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Durant cet �t� 1936,
le monde a le regard tourn� vers les Jeux Olympiques � Berlin.
Mais mon attention
va vers le salut nazi.
Car pendant ce temps, en Allemagne, les juifs sont pers�cut�s
et en �thiopie, les troupes italiennes de Mussolini
massacrent le peuple.
Quelle farce !
Bient�t, ils feront pire
et leur iniquit� montera jusqu'au ciel.
Mon nom est Solal des Solals.
Je suis le sous-secr�taire g�n�ral de la Soci�t� des Nations,
une assembl�e de mannequins ministres et ambassadeurs � Gen�ve.
Et je me sens perdu.
Je suis hant�...
par une femme.
Une femme qui m'a regard� sans me voir,
vue dans un miroir,
au bal, � Gen�ve.
Une femme mari�e.
Soci�t� des Nations - Gen�ve, Suisse
Dont le mari travaille sous mes ordres, � la SDN.
En convertissant nos revenus en monnaie actuelle,
en cat�gorie B, nous gagnons dix fois plus que Mozart.
Et avec 113 jours de cong�s par an !
En comptant les cong�s pay�s et les allocations familiales ?
En comptant toutes nos allocations,
nous gagnons plus que Mozart, Beethoven et Schubert r�unis.
Quelle agr�able surprise !
Irak, Palestine, Syrie.
Tout ce qui concerne les indig�nes de ces territoires,
- j'en suis responsable, Ariane. - C'est tout un empire.
Au moins les indig�nes peuvent compter sur toi, n'est-ce pas, Adrien ?
Je ne m'en occupe pas personnellement, c'est la t�che des gouverneurs.
Il y a 1700 portes,
1900 radiateurs, et devine combien de toilettes ?
Je ne sais pas.
Et... les indig�nes sont-ils bien trait�s ?
Bien s�r. Tous les rapports arrivent chez moi.
Comment sais-tu qu'ils sont exacts ?
- Ils sont officiels. - Tout va bien, alors.
Et qu'en fait la commission ?
Elle lit le rapport, puis f�licite l'autorit� mandante
pour son action civilisatrice. Tu veux bien arr�ter ?
- Arr�ter de quoi ? - Arr�te !
Tu fais comme l'autre soir.
Tu nous prends pour des bureaucrates, des clercs, comme tu dis.
Arr�te de nous humilier.
Je suis diplomate. Nous sommes form�s pour voir l'envers du d�cor.
Les choses ne sont pas aussi simples que tu le voudrais.
- Bonjour, Adrien, madame Deume. - Bonjour... monsieur.
Tu es tout rouge, Adrien.
- Tu r�alises ce qui vient de se passer ? - Non.
Il m'a appel� par mon pr�nom, Ariane. Le chef de cabinet
du secr�taire g�n�ral de la Soci�t� des Nations.
Un juif, bien que �a ne se voie qu'� peine.
Les femmes sont folles de lui. Il respire la classe.
Mais... Il va trop loin.
Il veut que cet empereur �thiopien prenne la parole � l'assembl�e.
Rends-toi compte : Un juif d�fiant les Italiens en faveur de noirs.
Nous devrions l'inviter � d�ner.
C'est sa ma�tresse.
Rhabille-toi !
Taisez-vous ! Asseyez-vous !
Mes promenades solitaires me conduisent vers la maison o� elle vit.
Je veille sur son sommeil et elle ne le sait pas.
Je veux voir la chambre o� elle respire.
Le piano est arriv� et votre bain est pr�t.
Qui �tes-vous ?
Je ne suis qu'un pauvre berger.
La musique qui vient de votre palais effraye mes brebis.
Comment oses-tu me critiquer, paysan pleurnichard ?
L'Himalaya est mon domaine.
Mon domaine !
- Qui �tes-vous ? - Tourne-toi. Ne regarde pas.
Nous nous embrasserons
� travers des miroirs.
Tu te souviens maintenant,
ma reine himalayenne ?
Son Altesse n'est pas sortie de sa chambre depuis l'arriv�e du piano.
Non, pas celui-ci, l'autre, pour sa chambre.
Cette fille est de plus en plus bizarre.
Toi, qui es si diff�rente des autres femmes,
ta puret� les rach�tera toutes
d�s le premier battement de tes cils.
Je le jure par le Dieu d'Abraham et d'Isaac, ce Dieu auquel
- je ne crois pas mais que j'ai lu. - Pervers !
Tourne-toi. J'ai dit, tourne-toi !
Tu es comme toutes les autres femelles de ton esp�ce.
Ariane ? Je t'ai apport� du th�, ch�rie.
N'oublie pas que j'ai invit� monsieur Solal � d�ner.
- O� est-il ? - Il n'est pas venu. Il nous a snob�s.
C'est un �tranger, apr�s tout.
Avec ces gens-l�, on ne sait jamais o� on en est.
Cette soir�e est un d�sastre.
Au contraire, Adrien. Il t'est redevable maintenant.
C'est vrai, les �trangers ne sont aim�s nulle part.
Il doit bien y avoir une raison.
Ariane, que fais-tu ?
Il faut entendre ses excuses, tu ne crois pas ?
Je ne pense rien de tel. Ne l'appelle pas.
- O� habite-t-il ? - Je l'ignore.
N'as-tu pas dit qu'il vivait au Ritz, ch�ri ?
Toujours ce maudit besoin d'�tre aim�.
- Tu parles de moi ou de toi ? - M�me quand on est vieille.
Un rendez-vous plus important.
Je crois qu'il d�ne avec ce roi d'�thiopie.
Tant qu'� se faire poser un lapin, autant que ce soit
� cause d'un roi ! F�t-il africain.
Ils doivent manger tr�s tard en �thiopie.
Nous devrions inviter le chef de cabinet plus souvent.
Ramollis, plus d'amour,
des poches sous les yeux,
la peau flasque.
De la cellulite.
Toutes ces b�n�dictions de Dieu
aux yeux de tous !
Trop injuste.
Non. Je ne veux pas de ta piti�.
S'il te reste le moindre sentiment pour moi, va-t'en.
Va-t'en !
Je parie que ses glandes mammaires sont en bon �tat.
Tu t'�gares.
Peut-�tre.
Cette fois, c'est diff�rent.
Elle doit peser 50 kilos,
dont 35 kilos d'eau !
Je suis amoureux de 35 kilos d'eau.
Quelle id�e stupide de la part de ce Solal de faire venir ce singe-empereur.
Il nous faut un plan concret, avec des objectifs quantifiables,
pour sauver notre image.
Un programme d'action plut�t qu'un plan.
Mais le programme d'action doit �tre un projet sp�cifique.
S'il est con�u de cette mani�re,
l'objectif serait de cr�er une nouvelle section � l'int�rieur du secr�tariat.
Le secr�tariat en garderait le contr�le ?
- Bien s�r. - Id�e int�ressante.
Nous proposerons la cr�ation d'un comit� ad hoc
aupr�s des principales capitales europ�ennes pour consultation.
Cela nous donnera un r�pit et montrera que nous agissons.
Et Sir John sera satisfait.
Ce cabinet de youpins est all� trop loin.
- L'ordre du jour ? - Un seul point
propos� par Sir John lui-m�me.
Quelles actions faut-il mener pour promouvoir
les buts et id�aux de la Soci�t� des Nations ?
Le programme d'action doit constituer un projet sp�cifique
plut�t qu'un plan d'action.
Si le programme d'action est ainsi cr��,
la proposition est d'envoyer... une mission ad hoc
urgente dans les capitales europ�ennes
visant � la cr�ation d'une nouvelle section au sein du Secr�tariat,
pour promouvoir les objectifs... etc.
N'est-ce pas ce que vous aviez propos�
- en sous-comit� ? - Sous-comit� ?
Je veux un rapport imm�diat sur les sanctions envers l'Italie.
Notre s�curit� collective est en jeu !
L'existence m�me de la Soci�t� des Nations !
Il s'agit de la confiance des �tats dans les trait�s internationaux.
Merci, messieurs.
Il me semble que M. Deume serait tr�s utile
pour votre mission, Van Vries. Vous ne trouvez pas ?
J'allais le sugg�rer.
Bien. J'esp�re que vous me permettrez de vous inviter
� d�ner pour me faire pardonner pour l'autre soir.
- J'en serais honor�, monsieur. - Tout l'honneur est pour moi.
- Monsieur, dois-je emballer ceci ? - Non, je n'en ai pas besoin.
Il est terriblement raffin�,
le genre � chercher dans la Bible
l'adresse d'un h�tel � J�rusalem.
Comment pourrait-on succomber � un homme pareil ?
Sournois, des yeux de charmeur de serpents.
Comment les femmes peuvent-elles �tre attir�es par les hommes ?
Ces poils sur les bras, ces seins atrophi�s...
On dirait du dentifrice. Un tube de Solal, s'il vous pla�t.
C'est gr�ce � ton tube de dentifrice que j'ai �t� promu en cat�gorie A.
Il m'a confi� cette mission.
Tu es parfaite, tu sais.
Une touche de rouge � l�vres, peut-�tre.
Je hais le rouge � l�vres. Trop vulgaire.
- Tu ferais pas une exception pour ce soir ? - Non.
- Cette robe est trop serr�e aux hanches. - Elle ne m'a pas l'air trop serr�e.
- Elle est trop d�collet�e. - Pas du tout.
Bon, j'irai comme �a, ind�cente.
Superbe !
On voit la moiti� de mes seins. �a ne te d�range pas ?
Pas la moiti�, ch�rie. Plut�t un tiers.
- Ils sont d�couverts d'un tiers. - Si je fais �a, c'est la moiti�.
O� veux-tu en venir ?
La v�rit�. Veux-tu que je les sorte lorsque je serai devant cet homme ?
Ariane !
Tr�s bien, je ne lui montrerai que la moiti� sup�rieure.
Il est temps d'y aller.
- Je t'en prie, sois gentille avec lui. - Gentille ?
Alors � quoi bon cette mascarade ?
Bonsoir. Dites � M. Solal que M. Et Mme Deume sont arriv�s.
- Certainement. Les ascenseurs sont l�-bas. - Merci.
Merci.
J'�cris un peu, quand mes obligations professionnelles me le permettent.
Je travaille � un roman.
- Un roman ? - Un genre en soi.
Pas d'histoire, juste des personnages.
Je m�prise toutes les formes traditionnelles de fiction.
En fait, j'aimerais parler de Don Juan.
- Ce personnage me hante depuis des ann�es. - Don Juan ?
Int�ressant.
Dites-moi Adrien, que fait-il dans votre roman ?
Eh bien, il...
il s�duit.
Bien s�r, si vous pouviez me donner des conseils...
Lui avez-vous donn� le m�pris d'avance ?
Eh bien, c'est une question de...
Don Juan ne respecte aucune femme.
Il sait que m�me la plus vertueuse ne peut lui r�sister,
et qu'apr�s les avoir satisfaites, il doit rester couch� l�
pendant qu'elles lui caressent l'�paule,
attendant qu'il leur dise � quel point c'�tait divin.
Fascinant.
Les femmes sont l� pour nous rappeler notre condition animale.
Et pourtant,
il y a une femme qui hante mes pens�es.
Ce qui est tragique, c'est qu'elle a un mari.
Si je la lui prends, il souffrira.
Mais je l'aurai.
Pourtant, elle me hante.
Ses beaux longs cils,
sa solitude dans l'Himalaya.
Vous permettez ?
Je parie que c'est la femme du d�l�gu� indien. Elle est ravissante.
- Votre taxi est l�. - D�j� ?
Quel dommage !
Nous avons tout le temps.
Je lui demande de repasser plus tard ?
Bonne id�e.
Je vais vous chercher un verre propre.
All� ? Oui.
All� ? Oui. Le chauffeur peut-il repasser dans une heure ?
C'est �a.
Oui, deux voitures.
Devant l'entr�e de l'h�tel.
Oui, les voitures iront...
Oui, � des destinations diff�rentes.
Si dans une heure vous n'�tes pas � mes pieds,
je nomme votre mari Chef de section.
Comme j'allais le dire, ce qui le motive,
ce qui nourrit sa col�re et son obsession, c'est l'espoir qu'un jour il �chouera.
Qu'il rencontrera une femme qui le rejettera.
Don Juan, je veux dire.
Je dois descendre. Poursuivons la conversation en bas.
Votre personnage doit avoir
un minimum de tactique. C'est un jeu d'enfant.
D'abord, il doit la pr�venir qu'elle va �tre s�duite.
C'est fait.
Ensuite, d�molir le mari. Plus facile � dire qu'� faire.
Les maris ont souvent
une vraie patrie � eux,
des amis, une famille, un Dieu.
Parfois, votre Don Juan les aime bien.
M. Van Vries. Bonsoir. Mademoiselle.
Avez-vous v�rifi� les dossiers britanniques ?
Je les compl�terai � mon retour.
Il est comme une femme. Il aime le pouvoir.
- Et pas vous ? - J'aime le pouvoir ?
Je fais le clown politique pour la Soci�t� des Nations !
Chaque jour, je joue mon r�le dans cette farce ridicule.
Et je cache mon m�pris car j'ai vendu mon �me pour un appartement au Ritz,
trois bains par jour, des chemises de soie et mon d�sespoir.
- Pourquoi n'arr�tez-vous pas ? - Par d�pit.
- Par d�pit amoureux ? - Non, par d�pit de moi-m�me.
O� en �tions-nous ?
Don Juan.
Don Juan ne peut compter que sur lui-m�me. Rien que sur lui-m�me.
Bien s�r, il y a les femmes qui l'aiment,
qui ont renifl� ses bons g�nes
et succombent � son sourire,
seule partie de son squelette qui soit d�j� visible. Il a honte pour elles.
Je me demande, Adrien, quelle est la valeur de sentiments
qui peuvent �tre d�clench�s par quelques petits os ?
Juliette aurait-elle aim� Rom�o sans ses dents de devant ?
Non. Pourtant, son �me aurait �t� la m�me.
Absolument.
Vous vouliez dire quelque chose ?
Pourquoi votre homme ne se trouve-t-il pas une vieille rombi�re � s�duire ?
Comme elle est maligne !
Parce que ce n'est qu'un m�le m�prisable.
Nous les m�les, sommes carnivores. C'est un fait.
Mais comment peut-il accepter que les femmes,
miracles supr�mes d'un monde sup�rieur, en fassent autant ?
Je ne peux m'emp�cher de les respecter !
C'est ma nature, je suis �ternellement fils de la femme.
Quel horrible dilemme.
C'est beau.
Je sais, piteux conseil pour une s�duction.
Non, c'est beau.
- Je vous en prie, continuez. - Trois : La ruse po�tique.
Se comporter comme un aristocrate hautain,
un esprit romantique, libre des conventions sociales.
Observ� 24 heures par jour,
il est forc� d'�tre vrai, donc piteux.
Tous les hommes, m�me les s�ducteurs,
sont path�tiques quand ils sont seuls et qu'ils ne paradent pas
devant une idiote �merveill�e.
Tous piteux. Moi le premier.
Les femmes ont peu de choix dans votre histoire !
Vous auriez d� dire oui au vieillard.
Et si tout �choue, alors, frappez-vous la poitrine comme un gorille !
Pour elles, trop de tendresse, c'est monotone et peu viril.
Ce qu'elles veulent, c'est de la passion, un tourbillon de passion.
�a va ?
R�gle num�ro quatre ?
La vuln�rabilit�. 90 % gorille, 10 % petit orphelin.
C'est la formule.
Merci, �a ira.
Et souvenez-vous : Quand votre Don Juan d�clare son amour,
n'oubliez pas de lui faire dire au passage qu'il l'emm�nera � la mer.
Elles adorent partir.
Votre taxi est l�.
Laisse-moi t'accompagner � la gare.
La gare n'est pas un lieu pour toi � cette heure. Ton taxi te ram�nera � la maison.
Arr�te d'�tre aussi insolente envers lui.
Sois gentille. Remercions-le pour ce soir.
Merci pour tout. Merci.
D�sol�, je ne suis pas tr�s en forme ce soir. Pardonnez-moi.
Je vous suis reconnaissant, M. Solal.
- Bonne chance pour votre voyage, Adrien. - Merci.
Je veux t'emmener l� d'o� je viens.
- O� est-ce ? - En C�phalonie.
La C�phalonie ? Je ne puis l'imaginer.
C'est si beau, avec des arbres magnifiques,
cypr�s et grenadiers, citronniers et des pins...
circassiers, myrobolans,
et m�me des paupi�riers.
Ma m�re et moi prenions des photos mentales de nos plus beaux moments.
Nous comptions jusqu'� trois et elles �taient fig�es � jamais dans nos m�moires,
en couleur.
Un...
deux...
trois.
Extravagant ! Et dire qu'elle est cens�e venir d'une bonne famille protestante.
C'est son argent, apr�s tout.
Les multiples violations des droits de l'homme en Allemagne
ne peuvent �tre trait�es comme une affaire de politique int�rieure.
Tenons-nous en � l'ordre du jour.
Quand la politique int�rieure d'une nation
m�ne � une trag�die pr�visible pour des centaines de milliers de gens...
Sauf votre respect...
Les consid�rations diplomatiques doivent s'effacer devant les exigences
de la plus �l�mentaire humanit� !
Si elle veut avoir un sens, cette Soci�t� doit agir sur-le-champ
ou elle en subira les cons�quences.
La seule solution qui soit digne
des objectifs et des id�aux de la Soci�t� des Nations
est de trouver un asile � ces gens.
Il faut imm�diatement que les �tats membres allouent des quotas.
L'Histoire vous jugera.
Messieurs, l'Europe �tant dans une telle tourmente,
elle doit comprendre
qu'un continent au moins doit rester � l'abri de la haine.
Nous pr�f�rons l'immigration britannique.
Nous n'avons pas de probl�mes raciaux, alors pourquoi en cr�er un ?
C'est une perte de temps de parler � ces diplomates sans pouvoir.
Je pars deux semaines en mission diplomatique.
Ce n'est pas une bonne id�e.
Reste.
Reste en moi.
Je reviens bient�t.
Berlin, Allemagne
- Qu'est-ce que vous �tudiez ? - La litt�rature.
- Je peux voir ? Proust ? - Oui.
Ce n'est pas une tenue pour prier.
Dieu ne fait pas attention � ces d�tails.
De toute fa�on, il sait ce qu'il y a en dessous.
Le bain est pr�t.
J'aime quand il me d�shabille.
Ce n'est pas pareil lorsque je le fais moi-m�me.
Il sait donc aussi ce qu'il y a en dessous.
Votre voiture va arriver, Ariane.
Que s'est-il pass� ?
Je ne sais pas quoi mettre.
Celle-l� est parfaite.
- Mariette ! - N'y va pas.
- Je vais avoir des ennuis. - Mais non.
Tu sais quoi ?
C'est dr�le, Mariette,
le plus exquis, c'est quand il va venir et que je l'attends
et aussi quand il est parti et que je me souviens.
Je dois y aller.
Mon ch�ri ! Mon gar�on de cat�gorie A !
Bonjour, m�re.
Bienvenue, Adrien.
Mariette, vous descendez ? Je vous appelle depuis des heures.
La Soci�t� est en d�saccord avec les sanctions prises � l'encontre de l'Italie.
Plusieurs membres
ont reconnu la conqu�te italienne de l'�thiopie.
Or nous devons all�geance non pas aux nations
mais aux �tres humains de la communaut� humaine.
Une fois de plus, cette organisation a �chou�.
Mon passeport !
Le voil�. Lequel de vous me prendra, moi ?
J'ai �chou�. Je continue de faire semblant.
"C'est un scandale qu'on ne doit pas �touffer.
Je vous signale l'irr�gularit� de sa naturalisation
qui justifie le retrait de sa nationalit� fran�aise.
Vous comprendrez certainement
que je pr�f�re rester anonyme."
"Pendant ton absence, Adrien,
je me suis arr�t�e devant ton imperm�able pendu dans le couloir.
J'ignore pourquoi, mais j'ai �t� �trangement �mue.
En caressant les revers, j'ai remarqu� qu'un des boutons allait tomber.
Ce soir, avant de partir, je l'ai recousu.
C'�tait doux de faire encore quelque chose pour toi..."
Camogli, Italie
Nous devrions nous baigner la nuit, Solal.
Nous pourrions �tre nus,
rien que nous, dans le noir.
Sol ?
- Sol ? - Quelle belle journ�e.
- Monsieur. - Merci, Paolo.
� quoi penses-tu ?
Je pense que je vais devoir passer ma vie � te plaire.
Tu es si beau avec tes bottes de cheval.
- Qui est-ce ? - Service.
Je n'ai rien demand�.
Paolo ?
- Je suis � votre service, madame. - D'o� viennent ces fleurs ?
De moi. Je suis � votre service, madame.
De vous ?
Posez-les l�, Paolo.
Je suis � votre service, madame.
All� ? Solal ?
Que penses-tu de lui ?
Assez chemise brune pour toi ?
Ne me dis pas que tu as chang� d'avis.
- De quoi parles-tu ? - Et si je portais ces pantoufles ?
Quand je serai vieux et s�nile,
et tra�nerai dans ces vieilles pantoufles,
penseras-tu toujours � lui ?
� qui ? � Paolo ?
Non, au bel homme avec qui tu as fait du cheval hier.
Mais c'�tait toi !
Ce beau jeune homme avec ses bottes noires et brillantes.
Ce glorieux sp�cimen de m�le imbu de sa virilit�.
C'est absurde.
Admets-le. C'est de lui que tu es amoureuse.
Arr�te, Solal.
Bon, continue. Voyons.
Tu es belle.
- Et toi, tu es fou. - Oui...
- Bonsoir. O� puis-je d�poser ceci ? - Paolo, entrez.
Posez �a l�.
C'est une surprise.
Il n'y en avait pas d'�lectrique. Celui-ci fera l'affaire.
Merci, Paolo.
On a d�j� besoin d'accessoires ?
Je me suis dit que celui-ci te plairait.
N'est-il pas li� � tes racines, mon amour ?
Que raconte cette musique ?
C'est l'histoire
d'un peuple maudit,
qui pleure
son beau roi qui se meurt.
Il pleure lui aussi,
d'avoir abandonn� son peuple sur la terre.
Ses enfants qu'il n'a pas pu sauver.
Et que feront-ils sans lui ?
Je t'en prie, continue.
Bizarre, ce n'est pas ce qui est �crit sur la pochette.
De nos jours, les marchands
racontent n'importe quoi pour vendre leurs produits.
Des chimpanz�s ! Tous !
Moi, toi ! Surtout toi !
Femelle ! Tu souilles tout avec ta sensualit� !
Qu'est-ce que tu dis ?
Je ne t'�couterai pas ce soir. Arr�te de te torturer.
Alors, on est de nouveau entre humains ?
- Silence ! - Mais je n'ai rien dit !
Silence quand m�me !
Cette tache ne partira pas.
"C'est un scandale qu'on ne doit pas �touffer.
Je vous signale l'irr�gularit� de sa naturalisation
qui justifie le retrait de sa nationalit� fran�aise.
Vous comprendrez que je pr�f�re rester anonyme."
Que dirais-tu si je nous achetais une maison ?
De l'autre c�t� de la fronti�re, avec vue sur le lac ?
- Une maison � nous ? - Oui.
Stresa, Italie
Oh Sol, quelle id�e merveilleuse.
Je vais l'am�nager pour qu'elle soit parfaite.
Pour toi, mon amour.
Pour toi et moi.
Je suis content qu'elle te plaise.
Ici, nous serons heureux.
Je le sais.
Tu ferais bien de t'y mettre. J'esp�re que tu auras fini � mon retour.
- O� vas-tu, Solal ? - � Gen�ve.
Tu vas � Gen�ve ?
Tu veux que je reprenne mon travail, non ?
Tr�s bien. Je te surprendrai.
Laisse-moi faire.
Tout sera termin� � ton retour.
Je m'occupe de tout.
Mariette !
Ma fille !
Gen�ve, Suisse
Bonjour, amant prodigue.
Esp�ce de salaud.
Que fais-tu ici, Solal ?
Je suis venu te voir.
Je veux r�cup�rer mon poste.
Comme c'est dr�le.
Tu coupes spectaculairement tous les ponts puis tu d�cides de les reconstruire.
- Tu crois qu'ils te reprendront ? - Ils trouveront bien quelque chose pour moi.
Que se passe-t-il l�-dedans ?
Mon seul pays est une femme.
Des mots douteux, dans la bouche d'un s�ducteur professionnel.
S�ducteur ?
Je suis enferm� dans ce th��tre de l'amour absolu.
Qu'attends-tu alors ?
Engage-toi.
J'ai peur de ce que je lui ferai si je reste.
Mais �tre s�par� d'elle...
je mourrais de chagrin.
En voil� un patriote qui veut sauver son pays ! Tu es amoureux.
L'amour, c'est ennuyeux.
- Irr�sistiblement ennuyeux. - Seulement pour toi, Solal.
Alors tu viens chez moi ? Comme c'est gentil.
Je ne sais pas pourquoi,
mais tu peux rester aussi longtemps que tu veux.
... une d�claration ferme. La Soci�t� des Nations doit exiger
"la cessation imm�diate des hostilit�s".
Nous pr�f�rons :
"�uvrer imm�diatement pour une cessation des hostilit�s."
Que s'est-il pass� ? Une carri�re pareille,
notre plus haut poste � la Soci�t� des Nations.
Autant vous le dire, le minist�re n'interviendra pas en votre faveur.
Ce n'est pas pour �a que je suis ici. Je veux juste obtenir mes papiers.
J'ai vu dans le Journal officiel que votre nationalit� avait �t� r�voqu�e.
Pas � cause de ce scandale ridicule avec votre passeport.
Il semble que vous ayez dans vos rangs un ennemi assez farouche
pour envoyer une lettre anonyme de d�nonciation
qui a r�v�l� des irr�gularit�s
impossibles � prouver autrement.
Je ne peux rien faire pour vous.
Vous devrez demander un permis temporaire pour apatrides.
Comme c'est bien d'avoir des racines,
un parcours lisse du berceau � la tombe.
Bien de ne pas avoir d'ennemi int�rieur.
Un "ennemi farouche dans mes rangs", comme vous dites.
Que feriez-vous � ma place ?
Ces papiers m'ont permis de na�tre, et maintenant ils m'�liminent.
Gardez �a pour vos archives. Je suis le ma�tre de mon destin.
Stresa, Italie
Solal ?
�coute, mon amour.
J'ai d�cid� de rompre avec tout ce qui nous entoure.
Une seule chose compte d�sormais : Nous.
Garde les yeux ferm�s.
Tu peux les ouvrir maintenant.
Mariette.
- �a ne te pla�t pas ? - C'est magnifique.
- Je me disais qu'on pourrait inviter des gens. - Ah, bon ?
BONNE ANN�E 1937
Je suis entour� de cadavres.
Pourquoi ne peuvent-elles pas continuer � vivre au jardin ?
Solal, il y a une soir�e dans la villa d'� c�t�.
Alors nous devons y aller.
- Tu aimerais y aller ? - Oh, oui.
- Parce que tu t'ennuies d�j� avec moi. - M'ennuyer avec toi ? Solal !
Sinon pourquoi voudrais-tu aller � une soir�e o� tu ne connais personne ?
Je me disais que ce serait amusant.
Je conclus mon plaidoyer.
- Quel plaidoyer ? - Mesdames et messieurs du jury,
cette femme vient d'admettre que je l'ennuie � mourir.
Bonne nouvelle, le plombier est ici pour r�parer les toilettes.
Il �tait temps.
Qu'est-ce qu'on attend ?
Allons � la soir�e rencontrer ces minables.
Tout plut�t que de rester avec ce vieux raseur de Solal.
Ce n'est pas vrai. Tu sais que je t'aime !
Et si on me coupait les bras ?
- Quoi ? - Tu m'aimerais encore ?
Je ne sais pas de quoi tu parles.
Laisse-moi t'expliquer.
Imagine : Tout � coup, je ne suis plus beau du tout.
Je suis horrible � regarder.
Un homme-tronc, suite � un tragique accident.
Que ressentirais-tu � mon �gard ?
Je ne sais pas. C'est une id�e ridicule.
Je suis un homme-tronc ! Une masse f�tide, puante !
Pourquoi m'aimerais-tu ? Sans bras ni jambes ? Pourquoi ?
- Je ne sais pas, je t'aimerais. - R�ponse insuffisante, madame !
Bon. Parce que je t'aime comme tu es.
Parce que toi seul, mon Sol tourment�,
es capable de me poser ces questions absurdes.
Je serais perdue sans toi, Solal.
Amput� !
Ce n'�tait pas assez bien pour elle. Ils ont quatre toilettes maintenant.
Vous savez pourquoi ?
Pour que l'un ne sache pas quand l'autre fait ses besoins.
Il n'y a pas de honte � aller aux toilettes.
Moi et feu mon mari on aurait fait nos besoins
ensemble plut�t qu'�tre s�par�s. C'est �a, le vrai amour.
Je vois bien qu'ils cherchent des sujets de conversation.
Toujours les histoires d'enfance de mon Ariane.
C'est de l'amour, �a ? Non.
Ils ne peuvent m�me pas se voir sans �tre tir�s � quatre �pingles.
Et elle ne sait rien de lui. Rien.
Pas de pass�, pas de pr�sent.
�a ne pr�sage rien de bon, je le dis.
Leur amour est hant� par des fant�mes �lectriques.
� quoi penses-tu ?
Aux circassiers,
aux paupi�riers...
et aux pins.
Les pins de C�phalonie.
Pourquoi ne m'as-tu jamais emmen�e l�-bas ?
J'aimerais y �tre enterr�.
Pr�s de la mer.
C'est pour moi ?
Merci.
Pas maintenant.
Je peux m'asseoir ?
Je dois te dire quelque chose.
Je peux te parler en amie ?
Bien s�r. Consid�re-moi comme ton meilleur ami.
C'�tait avant que je te rencontre.
Cette vie insipide
avec un homme que tu n'aimais pas.
Merci pour ta compr�hension.
Quand cela s'est-il termin� ?
Juste apr�s qu'on se soit rencontr�s.
Je lui ai �crit pour dire que c'�tait termin�.
Quand l'as-tu vu pour la derni�re fois ?
Avant qu'on se rencontre.
Je l'ai appel� pour lui dire que je sortais avec mon mari
et il m'a implor�e de passer chez lui.
Et tu y es all�e ?
Que s'est-il pass� ?
- Soul�ve ta jupe. - Non.
Soul�ve-la comme tu l'as fait pour lui !
- Non ! - Tu as �t� sa ma�tresse.
- Non. - Mais tu es all�e chez lui !
Oui, mais je n'ai pas �t� sa ma�tresse.
Qui est-ce ? Quel est son nom ?
- Qu'est-ce que �a peut faire ? - Est-il jeune ?
Allez, Ariane ! Est-il jeune ?
45 ans.
- Chauve ? - Cheveux bruns peign�s en arri�re.
Tu t'es trahie, tu sais ?
Que veux-tu dire ?
Tu as admis plusieurs fois �tre sa ma�tresse, sans t'en rendre compte.
- J'ai jamais dit que j'�tais sa ma�tresse. - Tu viens de le refaire !
Tu as dit "je n'ai jamais dit que j'�tais sa ma�tresse"
au lieu de "je n'ai jamais �t� sa ma�tresse".
Ce n'est pas vrai, nous �tions simplement amis.
Si ce n'�tait qu'une amiti� innocente,
pourquoi viens-tu me parler avec cette mine p�nitente ?
Allons, Ariane ! Ne me d��ois pas !
Dis-moi la v�rit� ! Tu sais que tu �tais sa ma�tresse et je le sais aussi !
- Oui. - Oui, quoi ?
- Oui � ce que tu as dit. - Sa ma�tresse ?
Mais juste une fois.
Comment dirais-tu �a ?
T'a-t-il fait jouir ?
- Non. - T'a-t-il fait jouir ?
Non.
Pour la derni�re fois, t'a-t-il fait jouir ?
Combien de fois as-tu couch� avec lui ?
Une fois, je te l'ai dit.
Une fois.
- Je vais chercher de l'alcool. - Reste ici ! Au diable, l'alcool !
Pourquoi n'as-tu couch� qu'une fois avec lui ? C'est �a que je trouve bizarre.
Je lui ai dit qu'il valait mieux arr�ter.
Donc, tu le lui as dit encore gluante.
Non, le lendemain.
Tu es retourn�e le lendemain, tellement �a t'avait plu.
Comment as-tu dit �a ?
"Reste ! Reste en moi !"
Tu �tais m�me peut-�tre un peu amoureuse de lui
mais tu as d�cid� que �a suffisait. C'est �a ?
Que veux-tu que je dise ?
Ce que j'attends que tu dises ! Alors dis-le !
Je ne peux pas le dire.
Qu'ai-je fait ?
�a va aller. �a va s'arranger.
�a ira mieux. Je vais vous faire une bonne camomille.
Ma ch�rie,
pourquoi avoir invent� cette histoire ridicule ?
C'est pour toi, je crains.
Ce n'est pas pour vous.
Que fais-tu l� ? Entre.
J'ai froid.
Oh, Ariane.
Tout va bien, mon amour.
Pardonne-moi.
Si tu veux qu'on laisse �a derri�re nous, tu dois tout me raconter.
- Mais alors ce sera pire. - Au contraire.
Je pourrai m'en d�livrer. De toute fa�on, qu'importe ?
Je r�alise que ce n'�tait pas important.
Je pr�f�re que tu poses des questions.
Est-il fran�ais ?
Allemand.
C'est bien ma chance. Son nom ?
Dietsch. Tu l'as vu.
Non, pas le chef d'orchestre ?
C'est de l'histoire ancienne, je ne veux plus y penser.
Tu vois ? Tout se passe bien quand tu me dis la v�rit�.
Dis-moi, combien d'autres ?
Mon Dieu, pour qui me prends-tu ?
Pour une putain, ma petite Salom�.
Une petite putain habile, g�t�e, �go�ste.
Tu es d�go�tant.
Je t'ai dit que c'�tait de l'histoire ancienne.
Non, c'est vivant et en cours !
Tu ne comprends pas ? Dietsch sera toujours ici, entre nous !
Il est couch� sur toi, l� maintenant !
Je ne peux plus supporter de vivre avec toi. Sors de cette maison !
Tu as menti ! Je t'ai fait confiance !
On n'en serait pas l�
si tu n'avais pas fait du trap�ze volant avec un chef d'orchestre !
Tu lui as pris sa baguette ?
Tu ne vois pas ? Tu salis notre amour.
Je salis notre amour ? Tu l'as d�j� fait, tu as Dietsch� notre amour !
Lui as-tu dit que tu �tais sa femme ?
En allemand, je parie ? Ich bin deine Frau.
- Ja, ja, ja ! - Arr�te ! Arr�te !
Tu lui as dit que tu l'aimais ?
- Je l'aimais pas ! - Pourquoi as-tu succomb� alors ?
- Il �tait doux. - Doux ? Un homme qui fait que se servir ?
Tu es d�go�tant !
Un homme qui se sert est un gentleman et moi je suis d�go�tant ?
Viens ici !
J'ai dit viens ici !
Pardonne-moi, mon amour. Pardonne-moi.
Je ne te ferai plus jamais mal.
Que va-t-il nous arriver ?
Un nouveau d�part.
Un changement de d�cor.
�a te dirait d'aller � Turin ?
Royal Hotel - Turin, Italie
Je t'ai rapport� un souvenir de l'�glise.
J'ai encore une question
et si tu y r�ponds, je te promets de ne plus jamais en parler.
Avait-il une mani�re allemande de copuler ?
Je te demande �a car j'ai l'impression d'avoir un rapport intime avec lui.
Quelque part nous sommes aussi amants d�sormais.
Alors dis-moi,
comment le fait-il ?
Va te coucher.
Je suis un homme m�prisable.
Ne dis pas �a, ce n'est pas vrai.
J'ai le num�ro de son h�tel � Turin.
Si on l'appelait ?
Je t'en prie, c'est absurde.
C'est toi qui as couch� avec lui, alors si on l'appelait
pour lui rafra�chir la m�moire ?
Je suis �puis�e. Je n'en peux plus.
- Pardonne-moi. - Je peux te pardonner.
� une condition.
Que tu l'appelles
et que tu couches avec lui devant moi.
Tu es fou.
Juste une fois. Quelle diff�rence �a peut faire ?
Au moins on vivrait la v�rit�.
Tu l'appelles ou je le fais ?
Notre avenir en d�pend.
C'est cens� �tre �a, l'amour ?
Ne bouge pas.
Une autre surprise.
Comme �a, on pourra se faire une partie � trois !
Tu es plus int�ress� par lui que par moi.
C'�tait comme �a ? Il t'a bais�e sur sa musique ?
- C'�tait comment ? - Arr�te !
Sol, ne fais pas �a ! Pour toi, pour notre amour !
Laisse-moi te respecter, mon amour.
Vous pouvez faire notre lit ?
Allez-y.
L'homme-tronc.
Je te ram�ne, Solal.
Ritz Hotel - Gen�ve, Suisse
Elle m'a ramen� � Gen�ve,
l� o� nous nous sommes rencontr�s pour la premi�re fois.
De retour.
Pour un nouveau d�part.
- Bonsoir, M. Solal. - Bonsoir.
Si vous voulez bien signer ici, Monsieur.
C'est ce que tu veux, n'est-ce pas ?
Un.
Deux.
Trois.
C'est si beau, Ariane.
Il y a tant d'arbres.
Des cypr�s
et des citronniers,
grenadiers et pins.
Myrobolans,
paupi�riers.
Je les vois tous, Solal.
Il commence � faire froid, Solal... prends ton manteau.
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