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Original subtitles

Toutes les histoires relatées dans cette œuvre sont fictives,

même si elles évoluent dans un contexte réel.

Les auteurs ont scénarisé les rôles joués par les personnages réels,

les sociétés et les organisations qui apparaissent dans cette œuvre.

Leur implication dans les événements décrits est purement fictive.

Toute ressemblance avec des personnes réelles, vivantes ou mortes,

autres que les personnages publics, est purement accidentelle.

17 FÉVRIER

Il n'est pas dans son bureau.

Luca Pastore ? Par ici. Enchanté.

Rocco Venturi.

- Police, c'est ça ? - Oui.

Tant mieux, je me sentais seul.

Ici, au Parquet, il y a de tout, brigade financière, ferroviaire.

- Tu fumes ? - Non.

Ça viendra.

Scaglia ! Le nouveau est là !

Rends-toi utile. Une copie de chaque. Là-bas.

Test ! Ça marche ?

Magni, mettez-le dans la poche de poitrine.

- On doit coincer qui ? - Mario Chiesa, un socialiste.

Président du Pio Albergo Trivulzio et ami de Craxi.

Comme Tognoli et Pillitteri. Il veut devenir maire.

Il a demandé à Magni 10 % d'un marché public.

- Magni l'a dénoncé ? - Oui.

Il n'a pas les moyens de payer des pots-de-vin. C'est la crise.

Il le paie !

Je n'ai que 7 millions de lires.

En ce moment, je suis en difficulté.

- Et les 7 autres ? - On y va !

Il ne sera pas maire !

Cet argent appartient à M. Chiesa.

Faux. Cet argent est à nous, Maître.

Vérifiez. J'ai signé tous les billets.

Désolé, j'arrête votre client pour concussion.

Capitaine, saisissez les factures, les livres de comptabilité, tout.

Oui, Dottore, on passe tout au peigne fin.

Un doute, Maître ?

Je peux aller aux toilettes ?

Faites vite !

Chiesa !

Fichez-moi la paix !

Qu'avez-vous jeté ?

Qui surveille Chiesa ?

Pastore.

Le nouveau.

- Que se passe-t-il ? - Il m'a agressé.

Il a jeté quelque chose dans la cuvette.

C'est faux.

Un autre dessous-de-table ?

Qui vous l'a donné, celui-ci ?

Doucement, s'il vous plaît.

Di Pietro.

Bravo, bien joué.

Récupère-les.

Je sais ce que vous pensez. Les années 80, c'est fini.

Belle époque. Tout était possible.

Chiffre d'affaires au top, on s'est amusé.

On s'est couché tard.

Aujourd'hui, c'est la crise.

Chez Publitalia, les recettes publicitaires sont en baisse.

Mais les années 80, c'est un état d'esprit.

Il ne tient qu'à vous de les ressusciter.

La crise, c'est votre chance.

Finis le restaurant, le cinéma, les week-ends à la mer.

Les gens resteront chez eux

à regarder la télé.

"Grand désordre sous le ciel, la situation est excellente."

Vous êtes communiste, Notte ?

Vous citez Mao Tsé-Toung.

J'aime bien comme slogan.

Slogan à part, Dottor Dell'Utri, parlons de problèmes concrets.

Par exemple...

Carlo Berardi, quincaillerie. Ce monsieur

a investi chez nous, en 5 ans, 2 milliards de lires en pub.

Son contrat expire et il ne compte pas le renouveler.

Que lui avez-vous proposé ?

De tout... le Grand Prix moto, le catch,

la série MacGyver, le foot avec Pressing.

Notte, si vous épauliez Corradi dans le dossier Berardi ?

Certainement.

Je n'ai pas besoin de connaître le profil de mon client.

Il n'achète pas car il est fauché, je connais mon métier.

M. Notte aussi.

Son coaching a toujours été couronné de succès.

Excusez-moi, je dois y aller.

C'est quoi, son problème ?

- Que tu lui piques sa place. - Moi ?

Le patron cherche un directeur adjoint.

Corradi était le favori. À présent, il veut

quelqu'un de l'extérieur.

Tu te vois

en train de gérer la pub du groupe Fininvest ?

Penses-y.

Ouvre ton sac à dos.

Là, t'es content ?

Je t'emmerde !

Pietro ! Qu'est-ce que tu fous ?

Ils ont fouillé mon sac à dos.

Bas les pattes, putain !

Allez, dégage !

"Bienvenue en Italie", putain !

Si ça te fait gerber, t'avais qu'à pas rentrer.

T'aurais préféré que je reste en Irak, hein papa ?

Ça va, je repars bientôt.

Irak, mon cul. T'étais à Bangkok.

J'ai fait un détour.

Ça oui, la guerre du Golfe est finie depuis un an.

Tu comptes faire quoi, maintenant ?

Veronica, la mort n'existe pas.

Les gens meurent seulement si on les oublie.

Apportez-nous la bouteille de vin.

Si on a mal, il faut boire.

Je la boirai seule, comme d'habitude.

Tu dois partir, non ?

Je peux trinquer, quand même.

Cet ami a confirmé le contrat.

Qu'y a-t-il ?

Tu crois que ça m'amuse d'être au standard de l'émission ?

Je ne veux pas être une parmi d'autres.

Je veux être comme Cuccarini.

"La préférée des Italiens."

Ça te fait rire ?

Tu veux Buona domenica ?

Pour quoi faire ?

C'est elle, la présentatrice. Je veux Domenica in.

Tu dis que tu es prêt à tout pour moi. Fais-le.

D'accord.

Voilà ce que tu fais dehors !

Quel gâchis !

Une belle gonzesse comme elle, avec un vieux !

C'est peut-être son père.

Tu parles. C'est Michele Mainaghi. Il a bâti la moitié de Milan.

Il est partout. Assurances, laboratoires pharmaceutiques...

Tu peux toujours t'accrocher pour voir sa chatte.

Il la laisse tomber ?

Seule, ce soir ?

Bravo. Mission accomplie.

Retourne avec ta meute. J'ai pas la tête à ça.

Il devait quitter sa femme et il ne l'a pas fait ?

Je t'ai vue pleurer.

Ma mère est morte.

Je pleurais pour ça.

- Tout va bien ? - Mais oui, dégage.

Je peux avoir mon manteau ?

Moi, je ne te laisserais jamais seule.

"Pro Rugby."

On joue en 2e division.

Moi, je joue en 1re division.

Buio...

L'Obscur...

Allez, mon amour...

Allez, Buio...

J'en ai tellement besoin.

L'Obscur...

Je n'ai pas appelé une call-girl.

Oublie le passé. Je suis en deuil.

Bien sûr.

Excuse-moi.

Leo,

je n'ai pas besoin d'affection.

Je dois emballer un client.

Qu'est-ce qui plaît à un vieil industriel lombard ?

Moi.

Tu ne crois pas ?

Je t'ai vue à la télé, l'autre jour.

Bientôt, tu m'y verras tous les dimanches.

Sur Rai Uno.

Vraiment ?

Tu sais comment est née Domenica in ?

À cause du choc pétrolier.

Au lieu de se balader en voiture, les gens devaient rester chez eux.

Toi, tu n'es pas humain.

Tu viens d'où ?

Tu es sorti tel quel de la cellophane.

Arrestation à Milan de l'ingénieur Mario Chiesa,

président d'un hospice communal.

Il est accusé de concussion.

L'hospice gère un patrimoine financier.

La fédération milanaise du parti socialiste,

dans un communiqué, déclare tout ignorer de l'objet

de la mise en accusation, par la magistrature,

de l'ingénieur Mario Chiesa.

Le président du Pio Albergo Trivulzio a été suspendu

du parti, à titre conservatoire.

Les socialistes l'ont débarqué.

Écoute ça : "Chiesa, l'idiot qui s'est fait pincer."

Venturi, t'as fini la revue de presse ?

Soit dit en passant, tu me dois du fric !

Aux chiottes, y a plus d'essuie-mains.

Fenati, vas-y, coco.

Et l'interrogatoire ?

J'allais vous le demander.

Bonjour, Dottor Borrelli !

On a mis la table pour Mario Chiesa,

mais il se met pas à table, pour l'instant.

En flagrant délit, nul ne lui évitera un jugement en référé.

Même pas Dieu le Père.

- Travaillez bien. - Merci.

Travaillez bien, messieurs.

Vous plaiderez en référé ?

Chiesa sera condamné pour un pot-de-vin de 7 millions

et rentrera chez lui sans impliquer personne.

Et alors ?

Il travaille avec les plus gros entrepreneurs milanais.

Il a touché des milliards.

Trouve-les toi-même, ces milliards !

La charge virale de la dernière fois ?

45.

La VS n'était pas fameuse non plus.

J'enverrai Mainaghi en taule.

Vous disiez qu'il n'y avait pas de preuves

de son trafic de sang contaminé.

Il sera impliqué dans l'enquête.

Voilà pourquoi vous vous êtes fait muter à ce poste.

Mais que viennent faire les transfusions de sang contaminé

dans votre enquête ?

Rien. Si je ne peux pas le coffrer pour le sang,

je le ferai pour les pots-de-vin.

Je m'en fous, je veux qu'il perde tout.

Comme moi.

Luca...

C'est à cause de Mainaghi que j'ai le VIH.

Vous l'avez oublié ?

Quelques jours avant sa mort, elle était fatiguée, pâle...

mais elle flirtait sans pudeur avec le médecin.

Et lui n'était pas en reste.

Maman était si

belle

et fragile.

C'était une lumière que nul ne pouvait s'empêcher de regarder.

C'est sans doute pour ça

qu'on est si peu, aujourd'hui.

Personne n'a envie de découvrir que cette lumière s'est éteinte.

Au revoir, maman.

Don Giorgio, j'ai fini.

Nous Te supplions Seigneur, Dieu tout-puissant

et éternel,

pour l'âme fidèle, qui a quitté ce monde par Ta volonté,

daigne l'accueillir dans le lieu de fraîcheur,

de lumière et de paix.

Excuse-moi, je n'ai pas trouvé de taxi.

Tu n'es jamais venue la voir.

C'est elle qui ne voulait pas.

Bien sûr.

C'est la faute de maman.

Corradi !

Corradi !

Vous devez me donner le dossier Berardi.

Je te l'ai donné.

C'était celui de l'année dernière.

Les vilains cernes ! On s'est couché tard ?

On lui fixe un rendez-vous, ou j'en demande trop ?

C'est fait. Demande à ma secrétaire.

Bonjour.

À tout à l'heure.

Tête de nœud.

Bonjour.

Content de vous voir. Quoi de neuf pour Berardi ?

- J'ai de bonnes idées. - Bien.

Enrico Lodato, je te présente un pur-sang du marketing.

Un nouvel ami.

Leonardo Notte. Enchanté.

La monte a été bonne, Notte ? C'est le rôle d'un pur-sang.

Non, mais je me suis appliqué avec ardeur.

Allons-y.

Merci.

La situation politique italienne est des plus confuses.

Des forces nouvelles, comme la Ligue du Nord,

recueillent un large consensus...

Pourquoi cette leçon d'un démocrate-chrétien ?

Dell'Utri veut éviter qu'on dise des conneries quand les clients

nous parlent de politique.

Pourquoi il t'a invité, toi ?

Aucune idée.

C'est comme une baleine échouée,

qui ne retrouve plus la mer.

Voulons-nous rester comme des baleines échouées ?

Je dis ça pour les dames, surtout.

Voulons-nous rester immobiles ?

Sans ignorer la crise...

Fumer jaunit les dents.

Je fume pour vaincre l'ennui.

Nettoie toujours la lunette des cabinets.

Sinon, le suivant t'accusera de l'avoir salie.

Vous avez raison, Cavaliere.

Allons nous farcir ce débat casse-couilles.

Salut.

C'est qui ?

Tu ne me reconnais pas ?

Je suis sa fille.

Je vois. Je suis de trop.

Je t'appellerai.

Viola, que fais-tu ici ?

C'est ta fiancée ?

Maman est allée à Bologne, tonton est tombé malade.

Elle veut que tu me gardes un peu.

T'as pas écouté ton répondeur ?

La fermeture éclair de ta braguette est ouverte.

Combien de temps ?

Je dors où ?

"On est comme ces familles qui découvrent

que leur fils est un bon à rien."

C'est le commentaire de Craxi au sujet de Mario Chiesa,

exclu du parti après l'arrestation pour concussion...

Les bras m'en tombent au vu de tels agissements...

Laissez-le !

Qu'est-ce que tu regardes ?

Appelle la police !

T'inquiète pas, l'ambulance va arriver.

- Attends. - Mon cul, oui.

Tas de merdes !

Écoutez, heureusement qu'il est arrivé,

et je le prie de se manifester,

car il s'est

comporté en héros.

Nous, de la Ligue du Nord, on aime les gens de cette trempe.

Non, écoute, ça a beau être un bouseux,

mais il porte la robe.

Il est capable de fouiner dans les affaires de Mario.

J'ai déjà perdu 12 milliards, dans cette histoire.

12 milliards !

D'accord.

Tu as appelé ?

Passe le bonjour à Anna.

Tu as appelé ton ami à la Rai ? Personne ne m'a contactée.

Ils vont le faire, laisse-leur le temps.

Je le savais.

Tu t'es foutu de moi.

29 FÉVRIER

Le PSI se dissocie de Chiesa

Salut, je suis Giulia Castello du Corriere della Sera.

C'est la merde, je suis nouvelle, personne ne m'adresse la parole.

Moi aussi, je suis nouveau et pour moi aussi, c'est la merde.

Luca Pastore.

Est-ce vrai que Laura Sala est votre dernière chance ?

En taule, Chiesa refuse de se mettre à table.

Vous attendez quoi de sa femme ?

Il a mis enceinte une autre, elle voudra se venger, non ?

Je suis préposé à la paperasse. Tu en sais plus que moi.

Si tu étais avec Di Pietro, tu poserais quelles questions ?

Je n'ai jamais mis les pieds dans ce bureau.

Mme Sala, entrez, je vous prie.

Pastore, prends l'ordinateur pour verbaliser. Magne-toi.

Mme Sala,

aidez-nous à trouver l'argent. Votre nom ne sortira pas d'ici,

je vous le garantis.

Je dois espionner mon mari ?

Ex-mari.

Vous êtes en procès pour la pension alimentaire.

Écoutez, je vis à Milan.

Je ne vais pas me mettre les socialistes à dos !

Faisons une pause.

- Je peux vous parler ? - Je vous en prie, Maître.

Après vous.

Chiesa Caisse noire

Vous ne portez plus votre alliance ?

Quoi ?

Moi, j'ai mis du temps après notre séparation.

Je ne suffisais plus à ma femme.

Je l'ai enlevée quand j'ai su qu'il me trompait.

Ça doit être difficile

d'obtenir les aliments adéquats d'un homme qui gagne

deux millions par mois.

Officiellement.

Le reste, je peux l'oublier, même si vous le trouvez.

Du coup, il en profitera avec sa nouvelle famille.

Si on ne trouve rien. Et c'est une somme.

Vous n'avez pas besoin de moi.

Vous avez tellement de preuves.

Nous savons combien il a,

mais pas où il l'a mis.

Je vous précède.

Un verre d'eau ?

Mon mari préfère d'autres marques.

Justicier sans nom

Tel Batman, il punit les méchants et se volatilise

C'est quoi, ce truc ? Évite de me foutre dans la merde.

Donne, tu vas te blesser.

Écoute, Batman,

quand vas-tu te trouver un job et virer tes Batcouilles d'ici ?

Je me bouge le cul.

Mais y a pas de taf.

Fais-moi engager sur le chantier !

On est déjà dans la merde, il ne manquerait plus que toi !

Bosco, enfin ! Enchanté. Bortolotti de la Ligue du Nord.

- Tu veux quoi ? - Je veux quoi ? Te remercier !

Me remercier ?

Grâce à ton portrait-robot, j'ai passé la journée au poste.

Les Albanais ont porté plainte pour coups et blessures.

Je sais, c'est absurde, tu sauves quelqu'un et après...

Je peux entrer ?

Si j'avais su, je passais mon chemin.

T'emballe pas, j'ai une bonne nouvelle pour toi.

Parle plus bas.

J'ai une bonne nouvelle pour toi. Le justicier,

qui a dérouillé les Albanais, Bossi, ça l'a éclaté.

Bossi ? De la Ligue du Nord ?

Oui. Il a dit qu'il voulait te porter candidat.

Te porter candidat.

C'est "la caméra cachée" ?

Tout est vrai. Ne te fais plus de soucis.

On va s'occuper de toi.

Vous ?

T'es débile ? Avec la Ligue, t'iras au Parlement, tu piges ?

Va chier.

Un jour tu raconteras à tes petits-enfants,

la connerie que tu viens de faire.

Crétin !

C'est ton tour. Démerde-toi.

Marina, je l'ai vue trois fois dans ma vie.

Tu l'as séduite. Elle croit que tu es un homme fantastique.

Tu ne comprends pas ? C'est elle qui a voulu venir chez toi.

Bon, salut.

Tu n'es pas au bureau ?

Je travaille ici.

Tu as mangé ?

Alors, l'école Steiner ?

C'est une école un peu étrange.

C'est l'une des plus chères de Milan.

Les filles de Berlusconi y vont.

Oui, je les ai vues.

On a tressé des paniers en osier, si tu vois le genre.

J'ai eu une interro d'histoire.

À Rome, j'aurais eu "insuffisant", ici, y a pas de notes.

C'est moi qui aurai "insuffisant".

Alors, travaille.

Contre le stress.

Viola !

Viola !

- C'est pas la Rai ? - Oui.

Mais avec un esprit critique.

Tu as vu La Famille Addams ? Il passe en bas.

Non, tu m'y emmènes ?

Je dois travailler. Vas-y, toi.

- C'est trop. - Fais du shopping, après.

On est bien, chez toi.

N'y prends pas goût.

On a trouvé Fiuggi et Levissima.

Pastore, où es-tu ?

Je suis là.

Chiesa a donné aux comptes suisses des noms d'eau minérale !

- Combien y avait-il ? - Plus de 10 milliards.

Les ex-femmes savent comment te faire mal.

Que fais-tu avec le dossier Mainaghi ?

C'est tes oignons.

T'as pas 200 000 lires ? C'est urgent.

J'ai 50 000 lires.

Je les filerai à Scaglia, sinon, il me fera chier.

Di Pietro, venez.

Venez.

Vous savez quel jour on est ?

Le délai pour le référé a expiré.

Je ne plaiderai pas en référé, M. le Procureur.

Il fallait me le dire.

Pour viser plus haut, il faut assurer ses arrières.

Di Pietro, de grâce, cessez de vous méfier de tout le monde.

Le sanglier a été vu avenue Como

Qu'est-ce que vous foutez là ?

Et voilà. Vas-y.

Dottore...

Dehors ! Je suis mal luné.

Pas de référé ?

Ferme la porte.

Je surveille Chiesa depuis des mois.

C'est toi qui vas me dire jusqu'où je peux aller ?

Jusqu'où vous voulez aller ?

Craxi ?

Ne prononce plus jamais ce nom, ou je te passe par la fenêtre.

Disons que je chasse un gros sanglier.

On parie que je l'aurai ?

1000 lires.

1000 lires.

Au boulot.

Pauvre bête.

T'es en état de conduire ?

T'es quoi ? Un flic ?

Ça dépend.

T'es dangereuse, toi ?

Je te ramène chez toi.

T'es qui ? Je ne t'ai jamais vu ici.

- Je suis venu pour toi. - C'est ça.

T'as déjà emballé avec ça ?

Alors ? Tu te dégonfles ?

T'as pas de secrets, toi ?

Je sais même pas ton nom.

Luca.

Mais encore ?

"Pasteur".

Parfait.

Moi, je suis la brebis galeuse.

Attends...

Viens.

Tu m'en veux si on fait rien ?

Restons comme ça.

Beatrice !

- Bibi ! - Je suis là, ne crie pas !

Encore un peu. Passe de l'autre côté.

Arrange-toi un peu. C'est mieux.

Tu aurais pu prendre une douche, tu as vu ta dégaine ?

Beatrice, tu peux te mettre à côté de ton papa ?

Merci.

Dottor Mainaghi, faites un pas en avant,

et Beatrice décale-toi à droite.

C'est pour le caveau de famille ?

Capital fait un reportage sur papa.

Zeno, rapproche-toi de ta maman, merci.

Portrait de famille avec punk à chien.

12 MARS

Bonjour.

Vous êtes prêts ?

J'ai l'appât qu'il faut.

Chez les Vianello, c'est la maison des Italiens.

Chaleureuse, accueillante, sympathique.

C'est là où tout le monde voudrait rentrer,

après une journée harassante.

J'ai eu tort de vous proposer des programmes trop masculins.

Vos clients aiment le bricolage.

Donc, ils rêvent de ce genre de maison.

En achetant vos produits, ils pourront avoir une maison,

comme celle de Sandra et Raimondo.

C'est pas un peu vieillot ?

Pas du tout. On en est à la 4e saison.

Ça fait un tabac. L'audience augmente.

Je ne sais pas.

Je vous ai fait perdre du temps.

Pas du tout. Mais dites-nous...

Faisons une chose.

Faisons un break de six mois.

On ne divorce pas, c'est juste un temps de réflexion.

Va pour la réflexion, mais...

Vous avez entendu Berardi ? Ne lui mettez pas la pression.

Merci, M. Berardi. Au revoir.

Mes hommages à madame.

Attendez.

Attendez.

J'ai une chose à vous montrer. Patientez une minute.

Non, ça ne va pas du tout.

Je n'aime pas ça du tout.

On dirait un aquarium.

Ça va plaire à ma fille, mais mes clients,

ils s'en foutent.

Vous voulez savoir un secret ?

Dehors, les gens sont horribles.

Pas vous, ni moi.

Les autres.

Ils rêvent de choses inavouables.

Regardez-les.

Elles sont minces, taille 36, petite poitrine.

Des fillettes.

Que font les fillettes ?

Elles se déguisent en femmes.

Quand papa rentre et voit les copines de sa fille

en train de danser et de rigoler,

elles veulent une fessée,

car elles ont été très vilaines.

Elles la réclament, vous comprenez ?

Non.

Je n'aime pas votre discours.

Nous parlons de vos clients, pas de vous, ni de moi.

Des acheteurs de clés à molette,

qui, pendant que les fillettes chantent,

dansent et rêvent de devenir célèbres,

reluquent leurs jeunes corps,

leurs jambes nues,

les jupes qui se soulèvent et dévoilent les petites culottes.

Et une voix subliminale,

irrésistible, chuchote :

"Hé, toi,

"tu es un homme...

"montre-moi comment on fait."

Corradi, mettez en pause, s'il vous plaît.

On va déjeuner, messieurs ?

Je ne suis pas là. Laissez un message.

Luca, enfin, je t'ai trouvé.

J'ai appelé tous les Luca Pastore de Milan.

Allez, réponds.

Bon...

Normalement, c'est moi qui disparais le lendemain.

Le Sida se transmet lors de rapports sexuels

avec des personnes contaminées.

La bourse des valeurs de Milan...

Appelez-nous. À vos téléphones !

Veronica, ma belle, voyons qui appelle.

Stefania appelle de Pontedera.

Stefania de Pontedera, on vous écoute !

Connasse.

Bienvenue, Batman.

Vous en êtes sûr ?

On me l'a confirmé, vous commencez dans 2 semaines.

Ce sera Domenica in ?

Ravi que vous soyez contente.

Michele, on nous attend.

Je dois vous laisser.

Quand on se verra, je te ferai une pipe d'enfer.

Je n'en doute pas.

À bientôt.

22 MARS

Que faisons-nous ici ?

Je cherche à pourvoir le poste de directeur adjoint.

Ah, oui ?

J'ai pensé à vous.

Mais j'ai changé d'avis.

Ce soir, je nommerai Corradi directeur général adjoint.

Ne le prenez pas mal, Notte.

Des directeurs adjoints, il y en a plein.

J'ai d'autres projets pour vous.

Vous connaissez, Chiquita ?

"La plus banane des bananes" ?

Avant, elle s'appelait United Fruit Company.

Elle avait d'immenses plantations au Guatemala

et contrôlait le gouvernement avec des dictateurs complaisants.

D'où le nom de République bananière.

En 1951, il y eut les élections libres

et le colonel Arbenz fut élu président.

Il réquisitionna aussitôt les terrains de United

dans le but de les nationaliser.

Un désastre pour la compagnie.

Que fit-elle ?

Elle engagea un publicitaire.

Il posa le problème autrement :

l'enjeu n'était pas le profit d'une multinationale,

mais la liberté de l'Amérique.

Il organisa de fausses manifs anti-américaines à Guatemala City.

Il ouvrit un service de presse et bombarda les journaux

avec la nouvelle qu'Arbez était à la solde de Moscou

et qu'il préparait l'invasion des États-Unis.

Peu après, les États-Unis bombardèrent Guatemala City,

prétextant une guerre de libération.

Et ils rendirent les terrains à United Fruit.

Oui.

C'est une belle histoire.

Mais moi dans tout ça ?

Nous devons sauver la République bananière.

Adaptation Giacinto Pizzuti

Sous-titrage : Vdm

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