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...-
...
- Tu trouves que j'ai changé?
J'ai changé.
Je connais l'angoisse, maintenant.
Je suis aigre, vieille.
Ici, à Paris, je suis en prison.
Tu sais pourquoi?
- J'ai entendu dire que tu soutenais Al-Roumi.
Je pense comprendre, oui.
- C'est pour ça que je suis sortie.
Il y avait une condition, évidemment,
que je leur sois utile.
Je le soutiens,
je trahis mon pays, je trahis mes amis.
Ils me tiennent en me tapant dessus
et en faisant pression sur ma famille.
- Je peux t'aider.
- Tu dois m'aider.
C'est pas un service que tu me rends.
- Je sais.
- Je dois partir en tournée avec Al-Roumi.
C'est trop.
Je peux pas, je peux plus.
Tu dois me sortir de là.
- Tu partiras pas.
- J'ai déjà essayé d'arrêter.
Ils me menacent.
Ils sont toujours là, partout. Ma famille, j'ai peur.
- Je sais.
- Evidemment, tu sais. C'est ton métier.
Quand je repense à nos après-midis à Damas...
J'ai mal au cœur, maintenant.
Je me demande combien ça va me coûter.
- Je sais.
- Tu t'es déjà retrouvé
dans une arrière-cour, à penser que tu allais être exécuté?
T'as déjà senti le canon d'un pistolet sur ta nuque?
Non! Tu ne sais rien!
Sors-moi de là!
...
- Elle vient d'arriver. Toute neuve.
- Céline, je voudrais vous parler.
La DGSE est au courant
du rendez-vous avec Nadia El Mansour?
- Non.
- Vous comptez en parler quand?
- Je sais pas.
- Vous vous rendez compte de la faute?
- Quoi?
- Vous avez organisé une prise de contact
sans que personne ne le sache.
C'est une initiative personnelle?
Vos supérieurs sont au courant?
- Vous, vous le savez.
- Ça ne suffit pas, rien à voir avec votre mission.
Vous devez le dire à vos supérieurs.
Vous leur direz qu'elle voulait me voir et que j'y suis allé.
- Je pensais que c'était bien pour vous 2.
- C'est pas à vous de prendre ces décisions seule.
Y a des règles à respecter.
Vous comprenez?
Même si votre ami est en danger.
Vous devez les respecter.
C'est pour le protéger lui, vous protéger vous.
Pour protéger la boîte.
- OK.
- Apportez-moi de la codéine.
Mon dos me tue.
Allez-y.
- Vous savez que j'ai participé au debriefing
de Nadia El Mansour avec la DGSI.
- Oui.
- Elle m'a demandé d'organiser un rendez-vous
avec Guillaume Debailly.
Ce que j'ai fait.
Elle lui a demandé de la protéger.
- Contre qui?
- Nadim El Bachir,
un officier supérieur des renseignement syriens.
- Ce salopard est à Paris?
Vibreur du téléphone
...
(En farsi)
- AIlô?
*- Ça va? C'est Shapur.
- Ouais, je suis en train de bosser.
*- Tu viens avec moi au Qatar la semaine prochaine?
Une super conférence à Doha sur la gestion de l'eau.
Mais en vrai, il y aura un bon hôtel, des jacuzzis, des filles...
- Et pour moi, il y a quelque chose?
*- Tu pourras m'écouter me plaindre.
Pleurer parce que Daria est partie,
pleurer parce que les filles et le jacuzzi sont trop froids.
- Pourquoi j'irais à Doha? C'est déjà ce que je fais ici.
*- Si tu es d'accord, j'appelle ton patron et j'organise ça.
Je pars mardi.
...
- Et le centre de convention... - Entrez.
- Ferme la porte, vite.
- On sent rien dans le couloir.
- Technique très élaborée.
- Phénomène m'a dit
que Shapur partait au Qatar,
un congrès sur l'eau.
- On sait. - On y va aussi.
- OK.
Donc, super, donc...
Phénomène doit partir avec lui?
- Surtout pas!
- Ah, d'accord!
- Non, surtout elle y va pas.
- Vous voulez le recruter là-bas.
Vous êtes sympas,
mais il se passe quoi si je dis à mon clandé de partir?
On travaille ensemble?
- Oui, bien sûr.
- Pourquoi vous me le dites pas?
Vous croyez que Phénomène le voit plus?
- Non, mais, on allait...
- J'ai un agent sur le terrain!
Pas au Qatar, en Iran.
Vous pouvez vous éclater,
mais vous le mettez pas en danger, vous m'informez
de tout ce qui le concerne.
- Marie-Jeanne!
Excuse-nous.
On est en plein dedans, c'est un peu chaud.
On aurait dû t'en parler tout de suite.
- It's just business.
On se voit un de ces jours?
- Oui, mais je t'ai dit, là, c'est...
Avec le recrutement, c'est chaud,
mais je t'appelle. - OK.
- Allez.
(En arabe) - Je suis une merde.
Je suis bon à rien.
- Mais non, tu vas y arriver. Démarre!
Il soupire.
On a encore un peu de temps.
- Oui, oui. Si Dieu le veut.
C'est quand même pas compliqué.
- Youssef?
Tu as des doutes?
Tu n'es plus sûr de toi?
- Non.
- Si tu doutes, tu dois me le dire maintenant.
- Non, non.
La voiture démarre.
Tu vois?
*- Tu sais pourquoi tu fais ça?
*- Pour que ces chiens de juifs lavent le sang de leurs enfants avec leurs larmes.
*- Non.
Tu fais ça pour rendre gloire à Allah.
Parce que le Très-Haut t'a créé pour que tu lui rendes hommage.
- C'est la préparation de l'attentat
de Jérusalem en mai dernier.
- Y a pas eu d'attentat en mai à Jérusalem.
- Non, et ceci pour 2 raisons:
Parce que le Shin Bet était sur le coup,
mais aussi parce que le kamikaze est angoissé.
Il est pas sûr de lui.
Le lendemain de cette leçon, il a disparu.
Pas de kamikaze, pas d'attentat.
- Il nous faut un bon recruteur.
- Pour convaincre un islamiste
de se faire sauter contre un autre islamiste,
il nous faut un pro de l'islam radical.
- Un imam.
Mais on va pas recruter un imam.
Si? On en connaît?
...
Musique de suspense
...
- Vous n'êtes pas très bavard aujourd'hui.
Qu'est-ce qui vous arrête?
...
- J'ai plus grand-chose à dire.
On a fini, non?
- Ça arrive d'avoir du mal à entamer une séance.
C'est courant.
Ça veut pas dire qu'il y a plus rien à dire.
- Ma fille a besoin d'un psy.
- Prune?
Comment va-t-elle?
- Elle, personnellement, ça va.
Mais son ami va très mal.
Il lui mène la vie dure.
- La pauvre.
- Il aurait besoin
d'une bonne psy.
Rien que pour lui.
- Je m'occupe pas des adolescents.
- Il est plus âgé que Prune.
Il est ingérable.
On l'a amené chez des psys
sur recommandation des parents, sans succès.
Il lui faut quelqu'un comme vous
avec d'autres méthodes.
Je peux lui donner votre numéro?
...
- Je vais voir ce que je peux faire.
On commence?
- J'ai quelque chose que j'ai jamais dit.
Ni à vous ni à personne.
Et qui me pèse.
Je suis rentré depuis bientôt un an.
Un an que je suis à Paris.
J'ai toujours pas prévenu mon père.
Il croit que je suis en mission.
Ça fait un an que je suis à Paris
et qu'il n'est pas au courant.
- Votre fille ne lui parle pas?
- Si.
Je lui ai demandé de mentir.
- Prune doit mentir à votre père?
- Par omission.
Il vit dans le Sud,
il a plus de contact avec mon ex,
Prune le voit juste à NoëI.
Ce n'est pas élégant de la mêler à ça...
- Pourquoi vous ne voulez pas qu'il sache?
- Parce que je veux pas le voir.
Y a quelques mois,
j'ai dit à Henri Duflot
que j'allais le voir dans le Sud,
mais j'ai menti.
J'ai pas pu y aller.
- Pourquoi?
- Parce qu'il me méprise.
C'est un militaire de carrière
et les gradés méprisent ceux qui font mon métier.
Mais c'est pas que ça.
* Il pense que je suis un égo. Ïste,
que je pense qu'à moi.
Que probablement, je suis lâche et menteur.
Il disait tout le temps que je gâchais tout.
Il disait "T'es pas un salopard, mais un salopeur."
Un jour, j'ai demandé pourquoi il pensait ça,
il m'a dit:
"Tu es laid.
"Moralement et physiquement."
* Vous comprenez pourquoi j'ai pas la force de le voir?
...
(En anglais) - Inspirez.
Expirez.
Asseyez-vous, s'il vous plaît.
- Qu'est-ce que vous vouliez me dire de si important?
- Le bourreau de Daech qui a décapité l'otage allemand et l'otage japonais...
Debailly monte une opération pour le neutraliser.
Il voudrait qu'on collabore.
- Il veut qu'on l'aide à briller dans une opération non autorisée.
- Pliez le bras, s'il vous plaît.
- Que donne-t-il en acompte?
- Le nom et la nationalité du bourreau.
- La nationalité, merci, je la connais. C'est un Français.
Sinon, tout ça serait plus officiel.
On l'aiderait à faire le sale boulot...
Pourquoi pas?
Hum!
D'habitude, c'est plutôt le contraire.
Je vais étudier ça.
Ça ne justifie pas notre rendez-vous.
Pourquoi avez-vous appelé?
- Excusez-moi.
Elle soupire.
- C'est posé à la va-vite.
Ce n'est pas une équipe de professionnels.
C'est Henri Duflot.
Je le reconnais bien.
Vous avez fait du bon travail.
Votre mission est finie.
Vous ne recevrez plus que vos vrais patients.
Si vous appelez ce numéro
et demandez un devis pour repeindre chez vous,
vous pouvez quitter le pays sans que personne le sache.
Vous pouvez appeler n'importe quand, dès que vous le sentez,
et vous quittez le pays dans l'heure.
On appelle ça une carte gold.
- Il y a des machines infernales.
Quand elles sont enclenchées,
on ne peut pas les arrêter.
Inutile de résister.
On a alors 3 options:
Se battre inutilement,
fuir,
ou attendre que ça vous rattrape.
Attendre, tranquillement.
Et faire de son mieux
pendant le temps qui reste.
Faire les choses qu'il faut.
Dire les choses qu'il faut.
On frappe à la porte.
Bonjour. - Bonjour.
- Vous voulez un café? - Oui.
Le dégât des eaux, c'est bon.
Le plombier va passer réparer ça.
Donnez-moi juste le papier des assurances.
- Très bien.
Conversations indistinctes
...
- Je peux vous parler?
Je m'excuse, l'autre jour j'ai été un peu vite,
au sujet de la technologie spéciale pour le téléphone.
J'ai lu des articles de geeks,
et en fait, ça peut être un bug.
Un bug spécial, mais un bug.
- Ah bon? - Pour vérifier,
faut fouiller le téléphone.
- Si vous avez un problème de loyauté, dites-le.
- Je me vois mal chourer son téléphone.
- Vous pouvez pas fouiller à distance?
- Si.
- Alors?
Sylvain?
Merci.
Trouvez-moi ce bug.
Mélodie à la guitare
...
- L'imam voudrait entre 500000 et un million de dollars?
S'il demande 2 millions?
- C'est qu'il est pas motivé.
- 700000, max.
Le dernier versement
si c'est un succès. - OK.
- Comment vous l'avez trouvé
cet imam?
- Ça fait beaucoup de questions pour ne pas autoriser l'opération.
- Hum!
Brouhaha de la foule
...
Sonnerie de téléphone
- AIlô. *- Bonjour,
j'appelle de la part d'Abdallak.
- Oui?
*- J'aimerais parler à Alger du financement de votre mosquée
dont on me dit le plus grand bien.
- Bien.
*- Après-demain, 18h, au Jardin d'essai?
- Si vous appelez de la part d'Abdallak,
vous savez ce qu'il faudra dire?
*- Je sais, oui.
- Bien.
- Il est rapide.
Aucune chance de localiser l'appel?
- Aucune chance.
- Comment ça s'est passé avec Nadia El Mansour?
- Elle est inquiète. Elle a raison.
Elle demande notre protection.
- El Bachir, on est sûr de l'avoir?
- On fait tout pour.
- Un défecteur des services syriens,
ça vaut de l'or.
- Hum hum.
- C'est quoi l'idée?
Ça me coûtera moins cher que l'imam?
- L'idée, c'est de le discréditer.
Imaginez que les Syriens apprennent
qu'il a déposé une demande d'asile politique à la France.
Ils penseront inévitablement qu'il s'est servi de sa mission
pour faire défection.
Qu'il a peut-être imaginé la mission uniquement pour ça.
Nadim El Bachir sera l'homme à abattre.
Il aura besoin de protection.
On lui fera comprendre qu'il peut se tourner vers nous.
- Et comment les Syriens
seront informés de sa demande d'asile?
- La DGSI prévient parfois
certains leaders de l'opposition en exil,
en cas de défection dans le camp adverse.
Certains de ces leaders
sont écoutés par les services secrets syriens.
- Vous auriez fait fureur pendant la Guerre froide.
(En arabe)
- Tu as tout? Téléphone? Passeport?
- Oui.
- Bonne volonté?
Sourire loyal et confiant?
- Qu'est-ce qu'il fait, le taxi?
- Arrête de faire la gueule.
Rome, Berlin,
Londres... Tu voyages,
tu vois du monde. Plein de gens adoreraient être à ta place.
Je te retrouve à Londres.
- Vous allez où?
- Roissy, s'il vous plaît.
On prend pas la sortie Roissy?
- Non.
- On va où?
- Loin. En sécurité.
Musique mélancolique
Il me faut votre téléphone,
Mme El Mansour.
...
On vous rendra vos contacts et votre appareil plus tard.
- D'accord.
...
- Bon alors, voilà.
Va falloir vous occuper.
C'est très, très tranquille par ici.
- Bonjour. - Bonjour.
- Quelqu'un est passé
mettre le chauffage, normalement.
Je vais vous faire visiter.
- Ça ira, merci.
Vous allez rester ici quelque temps, au calme.
On va s'occuper des gens qui font pression sur vous.
- Merci.
Pourquoi vous faites ça?
Lui, je sais.
Mais qu'est-ce que la DGSE a à gagner?
Vous avez quelque chose à gagner.
- Pensez pas à tout ça.
Reposez-vous.
Sonnerie de téléphone
...
- AIlô?
(En arabe) *- Qu'est-ce que vous faites?
- Monsieur Al-Roumi, bonjour, je vous rejoins demain.
*- Je ne parle pas de toi, je parle de Nadia El Mansour. Où est-elle?
- Elle n'est pas là?
*- Non, elle n'est pas avec moi!
Ecoute, en tout cas, c'est très mauvais, pour toi,
pour nous, et pour elle surtout.
- Je m'en occupe.
Retourne à l'hôtel.
*- Bonjour, Nadia El Mansour, laissez-moi un message.
- Elle n'est pas repassée à l'hôtel.
- Je dois vous conduire à l'Ambassade.
- Maintenant? Pourquoi?
La voiture démarre.
Attends.
AIlô?
Pourquoi vous faites ça? Vous croyez que c'est le moment?
*- Le mieux, c'est que vous veniez à l'Ambassade.
- Ce n'est pas le moment de me sanctionner parce qu'elle a disparu.
Je vais la retrouver. Elle a dû avoir un coup de stress. C'est une femme.
Je la ramène, vous voyez si vous voulez encore d'elle, sinon je m'en occupe.
*- Il ne s'agit pas de ça.
- Il s'agit de quoi?
*- Venez à l'Ambassade, nous discuterons là-bas. Nous vous attendons.
Sors de là, j'ai besoin de la voiture.
...
Tonalité
...
*- AIlô, Farouk?
- Merci, tu décroches! C'est moi, Nadim.
*- Nadim?
- On peut se voir?
*- Pourquoi?
- Parce que je te le demande.
*- Retrouve-moi au Palais de Tokyo.
- C'est trop près de l'Ambassade. Comme avant,
* à l'Ile Saint-Louis.
- Préviens Debailly.
- AIlô? Ça s'affole.
Oui, on suit.
C'est marrant, aujourd'hui.
(En arabe) - Bien joué.
- Quoi?
- Joude, la secrétaire de Hussein, m'a dit...
- Quoi?
- Elle faisait mine d'être choquée.
Mais je te jure, je l'ai senti, elle est comme moi.
Elle t'envie!
- Espèce de con, de quoi tu parles?
- De la demande d'asile politique!
- Quelle demande d'asile politique?
- Celle que tu as faite à la France
et qu'ils sont en train d'accepter.
- Je n'ai jamais demandé l'asile politique.
C'est quoi, ces conneries?
- Arrête, Nadim.
J'ai vu le dossier.
Il est complet, argumenté.
Tu as toujours été le plus malin d'entre nous.
Tu as monté toute cette opération pour ça,
non?
Nadia El Mansour, son recrutement, Paris,
c'était pour revenir demander l'asile?
- Tu crois ça? Tu crois que je vais me retourner?
Trahir mon pays? Fuir?
Tu sais ce qu'on fait aux traîtres?
- Pourquoi tu m'as pas mis dans la combine?
Tu feras quelque chose pour moi quand ça sera fait, hein?
- Mais non, Farouk!
Jamais je ne ferais ça. S'il y a bien quelqu'un qui le sait, c'est toi, merde!
- Tu peux me le dire.
Je suis avec toi, tu le sais.
- Va-t'en!
...
Il marmonne.
...
- Et sa famille?
- A Damas, il reste sa mère.
A Alep, sa tante et ses deux nièces, mineures.
- Arrêtez ça tout de suite.
N'essayez pas de m'attendrir.
4 personnes à sortir?
- Au plus vite.
C'est une martyre du régime de Bachar el-Assad,
respectée,
en exil, non compromise.
Mieux, elle a refusé de se compromettre.
Elle a le profil d'une leader.
Dans 6 mois, 1 an, 2 ans max,
elle est une des voix qui comptent en Syrie.
Peut-être même "la" voix qui compte.
On a envie d'être proche d'elle, non?
- Je m'en occupe.
...
(En anglais) - Impression de déjà-vu...
Vous pouvez tenter de dire que c'est un coup monté.
- Dans mon pays, un millimètre de suspicion
égale cent pour cent de chances d'être exécuté.
- Chez vous, tout le monde finit par être l'ennemi.
- Vous pouvez m'aider?
- Je peux vous faire disparaître.
- J'ai une femme et deux garçons à Damas.
- Je ne peux rien faire pour eux.
- Qu'est-ce que vous voulez?
- On va vous emmener dans un endroit sûr.
On va vous débriefer pendant deux ans.
Quand on estimera que vous avez tout dit sur tout ce que vous savez,
quand on aura tout recoupé,
on aura le choix:
Soit vous remettre à vos amis,
soit vous laisser disparaître dans la nature.
On ne peut pas faire pression sur un mort.
A n'importe quel moment,
vous pourriez avoir un accident de voiture.
- Ma famille saurait que je suis vivant?
- Pour cela, il faudra être très coopératif.
Si un jour, où que ce soit,
Nadia El Mansour ne se sent pas en sécurité
ou si elle a l'impression d'être suivie,
on vous relâche dans la nature
et on le fait savoir à vos amis à Damas.
...
- Qu'est-ce qui se passe?
- Nadim te tournera plus autour.
C'est terminé, ils vont t'oublier.
Ta famille sera en sécurité dans quelques jours.
- Tu es sûr?
- Tu restes ici
juste le temps que les Syriens tamponnent un dossier
pour dire qu'ils abandonnent l'opération.
- Tu es sûr de tout ce que tu dis?
- Oui.
Je les connais.
- Je sais, tu es comme eux.
Tu as voulu me le dire toi-même.
Tu voudrais que je te remercie?
- Je te laisse les courses.
...
- Allons-y.
...
- Garde-moi ça.
...
Allahou Akbar.
- Allahou Akbar.
Vous avez pas fait l'erreur
de prendre votre téléphone?
- Pas de téléphone, pas de micro.
- Dites-moi ce que vous voulez.
- J'ai besoin d'un kamikaze.
- Les occidentaux,
vous êtes toujours plein de surprises.
- Contre un musulman.
- Quel genre de musulman?
- Un soldat de Daech.
- Je croyais que vous aviez des drones.
Des robots tueurs.
Des téléphones qui explosent à distance.
- Toutes les options ont été explorées.
- Je n'aime pas Daech.
- Vous préférez Al-Qa. Ïda?
- Ils sont moins sur Twitter,
ils lisent plus le Coran.
Oui.
Musique palpitante
...
Ma mosquée a besoin de rénovations.
Les fidèles donnent moins
depuis que Daech les sollicite.
J'ai des mosa. Ïques qui tombent,
de l'eau qui s'infiltre...
- 500000.
- Euros? - Dollars.
- Vous n'êtes pas Américain.
- C'est vrai.
- Sur le compte de Brunei.
La Suisse, c'est devenu n'importe quoi.
- 10% maintenant,
20 quand vous présenterez un candidat viable,
le reste en cas de succès de l'opération.
- 20,
30,
50.
Quelque soit l'issue de l'opération.
- 20, 20, 40 et encore 20,
en cas de succès.
...
A l'aéroport!
La voiture démarre.
- Alors?
- J'ignore si c'est une bonne ou une mauvaise nouvelle.
- Ne faites pas de mystère.
- Pas de bug.
J'ai cherché, j'ai rien trouvé.
- Il a pu être réparé?
- Peu probable.
- Mauvaise nouvelle.
- Désolé. - Allez!
On tape à la porte.
(En arabe) - Entre!
Assieds-toi.
...
Ça fait presque deux ans que tu es là, non?
Et un an que tu m'assistes.
- Oui.
- Tu es rigoureux,
et discret.
Bois!
- Shoukran.
- Je pense que tu es prêt.
Tu es prêt?
- Je pense, oui.
- Alors, tu vas bientôt partir.
Mais tu devras être rigoureux, comme tu l'as été ici avec moi.
L'islam a beaucoup d'ennemis
et l'ennemi a de nombreux visages.
Ce n'est pas seulement le mécréant ou le sioniste.
Parfois, l'ennemi,
c'est celui qui combat mal notre ennemi
et qui nuit à notre cause.
Tu comprends?
- Je crois.
Je suis prêt.
Je vous demande de me laisser me sacrifier.
- Je vais y réfléchir.
Je dois aller prier.
Repose-toi aujourd'hui, on se voit demain.
Tu joues bien aux échecs, Fatiq?
...
(En anglais) - Vous connaissez Ronan de Calan?
- Non.
- Et Mathias Missoffe?
- No.
- Vous êtes française?
- Oui, et vous?
- Iranien.
Shapur Zamani.
J'ai connu une Mathilde à Paris.
- C'est une ville romantique.
- Et un prénom romantique.
- Ils ne servent jamais d'alcool?
- Pas pendant les conférences.
Mais, plus tard, si vous voulez,
je pourrai vous offrir un mauvais whisky à 40 dollars au bar.
- C'est quoi, la politique du Qatar sur l'alcool?
- Je n'en sais rien, je suis iranien.
- Y a un coup de chaud, faut que tu viennes.
- Désolée.
- Je vous garde votre place.
Applaudissements
...
Voix de l'orateur en anglais
(En anglais) - Désolée.
- Ça va?
- Oui.
Juste un coup de chaud.
Je ne peux pas en parler.
- J'espère que ça ira.
- Ça a à voir avec l'accord de Genève. C'est pour ça que je n'en parle pas.
- Vous avez raison. Il ne faut pas m'en parler.
- Chut!
- Si je vous parle encore, ils vont me fouetter.
Applaudissements
...
- Tu as reçu?
- Non, pas encore.
Je te présente Shapur Zamani.
- Zamani, comme Majid Zamani?
- C'est mon père.
Mais n'ayez pas peur, elle ne m'a rien dit.
- Pourtant, il a essayé de me corrompre.
- Faut qu'on y retourne.
- Je suis désolée.
- Pas grave...
Ça vous rend tellement mystérieuse...
- Vous êtes libre, demain soir?
- Oui.
- Nous serons plus tranquilles pour parler.
On frappe à la porte.
- Bonjour.
- Bonjour.
Il est pas là, Clément? Il répond pas.
- Ben non, il est parti.
- Il est parti?
- Avec Caro, ils sont partis hier soir.
- A Doha?
- Quelques jours à l'étranger.
Il vous l'a pas dit?
- Marie-Jeanne.
Ça n'a pas l'air d'aller.
- Je me suis fait des films.
- Ça, je sais ce que c'est.
- Je me dis que je les cherche.
Que je dois aimer ça, les enculeries.
- Si on n'aimait pas ça,
on ferait pas ce métier.
- C'est comme si on disait que les flics adorent les crimes.
- Vous voulez boire un verre?
- Pas de refus. - Je vous attends.
(En anglais)
- Mathilde est retenue.
- Toujours le coup de chaud?
- Elle nous rejoint dès qu'elle peut.
- So...
Vous êtes le supérieur de Mathilde?
- Oui.
- Mais c'est elle qui gère le coup de chaud?
- Et c'est moi qui dîne avec vous. Désolé.
C'est parce que ce dîner est très important pour nous.
Shapur, vous réalisez
que vous êtes une chance pour votre pays?
- Pourquoi?
- L'Iran est tiraillé,
tiré en arrière par des forces rétrogrades, obscurantistes, religieuses.
Il faut le dire.
Mais vous, vous êtes sur l'autre rive.
Vous êtes en avance. Vous êtes l'avenir.
L'Iran de 2020, c'est vous.
Areva aura besoin d'un leader ici, enfin, en Iran,
dès que les dernières sanctions seront tombées.
Mathilde s'est renseignée sur vous.
Vous êtes jeune, brillant, moderne.
Vous avez une envergure internationale.
Vous connaissez très bien le sujet.
Vous avez le profil idéal.
On ne peut pas vous laisser filer. Tous voudront vous avoir.
- Vous croyez?
- Oui.
Mais vous n'y pensez même pas!
Nous sommes les meilleurs. Vous le savez.
Et surtout, nous vous engageons dès maintenant.
- Areva n'est pas encore implanté en Iran.
- Areva peut remporter les marchés, va les remporter.
Grâce à vous, en partie.
- Comment?
- Vous connaissez les dossiers.
Vous êtes à la bonne place.
- Mais ce n'est pas moi qui décide.
- Bien sûr.
- Ni mon père.
- Attendez, Shapur,
je vais être très clair.
Je ne vous demande pas d'influencer les décisions.
Surtout pas.
- Je n'ai pas ce pouvoir.
- Et nous n'en avons pas besoin.
Cela pourrait vous mettre dans une position compromettante.
Ce que nous voulons, c'est vous à la tête d'Areva Iran
puis Areva Moyen-Orient.
- Mais donc, mon travail, en attendant?
- De la prospective.
De la réflexion stratégique.
Vous pourrez, si vous voulez, nous transmettre des informations
pour nous permettre d'ajuster le tir en vue de l'obtention des marchés.
Ça, c'est notre job, à nous.
...
- C'est une proposition très intéressante.
Mais je ne peux pas l'accepter.
- Pourquoi?
- Je vous ai écouté jusqu'au bout,
parce que j'aime qu'on me flatte
et parce que j'attendais que Mathilde se joigne à nous.
- Mais?
- Je flirte,
mais je ne coucherai pas avec vous.
- Pourquoi?
- Je suis marié.
- A l'amour, alors!
Il soupire.
Pourquoi il a refusé?
"Je suis marié",
qu'est-ce que ça veut dire?
- Il travaille déjà pour quelqu'un d'autre?
- Donne-moi ton sac.
Musique palpitante
...
Envoie ça à la boîte.
...
Sonnerie de téléphone
...
"Human" (Goldfrapp)
...
Sous-titrage TITRAFILM
...-
...
Détonation
C'est nul.
- Tu peux pas
en mettre plus? - Si.
- Modifie la direction.
Faut que ça attaque le torse. Là, il va s'en sortir.
Il est vivant.
...
Détonation
- Voilà.
- On passe au boîtier?
(En anglais)
- Des œufs brouillés, une orange pressée
et un café, s'il vous plaît.
Oui, un allongé.
Merci.
On frappe à la porte.
- Bonjour. - Que se passe-t-il?
- Vous êtes seule? - Oui.
Marie-Jeanne a des problèmes?
- Non, mais changement de programme. C'est moi qui vous briefe.
- D'accord.
Maintenant? - Oui, maintenant.
Musique douce
...
Répondez précisément à quelques questions.
A Téhéran, est-ce que vous avez vu les Américains
rôder autour de Shapur Zamani? - Non.
Y a pas d'Américains, à Téhéran.
- Prenez le temps de réfléchir.
- Non, je suis sûre.
J'en aurais parlé à Marie-Jeanne.
- A Paris, quand Guillaume vous a drivée dans mon dos,
vous avez vu des Américains?
- Quels Américains?
- Des gens qui auraient caché être américains.
A Paris, quand Zamani et sa fiancée sont venus,
aucun Américain?
- Non. Pourquoi?
- Parce que Zamani travaille pour la CIA.
- C'est pas possible... - On savait
que les Américains s'intéressaient à lui.
On avait intensifié nos efforts sur lui, mais...
on ne pensait pas qu'ils iraient aussi vite.
- Si j'avais vu quelque chose, je vous en aurais parlé.
On frappe.
- Bonjour.
- Bonjour.
- Œufs brouillés...
café noir, jus d'orange et des loukoums, cadeau de la maison.
Merci. Bonne journée. - Merci.
- On va tout reprendre. J'ai besoin de tout savoir.
Quelque chose vous a peut-être échappé,
pas parce que vous êtes mauvaise mais parce que parfois, ça arrive.
On a la journée, on va tout reprendre calmement.
- OK.
Votre avion est à quelle heure? - Dans 2 heures.
- Ma mission est terminée? - Non.
- Je fais quoi?
- En rentrant à Téhéran, vous allez vous éIoigner de Zamani,
tout doucement, sans faire de bruit.
Il ne doit pas faire de lien entre la CIA et votre éIoignement.
- D'accord.
- Vous recevrez d'autres instructions.
- Je ne peux pas écourter mon séjour ici?
- Non, vous restez 5 jours en vacances.
- Vous êtes bien, en polo.
- Vous n'avez rien à vous reprocher.
Faites comme si de rien n'était.
"Enjoy Turkish delight", comme ils disent.
(En anglais) Vacances? Travail?
- Vacances.
- Bien.
C'est très beau, ici.
- Oui, très beau.
- D'où venez-vous?
- Paris.
- Paris, c'est très beau aussi.
La ville de l'amour.
Qu'avez-vous déjà visité?
- Vous pouvez vous taire? Je n'ai pas envie de parler.
Vous me parlez pour faire un détour
et me faire payer plus cher.
M'embrouillez pas. Prenez l'autoroute pour l'aéroport.
- Taré, parano. Ïaque...
- Parano. Ïaque, c'est ça...
Prends-moi pour un con, en plus.
*- Quelles sont vos relations, aujourd'hui, avec Al-Qaida?
(En arabe) *- Al-Qaida n'existe plus.
Les petites bases éparpillées...
ce n'est plus la solution.
Le califat, c'est la volonté du prophète.
*- Où en êtes-vous, dans l'expansion du territoire?
*- Nous avançons. Chaque jour, nous tuons des mécréants.
- OK, c'est bon.
- Le journaliste est allemand. Andreas Schnabel.
- Il a ses entrées partout.
On peut se servir de lui pour parvenir jusqu'à Chevalier.
C'est le seul à pouvoir se faire accepter par Daesh.
- Il va réussir là où on a échoué?
- L'Etat islamique utilise la guerre de l'information.
- Schnabel relaie leur propagande.
Il sert les intérêts de Daesh et Chevalier le sait.
- Chevalier se filme.
C'est un criminel narcissique.
Il acceptera une interview.
- Ça sera long?
- On a commencé. Ça peut aller vite.
- Quels risques, pour Schnabel?
- Quels risques peut-on prendre?
- J'ai pas une grande estime pour lui,
mais pas plus de 20% de risques.
- 20%. - 20%, max.
Musique douce
On frappe à la vitre.
Alors, ces vacances?
- Prenez un loukoum de la Turkish Airlines.
Ça peut faire passer
la pilule.
- A ce point-là?
- Rien. On a tout passé en revue.
- Les Américains ont recruté Zamani.
Phénomène l'a fréquenté. Ça ne lui aurait pas échappé.
- J'ai entièrement confiance en elle.
Et Marie-Jeanne et Malotru n'ont rien vu non plus.
- On sait depuis quand il travaille pour la CIA?
- Non.
- C'est pour ça qu'il serait venu à Paris?
Et si... - S'ils avaient demandé
à Shapur Zamani de recruter Phénomène?
Pourquoi s'intéresser à une sismologue française?
Et elle s'en serait aperçu.
Elle est pas débile.
N'en mangez pas trop, ça écœure.
- T'as reçu une offre sur Linkedln,
d'une école de journalisme luxembourgeoise.
Enfin, pas toi. Chloé Depoid.
D'où il vient, ce nom? - D'un vieil annuaire.
Ça fait une heure que j'ai laissé le message.
- Moi, avec une fille, j'attends au moins 24 heures.
Sonnerie de téléphone
C'est lui.
...
...
- AIlô? *- Chloé Depoid?
- Oui.
*- Bonjour. C'est Andreas Schnabel.
- Bonjour, M. Schnabel.
Merci de me rappeler. *- C'est normal.
Que puis-je faire?
- Je suis journaliste.
Je travaille avec Guillaume Hoffner.
J'ai une proposition à vous faire.
On pourrait se rencontrer?
*- Quelle proposition?
- J'ai une info pour vous. Vous êtes le seul dessus.
*- J'ai besoin de plus.
- Pas au téléphone.
Un homme comme vous attire l'attention.
C'est gros, c'est urgent. Il faut qu'on se voie à Paris.
Dites-moi le jour qui vous convient et je réserve au Hilton.
*- Vendredi?
- Mon assistante vous rappelle.
*- A vendredi, alors. - A vendredi.
- Il est en train de vérifier.
- Bravo.
- Tu peux aller te faire un café. - Non, merci.
T'en veux un? J'y vais, si tu veux.
Je suis désolé.
J'aurais dû arrêter l'histoire proprement.
- Fallait pas te fatiguer.
- J'ai toujours été un connard, avec les filles.
- Henri.
Musique de suspense
...
On ne rapatrie pas Phénomène?
...
- Pourquoi on ferait ça?
- Elle fréquente un Iranien qui travaille pour la CIA.
- Et? - Et c'est dangereux.
- Si on avait recruté Shapur, il travaillerait pour la DGSE.
C'est pareil.
- C'est pas pareil. On aurait eu le contrôle.
- Phénomène est prudente. - Pas Zamani.
Ce mec n'est pas fiable,
pas prudent. S'il se fait griller,
tout son entourage va y passer, Phénomène aussi.
Zamani est son talon d'Achille, maintenant.
...
Sonnerie
...
...
...
...
(En farsi) - Bonjour.
Je peux jouer avec vous?
- Oui, bien sûr.
(En anglais)
- Vous avez progressé depuis la dernière fois.
- J'ai fait votre truc, dans des restaurants.
Ça marche super bien.
Je m'entraîne à me souvenir des gens qui entrent et qui sortent.
- C'est bien.
Sinon, quoi de neuf?
- On a discuté d'Areva, juste une minute.
Le ministre pense que le Hualong-1 de la China National Nuclear Corporation
est meilleur que l'EPR d'Areva.
Les Chinois viennent de signer un accord pour le vendre à l'Argentine.
- Très bien.
Quels sont les sites prioritaires?
- La semaine dernière, c'était à Natanz. Ils ont porté l'enrichissement à 5%.
- Quelle unité?
- "A".
- "A" quoi? A3, A4?
- A3, je crois. Mais je ne suis pas sûr.
- D'accord. Pas grave.
- C'est important?
- La A4 est la seule à finalité militaire. Les autres, c'est du civil.
Ça changerait l'interprétation du pourcentage d'enrichissement.
C'est pas grave.
C'est compliqué de retenir tout ça.
Vous vous en sortez très bien.
Continuez comme ça.
Votre aide nous est très précieuse.
Partez dans une demi-heure. On se refait une partie bientôt.
On frappe à la porte.
Musique douce
...
- Ça va? - Non.
...
- Qu'est-ce qui se passe?
...
Qu'est-ce qui se passe? - Rien.
...
- Qu'est-ce qui se passe? *- Un problème
avec son mec, Tristan. - Quel problème?
*- Demande-lui. Moi, elle me parle mal.
- Qu'est-ce qu'elle dit? *- Elle est atroce. Bon courage.
...
- Elle t'a dit quoi?
- Que tu lui parles mal.
- C'est moi qui lui parle mal?
- Qu'est-ce qu'il y a, avec Tristan?
- C'est la merde.
- Ça ne marche plus? - Non...
- Il se détache?
- Non, c'est moi.
Je sais pas pourquoi je suis comme ça.
- C'est normal, à ton âge, que ça s'arrête.
C'est mieux. - Je veux pas que ça s'arrête.
- Ben alors?
- C'est plus possible. On...
On s'engueule tout le temps.
On s'entend plus.
On frappe.
- Vous voulez juste que j'apporte votre dîner?
- Non. Vous en avez pris pour vous? - Bonsoir.
Elle pleure?
- Vous mangez avec nous?
Vous avez vu Nadia El Mansour?
- J'en viens. Elle voudrait Internet.
- OK.
Ça va? - Je crois.
Elle m'a fait acheter des livres.
- Quoi?
- "Chronique d'une guerre d'Orient", de Gilles Kepel.
"Le Royaume", d'Emmanuel Carrère.
Et "1000 recettes faciles".
Le dernier, c'est une blague.
- Vous faites des blagues, vous?
- Je m'entraîne.
- Elle déprime pas?
- Je suis pas psy.
- Vous pouvez aller chercher ma fille?
Allez-y.
On frappe.
- Ouais.
- Il faut aller manger.
- J'ai pas faim.
Musique douce
...
Vous travaillez avec mon père?
- Non.
- Vous faites quoi?
- Je rends des services.
Quand y a un drame, on m'appelle.
Y a un drame?
- Non.
...
- T'as quel âge? - J'ai 20 ans.
- Ma pauvre...
A 20 ans, on n'est pas armé.
- Vous avez quel âge, vous?
- Je suis armée.
T'as vu mon allure?
J'ai l'air d'une vierge effarouchée?
- Non.
- J'ai pas l'air fleur bleue?
- Non.
- On m'appelle "la mule".
T'imagines que je suis pas une blanche colombe.
- Ouais.
- A 20 ans, j'ai pleuré tous les jours.
Tous les jours.
Je suis tombée amoureuse 2 fois.
2 connards.
Et à chaque fois, j'ai pleuré.
Sans m'arrêter.
Ma mère me donnait des coups pour m'apprendre à m'endurcir.
Mais rien n'y a fait.
J'ai pleuré, pleuré
et pleuré.
20 ans, âge de merde.
On va manger?
...
- Ça clignote, là?
- Oui, ça y est.
Tu es venu pour m'installer Internet?
- Je voulais te voir et j'ai amené des livres.
Ça va? - Oui, ça va.
- Tu t'ennuies pas?
- Si, mais c'est agréable, de s'ennuyer.
Ne pas avoir peur d'être réveillée la nuit
ou de voir Nadim surgir dans ma chambre...
Et toi, ça va?
- Ça va.
Avec ça, faut pas t'étonner de te réveiller
au milieu de la nuit.
- J'ai lu une interview de l'auteur.
Après avoir dénoncé les systèmes mafieux,
son existence est merdique.
Il a tout perdu: La liberté, ses amis...
Toute la vie normale. Tout.
Il vit dans des casernes, dans des chambres sans fenêtres.
Mais le pire, c'est que tous les jours,
il se demande si ça valait le coup.
- Il ne se demande pas ça.
Il dit que si c'était à refaire, il ne le referait pas.
J'ai quelque chose à te montrer.
Musique mystérieuse
...
- C'est chez toi?
- Oui.
...
- "Guillaume..."
Ça ne te va pas.
- Paul, c'est mon 2e prénom. Continue de m'appeler comme ça.
- Non. C'est Guillaume, maintenant.
13 novembre 1970. Tu m'as pas menti
sur ta date de naissance.
- Je suis honnête. J'aurais pu me rajeunir.
- C'est un truc qu'on ne révèle qu'aux épouses.
- Oui.
- Mais je suis pas ta femme.
- Non.
- C'est ici qu'on aurait pu habiter, dans une autre vie?
Une vie normale?
- C'est un appartement de fonction.
Du provisoire qui dure.
...
- Pourquoi tu fais ça?
Pourquoi tu me dis qui tu es?
- Pour qu'on se quitte sur un peu de vérité.
- Ça n'a plus d'importance.
- L'important, c'est ta nouvelle vie.
J'ai beaucoup travaillé pour ça.
On ne va plus se revoir.
Je ne t'oublierai pas. Je pense que toi non plus.
Maintenant, quand on pensera l'un à l'autre,
ce sera douloureux,
mais ce sera vrai.
- On est quittes, alors.
...
Tu me raccompagnes? - Bien sûr.
- Combien de temps je peux rester là-bas?
- Le temps que tu veux.
- Merci.
- Nadim El Bachir, ça vous dit quelque chose?
- Non.
- C'est l'officier des renseignements syriens
à qui Nadia a tout avoué, quand on a tenté de la recruter.
C'est lui
qui l'a envoyée en Syrie. - Oui, oui.
- Il est dans une de nos planques, en train de tout cracher
sur la situation à Damas,
les désertions dans les services de renseignement syriens,
la manipulation de l'opposition...
C'est une vraie mine d'or.
- C'est magnifique.
- Et à qui doit-on tout ça?
Guillaume Debailly.
- Comment ça? - Il l'a piégé.
Ce cas va être enseigné au centre de formation.
- Comment il l'a contacté?
- Par Nadia El Mansour.
- Ils se sont revus?
- Elle est dans notre planque, en Picardie.
- Pourquoi?
- Elle a demandé à Céline la permission
de voir Malotru, pour lui demander protection.
- Protection contre qui?
- Nadim El Bachir.
- Pourquoi vous m'en parlez?
- Je vais demander à Nadim El Bachir ce qu'il sait de Malotru.
- Et moi, je vais voir Nadia El Mansour?
- Pour savoir où se situe l'enculerie, exactement.
...
(En anglais)
Je suis venu vous parler de Paul Lefebvre.
Vous le connaissez?
- Paul Lefebvre.
Ce nom me dit quelque chose.
- Je vous écoute.
- Je pensais devoir vous renseigner sur mon pays et mes collègues,
pas les vôtres.
- Vous nous renseignez sur ce que vous savez.
- Je ne sais pas grand-chose.
- Ça me suffira peut-être.
Parlez-moi de Paul Lefebvre.
- J'ai cru un moment qu'il était malin,
rusé comme un renard.
J'ai cru qu'il avait planté une graine à Damas
et qu'il avait parié que Nadia El Mansour jouerait un rôle important.
Je me suis trompé.
- Qu'est-ce qui vous fait dire ça?
- Il n'a rien fait, en réalité.
A Paris, il est tombé sur elle par hasard.
Elle lui a parlé des négociations.
Il a juste eu de la chance.
On a beau les enfermer,
les voiler,
leur interdire de remuer le petit doigt,
elles finissent toujours par nous mettre dans la merde.
- C'est arrivé par hasard, comme vous dites.
- Qui croit au hasard, dans notre métier? Vous?
Personne n'y croit.
Mais quand ça arrive,
ça nous détruit tous.
(Debailly) - Si un jour,
Nadia El Mansour a l'impression d'être suivie,
ou si elle ne se sent pas en sécurité,
même si elle attrape un rhume...
on vous relâche dans la nature
et on le fait savoir à vos amis à Damas.
- C'est tout?
- Non.
On va vous interroger sur moi.
Et voici ce que vous répondrez...
Vous direz que c'est par hasard que j'ai rencontré Nadia El Mansour.
Musique mystérieuse
...
- Le voyage fut bon? - Oui, merci.
- On a l'identité du djihadiste qui décapite les otages.
- C'est quoi, ces conneries?
- C'est une offre sérieuse.
- Comment avez-vous eu son identité?
- On l'a, c'est tout.
Je peux pas vous dire comment.
D'ailleurs, je ne le sais pas.
- Pourquoi vous ne faites pas cette interview?
- On est incapables de remonter jusqu'à lui.
Vous seul pouvez l'approcher,
revenir vivant et avec des images.
Si on envoie un journaliste, il ne tiendra pas 2 secondes.
Vous avez réussi là où tout le monde a échoué.
- Et pourquoi j'accepterais?
- Je suis là pour essayer de vous convaincre.
Mais nous pensons qu'il faut rencontrer ce type,
qu'il faut lui parler.
Et vous seul le pouvez.
- J'ai dit à Kadhafi que c'était génial,
que je n'avais jamais lu de vers aussi magnifiques depuis Aragon.
Vous savez, la déontologie, dans ces moments-là...
Avec Daesh, pas de risque qu'ils me fassent lire leurs poèmes.
- Vous n'avez jamais eu peur?
- J'ai toujours eu de la sympathie
pour ceux que personne ne peut blairer.
Mes contacts chez Daesh, j'ai mis 6 mois à les approcher.
6 mois de discussions,
de négociations,
de séduction.
C'est du travail pour moi, mais pour eux aussi.
Pourquoi passer 6 mois à négocier pour finalement me zigouiller?
Et j'ai eu raison.
- On peut trouver un cadre pour mettre en valeur l'interview.
Une émission spéciale.
Vous en maîtriseriez le contenu et la présentation.
Et un partenariat avec la presse écrite.
Un hebdomadaire. "L'Obs", "Le Point".
- Je veux garder le droit
sur mes images. - Impossible, vous le savez.
- Alors, je les récupère au bout de 3 mois.
- 5 mois, mais faut que j'en parle.
- 5 mois, avec l'impossibilité de les vendre.
- D'accord.
- Il faut arroser les intermédiaires et mes gars sur place.
Il y a mon salaire plus celui de mon caméraman.
Je ne me déplace jamais sans lui.
(En arabe) - Vérifie toujours que tu as le signal.
Prends toujours le son
sur deux pistes.
Comme ça.
- D'accord.
- Tu modules pendant l'interview.
Quand c'est dans le rouge,
tu baisses.
- D'accord.
- Tu accroches le boîtier
à son pantalon.
- Et s'il porte une tunique?
- Tu le mets dans la poche du pantalon, en dessous de la tunique.
- D'accord.
- Ensuite, tu places le micro cravate
le plus près possible du visage.
S'il y a du vent,
tu mets une bonnette.
- D'accord.
- Et tu lui demandes de faire un essai de voix.
Il faut que tu répètes ces gestes.
Tu ne dois pas avoir l'air d'un débutant.
Allez, à toi. Je fais Toufik.
- Et la charge,
elle sera placée où?
- On ne sait pas encore.
Sûrement dans le boîtier.
Ou dans le micro. On n'a pas encore trouvé.
- Vous allez trouver, grâce à Dieu.
Musique mystérieuse
...
(En farsi) - Tu as eu peur?
- Non.
- T'as vu? Nouvelles responsabilités, nouvelle voiture.
- Elle est super.
- Tu fais la tête?
- Non.
Pourquoi?
- Je t'appelle, tu réponds pas.
- Je viens de rentrer.
Musique mystérieuse
...
- Avant, tu m'appelais dès que tu rentrais.
Tu n'as plus de temps pour moi.
- C'est pour ça que t'es là? - Oui.
Non.
En fait, je vais à une réunion au centre de recherches stratégiques.
C'est mon chemin.
- Tu vois, ce n'est pas moi qui n'ai plus le temps, c'est toi.
Trop de travail, trop de belles voitures...
- C'est vrai.
Mais on se voit bientôt?
- Oui.
- Vraiment? - Oui.
- Tu jures?
- Oui.
- Où?
- On verra.
- On a remplacé les alliages en aluminium par du titane, qui a un excellent rapport
poids/résistance.
Mais c'est beaucoup plus cher.
- J'appellerai Mousavi, pour accélérer le mouvement.
Musique mystérieuse
...
- Voici le rétroplanning du remplacement des centrifugeuses.
Le premier site à passer en IR2...
sera celui de Natanz.
...
On fait une pause. Je crois que tout le monde en a besoin.
...
- Tu as une cigarette?
- Oui.
...
- Contrôle des portables.
- Que se passe-t-il?
- Le GPS a repéré un portable allumé.
C'est interdit à cet étage.
- Qui a oublié d'éteindre son portable?
- C'est moi. Désolé.
- On va devoir vérifier.
- Vérifier quoi?
- Les portables.
...
Donne-moi ton portable.
- Le respect de la vie privée, vous connaissez?
- Shapur.
Ça suffit!
Shapur, donne ton portable, qu'on en finisse.
...
- C'est quoi, ça?
Qu'est-ce que ça veut dire, "A4"?
- C'est un truc de jeu vidéo.
...
- Ton contact, là... Agus, c'est qui?
- C'est un ami. On joue aux jeux vidéo.
...
(En arabe) - Bonjour.
- Bonjour.
(En anglais) - Désolé pour le retard.
- Je commençais à m'inquiéter.
- Ma femme est enceinte, tu sais.
- Félicitations. - Merci.
Andreas...
Je suis désolé, mais cette fois,
je ne vais pas pouvoir venir.
- Elle est enceinte de combien?
- Trois mois.
- Pas de problème.
Tu seras rentré largement à temps.
- Je sais.
C'est pas ça...
- Tu as peur?
Pourquoi tu as peur, d'un seul coup?
C'est les hormones?
Ou c'est une blague?
- Ce Toufik Al Azraq Dakine...
c'est un fou.
Je t'ai toujours suivi les yeux fermés.
Mais ce type...
Et puis ma femme ne veut pas. Je suis désolé.
- Je suis désolé aussi.
Tu me fous dans la merde.
- J'ai mon cousin Fatiq qui pourrait faire l'affaire.
- Il s'y connaît?
- C'est moi qui l'ai formé. Tu peux me croire, il est prêt.
Tu peux le tester.
- Il a des couilles, ton cousin?
Il siffle.
Musique mystérieuse
...
- Mon cousin Fatiq...
- Salam aleykoum. - Aleykoum salam.
...
Ecoulement d'eau
...
...
- J'ai bien entendu une voiture.
- Je ne voulais pas vous faire peur.
Olivia Ansalem.
Je travaille pour la DGSE.
Je suis juste là pour des questions de logistique.
- Pardon.
A la campagne, l'imagination part très vite.
Excusez-moi. Il est 21 h, je vais dîner.
- Ah, oui, oui.
Excusez-moi. Je me pousse.
- Vous voulez un verre?
- Vous savez, Paul Lefebvre est un ami.
- Ah oui?
- Il m'a beaucoup parlé de vous.
Ça n'a pas l'air de vous étonner.
- Pas vraiment, non. - Pourquoi?
- Si j'avais eu une amie, ces dernières années,
je lui aurais beaucoup parlé de Paul Lefebvre.
- J'exagère, quand je dis que c'est un ami, évidemment.
Mais c'est plus qu'un collègue.
On a de la considération l'un pour l'autre.
On se dit des choses, des fois. On se confie, quoi.
Vous savez...
On a une relation délicate avec nos proches.
On ne peut pas tout dire.
Mais on peut expliquer. On peut dire...
"Je peux pas te raconter." Et ils comprennent.
Je sais qu'entre vous et Paul, ça a été plus compliqué.
- Interrogez-moi directement.
Ce sera plus rapide et moins désagréable.
- Mais non, pas du tout.
- J'ai fréquenté des gens comme vous.
Je connais vos trucs.
- D'accord.
J'ai une question.
- Oui.
- Paul Lefebvre, c'est pas son vrai nom.
- Je m'en doute.
- Il vous l'a dit?
Son vrai nom.
- Non. Il l'a jamais dit.
Je n'ai pas la moindre idée de qui il est, en vrai.
- Selon la mule, c'est le remède contre le chagrin d'amour.
- L'alcool? - Le Cosmo.
Je crois que c'est prêt. Je te sers?
Tu travailles avec des gens cool.
- Tu dis ça pour la mule? - Mmh.
- J'ai jamais dit que c'était des gens sinistres.
- Je vous imaginais tous en costard...
Tous chiants, quoi.
- Tous comme moi? - "La mule", c'est son nom de code?
- Non, c'est un surnom. - T'en as un?
- De surnom?
Je ne pense pas, mais j'ai un nom de code.
- C'était Paul Lefebvre?
- Non, c'est ma fausse identité, pour mes missions en Syrie.
- C'est quoi, ton nom de code?
Si tu réfléchis, c'est que tu peux me le dire.
- "Malotru".
- "Malotru"? Pourquoi?
- Tous nos noms de code
viennent des insultes du capitaine Haddock.
- Tu te fous de moi? - Non, je te jure.
On a un Cyclone, un Moule à gaufres, un Phénomène.
- N'importe quoi! - Je te promets.
- C'est la 1 re fois que tu me racontes des trucs cool.
- C'est notre 1er Cosmo.
- T'en reveux? - Non, merci.
- T'en as eu, toi, des chagrins d'amour?
Allez...
- Allez, ressers-moi.
- Tu vas me raconter?
- Non.
"Cette dernière soirée qu'on a passée, Prune,
"m'a beaucoup touché.
"Je me la remémore très souvent. Je revois chaque moment.
"Parce que je veux l'emporter avec moi.
"Je sais que là où je vais,
"c'est une chose avec laquelle je veux vivre.
"Je suis désolé pour ce qu'on va te raconter
"et pour tout ce qui va arriver.
"Et je suis désolé
"qu'on ne puisse pas vivre d'autres soirées comme celle-là."
Musique mélancolique
...
(En farsi)
- Tout d'abord, sachez qu'on ne vous soupçonne pas.
Seul Shapur est mis en cause.
- Je suis sûr qu'on peut trouver une explication.
Shapur n'est pas un mauvais garçon.
Il est un peu idiot. L'accuser...
d'espionnage, c'est lui faire trop d'honneur.
- Le SMS est assez explicite.
- C'est un frimeur. Il a sûrement voulu se faire mousser auprès de ses amis.
- Ça suffit!
Arrêtez de me prendre pour un con!
J'ai un fils, moi aussi.
Quand je regarde ses SMS, il parle des jeans qu'il va s'acheter,
de foot, ou de scooters.
Pas de l'unité A4 de la centrale de Natanz!
Par respect pour vous,
je suis prêt à arranger les choses pour Shapur.
- Qu'est-ce qu'il risque?
- On peut essayer de lui éviter la pendaison.
- Je suis prêt à coopérer.
- Très bien.
Shapur travaille pour vous depuis combien de temps?
- Depuis cinq ans.
- Il est passé de simple stagiaire à chargé de mission.
Depuis quand peut-il entrer dans la salle de réunion?
- Depuis un mois.
- Ses fréquentations ont-elles changé?
- Sa fiancée l'a quitté.
- Je ne parle pas de gens qui l'ont quitté,
mais de ceux qui se seraient rapprochés,
de personnes qui lui tournent autour sans en avoir l'air.
Des nouveaux amis, par exemple...
Musique mystérieuse
...
Une porte s'ouvre.
- Ça va?
(En farsi) - Remets ton voile.
- Mais ça va? - Non.
Ça va pas.
- Vous êtes en état d'arrestation. - Qu'est-ce que vous faites?
- Vous êtes arrêtée pour intelligence avec l'ennemi.
- Quoi?
Je veux parler à mon ambassade.
- Tais-toi, connasse.
Human (Goldfrapp)
...
Sous-titrage TITRAFILM
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