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Deux boilermakers.
Qu'importe o� me m�ne mon errance, ch�re
- Une autre pinte ? - Ouais.
N'avez-vous pas envie d'en inviter une � danser, de vous amuser ?
Pourquoi vous ne... Votre bi�re d�borde.
Retrouver les bras qui me sont chers
Retrouver les bras
de m�re
Loin des inqui�tudes de ce monde-ci
C'est l� que dans mes r�ves je me blottis chaque nuit
Ils pourraient chanter un air plus gai, non ?
Vous pourriez adopter un point de vue plus gai, non ?
C'est psychologique, tout �a.
Souris, et le monde te sourira. Aie l'air b�te, et tu auras l'air b�te tout seul.
Je pr�f�rerais �tre seul, si �a ne vous d�range pas.
� la bonne heure !
Sur le pas de la porte couleur de vigne
Tu te tenais dans le cr�puscule
pour accueillir mon retour
Retrouver les bras
de m�re
Ne plus jamais
errer
Si tu jetais les d�s aussi bien que tu t'en vantes,
tu serais le plus grand conteur � l'est de Hong Kong.
- C'est le 2e meilleur ! - Je suivais.
Et j'aurais d� savoir que le gars passerait 8 fois ?
Tu suivais avec notre argent !
C'�tait aussi mon argent. Tous pour un, non ?
- Que oui ! - Tous dans le p�trin.
- Ouais, sans foin. - Rien � faire.
Et cinq jours � rien faire !
Si tu n'�tais pas si costaud, je t'�craserais la patate.
- Essaye donc ! - Gardez �a pour les Japonais.
- T'aurais pas d� suivre autant. - �a va faire, l� !
Pr�te-moi un dernier 10 $. J'y ret...
C'est termin�, champion ! "Pr�te-moi un dernier 10 $" !
Tu me prends peut-�tre pour le ministre des Finances ?
Ne plus jamais
errer
Errer
O� tu vas ?
J'ai 15 cents. Je vous l'avais cach�.
Vous voulez bien refermer la porte ?
Oui, messieurs ?
- Une bi�re. - Une bi�re ?
Une bi�re et pas de commentaire.
Oui, monsieur.
Tu vas la partager ou te la caler tout seul ?
Donne-moi ta dent de wapiti.
- Pas si vite. C'est mon p�re qui... - Allez !
Par ici.
- Vous �tes le g�rant ? - Oui, monsieur.
On est un peu � court, vous comprenez,
sans quoi je ne vous ferais pas pareille proposition.
Je voulais la garder pour le mus�e,
mais dans un moment critique, il faut savoir faire des sacrifices.
- Vous me suivez ? - J'ai m�me de l'avance.
Je vais vous donner la chance de participer � quelque chose d'extr�mement rare.
Vous vous souvenez du hara-kiri du g�n�ral Yamatoho ?
- Peut-�tre bien. - Il se trouve que j'�tais tout � c�t�.
- Un homme de haute stature. - Immense.
Voici l'un des plus rares souvenirs...
Que diriez-vous d'avoir le drapeau qui lui a servi de linceul ?
Je vous le fais � un prix raisonnable. Et je l'ai en plusieurs formats.
Les bretelles de MacArthur !
La premi�re balle � toucher Pearl Harbor. Faites votre choix.
Un morceau de sous-marin japonais.
Regard� sous cet angle, �a devient un sous-marin allemand,
et sous celui-ci, un fragment d'obus qui a fr�l� Montgomery.
Ici, le fond de culotte du pantalon de Rommel,
et le dernier item, mais non le moindre, un bouton du manteau de Hitler,
mais je doute de son authenticit�.
Un fin finaud.
Tout est d�j� r�gl�.
- Sapristi ! - Tu l'as dit !
- Par vous ? - Non, pas par moi.
- Vous ne m'�tes redevables de rien. - Le type au bout du comptoir.
C'est de toi, �a ?
Oh, il n'y a rien l�.
Le serveur pensait � apporter une bi�re � six marines
avec six pailles dedans.
- C'est lui. - O� il est ?
Il devait se taire.
En tout cas, le civil, c'�tait un beau geste.
- De rien. - Tu veux la dent du g�n�ral Yamatoho ?
- Non, merci. - Pour l'envoyer � ta m�re,
- si tu en as une. - Non.
- Je lui ai d�j� envoy� des souvenirs. - � la tienne !
- Semper fidelis. - Semper fidelis.
- Tu connais notre devise ? - Oui, je la connais.
- Tu �tais peut-�tre dans le Marine Corps ? - Oui, j'y �tais.
- C'est pas dr�le. - �a va. Encore une tourn�e !
Voulez-vous boire autre chose avec �a ?
Personnellement, je m'en tiens au whisky.
7 whiskys. La bi�re servira de pousse-alcool.
Merci.
Es-tu certain de ne pas trop d�penser, comme notre roi du coup de d�s ?
- Euh... - Je viens d'�tre pay�.
Par ailleurs, cet argent ne pourrait pas mieux servir qu'en aidant des marines.
- Guadalcanal. - Un endroit super chouette.
- Sukiyaki. - Depuis combien de temps es-tu sorti ?
- Des marines ? - Ouais.
- Je n'y suis rest� qu'un mois. - C'est pas dr�le.
Trop court pour avoir les pieds calleux.
- Tu as �t� bless� ? - Se blesser, au camp d'entra�nement ?
Il a pu tomber d'un toit.
- Et qu'est-ce qu'il serait all� faire l� ? - Rhume des foins chronique.
- A�e ! C'est la pire sorte. - Terrible. Mon ex-blonde l'avait aussi.
D�s que je l'approchais,
elle m'�ternuait au visage.
Pas si b�te, la petite.
- C'�tait l'excitation. - Meilleure chance la prochaine fois.
As-tu essay� ailleurs, par exemple dans l'Army ou la Navy ?
- Ils accepteraient n'importe qui. - Pas moi.
- J'ai �t� sur un chantier naval. - Ma m�m� est une WAC.
Tu crois que �a l'aiderait ?
Le rhume des foins est-il si terrible ?
C'est qu'il frappe sans pr�venir.
Je me souviens, ma blonde avait devant elle un bol de soupe,
et puis soudain...
De toute fa�on, je suis pour ainsi dire n� pour �tre marine.
Mon p�re a p�ri � Belleau Wood le jour de ma naissance.
- Belleau Wood ? - Presqu'� la m�me heure.
J'ai toujours pens� devenir un marine.
Je me suis exerc�. Je n'ai jamais bu ni fum�. J'ai tout �tudi� � leur sujet.
Je peux vous citer toutes les batailles auxquelles ils ont particip� depuis 1775.
New Providence, Fort Nassau, la deuxi�me Bataille de Trenton,
le Bonhomme Richard et le Serapis...
"Le combat n'est pas encore commenc�."
Tripoli en 1805, Nuku Hiva en 1812,
la bataille de Hatchee-Lustee River en 1837,
Veracruz en 1846, Chapultepec, le palais de Montezuma,
Panama en 1885, Guant�namo Bay en 1898,
puis les Philippines, la r�volte des Boxers en Chine,
Nicaragua, Coyotepe Hill, Fort Rivi�re et Ha�ti.
Puis Ch�teau-Thierry, Belleau Wood, l'attaque � Soissons, Saint-Mihiel,
et maintenant Wake lsland, Guam, Bataan,
Corregidor, Guadalcanal.
Ils ont souffert et p�ri.
Ils m'ont fait tout une c�r�monie � mon d�part.
La fanfare jouait, tout le monde gueulait, les chiens aboyaient, ma m�re pleurait.
Tous se demandaient si j'allais revenir g�n�ral ou simple sergent comme mon p�re.
C'est une chose que de rentrer d�cor� comme vous l'�tes,
c'en est une autre que de rentrer avec une dispense du m�decin.
Tu n'es pas encore rentr� ?
J'ai �crit que je partais outre-mer.
Ta m�re m�rite mieux que �a.
J'ai �crit pour dire que j'allais bien,
j'ai fait poster les lettres de l'�tranger.
Suppose qu'elles n'aient pas �t� post�es ?
- Eh bien... - Pense � ta pauvre m�re.
Tu devrais avoir honte.
Ton p�re �tait sergent � Belleau Wood ?
C'est exact.
Quel �tait son nom ? J'y �tais, � Belleau Wood.
Truesmith.
Truesmith ?
- Tu veux dire Hinky Dinky Truesmith ? - C'est exact.
�a alors, il �tait mon sergent. Je l'ai vu tomber !
Pile � ce moment-l�, je naissais, � Oak Ridge, en Californie.
Savais-tu qu'il a re�u la M�daille d'honneur du Congr�s ?
J'ai grandi avec. Ils me l'ont attribu�e.
C'est l� qu'elle habite, � Oak Ridge ?
- Qui ? - Ta m�re.
- Oui. - Tu devrais avoir honte.
C'est un honneur de te conna�tre, mon gar�on. Ton nom ?
Woodrow Lafayette Pershing Truesmith.
Allez-y, riez.
Personne de moindrement sens� ne trouverait de quoi rire ici.
Les gars, serrez donc la main de Woodrow, le fils de Hinky Dinky Truesmith.
- Caporal Candida. - Comment tu vas ?
Soldat de 1re classe Swenson...
Swenson, enchant�.
- Jones... - Jones.
- Gillette. - Gillette, comment va ?
Je m'appelle Heppelfinger. Julius. Tu peux m'appeler simplement "sergent".
- � boire pour tous ! Pardon. - Bien s�r, sergent.
Tu n'as pas d� bien conna�tre ton p�re, hein ?
Pas vraiment, non, c'est qu'il est mort le jour o� je suis n�.
En effet.
Difficile de se rentrer �a dans la t�te. Il avait belle allure, le camarade.
Tu ne lui ressembles pas du tout.
Je sais. On a une photo � la maison et...
- Voici Bugsy Walewski. - Enchant� de te rencontrer.
Aurais-tu 50 cents ?
- H�, apr�s ce qu'il vient de... - Bien s�r, vas-y.
Tu devrais avoir honte.
C'est lui qui devrait avoir honte de traiter sa m�re comme �a.
Il n'a jamais eu de m�re.
Il est aussi un peu bizarre.
C'est un bon gars. S�quelles de guerre, c'est tout. Rien de s�rieux.
Comme �a, tu es le gar�on de Hinky Dinky.
Je fais 160 000 km et tombe sur le gar�on de Hinky Dinky.
Il avait de la bravoure, le jeune.
- Un peu plus jeune que toi. - Je sais. Je...
On �tait 16 dans ce bois, tu vois.
Tu pouvais �tre � un demi-m�tre d'un Allemand,
il ne te voyait pas, ni toi lui.
Puis, tout d'un coup, sous tes pieds ou presque, tu entendais le...
Oak Ridge.
Oui, je connais le num�ro,
mais ce n'est pas une heure pour appeler les gens, au beau milieu de la nuit.
Est-ce vraiment important ?
Ah, oui ? Pourquoi ne pas l'avoir dit tout de suite, ma foi du bon Dieu ?
Alors Louie est �tendu l�, la main au ventre. Un enfant braille.
Puis quelqu'un dit : "Tirons au sort",
mais Hinky dit : "C'est moi le sergent. J'ai d�j� gagn�.
"Quand vous les entendrez, plongez",
puis il file dans les buissons.
Alors, nous y voil�. � vos marques, pr�ts... Et soudain...
Votre m�re au t�l�phone. Elle veut vous parler.
Une minute. Quoi ?
- Ma m�re ? - C'est en plein �a.
Mais je suis cens� �tre � l'�tranger !
- Tar� ! - Vous n'�tes pas � l'�tranger.
Vous �tes revenu avec nous de Guadalcanal.
Vous rentrez chez vous demain.
- Rentrer chez moi ? - Exact.
Allez.
ACHETEZ DES BONS DE LA D�FENSE NATIONALE
Tu es devenu marteau ou quoi ?
Il ne veut pas que sa m�re sache
qu'il n'est pas un marine.
- Puis apr�s ? - �a me d�range !
Du calme !
All� ?
C'est toi, maman ?
Salut, maman.
Oui, je vais bien. Bien s�r.
Je n'ai jamais �t� aussi en forme.
Comment �a va, maman ? Tu as re�u mes lettres ?
Oui, hein ? J'avais peur que tu te fasses du souci.
Je n'en sais trop rien, maman.
C'est difficile d'obtenir une permission, avec la guerre et tout.
J'ai pu faire un saut � San Frisco ce soir.
Que j'ai �t� bless� et honorablement dispens� du service ?
Qui t'a dit que j'avais �t� bless� et dispens� du service ?
Ainsi, elle ne se fera plus de soucis.
On ne peut pas vraiment appeler �a une blessure.
C'�tait plut�t une �gratignure.
C'�tait plut�t une fi�vre. Une petite fi�vre, c'est tout.
Peut-�tre que �a s'appelle une fi�vre tropicale, maman.
Non, je ne suis pas brave,
mais je ne vois pas comment je pourrais rentrer avant un bon moment.
Non, je ne suis pas gri�vement bless�. J'aimerais l'�tre pourtant.
J'ai dit que j'aimerais rentrer � la maison, mais je ne...
Non, maman, tu ne peux pas. Les visites sont interdites.
Elle connaissait sans doute le colonel. Mais il a une dent contre moi.
Je ne peux pas te le dire, maman. Secret militaire.
Non, je ne suis pas en prison. Qu'est-ce que je ferais l� ?
Je ne sais pas pourquoi il a dit que je rentrais,
il devait parler de quelqu'un d'autre.
Il avait plusieurs coups de fil � donner. Tu vois le genre.
Mais bien s�r que je veux rentrer. Pourquoi ne voudrais-je pas ?
Je meurs d'envie de te revoir, et Libby et tous les autres,
mais c'est la guerre, maman.
Attends une minute. Donne-moi ce t�l�phone.
Tu peux rentrer demain.
- Je sais ce qu'on va faire. - Quoi donc ?
Comme beurre dans la po�le ! Silence !
All�, Mme Truesmith ? Ici le sergent Heppelfinger.
- Ne t'inqui�te pas. - C'est �a. O.K.
�coutez, c'est d�j� emb�tant de porter cet uniforme sans cette...
H�, pas si vite. Sans cette m�daille.
De quoi tu parles ? Je ne sais m�me plus pourquoi je l'ai eue.
Tu sais d'o� �a vient ?
- Non. - Pas touche !
L'ennemi se faisait r�tir un porc en plein air.
La brise nous apportait ce fumet d�licieux,
et il est all� leur piquer.
- Tout un festin. - Rien qu'un porc.
- Je sais, mais... - Tu dois le porter.
On ne revient pas tout nu des �les Salomon.
Pas un Truesmith.
Rien � faire, les amis.
Ce plan ne me pla�t pas.
Pense un peu � ta m�re.
Le r�glement le stipule clairement :
"Le port de l'uniforme au foyer est permis, mais pas plus de 30 jours."
Et si tu avais d� partir d'Afrique
et rentrer � pied ?
�a ne regarde que toi.
Et pourquoi pas � la nage ?
- Pense un peu � ta m�re. - Le r�glement stipule clairement...
Il ne s'applique qu'aux marines.
Tu n'es plus vraiment un marine, et puis, le r�glement est �lastique.
J'ai d�j� �t� colonel quelques jours.
- Et j'ai pass� deux mois en carabousse. - Au garde-�-vous !
- Comment �a va, les gars ? - Bien, monsieur. Merci.
Retournons donc � ma chambre...
Baisse la main et tout se passera bien.
Embarquement !
- Allez, embarque ses bagages. - Non, non.
- Tu montes, oui ? - Non !
- Allez, hissez-le � bord ! - Non !
- Allez, faites-le monter ! - Ne me faites pas...
Non. Non.
�coutez, je ne veux pas �tre ingrat. Je sais que vous voulez mon bien.
Ce n'est pas l'achat des 7 billets qui me d�range.
Je suis honor� que vous rentriez avec moi.
Mais c'est l'uniforme. �a me rend nerveux.
- Tu ne peux rentrer sans. - Ni rentrer avec, quant � �a...
Fallait pas mentir � ta m�re.
Un Fran�ais que j'avais tir�
hors d'un cours d'eau, je crois.
Il devrait avoir l'insigne.
�a manque de s�rieux.
Non, je ne devrais pas avoir l'insigne. C'est d�j� assez tordu.
- Qui va le remarquer ? - "Qui va le remarquer" ?
Tu descends du train. On t'escortera.
On file dans une petite rue. Ta m�re t'attend sur le perron.
- Tu la serres dans tes bras. - �a oui.
Tu �tes ton uniforme, le ranges avec la naphtaline,
et te voil� de retour au foyer.
Elle est heureuse. Toi aussi. Youpi !
Et personne ne se doute de rien.
NOTRE H�ROS
BIENVENUE WOODROW
S'il vous pla�t. Voulez-vous bien attendre mon signal, s'il vous pla�t ?
- On r�p�te. - Bon, et bien alors r�p�tez.
DE LA WESTERN UNION
�coutez. S'il vous pla�t, ne restez pas ici. Allez ailleurs.
- S'il vous pla�t ! - Merveilleux, non ?
Il est parti depuis si longtemps et a donn� si peu de nouvelles.
Suivant les traces de son p�re, tu peux t'imaginer les risques,
les dangers qu'il a courus.
- Il doit �tre au courant pour Libby ? - Je ne sais pas, Martha.
Moi, je ne lui ai pas dit.
Ch�rie, �a ne te concerne pas.
Tu es ma fianc�e, un point c'est tout.
Je sais, mais c'est son retour.
Il s'attend � retrouver tel quel ce qu'il a laiss�,
au moins pour un court moment.
- Crois-tu que �a lui brisera le c�ur ? - Je ne sais pas.
Je ne vois pas le rapport.
E�t-il attendu un an,
on aurait peut-�tre �t� trois ici.
E�t-il attendu deux ans...
Tais-toi.
- C'est le sens du mariage, non ? - J'imagine, oui,
selon le point de vue strictement prosa�que d'un �leveur de b�tail.
Si tu ne trouves rien d'�mouvant dans le retour d'un...
- D'un h�ros. - Soit. D'un h�ros.
Si cela ne te fait aucunement chaud au c�ur...
Ma ch�re petite, j'ai tout tent� pour entrer dans l'Army.
- J'ai m�me menti sur mon �tat de sant�. - Oui.
- Ce n'est pas de ma faute si j'ai... - La fi�vre des foins chronique.
Je l'ai entendu des milliers de fois,
mais puisque tu en parles, ch�ri,
je me sens oblig�e de te faire remarquer que Woodrow l'a, lui aussi.
Ton p�re te demande.
C'est lui qui a rompu. Elle n'a rien � se reprocher.
Je ne suis au courant de rien, Martha.
- Je partage votre joie, Mme Truesmith. - C'est gentil � toi.
Lui direz-vous que je vais �pouser Forrest ?
Non, Libby. C'est � toi de le faire.
- Lui direz-vous, tante Martha ? - Moi ? Je ne peux pas.
Vous savez que ce n'est pas ma faute. Je l'aurais attendu toute ma vie.
Il m'a demand� de pas attendre, de l'oublier.
Il m'a m�me �crit qu'il ne m'aimait plus.
Il fallait savoir lire entre les lignes.
Je ne parle pas en premier ?
Qui parle en 1er, sinon le maire ?
�a m'amuse, peut-�tre, de jouer les cadres de porte...
Silence !
Bien, M. le Maire. Je ne suis que le pr�sident du comit� d'accueil,
- et... - As-tu apport� les cl�s de la ville ?
Oui, p�re, les voici.
Car je n'ai pas envie que,
comme avec le g�n�ral...
Laisse faire M. Pash, veux-tu ?
Sauf ton respect, mon tr�sor...
Ce Woodrow va devenir la coqueluche de la ville, docteur.
Il le m�rite.
Je me demande si vous et moi pensons � la m�me chose ?
Probablement.
Dans mon id�e, la c�r�monie commence
avec une fillette en blanc et un bouquet...
Dans ses petites mains sales. Je connais la chanson.
Puisque vous le dites !
Elle oublie son texte puis la paralysie s'installe.
Bon, alors occupez-vous-en.
Il vaut mieux que vous parliez apr�s Bissell.
Pour pouvoir le railler.
�a va, faites � votre guise.
- Je ne suis que le maire. - Merci, M. le Maire.
BIENVENUE DE LA WESTERN UNION
Pas devant le maire. Quelque part en bordure.
Tiens, est-ce une campagne �lectorale ou bien une...
As-tu les cl�s de la ville ?
Oui, p�re, juste ici.
- Mme Noble. - Oh, juste Myrtle.
M'en voudrez-vous si
je ne lui dis pas d'embl�e que je suis fianc�e ?
- Quoi ? - Quoi ?
Ce n'est pas convenable.
De tous les ennuis... De quoi parles-tu ?
C'est que je ne veux pas g�cher son retour avec une fausse note.
- Merci. - Oh, ch�ri.
Mais si, c'est convenable. Je comprends parfaitement.
Mais pas moi, m�re.
Parce que tu n'es pas femme.
Ne te fais pas de soucis.
En pareille circonstance,
je serais aussi dispos�e
� cacher mon union des semaines durant.
Ou encore des mois, en ce qui me concerne.
Il est comme �a en public, mais il comprend.
Allez, accueille-le et embrasse-le autant que tu veux.
- Merci. - Je ne suis pas tout � fait d'accord.
Elle l'embrassera sur la joue.
Embrasse-le o� tu veux, quelle id�e !
Nous savons accueillir un h�ros.
Pas en plein milieu, voyons. Allez, en p�riph�rie, si c'est possible.
Oui, s'il vous pla�t. En p�riph�rie.
Bon, �coutez.
J'entame Mademoiselle From Armentieres
et j'encha�ne avec Hail the Conquering Hero.
Vous ouvrez avec Mademoiselle ?
- Exact. - Et vous alors ?
A Hot Time in the Old Town Tonight.
Qui donc joue Home to the Arms of Mother ?
- Moi. - Votre nom ?
- Eddie. - C'est ma pi�ce, �a.
- Qui es-tu ? Eddie... - Teddy.
J'ouvre avec Hail the Conquering Hero.
Quoi ? Hail the Conquering Hero Comes ?
- Oui. - Non, non et non. Tu joues...
- � mort, o� est ton aiguillon ? - �a, on le conna�t pas.
On conna�t juste Hail the Hero et un bout de Marching Through Georgia.
- On joue ensemble depuis juste 1 semaine. - Pas si vite.
Tu l'auras ta vie durant.
Laisse-le l'avoir une heure.
- C'est la guerre, tu sais. - Et tu sais ce que Sherman en dit.
Ed encha�ne avec Mademoiselle
et passe subtilement � Hail the Hero.
Eddie joue Home to the Arms of Mother et toi, ce que tu connais !
On peut jouer aussi Let Me Call You Sweetheart ?
Certainement, je peux moduler �a � partir de A Hot Time.
Je peux relayer Mademoiselle
et laisser � Teddy Hail the Hero.
Et ainsi ficher en l'air mon programme !
Je n'avais qu'une matin�e
pour tout arranger, vous savez.
- Je suis d�sol�e. - C'est bon, jouez ce qui vous chante !
Oui, madame ?
Je veux aider. Gratuitement, avec joie,
- mais je sollicite votre coop�ration. - D'accord.
- Je chante l'hymne en do b�mol majeur. - Ah bon ?
Mais il ne veut pas le jouer.
On ne sait pas faire un do b�mol.
- Nous ne sommes pas musiciens. - Vraiment ?
Que chacun fasse de son mieux dans sa cl�.
- Pourquoi est-ce que... - Ils sont tous si gentils.
Bient�t Woodrow sera dans mes bras,
et je l'�treindrai, en oubliant cette lettre.
C'est une belle pens�e, ma petite.
Veux-tu que je garde ton alliance ?
Il ne s'agit pas que de ma m�re ! J'ai, ou plut�t j'avais une copine.
Tu lui as dit quoi ? Que tu rejoignais la Navy ?
Non, que j'�tais tomb� amoureux et qu'elle ne devait pas m'attendre.
Et maintenant ?
Dis-lui que tu es mari�.
� quoi bon ? Dis-lui que tu as divorc�.
Je ne sais pas mentir.
Et puis, peut-�tre qu'elle m'a d�j� oubli�.
Ta m�re sait cuisiner ?
- � merveille. - Chanceux, va.
Chanceux, tu parles !
�coutez, votre plan ne me...
Supposons qu'� la gare je vois
une connaissance et que...
On t'escortera. Ne te fais aucun soucis.
- J'aimerais bien, oui. - Oak Ridge.
- Ne fais pas �a ! - Relaxe, veux-tu ?
- Tout va bien aller. - Ta m�re a des conserves ?
Oui ! Tout va bien aller ? Rien ne va plus, oui !
Allez-vous cesser de tout m�langer ! C'�tait clair et simple pourtant...
O� est pass�e Mamie ?
- Elle s'�clipse sans arr�t. - Elle va revenir.
- C'est le trac. - Oui.
Le train arrive !
Pas maintenant !
Pas maintenant !
Je ne vous ai pas dit de...
- C'est quoi, cette musique ? - Soignez votre tenue, messieurs.
C'est quoi, cette musique ?
- Pr�t pour la c�r�monie ? - La c�r�monie ?
Pour vous tous, je crois.
Six orchestres et tous les notables y sont.
Laissez-moi sortir !
Du calme. C'est sans doute pour quelqu'un d'autre.
C'est pour lui. C'est �crit "Bienvenue Woodrow".
- Laissez-moi sortir ! - Tu ne ferais qu'empirer les choses.
Donnez-moi ce sac !
Ouvrez-le, je me cache dedans, et vous me sortez.
Vous vous excuserez pour moi.
Pas lorsque le train est en gare.
Alors j'y vais en sous-v�tements !
�a suffit ! Le train entre en gare.
Non, pas maintenant !
Non !
Il y a l� 4 orchestres. Une m�daille n'est pas assez.
4 orchestres ? �te cette veste ! Donne-moi la tienne !
Madame, je vous en prie... Je n'ai pas...
Pas maintenant !
- Assez ! - Vous faites une grosse erreur !
Pense un peu � ta m�re !
Allez, et �tez-moi ces chevrons !
Je vous dis de me donner mon costume !
Parfait, on l'emm�ne en avant. Tr�s bien, s'il vous pla�t, parfait.
Bienvenue, Woodrow.
Silence ! S'il vous pla�t.
S'il vous pla�t ! Silence ! On est fin pr�ts pour la c�r�monie d'accueil.
Allez, Mamie.
Bienvenue, jeune guerrier.
Ta ville natale se r�jouit de ton retour sain et sauf au foyer
et t'offre avec le plus grand plaisir
ce joli bouquet de del-phinimiums.
Si tu veux bien me suivre.
M. Noble a pr�par� un discours pour l'occasion.
BIENVENUE AU FILS DE HINKY DINK
Bienvenue chez toi, Woodrow.
Silence ! Parole au maire !
Amis, �lecteurs,
h�ros militaire
et ex-employ� de la Noble Chair Company, Si�ges en tous genres,
de retour dans les bras de ta m�re...
Non, non, non, non !
Silence, silence, silence !
C'est avec un profond sentiment d'humilit�
que j'acclame ce h�ros conqu�rant !
Non, non !
Non, non, non.
Pas avant mon signal, s'il vous pla�t !
Je disais...
Je disais...
Silence !
C'est avec un profond sentiment d'humilit�
que je souhaite la bienvenue � ce jeune marine.
Hourra !
Les actes parlent mieux que les mots.
Ici parlent les siens !
Hourra !
Du palais de Montezuma
jusqu'aux rives de Tripoli...
Non ! Non ! Non !
Non, non, non, non !
Hot Time in the Old Town Tonight. Une, deux...
Faites comme vous voulez !
Allez, les gars, Mademoiselle From Armentieres.
Je disais que c'est avec un profond sentiment d'humilit�...
Vas-t'en !
- que je te pr�sente les cl�s de la ville ! - Mais M. le Maire...
Silence !
J'aurais aim� savoir qu'il am�nerait 6 amis.
J'ignore ce qu'on aurait fait sans l'amabilit� de tout le monde.
J'y vais.
Oh, ch�re !
Au cas o� vous seriez � court, je vous ai apport� quelques babioles.
C'est vraiment gentil � vous, M. Schultz, mais mon cr�dit est � z�ro.
Gracieuset� du march� Schultz.
- Mme Truesmith... - Chut !
Y compris des bonis, avec tous nos compliments.
Eh bien, posez �a l�. Tout le monde a �t� si gentil.
- Ce que j'aimerais �tre un marine ! - Patience.
Le temps que je grandisse, ce sera sans doute fini.
Puisse le bon Dieu t'entendre !
Combien de Jaunes il s'est fait, Woodrow ?
Je n'en ai aucune id�e, Teddy.
J'esp�re qu'il n'a pas �t� trop sanguinaire.
Silence !
Et s'il y a quoi que ce soit,
m�me en dehors des heures d'ouverture,
Teddy fera volontiers la livraison.
Je commence � �tre crev� de...
Au revoir, Mme Truesmith,
et je me r�jouis pour vous.
En perdre un, c'est bien assez de chagrin.
Les voil� !
Juste le temps de me laver avant d'aller � l'�glise.
- Est-ce que je suis pr�sentable, Martha ? - Bien s�r.
Et bien nous y sommes.
Pas de doute, c'�tait une excellente id�e.
Qu'est-ce que tu racontes ? C'�tait beau � voir.
Ton la�us devant la statue du g�n�ral Zabriski m'a �mue.
Merci beaucoup. Si vous voulez bien m'excuser.
- Woodrow, il faut que je te parle. - Tu devras attendre un peu que...
Woodrow.
Salut, maman.
- Tu vas o� comme �a ? - Me changer.
- On va �tre en retard � l'�glise. - Tant pis.
Garde donc ton uniforme quelque temps.
Tu as si belle allure.
Je viens de l'expliquer. C'est contraire au r�glement. Il...
- C'est ridicule. - Je le pense aussi.
Ton grand-p�re a port� son uniforme jusqu'� sa mort.
Il s'en faisait faire des neufs.
Pour garder vif le souvenir
de cette lutte fratricide.
- Son cas �tait diff�rent. - Alors d�p�che-toi, ch�ri.
Allez, monte. D�p�che-toi.
Il a l'air contrari�.
Je crois que c'est compr�hensible, apr�s ce qu'il a travers�.
Il a eu la fi�vre tropicale.
Fi�vre tropicale ?
Ils courent tout nus dans la for�t avec leur couteau entre les dents.
Oh non, pas du tout, madame.
Vous pensez aux cingl�s.
- Les marines s'habillent toujours bien. - �videmment.
- Vous devez �tre le sergent Heppelfinger. - Enchant�.
Je vous pr�sente le caporal Candida.
Comment a-t-il pris la nouvelle ?
Je ne lui ai pas encore annonc�e. Il y avait tellement de bruit.
Vous avez connu mon sergent. J'aimerais que vous le voyiez.
J'aimerais que tous vous le voyiez.
- Le voici. - Tenue droite !
Merci.
Il a l'air si jeune � c�t� de moi.
Maintenant j'ai deux h�ros.
J'ai huit h�ros.
Vous pouvez me mettre sur votre drapeau. Je n'ai personne d'autre au monde.
J'en serais fi�re.
Oh, on va �tre en retard.
Woodrow ! Woodrow !
- Martha. - Oui ?
Pense � la dinde dans le four.
Sally Truesmith, je sais comment faire r�tir une dinde.
Rater un r�ti ? Jamais.
Tu vois, tout s'est bien pass�.
Sauf que j'aurai mauvaise conscience le reste de mes jours.
Un bien maigre souci, crois-moi.
Sauv�s du p�ch� et des souillures d'ici-bas
Foyer, doux foyer
Notre foyer � jamais
Le long p�lerinage derri�re soi
Accueilli chez soi et ne plus errer
Sauv�s par J�sus
Enfin de retour au foyer
Et maintenant, j'ai une t�che tr�s agr�able � accomplir.
D'habitude, le dimanche, je dois vous gronder quelque peu,
car enfin, c'est pour �a qu'on me paye,
et je m'efforce de m�riter mes �moluments,
mais aujourd'hui est un jour de r�jouissance.
Des collines, le chasseur rentre chez lui.
Du champ de bataille, le h�ros.
Rentrer chez soi.
Quelle belle expression.
Retrouver chez soi les bras de sa m�re,
veuve d'un autre h�ros
fauch� dans la fleur de l'�ge.
Les bras d'une m�re qui, bravant l'indigence et les privations,
a �lev� son fils avec droiture et courage,
pour qu'il puisse un jour marcher dignement sur les pas de son p�re.
Il y eut des ann�es difficiles. Il y eut des mois sans travail,
et le vent glacial des r�alit�s souffla sur cette femme fr�le
prot�geant son petit gar�on.
Elle ne poss�dait qu'une chose, son foyer.
La petite maison blanche au bout de Oak Street.
Le foyer des h�ros.
Elle s'y agrippa fermement
jusqu'au jour o�, ses ressources ayant �t� �puis�es,
elle fut oblig�e de l'hypoth�quer.
J'ai ici le document en question,
rachet� par les citoyens reconnaissants de notre district.
Rachet� avec profond respect par les citoyens reconnaissants de notre district
qui m'ont pri� de proc�der au c�r�monial suivant.
Vous noterez que je n'ai rien de cach� dans les manches.
Tout le monde a �t� si gentil.
Touchant, r�v�rend.
- Tout s'est bien pass�, hein ? - C'�tait une tr�s belle c�r�monie.
Et je rembourse commment ?
Ils auraient d� le faire il y a longtemps par �gard pour ton p�re.
- La v�rit� finira par �clater. - Mais non !
- On aimerait ton avis. - � quel sujet ?
- Le site du monument. - Monument ?
Certes, le g�n�ral a la meilleure place,
mais on l'a assez vu.
- Quel monument ? - Tu n'es pas au courant ?
Oh, bien s�r que non.
On t'�rige un monument avec les dons publics.
Battons le fer pendant qu'il est chaud, non ?
H�, pas si vite !
En granit sans doute, modeste.
Le bronze co�te les yeux de la t�te.
Juste pour notre actuel h�ros de guerre.
�coutez, si quiconque m�rite un monument,
- c'est mon p�re, pas moi ! - Exact.
Il y sera aussi. Toi et lui vous serrant la main.
�a s'appellera "Tel p�re, tel fils".
Juste devant la gare se trouve un lotissement,
et je me disais que si ce n'�tait pas trop...
Qu'est-ce que j'ai dit ?
Tu ne lui as pas encore dit ?
Je n'en ai pas eu l'occasion.
Il y a toujours un obstacle : soit l'orchestre,
soit le rachat de l'hypoth�que...
- Soit la statue en son honneur. - Je n'y peux rien.
J'imagine que tu es fi�re de lui ?
Et pourquoi pas ? J'ai grandi avec lui.
Moi aussi, mais je ne me p�me pas...
Tu es juste envieux.
- Bon, fait �a vite, veux-tu ? - Bien entendu.
Une d�licieuse d�rive sentimentale et 7 hommes affam�s � nourrir.
Sapristi !
- H� ! - Quoi ?
Je fais quoi maintenant ?
- Laisse la poussi�re retomber. - �a tombe tout seul, une statue ?
Eh bien, tu es difficile � satisfaire !
On veut se lever, tu veux t'asseoir.
On veut te serrer la main, tu veux garder les bras crois�s.
On la veut devant la gare,
tu la veux sur le site du g�n�ral,
jusqu'au jour o� on te demande : "C'est oui ou non ?"
Et toi : "Dans ce cas, c'est non."
Plus d'ennuis.
- Qu'est-ce que je fais avec l'hypoth�que ? - Peut-�tre que...
- Ce qui t'arrive n'est pas de ma faute... - Oh si !
- J'allais me cacher... - Un marine ne se cache pas !
Semper fidelis. �a veut dire "ne pas se d�filer".
C'est faux ! �a veut dire "toujours fid�le" !
Exactement, fid�le � ta m�re.
�a ne veut pas du tout dire �a. �a veut dire fid�le aux...
C'est quoi ton probl�me ?
Tu es chez toi. Ta m�re est heureuse. Ses yeux brillent.
Ta blonde t'aime toujours et la ville a c�l�br� ton retour.
- C'est vrai ! - J'aimerais �tre � ta place.
J'aimerais vous y voir !
Je ne veux pas �tre ingrat.
Je sais que vos intentions sont bonnes...
La poussi�re va retomber.
Le tableau est parfait, � part quelques d�tails.
Ce genre de d�tail peut me valoir la potence.
Qu'est-ce que tu racontes ?
J'ai �t� un h�ros, on peut le dire, c'�tait il y a 25 ans,
est-ce qu'on me demande ce que j'ai fait ?
Et puis, je dirais quoi ?
J'en ai mille versions diff�rentes.
Ce n'est pas comme si tu voulais les duper. Mardi on t'aura oubli�.
- J'esp�re que vous avez raison. - Bon.
- Prends le g�n�ral Zablitzki. - Zabriski.
- O� a-t-il combattu ? - Lui et sa statue, �a n'a rien � voir.
Une usine sid�rurgique
en faillite nous l'a vendue.
C'�tait une bonne affaire.
Et bien tu es le seul � le savoir.
Aux yeux de tous, c'est un h�ros.
Il a sa statue au parc, et les oiseaux se perchent dessus.
Lui et moi, c'est pareil, le perchoir except�.
- �coutez. - Woodrow.
- Oui ? - Je peux te parler une minute, s'il te pla�t ?
Bien s�r.
Woodrow ! D�p�che-toi, le souper est servi.
Vous aussi, sergent. Tu te joins � nous, Libby ?
- On serait ravis de t'avoir avec nous. - Merci. Je...
Allez, Libby.
- Si c'est pas beau, �a ! - Tu me passes le sel, dis ?
Une petite tarte, pour boucher les coins.
Oui, m'dame, je vais devoir la manger en petits morceaux.
Tiens, voil�.
Tu n'as pas faim, Woodrow ?
C'est sans doute l'agitation qui m'a tordu l'estomac.
- C'est la fi�vre. - Non, ce n'est pas �a.
�a ne m'a jamais d�rang�, sauf...
- Tu vois ? - Pas du tout.
Ce n'est pas...
Tu vas la faire craquer, notre belle maison.
- C'�tait vraiment un beau geste ! - C'est le plus beau jour de ma vie.
Woodrow, si tu as fini, tu veux bien m'accompagner dehors un instant ?
- J'aimerais te dire quelque chose. - Bien s�r.
- Le voil� qui arrive. - Qui arrive ?
Je vais voir ce que c'est.
�a ne va pas, Woodrow ?
Il se sent fi�vreux ? Touche-lui le front.
Je ne me sens pas fi�vreux.
Woodrow, le juge Dennis, le sh�rif, M. Bissell
et d'autres veulent te voir sur-le-champ.
- Ils sont au salon. - Pour quelle raison ?
Ils ne me l'ont pas dit. Juste...
Sans doute pour un bapt�me � ton nom.
Qu'est-ce qu'il y a, ch�ri ?
- Bon apr�s-midi, juge Dennis. - Te voil�, Woodrow.
O� sont les m�dailles ?
Les m�dailles.
Je les portais juste pour mon arriv�e.
- J'imagine que je n'aurais pas d�. - Qu'est-ce que tu veux dire ?
Si tout homme vertueux en portait,
on pourrait mieux distinguer les bons des m�chants.
Vous avez s�rement raison, d'accord. Je suis pr�t.
- J'ai m�rit� ce qui m'arrive. - Sans aucun doute.
- Au revoir, maman. - Qui t'en a parl� ?
- Je ne suis pas encore d�bile. - De quoi parles-tu ?
- Vous n'allez pas m'emmener ? - Pas du tout.
- On va le faire ici m�me. - Ah, oui ?
Woodrow, il y a quelque chose de pourri dans cette ville.
- Je le sais. - D'o� notre pr�sence.
Je sais, mais faut-il vraiment que ma m�re assiste � �a ?
Venons-en au fait.
Le d�faut de notre parti, c'est que tout le monde y parle trop longtemps.
C'est le d�faut de tous les partis.
Woodrow, il y a quelque chose de pourri dans cette ville.
Cessez de gratter le bobo. Je suis pr�t.
Rien qu'on puisse clairement identifier, mais quelque chose qui se sent.
Comme si la ville �tait �go�ste.
Chacun pense � ses petits profits, aux fa�ons de contourner l'imp�t,
aux raisons de ne pas acheter d'obligations, de ne pas travailler trop dur
ni travailler la nuit, parce que c'est plus agr�able le jour.
Autant de choses acceptables en temps de paix.
Des choses appel�es "�pargne" et "d�tente"
qui ont contribu� � b�tir des fortunes, mais qui sont malhonn�tes en temps de guerre.
Exact.
La devise de cette ville est "Les affaires comme d'ordinaire",
mais nous pensons qu'�tre en guerre n'est pas ordinaire
et que mener ses affaires comme d'ordinaire est mal.
Nous voulons donc un homme honn�te � la mairie.
Un homme honn�te qui nous secoue et nous dit les v�rit�s
que son exp�rience lui a acquises.
Un homme honn�te capable de dire la v�rit� et de vaincre.
Nous avons un tel homme dans nos rangs,
mais personne ne vote pour lui � part son fr�re et sa femme.
Et je ne suis m�me pas s�re d'elle.
Je suis tout sauf populaire.
En d'autres mots, Woodrow, nous voudrions que tu remplaces docteur Bissell.
- La vertu l'emportera. - Exact.
Mais je ne suis pas v�t�rinaire. Je prendrais la queue d'un cheval pour sa crini�re.
Nous voulons que tu te pr�sentes � la mairie aux prochaines �lections.
Me pr�senter � la mairie ?
- On acclame le nouveau maire ! - Hip, hip, hip...
Hourra !
- Hip, hip, hip... - Hourra !
- Vous vous... - Hip, hip, hip...
- Hourra ! - Sortons-le !
Mesdames et messieurs, voici notre nouveau maire !
D'abord quelques mots du docteur Bissell.
Je serai encore plus bref que d'habitude.
Vous savez o� je me situe, ce que j'approuve, ce que je r�prouve.
Notre parti a la chance d'avoir trouv� un porte-�tendard plus digne encore
que je ne l'ai �t� ou aurais pu l'�tre.
Un homme qui a combattu au-del� des mers. Un homme qui luttera pour vous et vaincra !
Pour le bien de notre parti,
pour le bien de notre ville et de son effort de guerre,
pour le bien des �tats-Unis d'Am�rique,
je vous demande donc
de voter pour le caporal Woodrow Lafayette Pershing Truesmith !
Avant de c�der la place au principal int�ress�,
je souhaite faire observer qu'il se pr�sente devant vous non pas en h�ros
orn� des m�dailles
qu'il a si vaillamment gagn�es et si pleinement m�rit�es,
mais en tant que simple citoyen, en gar�on de retour dans sa ville natale !
Qu'il suffise de mentionner, pour d�crire son caract�re,
qu'il refuse d'arborer ses d�corations !
Mesdames et messieurs, voici M. Truesmith !
Mesdames et messieurs,
je souhaiterais �tre mort.
Vous commettez une grosse erreur !
Oh, non !
J'adore ma m�re.
Il a un v�ritable flair politique.
Mais elle n'aurait pas d� vous dire que je rentrais
et occasionner toute cette pompe � la gare.
Je ne le m�rite vraiment pas.
C'est �a, remets-en !
Il y a beaucoup, beacoup d'hommes,
n'importe lequel de ces jeunes hommes, par exemple,
beaucoup, beaucoup plus valeureux que moi.
Les m�dailles accroch�es � ma poitrine,
on peut presque dire qu'elles y ont �t� accroch�es par erreur.
Je vous en prie, croyez-moi.
Je connais chacun d'entre vous depuis mon enfance.
J'ai tondu votre pelouse.
J'ai livr� du lait pour vos b�b�s.
Je connais m�me vos chats et vos chiens.
Brillante, l'id�e du lait-pour-b�b�.
Prochaine �tape, la pr�sidence.
Rien ne me ferait plus plaisir que d'�tre digne des honneurs que vous me faites.
J'aimerais pouvoir les accepter.
Et comment !
Je ne suis pas un h�ros !
Je n'ai pas la longue exp�rience de docteur Bissell avec les animaux.
C'est lui l'homme qu'il vous faut !
- Non, non, non. - Je vous remercie.
Pour l'amour du ciel,
je n'ai jamais v�cu autant d'�v�nements en un seul jour.
- C'�tait magnifique, magnifique ! - Oh, mon fils, magnifique !
Je n'ai pas entendu discours politique
si r�ussi depuis Bryan et la couronne d'�pines.
Je n'ai rien � t'apprendre, Woodrow.
Si je peux me permettre une suggestion,
par la suite, ne d�value pas � ce point ton r�le de h�ros.
- Je ne suis pas un h�ros. - Malgr� ta modestie.
Ils ont appr�ci�, tu sais.
Peu importe, le sergent s'occupe de ce volet.
Le sergent s'occupe de...
Par la suite ? Mais de quoi vous parlez ?
... au sujet de Woodrow.
Qu'est-ce que...
Je ne sais pas comment il va le prendre.
Parions que, modeste comme il est, �a ne lui plaira pas du tout.
Je risque de manger un poing sur la gueule avant d'avoir fini.
Qu'est-ce qu'il raconte ?
Quoi qu'il en soit, le r�cit suivant montre bien son courage
et sa d�brouillardise.
Bien !
Je vais vous raconter comment il m'a sauv� la vie.
Qu'est-ce qui lui prend ? De quel droit ?
Non, non, non, Woodrow. Relaxe.
Nous sommes sur la plage de Tanaru Bay.
Soudain on entend : "Ils arrivent ! � couvert !"
Et de la jungle, derri�re une pluie de balles, arrivent 200, peut-�tre 300 Japonais.
Je me tourne, mon pied se coince dans...
Je ne sais pas exactement dans quoi. J'�tais press�, voyez-vous ?
Mais je suis coinc�. Je suis perdu.
J'entends une voix qui dit : "Pas de panique, l'ami."
Et � c�t� de moi je vois Woodrow !
Pas encore ! Pas encore !
Tout va bien.
C'est tr�s bon pour toi.
- Je ne veux pas me pr�senter � la mairie. - Non ?
Tu deviendrais maire sans difficult� si tu...
- Ne bois pas �a, Woodrow. - C'est du vin de cuisson.
Pas d'erreur, je suis cuit !
Zou, il en abat un autre ! Zou, un autre heurte le pont !
A�e ! Il en assomme deux avec la crosse de son fusil !
La t�te baiss�e, on court un peu, puis � terre !
Zou, zou, et deux des n�tres mordent la poussi�re !
Alors il saisit la mitrailleuse.
Mais les Japonais continuent d'affluer, et lui de tirer.
La mitrailleuse finit par chauffer. Ses mains br�lent,
mais Woodrow reste � son poste.
J'essaye de m'approcher de lui,
puis je re�ois un solide coup.
Je suis �tendu inconscient, et quelqu'un me tra�ne � l'abri.
Et quand j'ouvre les yeux, qui je ne vois pas : Woodrow !
EVERETT J. NOBLE VICTOIRE PAR LA VIGILANCE
� nouveau, concitoyens,
vous m'avez choisi pour maire. Applaudissements.
Et � nouveau, j'accepte cette charge.
Change �a par "responsabilit�".
J'accepte la responsabilit�...
Ajoute "lourde".
J'accepte la lourde responsabilit�...
Non, mets juste "responsabilit�".
- Faudrait te d�cider. - Quoi ?
Et ne va pas si vite. Je n'ai pas l'habitude.
- O� elle est, Libby ? - Du calme.
C'est ma secr�taire, tu sais,
qu'importe qui elle �pouse.
�a veut dire quoi, �a ?
Je veux dire, m�me si c'est ta fianc�e.
Bon, o� en �tais-je ?
"� nouveau, concitoyens,
"vous m'avez choisi pour maire, applaudissements.
"Et � nouveau, j'accepte cette charge.
"Change �a par 'responsabilit�'. J'accepte la responsabilit�.
"Ajoute 'lourde'. J'accepte la lourde responsabilit�.
"Non, mets 'juste responsabilit�'."
Tu es idiot ou quoi ?
J'accepte cette responsabilit� avec humilit�, gratitude et fiert�.
- Tu as dit "juste responsabilit�". - Oui.
�a veut dire "responsabilit�" sans adjectif.
Jovial Josaphat !
Bon, o� en �tais-je ? Ne me le dis pas !
J'accepte cette responsabilit� avec humilit�, gratitude
et fiert�.
C'est absurde de dire "avec humilit� et fiert�".
Ce sont des antonymes.
Humilit� et fiert� signifient deux choses contraires.
- C'est absurde ? - C'est absurde.
- J'ai toujours dit �a. - Probl�me de s�mantique.
J'ai un programme politique, pas s�mantique.
Je laisse parfois ma s�mantique d�raper.
- Oh, oui ! - � dessein !
�a met une touche de simplicit�, mains r�ches et bon c�ur.
Bon, o� en �tais-je ?
"Avec humilit�, gratitude et fiert�."
- Enl�ve "humilit�". - Laisse-le.
Enl�ve-le !
Fais donc ce que je te dis au lieu de rester l� avec ton air nunuche
� m'emb�ter juste parce que ta petite amie est avec quelqu'un d'autre.
- Quoi ? - Bon, o� en �tais-je ?
"Avec gratitude et fiert�."
Et humilit�.
- C'est quoi cette gueule ? - Rien.
Alors passons. Bon...
- Il �tait temps. - Je suis d�sol�e.
EVERETT J. NOBLE VICTOIRE
Je m'en occupe, Forrest.
Je devine que le h�ros conqu�rant est chez lui.
- En effet. - Tu as pleur� ?
Bon, poursuivons ce discours sans autre interruption.
Dicter � mon fils, c'est comme dicter � une �ponge.
M. Noble, avant de poursuiv...
Sans autre interruption, s'il vous pla�t.
- Avec votre permission. - Bien s�r.
- Pourquoi as-tu pleur� ? - Plus tard.
Bon, o� en �tais-je ?
"Avec humilit�, gratitude et fiert�."
- C'est absurde. - C'est absurde ?
Il y a contradiction.
Aurais-tu la bont� de me laisser dicter mon propre discours ?
- Je suis d�sol�e. - Bien.
En tant que pr�sident de Noble Chair Company,
Si�ges en tous genres,
je suis pour la plupart d'entre vous... Non, "plusieurs".
Ou plut�t, "certains". Votre employeur,
mais en tant que maire de notre belle ville, je suis votre serviteur � tous.
C'est bien tourn�.
- Il n'y a pas de raison. Il n'y a qu'�... - Agir et mourir.
Quand j'aurai besoin de ton aide, je te le ferai savoir.
Il n'y a qu'�... Qu'est-ce que tu regardes ?
- Rien. - Alors passons.
Il n'y a qu'�...
Qu'est-ce que tous ces cris dehors ?
C'est pour Woodrow. J'ai essay� de vous le dire.
M. Bissell et les autres sont venus...
J'imagine que c'est naturel, tant qu'ils n'exag�rent pas.
- Bon... - "Il n'y a pas de raison. Il n'y a qu'�..."
Pr�ter l'oreille et ob�ir.
Dieu m'est t�moin que je ne recherche pas cette distinction,
mais puisque vous me l'imposez, quel choix me reste-t-il ?
- �pargne ta salive, Evvy. - Quoi ? Pourquoi ?
Bissell a c�d� sa place � Woodrow, le h�ros local.
� Woodrow, le h�ros local ?
- Va falloir se battre. - Celui que j'ai accueilli ?
- Exactement. - Un v�ritable opposant.
Il a tenu tout un discours.
- Excitant, non ? - Veux-tu te taire un instant ?
- Candidat � la mairie ? - Exact.
Il �tait si timide, mais si viril en m�me temps...
Je t'en prie... Se pr�senter contre moi ?
- J'ai essay� de vous le dire. - S'il...
Impossible, pas � deux jours des �lections.
C'est possible et r�el.
L'occasion d'user de ton �loquence.
C'est impossible. C'est ill�gal, tiens !
Allons donc ! Cela signifierait que tout individu d�vergond�
frais sorti de prison pourrait...
Individu d�vergond�, M. Noble ?
Woodrow n'a rien d'un d�vergond�,
et il revient de guerre, pas de prison.
- C'�tait une fa�on de parler. - Peu importe.
P�re s'est mal exprim�.
Peut-�tre pas si mal. De quel c�t� es-tu ?
Celui du c�ur, bien s�r.
- Car je ne veux pas d'espion ici. - P�re !
Everett, pour l'amour !
- Il ne le pense pas, Libby. - Si !
Si ma pr�sence vous g�ne,
je n'ai rien � faire ici.
C'est ta fille, ent�t�.
- La fianc�e de ton fils. - Pas la mienne.
Quand je ne me fie plus �...
Elle vivra sous ton toit.
Jamais de la vie. Plut�t partager la niche avec le chien.
- Alors au revoir, M. Noble. - Au revoir, Mlle Je-ne-sais-quoi.
Libby, pour l'amour...
Allez, quitte le ravin... Le navire qui sombre.
Tu n'as pas honte ? Tu n'as pas encore sombr�.
Tu as encore beaucoup de soutien.
Tout ceci demeure ill�gal.
- Il est inscrit au scrutin ? - Inutile.
Le votant l'inscrit � l'endroit pr�vu sur le bulletin.
Cet espace a une autre fonction.
�a permet de compter... C'est pour �crire la date.
Appelle mon avocat !
� l'instant m�me, mais crois-moi,
nous vivons dans un pays libre. Le vote est libre.
Mais c'est inadmissible !
Je sais, mais c'est ainsi, et vu d'ici, �a s'annonce mal.
- Il a des chances de l'emporter ? - Des chances ? Une avalanche de chances.
All�. Max ?
On l'est tous un peu.
Parler ainsi d'un gar�on qui a risqu� sa vie
pour permettre � Noble Chair de faire son 12 %.
Les affaires, tu parles.
La Noble Chair Company fait 24 %,
ce qui est ordinaire, mais p�re n'est pas m�chant.
C'est le langage des politiciens entre eux.
Et pour Woodrow, p�re est un moulin � paroles.
- Et il a raison de le penser. - Merci.
Excuse-moi. Je crois qu'on est tous un peu retourn�s.
De toute fa�on, tu aurais quitt� son service
apr�s le mariage, non ?
Et j'aurais fait quoi ? Tricoter ?
Tu aurais pu t'occuper de nos enfants
avec la bonne.
- Merci de m'avertir. - Tu es s�rieuse ?
Bien s�r que non. Je suis incapable de penser clair,
mais ton imb�cile de p�re
qui parle sans discernement de gens qu'il ne conna�t pas.
C'est le grand-p�re de tes futurs enfants.
Tu cherches � me d�moraliser ?
S'ils devaient lui ressembler...
Je ne lui ressemble pas, moi.
J'avais remarqu�. L�-dessus reposent mes espoirs.
On recommence � se manquer de respect, non ?
On dirait bien.
Le retour du h�ros a peut-�tre modifi� tes sentiments pour moi.
Non, ce n'est pas vrai.
Je te vois comme je t'ai toujours vu.
Tu es int�gre et digne, grand et prosp�re,
tout ce dont une fille sens�e peut r�ver.
Merci.
Si seulement Woodrow avait pu revenir � un autre moment !
- Quel rapport avec nous ? - Oh, aucun.
- �a met de la pagaille, c'est tout. - Je ne comprends pas.
Devrais-je te donner � lui
sur un plateau d'argent ?
Oh, ne dis pas de b�tises.
Et dire : "Voici, � noble h�ros, c'est ma fianc�e,
"mais je ne suis rien qu'un civil, alors elle te revient, prends-la.
- "Au diable le d�corum !" - Pour commencer, je ne l'int�resse pas.
- Oh, tu lui as demand� ? - Non.
Ensuite, nous sommes fianc�s.
C'�tait une d�cision m�rement r�fl�chie, et ce qui est fait est fait, point.
Qui voudrait d'une girouette
qui change d'id�e sans arr�t ?
Pas moi.
Personne, en fait.
Merci.
- O� est ton alliance ? - C'est ma tante qui l'a.
Je craignais de la perdre au milieu de la cohue.
- Au fait, comment il a pris la nouvelle ? - Oh, tu veux dire, Woodrow ?
Bien entendu, Woodrow.
Qui d'autre est concern� ?
Je n'ai pas encore eu l'occasion de lui dire.
- Tu ne lui as pas encore dit ? - Manque de chance.
Tout l'apr�s-midi tu t'es dor�e de sa gloire ?
L'occasion ne s'est pas pr�sent�e.
Si tu veux, je vais la cr�er l'occasion.
- Non, c'est bon. - Sacr� nom d'une pipe !
- Ne jure pas comme ton p�re. - Et tu lui diras quand ?
J'irai le voir bient�t.
- Sois r�solue et joliment habill�e. - Oui.
- Et �vite de le chagriner. - J'essaierai.
Sacr� nom d'une pipe. Est-ce qu'on se revoit ce soir ?
- Non. - Bon, alors bonne nuit.
Bonne nuit, ch�ri.
Dis, tu n'as pas d'autres ex-copains
dans l'Army ou la Marine Corps ?
Non, ch�ri. C'est le seul.
C'est un triste sort qu'elle nous r�serve, la guerre.
Elle nous enl�ve notre homme, et soit elle ne nous le renvoie jamais,
soit elle nous le renvoie sans pr�avis pour tout embrouiller.
Sans aucun �gard.
Allons, allons, allons.
... et quand je dis encercl�, je veux litt�ralement dire encercl� !
Une pour la petite fille.
Nous voulons Woodrow pour maire.
- M-E-R ? - M-A-l-R-E. Qu'est-ce qui t'arrive ?
Quel rapport avec l'oc�an ?
Providentielle, l'arriv�e de cette nourriture.
Providentielle, l'arriv�e de Woodrow.
- Gagnez avec Woodrow ! - Un sp�cial Woodrow.
- �a s'en vient. - Tout ce qu'il y a de mieux.
Gagnez avec Woodrow. Faites attention, l'encre est fra�che.
Pas si vite. Il tient debout.
Il court vers nous, la mitrailleuse sous le bras.
Il les a bern�s, comprenez ?
Leurs fusils commencent � canarder, mais il a atteint le bois.
Nous sommes sauv�s, et tout en chancelant...
Ta m�re t'a dit de ne plus y toucher.
H�, j'ai quatre ans peut-�tre ? Rends-moi �a...
Sois raisonnable et �coute ta m�re.
Ne lui cause plus d'ennuis.
- Je lui ai caus� des ennuis ? - Oui.
Tu m'as caus� des ennuis. Toi et ton complexe d'orphelin.
�coute, t�te de noix, encore un sarcasme et...
Qui fait des sarcasmes ? Tout ce que j'ai dit, c'est...
- Et bien ne le dis pas. - Tu es marteau ou quoi ?
Possible.
Oh Woodrow, n'est-ce pas merveilleux ? Je suis si fi�re de toi.
On manque de sucre. Oh, mon gar�on.
Il n'y a rien qu'un...
- Tu as vu son regard ? - Oui, je l'ai vu.
Et bien, c'est �a notre salaire.
Tu n'es donc pas capable de comprendre, t�te f�l�e...
O.K., tu es le suivant. Conte-leur la fois o� tu es
rest� le pied pris dans un gadget
au beau milieu du camp ennemi,
situation d�sesp�r�e si ce n'e�t �t� de...
C'est fini, vos boniments
qui sont en train de creuser ma tombe ?
Ils les avalent et en redemandent.
Je peux leur conter la fois � Tulagi ?
O.K. mais tu fais Smitty, lui prend ta place,
- et vous en sortez tous deux vivants. - O.K.
Tout roule � merveille.
Tu remportes la course et puis bonsoir !
Vous ne comprenez pas. La fraude �lectorale...
O� est la fraude ? Tu as bien �t� un marine.
�coute, moi non plus je ne m'attendais pas � �a,
mais c'est arriv�, alors faisons avec.
Ils veulent des h�ros, on a en six.
D'accord, on en ajoute un 7e, pour la chance. Et puis apr�s ?
On le fait pour ta m�re, petit.
La Fortune n'a qu'un seul cheveu sur la t�te,
il faut l'attraper au passage,
car rares sont les deuxi�mes chances.
Je ne veux pas d'une deuxi�me chance. Pas un poil.
Bon gr� mal gr�, tu en as une.
Ne voyez-vous pas que tout �a repose sur des mensonges ?
Quels mensonges ? Tu t'es tromp� de veste en sortant du train.
- �a arrive. - Les mensonges que vous contez dehors.
On conte des mensonges dehors ?
Tout ce qu'on conte est vrai, sauf qu'on a chang� les noms
pour ne divulguer aucun renseignement militaire.
"Mensonges" !
Ce ne sont pas des mensonges. Mais des promesses �lectorales.
- Salut, Woodrow. - Salut, Libby.
- Ce que tu peux �tre belle ! - Merci.
Ne bois pas trop de ce truc,
m�me si tu as envie de f�ter.
Tu vas me faire la le�on, maintenant ?
Mais, Woodrow, je ne veux que ton propre bien.
Trop de gens veulent mon bien.
Ils veulent mon bien � tel point
que je vais vite atterrir en prison, tr�s tr�s vite.
- Woodrow, tu as trop bu. - Non, je n'ai pas trop bu.
Et ce n'est pas tout.
- J'ai quelque chose � te dire, Woodrow. - Fort bien,
mais le moins longtemps on te voit ici,
mieux �a vaudra pour toi, tu as compris ?
Je te dis �a pour ton bien.
Je ne suis pas venue ici pour m'enrichir de ta gloire.
- Je suis venue te dire... - Qui te parle de �a ?
Je suis venue te dire que je vais �pouser Forrest Noble
dimanche prochain � 10h,
et que si je ne l'ai pas dit avant...
C'est fantastique.
... c'est que je ne voulais pas g�cher ton retour.
C'est fantastique. C'est la meilleure nouvelle de la journ�e.
Tant mieux si �a te fait plaisir.
Au moins je te saurai en s�ret�.
Je trouve que c'est fantastique aussi,
et j'esp�re ne plus jamais te revoir de mon vivant.
- Tiens, ton �pingle fraternelle. - Attends une minute, tu veux ?
Woodrow, viens voir dehors et adresse-toi � la foule.
Elle ne veut plus voir de suppl�ants.
Je ne vais pas m'adresser � la foule une 2e fois.
J'ai dit ce que j'avais � dire.
- Mauvaise strat�gie. - Pas si s�r.
- Je ne me pr�sente pas � la maire. - Mais si !
- Non. - Que �a te plaise ou non.
- Ils t'ont d�sign�. - Non ?
- Si. - Ils l'ont fait.
- �coute-les. - Vous, �coutez-les.
Magnifique.
Gagnez avec Woodrow Gagnez avec Woodrow
Montrons la porte � Everett
Oui � Woodrow Non � Noble
Expulsons Evvy de son si�ge
Il monte notre h�ros et descend ce z�ro, car nous voulons
En plein ce que Lincoln disait :
"On peut berner le peuple tout entier un certain temps et un certain..."
- O� est-il all� ? - Que lui est-il arriv� ?
Qu'est-ce que tu veux ?
J'ai assez d'ennuis sans que tu me tournes le dos.
Moi, te tourner le dos ? J'ai toujours �t� � tes c�t�s.
Je... Tu connaissais mes sentiments. Tu as rompu.
J'aurais attendu toute ma vie. J'ai pri� mon fianc� de me laisser
te faire un accueil qui te ferait plaisir.
� tort peut-�tre, je t'ai d�fendu tout l'apr�s-midi,
- M. Noble m'a renvoy�e... - Non.
... et j'ai presque rompu mes fian�ailles.
- Et tu dis que je te tournes le dos. - Excuse-moi.
- Et bien... - Calme-toi.
Je n'en ai pas envie. �a n'a pas �t� facile,
tous ont cru que je te laissais
pour �pouser Forrest,
comme si �a me ressemblait,
mais je n'avais pas le coeur � trimbaler ta lettre
qui disait que tu t'�tais �pris d'une autre, ce qui �tait ton bon droit.
Et je suis follement amoureuse de Forrest,
- et puis tu reviens... - En vaurien.
En h�ros.
Alors les gens disent : "Tu vois,
"�a l'a bien servie. Elle n'a que ce qu'elle m�rite."
- Tu as fini ? J'ai des ennuis s�rieux ! - Des ennuis ?
- Et comment ! - Et comment ?
Les filles de la ville sont � ton cou, on t'�rige une statue,
ils ont rachet� l'hypoth�que de ta m�re,
et tu vas devenir maire, et je vais �pouser Forrest.
Mais tu as dit l'aimer follement.
C'est vrai, mais quel est le rapport ?
- �coute-les... - Oh...
... et descend ce z�ro, car nous voulons Woodrow pour maire.
- Libby. - Quoi ?
Tu ignores quelle est ta chance.
Ne parle pas comme �a. Tu me fais me sentir encore plus mal.
Si tu savais quel vaurien je fais, tu serais heureuse.
Je suis heureuse, et je sais tr�s bien quel vaurien tu fais.
Ah, oui ?
Sur l'auteur de la lettre que j'ai re�ue
six mois apr�s nos adieux,
j'en sais plus qu'assez.
Tu ne sais rien du tout.
Je ne veux rien savoir d'elle.
Si elle est petite ou grande ou mince ou grosse, pourvu qu'elle soit affreuse !
Non, ce n'est pas vrai.
J'esp�re qu'elle est belle et que vous aurez dix enfants.
- L'est-elle ? - Si seulement tu savais.
Eh bien, non, je ne veux pas savoir.
J'imagine qu'un beau jour on commence � agir en adulte.
�a pourrait bien �tre aujourd'hui.
- La nuit est belle, n'est-ce pas ? - Splendide.
Quelque chose te pr�occupe, Woodrow ?
Qui, moi ? Ben voyons !
- Tu ne veux pas devenir maire ? - Bien s�r.
Tout comme j'aimerais avoir 1 $ million.
Oh, je ne sais pas ce que c'est qu'�tre c�l�bre,
j'imagine que la m�daille � son revers,
mais j'y vois une telle source de fiert� et de satisfaction, Woodrow.
Je suis fi�re de toi, en tout cas, quoi que j'aie pu dire tant�t.
Je vais devenir c�l�bre, bien.
J'�tais si fi�re de m'asseoir � c�t� de toi cet apr�s-midi.
Te souviens-tu de nos promenades nocturnes ici ?
- �videmment. - Tu aurais pu avoir oubli�.
Tout peut changer, en un an.
- Tout peut changer, en un jour. - J'imagine, oui.
�a t'a surpris qu'on te veuille pour maire ?
Le mot est faible.
- Oh, excuse-moi. - Ce n'est rien.
- Tu pensais � moi � Guadalcanal ? - Non.
- J'imagine que c'est un lieu tr�pidant. - J'imagine.
Mais j'ai pens� � toi en d'autres lieux.
- O� donc ? - Ailleurs.
Je suis si contente. M�me si je ne suis plus qu'un souvenir.
Nos initiales grav�es l�, tu te rappelles ?
- �videmment. - Elles y sont encore.
- �a te surprend ? - Elles le seront toujours.
- � moins que l'arbre ne soit coup�. - Je ne le permettrais pas.
Mieux vaudrait faire abattre cet arbre et m'oublier pour de bon.
C'est bien pourquoi ton mariage me r�jouit.
�a me lib�re d'un �norme souci.
Pour maman, c'est foutu. Elle devra quitter la ville.
Tu pourras dire que tu l'avais pressenti,
et que c'est pour �a que tu as rompu et �pous� Forrest,
qui est un type tr�s bien dans son genre.
Car alors tu seras en s�curit�, tu vois ?
Avec maman, tu es la seule chose au monde qui me soit ch�re,
la seule chose qui compte.
Maintenant je peux te le dire, �crire cette lettre
a �t� la chose la plus difficile que j'ai jamais faite.
Je pensais � toi chaque nuit, chaque matin et chaque apr�s-midi.
Chaque fille que je voyais me rappelait � toi,
et chaque fleur, j'avais envie de te l'envoyer.
C'est pourquoi je suis si content, tu vois ? Parce que tu l'as �chapp� belle.
Je crois que tu es un peu fi�vreux...
Qui, moi ? Je suis juste un peu imposteur, c'est tout.
Toi, imposteur ?
Ne va pas le crier sur les toits. �a se saura bien assez t�t.
Mais je ne serai jamais maire, ou quoi que ce soit du genre.
Je n'ai jamais �t� � Guadalcanal, jamais gagn� aucune m�daille.
Je n'ai jamais vraiment �t� dans la Marine Corps, tu comprends ?
- Oh, tu as eu une dure journ�e, mon ami. - Oui, mais attends de voir demain.
- Je crois que tu ne te sens pas tr�s bien. - Je me porte mieux que jamais,
- mais aussi plus mal que jamais. - �a va aller, mon chou.
- Tu dois me m�priser, � pr�sent. - Te m�priser ?
Comment m�priserais-je quelqu'un que j'aime,
quand bien m�me je serais fianc�e � un autre homme ?
Je t'aimerai toute ma vie, Woodrow, aussi bien que tu le saches
tandis qu'il nous reste encore un bref instant...
Tu n'as pas compris ce que j'ai dit. Je suis imposteur. Un escroc. Je suis...
Tu me dis �a pour me remonter le moral.
- Pas du tout. - Mais mon moral va rester � plat.
J'ai le c�ur bris�, Woodrow. Je...
Attends un peu, veux-tu ? Libby, attends une minute.
H�, par ici.
J'ai cru un instant que t'avais mis les voiles.
- Oh, pardon. - Sergent, dites � Libby
que je n'ai jamais �t� � Guanalcanal. Que je suis un imposteur.
En effet, il n'a jamais �t� � Guadalcanal.
- Ni ailleurs. - Tu vois ?
Nous non plus. Nous sommes tous des imposteurs.
Surtout apr�s une grosse journ�e,
mais on est par moments plus imposteurs qu'� d'autres.
- Je comprends. - Il ne se pr�sente pas � la mairie.
- Il a juste besoin d'une bonne nuit. - Vous cherchez quoi, l� ?
Une bonne nuit de repos au lieu d'enfantillages avec la Marine Corps.
�tez vos bras de l� !
�a nous prend tous. Moi, ce sont les orages.
- Bonne nuit, Woodrow. - Bonne nuit... Non.
- Allez, emmenez-le. - Libby, attends.
Non, vous faites erreur.
On veut Woodrow.
Nous voulons Woodrow � la mairie
Gagnez avec Woodrow Gagnez avec Woodrow
De toutes les chansons minables que j'ai entendues, celle-ci est la pire.
Non � Noble Expulsons Evvy de son si�ge
- Tu te sens mieux ? - Non.
Prends donc ton repas.
Manger, dans un moment pareil ?
Il faut bien vivre.
Oh, mon estomac ne le supporterait pas. Qu'ont-ils dit ?
- Ils disent que �a a l'air g�nial. - Ah, oui ?
- Pour Woodrow. - Oh.
Nous voulons Woodrow � la mairie
Gagnez avec Woodrow Gagnez avec Woodrow
M�che donc la bouche ferm�e.
- Je suis un peu irritable. - Je ne peux pas t'en vouloir.
Tu vas le manger, oui ou non ?
Je veux dire, pourquoi fallait-il qu'il revienne pr�cis�ment maintenant ?
Supposons qu'il d�t rentrer,
pourquoi pas apr�s les �lections ?
Je veux dire, sans vouloir manquer de patriotisme,
qu'un homme pareil devrait �tre en Guadeloupe.
- Guadalcanal. - Guadalcanal.
Dans une guerre pareille, chacun devrait faire ce qu'il fait le mieux,
et ce qu'il fait le mieux, c'est � Guadalcanal qu'il le fait.
- �pargne ta salive, Evvy. - Hein ?
Un gar�on comme �a a besoin d'exercices et de violence physique pour rester vif.
Il va mourir d'ennui dans une ville comme la n�tre.
Evvy, ce n'est pas moi qu'il faut persuader.
- Ce que j'essaie de dire, c'est... - Je sais.
Je t'ai entendu assez longtemps.
Tu manges toujours � l'envers ?
� vrai dire, je crois qu'il n'a m�me pas envie de devenir maire.
�a veut dire quoi, �a ?
Tout le monde veut �tre maire. Nature humaine.
Tout le monde sauf moi. Moi, c'est par fiert� civique.
Fais un peu attention, tu veux ?
Des soldats revenant comme �a � l'improviste
peuvent ruiner l'�quilibre politique atteint au fil des ans.
- Vous m'en direz tant. - Ils...
Ils prennent une telle place qu'ils jettent dans l'ombre le...
Je veux dire, si on prenait tous les si�ges
que j'ai fabriqu�s pour l'Army, la Navy et la Marine Corps,
et les alignait c�te � c�te,
ils couvriraient la distance d'ici aux rives de Tripoli,
mais je ne peux m'en mettre autour du cou ni m'en �pingler un sur la poitrine.
�pargne ta salive, Evvy.
Note bien que MacArthur n'est pas rentr� la veille des pr�sidentielles.
- Je me demande si c'est vraiment un h�ros. - Qui, MacArthur ?
Bien s�r que c'est un h�ros. Ils en sont tous.
N'euss�-je pas �t� dans la Quartermaster Corps durant la Grande Guerre,
je serais aujourd'hui plus d�cor� qu'un arbre de No�l.
Je pensais � Woodrow. Est-on s�r que c'en est un ?
- J'ai vu ses trucmuches... - �a ne prouve rien.
De quoi tu parles ? Va pas chercher midi � 14 heures !
Il y a des choses qu'il faut accepter telles qu'elles se donnent.
Et parmi elles, les h�ros. On n'a pas � l'enquiquiner.
Pourquoi alors a-t-il �t� son uniforme ?
Ce n'est pas naturel.
Parce qu'il est chez lui. Parce qu'on l'a dispens�.
- Motif ? - Est-ce que je sais ?
Peut-�tre un cor ou un oignon au pied.
On n'�te pas son uniforme en temps de guerre.
C'est le contraire du bon sens.
- Tu fais quoi, l� ? - Western Union.
Je passe un coup de fil � San Diego pour me renseigner sur notre h�ros.
Tu es malade ? Tu veux me faire perdre ma cr�dibilit� ?
- Du calme, Evvy. - Tu me laisses en dehors de �a.
Je ne veux pas y �tre m�l�,
d'aucune fa�on, d'aucune.
J'attends la Western Union.
Tu fais �a � tes propres risques et p�rils.
Je le mets au d�fi comme maire,
mais s'il y a une chose que je ne mets pas en doute,
c'est le fait qu'il soit un h�ros.
- Je veux que... - Tais-toi, veux-tu ?
- Oh, non ! - Western Union ?
- Donne... - C'est pour une transmission de nuit.
Ils se faufilent entre les palmiers.
Ils arrivent. Sauvez-vous.
Ils sont des centaines. Les voyez-vous ?
Ils sont des milliers !
Fixez les ba�onnettes. Chargez les fusils.
Les voici, les gars. Ouvrez le feu ! Suivez-moi. Charger !
- Qu'est-ce qui se passe ? - Je ne sais pas. Un cauchemar sans doute.
- Tu as de la chance. - Hein ?
Tu as de la chance de ne pas cauchemarder chaque nuit comme certains.
Tu veux un verre de lait ou quelque chose d'autre ?
�a va aller.
Tu vas rester l� toute la nuit ?
Dormir la nuit, c'est pas mon truc.
- Qu'est-ce que c'�tait ? - Rien, merci.
Tu cherchais quelque chose ?
Je l'ai ! Sapristi !
Je l'ai ! Tout va bien. �a m'est venu avec le lever du soleil.
Sapristi.
- � vos marques, pr�ts, attention. - Eh ben !
- Bravissimo ! - Merci m'dame.
Du beurre ne serait pas vilain, Mme Truesmith.
Je vous l'apprends peut-�tre Sergent, mais c'est la guerre.
Elle vient de vous remettre � votre place.
Gagnez avec Woodrow Gagnez avec Woodrow
Bonjour � tous. Bonjour, maman.
- Bonjour, mon ch�ri. - Bien dormi, j'esp�re.
Ah ! Ah ! Tu nous ferais pas de tes fameuses cr�pes, maman ?
L�g�res comme des plumes et p�tries par des mains de f�e.
Croquantes, consistantes et savoureuses. Demandez-en � votre �picier.
Bonjour, les gars. Bonjour, sergent Heppelfinger.
Heureux, tout le monde ?
Votre conscience vous a laiss� dormir ?
Rien de tel qu'une conscience bien entra�n�e.
Prenez la conscience sous sa forme originelle, sauvage.
Quoi ? Je vous tape sur les nerfs ?
La raison de mon impopularit� me serait-elle enfin r�v�l�e ?
C'est le vin de cuisson, ai-je pens�.
Picoler, � cette heure-ci ? Sergent, vous m'offensez.
Quelqu'un t'a laiss� de l'argent ou quoi ?
Parce que je suis heureux ?
Ne seriez-vous pas heureux de devenir maire de cette belle ville ?
Pas tr�s grande, direz-vous, mais fascinante.
Y vit-il un homme � l'�me si fl�trie qui jamais � lui-m�me ne s'est dit...
Bonjour, Libby.
Tu te joins � nous pour des cr�pes
et une tasse de caf� ?
Merci.
- Bonjour, Mme Truesmith. - Bonjour, ch�re.
- Bonjour. - Bonjour.
- Bonjour, Woodrow. - Bonjour.
- Contente de voir que �a va mieux. - On ne peut mieux.
Tu peux m'appeler M. le Maire.
- Tu es revenu de tes inepties d'hier ? - Inepties ?
Je veux dire, ne jamais avoir �t� � Guadalcanal et le reste.
- J'ai dit �a, moi ? - Oui, tu l'as clairement dit.
Comment ai-je pu ?
Je suis un grand h�ros. Les gens accourent � ma rencontre.
J'abats les Jaunes d'un signe de la main. D'un souffle je les assomme.
Je leur tire dessus de tous les angles, en reculant et en avan�ant.
Je les poursuis � la nage et les noie comme des rats.
- Je saisis une mitrailleuse et... - �a va, j'ai compris.
- Compris quoi ? - Il se prend pour Daffy Dill de Dopeyville.
Oh, non. Je me pr�te volontiers � un examen.
Je suis aussi sain qu'un vaccin et vais �tre maire.
- Es-tu s�r que �a va, Woodrow ? - Voil� pour toi, Libby.
- De quoi tu parles ? - Je vais vous dire une chose.
Je vais beaucoup mieux qu'hier.
- Aha. - J'y vais, mon ch�ri.
- Qu'est-ce que tu manigances ? - Vous le saurez bien vite.
- Oui ? - All�. Ici la base de Marine � San Diego.
- Pourrais-je parler au caporal Truesmith ? - Un instant.
Woodrow, la base de la Marine � San Diego veut te parler.
� moi ?
Hum ! Que peut bien me vouloir la base de la Marine � San Diego ?
Je ferais mieux d'y aller.
- Fin pr�t, Woodrow ? - Dans un tout petit instant.
- Bonjour � tous. - M. le juge.
Bonjour, docteur Bissell.
All� ? Oui, oui, ici le caporal Truesmith.
Comment ? Oh, oui, colonel.
Vous dites ?
Veuillez m'excuser, colonel, mon �nervement est si grand que
j'en ai oubli� qui �tait mon interlocuteur.
Ouais. N'oublie pas de me laisser de quoi d�jeuner.
Je ne devrais pas faire �a, et si les autres l'apprenaient...
Oui, colonel, je n'y manquerai pas.
Et je vous suis infiniment reconnaissant de m'avoir appel� et de me reprendre.
Merci, colonel. Au revoir.
- Woodrow. - Tu parles d'une surprise !
- Quelle surprise ? - Que le monde est petit !
La Marine Corps me reprend pour services limit�s,
et je dois partir pour San Diego sur-le-champ.
- La parade ? - Le rassemblement ?
La mairie. N'�tais-tu pas cens� devenir le maire ?
D�sol�, M. le juge. Les �tats-Unis ont priorit�.
Vont-ils t'envoyer dans un endroit dangereux ?
J'esp�re bien que non, apr�s tout ce qu'il a travers�.
Probablement du travail de bureau,
sur un chantier naval
ou dans une usine d'assemblage, de la surveillance.
Pourquoi ne pas te laisser ici o� on a besoin de toi ?
Exact.
C'est l'une des faiblesses du point de vue militaire.
Ils m�connaissent l'importance des civils en temps de guerre.
Tu �tais notre seul espoir.
Je suis d�sol�, M. le juge, mais quand le devoir appelle, il appelle.
- Dois-tu partir aujourd'hui ? - Je crains que oui.
Tu participes tout de m�me � la parade ? Tout est pr�par� et au point.
Bien s�r, mais � quoi bon ? Quand le devoir appelle, il faut y aller.
- Et bien, �a peut avoir un effet positif. - Je ne peux pas vous refuser �a.
Bon, alors je vais voir si tout est pr�t.
�a ressemblera davantage � une marche fun�bre.
Je peux chevaucher � tes c�t�s, Woodrow ? Pour une derni�re fois ?
- Bien s�r, si pour toi �a va. - �a va aller, pas de doute.
J'ai le droit de te dire au revoir.
Je suis d�sol�, maman, je ne peux rien y changer.
Je vais me retrouver si seule sans toi.
Laisse !
- Bonjour. - O� �tais-tu ?
Moi ? Je prenais une petite marche.
Depuis quand tu sautes le d�jeuner ?
Eh bien...
Oh, tu passais un bref appel � cette dame de San Diego.
D�masqu�, colonel.
Eh bien, vous savez...
- H� ! - Tu n'as pas le droit...
Nous sommes d�sol�s. Juste un point sensible.
- Laisse ! On peut r�gler �a plus tard. - H�, o� vous croyez-vous ?
- C'est contre moi que tu en as ? - Alors ?
Tu crois que j'ai peur ?
Heureux qu'on n'ait jamais partag� le m�me trou.
- L�chez-le. - Couille molle.
L�chez-le !
Mesure-toi plut�t � une femme. � elles, au moins, tu sais faire du mal.
Allez, gar�on.
- Parades, statues, hypoth�que consum�e. - J'ai souscrit � tout �a.
Et moi de m�me, mais ce que je veux dire...
- �pargne ta salive, Evvy. - � quelle fin ?
Je n'ai rien contre ce gar�on.
- Un h�ros, c'est bien � sa place. - Tu veux dire dans un parc.
Pas du tout.
Je ne souhaite � ce jeune homme que du succ�s
l� o� il excelle, mais o� excelle-t-il ?
- � mon avis... - C'est l� le hic.
Je ne parle pas � titre de candidat � la mairie, mais � celui d'�lecteur.
J'aimerais un verre d'eau.
- M�nage ta voix. - Tais-toi.
� vrai dire, le probl�me n'est pas local. Il est national.
D'ici deux, trois ans, si la guerre continue,
on ne pourra sortir ses vidanges sans tomber sur un h�ros.
Or, voulons-nous �tre gouvern�s par de jeunes hommes,
tr�s jeunes, quelque patriotiques et bien intentionn�s qu'ils soient,
dont la sp�cialit� est de bondir dans un trou de trappeurs...
- Tirailleurs. - Hein ?
Trou de tirailleurs.
Est de bondir dans un trou de tirailleurs
et de tuer des centaines d'ennemis d'un coup d'�p�e ?
Ou voulons-nous �tre gouvern�s par de respectables leaders civiques, d'�ge m�r,
qui sont indiff�rents aux �moluments, mais ont � c�ur le devoir civique.
Je pense � des hommes comme, eh bien, moi-m�me.
Il monte notre h�ros et descend ce z�ro
Car nous voulons Woodrow pour maire
Nous voulons Woodrow Nous voulons Woodrow
Nous voulons Woodrow pour maire
Gagnez avec Woodrow Gagnez avec Woodrow
Montrons � Everett la porte
Oui � Woodrow Non � Noble
Expulsons Everett de son si�ge
Il monte notre h�ros et descend
- N'est-ce excitant, Evvy ? - Ils verront bien, si c'est excitant ou non.
- Hol� ! Pas si vite. - De quoi s'agit-il � pr�sent ?
- Tu as re�u mon t�l�gramme ? - Oui.
- Salutations, M. le Maire. - Comment �a va ?
Si je peux seulement me rappeler o� je l'ai mis.
- Un t�l�gramme ? - Il venait d'o� ?
- Attendez. De San Diego. - Bingo.
- Tr�s serviable. - D�sol�, Evvy.
Fais donc attention � ce que tu fais !
QUARTIER G�N�RAL MARINE SAN DIEGO � NOBLE CHAIR CO OAKRIDGE CALIF
SOLDAT WOODROW L P TRUESMITH DISPENSE M�DICALE L'AN DERNIER
MOTIF : Fl�VRE DES FOINS CHRONIQUE A B HILTON, MAJOR USMC
Mais alors, comment a-t-il pu �tre � Guanalcanal ?
- Il n'y �tait pas. - Jamais �t� ?
- Non. - Alors, c'est un fraudeur, un escroc.
Il m�rite le goudron et les plumes, mon doux !
- Fraudeur et escroc, qui �a ? - Ta voix, Evvy.
Qui est un escroc ?
- Ton h�ros ! - Je n'en crois rien.
- Tu ne veux pas le croire ? Viens ! - Prudence !
Nous voulons Woodrow
Nous voulons Woodrow pour maire
Gagnez avec Woodrow Gagnez avec Woodrow
Montrons � Everett la porte
Voil� de quoi effriter ses aspirations, tu ne crois pas ?
- C'est du libre service. - Nous avons le temps.
Quelque chose me dit que tu vas te rendre ridicule,
et je vais t'ignorer si �a arrive.
- Si seulement elle m'ignorait plus souvent ! - M�nage ta voix, Evvy.
S'il vous pla�t, silence.
GAGNEZ AVEC WOODROW
S'il vous pla�t, silence !
Si l'orchestre voulait bien cesser de jouer quelques instants,
nous pourrions entendre les allocutions
que nous avons tous h�te d'entendre.
Silence.
Le premier � prendre la parole sera notre bien-aim� juge Dennis.
Hier matin, sept marines sont descendus du train.
Six d'entre eux nous �taient �trangers.
L'autre, c'est un gar�on d'ici qui a quelque m�rite.
Hier apr�s-midi,
nous avons demand� � ce gar�on de pr�ter ses efforts � notre cause.
On peut dire que nous repr�sentons les droits non acquis de cette ville.
- On intervient ou on laisse mijoter ? - Laissons-le se montrer.
Silence.
Pr�ter ses efforts � notre cause et nous mener � la victoire.
Je vais demander � Woodrow lui-m�me de raconter la suite de l'histoire.
Allez, suffit.
Je suis venu ici ce matin pour vous dire au revoir,
vous dire que la Marine Corps me rappelle dans ses rangs pour services limit�s,
et que pour cette raison, je ne peux me pr�senter � la mairie.
Mais je ne le ferai pas.
Hourra !
R�servez plut�t vos hourras pour quelqu'un d'autre.
Pour quelqu'un qui les m�rite.
Comme le docteur Bissell ici pr�sent, qui a si longtemps t�ch� de vous servir,
mais en qui vous n'avez pas su voir l'homme de vertu qu'il est.
Vous avez toujours �lu un imposteur � sa place.
Oh, vraiment ? Laissez-moi vous dire, jeune homme.
- M�nage ta voix. - Tu verras bien.
Ne te donne pas en spectacle !
Je t'en prie...
� peine un imposteur encore plus grossier s'�tait-il pr�sent�, que vous le vouliez d�j�.
C'�tait cens� �tre le plus beau jour de ma vie.
�a aurait pu l'�tre. Au lieu de quoi, c'est le plus amer.
On lit dans la bible : "Ma coupe d�borde."
Et bien, ma coupe d�borde de bile.
Ceci est le dernier acte. La farce est termin�e.
Le mensonge est consomm�,
et le l�che � tout le moins est gu�ri de sa peur.
Mesdames et messieurs, il vaudrait mieux annuler l'�v�nement.
Il perd parfois la boule.
- Asseyez-vous ! - Silence !
Une minute, sergent.
Je suis n� dans cette ville.
Mon p�re est n� ici.
Le bien-fonds familial couvre une bonne partie de la ville actuelle.
Mon grand-p�re �tait un homme digne. Mon p�re aussi.
J'ai vendu des journaux � la plupart d'entre vous qui �tes ici ce matin.
Je vous connais depuis toujours.
Votre affection compte beaucoup pour moi,
et maintenant que l'occasion est pass�e et ne reviendra pas,
je tiens � vous dire combien aurait signifier � mes yeux devenir maire,
ou secr�taire municipal, ou assistant secr�taire, ou ramasseur d'animaux
dans cette ville, jadis ferme de mon grand-p�re.
J'aurais de m�me volontiers donn� ma vie
pour m�riter l'un des nombreux rubans que ces hommes portent � la poitrine.
Si je pouvais atteindre ne serait-ce que les chevilles de mon p�re,
ma vie enti�re serait justifi�e, et je me tiendrais fi�rement devant vous,
non pas comme le voleur et l�che que je suis.
Je dis l�che, parce que j'ai diff�r� jusqu'aujourd'hui un aveu
que j'aurais d� faire il y a un an
quand la Marine Corps m'a renvoy� au foyer pour raison m�dicale.
Un l�che parce que je ne voulais pas que ma m�re l'apprenne.
En fin de compte, ce n'est pas elle que j'�pargnais, c'�tait moi.
Un voleur, parce que j'ai usurp� votre admiration.
J'ai usurp� les rubans que j'ai port�s.
J'ai usurp� cette d�signation � la mairie.
Je n'ai jamais �t� � Guadal...
Je n'ai jamais �t� � Guadalcanal ni o� que ce soit.
J'ai travaill� sur un chantier naval au cours de la derni�re ann�e.
Je n'ai jamais re�u de m�daille d'aucune sorte,
ce qui va de soi, n'ayant jamais combattu.
Il y a deux jours, j'ai d�cid� de rentrer, et comme j'avais �crit � ma m�re
que j'�tais parti � l'�tranger, il me fallait para�tre en uniforme.
Il me fallait des rubans, j'en ai achet�s chez un pr�teur sur gages.
Puis j'ai fait la connaissance de vrais marines,
que j'ai dup�s ni plus ni moins que vous.
Non pas que j'aie voulu duper quiconque d'entre vous. Je...
Je voulais juste rentrer � la maison.
C'est un affreux mensonge...
- Asseyez-vous ! - Silence !
Asseyez-vous !
Je vous ai dit tout �a parce que
trop d'hommes ont vers� leur sang et sont morts pour vous et moi
pour que je vive plus longtemps dans ce mensonge.
Oui, c'est la raison de ces aveux, que je n'avais pr�m�dit�s en entrant ici.
Maintenant je rentre � la maison et ramasse mes affaires,
c'est donc probablement ma derni�re chance de vous dire au revoir.
Je sais que ma m�re vous remboursera l'hypoth�que,
et j'esp�re que vous ne lui reprocherez pas d'avoir un fils qui n'a pas �t� � la hauteur.
Inutile que je vous dise que je suis d�sol�, car
je souhaiterais �tre mort.
Je...
C'est tout.
J'ai besoin d'air.
S'il vous pla�t, tout le monde, restez assis.
S'il vous pla�t, asseyez-vous.
J'aimerais vous dire une chose.
J'en ai vu des hommes braves dans ma vie. C'est mon m�tier,
mais ce que ce gar�on vient de faire, �a c'�tait vraiment courageux.
Puisqu'il vous a d�ball� son sac,
il n'est pas inopportun de vous raconter le reste de l'histoire.
Nous �tions six et avions 15 cents pour toute fortune,
et nous sommes de Guadalcanal, et ce n'est pas des balivernes !
- Ce ne sera pas long. - N'y va pas, chouette.
- Tu as assez d'ennuis comme �a. - Je n'en ai que pour quelques minutes.
On voit ici l'une des f�lures...
Je ne voudrais pas que ceci aille plus loin.
... du principe d�mocratique. On peut voter pour qui l'on veut.
Pas un instant je n'ai �t� dupe, mais les pauvres �lecteurs, tromp�s,
d�pourvus de cerveau,
sans une once de cervelle...
- Prends note, Jake. - Sans int�r�t.
Ouvrent grand leurs bras... Te voil�, toi.
Bonjour.
Je suis d�sol�e, tellement d�sol�e pour toi.
Tu as le culot de revenir ?
- Quoi. - Tais-toi, Evvy.
- Ne fais pas attention, Libby. - Il est beau, ton h�ros !
N'en remets pas. Elle est assez g�n�e.
Il y a de quoi ! Et si vous voulez mon...
- On ne le veut pas. - Evvy !
C'est un nigaud pour penser encore � l'�pouser.
- J'ai � faire � l'ext�rieur. - Je te comprends.
- Je ne suis pas g�n�e du tout. - Non ?
Tant mieux.
Ceci ne te concerne pas, p�re.
C'est une affaire priv�e entre moi et Libby.
- Et Woodrow. - Et woodrow ?
- Et woodrow ? - Bien s�r.
Comment �a, "bien s�r" ?
M�me apr�s son humiliante d�convenue,
tu t'int�resses � ce h�ros ?
Sans doute les femmes ressentent-elles les choses diff�remment de vous, Forrest.
�videmment.
Alors pardonne-moi et ne m'en veux pas trop.
Qu'est-ce que...
Qu'est-ce que je vous avais dit ! C'est votre faute.
Pourquoi tu ne resterais pas, mon chou ?
Maintenant que tu as tout avou�,
il ne peut plus rien t'arriver de grave.
Qui voudrait m'embaucher ?
Voici ce que je vais faire.
Je vais trouver un endroit o� on ne nous conna�t pas,
je t'enverrai chercher et...
Je sais que tu as voulu bien faire.
Je sais que tu l'as fait pour moi, au m�pris de l'opinion des autres.
Bonjour.
- Je peux t'aider ? - Je m'en sors tout seul.
Tu me fais un peu de place ?
Oh, que c'est b�te, que c'est b�te !
Bien s�r, je t'accompagne.
Je n'ai jamais aim� que toi,
et tu n'as jamais aim� que moi.
Tu ne peux pas dire que je te cours apr�s juste parce que tu es un h�ros.
Oh, Woodrow, quand je pense que j'ai failli te perdre.
Que c'est b�te, que c'est b�te !
- Tu es folle, ch�rie. - Alors tant mieux.
- Est-il � l'heure, Mme Kennedy ? - Tu dis ?
- Est-ce que le train est � l'heure ? - Ouaip.
- Il arrive dans 4 min 15 sec. - Merci.
O� vas-tu ? Tu ne te pr�sentes pas � la mairie ?
- J'ai chang� d'id�e. - C'est inhabituel.
- C'est que la situation est inhabituelle. - Et le sergent ?
- Je lui ai dit o� tu �tais. - Va le chercher.
Il viendra. Il ne rate jamais rien.
- Bigre, toute la ville s'en vient ! - On va me lyncher ?
Pas de souci, on va te prot�ger.
Vous m'avez d�j� dit �a, vous vous rappelez ?
On se d�tend. On se d�tend. Un instant, viens ici.
- Viens ici. - Silence.
- Silence, silence ! - On se d�tend ! On se d�tend !
- Allez, on recule, on recule. - Silence !
- Silence ! - Faites un peu de place, voulez-vous ?
- Merci beaucoup. - Silence !
Vous vouliez me voir, juge Dennis ?
On a eu une bonne jasette apr�s ton d�part, Woodrow.
- Le sergent nous a appris certaines choses. - Bien des choses.
Que tu avais omises.
Bien s�r, docteur Bissell fut d�sign� � nouveau.
Il s'est lev� et a dit...
- "Mesdam..." - Cite-moi correctement.
- Quoi ? - J'ai dit : "Mesdames et messieurs."
- Ce sont tes mots. - J'ai dit : "Mesdames et messieurs,
"au cours de ma longue et infructueuse carri�re politique,
"c'est bien la premi�re fois que je vois un candidat � la mairie
"d�montrer aux yeux de tous,
"de fa�on durable, indiscutable et sans appel,
"son honn�tet�, son courage et sa v�ridicit�."
�a veut dire authenticit�. Il aime les mots savants.
J'ai continu� en disant
que si inventer une menterie pour sauver l'honneur de sa m�re �tait une faute,
autrement dit, si l'affection
et la consid�ration pour sa propre m�re �tait une faute,
c'est une faute dont tout homme devrait �tre fier.
- Hip ! Hip ! - Hourra !
Merci.
J'ai fait un tr�s bon discours en ton nom, Woodrow.
Bien meilleur que ceux que j'ai faits pour moi.
C'�tait un discours formidable, Woodrow.
Il nous a tous arrach� des larmes.
Chaque parole venait directement du fond de mon c�ur.
J'ai conclu en disant
que si les citoyens de cette ville voulaient un maire honn�te, courageux et v�ridique,
ils feraient mieux de t'attraper avant que tu ne montes dans le train.
Alors nous voici. C'est la raison de notre pr�sence.
Je suis un peu �tourdi. Je ne suis pas s�r de comprendre.
Je crois qu'ils veulent t'avoir pour maire.
Vous voulez encore de moi ?
On veut encore de toi, et pas � peu pr�s.
De quelle utilit� nous serait un soldat ?
La politique est une chose singuli�re, Woodrow. Quand elle te veut, elle te veut.
Les raisons deviennent superflues. Elle est sa propre raison.
Exactement comme lorsqu'une femme veut un homme.
C'est vrai. Pas besoin de raisons,
quoiqu'il y en ait s�rement.
D�sol� de vous interrompre,
quelqu'un ici veut-il monter � bord, ou est-ce l�
la convention nationale du Parti d�mocrate ?
- Eh bien, je... - Bien s�r, tu restes.
Personne ne s'en va, merci.
- O.K. tous... - Une minute, bonhomme.
Donne-moi six billets, je te prie.
On a encore des petites choses � faire.
- � un de ces jours. - Au revoir.
Vous allez revenir ?
On l'a toujours fait jusqu'ici.
� un de ces jours, tout le monde.
Par ici, les novices.
M�nage ta voix, Evvy. Ils viennent de red�signer Woodrow.
N'est-ce pas excitant ?
- Au combat ! - Tais-toi !
Woodrow, red�sign� pour quoi ?
C'est une campagne apolog�tique.
- Une campagne apolog�tique ? - Attention !
- � un de ces jours, amis. - Embarquement !
- Je ne sais pas comment... - Chut. �a a �t� un plaisir pour nous.
Le fils d'un ancien camarade le m�rite bien.
Je savais les marines capables de grandes choses,
mais je ne les aurais jamais cru capables de �a.
Et de bien plus encore.
Fin
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