All language subtitles for Dumas.S01E06.FRENCH.AD.1080p.WEB.H264-TFA

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Original subtitles

- Comme ça, Cazal t'a dit qu'il était au courant que

Guilbault avait passé un contrat pour me faire assassiner.

- J'ai pas dit qu'il le savait avant que ça se fasse.

- Moi, je pense que oui. - T'en sais plus que moi alors.

- Tu veux acheter les parts d'Amadeo?

- S'il est à vendre.

- Il est pas sorti de prison, lui, là.

- Peut-être que Cazal serait vendeur aussi.

Ça vaut combien, une boîte comme InvestCan?

- Ben là, quand il y a un des partenaires

qui est accusé de complot pour meurtre, de fraude

pis de blanchiment d'argent, ça vaut...

le prix du toaster, des divans pis de la machine à café.

- Hum-hum.

- Pourquoi tu t'assois pas avec Cazal?

Pour connaître ses intentions.

Peut-être qu'à 58 ans,

il pourrait être tenté de se retirer.

- C'est vrai que toi, tu sors à peine du secondaire.

- Quand je vais avoir fini avec lui, là, sa boîte,

tu vas pouvoir l'avoir pour une bouchée de pain.

♪♪♪

(musique intrigante)

(bip)

- Si je voulais te voir, c'est que j'ai un problème à régler.

Et c'est un petit peu délicat.

- Oh, avec toi, Pierre, c'est toujours délicat.

- On a investi des centaines de millions

dans la biopharmaceutique pour contrer les maladies

reliées aux troubles neurocognitifs, là,

qui se développent chez la clientèle plus âgée.

Une partie de nos recherches serait tombée

entre les mains des autorités chinoises.

On a déjà identifié des gens qui seraient susceptibles

de sortir des documents des labos chez nous.

Il reste juste à monter la preuve, la filature.

Enfin, tout ça, là. - On peut faire ça, oui.

- C'est délicat, Jean.

On entretient une bonne relation avec le gouvernement chinois.

Faut régler ça sans trop faire de bruit.

C'est une affaire d'entreprise privée.

Faut pas que ça devienne politique.

(musique intrigante)

- Allô, Gabriel. Ça va? - Très bien. Toi?

- Ça va. J'ai hâte aux vacances. - Ça va te faire du bien.

- Je te sers la même chose que d'habitude?

- Ça fait deux ans que je prends la même affaire.

Je changerai pas aujourd'hui. - Ce sera pas long.

- Merci.

(musique intrigante)

- Première question: est-ce que Luigi est à vendre?

Pis la deuxième:

s'il est à vendre, est-ce que toi, tu l'es aussi?

- Ah oui? Donc, tu prends ça vraiment à coeur.

- Ça fait assez longtemps que je suis dans le milieu.

Il me semble que je suis due pour avoir ma boîte à moi.

- J'en ai pas parlé à Luigi. - On l'aime ben, Luigi, mais,

entre toi pis moi, on sait qu'il a aucune chance

de sortir de prison. - Non, dis pas ça.

C'est pas certain. - Complot pour meurtre.

Avec de l'écoute électronique comme preuve.

- Les bons avocats font des miracles.

- Oui, mais la réputation de la boîte va en manger un coup.

- Ouais. Là, t'as pas tort. - En fait, Pierre-Henri,

si toi ou Luigi voulez pas me vendre vos parts,

soit un ou l'autre, ou les deux...

je vais quitter pour partir ma propre boîte.

(musique jazz)

- Ça ressemble à un ultimatum. - On s'en sortira pas.

Pas avec une accusation de complot pour meurtre

qui nous pend au bout du nez.

On aura beau prendre nos distances,

on va toujours rester associés à Amadeo.

Penses-y.

(sonnerie)

- Bon. Je vous présente Denis,

responsable de la sécurité chez Plexmed.

- Lamoureux, c'est ça? - Oui.

On a mis en place un système qui nous permet

de savoir qui consulte quoi,

qui télécharge des études de nos protocoles en cours.

On a une vingtaine de chercheurs dans notre boîte.

On s'est arrêté sur deux individus en particulier.

Le premier: Raphaël Genet.

55 ans, pas marié, pas d'enfant.

Il demeure dans une maison de ville sur la rue d'Auverge.

Lui, c'est Gabriel Falco,

un jeune homme brillant, lui aussi célibataire,

pas marié, pas d'enfant. - Pour mes infos personnelles,

vous avez visé les célibataires de votre entreprise,

ou c'est juste un hasard? - On s'est attardé

sur ceux qui avaient un comportement hors normes

quant à l'utilisation des données de l'entreprise.

Pour Genet, c'est un peu la même chose

depuis qu'il est arrivé chez nous il y a 12 ans.

Mais, Falco, lui, ça fait juste quatre ans.

Beaucoup de trafic sur son ordi,

même en dehors des heures de travail.

- Éric, on procède comment?

- Premièrement, les données bancaires.

On vérifie s'il y a des dépôts suspects,

les dépenses, les cartes de crédit, tout ça, pis,

deuxièmement, on met une filature sur les deux.

- Pour éviter de travailler pour rien, je commencerais

avec M. Falco. Pis si on trouve rien d'anormal, ben,

on passe au deuxième suspect.

(musique sombre)

- Fait que comme ça, t'as essayé de tuer papa?

- Complètement faux.

J'aurais pas raté mon coup.

- C'est ça qui m'a déçue quand on me l'a appris.

Je me disais: Faut être tarte rare pour manquer son coup

quand t'es à deux pieds du gars.

- Comment ça se passe ici?

- Des hauts pis des bas.

C'est la perspective de sortir d'ici qui m'angoisse.

- Quand tu seras prête, tu peux venir à la maison.

- Ah, ben, ça, c'est la rechute assurée, hein.

- C'est pas gentil, ce que tu dis.

- C'est mon humour, ma façon de me protéger.

- Ce serait tellement plus simple

si tu disais les choses comme elles sont.

Je sais pas, moi, que t'es pas capable de me supporter, que...

que je t'énerve, que ton père t'écrase,

que t'haïes les membres de ta famille.

- Ça te tente pas de savoir ce qui s'est passé avec moi

dans les deux dernières années, à la place? Deux ans.

Je me suis dit: Je n'ai plus besoin d'eux autres.

J'efface ça de ma vie. Finalement, je me suis dit

que non, c'était pas vrai, c'était une excuse.

Fait que j'ai pris la décision de revenir, il y a huit mois.

Mais avant de retourner là, je voulais m'assurer d'être sobre.

Pas de dope, même pas d'alcool.

Rien.

Je suis arrivée devant la maison de p'pa.

Je me suis assise sur le trottoir, pis...

j'ai pas été capable d'aller frapper.

J'ai appelé Romain, pis je me suis défoncée.

J'ai plus besoin d'une psy que d'une désintox.

- Bon. Tu vas t'occuper de la filature.

- Sans faute. - Je veux qu'on soit prudents.

Sur les dossiers chez Simoneau, là, c'est toujours important,

mais celui-là, discret. - Comme d'habitude, boss.

- Ah, attends. Pour ton info,

la police a arrêté Julie Gervais.

- Ah, bon. - Ç'a l'air qu'elle a tout avoué

pis que ses patrons au ministère du Revenu

sont un peu mal à l'aise. - Mal à l'aise pourquoi?

- Ils devront se justifier. Peux-tu appeler Audrey Casgrain

pour la mettre au courant? - Elle doit déjà le savoir.

Elle collabore avec la police. - Ouais. Eux autres,

ils cherchent Daniel Simon sur un moyen temps.

Il a beau être un fraudeur,

il a pas ce qu'il faut pour passer sa vie à se cacher

sans se faire pogner.

(sonnerie) Bon.

Oui.

Non. Dis-lui que je suis occupé. Hé, Maïsa.

Dis-lui pas. Amène-moi-la, je vais lui dire moi-même.

(sonnerie)

- Je te dérange?

- Toi? Non, jamais.

- Petite question. Faut que ça reste entre toi pis moi.

Si je fais une offre pour acheter InvestCan,

tu restes avec moi?

- Pourquoi je m'en irais?

- Disons que je pousse un peu.

Serais-tu prêt à devenir actionnaire?

- Oh, tu me poses une bonne question, là.

Ça dépend du prix.

- Ça dépend surtout de la part de tarte que tu veux détenir.

- T'es déjà rendue là, toi? - Non, mais si tu veux,

je sais pas, moi, 20% des parts, c'est une chose.

Si t'en veux 49%...

- Oh, 49, pas 50. - Pas folle, quand même.

- Ça dépend de ce qu'il demande. - Ils réfléchissent.

- On traversera le pont quand on sera rendu là.

(ouverture et fermeture de porte)

- Elle est sobre depuis huit mois?

- C'est ce qu'elle m'a dit, pis je la crois.

- Mais qu'est-ce qu'elle fait en désintox?

- Ben, c'est pas parce qu'elle a été sobre pendant huit mois

qu'elle a pas besoin de désintox.

Pis c'est un peu toi qui as décidé à sa place.

- Non. Elle était pas en état de prendre une décision elle-même.

Elle était d'accord. Pourquoi qu'elle reste là?

- Connaître les raisons de son addiction.

- Ça vient de toi, ça, ou c'est elle qui t'a dit ça?

- Ta fille est pas une imbécile. - J'ai jamais dit ça.

- Oh que oui. Pas dans ces termes-là,

mais c'est ce que t'as toujours insinué.

- Tu peux pas dire des affaires de même.

- Tu sais qu'elle est au courant que t'es allé voir

son ami Romain pis que tu l'as menacé avec un gun?

- Moi, ça? - En lui disant...

- Donne encore de la dope à ma fille,

pis je te tue, ostie de vidange.

J'ai jamais dit ça.

Mais si je l'avais dit, j'aurais eu raison de le dire.

- Il veut porter plainte contre toi pour menace de mort.

- Be my guest.

- Si elle décide d'aller vivre chez Anthony, vas-tu l'aider?

- L'aider à déménager? - Notre fille a besoin

d'aide psychologique, Jean.

- Tout ce que je peux faire pour l'aider.

(vibration)

Je vais devoir te laisser. J'ai du monde à voir.

- Faut l'aider, Jean.

Si elle disparaît encore une fois, je m'en remettrai pas.

- Si c'est comme ça, je vais la cacher

pour pas que tu la retrouves.

(musique sombre)

Bon.

Qu'est-ce qui arrive?

- Ça bouge. Delphine veut acheter InvestCan.

- Elle veut acheter quoi? Ça vaut rien, cette boîte-là.

- Elle veut m'inclure dans le deal.

- Comment, elle veut t'inclure dans le deal?

Quoi? Elle veut t'acheter pour te faire empailler

pis t'asseoir sur son piano?

- Elle veut que je prenne participation dans l'entreprise.

- Parce qu'elle a pas assez d'argent pour l'acheter seule.

- Je dis quoi, moi, là?

- Attends qu'elle mette des vrais chiffres sur la table.

On verra après.

Au pire, on peut opérer les deux entreprises de front.

Fais ce qu'ils faisaient avant, tentatives de meurtre en moins.

- C'étaient des tout croches avant parce

qu'ils travaillent pour des bandits,

mais vu que c'est moi, c'est moins grave?

- C'est pas pour ça. Les criminalistes le font

tout le temps. C'est la façon dont ils s'y prennent.

- De toute façon, j'ai pas l'argent qu'il faut, là,

à moins que tu me donnes mon héritage.

- Non, t'as pas d'héritage. Au pire, je t'avancerai l'argent.

- Non. S'il faut que je te rembourse,

c'est parce que je vais avoir besoin de ton aide

pour quelque chose qui vaut vraiment la peine.

J'ai pas choisi d'aller travailler là, moi.

C'était ton plan. On a fait avec.

InvestCan, j'en ai rien à foutre.

- Il y a un article qui va sortir, là.

D'après moi, InvestCan, demain matin,

va valoir pas mal moins que ce qu'il vaut aujourd'hui.

(musique intrigante)

(musique de suspense)

- OP à la base.

- Base à l'écoute. - Tout le monde est en place.

Le target est en mouvement.

Il va partir vers le nord. Je vais le prendre miroir.

- V2 à OP. On est au coin de Namur.

Décroche, je le ramasse à mon tour.

(musique de suspense)

(démarrage)

(sonnerie)

- Oui, allô. - Anthony Dumas?

- Oui, c'est moi. - Oui. Carl Désilets,

journaliste au Réseau citadin.

J'aurais deux ou trois questions à vous poser.

- Vous pouvez les poser. Ça veut pas dire que je vais répondre.

- Vous travaillez bien pour InvestCan, vous, non?

- Depuis peu, mais oui. - On me dit

que vous êtes au courant d'un certain dossier,

celui de Julien Gamache,

un dossier dans lequel vous auriez coaché un témoin

qui aurait par la suite fait un faux témoignage devant la cour.

- Je sais pas de quoi vous parlez.

J'étais pas ici à ce moment-là.

- Vous êtes quand même au courant, sinon,

vous m'auriez pas dit: "J'étais pas là."

- J'ai rien à dire. - Vous êtes bien

le fils de Jean Dumas? - Excusez-moi. J'ai du travail.

(musique intrigante)

Il a passé deux polygraphes. En fait, non.

Il les a pas passés, il les a coulés. Mais après, il est allé

donner une version complètement différente en cour.

Mais si c'est ça, c'est ça. - Donc, tu t'en fous.

- Fuck.

- Qu'est-ce qui arrive?

- Je viens de recevoir un appel de Carl Désilets.

- Du Réseau citadin?

- Oui, pour me parler du dossier de Julien Gamache,

qu'on aurait coaché pour un faux témoignage.

- Anthony... - De quoi, "Anthony"?

- À qui t'as parlé de ça? - À personne.

- Il a quand même pas pris ça dans ses fantasmes.

- Tu penses que j'ai coulé ça à un journaliste?

- C'est pas ce que je dis. Mais des fois, tu parles

à quelqu'un qui parle à l'autre, qui parle à l'autre.

- Peut-être que Luigi a décidé de passer à table.

- Ça se pourrait. Mais il me semble

qu'il aurait autres choses que ça à confesser.

- Dépêche-toi de faire ton offre avant que je change d'idée.

(tintement de notification)

- On a mis à jour une énorme fraude,

dans laquelle des membres du crime organisé

ont perdu beaucoup d'argent. Ils ont décidé

de se venger sur moi. - Faut le faire savoir.

Je peux demander aux journalistes chez nous

de préparer un dossier qu'on pourrait publier.

L'histoire derrière l'histoire,

établir les faits, les réputations.

- J'aurais jamais osé te demander ça, Pierre,

mais tout le monde sait dans le milieu

qu'InvestCan fraye avec le crime organisé.

C'est peut-être le temps de le sortir publiquement.

(tintement d'envoi de message)

(léger rire)

(musique de suspense)

- OP à la base. - Base à l'écoute.

- Je couvre l'entrée qui est à 12.

Je suis parqué devant le 5000.

(déclics de prises de photos)

- V3 à OP. Stand by.

Il y a un 50 qui rentre dans le 5000.

La tôle, c'est hôtel 78 kilo 87.

Es-tu capable de le pogner? Je suis obstruée par un 51.

- Je vois juste un UM. Je pense que c'est un Asiatique.

(ouverture de portière)

(déclics de prises de photos)

Oups.

(déclics de prises de photos)

Là, il vient de changer de valise.

- Base à OP. - OP à l'écoute.

- Qu'est-ce que tu veux dire, il a changé de valise?

- Pendant que le target déjeune à l'intérieur,

un Asiatique vient faire l'échange des mallettes

dans le coffre de son char. Ils s'échangent les mallettes.

- Dis-lui qu'il parte après. - OP, lâche le target,

puis pars après le 50. - OK.

Tout le monde, on change de target. On tombe sur le 50.

La tôle: hôtel 78 kilo 87.

(musique de suspense)

(démarrage)

- Oui. Ce qu'on a comme information, c'est qu'il

s'appelle Liam Chuan. La voiture est enregistrée au nom

du Centre sino-russe de Montréal pis à son nom à lui.

- On a été voir ce que c'est. Le site est en mandarin.

On est en train de le faire traduire, mais à première vue,

ça semble être un centre d'étude sur les relations commerciales

entre la Chine et la Russie. - OK, mais la filature

est toujours en place? - Oui. Ils attendent nos ordres.

- C'est assurément pas la première fois

qu'il y a échange de mallettes. C'est trop mécanique.

- Va falloir aller voir ce qu'il y a chez Falco.

- Ça prend une ordonnance civile si on veut le perquisitionner.

- On peut aller voir chez Plexmed,

voir s'ils veulent procéder. - Faut plaider l'urgence

de la situation, qu'il y a des secrets industriels qui coulent.

- Non, on fait notre petite enquête. Continuez à étoffer

vos dossiers d'enquête. Prenons la décision. Un Anton Piller,

ça coûte un bras à exécuter. - C'est de valeur.

Anthony rédigeait ces requêtes-là.

- Oui, il était vraiment bon là-dedans.

- Parce que c'est moi qui lui ai montré comment faire.

- T'as raison. - Ah, absolument.

(grommellement)

- (Pierre-Henri Cazal): Anthony!

(sonnerie)

(musique de tension)

T'as vu ça? - C'est quoi?

- Une démolition en règle d'InvestCan.

Ça, ça vient de ton père, c'est certain.

- Ça me surprendrait pas. Il a des contacts.

- Mais le site appartient à Pierre Simoneau. Vas-y, lis.

Julien Gamache: une histoire de faux témoignage.

Ça te rappelle quelque chose? - Ça veut pas dire

que c'est Anthony qui a parlé. - Il est le seul à savoir ça

à part toi et moi. - Dis-toi ben une chose.

Jean Dumas sait tout ce qui se passe ici.

Il a un dossier ça d'épais sur toi.

L'histoire de Julien Gamache, il nous a tous déjà raconté ça.

- Là, on n'a plus le choix. Il faut sortir le communiqué.

On est rendu là.

- Moi, je pense qu'il y a un informateur ici.

Il y a quelqu'un de la boîte qui lui parle.

- Qui? - Je sais pas.

C'est ça qu'il dit. (musique de tension)

- Bon. On va arrêter la discussion ici.

Anthony, laisse-nous deux minutes.

- Tout ça, c'est de ta faute.

Si t'avais fermé ta grand-boîte. Ben non.

Il a fallu que tu sortes l'affaire de Julien Gamache.

- Calme tes nerfs. Le coeur va te lâcher.

- J'avais l'air de quoi? - C'est pas important.

Il ne sera plus là la semaine prochaine.

- J'ai dû dire que t'avais une source

à l'interne. - Ils ont réagi comment?

- Ils m'ont demandé de sortir du bureau.

- Ce que t'as fait? Parfait. De quoi tu te plains?

- Je pourrai pas retourner là. - Pourquoi?

- Ils me font plus confiance. - T'es pas là pour qu'ils

te fassent confiance, mais pour me dire ce qui se passe.

C'est clair qu'ils ne me parleront plus, anyway.

- T'es l'avocat de la boîte.

Ils auront pas le choix de te parler.

Tu leur donneras ça.

Rapport de police.

Tu leur dis que t'as encore une source chez Intelco.

- C'est quoi, ce document-là?

- Le rapport de police qui démontre que le gars

qui a fait des faux témoignages a été coaché

par Luigi Amadeo de chez InvestCan.

- T'as ça, toi? - Tu t'en faisais pour rien.

Tu leur donnes les rapports de police,

ils vont se dire que le coulage vient d'ailleurs.

Ça va les calmer.

- Que ce soit lui ou un autre qui a parlé,

ça change rien. InvestCan peut difficilement s'en remettre.

- Ah non, mais toute une job de bras.

- Mon offre tient toujours,

Pierre-Henri. - Pourquoi t'achèterais,

si tu penses qu'InvestCan peut pas s'en remettre?

- Je pense avoir la capacité pis la force

de la remettre sur pieds. Dans un contexte différent,

peut-être mais... ce qu'on offre comme services,

c'est assez unique. - À ce que je viens de lire,

c'est certain qu'on est assez unique, ouais.

Quand tu te fais appeler "le syndicat des bandits"...

- Fais-moi une offre. - Écoute, je sais pas.

J'ai promis à Luigi de l'aider. - Tu veux l'aider lui

quand il est le principal responsable de tes malheurs.

- Je peux pas dire que je suis surpris de ce qu'il a fait,

ce petit con, même s'il m'en avait jamais parlé avant.

- Change pas de sujet. Je te parle de l'achat de ta boîte.

- J'en sais rien, Delphine. - Je te l'ai déjà dit.

Travailler dans ces conditions-là, je peux pas.

J'achète ou je mets ma boîte sur pieds.

- Oh. Tu vas les trouver où, tes clients?

- Sous-estime-moi pas. Ce serait une grave erreur.

- Tu veux acheter la boîte et les employés avec?

- J'achète tout, même si elle ne vaut plus grand-chose.

- Ah, ouais. Ça, c'est une belle position pour négocier.

- Avec ce qui vient de sortir dans le journal aujourd'hui...

(musique intrigante)

- La source de Jean Dumas à l'intérieur de la boîte...

c'est pas toi, j'espère.

- Sois sérieux.

Jean Dumas, c'est tout ce que je déteste chez un homme.

- Je sais pas, Delphine.

Faut que je réfléchisse un peu, tu vois.

(musique intrigante)

- On attend des détails sur le fameux Liam Chuan en question.

- C'est drôle, le Centre sino-russe de Montréal,

ça me dit rien. - On fait nos enquêtes.

- Je m'intéresse plus à l'employé.

- Ce qui est important dans ce cas-là,

c'est protéger les éléments de preuve du dossier.

Là, on pense que Falco

copie des données de son ordinateur

sur un portable pour ensuite les transmettre à Chuan.

- Je sais qu'on lui a mis un cheval de Troie dans son

ordinateur pour permettre de le suivre à la trace.

- Nous, on a mis une caméra de surveillance

dans son bureau au travail. Mais si on a l'impression

qu'il prépare quelque chose,

on va y aller avec une ordonnance Anton Piller.

- Qui consiste en? - C'est une ordonnance de cour

qui nous autorise à perquisitionner le matériel

nous permettant de prouver que la personne visée

a enfreint vos droits de propriété intellectuelle.

- Si c'est ce que ça prend.

- Mais c'est quelque chose de quand même assez dispendieux.

On parle d'entre 100 000 et 200 000$.

- C'est rien, ça, à côté de ce que ça peut nous coûter

si on se met à nous voler nos brevets.

- Qu'est-ce que tu fais là?

- Ben, je suis venue voir mon gars.

Ah non, c'est vrai. Depuis que tu penses

que j'ai voulu tuer ton père, t'es plus mon gars, ç'a l'air.

- On y va avec un Anton Piller.

- Ça va coûter cher, ça, boss.

- J'ai le OK du grand boss. Money is no object.

- Après, ça va prendre une ordonnance du tribunal.

- Je m'en occupe. Faudrait que tu trouves un huissier.

Pis ça va prendre un avocat indépendant aussi.

- Ça, ça veut pas dire qu'il va nous laisser rentrer chez lui.

Pis il est pas dans l'obligation de le faire non plus.

- Il va se faire accuser d'outrage au tribunal

s'il s'oppose à une ordonnance de la cour.

- Sauf qu'il va avoir eu le temps de détruire la preuve.

- Bon. Moi, j'appelle Marc, pis je m'organise avec la filature.

- Le gars, là, euh...

Chuan. - Liam Chuan.

- Tu sais, quand il échange les mallettes, là.

- Faudrait s'arranger pour mettre la main

sur la mallette de Falco une fois que l'autre l'a prise?

- Ça s'arrange, ça? - De façon légale?

- Oui, oui. On va mettre la pression à la bonne place.

(sonnerie)

Oui? - Faut que je te voie.

- Pas plus que 15 minutes. J'ai de l'ouvrage par-dessus la tête.

- T'es toujours pressé de toute façon.

Même place que d'habitude. - Dans une heure?

- Parfait.

- Merci.

Je suis contente de voir que tu manges bien.

- Juste quand t'es là. Mais je te connais,

t'es pas venue ici pour admirer mes talents de cuisinier.

- J'ai vu Catherine.

- Ouais, je sais. - Ton père qui te l'a dit?

- Tu l'as dit à Charlie, qui s'est dépêchée de me le dire.

- Tu sais, qu'elle était-- - Elle était sobre

depuis des mois quand elle est arrivée ici.

- Depuis huit mois, en fait. - Hum.

Elle aurait dû rester là où elle était.

- Elle a besoin de soutien psychologique.

- Un alcoolique reste alcoolique toute sa vie.

Il apprend à vivre avec sa maladie. La dope, c'est pareil.

- Toi, quand tu décides de rien comprendre. Elle a besoin

d'être suivie par un psychologue. Pis elle a besoin

d'une place où rester. Je me disais que--

- Ici. C'est ça que tu te disais?

- Je pense que ce serait une bonne idée.

- Je veux juste m'assurer que ce soit la sienne aussi.

- J'ai senti qu'Anthony était coincé.

C'est là qu'il a sorti: "Mon père a une source ici."

- Il a pas choisi l'excuse la plus facile.

- Pierre-Henri s'est retourné vers moi,

il m'a jeté un regard. - Pierre-Henri Cazal,

c'est un imbécile. - Oui, mais l'imbécile,

il lâche pas le morceau facilement.

- Offre-lui deux millions. Un million à la signature,

pis deux versements de 500 000. - Il voudra jamais.

- Essaye, tu verras.

InvestCan, c'est brûlé. Il n'y a plus rien à tirer de ça.

- Pourquoi tu veux l'acheter? - Pour vous confier des mandats

qu'on peut pas faire chez moi. - Comme?

- Là, tu vas trop vite. On va commencer

par mettre la main sur la boîte, d'abord.

(musique de suspense)

(klaxon)

- OP à la base. Le target est en mouvement.

- OK, Jean-François, là, ça me prend deux chars de police.

Le gars, il a une valise dans son char.

C'est du matériel volé chez Plexmed.

Il y a des brevets là-dedans.

Pis le gars, c'est un agent de l'étranger, fait qu'il faut

que tes gars interviennent. Moi, je peux rien faire.

(musique de suspense)

(approche de sirènes)

- Lève tes mains dans les airs.

Garde tes mains dans les airs,

pis débarre la porte de ton char. Vite.

(musique grave)

- Bonjour. Je me présente. Je suis Denis Lamoureux.

Je suis responsable de la sécurité chez Plexmed.

- Qu'est-ce qui se passe?

- Je vais vous demander de me remettre votre carte d'employé.

- Pourquoi?

- On a eu vent de certaines choses qu'on va prendre

le temps de vérifier avant d'aller plus loin.

- Aller plus loin dans quoi?

- Je pense que vous savez de quoi il en retourne,

Monsieur Falco. - Pas du tout.

- Je vous annonce que vous êtes officiellement

suspendu de votre poste. - Je... Je comprends pas, là.

- Comme je vous ai dit, il y a des choses à faire confirmer.

Maintenant, vous faites ce que vous voulez,

mais vous allez d'abord me remettre votre carte d'employé.

(musique de tension)

Rendez pas ça plus difficile que ce l'est.

- Que c'est que t'as pensé de faire ça?

Je t'avais dit de m'aviser avant de le confronter.

- On ne pouvait plus attendre. Plus ça va, plus il sort d'info.

- J'avais demandé une couple d'heures, pas six mois.

Il est parti chez eux. Je suis encore pris au bureau.

- Tu fais ton travail, je fais le mien.

- On travaille pour le même boss, le smatte.

(tonalité de ligne coupée) Tu parles d'une tarte, toi.

Il a suspendu Falco. Il est parti chez lui.

- Marc est encore en filature sur lui au cas

où il déciderait d'aller se faire voir ailleurs.

- Faut pas le perdre de vue. - J'appelle un huissier.

On l'envoie tout de suite. - Ça prend un avocat aussi.

Pis s'il veut pas nous laisser rentrer, on va le "shaker".

(musique de suspense)

(ouverture de portière)

- Qu'est-ce qui se passe ici? - Thomas Lacourse,

huissier de la justice. J'ai ici une ordonnance de la cour

qui nous autorise à entrer chez vous afin d'effectuer

les recherches et la saisie de matériels ou documents

qui appartiendraient à Plexmed, votre employeur. Me Courcelles,

ici, un avocat indépendant, est là pour vous aider.

- Venez avec moi dans la maison.

Donnez-nous deux minutes.

- Je suis-tu obligé de les laisser faire?

- Oui et non.

Non, dans le sens que vous êtes pas obligé

de les laisser faire. Mais un mandat de perquisition,

c'est un ordre du tribunal.

Vous risquez de vous faire accuser d'outrage

si vous les empêchez d'entrer. - Je peux-tu avoir 15 minutes?

- Pas si c'est pour faire disparaître des trucs.

- Qui peut m'en empêcher? - Moi, mais on commencera

certainement pas à se battre ici, vous et moi.

(musique de suspense)

- Qu'est-ce qui arrive ici, là?

- Il est en dedans avec son avocat.

- Il résiste? - Non, pas encore.

J'attends qu'il ouvre la porte pour nous laisser rentrer.

- Ça fait combien de temps qu'ils sont là-dedans?

- Cinq minutes. - Je vais y aller.

- Ouais, ben, son ami Chuan a pas traîné.

Il est allé au Centre sino-russe. Il est sorti de là,

pis il a pris la direction de l'aéroport. Il a pas été arrêté.

Il y a rien qui l'empêche de quitter le pays.

- Je pense qu'il a compris.

- Il a, ou ils ont compris.

- Vos patrons sont au courant de vos échanges avec Liam Chuan.

On a saisi des preuves assez accablantes.

- Vous avez pas besoin d'être ici

si vous pensez avoir ce qu'il faut pour m'accuser.

- Oh, personne parle d'accuser qui que ce soit ici.

Il y a certaines choses qu'il vaut mieux garder pour soi.

Laissez-nous entrer. On prend ce qui nous appartient,

pis on quitte aussitôt.

Sinon, il risque d'y avoir des poursuites au criminel.

- Qu'est-ce que je fais?

- Laissez-nous fouiller.

C'est la meilleure des solutions.

- Penses-tu rester ici encore longtemps?

- Je pense retourner dans l'Ouest.

- Qu'est-ce que tu faisais là-bas?

- J'ai travaillé dans un centre de ski.

L'hiver, j'étais sur la montagne,

pis l'été, on organise des randonnées à cheval.

- Tu veux retourner faire ça?

- Je veux juste pas rechuter, m'man.

- J'ai parlé à ton frère.

Tu sais qu'il a une chambre pour toi?

- Mais... il est jeune, il a son intimité.

Il doit ramener un paquet de blondes à la maison.

- Tu le connais mal.

- Que c'est tu veux que je fasse ici, m'man?

- Tu voulais consulter.

Je peux t'aider financièrement aussi.

- Non. Dernière affaire que j'ai besoin,

c'est de dépendre de mes parents.

- Il s'agit pas de dépendre de tes parents.

C'est juste t'aider à retomber sur tes deux pieds.

- Ah, je ne sais plus, m'man.

Je sais pas.

(sonnerie)

- Pierre-Henri Cazal.

- (chuchotement): C'est moi.

- Luigi. T'es où? - Je suis en prison.

Écoute. Rassicot, le gars qui a tué Guilbault, là.

- Fais attention, là. Pas au téléphone.

- Je suis safe, là, sur un portable.

- Moi, je le suis pas.

- Rassicot a décidé de coopérer avec la police.

Trouve tout ce que tu peux sur lui. Tout.

Sa famille, ses parents, ses chums.

Il peut pas coopérer. Tu comprends?

Faut que tu m'arranges quelque chose.

- Comme quoi? - Ben, faut lui faire peur.

- Tu te rends compte de ce que tu me demandes, là?

- Eille, Cazal, arrête ta bullshit.

Si t'étais dans la marde, tu sais très bien

que tu pourrais compter sur moi. (ouverture de porte)

Fais attention aux gens qui t'entourent.

Il y a du monde qui parle. (tintements de clés)

Shit. Faut que je te laisse. (approche de pas)

(musique sombre)

Rien en haut. - Parfait.

(différence de résonance)

- Ils peuvent pas prendre tout ça.

- On peut partir avec tous les documents et le matériel

qui prouvent que vous avez enfreint les droits

de propriété intellectuelle de votre employeur,

incluant les ordinateurs. - Inquiétez-vous pas.

On prend en note tout ce qu'on saisit.

On va vous remettre ça en temps et lieu.

- Sauf ce qui appartient à votre employeur.

- Ça va, Gabriel. Laissez-les faire.

- Je viens de trouver ça. - On va le prendre.

- On prend ça aussi. - Oui, oui.

- Bon, avant de vous laisser partir,

on aimerait vous demander de vider vos poches,

s'il vous plaît. - Vous êtes vraiment pas obligé.

- Non, ça va.

Rien dans l'autre poche, pis rien dans les poches arrières.

- Je peux vérifier?

Merci.

(sonnerie)

- Tu voulais me voir?

- Oui.

- Je suis désolé, mais ce sera pas pour tout de suite.

Là, je suis pas prêt à prendre ma retraite.

Je vais faire quoi, sincèrement?

Je vais déménager pour aller jouer au golf?

C'est pas moi, ça. Si je fais ça, je meurs. Tu le sais bien.

- T'es un peu trop jeune. - Je sais qu'on vit

une période difficile, mais on va pas lâcher.

On va se battre. Et notre ami Luigi a besoin de nous.

- Tu m'as dit que tu voulais le laisser tomber.

- Écoute, Delphine.

C'est quand même un partenaire de longue date.

On ne peut pas lui faire ça. Et il m'a dit

qu'il voulait pas vendre ses parts, de toute façon.

Bon, le gars qui a impliqué Luigi dans le meurtre

coopère avec la police, un dénommé Rassicot.

Luigi a besoin de tout connaître sur lui: frères,

soeurs, cousins, parents, amis.

- Il veut leur faire une job de bras?

- Il veut pas finir sa vie en prison.

C'est normal. - C'est dangereux, ça, là.

- C'est pas la première fois qu'on fera de la filature.

- Sauf que s'attaquer à la famille d'un détenu,

on court après le trouble. - Oui, mais c'est pour Luigi.

- C'est pas parce qu'il fait des niaiseries

qu'on est obligés de payer pour.

- On n'a pas le choix. C'est comme ça.

- Je vais avoir besoin de réfléchir à mon avenir.

- Delphine, écoute-moi.

On fait ce travail,

et je te promets qu'on se parle de la suite des choses.

Sérieusement. Je te donne ma parole.

Ça te va?

(soupir)

(coups à la porte) - Tu voulais me voir?

- Oui. Assieds-toi.

(sonnerie)

- OK. Grave de même.

- Ça fonctionnera pas pour toi ici, Anthony.

- Ah. Il pense que les articles dans le journal, c'est moi?

Malgré le rapport de police que je vous ai refilé?

- Je sais pas. Je crois pas, non.

Il veut donner un nouvel élan à l'entreprise.

- Il y a deux jours, tu voulais qu'on l'achète,

pis là, tu me dis que je n'ai plus d'affaires ici?

- Il veut pas vendre.

Eille, je suis vraiment désolée.

C'est pas ma décision à moi. Tu le sais.

- Vous avez vraiment des croûtes à manger.

Ça fait un peu cabane à sucre comme boîte ici.

(sonnerie)

- On a ramassé ce qu'on avait à ramasser.

- On s'est pas trompé, j'imagine.

- Va falloir attendre les résultats de la perquisition,

mais à date, de ce qu'on sait, on s'est pas trompé, non.

Ah, pis faut que je te dise.

On a une ordonnance qui vise le Centre sino-russe de Montréal.

Il y a une vidéo qui montre Chuan qui rentre là avec

une mallette qui contient un ordinateur qui vous appartient.

- On sait pas ce que c'est, Centre sino-russe de Montréal.

- Un genre de centre d'étude des relations commerciales

entre la Chine pis la Russie, mais c'est pas clair,

ce qu'ils font là-dedans. Là, comme je te dis, là,

on a cette ordonnance-là, pis je sais que t'es hésitant

à faire du tapage avec ça.

- Toi, t'en penses quoi? - Moi, je pense

que le Centre sino-russe de Montréal, c'est

une patente à gosse qui permet à des forces étrangères

de venir faire de l'espionnage industriel

sur le territoire canadien. Si on rentre là,

ça va faire des flammèches, pis les téléphones vont

se mettre à sonner à Ottawa. - As-tu l'impression

qu'ils savent qu'on sait?

- Je pense qu'ils savent qu'on sait, oui.

- On va en rester là. - C'est ce que je pensais.

- Comme on les soupçonnait déjà de fouiller dans nos affaires,

on en a profité pour maquiller certaines données.

Alors, ceux qui pensent se servir de nos renseignements

à leur profit risquent d'avoir une méchante surprise.

- Vous avez pensé à ça, vous. - Évidemment.

- T'es jeune, t'es plein de vie.

T'es pas du genre à t'enfermer chez vous le soir

pis regarder la TV.

- Arrête de te trouver des excuses.

- Tu dois te ramener un paquet de filles à la maison.

C'est comme rien.

- Je viens d'en mettre une dehors.

C'est certainement pas pour en rentrer une autre.

- Tu comprends ce que je veux dire. T'as ton intimité,

j'ai la mienne. - Hum-hum.

D'après moi, tu vas en avoir plus chez moi qu'ici.

- Je suis pas facile à vivre.

- J'ai travaillé pour p'pa pendant huit ans.

J'ai la couenne dure.

- Ouais.

C'est sûr que quand t'es passé par là,

il n'y a plus grand-chose qui te fait peur.

- On essaye, Cath?

Pis si ça fait pas, on ajustera, là.

C'est pas pour dix ans non plus.

- Je pense que ça va me faire du bien

de me retrouver avec mon frère.

Je vais chercher mes affaires. - Envoye.

- Simoneau, il a décidé de pas aller plus loin.

C'est dommage. - Il a ses raisons.

C'est difficile. Ils ont des intérêts en Chine.

Ils ont plusieurs entreprises là-bas.

Fait qu'il a décidé de pas pousser l'affaire.

- Il voulait l'hémorragie. Ça, c'est fait.

- Exactement. - Wow.

- Wow, quoi? Qu'est-ce qu'il y a?

- Mon ordi s'est éteint tout seul.

C'est bizarre, ça.

- Ben là, c'est sûr que c'est la batterie.

- Il est branché. - Mais ça, c'est le fil.

- Nos ordis fonctionnent plus. - Le mien non plus.

- Eille, on n'a plus d'ordinateur à la réception.

- Ils nous ont "hackés".

- Mais là, ça peut pas être les Chinois.

- Intelco, la compagnie d'investigation privée

la mieux cotée au Canada. Ça peut pas nous arriver ici.

Ça ne nous arrivera plus jamais. Je te le garantis.

- OK, j'appelle Laurent, là. - Ben voyons.

- J'ai la chienne, Antho.

- Ça va être correct.

(sonnerie)

- Oui, allô.

- Anthony, c'est quoi ton problème?

T'es pas capable de garder une job?

T'as même pas "toughé" une semaine.

T'es fiable, c'est effrayant.

- Hé, p'pa, va donc chier.

(tonalité de ligne coupée)

- T'es dur avec lui. - Commence pas, toi aussi, là.

(musique sombre)

(grincement de pneus)

(musique de suspense)

(ouverture de portière et impacts brusques)

♪♪♪

- On a des nouveaux comptes qui s'ouvrent

et qui se ferment dans la même journée.

- Blanchiment d'argent? - Je vois pas d'autre chose.

- Il y a un directeur de succursale où ça se passe, ça?

- C'est peut-être lui le problème.

- Tu rentres au bureau à matin. - Il te congédie, pis après ça,

il veut te reprendre. - M. faisait du double-dipping.

- Tu travaillais pour les deux? - Elle a été kidnappée?

- C'est Diotte qui m'a dit ça. - C'est arrivé quand?

- Hier soir.

♪♪♪

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