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- C'est moi qui poserai les questions.
- Je préfère aussi.
Quelqu'un frappe puis ouvre la porte.
- Asseyez-vous.
- On m'a pas dit votre grade.
J'exige d'être interrogée par quelqu'un d'aussi gradé que moi.
- Vous n'avez pas à l'exiger, c'est la règle.
Je suis commandant divisionnaire fonctionnaire.
Ca va ? On est bien ?
Pierre Solignac.
Ca vous parle ?
- Ouais.
On l'a chopé avec une grosse somme d'argent en liquide.
Comme on bosse bien, on l'a mis en garde à vue,
puis on l'a refilé à la Financière pour qu'il ignore qu'il était
dans notre collimateur. - Et depuis ?
Vous l'avez rencontré en d'autres occasions ?
- Non.
- Il affirme que vous l'avez fait chanter,
et que vous lui avez volé un sac contenant 500000 euros en liquide.
Les faits se seraient déroulés à la brasserie "Les Climats",
le 3 avril.
- Ben, il ment.
J'y peux rien. - Vous n'y êtes jamais allée ?
- J'ai pas dit ça.
- Donc, vous y étiez ou pas, le 3 avril?
- C'était quel jour ?
- Dimanche. Dimanche dernier.
- Ah oui, on est allés boire un coup.
-"On" ? C'est qui ?
- Le commandant Escoffier et moi.
- On avance.
Et à part boire un coup, vous avez fait quoi ?
- Rien.
- Un témoin vous a vue entrer dans les toilettes des hommes.
Expliquez-moi.
- Vous êtes jamais allé pisser chez les femmes
quand c'était occupé
chez les hommes ?
Petit rire
- On va voir si votre collègue a la même version que vous.
Thème du générique
- Venez avec moi.
Brouhaha
- Vas-y.
Propos en anglais
- Euh... - Quoi ?
Elle parle en syrien.
Propos en anglais
- Le fils a vu un truc. - Tu veux leur donner des papiers ?
Ca se fait pas comme ça.
- Comment alors ? C'est notre seule piste.
- OK, ça va pas être simple...
on frappe - Oui ?
- Messieurs, bonjour.
Commissaire.
Monsieur le juge.
- Vous vouliez me parler en présence du commissaire Brémont.
- Oui, j'ai de nouveaux éléments. - On vous écoute. Asseyez-vous.
- Dans le cadre de l'enquête sur l'enlèvement d'Oury Mazouz,
L'IJ a prélevé divers éléments
près de la camionnette du rapt.
Sur un mégot, ils ont relevé un ADN intéressant.
Il matche avec une trace d'ADN sur la scène du double homicide.
- La même équipe
serait impliquée dans les deux crimes ?
- On a au moins un individu en commun mais son ADN nous est inconnu.
- Si la résolution du rapt mène aux coupables des homicides,
ça devient notre priorité. Qu'est-ce que vous avez ?
- L'otage a été transféré de la camionnette
à un autre véhicule le soir du rapt.
On cherche des témoins.
On auditionne des réfugiés syriens qui squattaient à côté,
sans succès pour l'instant. - De notre côté,
on a une écoute intéressante entre Wei Xu et Chen
où il est question d'un problème à régler.
Ca pourrait justifier le coup de pression de Chen sur Oury Mazouz.
- Qui serait donc le problème à régler.
- Et Chen, le commanditaire du rapt.
- C'est cohérent. On connaît le rôle d'Oury Mazouz
dans le réseau : il est chargé des virements en compensation
du cash qui sort des restos chinois. Il a dû y avoir un souci.
- On a aucune demande de rançon ? - On a placé Nadia Khelfa
sur écoute, on assure une présence H24 auprès d'elle.
Pour l'instant, on a rien.
- Bien.
Si Chen est notre piste la plus solide, attaquons-le.
- C'est-à-dire ?
- On fait une grosse descente dans les boutiques d'Aubervilliers.
On accroche Chen pour blanchiment et on lui fait cracher le reste.
- On a identifié une dizaine de boutiques, on est prêts.
- Berthaud et Escoffier ont fait beaucoup
de surveillance sur le terrain,
donc je souhaite que le 2e DPJ soit associé à l'opération.
Je vais vous ressaisir aux côtés de la Crim.
A partir de maintenant, vos services doivent collaborer.
- Très bien, monsieur le juge.
Au revoir.
- Je dois parler à Escoffier pour préparer l'opération.
- J'ai un souci.
Escoffier et Berthaud ont été arrêtés par l'IGPN hier.
- Quoi ? Pour quel motif?
- Je sais pas. J'essaie de savoir, mais rien ne filtre.
- Ils n'ont pas d'avocat?
- Tu les connais, ils n'en veulent pas.
- Faisons vite. Avec Berthaud, on a trouvé un arrangement.
Faut voir si ça vous convient.
- Comment ça ?
- Sa priorité, c'est l'enquête. Finir ce que vous avez commencé
ensemble pour le commissaire Herville.
On a peut-être une solution si vous embarquez.
Vous me signez des aveux complets,
et moi, en contrepartie,
je vous laisse finir l'affaire. Vous n'aurez pas tout perdu.
Au fond, c'est le désir de rendre justice à votre tôlier
qui vous a poussés à franchir la ligne, et ça, ça me parle.
Berthaud m'a dit
comment vous vous êtes embourbés avec Solignac, et comment,
dans le feu de l'action, vous lui avez piqué l'argent.
- Quel argent? - Les 500000 euros que vous avez
pris dans les toilettes de la brasserie "Les Climats".
- On n'a rien pris.
Solignac nous charge, parce que son avocat le lui a dit.
Y a rien de nouveau sous le soleil. On charge les flics pour pas tomber.
- Donc c'est non ?
Vous lâchez Berthaud sur ce coup-là ?
- Ben c'est ça, ouais. Démerdez-vous avec votre arrangement.
- Si vous avez pris cet argent,
on va le trouver.
Vous avez tout à gagner à avouer maintenant.
- Je croyais que vous aviez les aveux du commandant Berthaud.
- Vous voulez jouer au plus con. On va continuer à s'amuser ensemble.
On va aller le chercher, ce fric.
On lance les perquises.
- Maître. L'audience reprend. On vous attend.
- J'arrive.
Elle souffle.
- Maître Karlsson !
- C'est bien que vous soyez venue.
Je vais vous installer et vous ferai appeler à la barre.
Vous inquiétez pas.
- Allez vous asseoir.
- Me Karlsson, vous aviez une requête ?
- Oui.
Je souhaiterais que nous écoutions
Mme Morieja, la mère de ma cliente.
- Mme la présidente, nous n'avons pas été informés
de la venue de ce témoin. La personnalité de l'accusée
a été largement mise à jour. - J'ai bien conscience
que ce n'est pas très orthodoxe,
mais c'est un témoignage fondamental pour comprendre
le parcours de Lola. - Avec le retard
qu'on a déjà, on n'est plus à ça près.
Allons-y.
- Lola !
- Appelez les pompiers !
- Vous ne l'avez pas prévenue que je serais là ?
- C'est un malaise vagal. - Mademoiselle !
- Il se fout de ta gueule, Solignac.
Avec son parc immobilier, il aurait pu te trouver un meublé.
- T'es pas là pour un état des lieux.
- Ah oui, c'est vrai. Tu as besoin de moi.
Je t'écoute.
- Comment tu fais quand un client t'interdit d'utiliser
le seul élément qui te permettrait de le sauver ?
- Ah, on parle de Lola.
- Je suis dans la merde.
Elle a été violée par son beau-père et elle refuse d'en parler.
- T'as de quoi étayer ? - Oui, c'est pas le problème.
Le problème est déontologique. Ou moral, si tu préfères.
- Depuis quand tu te poses des questions de morale, toi ?
Pardon. Je vais dire les choses autrement.
Tu trouves ça moral de pas dénoncer un viol ?
- Ca dépend de quel point de vue on se place.
- Si j'avais su
ce que Vern t'a fait, t'aurais pas trouvé moral que je le dénonce ?
Justement, je suis pas sûre que j'aurais aimé
que tu le fasses contre ma volonté.
- OK...
Prenons le problème autrement.
Tu trouves ça moral de faire pleurer à la barre
la veuve d'un type qui s'est suicidé ?
- Arrête. Je te demande
de m'aider. Tu me perds, là.
- T'es avocate, tu dois défendre tes clients du mieux que tu peux
pour obtenir le meilleur résultat possible.
C'est la seule morale qui tienne.
Crois-moi, si elle ressort libre,
jamais elle t'en voudra.
Tu fumes, toi, maintenant?
- Un peu.
- C'est Lola.
- David, c'est quoi, ce délire ? - Assieds-toi !
- Tu me traites pire qu'un chien ! Qu'est-ce que je t'ai fait, putain ?
- Ton virement, il est passé ?
- Ca rame en Pologne, je t'ai dit! J'ai fait tout comme d'habitude.
- Comme d'habitude... Alors pourquoi il est pas passé ?
- Tu crois que j'ai viré le fric sur mon compte perso ?
Sur la Torah, tu deviens parano !
En hébreux
Suis-moi.
- Toi, les mains.
- Jamais je ferais un truc pareil.
J'ai assez d'oseille, j'ai pas besoin de magouiller.
- Assieds-toi.
Écoute-moi, Oury...
J'ai juste besoin que tu me règles ce putain de virement.
Si on perd la confiance de Chen, tout le business s'écroule.
Tu comprends ?
- Comment veux-tu que je fasse ? - Je sais pas.
Tu te démerdes ! Avec tout l'argent que t'as...
Tu as compté l'argent que je t'avais fait gagner ?
Prends sur un de tes comptes perso, règle ça !
- T'es pas sérieux, là ? - J'ai pas l'air ?
Tu préfères que je dise à Chen que c'est toi qui as merdé ?
- Tu ferais pas ça ? - A toi de voir, mon vieux.
- Tu vas dire quoi à Lydia ?
Elle va s'inquiéter et appeler les flics.
- Ta sœur me fait confiance et Nadia aussi.
Je leur ai dit que j'allais t'aider,
et c'est vrai, puisque je vais calmer Chen.
Dépêche-toi.
Vladim, fais-le surveiller et rejoins-moi.
Dépêche-toi ! Tu perds du temps.
Ambiance festive
Salut, ça va ?
Salut, tu vas bien ?
Cava?
- David !
- Ca va ?
Bien ? Ouais, ça va.
Chuchotement
- Comment il est? - Tendu.
- Amène-lui son meilleur whisky. - OK.
- Bonsoir, M. Chen.
- Où est mon argent?
- C'est un retard de paiement,
ça va s'arranger, fais-moi confiance.
Détends-toi, profite.
- A ce niveau-là, c'est plus un retard, c'est du vol.
- Je passe ta commission de 5 à 7 %. Ca va ?
- OK, je double.
Seulement sur ce coup, parce qu'on a du retard.
- A partir de maintenant,
c'est 10 % tout le temps. C'est ce que tu prends
à tes clients, non ?
Sinon, c'est fini tes emmerdes avec la police ?
Il souffle. - La police !
C'est des guignols.
Ils ont rien trouvé. Rien.
- Tant mieux.
Si ça remontait à mes boutiques, ce serait plus la même histoire.
- Alice.
Faites venir le commandant Berthaud.
- C'est bon.
- C'est à vous ?
Ca fait longtemps que vous êtes sous antidépresseur ?
- Quelques mois.
- Vous avez un enfant.
- Une fille.
- Elle vit pas avec vous, si ?
- Elle est chez son père, là.
- Vous êtes en garde alternée ?
Je vous pose une question.
- J'ai pas la garde.
Téléphone
- C'est bon, c'est des affaires de gosse !
- Bon, allons au DPJ. Ca, tu embarques.
- Très bien.
- Ca n'a rien donné chez Escoffier non plus.
Elle est quand même sérieusement "border", non ?
On frappe.
- Oui ?
- M. le juge, l'opération Aubervilliers est compromise.
- Comment ça ?
- Mon directeur nous interdit de la monter.
Il a reçu des instructions du préfet.
- Pardon ? - C'est incompréhensible.
J'avais planifié toute l'opération avec le 2e DPJ
quand j'ai reçu ce mail. Franchement, j'ai jamais vu ça.
Monsieur le juge ?
- Didier, annulez l'audition Torez. Fixez un autre rendez-vous.
Vous dites que... Dites ce que vous voulez !
- M. le juge ? Que faites-vous là ? - On m'a dit où vous trouver.
Le commissaire Brémont m'a fait part de votre opposition
à l'opération des entrepôts d'Aubervilliers.
- Je suis occupé, là. Prenez plutôt rendez-vous.
- J'en ai pour 5 minutes.
On peut se parler ?
- J'ai beaucoup réfléchi avant d'annuler votre opération.
Je dois prendre en considération la communauté chinoise.
C'est le poumon économique de cette zone.
- La politique a ses priorités, la justice a les siennes.
- Nous devons faire des arbitrages en bonne intelligence.
On m'a remis une note
sur votre opération. Votre faisceau de preuves est insuffisant
pour me mettre à dos M. Chen.
- C'est selon cette logique que vous avez tourné le dos au commissaire
Herville ?
Je sais que vous avez ordonné l'arrêt d'une enquête
pour laquelle un de ses informateurs s'était particulièrement exposé.
Il a refusé de vous obéir,
de laisser tomber son informateur, et il en est mort.
- Vos accusations à peine masquées sont graves
et totalement gratuites.
Je n'ai fait qu'obéir aux ordres. Les instructions venaient de Bercy.
- Parfois, il faut savoir désobéir.
Vous allez autoriser l'opération d'Aubervilliers.
Sinon je fais publier ce mail dans la presse.
- Cela peut vous nuire autant qu'à moi.
- J'ai plus grand-chose à perdre.
Dans deux mois, je suis à la retraite.
- Je vais appeler Lenoir.
Nous verrons ce qu'il est possible de faire.
- On maintient le dispo
auprès de Nadia Khelfa.
- C'est fait. Nico y est et je le remplace ce soir.
- Parfait.
Ne négligez aucune piste. Oury Mazouz est la priorité.
Je sais les efforts que vous faites
en l'absence de Berthaud et Escoffier. Excusez-moi.
Bonjour.
- Je suis le commandant divisionnaire Anfray de l'IGPN.
Nous allons mener une perquisition dans vos locaux
dans le cadre de notre enquête.
Brouhaha - Ils font leur travail.
Continuons à faire le nôtre. Les menottes, c'est obligatoire ?
- C'est la règle. - Sérieux, Tintin ? Vraiment?
- Nous allons procéder.
- Vous êtes là pour Berthaud et Escoffier.
Je vous demande de vous en tenir à leurs bureaux respectifs.
- Bien sûr.
Remue-ménage
- Alice, checke la commode, là.
Où est la clé du coffre ?
Gilou. - Hein ?
- Où est la clé du coffre ?
- Elle est là.
Tintin ouvre la mallette.
Petit rire
- Bon allez,
on remballe.
Y a rien. - OK, on y va.
- Commissaire.
- M. le commandant divisionnaire.
- Hop!
- Merci.
- Je l'ai fait pour l'enquête. On vient d'être ressaisis.
Je voulais pas que vos conneries nous foutent encore dans la merde.
- Je comprends. - Eh ben, tant mieux.
- On est entre nous.
Racontez-moi tout, j'ai besoin de savoir.
- Le réseau bougeait plus,
on a fait un coup d'achat.
On a forcé Solignac à passer une commande de cash.
Il s'est plaint à l'IGPN.
- C'est tout ou il y a autre chose ?
- On a bloqué les comptes d'Oury Mazouz pour faire réagir le réseau.
- Je vois...
Tant qu'à faire, vous êtes allés au bout de la connerie.
- Oui, mais Cann est revenu dans notre orbite
et Chen est sorti du bois.
- Et Oury s'est fait enlever.
- On avait un dispo sur lui, mais Fromentin nous est tombé dessus.
- Il était pas là par hasard.
La seule façon de vous tirer de là, c'est de sortir cette affaire.
Le reste suivra.
Il est trop tard pour remettre la pommade
dans le tube.
Demain, on tape les boutiques d'Aubervilliers.
Opération conjointe avec la Crim.
Vous êtes sur le coup.
Cris - Police !
Pose ton truc. Pose ton carton, toi !
- Posez ça, s'il vous plaît !
- Restez là. Bougez pas.
- Il est où le gérant? Il est où ? - Ouvrez la caisse.
- Hop, hop, hop ! On avance !
Allez, dépêche-toi.
Allez, hop !
- C'est le gérant. - T'as une pièce d'identité ?
- Il y a le matos
pour compter les billets. - C'est quoi, ça ?
C'est quoi, cet argent? - C'est celui de la société.
- Vous avez les factures ? - Mon comptable arrive.
- C'est ça. Vous avez pas le droit de garder autant de liquide.
- Hep, hep, hep !
- On va procéder à une perquisition. Rattrape le petit con, là-bas !
On commence à fouiller!
- Cherche !
Super!
Là!Là!
Cherche !
Cherche ! Cherche !
J'ai quelque chose par ici. Il faut vérifier le conduit.
- Tu vérifies ?
Oh !Yes ! - Voilà, ça, c'est fait.
- Viens-là, toi. C'est quoi, ça ? - De l'argent.
- Fous-toi de ma gueule. Passe-lui les pinces.
- A mon avis, il y en a partout.
- On continue à chercher!
- Tiens. Dedans.
Allez, viens. Cherche !
- C'est bien. - Cherche !
Très bien. Là.
On continue. Très bien.
Celui-là. Le chien gémit.
Marquage. Allez, vérifiez.
Cris de joie
- C'est beau, ça ! - C'est Noël !
- C'est la société, ça ?
- Bingo ! - Ali, Tom !
- Il y a du comptage. - Amenez une caisse, quelque chose !
C'est pas bien, ça ? - Eh ben voilà !
- C'est un bon chien, ça. - Prends un autre carton.
- Il y a combien, là ?
- C'est bon, ça.
- C'est bien, t'as bien travaillé. Merci, hein.
- On est à près de 2 millions d'euros de saisie dans les boutiques.
On devrait faire craquer Chen.
- Il a pas l'air flippé pour un mec qui a perdu 2 millions.
- Ca va, vous deux ?
- Ouais, ça va. T'inquiète, on va s'en tirer.
- On se le fait ensemble, alors ?
- Notre surveillance prouve que du cash circule
entre les boutiques dont vous êtes le bailleur de fonds.
- Et alors ? On travaille du cash. On fait nos affaires comme ça.
- D'accord.
Du cash qui provient du trafic de stupéfiants.
Laure soupire.
Il y a quoi dans ces sacoches ?
- C'est pas des stupéfiants,
c'est de l'argent pour payer de la marchandise.
- C'est du blanchiment de l'argent de la drogue.
- Non, c'est du commerce. On peut pas savoir d'où vient l'argent, nous.
On travaille 12 h par jour, 7 jours sur 7.
- Ce jour-là, que faisiez-vous
chez M. Mazouz ?
- Je n'arrivais pas
à joindre M. Cann avec qui j'avais un problème à régler.
Comme je connais son beau-frère, je suis allé le voir.
- Oury Mazouz est le beau-frère de David Cann ?
- Oui, le frère de Lydia Cann. - D'accord.
Fini les non-dits. On sait qu'Oury gère les virements en compensation
de votre cash.
Ses comptes ont été bloqués, donc t'es venu récupérer ton fric.
Je me goure ?
Tom !
- C'est quoi cette histoire de comptes bloqués ?
Vous en cachez beaucoup des trucs comme ça ?
- On a un peu secoué le réseau pour faire bouger les choses.
- Ca peut planter une procédure, ça.
Vous foutez plus les pieds là-dedans.
- C'est aussi mon bureau.
- On vient de recevoir les papiers pour les Syriens.
On va pouvoir réinterroger le 6. Venez.
- Ca va ? - Oui et toi ?
Qu'est-ce qui t'arrive ?
- Écoute...
Il y a eu une descente de flics à Aubervilliers.
Ils peuvent débarquer ici à tout instant.
Il faut partir.
- Quoi ?
- Fais les valises, prends Solal. Il est là ?
- Oui. - Prends-le
et va chez ta mère... Le temps que je trouve une solution.
- On va pas partir...
- Fais ce que je te dis, putain ! Ne complique pas, Lydia !
- J'irai nulle part
tant que tu m'auras pas dit ce qui se passe.
- C'est ton frère qui nous a mis dans cette merde.
- Il est où, Oury ? - En sécurité.
- Donc tu sais où il est? - Oui.
- C'est toi qui... C'est toi ? - J'étais obligé.
Soupir
Je savais plus si je pouvais lui faire confiance.
Mets-toi à ma place.
- S'il lui arrive quoi que ce soit, je te pardonnerai jamais.
- Je sais.
Fais les valises, s'il te plaît.
- Je demande au tribunal
de me suivre dans mes réquisitions.
Je réclame une peine d'emprisonnement de 5 ans fermes.
- La parole est à la défense.
- Certains traumatismes vous marquent à vie.
Des années après, ils vous poussent à commettre des actes délictueux.
L'adolescence de ma cliente...
Il se trouve que...
J'ai rencontré Lola Morieja
dans des circonstances particulières.
Nous avons partagé une cellule.
A cette occasion,
j'ai pu mesurer combien Lola était une jeune femme
abîmée.
Mais d'une vivacité,
d'une générosité et d'une fierté exceptionnelles.
C'est cette force le principal atout de Lola.
Mais c'est aussi ici son pire ennemi.
Elle rend impossible l'évocation dans ce tribunal
d'un passé traumatique
qui vous aurait pourtant éclairé dans votre jugement.
Les chemins de résilience d'un individu sont multiples...
Et il faut savoir les respecter.
Voilà.
- Mme Morieja, la parole vous revient.
Avez-vous quelque chose à ajouter ?
- Oui, j'ai quelque chose à dire.
- On vous écoute.
Propos en anglais
- Le chauffeur de Cann.
- Putain, c'est Cann. Il a fait enlever son beau-frère.
- C'est eux, les assassins d'Herville.
- Que sait-on de ce Vadim ?
- Vadim Sokolov, 34 ans. On a une DPAE datant de 5 ans.
Il est chauffeur chez Cann. C'est son emploi officiel.
C'est aussi son homme de main.
- Vous avez pris les mesures nécessaires ?
- Ils sont inscrits au FPR. On rédige une circulaire de recherche.
- Bloquez les comptes de Cann. Sans argent, il pourra pas fuir.
J'ai déjà le listing des comptes de sa société
suite à la perquisition.
Il y en a une dizaine dans plusieurs pays :
Etats-Unis, Maroc, Israël...
- Chaque pays a un accord spécifique avec la France.
J'ai missionné deux hommes spécialisés en finance.
Les négociations sont fastidieuses, mais ils y sont habitués.
- Bien. - On va taper
les lieux qu'on connaît:
le domicile de Cann, son bureau et le domicile de Vadim Sokolov.
- Cette fois, on y est.
- OK. - Monsieur le juge.
- Merci, monsieur.
- Monsieur le juge.
Téléphone
- C'est Soizic.
- C'est quoi, ce bordel? Oury Mazouz a été enlevé ?
Le procureur m'a demandé pourquoi j'ai bloqué ses comptes.
*Vous avez fait un coup d'achat? - J'allais t'en parler.
*-C'est moi qui t'appelle. Tu pensais le dire quand ?
- Je te rappelle. - Elle a des infos sur Mazouz ?
- Elle a compris qu'on l'avait enfumée.
- Luc, tu peux checker aux écoutes si t'as un appel
sur le portable d'escoffier ? *-Tu t'es remis sur eux ?
- Oui, j'ai fait du zèle, je les ai filochés.
Il vient de décrocher, il y a 20 secondes.
- Bouge pas, je checke.
*Non, j'ai rien, aucun appel entrant.
- Ah... Donc, il a un portable de guerre.
Quand on utilise des techniques de voyou, c'est qu'on est un voyou.
Lance une recherche de bornage. *-OK. Dès que je l'ai,
on saura où ils l'ont acheté.
J'irai voir.
*-OK, à plus. - Ciao.
Sonnerie du tribunal
- L'audience reprend. Veuillez vous asseoir.
Mme Morieja, levez-vous.
Le tribunal vous déclare coupable des faits qui vous sont reprochés
et vous condamne à 18 mois d'emprisonnement,
dont 12 mois avec sursis.
Votre détention provisoire
étant supérieure à la partie ferme de la peine,
le tribunal ordonne votre mise en liberté immédiate.
- On a gagné ! On a gagné !
- Le tribunal a été ému par le récit de votre parcours chaotique
et a fait le choix de vous laisser une chance.
- Ils vont te ramener à la prison pour la levée d'écrou,
mais je serai là à ta sortie. On a gagné !
Soupir de soulagement
Musique de suspense
- Rien au fond.
- Rien là-haut. - Rien pour moi.
- Putain ! - Rien en bas.
- Regarde, le môme a même pas fini son repas.
Ils viennent de se tirer, on les a ratés. Fait chier !
- Ils savent qu'on est sur eux.
- Qu'est-ce qu'il va faire d'Oury en cavale ?
- Espérons qu'il leur serve encore à quelque chose. Voilà.
Putain...
- Lui, ça te dit quelque chose ?
- Non. - Et elle ?
- Oui, je la reconnais.
Attendez. Deux secondes. Alors...
Deux téléphones prépayés
de Duval, Florence. C'est un nom bidon, c'est ça ?
J'en étais sûr.
Elle avait pas de pièce d'identité, alors elle m'a donné 50 euros
et comme un con, j'ai accepté.
- Ces images-là, tu les gardes combien de temps ?
-24 heures. Je suis désolé.
- Pourquoi t'es désolé ? - Je sais pas.
- On va faire simple. Si des flics reviennent te voir,
tu fermes ta gueule.
Cette nana, là, tu l'as jamais vue. C'est clair ,
- OK.
- Je prends le cahier.
Efface les images.
Dernier petit truc.
Si tu veux pas que je fasse fermer ta boutique, tu m'as jamais vu.
C'est clair ? - Oui.
- C'est clair ? - C'est clair.
On frappe.
- Désolé, je suis à la bourre.
On a perquisitionné toute la baraque.
- Et alors ? - Que dalle.
Et toi ? - Rien, aucun appel.
- BONSOIR.
- A plus tard. - Rentre bien.
Ca va ? - Ca va, et toi ?
- Ouais.
Tu vas où ? - Dans un centre éducatif.
Dans la Creuse. C'est mon juge qui a décidé ça.
- C'est bien.
- Vous pensez ? - Ca lui fera prendre l'air.
- C'est vrai. Tu seras loin de moi.
Avec tout ça...
C'est mieux. Si, c'est mieux.
T'as pris assez de chaussettes ?
- Euh... Je sais pas. - Il doit y en avoir chez ton frère.
- Peut-être...
- Elle est au taquet, ta mère. - Ouais.
Soupir
- Te prends pas trop la tête avec ça. La culpabilité, c'est une saloperie.
Tu vas trouver un sens à toute cette histoire. T'as pas le choix.
(-Trouver un sens...) - Quoi ? J'ai pas entendu.
- Mieux vaut trouver un sens. - Ouais.
Gilou rit.
On entre.
Cann soupire.
- Il y a eu une descente de flics à Aubervilliers.
Chen est en garde à vue.
Si c'est pas les flics qui nous tombent dessus, c'est lui.
On est morts.
Oury soupire.
- Mes comptes sont bloqués.
C'est pour ça que mes virements passaient plus.
- Je veux partir loin.
- Et moi ?
Bips du coffre
Comment tu vas faire ?
Ta photo doit être dans tous les aéroports.
Je connais un mec qui peut nous arranger le coup.
Il a un jet au Bourget, il nous emmène si on a le fric.
- Il pilote ? - Ouais.
C'est 150000 pour aller à Tel-Aviv, un pote l'a fait le mois dernier.
Avec le peu de contrôle
au Bourget et nos passeports israélos, ça va passer crème.
- Oury, "passer crème" !
Mes comptes aussi sont bloqués.
Où veux-tu que je trouve l'argent? - Je les ai, moi.
J'ai du liquide planqué chez moi.
Laisse-moi passer un coup de fil.
Fais-moi confiance, on va s'en sortir.
Téléphone
- C'est Oury ! Il appelle sur WhatsApp.
- Mettez le haut-parleur.
- Allô ? *-Nadia, c'est moi.
- Oury, où tu es ? *-Calme-toi, tout va bien.
Il faut que tu m'aides. - Qu'est-ce que je dois faire ?
*-Va chez moi prendre du cash
dans un sac poubelle dans le congélateur.
(-Un lieu de rendez-vous.) - On se retrouve où ?
*-Je te rappelle demain.
Générique de fin
Sous-titrage : Lylo Media Group
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