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Original subtitles

23 AVRIL

C'est indispensable ?

C'est le règlement, Dottore.

L'autre soir, t'étais venu pour moi, hein ?

Tu l'avais dit, non ?

C'était un coup monté ou quoi ?

Je peux pas te parler, t'es la fille d'un prévenu.

Comme si tu savais pas qui était mon père !

Je t'emmerde !

Vous avez un nouveau message.

Salut, Veronica, je suis Davide Minnella de la Rai.

Pour rien te cacher, j'ai de mauvaises nouvelles.

Ça n'a pas marché, tu ne présenteras pas Domenica in.

Ce sera pour une autre fois.

La roue tourne.

Restons unis, groupés.

Ne nous laissons pas acheter.

Refusez les cadeaux. On est la Ligue du Nord !

Le Nord n'a rien en commun avec Rome.

On va conquérir Rome !

Messieurs, un peu de calme.

Il y a d'autres gens.

"Gens", c'est avec un "e" ouvert.

Pas avec un "e" fermé !

Rome, voleurs, la Ligue ne pardonne pas !

Rome, voleurs, la Ligue ne pardonne pas !

Bonjour.

- Regardez par ici ! - Encore une !

Souriez !

Repos !

J'y suis, j'y reste, mon gars.

Vous ne pouvez pas entrer.

J'ai été élu.

Désolé, la veste est obligatoire.

Vous n'auriez pas une veste à lui prêter ?

- Oui, bien sûr. - Merci.

En principe, il y a des séances

mardi après-midi,

mercredi toute la journée et jeudi matin. Ils font chier.

Je ne m'assois pas, c'est clair ?

Pourquoi Formentini est en pétard ?

Il a été partisan, il ne côtoie pas les fascistes.

Salut, Umberto.

Putain !

Rentrée des classes.

- C'est quoi ? - Le règlement.

On doit étudier tout ça ?

Mais non, la politique, ça s'apprend pas dans les livres.

Ça s'apprend sur le terrain. Tu verras, mon vieux.

Tant mieux.

Je t'ai appelée toute la matinée.

Un souci avec Viola ?

Non, elle va bien.

Passe-moi Fabrizio.

Il a eu un AVC.

Quoi ?

Il ne parle plus, on ignore s'il aura des séquelles.

Je dois retourner à l'hôpital.

Vous tombez à pic.

Vous vous rendez compte de ce qui se passe ?

Avant, les enquêtes s'arrêtaient

car le système était verrouillé.

Celui qui était pris se taisait et payait pour les autres.

Aujourd'hui, le système a éclaté,

car les entrepreneurs, grâce à nous, ont parlé.

Pas Mainaghi.

Tant pis, il restera en taule.

Ça dépasse Mario Chiesa et son hospice de vieillards.

On parle de dizaines d'appels d'offres

et des organismes publics de Milan.

Bienvenue à Corruptionville.

Pour ceux qui l'ignorent, voici le magistrat

qui a mené l'enquête sur la Loge P2

et l'assassinat de l'avocat Ambrosoli.

Messieurs... Gherardo Colombo,

qui collaborera avec nous à l'enquête Mains Propres.

Finies les vacances. Qui n'est pas cap,

prend la porte.

On écrit l'Histoire. On a besoin d'hommes qui en ont.

Messieurs...

rock 'n' roll !

Ils ont payé des pots-de-vin pour le métro ?

Je payais comptant.

Mais je n'aime pas le terme pot-de-vin.

Quel terme préférez-vous ?

Dation volontaire des entrepreneurs.

Donc : dessous-de-table.

Voleurs !

Chassez les voleurs du Parlement

12 MAI

Voleurs ! Voleurs !

Silence !

On vous pendra, comme Mussolini !

Di Pietro ! Di Pietro !

Il y a combien d'habitants en Italie ? 50 Millions ?

60. Pourquoi ?

Personne n'a un job comme le nôtre.

T'as raison.

Di Pietro ! Di Pietro !

Cet endroit me fait peur.

Tu as l'air fatigué.

Tu as vieilli, on dirait.

Merci.

Tu sais me remonter le moral.

C'est de famille.

Que veux-tu dire ?

Que ta sœur ne m'a pas raté.

Tu n'as pas lu son article ?

Désolé pour ton contrat, je sais ce que tu ressens.

Mais rassure-toi, ça va s'arranger.

Sois tranquille.

Tu m'as fait venir pour me dire d'être tranquille ?

Tu dois quitter l'appartement.

Il est à mon nom.

Les magistrats vérifient mes biens.

S'ils découvrent

que tu l'occupes...

Ce serait désagréable pour tous, non ?

C'est plus prudent.

Je t'ai pris une suite au Prince de Savoie.

C'est là que tu m'as connue, tu te souviens ?

Et alors ?

Tu me suggères de refaire la pute ?

Ne le prends pas comme ça.

C'est le plus simple.

Il y a encore plus simple.

Je vais me démerder !

Haute tension au Parlement.

Après l'énième échec de l'élection du président de la République,

une partie de l'hémicycle a scandé les noms

des magistrats de Milan.

Oui ?

Tu as reçu mon colis ? Tu as aimé la photo ?

Beau souvenir, hein ?

Qu'est-ce que tu veux ?

100 millions.

Je ne les ai pas.

C'est du bluff.

Tu as tué Bianca Navarra.

Fabrizio m'a donné les preuves. Je devais les détruire, mais...

De quoi tu parles ?

Tu te souviens de la seringue ?

C'est moi qui l'ai.

Il y a tes empreintes et le sang de Bianca.

Ça te suffit ?

Je n'ai tué personne.

Au juge d'en décider !

Tout va bien, Notte ?

Oui, je viens de résoudre un petit problème.

La vague d'indignation populaire contre la corruption se poursuit.

Colombo, Di Pietro, ne faites pas marche arrière !

Pourquoi on les laisse faire ?

Vous ne répondez pas ?

Répondez.

Bonjour, c'est l'instit de Viola. Je vous dérange ?

- Qu'y a-t-il ? - Venez au plus vite.

Il y a un problème avec Viola.

J'arrive tout de suite.

Tout va bien ?

Oui.

Les gens regardent Milan et pensent : travail,

mode, université Bocconi...

Moi, je ne vois que l'argent sale.

L'argent sale cimente les briques de cette ville.

Les pots-de-vin, c'est une maladie.

Un virus, tu comprends ?

On va où ?

On a un problème. Un ami va peut-être nous dépanner.

Mais c'est Di Pietro !

Tous en prison !

On est avec toi !

C'est Di Pietro ! Sans blague !

Tonino !

Merci, Tonino !

Colombo, Di Pietro, ne faites pas marche arrière !

Les gens honnêtes sont avec toi ! Tous en taule !

Tiens bon ! Tous en taule !

Sanguin, Mélancolique, Colérique, Flegmatique

Merci d'être venu.

Pardon de vous avoir dérangé au travail, mais c'est important.

Que se passe-t-il ?

C'est assez délicat.

Ces espèces ont des habitudes diurnes.

Au cœur de la journée, elles s'abritent du soleil

et restent inactives pendant une heure.

La nuit, elles dorment dans les arbres,

en général, appuyées à la fourche des branches.

Elles vivent par groupes de 40 individus,

comprenant de nombreuses femelles avec leurs petits

et de nombreux mâles, dont un est le mâle dominant...

Voilà le problème.

Vive les travaux manuels !

Écoutez...

j'ai assez de problèmes comme ça. Que fait-on ?

Je dois en informer la directrice et Viola sera renvoyée.

- Ou bien ? - Il n'y a pas d'alternative.

C'est gravissime.

Je peux ?

Donnez-m'en une aussi.

Quel genre êtes-vous ?

Flegmatique, mélancolique,

sanguin ou colérique ?

Selon Steiner, on est un mélange de toutes ces typologies.

Vous n'êtes pas colérique.

Je ne suis pas en colère.

C'est pour le bien de Viola.

Vous lui en avez parlé ?

Je préférais en parler d'abord avec vous.

Vous êtes mal à l'aise ?

Je ne vois pas le rapport.

Parler de sexe vous a fait rougir.

Regardez.

Arrêtez.

Tu as la peau douce, tu sais ?

On a tous un côté sanguin.

Antonio !

Giovanni !

Luca Pastore.

Giovanni Falcone.

Tenez-vous compagnie.

Enchanté, Dottore.

- Vito Schifani. - Luca Pastore.

Alors ?

Les avocats se sont mis d'accord entre eux.

Les entrepreneurs se sont mis à table.

Ils balancent des politiques.

Ils se font plaisir à vider un peu leur sac.

Ils nous refilent le fumet.

Mais ils gardent le rôti.

Leur argent est en Suisse.

On fait une commission rogatoire pour vérifier les comptes ?

Que font les banques suisses ?

Elles se torchent le cul avec.

On est dans une impasse.

Si on ne trouve pas le fric, on va dans le mur.

Et l'enquête Mains Propres s'arrête aussi sec.

Tu dois circonscrire la requête.

Sur toute une situation bancaire, ils tergiverseront.

Cible ta démarche.

Il y a eu une transaction, le 10 juillet ?

Demandez le relevé de compte du 1er au 30 juillet.

Preuves à l'appui, ils ne pourront pas refuser.

Et vous découvrirez peut-être autre chose...

On se prend un dessert ?

Avec mon bide, vaut mieux pas.

Allez...

Quel étage ?

Le même que le tien.

Désolé.

Pas grave, à Milan personne ne connaît ses voisins de palier.

Matteo.

Leonardo.

T'as fait chou blanc, ce soir ?

Pourquoi ?

Nos chambres sont contiguës.

Parfois, je suis obligé de dormir au salon.

- Désolé. - Faut pas.

Y en a qui se trompent et frappent à ma porte.

Tu fais des études ?

Non.

Pourquoi investir dans le futur, si le présent est plus rentable ?

Après toi.

Où t'étais, merde ? T'avais dit 19 h !

C'est un client plus important ?

Imbécile. C'est mon voisin de palier.

- Excuse-moi. - Pas grave.

Il en fera une tête !

Je n'ai plus de domicile, plus de boulot, plus de mec.

Et toi, tu as une fille.

On t'a laissé des pâtes.

- Il faut qu'on cause, toi et moi. - De quoi ?

De rien. Va faire tes devoirs.

Bon, je vous laisse.

Elle est mignonne.

Sa mère est une amie à moi.

Elle est lesbienne et elle voulait un enfant.

Tu as accepté ?

Je te jure que je ne m'incrusterai pas.

C'est pas toi le problème.

C'est quoi ?

Viola a fait une branlette à un copain.

L'école m'a appelé, ça a fait un foin !

Tu as fait quoi ?

J'ai baisé l'institutrice.

Tu m'organises un rendez-vous avec ta sœur ?

Je fais des recherches sur le Parquet de Milan.

Si tu y tiens.

J'y tiens.

Reste autant que tu veux.

On joue les familles heureuses ?

Les familles heureuses servent à vendre des biscuits.

Je ne pensais pas te voir.

Je ne voulais pas rater le spectacle.

Je ne suis plus la honte de la famille.

Je ne vois pas pourquoi tu m'en veux à ce point.

On te traite comment, ici ?

Tu survis sans tes vins français ?

Je t'ai déjà imposé quoi que ce soit ?

C'est peut-être ça, le problème.

Je voulais que tu fasses

ce que je n'ai pas pu faire, moi. Que tu t'amuses.

Je m'amuse comme une folle. Ma vie est inutile.

Oui, si tu ne vis que pour le travail.

Moi, je n'ai fait que ça, et regarde où j'en suis.

Messieurs...

J'y vais.

Bibi...

Je ne voulais pas que tu me ressembles.

C'est peut-être ce que je voulais, papa.

Vous ouvrez, oui ou merde ?

Chienne de vie !

- C'est pas trop tôt ! - Vous avez fini ?

Vous vous croyez où ?

Je suis Bosco. Je loge ici.

On ferme à minuit.

Vous n'aviez qu'à être là.

Je suis juste sorti chercher une bière...

Qu'est-ce qu'elle fout ? J'ai pas tué Jésus !

Ouvre !

S'il vous plaît, ma sœur...

La règle, c'est la règle.

Ça n'arrivera plus.

Promis.

Merci.

Putain, je suis juste parti chercher une bière.

Quel endroit de merde !

C'est près du Parlement, ça ne coûte rien,

et on reste unis, point barre !

J'en ai ras le cul des chambrées, t'entends ?

Un article après l'autre...

Ça veut dire quoi ?

La procédure...

Mais avec le concours des conseillers régionaux.

Quel concours ?

C'est les députés qui votent, non ?

Oui, mais on va pas élire Gianfranco Miglio.

On fait ça, juste pour tenir les autres sur le gril !

Élection du président de la République, exact ?

Bravo, l'élection du président de la République.

Bon, retourne faire tes devoirs, laisse la politique aux adultes.

Allez, va bosser.

Passons au vote

de la proposition de loi 30-12B.

On vote pour !

J'appelle au vote nominal, par procédé électronique,

de la proposition de loi 31-37A.

Mesures en matière de justice.

On vote contre.

T'attends quoi ? Allez, vote !

Vote.

Allez.

Voilà.

Je me casse, et pas que d'ici.

Reste avec tes nonnes de merde !

Reviens ici !

Mets un singe à ma place, ce sera pareil !

J'en ai ma claque de recevoir des ordres !

17 MAI

Venturi !

Pastore, t'as pas un chez-toi ?

T'as dormi aux archives ?

Chez moi, je peux pas, j'ai des embrouilles.

T'as une clope ?

Je fume pas.

Qu'est-ce que tu fous ici, un dimanche ?

Mainaghi.

J'en étais sûr.

Pourquoi tu fais une fixette sur lui ?

J'ai vérifié ses bilans et le compte n'y est pas.

Il utilise des sociétés écrans pour ses transactions financières.

Tu l'as dit à la Bête ?

Je viens de le découvrir.

Vise-moi cette gonzesse !

Elle est canon. Je l'ai draguée au concert des Pixies.

Quoi ? Tu connais pas les Pixies ?

Et elle ?

Elle m'a envoyé chier.

J'ai plus l'habitude de ce genre de dimanche.

On va chercher le dessert ?

C'est vrai qu'il vise Craxi ?

Di Pietro ?

L'autre jour, il interrogeait Chiesa.

Nul ne savait où.

Je descends au sous-sol et j'entends Chiesa qui hurle :

"Je ne prononcerai pas ce nom !"

Mon journal ne l'a pas publié.

Personne n'ose accoler ce nom à l'enquête Mains Propres.

Tu es marié ?

Non.

Tu es homo ?

Non, pourquoi ?

Tu n'as tué personne.

Tant mieux.

Parce qu'elle t'aime vraiment.

T'as un petit copain ?

Vaguement.

Non.

Tu es belle. Tous les garçons doivent te courir après.

Tu parles.

Dans mon école, il y avait une très jolie fille.

Elle n'était pas consciente d'être belle.

Elle voulait plaire, être aimée.

Elle est sortie avec tous les garçons de l'école.

Je dis bien, tous les garçons.

Du coup, ils ne la voyaient plus comme une jolie fille,

mais comme une nana pour s'envoyer en l'air.

Elle a fini par trouver ça normal.

Plus tard, elle a continué à coucher avec tout le monde.

Une pute, quoi.

Bon, on y retourne.

Elle a trouvé un homme chez qui poser ses valises ?

Qui sait ?

Le gâteau !

Mon amour...

Mon amour...

Je veux être avec toi.

Ne me quitte jamais.

Je veux être avec toi.

Ne me quitte jamais.

C'est la vie de couple qui te fait cet effet ?

Qu'y a-t-il ?

Tu veux m'en parler ?

Tu es comme ce tableau.

Élégant, froid...

blessé.

- Merci, au revoir. - Au revoir.

Ils emmènent cette espèce de tableau.

Tu le fais réparer ?

Je l'ai vendu.

Pourquoi ? Tu l'aimais pas ?

Tu es libre, ce soir ?

Surprise.

Pas mal.

Ça fait quoi d'être l'homme le plus envié de la soirée ?

Ça rend arrogant.

La fois où je me suis foulé la cheville,

tu as fait tout un discours sur la peur du changement.

C'était quoi, le mot ?

Je ne me souviens plus, mais peu importe.

J'y ai pensé.

Et si la télé n'était pas ce que je veux ?

Tu veux quoi ?

Changer.

Bien.

J'allais justement t'en parler.

Pourquoi

te limiter au petit écran,

si tu peux briller sur le grand écran ?

Voilà ta surprise. Un producteur qui vit à Rome.

Sergio Lucidi. Tu voulais un boulot ?

Je t'en ai trouvé un. Que ferais-tu sans moi !

- Sergio. - Leonardo Notte.

Tu ne changes pas. Comment fais-tu ?

Tu connais Veronica Castello ?

Toi aussi, tu ne changes pas.

Je dois y aller. Un imprévu.

Tu es entre de bonnes mains.

Et comment ! Si tu passes par Rome, appelle-moi.

Auto-sabotage.

C'est le mot que je cherchais.

Salut, mon vieux.

Il est trop fort.

On s'est connu, il y a 2 ou 3 ans.

Il m'a organisé un bout d'essai...

On a encaissé plus que les 2 premières semaines.

Le bouche à oreille.

Qu'est-ce que tu fais ?

Tu pars ?

C'est ça, tire-toi.

La musique vous a réveillé ?

Je suis mortifié.

Vous êtes le nouveau locataire ?

Gaetano Nobile.

On se connaît pas ?

Non. Baisse la musique.

Vous devriez vous joindre à nous.

Allez enfiler un pantalon.

Je saurai me racheter.

Bon, entrez, on a l'esprit large. Pas le t-shirt Corruptionville...

Non ?

Pour la dernière fois : baisse la musique.

Pigé ?

Ils font le vide autour de moi, mais ils me sous-estiment.

Les autres parlent, parce que ça les arrange.

Toi, balance les socialistes, qu'on vire nos couilles d'ici.

Je ne lâche pas les amis.

Ils ont gelé tes comptes, ils ont bloqué tes activités.

Pour l'instant.

S'ils trouvent le reste,

on fera quoi ?

Donne-leur ce qu'ils veulent.

Salut, Michele.

Entrez !

J'ai compris comment Mainaghi remplit sa caisse noire.

Tu accouches ?

Une entreprise de son groupe paie 10 à une société complice.

Mais en fait, elle ne paie que 2.

Elle verse les 8 restants à une 3e entreprise étrangère,

qui rapatrie les fonds... blanchis.

- C'est une théorie. - Mais plausible, non ?

J'emmène ça pour l'interrogatoire.

T'es pas au courant ?

Mainaghi passe aux aveux.

Mainaghi, ça va ?

Je suis amer.

Pas parce que vous abusez de la détention préventive,

vous savez que vous en abusez,

mais je me croyais plus fort, donc, vous avez gagné.

Oublions les politesses d'usage.

Oui, elles n'auraient pas fait long feu.

Pastore, tu es prêt ?

Oui.

Voilà, Mainaghi !

Vous avez lâché les socialistes ?

Dottor Mainaghi, je suis Castello. Qui avez-vous balancé ?

Castello...

Tiens, tiens !

Tu m'as manqué.

T'avais pas dit que tu te démerderais ?

T'avais pas dit que tu ne parlerais pas ?

Vous l'avez relâché.

Sans mentionner la caisse noire.

On n'a pas de preuves. On bougera quand on en aura.

Mainaghi a avoué.

- Il a donné un nom. - C'est pas assez pour toi ?

Dottore, téléphone, c'est urgent !

Pas maintenant.

La porte !

Larini...

Mainaghi dit que c'est lui qui porte l'argent à Craxi.

Si c'est vrai, on attrape le sanglier !

- Vous ne pensez qu'à Craxi. - Et toi à Mainaghi !

Son nom te met en alerte. Qu'est-ce qu'il t'a fait ?

Dottore, c'était Falcone.

Les commissions rogatoires sans annexes l'ont fait tiquer.

Tu me passes pas Falcone, merde ?

Préviens Colombo.

Vous n'avez pas envoyé le rapport d'enquête ?

Vous vous méfiez de lui ? C'est Giovanni Falcone !

Dis pas de conneries !

J'ai jamais fait de commission rogatoire !

Tu sais la faire, toi ?

J'ai pas de comptes à te rendre.

Rends-toi utile aux archives !

Veronica ?

Elle est partie.

Tu l'as virée ?

Occupe-toi de tes fesses.

Sans moi, on te renvoyait de l'école.

J'y vais.

Je t'ai manqué ?

J'ai l'argent.

- Les 100. - Parfait.

Demain, emmène-les à la gare.

Après, c'est fini.

On verra. Tu n'as pas le choix.

Si.

Il y a l'alternative de la taule.

Voilà ce que veulent les gens.

Les foutre tous en taule. Regardez.

On en vend dans tout Milan.

"Di Pietro en Che Guevara". "Di Pietro ne pardonne pas" !

Les savons Mains Propres, les badges, les gadgets...

Vous avez vu Corruptionville, le jeu ?

Ils veulent passer les menottes à ceux qui les gouvernent,

voir les riches industriels dormir sur un matelas

dur et crasseux derrière les barreaux.

C'est une pulsion malsaine,

merveilleuse, irrépressible.

"Spaghetti de l'Inquisiteur".

"Riz froid façon pénitencier".

Les Allemands l'appellent

Schadenfreude.

C'est la joie suscitée par le malheur d'autrui.

En ce moment, l'Italie est traversée

par une vague irrésistible de Schadenfreude.

Vous suggérez de capituler devant la vague ?

Non, de surfer sur la vague.

Nous ne dictons pas la ligne de Fininvest.

Mais vous pouvez suggérer

à leurs télés, aux JT, à la presse écrite,

que c'est ce dont le peuple a faim.

Parler sans cesse de Di Pietro fera grimper l'audience

et les ventes.

Et nos recettes publicitaires.

Schadenfreude.

23 MAI

... du terrible attentat, qui a coûté la vie

au juge Giovanni Falcone et à 3 hommes de son escorte.

On dénombre 20 blessés.

L'attentat a eu lieu dans l'après-midi,

sur l'autoroute qui relie Palerme à Trapani.

En direct avec nous de Palerme, Salvatore Cusimano.

Bonsoir, je vous montre les images

tournées par notre confrère Marco Sacchi,

qui a réussi à percer la barrière

qui rendait impossible l'accès. Il a tourné ces scènes.

Des scènes dramatiques de guerre.

Ce terreau recouvre, obstrue, ce qui autrefois

était une autoroute sur un tronçon de 20 km,

qui mène de l'aéroport de Punta Raisi à Palerme.

Les deux voies

sont totalement méconnaissables.

On voit de la tôle

tordue. On voit une voiture au centre

et une autre derrière.

Probablement, la Fiat Croma blanche, blindée,

dans laquelle se trouvait le juge Giovanni Falcone.

Falcone était au volant. À ses côtés,

il y avait sa femme.

Nous sommes en mesure de vous dire

que trois agents ont été tués,

tous originaires des Pouilles...

Mon voisin !

Toujours partant pour un présent rentable ?

Qu'est-ce que tu fais ? Tu joues à cache-cache ?

Voyons, Leo !

- J'ai déposé l'argent. - Bravo.

À présent, tu dois partir. Un train t'attend.

Quel train ?

Tu as entendu ? Voie 7.

T'occupe pas du billet,

fais un seul arrêt.

Descends à Rogoredo et rentre tranquillement

chez toi.

Magne-toi, tu vas le rater.

Voilà, c'est bien.

C'est un plaisir de traiter avec toi.

La mort de Giovanni Falcone

est une perte irréparable.

Mais au sein de ce Parquet, nous pouvons faire quelque chose.

Suivre son exemple.

Donc, nous travaillerons comme le pool antimafia.

Nous créerons un pool avec les substituts du procureur

Di Pietro, Colombo, et dès aujourd'hui, Davigo.

Bienvenue à bord, Piercamillo.

Le voilà !

Le dernier à droite.

C'est lui qui a pris l'argent à la gare.

T'es qui, toi, bordel ?

Adaptation : Giacinto Pizzuti

Sous-titrage : Vdm

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