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-Une bière ?
-Hmm... -Grave.
Merci.
On n'est pas bien, là, tous les trois ?
Je suis sûr que tout va rentrer dans l'ordre.
Faites-moi confiance.
Vraiment.
Il parle une langue étrangère.
Il tousse.
-Max.
-Tape dans le dos.
-Arrête les chouquettes.
-C'est pas passé loin, là.
-Pff...
-Putain, je me suis fait bouffer.
-La Belle au bois dormant, tu fais quoi ?
-Max !
-Hé, oh ! -Allez, on se réveille.
Max !
C'est pas drôle !
Max !
Il respire pas.
-Qu'est-ce qu'il a ? -Je sais pas.
-Max !
Sonnerie de la faculté.
-Bonjour à tous !
Veuillez m'excuser pour ce retard.
Ces dernières semaines,
on a abordé le droit dans ses aspects
les plus techniques.
Aujourd'hui, on parlera de déontologie.
-Ah oui, on sort les grands mots.
-5 syllabes.
J'espère que vous suivrez.
D'après vous, jusqu'où
un avocat doit-il aller pour défendre un client ?
Oui, Awa. -Un avocat doit être prêt à tout
pour défendre un client, dans la limite
de la légalité.
Soupirs et sifflets d'étonnement. -Et qu'entend-on par "tout" ?
Oui, Camille.
-Ca dépend ce que veut le client.
-C'est le rôle de conseil
de l'avocat. Le conseil que je vous donne,
c'est de considérer son client comme son pire ennemi.
J'ai récemment disculpé un client et il m'a dit :
"Promis, Monsieur le juge, je referai plus."
Ah... vous êtes là.
Ca va, Lucas ? -Désolé, mais j'ai une galère.
-Qu'est-ce qui se passe ? -Khader est accusé de meurtre
avec sa soeur.
-Vous connaissez bien Khader ? -Depuis des années.
Mes parents étaient famille d'accueil. Khader a été placé
chez nous. -Vous êtes restés en contact ?
-L'an dernier, quand ma mère est décédée, Khader a été très présent.
C'est un mec bien.
Il a pas pu faire ça. -Allons-y.
-Où ça ?
-Voir votre ami.
Il a besoin d'un avocat ? -Sérieux ?
Vous voulez l'aider ? -Je vais d'abord lui parler.
Après on verra. -OK.
Merci, maître.
Il sera soulagé de vous voir.
Amira a déjà une avocate. -Je pourrai pas les défendre
tous les deux.
Et qui est cette avocate ?
-Me Ribaud, je crois.
-Christine Rigault ?
Merde ! -Y a un souci ?
-On appelle Rigault
"le Pitbull".
-C'est bien pour Amira. -C'est une pointure.
Mais elle peut enfoncer votre ami pour sauver
sa cliente. -Super.
-Elle est méchante.
Commandante Passereau ! -Maître Bellefond.
Et comment déjà ? -C'est Lucas.
-Vous venez pour Khader ?
-Je sens dans ta voix la joie. -Moi, je sens que Rigault et toi,
vous allez me les briser menues. -Tu me fais un topo ?
-Maxime Gautier a été tué vers 23h.
Ton client et sa soeur disent
qu'ils l'ont trouvé mort au réveil. -Que sait-on ?
-L'IRCGN est toujours sur la scène de crime.
C'est un coin paumé des calanques. Il a été étouffé avec l'oreiller.
-N'importe qui aurait pu le tuer. -Non. On n'a aucune empreinte
à part les leurs. Rien n'a été volé.
Personne ne savait qu'ils campaient à cet endroit.
-On peut pas exclure une intervention extérieure.
-Leur pote se fait étouffer près d'eux et ils n'entendent rien ?
Etouffer quelqu'un, ça prend... -Plus de 10mn.
On a pu les droguer.
-C'est leur hypothèse, j'y crois pas. J'ai demandé
des analyses de sang et d'urine. Il vous attend. Allez-y.
-Khader, tu tiens le coup ?
-Oui. Merci d'être venu. -Je te présente Me Bellefond.
Il te sortira de là.
-Racontez-moi ce qui s'est passé.
Lucas, fermez la porte. -Oui.
-J'arrive pas à réaliser que Max soit plus là.
-Vous étiez
très proches ?
-C'est mon meilleur pote.
Depuis notre rencontre, ça a de suite matché.
Avec ma soeur, c'était le trio.
-Khader et Amira ont été
en famille d'accueil. Tous les 3 étaient inséparables.
-Max était un fils de bourges.
Ses parents s'occupaient pas de lui.
-Vous avez créé votre famille à 3.
C'est ça ? -C'est ça.
On a grandi ensemble, on a monté
notre boîte ensemble.
-Une brasserie ? -Oui. KAM.
On fait de la bière bio.
On a plus de 20 employés. -Ca s'appelle KAM,
pour Khader, Amira et Max.
-Merci, Lucas, j'avais compris.
Tout se passait bien chez KAM ? -Carrément.
La boîte, elle cartonne.
J'arrive pas à croire qu'on nous accuse d'avoir tué Max.
Pourquoi on aurait fait ça ?
Ca faisait longtemps qu'on n'avait pas pris un moment pour nous,
loin du boulot et du stress.
-Pause, pause, pause.
-Allez, c'est bon. On va jamais y arriver sinon.
On était tellement contents d'être ensemble, tous les 3.
-Oh !
Ca va.
-Ben, va falloir arrêter les chouquettes.
-Très drôle. -File-moi ton sac.
-Max nous faisait marrer.
-Je vais vous semer.
Ah ! -Max !
Max !
-Les gars, putain !
Je vais tomber. -Attends. Je t'aide.
-Aidez-moi vite.
-Ca va ? -Ca va ?
-Oui.
Respiration haletante.
Vous avez raison. Faut que j'arrête les chouquettes.
Ils rient tous les trois.
Oh...
-La vue, c'est magnifique.
On arrivera jamais
avant minuit. -On va camper à la roots. Stylé !
Let's go ! -"A la roots" ?
C'est pas assez roots comme ça ? -On le sauve puis on le tue ?
Ca n'a aucun sens.
Max, c'était comme mon frère.
-Ne vous inquiétez pas.
On va tout faire pour vous sortir de là.
-Courage.
-Vous m'aviez pas dit que Max vous avait fait une crasse.
-De quoi vous parlez ?
-Il voulait quitter la boîte.
Il en détenait 51%.
-Max ne voulait plus vendre. -Ce n'est pas ce que dit
l'entreprise belge qui veut racheter KAM.
Les négociations
sont en cours. -C'est pas un mobile.
Khader et Amira pouvaient aussi vendre leurs parts
contre un joli pactole. -Si un associé décède,
les autres récupèrent ses parts.
Ca multiplie par deux le pactole et le mobile.
-Max voulait plus vendre.
-Ils vous a dit ça lors de votre pique-nique ?
C'est ce que dit votre soeur. -Peut-être parce que c'est
la vérité.
-Ou vous avez bien répété votre texte. La semaine dernière,
votre soeur a hurlé à M. Gautier :
"Tu mériterais de crever la gueule ouverte."
C'est ce qui s'est passé.
Vous l'avez tué, vous et votre soeur.
Vous aviez l'opportunité.
-Ce ne sont pas des preuves.
-Elles arriveront. -On y va.
-A votre place, je profiterais du soleil.
Vous risquez de ne plus le voir pendant un bon moment.
-C'est inadmissible. -Alors ?
Ca va ?
-Pourquoi ne m'avoir rien dit sur la vente de KAM ?
-Je trouvais pas ça important. -C'est à moi d'en juger.
Je reviens.
-Attendez-moi, j'arrive.
Monsieur le procu... Désolée... décidément,
je ne m'y ferai jamais.
-La commandante pense que nos clients
ont agi ensemble. Mettons-les hors de cause et l'enquête avancera.
-"L'enquête" ? Je ne sais pas si vous savez, mais ce qui compte
pour les avocats, c'est le client. -Pour vous, ce sont les honoraires.
-Vous, vous travaillez pour la gloire ?
-Et la beauté du geste.
*Musique, jingles et publicités.
Awa soupire.
*Voix.
-Alors ? Lucas a dit que c'était chaud.
-Entre Passereau et Rigault, c'est pas gagné, c'est sûr.
-Me Rigault, je l'ai vue plaider. Elle est magistrale.
-Bon, notre priorité est de démonter
le mobile de Passereau.
Sans mobile, son dossier est nul. -C'est ça votre angle ?
Prouver que Max Gautier avait bien renoncé à vendre KAM ?
Passionnant. -Ce qui est passionnant,
c'est l'infiltration.
Awa, vous allez être intérimaire auprès de Delphine, l'assistante
de direction.
-Non, Maître, c'est pas mon truc.
Ca se voit quand je pipeaute. -T'es psychorigide.
Ce sera à peine un rôle
de composition. -Excuse-moi ?
"Psychorigide" ?
-Oui.
-On fait quoi ?
-J'ai ma petite idée.
-Entendu. A plus tard.
Merci.
-Bonjour. Lucas. -Enchanté. Rachid.
Responsable d'atelier.
Je vais vous montrer votre poste.
Ici, vous avez le bureau de Delphine, assistante de direction.
-La mort du boss a dû vous choquer ?
-Je suis syndiqué.
Je vais pas pleurer sur un mec qui voulait fermer la boîte.
Salut, Pierre. -Salut.
-Ici, c'est la salle de brassage et d'embouteillage.
Je vais vous montrer votre poste.
Mario !
Mario, coupe !
-Bonjour.
Lucas. -Mario.
-Et assure, car la dernière fois
qu'on a embauché un jeune,
il a volé des bières.
-Traitez-moi de voleur.
-Non, désolé.
Je suis à cran depuis l'annonce de la vente.
Un commercial s'est barré
sans donner son préavis. On marche sur la tête.
Bonne installation.
-Je te montre ?
-Oui.
-Merci. Bonne journée.
Au revoir.
Awa, c'est ça ? -C'est ça.
-Y a longtemps
que vous faites de l'intérim ?
-Non... oui, 3 mois.
3 ans... Enfin, c'est ma 3e mission.
-Je suis contente que vous soyez là.
Avec cette histoire de vente,
j'étais déjà débordée et avec la mort de Max, je...
-Mes condoléances. Vous étiez proche de lui ?
-Amira, Khader et Max, c'est un peu comme mes enfants.
Des enfants qu'il faut cadrer,
parce que la législation européenne, tout ça...
-Vous travaillez ici depuis quand ? -Depuis la création
de l'entreprise. -Ah oui.
J'ai entendu dire que Max Gautier avait changé d'avis et...
Qu'il voulait plus vendre la boîte. -S'il avait voulu annuler,
je l'aurais su. -Ce doit être des rumeurs.
-Bon, c'est votre bureau. Installez-vous.
On va commencer avec le courrier.
Je vous laisse vous installer.
-Merci.
Je n'ose même pas imaginer ce que vous traversez,
Madame Tissier. Si j'ai bien compris, ça faisait
plus d'un an que vous étiez avec Max ?
-Depuis mon arrivée dans l'entreprise. On a flashé
dès qu'on s'est vus.
Max avait cette joie de vivre. Tout le monde l'aimait.
-Qui aurait pu lui en vouloir ?
-Khader et Amira.
Ils ont dû péter un plomb quand Max leur a dit qu'il comptait vendre.
Elle a un haut-le-coeur.
Je suis désolée.
-Vous êtes enceinte, c'est ça ?
-On ne l'avait dit à personne, on attendait les 3 mois de grossesse.
Dans 8 jours.
-Vous ne devriez pas rester seule dans votre état.
-Mes parents vont arriver. Ils ne savent pas
pour le bébé. -Max allait être papa.
C'est pour ça qu'il voulait vendre
ses parts de KAM ?
-On voulait élever notre enfant au Japon et ouvrir une distillerie
d'umeshu. -"Toumé" quoi ?
-Umeshu, un alcool de prune.
C'est hyper tendance. -Mais Khader et Amira
étaient au courant ? -Non.
Max voulait les préparer à son départ.
-Vous les trouviez trop liés ? -Trop puérils.
Entre Amira, la petite chose fragile, et Khader qui picolait...
-Ils nous ont affirmé que Max avait changé d'avis pour la vente.
Il en aurait parlé durant le trek. -Ils vous ont dit ça ?
A mon avis,
c'est l'inverse qui s'est passé.
Max leur a parlé de son projet au Japon
et ils l'ont tué.
Il faut que vous sachiez une chose.
Vous défendez un assassin.
*-Maître, j'ai trouvé un truc.
*Max a pris rendez-vous avec son avocat la veille de sa mort.
-Bravo, Awa.
Avec ça, Passereau va enfin laisser Khader tranquille.
-Fais-les monter.
-C'est quoi, ce bordel ?
Audrey, qu'est-ce que tu fais avec mon client ?
Ne vous inquiétez pas, j'arrive.
-J'allais t'appeler. J'ai collé ton client et sa soeur en garde à vue.
-Tu m'expliques ? -On a reçu les résultats du labo.
Personne gobera que Max a été étouffé sans qu'ils le remarquent.
Surtout pas un juge. -Tu peux pas condamner sans mobile.
La veille de sa mort, Max a appelé
son avocat, Me Lanzmann. Il confirme que Max
avait décidé d'annuler la vente. -Tu lâches vraiment rien, Antoine.
-Commandante, maître...
J'ai des nouvelles.
Khader a trafiqué les matières premières pour produire la bière.
Vous pouvez vérifier.
-Pas de renouvellement de la certification bio.
L'image de KAM repose
sur l'écoresponsabilité. -Max a compris
que sa boîte était en péril et Khader l'a tué
pour le faire taire. -Allons-y.
-Je vous suis.
-J'ai moi-même dit à Max que j'avais fait
une connerie sur la certif. -Il voulait vous évincer.
Et vous l'avez tué.
-Il était vénère, mais on voulait
rattraper le coup.
-Quelqu'un pourrait-il en témoigner ?
-Amira est au courant. -Evidemment.
Et Max aussi, j'imagine. Comme il est plus là...
-A moins de faire appel
à un médium pour le contacter, contente-toi des dires de Khader.
-Vous pouvez y aller, M. Habib.
-C'est là.
-Vous comprenez pourquoi il ne faut rien
me cacher ? -C'est le secret des affaires.
-Et le secret professionnel ? Quoi que vous me disiez,
ça restera entre nous.
-Vous avez raison. Je suis désolé.
Merci beaucoup, maître, pour tout.
-Oui, professeur ? *-Camille, trouvez-moi
ce que vous pouvez sur Amira.
-Pourquoi ? Vous voulez enfoncer la soeur ?
*C'est pas déontologique. -J'utilise les méthodes de Rigault.
-OK. C'est vous le boss. *-Dans la limite
de la légalité.
-Toujours, professeur.
-Parler avec toi est inintéressant.
-C'est quoi, le problème ? -Parce que Khader est le pote
de Lucas, on fait comme s'il était innocent alors qu'il est coupable ?
-Mais t'es dans quel camp ? -Dans aucun camp.
J'essaie d'envisager toutes les éventualités.
-On n'a pas la preuve que Khader est coupable.
Donc on garde la même ligne. OK ? -OK.
-Faut faire un prélèvement capillaire
sur Amira et Khader.
-Y a déjà eu des analyses de sang.
-Sauf que des substances
restent bien plus longtemps
dans les cheveux que dans le sang. Camille ne dit rien.
On saura si Khader nous ment.
-Et vous, Camille,
du nouveau ?
-Euh... ah ! Vous allez être contents. Amira a fait un séjour
en HP il y a 5 ans. -"Contents" ? C'est intéressant.
-On peut pas obtenir les dossiers médicaux.
-OK.
Ca nous avance pas.
-J'ai trimé sur ces putains de bières
et j'ai envie d'en boire une. -Pour moi, du vin.
Alors ?
-A priori, Max et Caroline étaient très proches.
Même au travail. Vous saisissez ?
-Ils sortaient ensemble.
-On sort ensemble, mais on se frotte pas toutes les 5mn.
Bref... Rachid les avait entendus en pleine action avant le conseil
d'administration.
-Max et Caroline copulaient ! Waouh, le scoop !
Un jour pour rapporter ces ragots !
Vous vous êtes surpassé. -J'aimerais vous y voir, vous.
-Je sais que vous faites le maximum.
Il faut passer à l'attaque.
-Enfin !
-Faut en savoir plus
sur Amira
et on s'engouffre dans la brèche.
-Quoi ? -On n'a pas le choix.
Il faut détourner les soupçons qui pèsent sur Khader.
En attendant,
retournez à la brasserie
et vous nous rapportez un vrai scoop.
-C'est qui ? -La meuf du boss.
Je pensais pas la revoir si vite. -On n'a pas reçu
les bordereaux de commande. -T'as regardé sur le serveur ?
On les y dépose. -Depuis quand ?
-Depuis la réunion du conseil. -J'étais pas là.
Ca te pose un problème ? -Pas du tout.
Tu crois que c'est moi ? Max était
comme mon frère. J'aurais jamais fait ça.
-Ne joue pas au pote éploré.
Va pourrir en taule.
-Putain...
Couvre-moi, je vais aux toilettes.
Ca y est, je le tiens, mon scoop.
Awa...
-Quoi ? Tu t'es cassé un ongle ?
-Caroline est pas venue bosser le jour
du conseil. -Donc Max copulait avec une autre.
Faut trouver le compte-rendu
du conseil.
Voilà.
-Max est arrivé en retard. -Et qui est arrivé 10mn après ?
-Amira.
-MAX COPULAIT AVEC AMIRA !
Quelqu'un approche. -Merde. Retiens Delphine.
-Non, non. -Ah si. Si.
Dépêche-toi.
-Oh ! -Pardon, je suis vraiment désolée.
-C'est pas grave. -Je suis confuse.
Je voulais vous parler, mais je sais pas comment vous le dire.
-Ne me dites pas que vous voulez
abandonner votre mission ? -Je suis pas très à l'aise ici.
Entre Khader
qui a tué son pote et Amira
qui a été internée en HP, parce qu'elle est...
Moi, ça me fait peur.
C'est quoi, cette boîte ? -Vous ne craignez rien.
-Elle n'a pas été internée pour ses pulsions violentes ?
-Pas du tout.
Je devrais pas vous le dire, son passage en HP, c'était à cause
de son avortement. -De qui ?
-Max. Ils sont sortis ensemble et quand elle a été enceinte,
il l'a obligée à... -"Obligée" ? C'est horrible.
-Elle a craqué. Mais ne dites pas que je vous l'ai dit.
Oui...
-Il ne faut pas sous-estimer la sensibilité d'Amira.
Les femmes amoureuses font de drôles de trucs.
Bref, c'est pour ça qu'Amira a fait son séjour
en hôpital psychiatrique.
-Et après tout ça,
elle se serait remise avec Max ?
-Le lendemain de leur rapprochement, Amira a dit à Max
qu'il méritait de crever.
-Bon, résumons.
Amira était amoureuse de Max.
Elle voulait se remettre avec lui.
-Mais après avoir "copulé" il lui dit qu'il veut vivre avec Caroline.
-Ce qu'il lui a refusé
il y a 5 ans. -Ca fait
un sacré mobile à Amira.
-Ca ne la rend pas coupable.
-Ca nous permet de détourner
les soupçons de Khader. -Salir Amira avec cette histoire,
ça m'emballe pas. -Il s'agit pas de ça.
C'est notre boulot d'avocat.
Faut défendre Khader à tout prix. -Tu parles comme Rigault.
-Et alors ? Rigault est l'une
des meilleures pénalistes.
Quel est le problème ? -Awa a raison.
Notre priorité, c'est Khader.
Je vais donc convaincre Khader de la meilleure stratégie à adopter.
-Laissez tomber. Il osera jamais.
-A moins d'être bons.
-Faut pas balancer cette histoire.
-Pourquoi ne m'avoir rien dit ?
-Parce qu'il y a rien à dire.
-Je dois tout savoir. Vous comprenez ?
-Ma soeur a cru que Max allait
se remettre avec elle
et qu'il allait plaquer Caroline. -Max lui a dit
que c'était une erreur ? -Un accident.
Qu'il allait devenir père.
-Y a de quoi vouloir le tuer. -Pas du tout.
Le tuer... jamais.
Si les gendarmes apprennent ça, ils vont l'embarquer.
-Rigault cherche à vous enfoncer. -Amira la laissera pas faire.
-C'est vous qui voyez.
Mais dans une affaire de meurtre,
j'ai vu des gens prêts à tout pour s'en sortir.
-C'est ma soeur, je l'ai toujours protégée. Je l'abandonnerai pas.
-Alors ?
-Il refuse de compromettre Amira. Je ne vais pas le torturer
pour qu'il change d'avis. -Il faut
qu'on parle à Passereau. -Vous jouez aux échecs ?
Voyez ça comme un handicap.
On va gagner la partie, même avec 5 coups de moins.
-Rigault va faire échec et mat. -Camille, on y va.
-C'est comme ça. C'était l'été.
-On se la coule douce ici. -Avec les RTT que j'ai à récupérer,
j'aurais pu faire le tour du monde. J'ai pas les moyens.
-Avant de voyager, occupe-toi de ça.
C'est une demande d'analyses capillaires pour Amira et Khader.
-Tu te fatigues pour rien. Ton client est dans la merde.
-Je sais.
-Ca n'a pas l'air d'aller, toi.
Viens, je te paie un vrai café.
-Depuis que je suis avocat, sauver mon client est si important
que j'envisage parfois des méthodes peu glorieuses.
-Au moins, toi, tu hésites. Pas comme le Pitbull.
-Tu vois, c'est si facile de glisser.
Et je t'avoue que ça me fait peur.
-Y a longtemps que tu nous avais pas fait une crise existentielle.
-Je donne des cours de déontologie à mes élèves,
et je fais presque le contraire
de ce que je leur enseigne. -Tu feras le bon choix.
-Je me donne à contre-exemple. -Fais-toi confiance.
T'es quelqu'un de bien. Si les options te plaisent pas,
trouves-en d'autres. Tu es aussi malin que chiant.
Bip de SMS.
Le devoir m'appelle.
-Un rapport avec l'affaire de Max ? -A plus tard.
-J'ai lu les rapports des éducateurs
de Khader. Il était violent ?
-C'est-à-dire... On entre.
-Maître...
Mlle Habib, vous m'avez menti sur vos rapports avec la victime.
Vous aviez une liaison.
-Ne répondez pas.
-Suivez-nous avec l'ordi.
-J'arrive.
-Que faites-vous ?
Pourquoi vous l'embarquez ?
-Amira couchait avec la victime.
-Et alors ?
-C'est votre faute. -Ca va pas !
-Retenez-le !
-Laissez-la.
-Là,
elle est suspecte. Calmez-vous. -Sinon vous m'embarquez ?
Ca vous excite votre petit pouvoir, hein ?
-Arrêtez !
-Taisez-vous.
Taisez-vous.
-J'ai couché avec Max.
Mais je l'aimais.
Il allait avoir un enfant avec une autre.
Je l'ai pas tué.
-Vous l'avez pas supporté ?
-Je l'ai pas tué.
Je l'ai pas tué.
-Relâchez-le.
-On va te sortir de là.
-Comment t'as pu me faire ça ? -C'est pas moi.
-C'est bon, vous en avez déjà fait assez.
Le véhicule s'éloigne.
-Mettez davantage d'exemples
dans vos copies. -Je saisis pas votre point de vue.
-On a besoin de lire
comment vous défendez votre client.
-Je vous avais dit de la fermer.
-Mais ça va pas ! Calmez-vous. -Ma soeur a été arrêtée.
-Hurler ne règlera rien.
-J'ai perdu mon meilleur pote, je supporterai pas de perdre ma soeur.
-Il fallait pas parler aux gendarmes.
Je vous faisais confiance.
Vous m'avez trahi, Awa.
Alors prenez vos affaires.
-C'est moi qui ai balancé
à Passereau.
-Pardon ?
Qu'est-ce qui vous a pris ?
-J'en avais marre de voir Rigault massacrer notre client comme ça.
Je suis désolée. -Putain, Camille.
-Awa, désolé de vous avoir accusée à tort.
Eh bien, Camille...
Lucas soupire.
-Bien joué de nous avoir portés volontaires pour l'inventaire.
-Ca nous permettra de fouiller sans personne autour.
Quitte à flirter avec l'inégalité, autant être subtils.
T'es pas familier du concept, toi.
-Non, je suis un mec.
Je voulais te dire merci pour hier.
T'as été classe, surtout que Bellefond t'a démontée.
-Il parle de déontologie mais il m'accuse sans preuve.
C'est abusé. -Oui.
-Bon, il nous reste une heure avant l'arrivée des employés.
Je prends le bureau d'Amira, tu... Bris de verre.
-C'était quoi, ça ?
Putain, Khader !
Non, Khader ! -Non, non !
-Khader, putain, non ! Qu'est-ce que tu fais ?
Oh !
Réveille-toi, bordel !
Khader, qu'est-ce que t'as foutu ! Va chercher un truc pour couper.
Putain, dépêche !
Dépêche-toi !
Il va crever.
Y a un cutter sur les cartons.
Khader...
Dépêche, va chercher un truc. On perd du temps.
Allez !
Je tiens plus.
-J'appelle les secours.
Allô ? Il y a eu une tentative de suicide.
On est à la brasserie KAM, 37, chemin du Renard.
C'est vraiment urgent.
-Comment va Khader ?
-Il va s'en tirer.
-Et vous, pas trop choqués ?
-Moi, ça va.
-Vous tenez le coup, Awa ? -Les aléas du terrain, je suppose.
Excusez-moi,
j'ai besoin d'être seule.
-Ton client a eu de la chance.
Heureusement tes élèves étaient là. -Je m'en veux.
Je n'ai pas perçu sa fragilité.
-Je vais pas t'arranger le moral.
Khader a avoué le meurtre de Maxime Gautier.
Dès qu'il se réveille, on le met en examen.
Désolée, Antoine. Cette fois, je pense que t'as perdu.
-C'est pas parce qu'il a avoué... -Que c'est lui qui l'a tué.
Mais un truc cloche.
Si Khader avait voulu se débarrasser
de Max, il l'aurait fait sans qu'on puisse soupçonner
sa soeur. -C'est clair. On fait quoi là ?
-Amira est peut-être intouchable, mais pas son avocate.
-Vous voulez faire tomber Rigault ? -Amira sera peut-être riche
si elle vend ses parts de KAM, mais là, elle peut pas se payer
une pointure comme Rigault. -J'ai les résultats des analyses.
Amira, Khader et Max
étaient drogués le soir du meurtre. -Je te l'avais dit.
-Ils ont pu droguer Max, le tuer et se droguer pour faire croire
à un empoisonnement. -Vous êtes pas marrante.
-Le GHB peut confirmer la préméditation. Mais ça change rien.
Avec les aveux de Khader, l'affaire est close.
-Pas pour moi.
-Que fais-tu là ?
T'es pas chez KAM ?
-Les plannings de KAM ont été chamboulés.
-OK. Ca va ? T'as l'air bizarre.
-C'est à Khader qu'il faut demander ça.
Il a tenté de se suicider à la brasserie.
Si on n'avait pas été là... Bref, il va s'en tirer,
mais tu sais ce que ça fait de décrocher un mec à moitié mort ?
Tu le sais ou pas ?
Lucas aurait pu voir son pote mourir devant ses yeux,
mais toi, tu fais que des conneries.
-J'ai fait ça pour lui éviter la prison.
-Awa, je te cherchais.
-Qu'est-ce que tu fous là ?
Un mec vient de tenter de se suicider !
-T'étais la 1re à vouloir tout balancer. Si on t'avait écoutée,
il se serait pendu par ta faute. -T'es sérieux ?
Putain...
-Ca va, toi ?
-Oui, ça va.
Un peu sonné.
Heureusement, Khader s'en sortira.
-D'où elle me parle comme ça ?
-Hier, elle allait endosser
ta connerie. T'as déconné. Camille, tu me fais flipper.
Quand t'as un truc en tête, t'écoutes plus personne.
-Désolée. Pardon.
Je fais que de la merde.
Je voulais même espionner le téléphone de Khader.
Pas la peine, sa soeur a installé une appli.
-Elle espionne Khader ?
-Eh bien, d'après les SMS que je n'ai pas lus,
Khader picolait beaucoup et perdait souvent son téléphone.
-Ca craint, il faut que t'arrêtes.
Khader a avoué le meurtre de Max.
-On a perdu ? -Pas encore.
Bellefond a décidé de fouiner du côté de Rigault.
Bip de SMS.
C'est lui. Il faut que j'y aille.
Reste tranquille.
Merci.
-Ah, vous voilà.
-C'est un resto chic.
On est pas sapés. -Ca va.
-On aurait pu se saper et faire un prêt bancaire.
-Je vous invite. C'est le minimum.
Vous tenez le coup ?
-J'ai extériorisé. Ca va mieux. -Tant mieux.
La seule piste qu'on ait pour innocenter Khader,
c'est le GHB.
Le GHB met environ 30mn à agir. Il était forcément
dans ce qu'ils ont ingéré en dernier.
-Une bière avant de se coucher. -Audrey a tout fait analyser.
Aucune trace de GHB nulle part.
Les empreintes sur les bouteilles sont inexploitables.
-Bonjour.
Vous n'aimez pas l'argent, mais vous vous soignez.
J'ai appris pour Khader.
Quelle tristesse ! -Le sort de Khader vous fait rire ?
-On lui passera le bonjour.
-Merci. -A propos de l'affaire. Pour nous,
le coupable vient de l'extérieur.
-Vous en parlerez avec Passereau. -Nous devrions nous unir
pour innocenter nos clients. -Maître...
-Votre client
a avoué. La mienne est hors de cause. Il faut savoir
s'avouer vaincu. -Dites-moi, dans cette affaire,
il n'y a ni argent ni gloire à la clé. Quel bénéfice
espérerez-vous en tirer ?
-Eh bien, la satisfaction de voir la vérité triompher.
-Depuis quand ça vous intéresse ?
Je suis sûr que vous avez autre chose à gagner.
-Je vous conseille l'avocat. Lui au moins est bon.
Bonne journée.
-Vous avez vu sa réaction ?
-Vous l'avez agacée. -On est pas là par hasard ?
-Rigault est peut-être un pitbull,
vous, vous êtes un serpent.
-Ah !
-4 ans d'études
pour jouer dans les bois.
-On est mieux là qu'au bureau.
Merde.
C'est dégueu, j'ai marché dans la crotte.
-On est vraiment mieux là ? -Arrêtez, vous deux. On cherche
les traces d'une 4e personne.
Concentrez-vous. -A quoi bon ? Les gendarmes ont...
Tir.
-Putain.
C'est le tueur, il est revenu nous buter.
Le chien aboie.
Quelqu'un siffle.
-Hector, au pied !
-Ca va pas ? Vous avez failli nous flinguer !
-La chasse est autorisée. Calmez-vous.
-On peut se balader tranquilles ?
-On sait faire la différence entre un sanglier et un con comme toi.
-Avant ou après l'apéro ?
-Répète ! -Du calme.
Baissez votre arme.
-S'éclater
à tuer des animaux, c'est dingue. -On fait pas que ça.
On régule les espèces pour la... -Préservation...
-DE LA BIODIVERSITE.
-On a installé
des caméras pour ça. -Quoi ?
Y en a par ici ?
-Y en a même une à 100m.
-On peut voir les images ?
-On va vous organiser une projection avec du pop-corn.
-Dites-moi, c'est une lunette longue distance
que je vois ?
-Oui. -Son emploi
est strictement interdit. C'est 3 ans
de prison et 30 000E d'amende.
-Ne vous emballez pas. On va s'arranger pour les vidéos.
-Hmm...
Trop aimable.
-Hector !
Les chasseurs appellent le chien. Au pied !
Le chien aboie.
-Bonjour, Khader.
Bonjour, docteur. -Je repasse plus tard.
-Merci, docteur.
Je sais pas ce qu'il y a de pire : d'avoir essayé de me tuer
ou de m'être raté. -Je suis content que ça ait foiré.
-Et Passereau a relâché votre soeur.
-Mes aveux auront au moins servi à ça.
-Tes aveux,
c'est des conneries ?
Tu voulais protéger Amira ?
-La nuit du meurtre, je l'ai vue sur Max.
-Vous avez dû halluciner
à cause du GHB ?
-On en a jamais pris.
-On en a retrouvé dans vos cheveux à tous les 3.
-C'est ni vous ni votre soeur.
-Si on trouve
qui vous a drogués,
vous serez sauvé. Alors comment avez-vous pu ingérer ce GHB ?
Tenez, regardez. Ca, ce sont les photos des restes
de votre repas.
-Y a-t-il une chose
qui cloche ou en trop ou une chose qui manque ?
-C'est bien
ce qu'on a mangé.
-Vous avez fini par les bières ? -Oui. Je les ai apportées.
Ce sont des bières au CBD.
-De la drogue ? -Non.
La substance active du cannabis, c'est du THC.
Le CBD est inoffensif et légal. -Ah...
-Attendez...
Passereau a fait analyser le reste du repas.
-Aucune trace de CBD.
-On a bu des bières au CBD.
Je les ai mises en bouteille avant de partir.
-Donc ça veut dire...
-Le meurtrier a donc introduit
le GHB dans vos bières.
-Après avoir tué Max, il les a remplacées par des canettes vides.
-Mais pas des canettes au CBD. -Donc il y avait bien
une 4e personne sur place.
-Captivant, ton film.
-T'aurais préféré
une sextape. -Ne me chauffe pas.
-Voilà Max, Khader et Amira.
Là, tu vois ?
22h33.
La personne repart
à 23h12.
-Tu m'agaces... oh !
C'est dingue comme tu m'agaces.
OK pour une piste extérieure.
-Une piste qui vient de l'intérieur.
-Tu me cherches, là.
-Le meurtrier a échangé les bières. Il avait accès
à KAM et aux affaires de Khader. -Tous les employés ont un alibi.
Rachid El Fassi était à un anniversaire,
Delphine... -Vilard...
-Elle a bossé jusqu'à 2h du mat.
-Et Caroline Tissier ?
-Pourquoi elle aurait tué son mec ?
-Parce qu'elle avait appris son infidélité.
Et puisqu'il ne vendait plus ses parts de KAM,
il a pu aussi renoncer à leur départ pour le Japon.
-Ca se tient.
Je vais la convoquer.
OK. T'as gagné.
-Je gagne toujours. Depuis le temps, tu devrais le savoir.
-Je comprends pas ce que je fais là.
-Vous seule n'avez pas d'alibi.
-Et Amira et Khader ?
Ils avaient toutes les raisons de tuer Max.
-Une 4e personne était sur les lieux.
-Je peux pas faire 10m sans avoir envie de vomir
et je serais allée
dans les calanques pour tuer le père de mon bébé ?
-Quelqu'un peut-il confirmer que vous étiez chez vous ce soir-là ?
-J'ai eu une consultation en visio avec un médecin du SAMU.
J'ai eu des saignements et j'ai eu peur.
-On a la preuve que Max
voulait plus vendre ses parts.
-Il n'aurait jamais décidé ça sans m'en parler.
-Parce qu'il vous parlait de tout ? Même d'Amira ?
Ils ont couché ensemble y a 8 jours.
Vous le saviez ?
-Vous mentez.
On entre.
-Le médecin confirme la consultation
entre 23h et 23h15.
-OK.
-On voulait partir au Japon pour se marier.
-Je suis désolée. Je ne voulais pas vous blesser.
J'explorais toutes les pistes. -Me raconter des conneries ?
-Non. Il avait dit à Amira qu'il regrettait.
Il voulait vraiment faire sa vie avec vous, avec votre enfant.
Je vous promets de retrouver
le coupable.
-Merci.
-Je vais demander à quelqu'un de vous raccompagner.
-Merci. Vous êtes la nouvelle intérimaire ?
-Hmm...
Je vous trouve
très courageuse de revenir travailler ici. Ca doit être dur.
-Quand je pense que Khader et Amira vont s'en sortir, ça me rend folle.
-Vous pensez que c'est eux ? -Evidemment.
Max en avait ras-le-bol. Il les appelait ses "boulets".
Il s'est battu avec Khader.
Il avait un hématome sur l'épaule. -Ah bon ?
A cause de cette histoire de vente ?
-Je pense pas.
C'était à la soirée de rentrée de la boîte.
A la soirée "C'est ma KAM", Max est rentré le matin
avec d'énormes bleus.
Aujourd'hui, je me dis qu'il aurait dû porter plainte,
ça aurait peut-être évité que...
Un chien aboie.
-Bonjour.
-Euh... bonjour.
Je suis l'avocat de Khader Habib. -Entrez, je vous en prie.
Je suis Delphine Vilard, je travaille à la brasserie.
Je suis allée chercher Khader
à l'hôpital. Je m'inquiète pour eux.
-Khader m'a dit que vous étiez comme une mère pour eux.
-Khader.
Je te laisse avec ton avocat. Je repasserai demain.
-Ca marche. -Au revoir.
-Vous êtes venu m'apporter des gâteaux ?
-Je suis venu vous parler de la bagarre avec Max.
-Quelle bagarre ? -Après la soirée "C'est ma KAM".
-Ah si, c'est vrai, on s'est embrouillés, ce soir-là.
-Encore une info que vous avez tue.
-Je m'en souviens à peine, on était torchés.
-C'était à propos de quoi ?
-Le nom de la bière de Noël. Il m'a poussé, je lui ai mis un coup
dans le bide.
-Dans le ventre ? C'est sûr ?
-Oui, je suis sûr. C'est quoi toutes ces questions ?
Vous êtes flic ou avocat ? -Je vais vous laisser vous reposer.
Merci, je connais le chemin.
Merci.
-J'en suis sûre. Caroline m'a parlé
d'un hématome à l'épaule.
Pas au ventre. -Il se fout de nous.
-Pourquoi il aurait menti ? -C'est en rapport
avec la soirée "C'est ma KAM". Il s'est vendu seul.
-En traçant son téléphone, on aurait accès à ses déplacements,
y compris pour cette soirée. -C'est non.
Camille est hors-jeu.
Je veux tout savoir sur cette soirée. Interrogez les employés
jusqu'à ce qu'on trouve un truc. -Si Khader et Max se sont bagarrés,
ça a dû faire du bruit.
Jingle de SMS.
-On vous dérange pas trop, j'espère.
-Khader est parti vers 2h du matin.
-D'où vous sortez ça ? -Je peux pas révéler mes sources.
-Continuez. -Il a fait une pause
sur la route, puis il est allé au port.
-Au port la nuit ?
-Oui et le signal indique qu'il est parti faire un tour en mer.
90mn plus tard, il est revenu.
-Une balade en mer après avoir bu ?
-Il nous mène en bateau.
-C'est bien le cas.
-Mais oui... le bateau. Quand j'ai fouillé le bureau de Max,
j'ai vu une facture d'entretien d'un bateau.
-Khader a pris le bateau
de Max après la soirée ? -Caroline m'a dit que Max
était rentré à l'aube.
-Allons déguster une pâtisserie.
Allez...
-Ca doit être là.
C'est le bateau du fond, là-bas.
-Qu'est-ce que vous foutez ici ?
-Les gamins m'ont fait un caprice pour avoir des donuts.
-Un vrai papa poule
qui emmène ses poussins sur une scène de crime.
Antoine, qu'avez-vous à fouiner autour du bateau de Max Gautier ?
-On cherche une piste. -On ignorait
que c'était une scène
de crime. Bon, mets-nous au parfum.
-Je vous rejoins quand j'ai terminé.
-On va s'installer
en terrasse.
Alors ?
-Il y a un mois, une femme a signalé la disparition de son mari,
Guillaume Genin. Mais la carte de Genin a été encore utilisée.
-Et la PJ a pensé que le type était parti acheter des clopes ?
-Sauf qu'hier,
on a repêché un corps. -Celui de Genin ?
-Oui. On l'a identifié. Il n'est pas mort noyé,
mais à la suite d'un choc violent. Son bassin est fracturé.
-Quel rapport
avec Gautier ? -Où bossait Genin ?
-Chez KAM.
-Il était commercial. -C'est celui qui a disparu
d'un coup. -2 morts dans la même boîte
en 1 mois ! J'ai demandé le bornage des portables
de Gautier, des Habib et de Genin.
-Et te voilà ici.
Bravo.
Tes gars ont-ils trouvé quelque chose ?
-Le Bluestar a révélé
des taches de sang... nettoyées. On saura si c'est celui de Genin.
-Tu penses comme moi.
-Les 3 potes ont utilisé le bateau pour se débarrasser du corps.
-Reste à savoir pourquoi Genin est mort.
-C'est pour ça que j'y retourne. Bonne soirée.
-Khader, il nous reste quelques minutes
pour préparer la confrontation avec Amira.
Alors parlez-moi. -J'ai rien à voir
avec la mort de Guillaume.
-Si vous vous taisez, vous serez seul face à Rigault et Passereau
qui rêvent de vous voir en prison.
J'ignore ce que vous me cachez,
mais ça vous ronge, ça se voit.
Plus vous vous tairez, pire ce sera.
-Maître ! -Camille, que faites-vous là ?
Je vous rejoins. J'ai la confrontation.
-Je dois vous voir avant.
-Vous avez 2 minutes.
-D'abord, je m'excuse.
-90 secondes. -OK.
J'ai suivi Rigault à la trace.
-Vous avez trouvé quelque chose ?
-Oui. Elle a appelé plusieurs fois
la société qui veut racheter KAM. Ils se sont rencontrés souvent.
Tenez, regardez.
-Rigault défend les intérêts de Bierland,
pas ceux d'Amira. -Vous allez museler le Pitbull.
-Bien joué, Camille.
On se retrouve au bureau. -Je suis réintégrée ?
-Oui. -Yes !
-Tous vos téléphones bornent au même endroit ce soir-là.
Même celui de Genin.
Donc je vous repose la question. C'est la dernière fois.
Après la soirée "C'est ma KAM", que s'est-il passé ?
Un homme est mort.
Ca fait 1 mois que sa femme le recherche.
Elle a le droit de savoir.
-Après la soirée,
Max, Khader et moi, on est rentrés ensemble.
-Tu veux aller où ?
-Au Baby. -Allez.
On va au Baby.
-On avait pas mal picolé.
-Elle va bien marcher, celle-là. -Oui.
Musique rock.
Ils chantent en anglais sur la chanson rock.
Choc violent.
-C'était quoi ?
-Ca va ?
-Qu'est-ce qui se passe ?
-On a percuté un truc.
-On a touché quoi, là ? -Qu'est-ce qu'on a fait ?
-Il respire pas du tout ? -Non, il respire pas !
-C'était un accident. -Conduire quand on est alcoolisé,
ça s'appelle un homicide involontaire.
Qui conduisait ? -Maxime Gautier.
Vous me l'avez dit.
-Vous étiez dans la voiture ?
Bon...
S'il vous plaît, qui conduisait ?
-Oui. C'était Max.
-Non. C'est moi.
C'est moi qui conduisais.
-C'était Max !
-Arrête, on a trop menti. Regarde où on en est.
-C'est pas sa faute.
Khader voulait appeler la police.
-A quel moment je le vois ?
Je l'ai pas vu. Je sais pas d'où il sort, le mec.
A aucun moment je l'ai vu ! Qu'est-ce qu'il branlait, là ?
Tu l'as vu, toi ?
C'est un accident.
-Tu veux faire quoi ?
-On appelle les flics. -Non.
-Mais si !
-Je vais avoir un gosse. Je veux pas aller en taule.
-On fait quoi ?
-On l'embarque.
On le met dans le coffre. -Mais t'es malade !
On l'embarque ? -On l'embarque, putain !
-Allez, on le met dans le coffre. Aide-moi.
On l'emmène sur mon bateau. -Et on le jette au large.
Max et moi avons eu l'idée du bateau.
C'est pas Khader. -J'ai tué un mec et je l'ai jeté
dans l'eau. C'est moi... voilà.
-Et pour la Carte Bleue de Genin ?
Faire des retraits pour qu'on le croie en vie, qui a eu l'idée ?
-C'est Max qui a détruit son portable
et vidé ses poches.
Mais on est tous responsables. -Pas du tout !
Puis-je m'entretenir avec ma cliente ?
-Votre cliente ?
Arrêtez de faire semblant de vous préoccuper d'Amira.
Je sais
que votre client est Bierland. -Attention. Il y a des témoins.
Je vous poursuivrai en diffamation.
-Le conflit d'intérêts, ça vous parle ?
-Vous travaillez pour Bierland ?
-Il y a le secret professionnel. -Oui ou non ?
-Je...
-Voilà pourquoi vous insistiez pour que je vende mes parts.
Pour refaire une nouvelle vie ? -Pas du tout.
On peut se voir ? -Non.
Vous allez foutre le camp !
Vous êtes virée. -Vous allez le regretter.
-J'en référerai au bâtonnier.
Maître Rigault claque la porte.
C'est une tradition d'afficher ses diplômes
dans son bureau. Ca impressionne les clients et les élèves.
Bonne chance pour vos examens. -Merci, professeur.
-Je vous souhaite le meilleur. -Merci, au revoir.
-Vous êtes là ?
Entrez.
Bonjour, Lucas. -Bonjour.
-J'ai commandé des repas. -Merci.
-Installez-vous.
Alors, reprenons.
Où en est l'enquête ?
Tenez. -Vous avez pris du champagne
pour fêter le départ de Rigault ?
-J'ai mieux que ça.
La dernière des bières de KAM, celle au CBD.
-Merci. Je savais que Khader
avait pas pu tuer Max.
-Mais Genin,
ils l'ont tué.
-Celui qui a tué Max est en liberté.
-Oui.
Ca sent la vengeance. -Quelqu'un aurait pu vouloir
venger Genin.
-Liquider Max et faire accuser les 2 autres.
-C'est pas la femme de Genin. Elle était à Saint-Etienne
le soir du meurtre.
-Oh, putain, venez voir.
-Delphine ?
Delphine serait la maîtresse de Genin ?
-Elle a un mobile d'enfer. -Pas de conclusion hâtive.
Ils sont peut-être simplement amis. -On pourrait vérifier.
-Faisons ça.
-Que faites-vous là ? -Bonjour.
Ca va ? -Oui.
-J'ai fini le dossier sur le management.
-Ca pouvait attendre lundi.
-Vous aviez dit que c'était urgent. -Merci.
Ca va, Lucas ?
Vous n'avez pas l'air bien.
-J'ai la nausée.
Je peux aller aux WC ?
-Oui. C'est au fond du couloir,
à gauche.
-Merci.
-Il a la nausée.
-Ca arrive. -Il est beau, votre jardin.
-Merci.
-J'ignorais que vous jardiniez. -Ca me détend. Ca me fait du bien.
-(Putain...)
-Ca va, Lucas ?
-Oui, oui.
Super. Ca va mieux. Je cherchais... enfin, j'ai trouvé
la salle de bains. -Derrière vous.
-Vous avez raison.
Ce sont les mêmes. -Mais Delphine a travaillé
jusqu'à 2h du matin.
-Maxime Gautier a été tué vers 23h. -Mais c'est elle, c'est clair.
-C'est impossible, elle a un alibi.
-Peut-être que Delphine s'est barrée en cachette.
-Attends, tu viens de dire un truc brillant.
-Ca serait une première. -Je ne dis que des trucs brillants.
-Je suis pas sûr de mon coup,
mais ça se tente.
-Me faire venir un samedi ! -C'est pour la bonne cause.
-Si ça peut faire innocenter les Habib et sauver mon taf, ça va.
Mais tu t'es foutu de moi.
Bon, mais t'étais pas doué. -Ah bon ?
-Ca dépend pour quoi. -Le voleur passait par là.
-Y a pas de caméra pour l'issue ? -Non. Elle est condamnée.
-Elle est juste bloquée
par les caisses.
-Qui a la clé ?
-La direction. Delphine,
elle gère tout ça.
-Et voilà. Je l'avais dit.
-Allô, Audrey ?
Oui.
-J'ai déjà tout dit
à vos collègues. -Ces baskets étaient chez vous.
Ce sont les vôtres ? -Oui.
-Une personne portant ce modèle a été filmée
près du lieu où a été tué Maxime, pile à l'heure du crime.
-On a trouvé des SMS
et des photos de vous et de Genin dans votre portable.
-Et nous savons pour la porte condamnée de l'entrepôt.
-Je ne mentirai pas.
Quand Guillaume a déboulé dans ma vie,
au début, j'y ai pas vraiment cru.
J'avais toujours fait passer ma carrière avant tout.
Mais avec lui, ça a été évident, tout de suite.
Bien sûr, il était marié.
Mais il me faisait tellement de bien.
Avec lui...
C'était comme si j'avais enfin le droit au bonheur.
On a vécu 6 mois magiques.
On avait décidé de se mettre ensemble.
J'étais sur un nuage.
Musique douce.
-Demain, on n'aura plus à se cacher.
Si tu savais comme je t'aime.
-Moi aussi, je t'aime.
Guillaume avait bu, on a décidé que je le ramènerais chez lui.
On restait discrets tant qu'il n'en avait pas parlé à sa femme.
Alors il est parti un peu avant moi, à pied.
La soirée était en train de se terminer.
-Elle va bien marcher, celle-là. -De ouf.
-Delphine, tu fermes la boutique ?
Avec les clés, de préférence. -Salut.
-Ne bois pas tout.
-On a plein de commandes. -Bye !
-Tu es belle.
-D'habitude, quand ils ont bu, je les empêche
de conduire, mais là...
J'étais tellement pressée de retrouver Guillaume.
-Vous les avez laissé partir.
-J'ai jamais revu Guillaume.
Je savais pas quoi faire ni à qui en parler.
J'étais perdue.
Personne ne savait pour nous deux.
Puis il y a 2 semaines, Max m'a demandé de le remplacer
pour accueillir des acheteurs pour son bateau.
C'est là que j'ai vu briller quelque chose sur le pont.
C'était l'alliance de Guillaume.
Delphine sanglote.
Elle vomit.
Je me suis souvenue que Max avait laissé sa voiture au garage
après la soirée "C'est ma KAM".
-Vous saviez qu'ils étaient partis ensemble tous les 3.
-Vous les avez donc soupçonnés.
-Amira avait installé une appli de tracking sur le portable de Khader.
J'ai pu la consulter. -Et vous avez vu qu'après la fête,
ils étaient partis en mer. -Pour se débarrasser de Guillaume.
Je me suis dit qu'ils pouvaient pas s'en tirer.
-Fallait venir nous voir.
-Pour qu'ils soient condamnés
à quelques mois de prison pour homicide involontaire ?
Non.
Je voulais qu'ils souffrent comme je souffre.
Comme Guillaume a probablement souffert, lui aussi.
Alors j'ai décidé de tuer Max et d'incriminer les deux autres.
Khader...
La livraison de céréales est arrivée. Va la vérifier.
-Oui. J'y vais. -La dernière fois,
ils ont fait n'importe quoi. -J'y vais.
-J'ai mis le GHB dans les bouteilles.
Avec ça, j'étais sûre
qu'ils seraient HS.
Et que je pourrais tuer Max sans qu'ils se rendent compte de rien.
-Vous saviez pas que c'était des bières au CBD ?
-Je l'ai étouffé avec son oreiller.
Le pauvre chéri ne pouvait jamais dormir sans.
Max gémit.
C'était horrible.
Ca n'en finissait pas.
J'ai récupéré les canettes,
et je les ai remplacées pour qu'on ne retrouve pas de traces de GHB.
Un chien aboie.
Je pensais que ça me soulagerait.
Mais même pas.
-Merci, maître. -On ne peut pas dire
que vous m'ayez aidé.
Vos démarches entreprises
pour lutter contre votre alcoolisme
joueront en notre faveur pour votre défense.
-J'ai tué Guillaume et Max est mort à cause de moi.
Je mérite de payer pour tout ça. -On mérite de payer pour tout ça.
-Une consoeur
a accepté de prendre votre dossier.
-Merci.
-Pour tout... vraiment. -Bon courage.
Bonne chance. -Allez, on y va.
-J'ai jamais signé pour ça.
-On devrait lui coller un procès.
-Je vais arrêter, maître. -Le joli point de vue est juste là.
Courage.
-Je parlais pas de ça.
Je vais arrêter le droit.
Oui, j'ai bien réfléchi.
Défendre, c'est bien, mais je préfère protéger.
-Vous tentez l'école de la police ? -Oui.
Pour rejoindre la Cyber Brigade.
J'en ai marre d'agir en secret et je fais plein de conneries.
-Je suis content que vous ayez trouvé
votre voie. -J'ai eu un bon modèle.
-On fait une pause ? -Non. Mieux que ça.
On va bivouaquer ici.
-Quoi ? Dormir ici avec ce qui s'y est passé ?
-Mais non, je vous charrie.
Vous m'avez vu ? Je suis pas du genre à dormir en pleine nature.
-Avec vous, faut s'attendre à tout.
-Allez, à nous.
-A NOUS !
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