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Original subtitles

Chefs de secteur, cadres, chefs de pub.

L'élite de Publitalia est là.

C'est une bonne idée ?

Je les connais, c'est des vendeurs.

Ils bitent rien à la politique.

Aucune importance.

Ils sont implantés sur le territoire, tel un parti.

Ils ont une clientèle fidélisée, mais à la différence d'un parti,

ces hommes ont d'autres valeurs :

efficacité, travail d'équipe...

Au diable les politiciens !

Nous, on doit vendre un rêve.

Ça marche, tu m'as convaincu.

On fait quoi ?

Faisons des entretiens.

Non, faisons plutôt un casting.

Un casting ?

On cherche des têtes télégéniques.

Oui ?

De la part du Dottor Dell'Utri.

Merci, Clara.

Il te couvre de cadeaux.

Pétrole ?

J'ai reçu Pétrole.

Ils ont fini par le publier. Après tant d'années !

Je tenais à vous remercier.

J'ai aussi un projet :

l'interview filmée des meilleurs éléments de Publitalia.

Une sorte de vidéo de motivation.

Des conneries ! Mais c'est vous, le gourou du marketing.

Il y aura des frais.

Vous disposez d'un compte avec 9 zéros.

J'ai votre autorisation ?

Je parle chinois ou quoi ?

Tu dois lui dire.

Il refuserait.

Il aimera peut-être l'idée.

Tu veux le faire à son insu ?

Je lui dirai, mais plus tard.

On tourne un spot électoral et on le convaincra.

Où vas-tu ?

On a besoin d'une caméra.

Bah...

Remets-le.

Qu'est-ce qui te prend ?

Le vin...

Qu'est-ce que t'as ?

Je suis enceinte ! Voilà ce que j'ai, connard !

15 OCTOBRE

Pardon... vous cherchez qui ?

La Dottoressa Grandi m'attend.

La Dottoressa n'est pas là.

- Comment ça ? - Elle est en congé.

Du jour au lendemain ? Elle m'a donné rendez-vous hier.

Nous aussi, on a été surpris.

Elle n'est pas non plus chez elle.

Vous savez où elle est ?

Non, je suis désolée.

Allez.

Sors de là ! Ça va pas la tête ?

Putain, t'es complètement gelée.

T'as besoin de calme, compris ?

Je m'occupe de tout.

Je ne peux pas avoir d'enfant.

Je te trouverai un autre job à la télé.

Ça ne dure que 9 mois.

Tu ne devras renoncer à rien.

Tu le veux, toi ?

J'arrive.

Là, je ne peux pas.

C'est bon, j'ai compris.

Écoute, je dois me changer et me rendre au Parlement.

Tu me promets une chose ?

Réfléchis bien.

D'accord ?

Couvre-toi, il fait froid.

Tu voulais me voir ?

Viens.

Ça va, Borto ?

Assieds-toi.

Qu'est-ce qu'il y a ?

T'as foutu quoi à la Commission ?

Je sais que la Ligue s'en tape de la guerre du Golfe.

Bossi était même un supporter de Saddam.

Mais moi, j'y étais.

Je sais ce qui s'est passé.

Arrête de jacasser.

T'as voté avec les démocrates, contre la réduction du budget.

Espèce de con !

Ah, ça ?

Oui, ça ! T'as marché dans une grosse merde.

Pourquoi un soldat comme moi couperait le budget de l'armée ?

Arrête ton char !

T'as suivi la consigne de vote de ton pote Gaetano Nobile,

pour sauver la commande d'armes de son pote Locetra !

Qu'est-ce que tu racontes ?

T'es comme cul et chemise avec un vieux démocrate-chrétien.

Napolitain de surcroît !

Vous n'avez jamais eu de voisin démocrate-chrétien ?

L'Italie est pleine de démocrates-chrétiens.

Nobile habite au-dessus de chez moi, et alors ?

Tu lui as rendu service, en favorisant son ami Locetra.

Ça change quoi si l'État achète des armes à Locetra ou ailleurs ?

Ça change tout !

Locetra est un mafieux, affilié à la camorra.

Il ne le savait pas. Le candide.

T'as fait une belle connerie !

Grâce à toi, la Ligue du Nord a aidé un voyou.

Je savais pas que c'était un mafieux.

Borto !

Excusez-moi.

Tu n'en fais qu'à ta tête ! Je ne te protégerai plus.

T'es vexé parce que je t'ai pas fait de bisou ?

Va chier, y a ma femme qui m'attend.

Je t'ai pas cafté, tête de nœud !

Cause toujours, plus personne ne te croira.

Personne !

Me cherche pas, Borto, tu joues avec le feu !

C'est toi qui joues avec le feu, Batman de merde !

Les vieux partis rendent l'âme.

Di Pietro leur botte le cul

et cette législature s'achèvera à mi-mandat,

donc pas de rente pour les parlementaires.

Je m'en bats les couilles de la rente.

T'as tort, quand l'Assemblée sera dissoute,

la Ligue te laissera tomber, après ton entourloupette.

T'es mort !

T'es qu'un beau fumier !

Allez, dégage, ma femme m'attend.

Bien sûr.

Ce soir ?

J'ai à te parler !

J'ai à te parler !

- J'appelle la sécurité ? - Non, laissez.

Tu avais raison,

ton père n'y est pour rien.

C'est moi qui avais besoin de haïr quelqu'un.

Tu l'as compris après sa mort ?

Pendant 6 mois, je n'ai touché personne.

Je m'étais coupé du monde.

Puis je t'ai rencontrée.

Tu n'as pas eu peur de me toucher.

Qu'est-ce que tu me veux ?

Dis-moi que tu n'éprouves plus rien pour moi.

Je n'éprouve plus rien pour toi.

Va-t'en !

Va-t'en !

Pars, s'il te plaît !

Va-t'en !

Je ne suis là pour personne.

Racontez-nous une anecdote sur l'entreprise,

qui vous a marqué le plus, avec vos mots à vous.

Berlusconi est le roi des vendeurs.

Le top de la libido,

c'est de satisfaire le client, en faisant du chiffre.

En route pour Hollywood !

Je fais quoi ? Je regarde où ?

On est habitué à gagner, et gagner, c'est grisant.

Il disait : "Le meilleur aura une Ferrari."

Il disait : "Récitons ensemble la grille des programmes.

"Apprenons-la tel un rosaire."

Aux réunions de travail, le lundi matin,

on avait un cours de vente.

Il nous rappelait les bases philosophiques de l'entreprise.

On est une armée qui revient victorieuse.

Les sondages, c'est capital.

Il nous fait rêver.

Au revoir.

On devait pas parler politique ?

À Harvard, ils ont fait un test :

on a montré à 100 étudiants, des films muets

de leurs futurs professeurs.

Et on leur a demandé de désigner le meilleur prof.

Puis on a montré le même film à 100 étudiants,

qui avaient déjà eu ces profs.

Ils ont choisi les mêmes profs.

Peu importe ce qu'on dit.

Mais comment on le dit.

Que penses-tu d'eux ?

Je me les ferais tous.

Tous ?

Ils sont tous, plus ou moins, mon genre.

C'est quoi, ton genre ?

Mon genre,

c'est le gentil garçon

avec un gigantesque... côté obscur.

Quand tu as dit gigantesque, j'ai eu peur.

Avec Pellegrini, faites un montage des meilleurs moments.

Appelle-moi quand ce sera prêt.

J'ai rêvé que j'accouchais d'un bras d'homme.

Un bras musclé,

poilu, avec des griffes.

C'est encourageant.

Voilà, remettez-vous assise, s'il vous plaît.

La torture est finie.

Vous n'en voulez pas ?

Après deux interruptions de grossesse,

une troisième risquerait de vous empêcher

d'avoir des enfants.

Je suis grillé au Parquet, j'ai fait une connerie.

Je peux faire quoi pour toi ?

Donne-moi 800 M de lires.

800 millions ! Où veux-tu que je les trouve ?

Allons, Leo.

"Vous disposez d'un compte avec 9 zéros."

Tu m'espionnes ?

Penses-tu !

C'est que les nouveaux portables

sont faciles à mettre sur écoute.

Je n'ai pas résisté.

Je ne peux pas.

Pour un retrait au-delà de 10 M, il faut la signature de Dell'Utri.

Le directeur de la banque est son ami.

Il l'apprendrait aussi sec.

Je suis désolé.

Je te fous dans la merde, je sais.

Mais je dois me tirer et j'ai besoin de fric.

Je ne le ferai pas.

Leo...

Tu sais que j'ai les preuves du meurtre de Bianca.

Va te faire foutre !

Va te faire foutre !

T'as fini ?

Faisons une chose :

tu me files le fric et moi je te file les preuves.

Moi, je commence une nouvelle vie, toi, tu effaces l'ancienne.

C'est équitable, non ?

Tu as une semaine.

Je ne te demande que 800 M !

Sur le compte, il y a un milliard de lires.

Je te laisse le reste pour refaire ta vie ailleurs.

Je l'ai fait une fois, je n'y arriverai plus.

Les mecs comme toi y arrivent toujours.

Ça fait deux jours que j'essaie de te parler.

Tu as enfin réussi.

Tu ne peux pas disparaître quand tu veux.

- C'est clair ? - Pourquoi ?

On a eu une urgence.

On devait débloquer les commandes des médicaments.

"Débloquer" est un euphémisme.

Prends pas de grands airs. Le ministère de la Santé

est une roue qui tourne, si tu graisses la machine.

Si ça marche, pourquoi tu fais cette tête ?

Un des engrenages s'est mis à tourner en roue libre.

Un démocrate de la Commission des Finances.

Quel rapport avec la Commission des Finances ?

Réveille-toi ! C'est eux qui approuvent

les variations des dépenses en matière de santé.

Tu lui as donné une enveloppe et il l'a refusée ?

Bon...

On fait quoi dans ces cas ?

Rien. Mais j'ai trouvé quelqu'un qui couvrira de merde, cet ingrat.

- C'est qui, cet ingrat ? - Gaetano Nobile.

C'est toujours comme ça, ce boulot ?

Ne disparais plus.

Attilio, qu'est-il arrivé à Raffaella Grandi ?

Elle est partie en congé sans rien me dire.

Elle avait besoin de vacances.

Quoi ?

C'est quoi, les médicaments qu'il faut débloquer ?

Attendez !

La Ligue est furieuse.

Ils ont découvert que j'ai aidé Locetra.

Fallait me dire que c'était un mafieux.

Mafieux ? Doucement, il n'a pas été condamné.

In dubio pro reo.

"Au bénéfice du doute", on est réputés innocents.

Oui, mais en attendant, je ne serai plus élu.

Merci pour votre aide.

Je suis sincèrement navré.

Le mal est fait.

Rejoignez-nous.

À la Démocratie chrétienne ?

- Et puis quoi encore ? - C'est une bonne idée.

Je peux vous obtenir un collège électoral sûr.

Vous ne quitterez pas la politique, par ma faute,

et la Démocratie chrétienne gagnera une nouvelle tête.

On en a un grand besoin.

Bref, vos amis de la Ligue changeront d'avis.

Les politiciens sont souples.

Pas comme les magistrats.

Vous êtes au courant ?

Je vais à Milan. Demain, Di Pietro m'interroge.

Ouverture d'une enquête judiciaire.

Je m'inquiète pour vous.

Vous vous inquiétez pour moi ?

Donc, vous tenez à moi.

Moi, je n'ai pas de fils.

Et alors ?

Je n'ai jamais rien pu apprendre à qui que ce soit.

Avec vous,

je me suis amusé, ça m'arrive très rarement.

J'espère que je n'ai pas tout gâché.

Bon voyage.

Pourvu que ce ne soit pas un aller simple.

Pas avec l'immunité parlementaire.

Le dernier bastion de la civilisation.

- Où es-tu ? - Froid.

Chaud.

Ça chauffe un peu.

Ça brûle !

Que fais-tu, là-haut ?

Descends, tu me fais peur.

Tu sais ce qu'on construira ici ?

Une clinique de chirurgie esthétique.

C'est bon à savoir.

En fait, j'avais un autre projet.

Je voulais faire un centre de recherche sur le sida.

Toutes mes bonnes actions partent en eau de boudin.

C'est-à-dire ? On t'empêche de le faire ?

"La chirurgie esthétique, c'est le futur".

Qui suis-je pour m'opposer au futur ?

Ici, il y aura un parking.

On coule une belle dalle de béton

et hop, ni vu ni connu.

Il se peut que je parte.

Où ?

Buenos Aires, Rio...

Choisis.

Moi ?

Viens avec moi.

J'aimerais bien.

Tu plaisantes ?

Mais oui, je plaisante.

18 OCTOBRE

Un billet pour La Havane.

Aller-retour ?

Aller simple.

Le Vatican est juste derrière, les prêtres ont du goût.

Voici une première chambre à coucher...

deux salles de bain...

et voici la deuxième chambre à coucher.

Peut-être la future chambre d'amis

ou la chambre d'enfant ?

Le prix ?

T'occupe pas de ça.

2,5 millions de lires, plus les charges.

Là, vous avez un immense salon.

Regardez la lumière, la vue, l'ensoleillement !

J'ai gardé le meilleur pour la fin : la terrasse.

À mon avis, c'est la pièce maîtresse.

Regarde-moi ça !

Putain.

Quel spectacle !

Ça te plaît ?

Oui, ça me plaît.

Mais c'est trop cher.

Mais non. C'est bon, on le prend.

Non.

Je vous laisse.

- Qu'est-ce que t'as ? - Et toi ?

Quoi, moi ?

Tu plonges tête baissée, tel un kamikaze :

l'appart, le gosse, je m'occupe de tout.

Tu veux jouer au chef de famille ?

Tu t'es découvert la fibre paternelle ?

Tant mieux pour toi.

Mais moi, j'en veux pas de ce gosse.

Luca ! Tu as disparu ?

C'est vrai que Di Pietro t'a viré ?

Oui.

Je suis désolée. On formait une super équipe, toi et moi.

Vous attendez Nobile ?

Un mec de son parti, arrêté pour corruption,

l'a balancé à Di Pietro, contre une réduction de peine.

Tu t'en fous, il t'a viré.

Je sais qui vous a balancé, je dois vous parler.

Je sais que derrière tout ça, il y a les Mainaghi.

Ils ont payé Onofri pour qu'il vous balance.

Vous ne buvez pas ?

Je me méfie un peu des gens qui ne boivent pas.

C'est quoi, le pot-de-vin que vous avez refusé ?

Vous êtes un policier, mais pas en service.

On est devant le Parquet, mais vous m'interrogez ici.

Vous vous appelez "Pasteur",

mais vous n'avez pas l'air d'un prêtre.

Pourquoi je vous ferais des confidences ?

On en veut tous les deux à Beatrice Mainaghi.

J'imagine que votre rancœur

est de nature sentimentale ?

Personnelle.

Vous êtes sûr que cet entretien est confidentiel ?

Il restera entre nous.

Bien.

Je devais voter une modification des dépenses sanitaires.

Vous en êtes sûr ?

Il suffit de payer la Commission des Finances

et l'État donne le feu vert à l'achat des médicaments ?

Pour un travail bien fait, il faut d'autres "appuis".

Le ministère de la Santé ?

Le Service Sanitaire National ?

Pourquoi me poser des questions, si vous avez déjà les réponses ?

En ce moment, l'Italie regorge de gens comme vous,

de défenseurs d'une juste cause.

Le pays est momentanément atteint d'une forme

de dysmorphobie.

Il se croit différent de ce qu'il est.

C'est vous qui payez le vin ?

Pourquoi vous avez refusé ?

Un sursaut d'honnêteté.

Il y a quelque temps,

j'ai lu un article sur le plasma de chez Zenit.

Eh bien...

il y a des limites,

même pour un vieux cynique comme moi.

Vous deviez voter l'achat du plasma ?

Adieu,

"Pasteur".

Vous nous apportez du vin, s'il vous plaît ?

Tout de suite.

Je ne t'ai jamais parlé de Milo.

C'est qui ?

Mon frère.

De 5 ans mon cadet.

Moi, je me soûlais, je me castagnais,

je jouais au rugby.

Et Milo pareil.

On s'amusait à piquer la bagnole de mon père.

On le faisait exprès.

Il nous gonflait avec sa bagnole !

Il y a 11 ans, on est allés à une fête à Brescia.

On avait bu un peu,

pas plus que d'habitude.

Je conduisais.

Sur le chemin du retour,

la voiture a dérapé sur une plaque de verglas.

Il avait 17 ans.

Je suis désolée.

C'est pas en faisant un gosse que ça changera les choses.

Tu le sais, non ?

On ne le ressuscitera pas.

Quand je t'ai connue, ta mère venait de mourir.

Tu ne parles jamais de ton père.

Mon père est un fumier,

ma mère est morte,

Milo est mort.

Toi et moi, on est seuls au monde.

Quel mal y a-t-il à fonder une famille ?

Je n'ai plus faim.

Marina, c'est moi.

Viola ?

Je pars, je voulais lui dire au revoir.

Je m'absente quelque temps.

Je rappellerai.

Si on se rate, dis-lui...

Non, rien, dis-lui ciao.

Leo, où es-tu ?

Je suis occupé. Dis-moi.

Tu avais raison. Ils sont parfaits.

Convaincants. Ils crèvent l'écran.

Vous avez monté le pilote ? C'est bien ?

On a presque fini. Il ne manque plus que toi.

Moi ?

Il y a une erreur ?

T'es cool, tu sais causer

et t'es le seul calé en politique.

J'appelle le directeur.

Tu es le visage idéal.

Tu m'entends ?

Allô, Leo ?

T'as du bol, toi.

Tu sais que t'as la possibilité de te racheter ?

C'est pas donné à tout le monde.

C'est-à-dire ?

Le Parquet de Milan a demandé l'autorisation

d'intenter une action contre Gaetano Nobile.

Lis ça.

Le Conseil des autorisations donnera le feu vert,

ensuite, à nous de voter.

Par vote public, Bosco.

Je te garantis

qu'on fera particulièrement attention à ton vote, Bosco.

D'accord.

Si tu ne t'es pas laissé embobiner par ce démocrate-chrétien,

ami des mafieux napolitains,

tu pourras le prouver.

Te voilà !

Nous y voilà !

J'ai cogité, tu sais ?

Si je dois me sauver, à quoi bon te filer le fric ?

Je blague.

Il est dans le coffre.

On se dépêche, j'ai un avion dans 2 h.

Tu n'oublies rien ?

Non.

J'ai pas l'impression.

L'Obscur...

Ça caille, hein ?

Merde, il veut pas s'ouvrir.

Tiens !

Viola ?

Papa, tu m'as appelée, hier ?

Oui.

Je vais à l'école, tu m'aides avec mon latin ?

Il me manque la dernière phrase : Etiam periere ruinae.

Ça veut dire quoi ?

Je ne sais pas, Viola.

Désolé, je ne sais pas.

- Tu vas bien ? - Oui.

- Maman a dit que tu partais. - Je ne pars plus.

Super ! Je me sauve. Salut !

Messagerie vocale. Vous avez un nouveau message.

Pastore, c'est Raffaella Grandi.

Après avoir parlé avec vous, on m'a appelée.

Un homme. J'ignore qui c'était. Il m'a dit de faire gaffe.

J'ai eu peur, j'ai pris des congés et je me suis sauvée.

Comprenez-moi, j'ai deux enfants.

Je n'ai pas eu le courage de...

Je ne vous ai pas appelé pour me justifier.

J'ai découvert une chose étrange.

Zenit a émis une nouvelle facture pour payer le plasma

acheté il y a 5 ans.

Une astuce comptable pour faire croire que c'est du sang neuf.

Il est dans une chambre froide.

Formellement, il est à Lemures.

Pour prouver qu'il sera utilisé par Zenit,

on doit le retirer

et le transférer dans les entrepôts de Zenit.

Vous avez compris ce qu'ils font ?

Ils mettent à nouveau en vente du sang contaminé.

Prêt ?

Je dis quoi ?

Improvise. C'est juste pour voir ce que ça donne en vidéo.

Dis n'importe quoi.

"D'aucuns ne croient en rien, dès la naissance.

"Il n'empêche que ces personnes agissent,

"font quelque chose de leur vie,

"s'occupent de quelque chose, produisent quelque chose.

"D'autres, en revanche,

"ont la manie de croire.

"Les devoirs s'imposent à eux sous forme d'idéaux à réaliser.

"Si un beau jour, ceux-là perdaient la foi,

"il se pourrait que petit à petit,

"en passant par une série logique

"ou illogique de déceptions,

"ils redécouvrent ce néant,

"qui pour d'autres a toujours été naturel.

"Mais pour eux, la découverte du néant

"sera une nouveauté qui impliquera autre chose.

"Elle n'impliquera pas seulement la poursuite de l'action,

"de l'intervention, de l'ouvrage,

"non plus vus comme des devoirs, mais comme des actes gratuits...

"... mais aussi la sensation hilarante

"que tout ça n'est qu'un...

"jeu".

Adaptation : Giacinto Pizzuti

Sous-titrage : Vdm

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