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Original subtitles

C'est le jour des adieux aux dernières victimes

du terrorisme mafieux.

Sous une pluie battante,

deux heures avant les obsèques, par milliers,

ils attendaient devant la basilique.

Chair à canon !

Sales bâtards !

Elle demeure digne, malgré la rage au ventre,

la douleur des familles, des collègues,

des étudiants, des jeunes et des femmes,

orphelins et veuves, qui assistent

à un rituel qu'ils connaissent par cœur,

car il se répète de façon immuable...

Leonardo, je voulais te remercier. Le compte est bon.

Tu es ponctuel et précis.

Viola ! Va te préparer.

On s'entendra, toi et moi.

Chiche.

Allons boire une bière. C'est toi qui offres.

Je passerai te chercher au Parquet.

Hein, Rocco ?

Ça te la coupe ?

Je sais un tas de trucs sur toi.

Moi, Rosaria Costa, veuve du policier Vito Schifani,

baptisée au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit.

Au nom de tous ceux qui ont... qui ont donné la vie

pour l'État... l'État...

je demande avant tout que justice soit faite maintenant.

Je m'adresse aux hommes de la mafia,

car il y en a ici,

et ailleurs, mais ils ne sont certainement pas chrétiens :

"Sachez que même pour vous,

"il y a le pardon. Moi, je vous pardonne,

"mais vous devez vous mettre à genoux,

"si vous avez le courage de changer..."

Ils ne changeront jamais.

Scalfaro sera élu président de la République et t'es là ?

Ça reste un démocrate-chrétien !

On a attribué les Commissions.

Tu as eu droit à la Culture.

Quelle culture ?

Je bite que dalle à la culture !

Apprends. Sacré bûcheur, va !

On peut pas changer ?

Non, les jeux sont faits.

La lutte fratricide entre Forlani et Andreotti

n'a pas payé, et Scalfaro a gagné.

Bonjour.

Dottor Notte, je vous en prie.

Excusez-moi.

Pardon.

C'est un dictaphone.

La manie des notes.

Que se passe-t-il ?

On a envahi votre bureau, je le crains.

Pourquoi on m'a rien dit ?

Je ne suis pas au courant.

Leonardo, je suppose.

Rachele Manni, communication et relations publiques.

Paolo Pellegrini...

- Sondeur chez Publitalia. - T'es le meilleur.

Et Luciano Savoldi, socialiste.

Il a été maire de Lecco.

Je vous ai présenté l'équipe.

L'équipe ?

Dell'Utri ne vous a rien dit ?

C'est quoi, cette dream team ?

Je préfère l'appeler Centre d'Études.

Je vous adjoins des experts.

Je n'en ai pas besoin.

Je n'aime pas les sports d'équipe.

Je sais.

Vous êtes un franc-tireur. Un samouraï.

Mais...

La voie du samouraï

Les samouraïs prônent l'élimination du moi.

Experts de quoi ?

Que faire d'un démocrate-chrétien et d'un socialiste ?

Andreotti est fini.

Craxi est aux abois.

Falcone a été tué.

Je vous l'avais dit :

si le pays s'effondre, l'entreprise s'effondre.

Nous devons comprendre où va le pays.

Vous ne pourrez pas tout faire.

Lisez-le.

Merci.

T'as vu ?

Di Pietro est sous escorte.

Tu me remplaces ? J'ai une galère.

T'as une drôle de vie, toi !

Tu dois raccompagner Mainaghi.

La Bête l'a interrogé, juste pour le plaisir

de le faire chier.

Il est assigné à résidence.

Je m'en occupe.

Merci.

Je prends les clés.

Le monde est une farce. L'homme est né bouffon...

Ça vous dérange ?

Je le vois à votre regard.

J'en ai vu, des regards comme le vôtre,

en taule.

Fous de rage, d'envie.

Je ne vous envie pas.

Que seriez-vous sans l'argent de votre femme ?

Un petit entrepreneur au bord de la faillite.

Un arriviste sans scrupules.

Un mariage d'argent, de la lèche aux socialistes,

et vous êtes arrivé.

Vous avez un jet privé, des villas,

votre nom sur des sociétés.

Mais vous savez que vous ne valez rien.

Vous me blessez dans mon amour-propre.

Vous pensez aux gens que vous avez tués ?

Carrément !

On dit que Zenit a vendu du sang contaminé.

On ne compte plus les malades, les morts.

Hépatite, Sida.

Je me suis trompé.

Vous n'êtes pas jaloux, c'est de l'obsession.

Le terme médical pour obsession vient du mot destin.

Je suis peut-être votre destin.

Et moi, le vôtre.

On se reverra en taule.

Qui sait ?

En attendant, je vais dans cette taule-là.

Merci de m'avoir ramené.

Bonjour.

Je vous en prie.

Comme ça, nous sommes collègues.

On vous a attribué une Commission ?

La Culture.

Pourquoi vous riez ?

Pardon. La Culture n'est pas une Commission importante.

Il n'y circule pas beaucoup d'argent.

Les collègues de votre Parti n'ont pas d'estime pour vous.

À moins que ce ne soit votre choix.

Non ?

Soit.

J'ai parlé avec les élus de la Vénétie.

On a jusqu'au 10 juillet pour attribuer les Commissions,

officiellement.

- Et alors ? - Alors...

La Culture, ça vaut rien. File-la à un autre.

En même temps, toi non plus, tu ne vaux rien.

Répète pour voir !

Laissez-le.

C'est bon.

Qu'est-ce que je t'ai fait ?

T'as oublié que je t'ai sauvé la mise ?

Sans moi, ces mecs baisaient

ta femme.

Sois content que ce jour-là,

le con que je suis ait parlé de toi à Bossi.

Maintenant, t'as un salaire,

bientôt t'auras une rente viagère.

Tout ça grâce à ma pomme !

Tu devrais baiser le sol sur lequel je marche,

au lieu de me casser les burnes !

C'est incroyable, ce que tu fais !

Tu dis que tu piges que dalle à la culture !

Tu piges quoi, au fond ?

Le Sud, 40 %.

Le Centre et le Nord, 30 %.

Le parti démocrate de gauche est en pleine croissance.

Si les partis de gauche gagnent, le pays ira à sa perte.

Dottor Notte, on vous demande.

Pas maintenant.

C'est très urgent.

Le PDS gagne dans le Centre et dans le Sud,

mais il progresse aussi dans le Nord.

Comment oses-tu venir ici ?

Je voulais voir ton bureau.

On a le même maître.

C'est à Fabrizio qu'on doit ce que nous sommes.

Pour le meilleur, mais surtout pour le pire.

Tu ne sais rien de moi.

Je me souviens de toi. Buio, l'Obscur...

T'étais un petit chef du mouvement étudiant.

J'y étais quand on t'a arrêté.

Fausses accusations, c'était moche.

Si Fabrizio ne t'avait pas offert une porte de sortie...

Tu parles !

Tu pouvais refuser.

Mais tu ne l'as pas fait.

Il y a quelque chose de profondément immoral en toi.

T'as raison, allons boire une bière.

Tu m'apporteras le reste du fric.

Je viens de te donner 100 millions, Venturi.

Que veux-tu d'autre ? Je le fabrique pas, ce fric.

J'en veux 100 de plus.

Je compte sur toi. Ne me déçois pas.

Fais un sondage de popularité sur les politiciens centristes.

Voyons qui a la faveur des gens.

T'as raison, allons boire une bière.

Tu m'apporteras le reste du fric.

- Où vas-tu ? - Je sors.

Tu es assigné à résidence.

Je suis libre.

J'ai toujours été libre.

Tu éteins ?

Tu n'es pas censé sortir.

Au contraire.

C'est la fin d'une époque.

On a peur que Di Pietro nous voie dépenser du fric.

Champagne ?

Je n'ai jamais su dire non.

Tu veux voir Basic Instinct ? Allons-y.

On passera la nuit ensemble.

C'est vraiment la fin d'une époque.

- Qu'y a-t-il ? - Rien.

Silvio ? C'est Michele Mainaghi.

Je voulais te demander un service.

J'ai une amie, Veronica Castello.

Elle travaille à la télé,

mais n'est pas contente de ce qu'on lui propose.

Elle est très belle

et a beaucoup de talent.

Tu peux sûrement faire quelque chose pour elle.

Tu me rappelles ?

Ce soir, on va pas au cinéma.

C'est moi qui ai tué Laura Palmer

...une répartition des ressources, qui répond aux besoins des gens.

Des altérations et des distorsions sont toujours possibles.

Mais une chose est sûre,

le communisme, partout où il a été appliqué,

a toujours produit des effets néfastes.

D'abord, la perte du bien le plus précieux de l'homme : la liberté.

Ensuite, des conditions de vie misérables...

Comment vous est venue cette idée ?

J'ai fait un sondage dans la classe de ma fille,

sur leur personnalité préférée.

J'ai élargi le panel et le résultat était le même.

Berlusconi arrive en tête.

Deuxième : Cossiga.

Il aime la polémique.

Il est fou, drôle, il enflamme l'imagination.

Troisième : Schwarzenegger.

Selon vous, Terminator pourrait faire de la politique ?

Vous avez fait un sondage chez les 9-13 ans,

qui ne votent pas ?

Ils ne votent pas pour l'instant.

C'est révolutionnaire. Les gens l'aiment.

La télé a du pouvoir, quoi qu'ils en disent !

Nous devons comprendre quel parti aura la majorité,

pas en former un nous-mêmes.

On a un leader.

Sous nos yeux. Berlusconi est l'homme providentiel.

L'idée est séduisante, mais irréalisable.

Revenons sur terre.

Cote de popularité chez les politiques modérés.

Troisième : Martinazzoli, second : La Malfa

- Et le gagnant est... - Mariotto Segni.

Vous tuez le suspense.

- Mariotto Segni ! - Il a gagné un référendum,

il a 500 000 signatures pour le prochain et il est propre.

Un démocrate-chrétien au-dessus de tout soupçon.

Un vrai modéré.

Un modéré.

Le terme "modéré" vous gêne ?

Le renouveau politique passe aussi par les mots.

Le mot "parti" fait fuir les gens.

Les partis sont en crise,

mais la Démocratie chrétienne ne mourra jamais.

La grande baleine blanche doit juste retrouver la mer.

Marcello ?

Rencontrez-le.

Pas vous, Notte.

Prenez votre soirée.

Offrez-vous un sauna, un bain turc.

Je vous trouve un peu...

- Bonjour, madame. - Merci.

Silvano Larini, architecte milanais

et ami personnel de Bettino Craxi,

est officiellement recherché...

Tu veux voir ce que j'ai acheté

avec ton argent ?

Où es-tu ?

Michele...

Giulia...

Giulia, réponds, je t'en prie.

Giulia, aide-moi.

Il est arrivé une chose horrible, je ne sais pas quoi faire.

Aide-moi.

T'as raison, allons boire une bière.

JE L'ENVOIE À DI PIETRO ?

Tu m'apporteras le reste du fric.

Je viens de te donner 100 millions, Venturi.

Que veux-tu d'autre ? Je le fabrique pas, ce fric.

J'en veux 100 de plus.

Tu as vu Pastore ?

- Je suis à ton service. - Tu sais où il est ?

Le voilà.

Que se passe-t-il ?

J'ai besoin de ton aide.

Il n'a pas pu faire ça.

Hier, il était heureux.

Elle peut faire sa déposition demain ?

Je l'emmène chez moi avant l'arrivée des autres.

C'est une situation délicate.

Merci, je te revaudrai ça.

Bonjour.

J'écoute Verdi. Un musicien d'Italie du Nord.

Je ne viens pas me plaindre.

Entrez donc.

Vous voudriez qu'un vieux croûton démocrate-chrétien,

vous initie aux secrets de l'activité parlementaire ?

Un petit coup de main.

Pourquoi moi ?

Pour vous, je suis un parasite de la politique politicienne.

Napolitain de surcroît.

Laissons tomber, ça vaut mieux.

Attendez !

Prenez pas la mouche.

Ce que vous êtes coléreux, vous de la Ligue !

Pas tous.

Bossi est un petit malin, déguisé en colérique.

On dit coléreux ou colérique ?

Je ne sais jamais.

Saviez-vous qu'en Israël,

on a découvert le gène de la générosité ?

Sur la terre, la majorité des gens est génétiquement avare

et une minorité possède ce gène.

C'est une espèce d'anomalie, une mutation.

Comme avoir 11 doigts de pied, par exemple.

Vous avez de la chance, Bosco.

J'appartiens à cette minorité génétique.

Vous avez 11 orteils ?

Il arrive un moment dans la vie où on a envie

de transmettre son expérience à quelqu'un.

Et vous, Bosco, vous tombez à pic.

Mon cher Bosco,

le Parlement est comme un échiquier.

À vous de décider de bouger comme un pion ou comme un roi.

Avant qu'on ne le décide pour vous.

Rendez-vous indispensable à votre groupe parlementaire,

sinon vous compterez pour du beurre.

- Comme un pion. - Exact.

Utilisez vos caractéristiques

comme des qualités.

Transformez vos points faibles en points forts.

Bref, trouvez un domaine

où faire valoir vos compétences.

Qu'y a-t-il ?

Vous matez la salle. Vous êtes déjà parti sans payer ?

Mon parti nous interdit de venir ici.

Ici, aux Deux Voleurs ? Pourquoi ?

C'est sur la liste des endroits proscrits.

Quelle naïveté !

À Rome, on fait pas de politique au Parlement.

On prend les décisions dans ce genre d'endroits.

Soit.

Parlez-moi de vous. Qu'avez-vous fait dans la vie ?

Moi, à part

le rugby et la Marine militaire...

La Marine militaire, parfait.

On va se servir de ça.

Commission de la Défense.

D'habitude, je suis contre

le critère de compétence pour l'attribution des rôles,

mais la démocratie parlementaire

ne se base pas sur la compétence.

Elle se base sur la représentation.

Vous êtes un cas désespéré, si je peux me permettre.

La culture n'est pas votre truc.

Ouais...

C'est décidé :

Commission de la Défense. C'est stratégique, un gros budget.

Vous connaissez l'armée, vous n'aurez pas l'air d'un péon.

Un péon ?

La cinquième roue du carrosse.

Quoi ? Qu'est-ce qu'il y a ?

C'est un mec de la Ligue.

Bortolotti. C'est lui qui décide pour les Commissions.

S'il me voit, ça va chier.

Sortez en douce par la porte de derrière.

Je vous rejoindrai et je vous expliquerai une chose.

D'abord, je finis mes crevettes.

Tout est clair, j'espère, Dottor Di Pietro.

1er JUIN

On a chopé Mongini.

Il a avoué déjà à l'interphone.

Bien, Dottor Amorese, ce sera tout, merci.

Fais-lui signer le procès-verbal.

Oui, monsieur.

Je peux rentrer chez moi ?

Oui, vous n'êtes qu'un témoin.

Pour l'instant. Mais je les ai entendus.

Il a dit : on a "chopé" Mongini.

Il a dit "chopé", comme si c'était un chien.

Fiat justitia et pereat mundus.

Quoi ?

"Que justice soit faite, le monde dût-il en périr". Kant.

Vous devriez connaître cette phrase.

Elle est gravée sur la façade du tribunal.

Aujourd'hui, on enterre Mainaghi.

Vous pensez faire justice ?

Vous croyez bannir les pots-de-vin de la circulation ?

Di Pietro était pauvre, il a eu une vie difficile.

C'est pour ça qu'il en veut aux riches.

C'est de la vengeance, pas de la justice.

Ça ne va pas ?

"Innocents et coupables,

"bons et méchants,

"justes et pécheurs, tout arrive également à tous.

"Tous auront le même sort."

"L'amour, la haine, les passions humaines

"s'éteignent avec la mort.

"Donc, jouis de la vie.

"Mange sereinement ton pain

"et bois gaiement ton vin.

"Jouis de la vie avec la femme que tu aimes,

"durant les années dérisoires que Dieu t'a données."

"Sois heureux, tant que tu es jeune.

"Fais ce qu'il te plaît et suis

"les voies de ton cœur.

"Rien n'est éternel.

"Tout est éphémère, tel le souffle du vent.

"Vanité des vanités.

"Tout est vanité."

C'est vous qui l'avez tué.

C'est lui qui m'a tué.

Comment ça ?

Pourquoi mon père aurait fait ça ?

Pour l'argent.

Le mauvais sang coûte moins cher.

Maintenant, il est mort. T'es content ?

Non.

Descends.

Je voulais que tu le saches.

Descends !

Comment as-tu pu ?

Quoi ?

"Le veille de sa mort, Mainaghi a dîné au restaurant.

"Il faisait des projets d'avenir.

"Une intime ne s'explique pas ce geste choquant.

"Après la prison, il songeait à refaire sa vie." Je continue ?

Sa femme a donné une interview, moi, j'ai brossé son portrait.

Quel mal y a-t-il ?

Tu as publié tout ce que je t'ai raconté !

Tu m'as aidée pour avoir des infos de première main ?

Arrête.

Je t'ai appelée au secours.

Tu es ma grande sœur.

Tu en as fait un article !

J'ai mentionné ton nom ?

Tu as honte de moi.

J'ai empêché qu'on cite ton nom.

J'ai fait en sorte que les flics ne te tombent pas dessus,

comme des chiens enragés.

C'est un article qui fait honneur à Mainaghi,

sinon, personne n'aurait jamais rien su.

C'est bien.

C'est toujours bien, ce que tu fais.

En te protégeant, je t'ai empêchée de devenir célèbre, c'est ça ?

Je t'emmerde.

- Où vas-tu ? - Je sais pas, dégage.

Laisse-moi passer.

Je l'ai toujours dit : l'Italie est opprimée

par une forme d'étatisme soviétique, coûteux,

inefficace, tyrannique.

On a besoin d'une grande œuvre de libéralisation.

On pense comme vous.

Merci.

À la nôtre, alors !

Bonsoir.

Pardon pour le retard.

Nous avons déjà mangé.

Je n'ai pas faim. Leonardo Notte.

- Mario Segni. - Enchanté.

Leonardo travaille avec nous.

Sauf votre respect, c'est qui "nous" ?

Un groupe de modérés inquiets pour le sort du pays.

Je connais le parcours politique de Savoldi et Lodato.

Mais pas le vôtre.

Je viens de la publicité.

Quel rapport avec la politique ?

Les deux sont basées sur des promesses non tenues.

Une pâtisserie ?

Une petite pâtisserie...

Mon cher, vous avez des desserts ?

- J'apporte la carte. - Attendez...

Pour moi, une mousse au chocolat.

Non, plutôt une tarte, merci.

Attendez, excusez-moi...

J'ai changé d'avis.

Apportez-moi le menu, merci.

Pardon, mais exactement

qu'attendez-vous de moi ?

On veut savoir si tu conduiras les modérés.

Je l'ignore. Je suis pris par ma campagne référendaire.

Tu as raison. Les gens t'aiment.

Mais le capital politique que tu as accumulé,

il faudra l'investir.

J'ai toujours rêvé de bâtir la maison des modérés.

Bâtissons-la ensemble.

L'idée est bonne, il faut la développer.

Développons-la.

Vous permettez ? Le dessert est offert par la maison.

Les filles ! Apportez-nous 3 chaises, s'il vous plaît !

J'ai déjà investi du capital.

Je vous présente...

Olga...

Irina et Katarina.

Où voulez-vous en venir ?

Il a dit oui.

Dans notre milieu, c'est ainsi qu'on signe un accord.

Je suis mortifié. Leonardo n'était pas invité.

J'ignore ce qui lui a pris.

C'est ça, votre maison des modérés ?

C'est une grande maison. Elle peut héberger 3 réfugiées communistes !

Tu sais ce que disait mon père ?

Avant d'entrer en politique, acquiers un statut indépendant.

Tu dois pouvoir claquer la porte à tout moment.

Au revoir.

Bon, de toute façon, elles sont payées.

Autant en profiter.

Tu connais l'hymne russe ?

J'étais un sympathisant.

Et maintenant ?

Je fais la pute, moi aussi.

Tu sais ce qu'on dit sur le communisme ?

L'idée était bonne. Pourquoi elle n'a pas marché ?

À cause des hommes ! Vous les connaissez mieux que moi.

Mets les bulles !

Da, je mets les bulles !

C'est chacun pour soi.

Les hommes veulent bouffer, baiser et gagner du fric.

- Fais de la politique. - J'en ai fait.

Mais un jeune communiste m'a balancé aux flics.

Pourquoi ?

Je faisais partie du mouvement étudiant.

La bête noire des communistes, on les dépassait sur leur gauche.

Ils m'ont accusé de participer à la lutte armée.

C'est ça, les hommes !

Vous êtes les premières à qui je raconte ça.

On t'a pas mis en prison ?

Non.

Pourquoi ?

Ma vie se résume en trois mots :

illusion...

désillusion...

et collusion.

Je suis Veronica Castello.

Je sais qui vous êtes.

Entrez.

Je vous ai fait convoquer par le commissaire divisionnaire,

car je ne savais pas comment vous contacter.

Mes condoléances.

Combien de temps, vous avez vécu ici ? Un an ?

Deux ?

Cet appartement n'est pas à moi. Je l'ai toujours su.

Où est-ce que je fais envoyer vos effets personnels ?

Je ne sais pas.

Vous n'avez pas de chez vous ?

Vous vous êtes donnée à un vieux pendant 2 ans

et qu'avez-vous obtenu ?

Rien.

Au revoir, Dottore.

Salut, Salvatore. À mardi prochain !

Tiens !

Borto !

Ben quoi ?

C'est pas un endroit proscrit ?

Je sais pas.

Comment ça ? C'est toi qui m'as donné la liste.

"Pas aux Deux Voleurs ! Avec ce nom,

"c'est interdit !"

Je n'avais pas remarqué. Je n'y retournerai pas.

"À mardi prochain, Salvatore ! Salut !"

J'ai pas de discipline, mais toi, t'es pas sans péché.

Tu veux quoi ?

La Commission de la Défense.

On n'a pas le temps.

Trouve-le, le temps.

Dis-toi une chose :

je suis un soldat.

À la Défense, je ferai moins de dégâts qu'à la Culture.

Fais pas cette tête.

Salut, Borto.

- Pourquoi tu m'as convoquée ? - Assieds-toi, Beatrice.

C'est quoi ?

Les dernières volontés de Michele.

Le notaire en donnera lecture, mais je voulais te préparer

à la réaction de ton frère.

Dernièrement, ton papa était proche de Zeno,

plus pour éviter qu'il fasse des dégâts

que par estime pour lui.

C'est pour ça qu'il t'a laissé la majorité absolue des actions.

C'est-à-dire ?

À présent, c'est toi qui commandes.

On m'empêchait de passer.

Vous n'avez pas rendez-vous, mademoiselle.

16 JUIN

Vérifiez bien, s'il vous plaît.

Un ami intime a appelé,

personnellement, le Cavaliere et a pris rendez-vous pour moi.

Veronica Castello.

Désolée, il n'en est rien.

Impossible. Il lui a laissé un message sur son répondeur.

Il doit y avoir une erreur, vérifiez bien.

Un message sur son répondeur ?

C'est vrai. Ils sont amis.

Dans ce cas, dites à votre ami d'appeler le Dottore.

Comment s'appelle votre ami ?

Michele Mainaghi.

Je suis désolée.

Soirée compliquée.

Je vous vois venir.

Ne tournez pas autour du pot.

Emmener trois putes au dîner avec Segni

était une idée brillante, à votre avis ?

Avec les clients indécis, il faut bien.

S'ils acceptent, on instaure un rapport de confiance durable.

Écoutez, Segni met une demi-heure pour choisir un dessert.

Il n'ira nulle part.

Vous avez délibérément saboté la rencontre.

Je ne suis pas venu écouter vos sermons.

Pourquoi êtes-vous venu ?

Pour vous dire que je me retire.

J'arrête.

Mais vous ne comprenez pas ? L'électorat n'est pas modéré.

Il est immodéré, en rut, il veut bander !

Je n'aime pas renvoyer les gens.

Je suis content que vous ayez pris l'initiative.

Adieu.

Allez, au boulot ! Scaglia, tu me déçois.

T'as une mine de déterré !

T'es malade ?

Rentre chez toi.

Depuis 2 semaines, t'as l'air d'un zombie.

- Ton boulot t'emmerde ? - Y a pas que Craxi et Larini.

- Commence pas ! - Larini est sous les tropiques !

Tu viens un instant ?

On en reparlera.

Qu'y a-t-il ?

Amorese s'est suicidé.

Putain de merde...

Dottore !

Que se passe-t-il ?

Amorese s'est tiré une balle.

Cher Dottor Di Pietro, pardonnez-moi,

mais je suis profondément prostré

et conscient de l'erreur commise

et du déshonneur qui en résulte pour ma famille.

Je vous sais gré et vous remercie

pour la sensibilité,

même dans la juste rigueur de vos fonctions,

que vous m'avez manifestée.

La Commission de la Défense débute le mandat pour la 11e législature.

À ma femme, qui ignorait tout, et à qui

j'ai dévoilé les faits avoués,

j'ai parlé de l'engagement

à rendre ce qui était dû et nécessaire.

Soyez assuré qu'elle fera tout pour tenir cette promesse.

J'ai prié mon avocat de l'aider en cas de besoin.

À ce sujet, je vous prie vivement,

et ce sera mon dernier souhait, pour elle et mes enfants,

de ne pas saisir les biens ou les placer sous séquestre,

pour qu'on en tire un maximum, dans l'espoir

qu'il en reste assez pour vivre

et payer les études à mes enfants.

Moi, avec ce qui est arrivé,

je suis incapable de le faire, je le regrette et c'est normal

que je paie.

Ne me considérez pas pire que je ne me sens déjà.

Meilleures salutations.

Renato Amorese.

Adaptation : Giacinto Pizzuti

Sous-titrage : Vdm

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