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Laissez-moi !
Je ne me suis pas fait mal.
Eléonore vous attend dans le jardin.
Ne faites pas l'enfant, Faustine.
Eh bien, posez-moi sur le lit.
Faites voir votre pied.
Quand je vous touche ainsi, Ça vous fait mal ?
Non… Que faites-vous ?
Je vous embrasse la cheville.
Je vous embrasse le genou.
Je vous embrasse la nuque.
Arrêtez-moi, Faustine, si ça vous fâche.
Cela me fâche. Je vous en prie, arrêtez.
Voilà !
Ne tardez pas !
Asseyez-vous près de moi.
Que se passe-t-il ?
Rien.
Et maintenant, dormez bien, petite enfant sage.
Ne partez pas !
Que voulez-vous, bon Dieu ?
Je ne sais pas.
Que vous restiez près de moi.
Pourquoi pleurez-vous, petite fille ?
C'était mon premier baiser.
Je lui ai dit : arrêtez de me lécher le cou,
vous n'êtes pas un chien, je ne suis pas une soucoupe,
Et je suis partie…
Le pauvret !
Ça ne me dit rien de danser en étant tripotée par ces imbéciles.
Ils vous embrassent sans savoir votre nom.
Sans savoir si vous aimez mieux le printemps,
ou l'été.
Dans deux jours, les vacances,
- Tu retournes à St Tropez ? - Non, pas cet été.
Mes parents y vont mais je vais à la campagne, chez ma grand-mère.
À la campagne ? T'as pas peur de t'ennuyer ?
Tu vois, cet été, pour changer,
j'ai envie de m'ennuyer un peu.
Si je ne me trompe pas, vous êtes bien la célèbre Florence Nightingale.
Oui, mais ne le répétez pas, je viens me reposer.
On ose cependant espérer vous avoir pour le thé au château.
Au château, sûrement pas !
Vous connaissez mes conditions.
Ah bon… Alors aux écuries peut-être.
Peut-être.
- Faustine ! - Bonjour, Faustine.
- Joachim ! - Au revoir, Joachim.
J'attendais ma cousine Ariane.
Et moi, mon grand-père Henri.
Laisse, grand-mère !
Ça me plaît de regarder tes robes.
Va te promener.
Je suis dans l'eau.
Vous pouvez ouvrir les yeux, jeune homme.
C'est malin !
Mon cher petit Florent…
Si tu savais comme l'eau est fraîche.
Toi qui a l'air d'avoir si chaud.
Tiens… rafraîchis-toi !
Tu n'as rafraîchi que Verveine.
Lis-moi un poème.
"Les roses étaient toutes rouges Et les lierres étaient tout noirs."
"Chère, pour peu que tu te bouges, Renaissent tous mes désespoirs.”
"Le ciel était trop bleu, trop tendre, La mer trop verte…
… et l'air trop doux."
"Je crains toujours, — ce qu'est d'attendre !
'Quelque fuite atroce de vous."
"Du houx à la feuille vernie Et du luisant buis je suis las,"
"Et de la campagne infinie Et de tout,
"fors de vous,
"hélas !"
Merci.
Donne-moi la main, je veux sortir.
Tu peux fermer les yeux.
Pourquoi t'es comme ça aujourd'hui ?
Comme ça ? Comment ?
Provocante…
Parce que c'est l'été.
Parce que t'es lui,
parce que c'est moi.
Parce que.
Donne-moi la main maintenant.
Je l'ai pas fait exprès… je te le jure.
Espèce de menteuse !
Non mais c'est fini… Tu m'embêtes à la fin.
Je t'embête, vraiment ?
Eh bien, je regrette.
Tes vraiment complètement folle, hein ?
Oscar Wilde.
Le thé ! Papa ! Oncle Jean !
Ton père est parti se promener.
- Marie ! - Maman !
Je t'aime..
Jean !
L'eau était délicieuse.
N'est-ce pas, Florent ?
Ce jeune homme a essayé de se glisser dans la maison
sans se faire voir. Pour se changer.
Mais nous avons tous vu que ses vêtements étaient trempés.
Bizarre !
Auriez-vous poussé votre plus jeune beau-fils à l'eau,
chère belle-maman ?
Exactement.
Tu sens la rivière.
Et toi, tu sens la confiture.
Tu as poussé Florent à l'eau ?
J'aimerais que tes fils me traitent avec un peu plus de respect,
C'est tout.
Florent m'a traitée de folle et de menteuse,
- Vous êtes si jeune, belle-mam… - Tais-toi, Joachim.
Il m'a dit tous ces mots doux et je l'ai tiré dans l'eau.
Et de quoi parliez-vous ?
De quoi veux-tu que nous parlions ? De tout et de rien.
Tu connais tes fils : ils s'énervent pour tout.
- Pour rien. - Et pour rien,
J'ai pas envie de thé.
Tu rentres à la maison avec maman ou tu restes dans le jardin ?
Je reste dans le jardin, Papa, pose-moi, Il fait chaud par terre.
Tu viens ?
- Qu'est-ce que tu jouais tout à l'heure ? - Une mazurka.
Tu voulais pas de thé ?
Non.
Ah, Florent ! Florent !
Le loup va finir par te manger.
Occupe-toi de ce qui te regarde.
Qu'est-ce qu'il raconte ?
Demain, il faut qu'on commence à repeindre les chaises du jardin.
Ça s'écaille complètement.
Quoi ? Ça a un côté décadent que j'aime bien.
On t'en laissera une bien écaillée pour toi.
Je me demande si je dois ou non lutter contre mon goût pour les roses anciennes,
les grillages rouillés,
les volets qui grincent dès qu'il y a du vent.
Nous repeindrons toutes les chaises demain.
Papa !
Il fait chaud, mes biches.
- Un baiser, Seigneur ! - Deux baisers !
- Tu veux des toasts chauds ? - Oui.
Je me suis promené le long de la rivière.
Mais où est Marie ?
Je suis là.
Je vais prendre mon thé en travaillant.
C'est plus raisonnable.
Tu me l'apportes, mon ange ?
- Tu veux bien m'accompagner jusqu'à mon bureau ? - D'accord !
Bon…
Qui vient se balader avant le dîner ?
Tu viens, cousin ?
Oui... Cousine.
Marie a eu du mal à s'endormir.
Moi, j'ai du mal à m'endormir tous les soirs depuis notre arrivée.
Viens ici !
Non.
Viens.
Et pourquoi ?
Pas envie.
Penses-tu rester longtemps dans cet état d'esprit ?
Toujours ça…
Bien…
Si tu le permets, je vais donc changer de chambre.
Je préfère dormir seul qu'avec une femme
qui ne veut pas que je la touche.
À quoi tu penses
quand je dors près de toi et que tu ne dors pas ?
A "ça".
Va demander qu'on fasse mon lit dans la chambre jaune.
D'accord…
Je voudrais qu'Ariane et Camille se marient.
Tu es fou.
Laisse les donc profiter de la vie, ce sont des gosses.
Je voudrais voir des bébés dans la maison, tenir des bébés dans mes bras.
Remarie-toi.
Fais comme moi, mon cher frère.
Épouse une belle petite garce. Tu rajeuniras de 20 ans.
Ou tu te tireras une balle dans la tête.
Ce qui est une autre façon de ne pas vieillir.
Mais, à mon avis, la moins bête.
Qui s'est servi de ma mobylette hier ?
Moi,
Le pneu avant est crevé.
Ah oui, oui !
Et tu aussi pris mon dernier paquet de cigarettes dans mon tiroir.
Le voilà !
Merci.
Mais hier il était plein.
Jeune poète… Tu commences à m'énerver.
Je te parle de paquet de cigarettes et tu parles de poète.
Mes pétunias !
Non, mais tu es fou !
Cet imbécile m'a énervé avec ses petites provisions, sa radinerie.
Pardon, ma petite chérie, pardon !
Belles formes... Joli petit cul.
- Tu me lâches immédiatement.
- Déjà debout ? - Oui, j'avais faim, faim, faim.
C'est bien.
J'adore ce pain.
Il sent la ferme et le soleil. Y a que le pain qui sente comme ça.
Oui, le pain est le fruit de toutes les saisons.
Il est aussi le fruit du travail de l'homme.
Le pain, c'est la terre et l'homme étroitement mêlés.
Et c'est pour ça que tu l'aimes ainsi,
Oui, grand-père.
"Encore et encore et encore
"m'évanouir contre votre corps."
"M'évanouir, m'endormir ou pourquoi pas mourir ?"
Justement, je pensais à vous.
Et je me suis permis de vous rendre visite.
Vous n'êtes pas fâchée ?
J'aime les maisons et, en passant, j'ai eu envie de la visiter.
Et moi, je suis content d'avoir oublié ça.
Venez dîner ici ce soir.
Nous rentrons vers 8 heures.
Non merci.
J'ai une famille très gentille, un père, un onde, une belle-mère,
un frère, une demi-sœur, 2 cousines, 4 chiens.
Non vraiment, merci.
Et un chaton.
J'ai une meilleure idée : venez avec nous pique-niquer sur le lac.
Sur quel lac ?
À 60 km, il y a un lac.
Vous venez ?
Non.
- Je vous suis antipathique ? - Non.
Enfin un mot gentil.
Il faut que je m'en aille.
Au revoir, Joachim.
Nous reverrons-nous, mystérieuse Miss Nightingale ?
Sûrement.
Où habitez-vous ?
Ils sont rentrés.
J'ai envie d'aller me promener dans la forêt.
Joachim… Tu viens avec moi ?
Avec plaisir, belle belle-maman.
J'ai entendu des pas.
Florent a déjà été amoureux ?
Hélas oui !
Mais pourquoi tu dis "hélas oui" ?
Je sais que tu aurais préféré que je dise "hélas non”.
- Qu'est-ce que tu racontes ? - Moi ? Rien.
On dira que j'ai pas ouvert la bouche.
Il aimait beaucoup votre mère ?
Normalement.
Tu crois qu'il m'en veut d'avoir pris sa place ?
Il est si méchant avec moi.
- Qu'est-ce que j'ai dit de drôle ? - Ah, écoute-moi…
Dis-moi carrément : j'ai envie de Florent, tu crois que…
- Il va… - Tu es fou.
Écoute... je te répondrais oui,
Il s'en rend même malade, le pauvre imbécile.
Tu crois ?
Non, je l'énerve.
Pourquoi tu dis ça ?
Parce que j'en suis sûr.
Pourquoi tu en es sûr ? Il te l'a dit ?
Qui peut vous regarder sans avoir envie de vous, belle-maman ?
Parfois j'ai envie d'avoir 16 ans.
Tu vas me faire pleurer.
Rentrons.
Qu'est-ce que j'ai comme récompense pour mon gentil petit renseignement ?
Voilà !
C'est peu !
Lâche-moi, sale gosse !
Pourquoi t'as épousé mon père ?
Parce qu'il avait deux fils très beaux,
Bonjour, Miss Nightingale.
Vous voyez ?
J'ai découvert votre repaire.
Je ne trouvais plus rien à vous dire.
Il ne faut pas m'embrasser sans ma permission.
Eh bien… Ai-je la permission
de vous donner un baiser du matin, Miss Nightingale ?
Non.
J'en ai terriblement envie.
C'est vrai ? Et où voudriez-vous m'embrasser ?
Où ?
Dans votre cou, encore une fois.
Au creux de vos bras.
Sur vos petits genoux.
Et je remonterais vers votre bouche.
Et puis…
Je continue ?
Non, il faut que vous partiez, j'ai des choses à faire.
Au revoir.
Cet après-midi, vers 5 heures,
serez-vous là ? - Oui,
Dis donc, les chaises, C'était ton idée.
Camille, tu m'embêtes.
Il y a, dans nos campagnes, une fille dont je suis en train de tomber amoureux.
Pardon, Florent.
C'est une paysanne ?
Vous n'en saurez pas davantage.
J'en ai assez, j'ai envie de faire un tour.
Tu viens, Camille ?
- Oui, - Moi aussi, j'arrête.
- Où est Marie ? - Oncle Jean lui donne sa leçon de piano.
Ah bon !
Je monte. À tout à l'heure.
Il faudrait repeindre la cuisine aussi.
- Elle est répugnante. - Quais, en rouge.
Ah non, tu es fou. Elle est déjà sombre.
Tu as bien travaillé, papa ?
Surtout regardé par la fenêtre en disant qu'il faisait trop beau pour travailler.
J'ai lutté et j'ai succombé.
Je serai de retour pour le déjeuner.
J'emmène Marie. Tu veux bien ?
Où on va ?
Où tu voudras.
"Tous ceux, tous ceux, tous ceux Qui me viendront…
"Je vais vous les jeter en touffes sans les mettre en bouquet :
"je vous aime, j'étouffe, Je t'aime, je suis fou,
"je n'en peux plus, c'est trop
Ton nom est dans mon cœur comme dans un grelot,
"Et comme tout le temps, Roxane, je frissonne,
"Tout le temps, le grelot s'agite, et le nom sonne.” * Cyrano Act 1 Sc 7
Papa à moins de rayures que toi sur la figure.
Et tu n'aimes pas les rayures ?
Non, j'aime les figures toutes grosses et toutes douces.
Les figures comme des pommes ?
Oui.
Bonjour mamie.
Soyez gentille, ramenez cette jeune fille à la maison. Elle est fatiguée.
Excusez-moi.
Je descends.
Bonjour.
Merci.
Je vais par là. Au revoir.
Vous êtes malade ?
Non, dehors, j'avais trop chaud.
Ici, je suis bien.
Il est 5 heures.
Asseyez-vous.
Vous êtes un petit diable.
Quelquefois.
En ce moment, par exemple.
Vous avez toujours envie de m'embrasser ?
Entre autres,
Mais en ce moment, j'ai plus envie d'autre chose.
De quoi ?
J'ai envie de passer ma main sur votre peau nue.
Faites-le, si vous voulez.
Vous vous moquez de moi ?
Non.
J'ai pas dit que vous pouviez m'embrasser le dos.
Si vous me pincez, vous prendrez une bonne raclée.
Ça lui apprendra.
- OÙ sont les autres ? - Partis en ville faire des courses.
Quelle chaleur ! Tu viens te baigner ?
Non.
Je fais peur au gentil Florent ?
Bon d'accord. Si tu me laisses pas lire tranquille…
Autant aller se baigner.
Marie, ne bouge pas, s'il te plaît.
Personne ne sait où est Florent ?
C'est l'évidence même.
Je ne serai jamais une révolutionnaire.
J'aime m'occuper de ce que j'aime et pas de ce que j'aime pas.
Et les révolutionnaires passent leur vie à s'occuper de ce qui leur déplaît, non ?
Marie, ne tourne pas la tête.
Camille, arrête de parler, tu la fais bouger.
Pourriez-vous me dire, s’il vous plaît, pourquoi toutes les portes sont bleues ?
C'est par une porte bleue que l’on entre dans le monde
où les petits chats font de la peinture.
C'est bien ce que je pensais. Merci beaucoup.
- Qui c'est ? - Je ne sais pas.
Rappelons-la, elle est trop mignonne.
- OÙ vous allez ? - On revient.
Mademoiselle...
Vous avez lu le livre "les chatons barbouilleurs"…
L'un s'appelait sage, l'autre image.
Je savais dès que je l'ai vue qu'elle était un amour.
Venez prendre le thé avec nous, il y a de la confiture anglaise aussi.
Non merci, Vraiment. - Pourquoi ?
Mais pourquoi "pourquoi" ? Je n'aime pas entrer dans la vie des gens.
- Mais qu'est-ce que vous aimez ? - Je n'aime pas en parler.
Je n'aime pas parler. Il faut que je m'en aille.
Au revoir.
"Une souris verte qui courait dans l'herbe…"
"Je l'attrape par la queue…
Je sais ce que vous aimez…
C'est vous cacher dans un petit trou comme une petite souris verte.
Mais attention… Un jour, tout change
et un beau jour, c'est par une porte bleue
que les petites souris vertes entrent dans le monde
- où les chats les mangent. - Pas du tout.
Les chats regardent la petite souris.
Comme ils la trouvent belle et qu'ils font de la peinture,
ils la font poser et ils font son portrait.
C'est la première année que Faustine vient passer ses vacances à la ferme ?
Non, elle est venue une fois quand elle avait douze ans.
Moi, j'adorerais vivre dans une ferme.
J'aime les gens qui vivent près des animaux et de la terre.
Vos parents ne vont pas s'inquiéter ?
Non, madame, En vacances, tout le monde fait ce qu'il veut.
Papa est Professeur d'ethnologie,
Onde Jean de Littérature Française à la fac de Grenoble.
- Ils sont frères ? - Oui.
On vit avec maman et on passe les vacances avec papa.
Quand l'air est doux comme ce soir,
on a l'impression de nager dans de l'air.
Vrai, et on voudrait être nu.
Après demain, nous faisons une garden-party. Vous viendrez, Faustine ?
Je ne sais pas. ??? aussi, je vous assure.
Qui va là ?
C'est nous, mesdemoiselles, On se promène aussi.
- Ça vous ennuie qu'on marche avec vous ? - Non, pas du tout. Au contraire.
Qui vient faire un flipper avec moi ?
- Allons-y ! - Moi je vous regarde.
Asseyez-vous ! Commandez, on arrive.
- Vous êtes fâchée contre moi ? - Mais non.
Pourtant vous avez une figure fâchée.
C'est mieux comme ça ?
Vous faites ce que vous voulez. Moi, je rentre.
Incroyable !
Je ne sais pas mais je te jure que ce type m'aurait pris par le bras
et m'aurait dit : "Viens",
et bien j'y allais…
Et vous ne vouliez pas y aller ?
Elle est incroyable, la souris verte.
Bonsoir, petite souris. À bientôt !
- Vous ne voulez pas entrer ? - Non merci,
- Bonsoir ! - Bonsoir !
Bonsoir, cousin.
- Bonsoir cousine, - S'appellerait-elle Faustine par hasard
celle qui a charmé vos yeux, cousin ?
Quais, cousine.
Votre goût est bon... Bonsoir, cousin.
Bonsoir, cousine.
- Bonne nuit, Oncle Jean. - Bonne nuit, ma chérie.
- Florent n'était pas avec toi ? - Non.
Zut !
On fait le tour ?
Non... Rentre seul.
Je rentrerai plus tard.
Vas-y !
J'suis pas très fier de moi.
Florent…
Merci.
Claire n'est pas avec toi ?
Non… J'ai fait une balade énorme.
Je suis fatigué. Je vais me coucher.
Bonne nuit.
Dors bien, t'as une sale tête.
Bonne nuit, cher frère.
Bonjour.
Bonjour.
Je vois que vous aimez la pluie vous aussi,
Mettez ça.
Je vais rentrer, j'ai un peu froid.
Et votre pull ?
Si vous voulez bien me suivre, c'est tout près.
Je pourrais vous le rendre tout de suite.
Maintenant je ne peux pas. Vous me le rendrez plus tard.
Ce soir ? Demain ?
Ce soir ou demain.
Demain.
Ici à la même heure. Vous voulez bien ?
C'est entendu,
Je ne sais pas du tout pourquoi je pleurais.
Cette eau qui tombait…
Je crois que c'était contagieux,
À demain.
Je ne t'embrasserai pas si tu ne le veux pas.
Je voudrais juste te toucher un peu.
Ne bouge pas, reste là.
Arrête !
Pourquoi je l'ai laissé me caresser comme ça ?
Je ne sais pas.
Mon corps aime bien vos caresses
mais mon cœur ne les aime pas.
Je suis triste.
Partez maintenant et ne revenez pas.
Tout simplement je ne vous aime pas.
Depuis notre première rencontre, j'ai trop souvent pensé à vous.
Dites-le moi encore une fois.
La tête me tourne.
Je n'ai jamais laissé personne m'embrasser.
Vous êtes le premier.
Pourquoi ?
Parce qu'il me semble que vous me parlerez,
que vous m'écouterez,
que vous m'apprendrez tout ce que je ne sais pas car je suis petite.
Et puis aussi je sais que vous aimez de moi
ce que j'ai de meilleur,
pas seulement ce qui se voit.
Et moi aussi.
Et pourquoi croyez-vous tout ça ? Nous ne nous connaissons pas.
Pourquoi croit-on…
Ces choses-là.
Ne me faites pas peur.
Dites-moi que je ne me trompe pas.
Je ne sais pas.
Je ne sais pas si je suis cet homme-là.
Mais ne parlons plus.
Maintenant tu dois avoir froid.
Mais je n'ai pas envie que tu te rhabilles.
J'ai envie de boire toutes les gouttes d'eau qui dégoulinent sur toi.
Buvez tout.
J'ai un peu froid.
Emporte-moi.
C'est par une porte bleue qu'on entre dans le monde
où les chats font de la peinture.
Il était une fois
deux chatons barbouilleurs aux yeux verts.
Sage et Image.
C'est très facile disait Sage.
Le rouge est rouge, le bleu est bleu, disait Image.
Bonjour.
Tiens.. la souris verte !
Avec ce ciel et l'odeur de pâtisserie, on se croirait en novembre.
Pourquoi vous êtes-vous décidée à entrer aujourd'hui, petite souris ?
Le temps gris et la pluie me rendent tristes.
Et puis, les champs, les routes, tout est humide.
Papa nous a appris à aimer toutes les saisons.
Portez ça dans la bibliothèque.
Je vous promet, Ça leur fera une surprise.
Vous voulez bien ?
Et dîtes à mon oncle Jean qu'on va servir le thé.
Il joue du piano dans le salon.
La nappe !
Qui est-ce ?
Une amie des filles.
Bonjour.
- On va servir tout de suite. - Merci.
- Il faut réveiller Camille ? - Je ne sais pas.
- Je vais demander à sa sœur. - Voilà, c'est ça.
Camille ! Papa ! Le thé !
On a bien dormi toutes les deux, Hein, ma fleur ?
Joachim, je crois que tu connais déjà Faustine.
- Ouais, ouais. - Bon, arrêtez de jouer maintenant.
Écoute, je vais me laver les mains.
Moi aussi.
- Faustine ! - J'arrive !
- Tu trouves pas qu'elle est mignonne, papa ? - Oui,
Faustine... Voilà papa.
J'ai rapporté votre pull-over.
Vous vous connaissez ?
Nous nous sommes rencontrés dans la forêt.
Vous perdez votre ruban bleu,
Merci, monsieur.
Où est maman ?
- Pardon. - Pardon.
Elle se lave les mains.
Ah oui ! Ouais, ouais.
Bonjour.
Le voilà encore.
Depuis que je l'ai vu chez vous,
il passe là tous les jours après son travail
Et vous ne lui parlez pas ?
Si cela vous ennuie, dites-lui de ne plus passer par là.
Vous avez raison, Faustine.
Le ciel s'éclaircit.
Tl y aura un beau crépuscule.
Je vais te lire une histoire que Faustine aime beaucoup, Marie.
C'est par une porte bleue que l’on entre dans le monde
où les chats font de la peinture.
!! était une fois deux chatons…
J'ai envie de marcher. Si vous rentrez, je vous raccompagne.
Je ne rentre pas encore.
Où est votre père ? - Parti se promener.
- Merci, - Dans les champs.
Par là ?
Bonsoir monsieur.
Dormez bien,
l'été n'est pas fini !
L'été n'est pas fini !
Soleil ???
Fleurs de toutes les couleurs,
vous m'enivrez, vous me faites tourner la tête.
- Je pensais pas que vous alliez venir. - Pourquoi ?
Vous savez bien pourquoi.
Eh bien, c'était idiot.
Haroun
et moi Ariane.
Ça sonne presque pareil.
On va se promener ?
OÙ vous voulez aller ?
Le long de l'eau, il fera plus frais.
Même au bord de l'eau, il fait chaud aujourd'hui,
On s'assied à l'ombre ?
Si vous voulez.
Là, ça va ?
Oui.
Ici, on est bien.
L'homme a besoin de peu de choses pour être heureux.
Que son corps le soit, cela suffit presque.
Je dois partir.
Au revoir. Merci d'être venue.
Pourquoi vous m'avez demandé de venir ce matin ?
Pour vous regarder dormir cinq minutes ?
Non, pas du tout.
- Pourquoi vous avez couru après moi ? - J'étais en colère,
- À cause de moi ? - Évidemment.
Pourquoi ?
Parce que… Parce que…
Parce que.
J'aurais pas dû vous demander de venir.
Pourquoi ?
On n'a' rien à faire ensemble.
Vous réfléchissez trop.
Moi tout ce que je sais,
c'est que quand je vous touche comme ça,
On peut pas rester ici,
Non.
- J'suis content. - Moi aussi,
Bonjour, Faustine.
Bonjour.
J'ai cueilli ces fleurs pour vous.
Merci.
Oh... N'oubliez surtout pas de venir à la garden-party demain.
Je n'oublierai pas.
Bon… Eh bien alors, à demain.
À demain.
Oh, le gentil coquelicot, mon âme.
Gentil coquelicot nouveau.
Tu as vu ?
Il ne m'a pas parlé du ruban.
Il ne me l'a pas rendu.
Il ne me l'a pas rendu !
Bonsoir.
Bonsoir.
Je voudrais qu'on dise que tu sors de prison,
que je t'attend devant la porte
et qu'on ne s'est pas vu depuis deux ans.
Et alors ?
Alors, on est heureux de se retrouver.
Et toi, qu'est-ce que t'as fait pendant ces deux ans ?
Je t'ai attendu.
Menteuse !
Ça a été long, ces deux ans sans toi.
Presqu'aussi long que de ce matin à ce soir sans toi.
Bonsoir, Faustine.
Bonsoir.
"…Cette glace dans l'ombre Jette un reflet trop pur à cette alcôve sombre
"Ces fleurs ont trop d'éclat, tes yeux trop de langueurs ;
"Que ne m'accablais-tu, Portia, de tes rigueurs !
"Peut-être, Dieu m'aidant, j'eusse trouvé des armes
"Mais quand tu m'as noyé de baisers et de larmes,
"Dis, qui peut m'en défendre, ou qui m'en guérira ?
"Tu m'as fait trop heureux ; ton amour me tuera !”
Tais-toi !
Qu'est-ce qu'il y a ?
Camille !
Je t'ai entendu lui lisant ce poème.
- A qui ? - Ne me prend pas pour une demeurée.
Je ne lui ai jamais lu de poème de Musset.
Ah bon ! Parce que tu lui lis des poèmes à elle aussi.
- Tiens ! Tiens ! - Ne me touche pas, sale type !
Mais tu es jalouse !
Je t'ai dit de te taire. Je ne supporte plus ta voix de fausset.
Ma petite Camille chérie, ne te fâche pas contre moi,
Ça me rend trop triste.
Non merci, je prends mon thé sans sucre.
Pourquoi ris-tu ?
Parce que tu es jalouse. Vraiment, je me doutais pas.
Parce que ça me fait plaisir.
Je t'aime énormément.
- Tu sais ? - Et elle ?
Tu la quoi ?
C'est très différent.
- D'ailleurs, j'en suis déjà un peu… - Menteur !
Je t'assure que c'est vrai,
C'est de plus en plus vrai.
À chaque minute.
J'ai terriblement envie de t'embrasser.
Qu'est-ce qu'il te prend tout à coup ?
Vous entrez, Faustine ?
Alors, bonsoir, Faustine.
À demain.
N'en fais pas un drame. Je profite de la situation, c'est tout.
Crois-moi les filles, c'est simple, c'est du joli superflu.
- La vie est ailleurs. - Je ne crois pas, et toi non plus.
Mais si, mon vieux, Écoute celte petite, Faustine,
Et les autres, en se donnant un peu de mal,
Mais dès qu'on sait qu'on le peut, pourquoi le faire ?
C'est comme si c'était fait.
C'est comme si tu disais
"dès qu'on sait que c'est possible de vivre, pourquoi vivre ?"
Et le plaisir ?
Foutaises, jeune homme !
Ce qui compte, c'est très simple : c'est d'être le plus fort.
Plus fort que qui ?
Que tout le monde.
Ce qui est fort avec toi, c'est que tu dis des trucs que tu penses pas.
C'est pas tout à fait ça, mon cher. C'est que, en général,
je pense toujours en même temps une chose et son contraire.
Oh, quel chou ! Oh, qu'elle est belle !
Regarde, Camille, comme elle est jolie, Faustine.
Je suis venue plus tôt pour vous aider. - Plus tôt. Mais trop tard.
- Tout est prêt. On a eu juste le temps de terminer. - C'est vrai.
Faustine…
Ne soyez pas étonnée. J'ai invité les ouvriers
qui travaillent pour votre grand-père.
Mais je ne suis pas étonnée.
Pourvu qu'il ne pleuve pas.
Il y a une brise très légère qui souffle derrière vous.
Et dans ma direction.
Je ne vous ai pas entendue.
Mais dans l'air, tout à coup, une nuance nouvelle s'est mélangée, petit à petit.
Et j'ai reconnu votre parfum.
Cela me plaît d'imaginer le vent emportant mon parfum
et glissant autour de vous.
J'ai l'impression d'être légère, légère
et de voler moi-même dans le vent.
Comme un parfum.
Et je m'enroule autour de vous. ]
Je ne vous dérange pas.
Je me mélange aux autres parfums de la terre.
Et je suis douce à respirer dans le vent qui passe.
Douce comme le magnolia, comme le citronnier.
Je flotte dans l'air et vous me respirez.
Il ne faut avoir peur de rien, Faustine.
Ce sont les autres qui peuvent avoir peur de vous.
J'ai toujours beaucoup rêvé.
J'ai peur de passer de mes rêves à la réalité.
J'ai peur de me casser en mille morceaux
éparpillés.
Qui n'a pas rêvé à 16 ans ?
À quoi rêviez-vous ?
À 16 ans, je sauvais des jeunes filles en danger.
Cette jeune fille que je sauvais, C'était toujours la même.
Je l'avais inventée.
Eh bien, je ne l'ai jamais rencontrée.
Ça ne m'a pas empêché d'être amoureux,
malheureux et heureux.
Cette jeune fille inventée, est-ce qu'elle me ressemblait ?
- Vous le savez bien. - Oui.
Dès que vous en avez parlé, je l'ai su
Et maintenant, qu'est-ce qui va arriver ?
Bientôt, les invités.
Oh la la, pas de pot !
Il n'y a plus de soleil, - Très jolies.
Faustine… Comment nous trouvez-vous ?
Personnellement, je trouve que nous sommes toutes d'une beauté incroyable.
Et eux ?
Ne sont-ils pas mignons ?
Vous êtes vraiment toutes… très jolies.
Florent, viens. J'ai quelque chose à te dire.
Je reviens tout de suite.
Bonjour.
Dès que l'enfant naît, on sait qu'il va mourir.
Marie n'est pas malade,
Est-ce qu'elle ne deviendra pas vieille ? Est-ce qu'elle ne mourra pas ?
Et moi ? Et vous ?
Et ce jardin ?
Ne riez pas.
Vous ne comprenez rien.
Vous ne pensez à rien.
Vous ne pouvez me dire que des choses vulgaires.
Vous ne comprenez même pas pourquoi vous ne me plaisez pas.
Il ne suffit pas de se toucher l'un l'autre.
Et puis de ne plus toucher quand l'envie en est passée.
Moi,
moi, je veux parler.
Et je veux qu'on me parle.
Et vous, que pourriez-vous me dire ?
Que vous êtes très ravissante aujourd'hui,
Et que j'ai envie d'un tas de choses.
Merci.
Merci de m'avoir dit que vous me trouviez jolie.
Rendez-moi mon ruban.
Tout à l'heure, ici, à cause de vous, j'étais terriblement heureuse.
Et maintenant vous pleurez.
À cause de vous.
Parce que vous m'avez laissée là et que vous riez sur moi,
Je crois qu'il va faire beau finalement,
Pardonnez-moi.
Je n'ai plus peur.
Maintenant, c'est mon tour.
Et enfin Faustine entrera dans le monde
par une porte bleue.
Aujourd'hui, c'est mon premier baiser.
Dans 70 ans, au mieux, je serai morte.
Tu vois bien.
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