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Original subtitles

- Personne ne nous entend. - Tais-toi.

Enlève ta culotte.

23 SEPTEMBRE

Vas-y.

Allez, file, ou je serai grillé.

Je suis à votre disposition, M. le député.

Salut.

Au revoir.

Bosco !

Bonjour.

Vous êtes libre, avec Veronica, le week-end prochain ?

Un ami veut m'emmener faire un tour en bateau.

J'aime pas y aller seul.

J'ai des choses à régler, je vous dirai.

Le marin que vous êtes ne sent pas l'appel de la mer ?

Bon, d'accord.

Bonjour.

Je suis en retard ?

Un, deux, trois... test !

Tu sais ce qu'a dit Goethe avant de mourir ?

Plus de lumière !

Silvio Berlusconi !

Bonsoir, mesdemoiselles.

La revue Nous est en passe de devenir l'hebdomadaire

de tous les Italiens et surtout

des Italiennes.

En couverture du 1er numéro, j'ai fait mettre un miroir...

Ils l'achèteront, à ton avis ?

Espérons-le.

Les Italiens doivent retrouver leur enthousiasme.

Regardez-vous dans ce miroir et souriez !

C'est bien.

Souriez !

Les temps sont durs,

mais si on confiait l'entreprise Italie

à un entrepreneur capable

d'avoir du succès dans ses activités...

Putain, il est fort.

... en cinq ans, l'Italie serait à nouveau sur pied.

Raffaella Grandi. Félicitations.

La nouvelle administratrice du groupe Mainaghi.

Qui êtes-vous ?

Que se passe-t-il ?

Vous remplacez Corbi. Il fallait vous attendre

à ce que la police débarque chez vous.

Vous êtes le nouveau paratonnerre.

Je ne suis le paratonnerre de personne.

En 20 ans, Mainaghi ne m'a jamais demandé

de faire quoi que ce soit d'illégal.

Vous ne gériez pas Zenit Pharmaceutique.

J'ignore de quoi vous parlez.

Zenit vend du sang contaminé. Vous n'êtes pas au courant ?

Lâchez-moi.

Vous êtes quelqu'un de bien.

Si vous ne me croyez pas, vérifiez vous-même

le plasma utilisé pour les produits dérivés.

Vous pouvez le faire.

Ça ne coûte rien.

C'est la faute à Heather Parisi et à son Fantastico.

Là, j'ai eu le déclic.

Je piquais les escarpins de maman et je levais la jambe.

Tu as du talent.

Tu sais comment Parisi a eu son premier contrat ?

En dansant sur le bureau d'un dirigeant de la Rai.

Tant que c'est sur le bureau !

Écoute, Veronica, tu présenteras On parie que... ?

Si tu devais parier sur toi...

Comment tu te vois dans 5 ans ?

Mon Dieu, dans 5 ans !

Quelle angoisse, j'aurai 30 ans !

Là, tu vois, je te hais ouvertement.

Excusez-moi.

Ne t'inquiète pas, Cuccarini a répondu pareil.

Elles sont passées par moi avant de devenir célèbres.

Carlucci, Parietti, Simona Tagli...

Je les ai vues naître.

Je sais, je vous lis souvent.

C'est bien.

Alors tu sais qu'il y a une question rituelle :

tu es fiancée ?

Non, je suis célibataire.

"Berlusconi à contre-courant : trop de pessimisme". À la une.

"Italie, trop d'ennemis internes. Berlusconi accuse :

"Certains entrepreneurs masquent leurs erreurs.

"Le président de Fininvest est optimiste sur la reprise".

- Vous avez vu la caricature ? - Non.

C'est top ! Le Premier ministre dit :

"Si mes mesures drastiques sont rejetées, je démissionne.

"Je veux voir quel optimiste aura le courage de mener

"une politique qui ne sera pas faite de larmes et de sang".

Et dans son dos, souriant,

Berlusconi avec le logo Fininvest et la légende "Why not?".

"Why not?"...

Eux, des larmes et du sang, nous, optimisme et sourires.

L'optimisme, c'est bon pour les affaires.

Je vous laisse travailler. Au revoir.

Parlons-nous franchement.

C'est-à-dire ?

Berlusconi veut faire de la politique.

Berlusconi ?

TV Sourires et Chansons parle de ses noces avec Veronica Lario,

mais aussi d'un sondage.

Le voilà.

"Si Berlusconi fondait une ligue nationale se proposant

"de mieux gouverner le pays,

"plus d'un Italien sur deux le soutiendrait".

C'était en 1990.

Berlusconi aurait décidé en 1990 de faire de la politique ?

Peut-être pas décidé, mais il y pense.

Depuis un an, il fait des conventions en Italie.

C'est normal.

Oui, s'il parlait du produit. Mais il parle du pays.

Un pays à la dérive.

Je vous paie pour savoir qui fera main basse sur le pays !

Je miserais sur Martinazzoli.

Forlani est grillé,

Martinazzoli sera secrétaire du parti.

Essayez de le rencontrer.

Notte, vous resterez chez vous, assez de saloperies !

Et assez de salopes !

On mourra démocrates-chrétiens !

Vous savez à quoi on carburait pendant la guerre du Golfe ?

À la coke.

Vous avez dû en voir avec votre bateau !

Il y avait ce pote qui captait

les communications des Irakiens dans le Golfe.

Un jour, par erreur,

il chope une conversation entre un Colombien et un Arabe.

Il fait un rapport.

Il signale un arrivage de coke, sous deux jours.

Que dit le commandant ?

Il ordonne à mon unité de faucher la coke et le fric.

Il a donné l'ordre. Et après ?

On l'a fait. Ça a marché comme sur des roulettes.

On les a désarmés.

On rentrait avec la marchandise,

quand soudain, un coup est parti d'une fenêtre.

Une sentinelle ? Un sniper ? J'en sais rien.

On a riposté aussitôt, mais Russo était déjà à terre.

Un de nos hommes.

On l'a ramené, mais peu après, il est mort.

Je suis désolé.

En cour martiale, on devait faire

porter le chapeau à Russo.

Le commandant nous a pas laissé le choix.

Mais à l'audience, je l'ai balancé.

J'ai dit que l'ordre venait de lui et que je baissais pas mon froc.

On vous l'a fait payer ?

Renvoyé pour conduite déshonorante.

C'était ma parole contre celle des autres.

Vous avez bien fait. Je vous admire.

"Bien fait", c'est vite dit !

Lui, on l'a cassé, et son pote est mort pour rien.

Pour bien faire, il fallait peser le pour et le contre.

Pour moi, notre Bosco, ici présent,

s'est comporté en homme.

Il est sympa votre ami.

Vous faites quoi dans la vie ?

Je suis entrepreneur.

Gaetano ne vous l'a pas dit ?

Je fabrique des armes.

- Des armes ? - Oui.

Excusez-moi.

Comment allez-vous ?

Arnaldi, c'est pas la peine de vous vexer.

On a assez fait ripaille, à présent, on fait carême.

Rassurez-vous, Maître, Pâques n'est pas bien loin.

Au revoir.

N.L.C. armement.

Putain.

La Commission de la Défense va réduire le budget de l'armée,

et comme par hasard, elle veut annuler le contrat

de votre ami Locetra.

Drôle de coïncidence !

Vous vouliez me remercier pour le service rendu à Veronica.

C'est l'occasion ou jamais.

Au revoir.

Allez, magne-toi !

Pourquoi on se sauve ?

Allez.

Que se passe-t-il ?

Tu me fais confiance ?

Oui.

Allons-nous-en.

Ils ont créé un climat infâme.

Craxi se rend au cimetière de Brescia

où la dépouille de Sergio Moroni a été exposée...

Je ne vous attendais plus.

Moi non plus. Que voulez-vous d'autre ?

Vous l'avez lu ?

Vous avez zappé la fin de la phrase : "sans coupables".

Quand on a le VIH, on voit ça autrement.

On parle de cas antérieurs à 1985,

quand le test VIH du plasma n'existait pas.

Le test de l'hépatite C n'a que 3 ans.

À d'autres !

Ça, c'est la version officielle !

Je suis désolée pour les malades,

mais je ne peux rien pour eux.

Restons-en là.

Je fais partie des malades.

J'ai le VIH.

Je l'ai attrapé avec le sang de chez Zenit.

Il y a environ un an.

D'accord.

Je vais vérifier.

Vous m'avez appelé ?

Va aux archives chercher le dossier Milan-Serravalle.

Attends, emporte ces dossiers avec toi.

Tu vois Claudio Martelli seul ou on t'accompagne ?

Vas-y seul, Antonio, j'aime pas les entrevues secrètes.

Vous rencontrez le ministre de la Justice ?

S'il nous livre Craxi, il prendra sa place.

Tu n'as rien entendu.

C'est clair.

Envoie-moi Fenati.

Je ne vois pas pourquoi on se prête à ton manège.

Il y a une taupe parmi nous, croyez-moi.

Je suis sûr qu'on nous espionne.

Et maintenant, on dit quoi à Fenati ?

Silvio, j'ai une question.

Tout ce que tu fais te réussit.

Tu séduis tout le monde.

Tu n'as jamais songé à faire de la politique ?

- Non. - Comment ça ?

Oui ! Qui a crié ?

Une chose est sûre, ça ne m'a jamais traversé l'esprit

d'être un militant d'un des partis politiques

qu'on connaît, ça jamais !

Mais tu flirtes avec l'idée, peut-être avant l'an 2000...

Chacun doit faire ce qu'il sait faire.

Permets-moi l'allitération : je suis un homme du "faire",

laisse-moi bien faire ce que je sais faire,

c'est-à-dire l'entrepreneur.

Que se passe-t-il ?

Que fais-tu à Milan ?

J'ai un séminaire.

Tu ne lis plus Lutte Continue ?

C'est ma voisine qui l'achète.

Regarde page 36.

Page 36. Plus loin.

Merde.

"Cent jeunes filles de C'est pas la Rai.

"Viola, 14 ans, aime le shopping, Kurt Cobain, les garçons tatoués".

Tu as même un coupon-réponse à renvoyer avec ta favorite.

Pourquoi tu me dis ça sur ce ton ?

- C'est de ta faute. - De ma faute ?

Elle a passé 6 mois avec toi

et je ne la reconnais plus.

C'est peut-être toi qui l'as élevée dans la tristesse.

Tu lui interdisais tout.

Du coup, elle avait de bonnes notes à l'école,

faisait de l'escrime, lisait Dostoïevski...

J'ai trouvé un mot, adressé à un copain,

où elle écrit JTM.

Il faut l'accord des parents. Elle est mineure, refuse, merde !

C'est pas mon genre, tu le sais.

Viola ne doit pas faire de la télé, car c'est humiliant,

pas parce que sa mère l'interdit.

Donc ?

Tu as créé le problème, à toi de le résoudre.

Moi ?

Désolé, je n'ai pas le temps.

Au début, je voulais une Porsche,

mais je connais un mec qui en a une

et j'ai pas envie de lui ressembler.

Puis...

j'ai eu un flash.

BMW 850.

Classique,

moteur fantastique, V12,

5000 cm3 de cylindrée,

300 chevaux.

Voiture confortable, de fonction,

sauf que c'est un vrai bolide.

144 millions de lires, clés en main.

Et ton tuyau les vaut ?

Notre cher ministre de la Justice

a un rendez-vous secret avec Di Pietro,

pour niquer Craxi.

Alors ? Clés en main ?

Des malades m'ont contactée.

Sida post-transfusionnel.

Ils ont lu mon article.

Ils veulent adresser une requête à la magistrature.

L'enquête Mains Propres les a réconciliés avec la justice.

Tu ne retournes pas au Parquet ?

Je ne crois pas.

Tu ne veux pas me dire pourquoi ?

Je me sauve, je dois interviewer la fille de Moroni, sale boulot !

- Salut, Giulia. - Salut.

Giulia ?

Luca ? C'est Raffaella Grandi.

Demain, venez chez Zenit, il y a du nouveau.

J'ai rendez-vous avec Raffaella Grandi.

J'ai trouvé le dossier

avec les documents de l'achat du plasma.

On m'avait dit qu'ils n'existaient pas.

J'ai fait pression sur la direction et elle a cédé.

La direction ?

Vous vouliez des réponses.

Laissez-nous.

- Tu as l'air surpris. - On dirait un traquenard.

Comme celui tendu à mon frère.

Merci de m'avoir fait virer du Parquet.

Ça t'étonne ?

- Assieds-toi. - Non, merci, je reste debout.

C'est quoi ?

La preuve que t'as rien bité.

À ton sujet ? Je le savais déjà.

Tu avais besoin d'un ennemi,

mais tu t'es trompé de personne.

Lemures ? C'est quoi, ce bordel ?

La société qui nous a vendu le sang soi-disant testé.

C'est marqué noir sur blanc.

C'est marqué aussi que le siège est à la Barbade.

Facile d'accuser une société qui n'existe peut-être pas.

Elle existe.

On est en procès avec eux, depuis 3 ans. Regarde.

C'est la lettre de leur cabinet d'avocats.

Tu comprends, Luca ? Mon père a fait un procès

à ceux qui lui avaient vendu le plasma.

Il ne savait pas qu'il était contaminé.

C'était pas de sa faute.

T'as fait tout ce souk pour rien.

Tu t'es trompé d'ennemi, Luca.

Il y a 3 mois, t'étais une junkie, là, t'as l'air de Sally Spectra.

On devient ce qu'on fait.

C'est de ta faute.

Dernièrement, on m'accuse de tous les maux.

Pourquoi ? Qu'est-ce que t'as encore fait ?

Ma fille.

Après avoir vécu chez moi, elle veut faire C'est pas la Rai.

- Tu as une fille ? - Laisse tomber.

Tout ce que je touche se transforme en merde.

Tu me traites de merde ?

Métaphoriquement.

Tu ne m'as pas encore touchée.

Tu me fais quoi ?

Tu me provoques ?

Tu m'as sauvée, Leo.

Toute ma vie, j'ai attendu qu'on vienne me sauver,

qu'on me fasse comprendre ce que je dois faire.

Toi, tu vois le potentiel secret et tu le fais s'épanouir.

En fait, t'es une espèce d'engrais.

Là, c'est toi qui me traites de merde.

Mantoue : Ligue du Nord 33,9 %

Les démocrates-chrétiens sont out.

Cherchons des hommes nouveaux.

Quels hommes nouveaux ?

La Ligue du Nord.

Ils m'ont l'air mal dégrossis pour pouvoir gouverner l'Italie.

Je sens que vous allez me demander quelque chose.

Je peux organiser une rencontre avec Formentini ?

Si vous avez du temps à perdre.

Vos gueules !

La Démocratie chrétienne examine la lettre de démission

du secrétaire Forlani.

On encule la Démocratie chrétienne !

On l'encule !

Rentrez chez vous, merde !

Le boulot au Parquet vous manque ?

Si vous saviez tout ce qui me manque !

D'habitude, vous ne vous plaignez pas.

C'est pas tous les jours qu'on réalise qu'on a tout faux.

Je voulais juste me venger.

Mais je ne sais même plus qui est le coupable.

Si, je sais qui est le coupable.

Une société située à la Barbade.

Mais je ne peux rien faire.

La justice italienne ne me laisse pas enquêter.

Si vous ne pouvez rien faire,

cessez de vous tourmenter.

Tu vas voir, au Jackie O, ils mettront une pancarte :

"Accès interdit à la Ligue du Nord".

Salvetti s'est volatilisé.

Le premier à calter devant les videurs.

La main au cul.

C'est nul, chienne de vie !

Je connais ce mec, c'est un démocrate-chrétien, non ?

Je l'ai vu te parler, l'autre jour.

Il habite au-dessus de chez moi.

Eh oui !

Je suis vraiment content que tu sois des nôtres, tu vois.

Ça veut dire que j'ai eu du nez.

Bonne nuit, Borto.

Attends !

J'attends quoi ?

Attends un peu. Qu'est-ce que ça te coûte ?

On se voit jamais.

On se voit tout le temps.

Oui, mais pas comme ça, seuls, tous les deux.

J'ai compris ce que tu faisais sur la plage des tapettes.

Je suis pas con.

Non, mais moi...

Rassure-toi, je vais pas te cafter.

Si t'aimes te faire enculer, c'est ton problème.

Moi, j'ai d'autres goûts.

Ne me touche plus jamais ou je te dérouille.

Pigé ?

T'es en état de conduire ?

Oui, oui.

On se voit demain au Parlement.

29 SEPTEMBRE

À Mantoue, vous avez gagné, certes.

Mais il reste Milan. Et Rome, pour les législatives.

La Ligue du Nord...

Qui voterait pour un parti avec ce nom, au sud de Florence ?

L'Italie au sud de Florence ne nous intéresse pas.

Au début, Coca Cola était un sirop anti-fatigue.

On le vendait en pharmacie.

Un jour, un vendeur, au lieu de l'eau plate,

y ajoute de l'eau gazeuse.

Et la légende est née.

En ajoutant des bulles.

À votre avis, on devrait ajouter des bulles à la Ligue ?

Avec un peu de relooking,

vous passerez de produit de niche à produit tendance.

"Tendance" ?

Tous les mêmes, les hommes de Berlusconi ! On vous appelle

"l'armée du tout-en-plastoc".

Vous ne savez que vendre.

Mais la Ligue du Nord n'a besoin de rien.

Vous avez besoin d'un leader.

Bossi ne touche qu'une partie des Italiens.

Qui serait ce fameux leader ? Le Cavaliere ?

Il est lombard, comme vous. Mais il plaît à l'Italie entière.

J'y vais, c'est mieux. Je connais le chemin.

Pensez-y.

Mais penser à quoi ?

Je vous salue.

Au revoir.

Je dérange ?

Alors ?

Vous avez réfléchi à ma proposition ?

Rien à faire.

Les armes de Locetra me font gerber.

La Ligue est ravie de réduire le budget de l'armée.

Je fais pas de saloperies à la démocrates-chrétiens.

Vous avez appris à jouer en équipe.

Dommage.

Pour Veronica, j'entends.

Elle se donne tant de mal, cette fille.

Quel rapport avec Veronica ?

Le rapport entre toi et moi.

Tu étais H.S.,

moi, je t'ai rendu service, en te remettant à flot,

et toi, tu voulais me remercier.

Mais t'as des scrupules

quand c'est à toi d'aider quelqu'un, hein ?

Ça veut dire quoi ?

Que je peux à nouveau décrocher le téléphone !

J'ai dit "tu" par mégarde. Pardonnez-moi.

On convoque Vincenzo Balzamo ?

Zamorani et Rovelli ont cité son nom,

mais ça prendra du temps pour vérifier.

Convoquons-le comme témoin pour le tenir sur le gril.

Le ministre de la Justice Martelli est en ligne, je vous le passe.

M. le Ministre !

Je suis désolé.

Les mots me manquent. J'ignore...

qui a fait courir ce bruit.

Une entrevue secrète ? Il ne manquerait plus que ça !

Très bien.

Donc, c'est Venturi.

Tu pars déjà ?

Journée de merde ! L'ambiance est pourrie.

Quoi ? La Bête t'a mordue ?

Le ministre de la Justice a appelé, il était furax.

Contre Di Pietro ?

À cause de la rumeur d'un complot destiné à éliminer Craxi.

On sait qui a colporté la rumeur ?

Non, mais le ministre lui a passé un savon !

Donc, cette entrevue n'a jamais eu lieu ?

Jamais de la vie !

Salut.

Je suis contente de te voir.

Tu fais quoi, ici ?

Je suis à Rome pour le boulot.

Ta mère m'a pris la tête.

Je suis venu te chercher.

Je pensais que tu serais content.

Tu ne disais pas que les études, ça ne servait à rien.

Je l'ai dit après ma maîtrise.

- De philosophie ? - Oui.

C'est un miracle que tu aies un boulot !

Les miracles n'existent pas.

Les boules, papa ! T'as prêché la liberté et maintenant ?

Tu parlais de ta liberté, c'est ça ?

Tu ne feras pas ce truc. Point barre.

Va te changer.

Écoute...

moi, ce truc, comme tu dis,

ça m'a toujours branché.

Mais j'en avais honte.

C'est pas ta faute, c'est grâce à toi.

J'ai compris que j'étais née pour faire ça.

Je l'ai toujours eu en moi, mais je ne le voyais pas.

Tu es née pour faire C'est pas la Rai ?

Les filles, dans 30 secondes !

Je dois y aller.

Souhaite-moi bonne chance, au moins.

Qu'est-ce que tu fous ici ?

Je cherche Venturi.

Nous aussi.

Tu le connaissais bien ?

C'est ce que je croyais.

On a trouvé un tas de copies de nos documents, ici.

Je sais qu'il avait toujours besoin de fric.

Faites taire ce foutu piaf !

Qu'est-ce qui prouve que t'es pas l'acolyte de Venturi ?

Je suis viré et en plus vous me coffrez ?

Ne reste pas là, on fait une perquisition.

Demain, présente-toi au Parquet et fais une déposition à Davigo.

C'est clair ?

Des dettes de jeu, donc ?

C'est ce qu'il m'a dit.

Venturi a joué les infiltrés à Bologne.

- Vous le saviez ? - Non.

Il en a gardé l'habitude de jouer

sur plusieurs tableaux à la fois.

Dommage. Il était sympathique.

Et vous, Pastore, qu'est-ce que vous fabriquez ?

Votre bravade en Suisse a failli nous mettre

dans le pétrin.

Si j'avais réussi, vous tiendriez un autre discours.

Si j'avais écouté la CIA, ils m'auraient livré Larini.

Vous ne le saviez pas ?

"Des milieux américains" se sont déclarés prêts

à le coincer aux Bahamas et à nous le livrer.

Un vrai piège à cons, hein ?

Et si c'était vrai ? Vous auriez pu serrer Craxi.

Nous, on prend pas de raccourci.

On représente la loi, ne l'oubliez pas.

On finira par l'avoir, Craxi.

Vous savez qui Di Pietro interroge à côté ?

Vincenzo Balzamo.

Le trésorier du parti socialiste.

On a bâti une théorie au sujet de son système.

Les directeurs des banques touchent les pots-de-vin,

font transiter l'argent sur des comptes courants

et le remettent au parti,

sans crier gare.

Nous n'en avons pas la preuve, mais Balzamo l'ignore.

Et il pourrait se mettre à table.

Vous pouvez partir.

Bon courage.

Merci.

Luca !

Salut, Giulia.

Pour le sang, tout est la faute de Lemures ?

Oui.

Lemures existe vraiment ?

Je me suis posé la question.

Apparemment oui, ils sont en procès.

Alors, amen !

Ma première grande enquête s'est enlisée.

Merde, Balzamo, je me sauve !

Je ne peux rien dire.

Je suis lié par le secret de l'instruction.

Pourquoi il ne marche pas ?

On l'a bloqué pour vous poser des questions.

Que pensez-vous de la guerre entre Craxi et Martelli ?

Quelle guerre ? Ils sont comme mari et femme.

Ils font semblant.

Qui êtes-vous ?

Je travaille pour Di Pietro.

Vous avez besoin de quoi ?

Affaire Zenit / Lemures

Parquet de Milan

Cabinet d'avocats

Ils ont le même avocat.

Vous savez pourquoi ?

Ils font semblant de se bagarrer.

Zenit et Lemures, c'est la même société.

J'ai fait des recherches, j'ai des choses à vous dire.

Voyons-nous.

D'accord.

On vote l'adoption de la commande

de grenades N.L.C.

Qui est pour ?

13 pour,

11 contre.

Approuvée.

Bonsoir. Bosco ?

Oui.

Bonsoir.

En gage d'amitié N.L.C.

Vous savez ce que dit Formentini ?

"Vous êtes une armée d'hommes en plastique."

Une armée, c'est cool.

Dell'Utri nous a fait lire L'Art de la Guerre.

Il le fait lire à tout le monde.

Merde.

Quoi ?

Pourquoi chercher ailleurs, les hommes nouveaux ?

Le futur est ici.

Adaptation : Giacinto Pizzuti

Sous-titrage : Vdm

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