA RILLETTE, LA RILLETTE
- Tu chantes comme une savate. - Oh, ben écoute...
- Oh, quelle horreur !
Qu'est-ce que c'est ?
- Arrête-toi ! - Hé, oh ! Ça va pas, non ?
- T'es un mazzeru ?
Il n'y en a qu'un et c'est moi.
Ours Petrucci, c'est mon nom. Alors ou tu t'en vas ou tu meurs.
- Fallait rien dire. - Je suis un mazzeru.
- On va le voir.
Sors d'ici. - Laissez-le.
Mon gamin ! Mais il a rien fait, oh !
- Un mazzeru a le regard
qui te traverse.
C'est un instrument involontaire
de la mort. - Ah, oui...
- Regarde-moi, pinzutu !
Le ventre de Christian gargouille. Oh !
Musique psychédélique
Tu as le regard.
Il a le regard. - Oui.
- Ta mélancolie me traverse.
C'est donc vrai, tu as le don.
- Oui, c'est son papa
qui lui a donné. - Tu es de trop.
Il ne doit en rester qu'un. - J'ai rien fait.
C'est de la faute au fantôme à papa.
Il m'a dit que maman était morte. Mais c'était pas maman,
c'était Poulidor.
- Oui, Poulidor.
- À cause de Poutine, le chat.
Il est à moitié con.
Pas Poutine, notre chat. Enfin Poutine aussi, mais...
C'est triste, parce que j'aimais Poulidor.
- Son petit hamster.
Il l'aimait de tout son cœur. - Bouge plus.
Ou tu vas le rejoindre.
- C'est pas commun
comme prénom, Ours.
Vous aimez le miel ou vous avez
toujours été grognon ?
Bouge plus. On bouge plus, les rigolos !
- Une rafale de saucisson,
c'est vite parti.
- Ah, voilà ! Bande de fumiers, voilà !
- Tu fais quoi ? - T'inquiète, j'ai balancé les clés.
- Quoi ?
- C'est pas le moment d'être mou du genou.
Allez, démarre.
Musique cocasse
Elle klaxonne. Et voilà le travail !
---
Christian, tu me laisses parler. - M'man,
c'est la bagnole que j'ai vue dans mon rêve.
- Bonjour. Mme Bodin.
Enchantée.
- Bonjour. Christian. - Mon fils.
Il paraît que vous recherchez du personnel
de maison. Il est devant vous.
- Tu auras la force de nettoyer ?
- À mon âge, c'est pas le ménage qui me fatigue, moi,
c'est de voir ce que devient le monde.
- Tu es une femme fière. J'aime ça.
T'as déjà travaillé dans un verger ?
- Les vergers, ça me connaît.
Je ramassais des pommes avec mon père.
Coup Aïe. Quoi ?
- Tu commences demain.
- Ah, merci. Merci.
- Tu fais quoi ?
- Chez nous, on s'embrasse quand on est d'accord.
C'est pour ça. - Chez vous, mais pas ici.
Suivez-moi. - Merci. Tu vois, Christian ?
Propos indistincts
Maintenant, t'as intérêt à... - Oui.
Grincement Les lits,
ils sont mous. - Ah oui ?
- Ah, celui-là est plus ferme.
Soupir - Ah oui, dis donc.
- Il est mieux, celui-là, je le prends.
- Ah oui ? - Oui.
- Fais voir.
Ah oui. - T'as vu ?
- Il est nettement plus confortable, celui-là.
Je vais me mettre là.
Ce sera mieux.
- Je le voulais.
- Un peu de respect pour ta vieille mère.
- Je...
- Tu me dois bien ça. Quelle ingratitude.
- Allez.
Allez !
Tu fous quoi ?
- Hé, m'man, ils s'engueulent en bas.
- Ah oui ?
- Le bio, tu le remplaces.
- Mais Pasqualini...
- On s'en fout de Pasqualini.
- Quoi ? - Chut !
- Ça vaudrait mieux pour sa vie.
- "Ça vaudrait mieux pour sa vie."
Tu comprends ?
Allez, viens.
- Un, deux, trois Nous irons au bois
Quatre, cinq, six
Cueillir clémentines
Sept, huit, neuf Dans un panier neuf
- Hé, le pinzutu perché. - Hein ?
- Quelle heure il est ?
- Je vais pas lâcher mon panier pour te donner l'heure.
Je suis pas si con.
- C'est fini, la tchatche ? Montre-moi ton panier.
- Tiens. Il crie.
- Tu ferais mieux de ramasser des patates.
Au boulot. - Excusez-moi.
Elle chantonne.
- Mmm ! Groin de porc à la tourangelle.
C'était la recette préférée de mon Raymond.
Un plat raffiné, musclé et odorant, comme lui.
- Pourquoi vous n'avez pas refait votre vie ?
- Parce qu'au plumard, Raymond, c'était une Rolls.
Et j'ai pas envie d'une 4L.
Rires
- Vaut mieux rouler en 4L que de marcher.
- Oh, pas sûr.
Comme le mien peut plus passer la seconde,
il met un temps fou à me faire grimper aux rideaux.
- Du moment qu'il cale pas en route.
- Vous avez raison.
Le mien, c'est le contraire. Il démarre en trombe et cale.
Enfin, il me réchauffe l'hiver. - Oui.
Pasqualini n'a pas de femme ? - Ah...
- Il a autant de femmes que de clémentines.
- Il les traite pareil.
Il les épluche, les presse et jette la peau.
- Et il crache les pépins.
- Ah, les hommes arrivent.
Vous mettez la table ?
- Allez, c'est parti.
Soupir
Tac. Et zou.
Alors, les Castors Juniors ? Va-t'y comme vous voulez ?
Installez-vous. Allez, à table. Hop, hop, hop.
Ça va Christian ? Ça doit te faire drôle
de bosser, ça faisait un moment. Il soupire.
Allez, battez-vous pas.
Hop là !
Voilà. - Et les fourchettes ?
- Tu vas les chercher. Je suis pas la boniche,
moi.
- Eh ben...
Hum, miam, miam, miam.
- Tu aimes la cuisine corse ? - J'adore.
J'adore la cuisine, pis tout le reste.
J'aime tout en Corse,
la langue, la nature... la langue,
surtout. J'apprends le corse, mais en chantant.
C'est pas évident, hein.
Pis les femmes corses aussi. Elles sont belles.
Vous connaissez ma cousine Élisa, l'éleveuse ?
- Mais bien sûr. - C'est un canon, hein ?
- Ah, ça oui.
Un canon de gros calibre.
Musique intrigante
---
- Hum ! Ça sent bon.
Ça va suffire ? Parce qu'on est nombreux.
- Il a peur d'avoir faim. - Ah, non.
- T'inquiète. - On t'accueille mal ?
- Oh, non.
- Giulia, sers le repas de bienvenue.
- Le menu découverte ? - Oui, pour notre invité.
- Ah bon ? Ah.
- D'abord, on a la soupe corse aux haricots.
- D'accord.
- Les cannellonis au brocciu. - Ah, oui.
- Le veau aux olives. - Ah, ouais !
- Les pâtes.
Et pour le dessert,
on verra. - Et la charcuterie ?
- Giulia.
- Parce qu'en plus, il y a de la charcuterie ?
D'accord. Non, ben on va pas manquer.
Musique intrigante
---
Claquement
---
Soupir
---
Claquement
---
(- C'est Pasqualini, ça. Pourquoi il est habillé en flic ?)
Brouhaha joyeux
---
Claquement
Gémissements de douleur
---
- Allez, mange ! Allez, mange, allez ! Allez !
Musique militaire
---
Les cannellonis, allez ! - Je peux plus.
- Tu es tout maigre. Mange, petit.
Faut rester en vie.
- Je vais plutôt mourir. - NON !
- Si. - Il reste plus rien.
Ça se mange sans faim.
Avec un peu d'alcool de myrte.
- Ah non, la "myte"... - Oui, oui.
- Je la digère pas.
- Ça veut dire que c'est pas bon. Si c'est pas bon,
ça vexe. - Ah bon ?
- Si ça vexe, c'est dangereux.
Alors tu manges.
Et tu finis tout.
Je te surveille.
- Pas de problème.
- Tu vois, ça descend tout seul.
- Ça aurait été dommage de pas le...
- Voilà. - Hum !
Musique intrigante
---
Ronflements
---
Elle siffle.
---
Sirène au loin
- Ben...
Sirène
---
Christian. Réveille-toi, il y a des flics partout.
Vite, habille-toi.
Il bafouille.
J'espère que tu t'es pas gouré de date.
Allez, hue !
Oh, mais c'est quoi ce bordel, là ?
C'est pas parce que vous foutez rien
qu'il faut réveiller ceux qui travaillent.
- Quand avez-vous vu Ange-Sauveur ? - T'es de la police ?
- Elle est pas mal.
- Hé, hé. - On peut déconner,
on n'est pas des bêtes.
- Arrêtez de plaisanter.
Il y a eu un coup de feu.
- Vous avez vu
quelque chose ? - NON.
- Alors laissez-nous travailler.
- Nous v'là bien. Déjà qu'on a un mort pas mort,
maintenant on a un autre mort. - Faut pas le dire.
- On peut partir par là et par là.
- Tu sais ce que disait Colombo ?
Il faut regarder la scène dans son ensemble.
- Ah, d'accord. - En prenant du recul.
Et crois-moi que Colombo, c'était pas un con.
Aïe ! Oh, putain !
Elle rit.
- Debout, Colombo, parce que pour l'instant,
t'as l'air d'un con.
Il crie. - Il est là.
- Qui ça ? - Ange-Sauveur.
J'ai l'air d'un con, mais je l'ai trouvé.
La maréchaussée !
Venez voir. - Oh, la vache !
- Je vais faire un bouche-à-nez. - Quoi ?
- Laisse-moi travailler.
- Vous êtes médecin ? - Non, mais à moitié véto.
- Allez, bougez-vous. Allez chercher les secours.
- Tu l'as.
- Il est retombé dans les pommes quand il a vu ta tronche.
- C'est agréable. - C'est la vérité.
- Effronté.
- Il l'a échappé belle. Heureusement que t'étais là.
- Oui. Par contre,
ça sera pas lui le meurtrier.
Là, il est pas près de sortir de l'hôpital.
- Notre piste tient plus la route.
- On repart à zéro.
- Dans quoi on s'est encore embranchés ?
Fallait pas venir.
- Non, rien, M. le procureur. La victime, elle parle pas.
Non, c'est pas parce qu'il est corse.
Des témoins ? C'est une blague ?
Non, c'est pas possible, on est débordés.
- Bois un coup.
- Hein ? Demain matin, le PV sera sur votre bureau.
- Ben dis donc. - Ouais.
Arrête. - Quoi ?
- Regarde la trace de pneus, là.
- Dis donc, c'est des pneus larges, ça !
C'est une bagnole de sport.
- On n'en croise pas souvent. - Non, tu m'étonnes.
- T'en as vu beaucoup, des bagnoles comme ça ici ?
- Ben non. - T'en déduis quoi ?
- Ben rien.
- C'est un indice. - Tu crois ?
- Oui ! Le mec qui a attaqué Ange-Sauveur
fait pas partie de la boîte. Voilà, M. Colombo.
- D'accord, Mme Zabatha Christie.
- Hé ! Vous faites quoi, vous deux ?
Suivez-nous.
- On n'a pas que ça à foutre, nous.
Non, je l'ai pas entendu. Je pouvais pas.
J'ai rien entendu,
parce que l'autre, il ronflait comme une marmotte sous Temesta.
- C'est de la faute de l'alcool de "myte".
Ça me fait trembler la glotte.
Clac, clac, clac, clac.
Du coup, je ronfle.
- J'en ai marre de vos questions. À moi d'en poser, maintenant.
Le Pasqualini, avant de faire des clémentines,
il était pas flic ?
- Affirmatif. Il était gendarme avant de reprendre
la propriété. Pourquoi ?
- Comme ça, juste pour savoir.
- Allez, circulez.
- Non, j'ai un autre petit truc à vous demander.
Ma cousine, Élisa Albertini,
a des soucis avec les inspections sanitaires.
- C'est pas si simple avec l'inspection sanitaire.
- Oh, dis, un petit... Quand même.
- Bon. - Voilà.
- Si ça vous amuse,
tout est écrit là-dedans. Cadeau.
- Tu parles d'un cadeau.
Vous avez des cabinets dans le poulailler ?
- Oui.
- Faut que je fasse une autre petite déposition.
- Au fond du couloir. - Voilà. Merci.
Christian, reste là.
Tu les occupes. - Non, mais attends.
- J'en ai pas pour longtemps.
- Voilà.
Je suis en train d'apprendre le corse en chantant, moi.
C'est pas évident, hein.
Musique cocasse
Christian chante faux.
---
---
(- "Archives". Ça, ça m'intéresse.)
"Affaires résolues". Y a rien de trop là-dedans.
"Affaires en cours".
---
Oh !
Oh, les feignasses !
Elle râle.
(Merde !)
Christian chante faux au loin.
---
- Mais qui a fermé ?
On avait une affaire résolue.
Et puis merde, tant pis.
Elle pète.
Christian chante faux au loin.
---
Porte
Elle souffle.
Respiration difficile
Elle souffle.
- Oh, la vache.
Elle souffle.
Il chante.
Ils connaissent pas l'alphabet, ces abrutis.
Dossier Pasqualini, tiens donc.
Ah ça, c'est intéressant, par contre.
Avocat maître Teyssier.
Oui.
Ça peut servir, ça.
Christian chante faux au loin.
- Là, je le tue.
- La pluie fera du bien aux récoltes.
Christian s'étouffe. - Deuxième couplet.
Il chante faux.
---
- Voilà, c'est bon. Christian, arrête, arrête.
- Quoi ? - On y va, c'est parti.
- D'accord. - Au revoir, messieurs.
- Merci. Merci à tous.
Putain, ça grimpe. - Ah oui, dis donc.
Musique intrigante
---
- M'man, je comprends toujours rien.
- Si tu comprends rien, c'est que tout est normal.
Alors je t'explique.
Le Pasqualini, quand il était flic, en 2014,
il était en charge d'une grosse enquête.
À cause du témoignage de Pasqualini,
l'accusé a pris 20 piges
au lieu des dix demandées.
L'avocat de la défense faisait la tronche.
- Pourquoi ? - Mais à cause
de Pasqualini, parce qu'il avait perdu.
- Ouais. - T'as compris ou pas ?
L'avocat en question, c'était Me Teyssier,
celui qu'on vient voir.
- C'est une bonne raison de tuer Pasqualini, cette histoire ?
- Généralement, en Corse,
ils ont la rancune tenace. Tiens, c'est lui.
- Au revoir.
- Bonjour, Me Teyssier. - Oui, c'est moi.
Je vous ai déjà vue. - Oui.
- Au marché d'Aléria ? - Oui, c'est ça.
Auriez-vous cinq petites minutes ?
- Restons pas là. - D'accord.
Viens, Christian, viens.
Je voulais vous entretenir d'une affaire
qui nous cause du souci.
- Ici, la vengeance est un plat qui se mange chaud.
Si j'avais dû tuer Pasqualini, ça serait fait.
Si j'avais dû...
- Il me manque, mon Poulidor, c'est...
- Christian, arrête.
- Pardon, excusez-moi.
- Si j'assassinais tous ceux qui m'ont fait perdre un procès...
Je suis un homme de loi, pas un bandit.
Le devoir m'appelle.
- Monsieur l'avocat ? Une petite clémentine ?
- Il est marrant. Les consommations, c'est pour moi.
- Merci. T'es cinglé, toi. T'as la tête qui joue au flipper.
- Pas du tout. C'est une technique de la police.
- Ah bon ? Non. - Si.
L'assassin est gaucher et là, Teyssier,
il a attrapé la clémentine de la main droite.
C'est un réflexe. - Ah.
Ça peut pas être lui le futur assassin du futur mort.
- Il m'épate.
Il m'épate, il m'épate.
T'es con quand ça t'arrange. - Je me le demande.
- Ça nous dit pas qui va tuer Pasqualini.
Dans 24 heures, si on fait rien, la malédiction va s'accomplir.
- Poulidor sera mort pour rien. - Hm.
Soupir
Oh, ben dis pas ça, voyons.
Je t'en rachèterai un Poulidor, tout neuf.
Tout un peloton que je te rachèterai, de Poulidor.
- Ça le remplacera pas.
Pleurs
- Tu l'aimais, ton Poulidor. - Oui.
- Ta maman est là et elle t'abandonnera jamais.
- C'est pas pareil. T'as pas 4 pattes, toi, déjà.
- Mais si. Regarde, un, deux, trois, quatre.
Elles sont là, mes quatre pattes.
- Tu te mets pas sur le dos quand t'es contente.
- Mais bien sûr que si. - Ça m'étonnerait.
- Tiens, regarde. Je me mets pas sur le dos ?
Regarde. - Ah oui.
- Tu vois ? Il faisait ça, Poulidor.
- C'est vrai.
Et moi, je lui faisais ça.
Guili-guili.
- Arrête, Christian. Je suis pas Poulidor, moi.
- Madame. - Bonjour.
- Ça va ? - Ça va impeccable.
Vous inquiétez pas.
C'est parce que le gamin a perdu son hamster
il y a pas longtemps, alors ça l'a...
Ça va, merci. C'est fini, on n'en parle plus ?
- Ça va mieux. - Bon, tant mieux.
On va pas se laisser abattre.
Comme disait ton père :
"Faut pas tortiller du cul autour du pot."
- Il disait ça. - Tu sais ce qu'on va faire ?
On va filer Pasqualini,
on lui colle aux basques et on le lâche plus.
Musique cocasse
---
Là ! Alors, il est où, le tôlier ?
- Je me rappelle plus.
- D'accord. Si tu le prends comme ça,
mon gars...
T'as une seconde,
sinon je te fais des trous.
- Il est parti dîner avec sa fiancée.
Au restaurant. - Lequel ?
- À l'Alba Serena. C'est soirée corse.
- Ben tu vois.
Allez, on y va. - Ah, oui.
- Mais il y a quelques préparatifs à faire.
Musique cocasse
- La porte, m'man ! La porte ! - Tu m'agaces !
---
- Alba Serena,
c'est là. - Oui, c'est bon.
- Il y a sa bagnole, à Pasqualini.
- Impeccable.
Tu restes là et tu surveilles.
Là. Hop.
Alors, mon petit matos.
Là. Et ça.
Alors, attends voir que j'arrange... Là.
Là. Ouh là, là.
- Tu fous quoi ? - T'occupe !
Va te préparer.
Voilà. C'est bon.
T'as bien retenu ce que t'avais à faire ?
- Oui, m'man.
- Bonsoir. - Bonsoir, monsieur.
C'est pas une soirée déguisée ?
- Non, traditionnelle. - Ah oui.
- Il faut que tu lui dises, Magali.
- J'ai peur de lui en parler. Il est violent.
- Je veux plus me cacher.
Je veux t'aimer au grand jour. Je vais lui parler.
- J'ai peur de te perdre.
- Messieurs, dames,
un touriste a voulu rendre hommage
à la Corse. On l'applaudit.
Applaudissements
- Oh, Catarinetta Bella Tchi Tchi
Écoute, l'amour t'appelle
Tchi Tchi
Pourquoi dire non ?
Ah... Ah...
- Tais-toi !
- Tu diras mais sans l'oreille Tchi Tchi
Si j'avais su dans ce temps-là
- Allez, ça suffit.
- Oh ma belle Catarinetta
- Le respect, non ?
Christian continue de chanter.
Rires
- C'est qui ? - Je sais pas.
- Hé ! Vous êtes complètement malades !
Ça va, mon petit Christian ? - Ben oui, moyen.
- Pendant que tu jouais les Castafiore,
j'ai résolu l'enquête, mon pote.
La Magali trompe son mari avec Pasqualini.
Je suis sûre que c'est le mari qui va essayer de le tuer.
- Tu m'étonnes.
- S'il avait fallu que je flingue
toutes les poulettes qui draguaient ton père,
j'aurais vidé les campagnes.
- Ah bon ? Papa, il... - Oui, bref.
Faut trouver comment s'appelle le jaloux.
J'ai volé les papiers de la belle.
- Bien joué. - T'inquiète pas. Alors...
Magali Teyssier. Merde.
C'est l'avocat. - Non ?
- Si. - Ah bon ?
- Alors, Colombo ?
Je croyais que ça pouvait pas être lui.
- Il est gaucher.
- Tu connais pas ta droite de ta gauche.
- Si, j'ai un truc.
La main gauche a le pouce à droite.
- T'écris de la main gauche ? - Non.
J'écris de la main gauche ? - Les v'là.
Planque-toi vite.
(Il nous a pas vus.)
(Fais pas de bruit.)
(C'est fini les roucoulades ?)
- Allez, on y va.
Il démarre le moteur.
- Suivons la trace de peinture.
- T'es sûre ? - Ça s'appelle la géolocalisation
made in Bodin.
Merde, c'est Teyssier, le cocu !
T'as vu, il a des pneus larges.
C'est lui qui a déglingué Ange-Sauveur.
- À tous les coups.
- On tient le bon bout !
Musique cocasse
---
Le con, qu'est-ce qu'il fout !
- Fermati! - Oh, t'es cinglé, toi.
- Sors. Sors de là.
- J'ai rien fait.
- Je te le redis,
tu es en trop.
- Tu vas te calmer ?
Pauvre couillon ! Si c'est toi le sorcier,
pourquoi t'as pas vu que Pasqualini allait mourir ?
Hein ?
Il fond en larmes.
---
- Le don. Le don !
- Quoi le don ?
- Le don, je l'ai perdu.
- C'est pas une raison pour chialer comme ça.
- Ça arrive.
- T'inquiète pas,
j'ai un remède pour que tu retrouves ton don.
Si t'es mignon, t'en auras.
- Personne n'est au courant.
Ça serait le déshonneur.
Propos en corse
- On va faire équipe, tous ensemble.
- Moi, faire équipe
avec des pinzutus ? - Qui sont prêts
à risquer leur vie.
Ça te défrise pas les bigoudis ?
- Un peu.
- On va le sauver, Pasqualini.
On dira que tu l'avais prédit. Propos en corse
---
- Promis ?
- Juré ! Craché !
Ils crachent.
- Oh, putain !
- Oh merde, excuse-moi. Excuse-moi,
j'ai le râtelier ajouré, ça aide pas pour la précision.
Vrombissement - Doucement !
- Cramponnez-vous, ça va fumer !
Musique inquiétante
---
- Qu'est-ce que tu fais ?
- Qu'est-ce que je fais...
Il n'y a plus de peinture, il n'y a plus de trace.
Le pot s'est vidé,
il n'y a plus de trace.
Quel bordel !
- Ça s'arrête là.
- C'est foutu, maintenant.
- On a pas de pot ! - Christian, réfléchis.
- Hein ? - Réfléchis.
Ça se passait sur une plage. - Sur une plage, oui.
- Qu'est-ce qu'il y avait sur cette plage ?
- Beaucoup de sable. Je me souviens de ça, du sable.
- On va aller loin avec ça.
- Ça faisait un bruit.
Ça faisait...
Il imite le remous des vagues.
---
- C'est une blague ? - Non.
Ah !
Ça me revient. Il y avait une espèce de château fort.
- Un château fort ?
Comme un donjon, une tour... - Ah, je sais où c'est !
C'est la plage de la tour génoise. C'est par là.
Remous des vagues
Musique intrigante
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Musique passionnelle
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- Attendez !
- Y a rien à attendre.
- Là-bas.
---
- Je vais vous expliquer.
- Y a rien à expliquer. Tu vas payer, Pasqualini.
- Éloigne-toi, Teyssier. - Que faites-vous là ?
Pose ton fusil, sinon je fais un doublé.
Pose-le ! - OK, OK.
- Petite merde, fais ta prière.
Tu vas voir les étoiles d'en haut. - Non.
Non ! - Dégage, Magali !
Dégage !
- Recule, Magali. Faites pas ça !
- Teyssier !
Regarde-moi, si t'es un homme !
---
- Oh, Teyssier !
- Tiens !
Ça t'apprendra
à dire des gros mots.
- Papa !
- Papa ?
- Oui. - Comment ça, papa ?
- Je suis son père.
- On me dit rien à moi !
Il bafouille.
- À moi non plus, on dit rien.
- Il dit rien.
- Il dira rien. Un Corse, ça parle pas.
Maria soupire.
- Viens, ma petite fille.
On va aller lui parler toutes les deux.
Les hommes savent prendre les armes,
mais c'est nous qui menons les combats.
- Non, c'est contraire à la procédure pénale.
- Ah oui ? Et la procédure pénale,
elle en dit quoi que tes poulets, ils jouent à la belote ?
La porte s'ouvre.
Que faites-vous là ?
La porte se ferme.
- Vous savez, j'ai qu'un fils.
Et comme son père est mort, c'est moi qui l'ai élevé.
Ça fait 50 ans que j'ai tout fait pour le protéger.
Croyez-moi, c'est un taf à plein temps.
- À plein temps, elle exagère.
- Vous êtes
un bon père et vous avez une fille formidable.
Je suis sûre
que c'est pour elle que vous alliez faire ça.
Maintenant, monsieur l'avocat,
faut passer aux aveux.
Au moins pour votre fille.
Musique douce
- Je t'aime.
- Moi aussi, je t'aime.
Quand Pasqualini a commencé à lui tourner autour,
elle en est devenue raide dingue.
C'est un dragueur, tout le monde le sait.
Les femmes, il s'en fout.
Moi, j'ai pensé qu'il voulait jouer avec ma fille.
Je lui ai dit d'arrêter.
Il m'a envoyé promener.
Je lui ai dit que s'il continuait,
j'allais le tuer.
En Corse, en général, on fait pas des menaces en l'air.
Et on se moque pas.
- Et Ange-Sauveur ?
Petit rire
- Comment vous savez ?
- Faut marcher. C'est vos pneus qui vous ont trahi.
- Ange-Sauveur, c'était un accident.
Quand je suis allé chez Pasqualini,
Ange-Sauveur m'a surpris.
On s'est battus. Le coup de feu est parti.
Coup de feu Après, je l'ai assommé.
Voilà.
- Merci, maître.
- Elle est forte.
- Très forte. - Ah oui.
Propos en corse
- Maria, un verre ?
- J'ai pas l'habitude de boire l'apéro avant que le boulot
soit fini.
- Quel boulot ?
- J'ai fait une promesse à Élisa. Elle a besoin de nous.
Et là, je viens de trouver un truc.
On va bien se marrer quand ils vont revenir l'emmerder.
Bon, dis, toi le gaucher contrarié,
bouge tes miches.
- On ferait pas une photo ?
- Oh, allez. - Vite fait, vite fait.
Histoire d'avoir un souvenir.
On sourit.
C'est dans la boîte.
- Allez, rentrez bien.
- Salut, les cow-boys. Rendez-vous au saloon !
- N'entrez pas !
- Je vous aurai prévenue.
Pas de changements,
abattage du cheptel. Messieurs.
- Vous croyez que je vais vous regarder ?
Vous me prenez pour qui ?
Encore un pas
et je vous plombe comme des perdreaux
et je vous donne à bouffer aux cochons.
- Si nous devons revenir avec les forces de l'ordre,
vous irez en prison.
Coup de feu
- Dégagez ! - Calmez-vous !
Baissez cette arme.
- Cassez-vous !
- Du calme. Élisa, arrête.
Avant de dépenser une cartouche, on va parlementer.
À nous deux, monsieur l'inspecteur des casse-bonbons.
La fosse doit être agrandie
parce que la propriété fait plus de 2 000 mètres carrés.
- 2 002 mètres carrés, très exactement.
C'est 2 mètres carrés de trop,
mais la loi, c'est la loi.
- Mais Christian,
envoie le Kamasutra.
"La surface de la fosse à purin doit être déduite
"du calcul
"de la surface de la propriété."
Autrement dit, crâne d'œuf, avec la fosse de 20 mètres carrés,
la propriété fait moins de 2 000 mètres carrés
et la fosse fait la bonne taille.
- C'est pas tout à fait faux. - Allez,
vous n'avez rien à foutre là.
- Les blaireaux, on ne vous retient pas pour l'apéro.
- Ça rime, en plus.
- Vous faites ce que vous voulez, mais nous, on y va.
- Voilà. Tu vois, mon petit Christian,
la diplomatie, c'est toujours mieux.
- Ouais. - Hein ?
Propos en corse
- Bravo ! Bravo !
*- Je voulais sincèrement remercier
Maria et Christian
pour leur dévouement.
- Bravo ! Bravo ! Ouais !
*- À cette occasion, je voudrais vous chanter...
- Ah non, Christian, ça suffit les dégâts.
T'as déjà donné. Allez, assieds-toi.
C'est à moi d'essayer. Ah, oui.
En hommage à vous tous et à votre beau pays.
Attention, 3, 4.
Ô Corse
Île d'amour
Pays où j'ai vu le jour
J'aime tes frais rivages
Et ton maquis sauvage
J'ai vu
Des lieux enchanteurs
Pourtant
Au fond de mon cœur
Je t'appartiens
Toujours, toujours
- TOUJOURS
- Ô Corse
Île d'amour
- Bravo ! - Bravo, bravo, bravo !
*- Merci, les gamins. - Bravo, Mme Maria.
Quel talent ! Quel talent !
On avait parlé d'un remède pour le don.
- C'est vrai. Chose promise, chose due. Alors,
tu vas m'enfiler ça cul sec, sans respirer, et tu vas voir,
c'est épatant.
- Je peux ? - Fais-moi confiance.
Un, deux, trois. Hop là !
Il pousse des cris. Ah, ben oui.
Ça fait toujours ça la première fois, c'est normal.
C'est de la prune de 56, ça fait son effet.
Repose-toi, repose-toi. Voilà.
- Avec Magali, on est vraiment amoureux
et je vais demander sa main à son père.
Vous serez nos témoins. - Pas d'affolement.
Avant de s'occuper
de ta biche, on doit s'occuper de nos chèvres.
- Moi, je veux bien rester, hein.
- Tu feras ce qu'on te dira de faire.
- Ben non,
ma petite dame,
parce que je suis majeur et vacciné
et je veux mener ma vie comme bon me semble.
- Va donc faire la sieste.
Il s'est mis joli.
Ben v'là l'autre.
Oh, dis donc, t'es joli, toi.
Me chauffe pas, tu vas pas savoir m'éteindre.
Rires
- J'ai vu des choses. - Ah, ça y est ?
- J'ai vu des choses. Je sens que le don me revient.
- C'est de la bonne. - Faut goûter ça.
Propos en corse
Louis, envoie la clémentine ! - Oh, là.
Coups de feu
- Oh !
C'est bien la peine de faire du cinéma.
Je vais te faire voir comment on fait.
Louis, envoie.
Voilà.
Musique cocasse
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Sous-titrage TITRAFILM
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