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Voici le lieu où se déroule cette histoire.
Ou n'a-t-elle même jamais eu lieu ?
Ou alors pas encore ?
Comme tout récit. celui-ci est relié au futur et au passé.
Ces images doivent être tirées de sa fin…
Qu'en dites-vous, gendarme ?
Ce que j'en dis ? Faut descendre le cercueil au village, c'est tout.
Impossible d'éclaircir pareille affaire !
Essayez donc : 2 hommes, une femme, un coup de feu accidentel…
Accidentel ?
Essayez donc : 2 hommes, une femme,
[un coup de feu accidente] !
Par où commencer ?
- Peut-on vous appeler… Guri ? - D'accord.
- Mariée ? - Oui.
Mariée avec…
- Bjorn ? - Oui.
Knut. qui veut aussi Guri…
- Sa maîtresse… - C'est faux !
Elle ment !
Allez, on fait la photo, il se fait tard !
Ne bougez plus.
1, 2, 3...
Bien, on peut commencer.
À vous, Bjorn.
C'était un bel automne. Le gibier était abondant.
L'un des 2 chiens m'appartenait et…
Tell était bien dressé, J'étais sûr de lui.
Pas de l'autre. qu'on nous avait prêté.
Il était indépendant, difficile à commander.
Mais il avait un flair infaillible.
Un bon compagnon de chasse. finalement.
Il est en arrêt !
- Où est Bjorn ? - Là.
Moi. Guri. je n'aurais jamais pensé tuer un oiseau.
Après le premier, je ne pus plus tirer de la journée.
- Facile, le gibier… - Oui, l'hiver approche.
Nous trois avons tellement changé, au mépris des conséquences.
On est comme en guerre.
Pourquoi est-ce à moi de parler ?
C'est mon tour ?
Je suis moins pessimiste, j'ai beaucoup à gagner.
Je dois gagner ce jeu sans merci.
Sinon tu seras responsable de l'avoir commencé.
Pas si je gagne, car tu nous as volé du temps, à Guri et moi !
Ce n'est pas une question de responsabilité.
C'est mon tour !
Merci. Bien joué |
T'es un bon chien, continue !
Tu as eu ta chance, avec Guri.
Si tu as échoué, c'est mon tour.
A Guri de décider.
On sait tous les deux qu'elle adore être aimée.
N'est-ce pas, Guri ?
C'est vrai, Je suis comme ça. Pourquoi le réprimerais-je ?
Je ne veux plus !
Moi, ça me convient.
Quelle vitesse !
Ainsi passèrent les jours. Quelques-uns, du moins.
Il y en eut d'autres aussi.
Bien plus tendus. peut-être.
Je sentais sans cesse affleurer nos pulsions primitives.
C'est très bien. tout ça, mais insuffisant !
On en sait trop peu sur vous trois.
Mais que dois-je raconter ?
Ce qui vous passe par la tête.
Comme par exemple ?
Je sais.
Voir Bjorn boire me rappela un incident survenu sur la route.
Ils s'étaient relayés au volant. Knut terminait le trajet.
Il roulait trop vite. pour arriver avant la nuit.
Et soudain…
Il est mort ?
Tu veux du sang ?
Qu'est-ce qu'il à dit ?
Bjorn !
- Qu'avait voulu dire Bjorn ? - Je l'ignore. Demandez-le-lui.
Voici Bjorn peu après. qui retrouve cet automne-là
son cher coin de chasse.
Cette histoire de mouton. Bjorn...
- Ça signifiait quoi ? - Fermez-la, ne me gâchez mon plaisir !
Oh, ça peut attendre !
Enfin !
Me revoilà ici.
L'espace s'ouvre à moi.
La végétation est encore verte.
Comme j'aimais ce paysage ! Cet infini rempli de secrets…
Quel gibier s'y cacherait cette fois-ci ?
Je m'étais tant langui de ce lieu.
Il m'avait manqué toute l'année.
Et maintenant…
Il était brusquement devenu
un lieu de combat où deux hommes se battraient pour une femme.
En duel,
Le mouton m'a coûté 300 couronnes. Un bon prix, selon le berger.
Oui, c'était un bel endroit.
Mes regrets d'être venue s'évanouirent.
Mais mes projets de visiter Stockholm ou Copenhague aussi,
Ils sont en arrêt ?
Non ! Même si c'était le cas, ce serait trop loin pour tirer !
Bjorn était plus passionné de chasse que moi,
Mais j'aimais venir ici. On y avait déjà chassé ensemble.
Puis il y eut Guri. Et bien des choses changèrent.
On n'était jamais venu ici fous les trois.
La cabane du berger…
Encore une heure de marche.
On avait apporté du ravitaillement au berger.
Bjorn le questionnait toujours à propos du gibier.
Se moquait-il des citadins. était-il farouche ?
Je ne le comprenais jamais.
- Je l'ai eu ! Et de loin ! - C'est moi qui l'ai eu.
- Tuas tiré aussi ? - Tu n'as pas entendu ?
Peu importait. Bon tireur. j'étais sûr de mon coup.
Knut continuait ses provocations et sa guerre froide.
Je lui laissai hélas l'oiseau.
De bonne foi je pris ça à la légère.
Mais j'aurais dû la fermer !
Merde, que pensait Guri ?
Alors. Guri ?
Les choses avaient empiré.
Je comprenais bien sûr Knut. Bjorn aussi. depuis l'incident de !a veille.
- Quel incident ? - Chut !
Calme, Tell...
Mais pourquoi hésitait-il ?
Montre-toi, petit frère.
Avance !
Tell, couché !
Ne le frappe pas ! Non, Bjorn !
Viens, pauvre Tell…
Assassins !
Le chalet en vue. je regrettai de les avoir laissés.
Surtout à cause de leur conversation entendue la veille.
Continuez.
J'étais sortie. ils bavardaient.
Leur ton était inhabituel,
- Vraiment ? - Tu la laisses décider ou pas ?
- Tu t'imagines quoi ? - Réponds !
- Je te tuerais. - La voix de Bjorn était terrible.
Tu lui refuses de choisir ?
Je fis semblant de rien. Je ne savais que dire.
Leur conversation me hantait.
Et je les avais laissés seuls !
La nuit tombait. je guettais leur retour.
C'était quoi ?
Non...
Il n'était plus l'heure de chasser !
S'étaient-ils entre-tués ?
Mon Dieu, mon Dieu !
Ohé !
Bjorn, où est Knut ?
Où est-il ? Que lui as-tu fait ?
Eh bien !
Je me sentie idiote.
Tu nous as donc entendus hier ?
Ça sent le dîner, on dirait !
Knut m'avait-il entendue aussi ?
Cela dut bien l'encourager.
Comment en était-on arrives là ?
Nous étions de si bons amis…
Je bus trop, espérant pouvoir dormir.
Comment en était-on arrivés là, me redemandai-je.
Je m'efforçais de comprendre.
Pour trouver une explication, je fouillai notre passé commun...
jusqu'avant notre mariage à Bjorn et moi,
On sortait danser.
Bjorn et Knut étaient de vieux amis.
On était souvent ensemble.
Bjorn n'aimait pas trop danser, mais me laissait le faire avec Knut.
Et j'aimais danser !
On était inséparables, à l'époque.
C'est curieux que ça me revienne maintenant.
Pourquoi, Guri ?
Restez éveillée, racontez encore.
- Flirte pas avec ma fiancée ! - Je flirte pas !
Je te l'interdis !
Je flirte pas, et t'es un con de la brider comme ça !
Je crus reconnaître leurs voix, mais Knut n'avais jamais…
Je rejetai cette pensée au fond ridicule.
D'ailleurs, à mon retour. Ils étaient souriants.
Comme il se faisait tard. nous partimes.
Mais la lutte était engagée !
Deux mois après. on s'est mariés.
Mais…
Knut fut bien sûr le témoin de Bjorn.
Cela dit… Au bonheur des jeunes époux !
A ta santé, Guri !
À ta santé, Bjorn !
Peu après, Knut partit deux ans à l'étranger.
- Au revoir, Knut ! - Au revoir !
Écris-nous !
C'était tout Knut, ça ! !! nous avait sûrement vus à la jumelle.
Au début. 1 nous manqua beaucoup.
Mais étant jeune et occupée, je cessai bientôt de penser à lui.
Mais nous avions une photo de lui,
Cette photo… Et ce vilain cadre !
Il m'avait irritée depuis déjà notre mariage.
Il ne convenait pas à la photo. Ou était-ce le contraire ?
En ayant un jour assez. je décidai d'y remédier.
- Mors, C'est moi que lu largues ? - Quoi ?
C'est donc moi que tu lâches ?
- Que dis-tu, chéri ? - La photo… Où suis-je passe ?
Oh, ça…
Pourquoi as-tu gardé Knut et pas moi ?
Pourquoi tu m'écoutes pas ?!
Mais qu'y a-t-il, chéri ?
Pourquoi m'as-tu retiré de la photo ?
Je te vois tous les jours. Knut est parti, peut-être à jamais.
D'ailleurs, je déteste te voir vieillir.
Pauvre papa, il a tant travaillé, un rien l'irrite !
Je commanderai un nouveau tirage, avec seulement toi.
N'y pensons plus. Excuse-moi, je suis fatigué.
J'ai écrit à Knut ce matin.
|| pense rentrer un peu. Je lui ai proposé d'aller tous à la montagne.
C'est une bonne idée…
Que Knut vienne. Je le croyais définitivement parti.
Knut arriva 3 jours avant le départ.
Il apporta de jolies fleurs.
Bjorn était en forme. On était heureux de revoir Knut.
Il n'avait pas changé. Le même large sourire juvénile.
Le même charme.
Mange donc !
Oui, mon cœur s'emballa quand il trinqua avec moi.
Incroyable ! Raconte encore !
La soirée fut très réussie.
Oui.
Merci beaucoup.
Ça a été un plaisir de te revoir.
Knut voulait me voir. me parler. Seule, en ville.
! avait quelque chose à me dire.
D'accord. Au revoir.
Et là. j'eus un pressentiment.
Le temps m'a fait comprendre que je ne peux pas t'oublier.
Et que…
Je dois me battre pour toi. Je ne l'ai pas fait auparavant.
Je suis rentré pour ça.
Puis il dit une chose terrible :
C'est bien que vous n'ayez pas d'enfants.
C'est dû auquel de vous deux ?
On est mariés depuis peu, on a bon espoir !
Es-tu si sûr qu'on veuille des enfants ?
- Dès maintenant, je veux dire. - Oui.
Bjorn me l'a écrit.
C'était vrai qu'on en voulait. bien sûr.
Peut-être simulions-nous le calme, pour dédramatiser.
C'était pourtant inutile. pour le moment.
Bjorn m'a invité à la montagne.
- Bjorn m'a invité à venir, te dis-je. - Oui.
Et qu'en dis-tu ?
- [ N'en sera rien. - Ah bon ?
Je n'avais pas envie de discuter.
Et j'ai tout raconté à Bjorn.
À propos de Knut…
- Oui ? - Eh bien, voilà..
- Bjorn semblait peu préparé. - Knut est amoureux de moi.
Je le sais depuis longtemps.
- Pourquoi ne m'as-tu rien dit ? - Ça a toujours été évident !
J'ai vu Knut aujourd'hui. || m'avait téléphoné.
C'est très sérieux !
- On n'ira pas à la montagne. - Bien sûr que si !
- Pas moi ! - Tous les trois.
Jamais !
J'aurais dû prétexter à d'avance une maladie pour éviter tout ça.
À présent, c'était trop tard.
Qu'aurais-je pu dire quand Bjorn m'a dit :
Tu vas pas nous lâcher !
Non, car ma présence signifiait pour Bjorn que j'étais de son côté.
Les hommes sont bêtes, le prestige avant tout !
Ça se voyait sur lui. Un malaise nous séparait.
Bjorn avait longtemps su. Était-ce moi l'idiote ?
Et on devait partir Je surlendemain !
Pourquoi tout ça m'arrivait-il ?
Moi qui voulais juste être en paix avec les gens. et moi-même !
Puis-Je parler à Knut Becker ?
Et maintenant, Guri ?
Ne t'inquiète pas. Bjorn. Mieux vaut que tu ne saches pas.
Je voulais convaincre Knut, sans savoir comment.
Il était devenu dur. différent. Son attitude m'échappait.
Je voulus changer de café pour se voir.
Si tu es venue me demander de ne pas venir, oublie ça.
Pourquoi n'irait-on pas à la montagne ? On sera plus tranquille…
Tu connais cet homme ?
Knut ! Mon vieux copain !
Ça alors ! Merde, où t'étais passé ?
Pardon, Mademoiselle, enchanté !
Un café, s'il vous plaît ! On te croyait tous devenu missionnaire !
! fallut supporter cette brute jusqu'à ce que Knut doive partir.
Où donc ?
Pour rencontrer Bjorn.
Je courrai garer la voiture au lieu convenu.
- Alors ? - Belle finition…
- Tu le veux ? - Il est un peu léger.
- Essaye celui-ci. - C'est le tien.
Je vais acheter celui-là.
Guri pourra utiliser le léger.
- Elle tire au fusil ? - Non, mais elle aura peut-être envie.
Et 400 cartouches.
- À l'hôtel ? - C'est aussi bien.
Ça va être sympa, la montagne !
Oui.
- Je pense sans cesse à elle. - Oui, je sais.
Knut avait raison, je lui avais soufflé Guri autrefois.
Faut savoir saisir sa chance. dans la vie. merde !
Je savais qu'une explication serait inévitable, mais pas comme ça.
Tu dînes avec moi ? Au nom de l'amitié ?
On avait peu à se dire. mais chacun pensait qu'on pouvait
se voir une dernière fois, avec des formes, en "amis”.
Après le dîner, on alla boire au calme dans la chambre de Knut.
Le cœur n'y était plus. On vida presque la bouteille.
Le lendemain, on serait à la montagne.
La chasse pourrait commencer.
Oui ?
Merci.
Oui ?
Oui ?
Oui, je suis ici !
Ah oui ?
Eh, calme-toi !
Dégage !
Portier ! Venez !
Excuse-moi, j'ai trop Du.
Appelle un taxi. Tu ramèneras ma voiture demain.
J'ai une clé.
Vous vous êtes donc revus aujourd'hui ?
Mais…
C'est à peu près ce qui s'est passé. Et ça…
Tu la reconnais ?
- Je pensais l'avoir perdue ! - Perdue ?
On n'en a que deux. C'est la mienne, Knut a l'autre.
Knut ? Je ne comprends pas.
Moi non plus.
- Tu l'as perdue, et Knut l'a trouvée ? - Je comprends pas !
Je croyais que toi et moi, on serait réglo.
L'accusation de Bjorn me blessa profondément.
Un coup du destin. mais j'ignorai quoi répondre.
On devait partir dans quelques heures.
J'avais déjà délaissé des occasions de gibier
pour éviter que Knut et Guri restent seuls.
Mais maintenant, il fallait descendre au village
pour nous ravitailler.
Guri voudrait-elle m'accompagner. si je perdais ?
Non. la fatigue l’empêchait de sentir la situation.
Avant. Knut aurait insisté pour venir.
Mais pas aujourd'hui,
Au matin, je partis tôt pour rentrer avant la nuit.
Guri n'avait pas parlé de venir. Pourquoi ?
Était-ce par étourderie, fatigue. manque d'imagination ?
Ou simplement par manque d'envie ?
J'allai droit à la voiture. mais j'avais mon fusil et Tell
Il courait partout en faisant de grands cercles !
Il avait clairement flairé quelque chose.
Il était en arrêt !
Mais trop loin de moi.
Merde, il pige pas !
À cette distance. ça rime à rien.
Il va sûrement lever la perdrix…
Tell !
Comme chien de chasse, il était foutu.
Le meilleur que j'avais jamais eu.
Je mis 2 heures et demie à rejoindre l'auto.
Le froid était encore léger. Le moteur pouvait supporter -2°.
J'avais tout le loisir de les imaginer ensemble.
Pourquoi ne l'as-tu pas accompagné ?
Tu aurais dû… en bonne épouse !
- Tu ne l'es peut-être plus ? - Oh, Knut…
- Ou simplement, tu ne voulais pas ? - J'y ai pas pensé, c'est tout.
C'est bien.
Tu as oublié car tu préférais être ici avec moi.
Ne te fâche pas. Tu y serais allée si seulement
tu y avais réfléchi.
Car une bonne épouse, tu l'es…
- Encore ! - Voyou !
- Viens, on s'en va. - Je ne veux pas.
Allons nous promener. La journée sera belle.
- Comment se protéger contre ça ? - Contre quoi ?
Les pensées qu'on ne devrait pas avoir.
On ne peut pas s'en protéger.
On est sans défense, dis-je.
“En tout cas. toi. Guri ”
La voilà qui marchait, Guri.
Mon amour. Un pas devant moi.
Elle était telle que rêvée de loin.
Et même plus belle encore !
L'avoir maintenant. quel plaisir suprême ! La posséder !
Attention. pas trop vite. ça pourrait tout détruire.
C'est bien. Allez, continue !
Qui étais-je pour agir ainsi vis-à-vis de Bjorn. de Guri..
Et de moi-même ? Guri me le demanda peu après.
Qui es-tu pour agir ainsi ?
J'y avais déjà réfléchi.
Et j'étais lucide.
Quant à l'expliquer à Guri. c'était autre chose.
Comprendrait-elle mes mots ?
Il y a peut-être un insaisissable sens profond…
Quelles foutaises !
Un désir fou de l'embrasser me saisit.
Je la rattrapai peu après.
Elle continua de marcher. Pas vers le chalet.
On marcha un long moment en silence.
On oublia le chien. Il devait être quelque part.
Ah. il était là à chasser comme si rien ne nous était arrivé !
Guri n'eut pas vraiment de réponse à sa question de qui j'étais.
Elle aussi s'était mise à s'interroger.
Qui suis-je moi-même ?
Et elle pensait au pauvre Bjorn !
Je compléterai plus tard !
Non, je ne pensais pas à Bjorn.
Ma question à Knut, je me l'adressais sans cesse.
Tire !
Knut rata deux perdrix. Je fus trop lente quand elles passèrent.
Pourquoi mon fusil s'immobilisa-t-I ! sur Knut ?
Lourd. il pencha vers lui. Le cri de Knut résonnait…
"Tire !"
"Tire !"
Guri ?
Le berger… Que faisait-i ici ?
Oh non !
- Vous voulez passer ? - Oui !
Là-bas, la route s'élargit.
Guri ?
Oui ?
Notre 1ère rencontre… C'était la St Jean, Oslo était désert.
Je m'en souviens comme si c'était il y a quelques jours.
Bonjour.
Vous jouez avec moi ?
Etant débutante, j'ai hésité.
Pas d'autres partenaires… On essaye ?
D'accord.
Je m'appelle Knut Becker !
Après 5 minutes de jeu, Bjorn arriva.
Jolie fille, hein !
Tu la connais ?
Je me retire, alors.
Merci pour la partie !
C'était faux. Bjorn ne me connaissait pas !
Non. justement ! Je l'appris une heure plus tard,
Guri Bang...
Pourquoi raconter ça ? Pourtant. ça dit tout sur nous trois…
Depuis ce jour. je l'ai aimée et je n'ai pas changé.
Tu comprends ?
Je partis par désespoir. Partager Oslo avec vous était insoutenable.
- Écris-nous ! - "Écris-nous !"
J'ai joué le joueur loyal jusqu'au bout.
À l'étranger, mon travail ne me satisfit qu'en partie.
J'étais trop attaché à Oslo. La vie d'expatrié me déplut.
Inadapté. j'étais seul, au bord de la déprime.
Il me fallait rentrer. Rentrer vers…
- Ça n'excuse rien. - On n'a pas besoin d'excuses !
Avance !
Il fait trop sombre !
Oh Bjorn. vas-tu enfin arriver ?
Un feu en moi me ronge.
Il est déjà 6h ?
Bjorn s'éternise…
Il s'éternise, je dis.
Que veux-tu que je te réponde ?
Je laissai la voiture sans bloquer la route.
Et un mot au berger le priant de la faire réparer.
Je continuai à pied pour arriver l'aube.
Les fermes d'alpage étaient désertes.
Guri… dans mes bras !
Si proche… T'ai-je à présent ?
Ou es-tu encore à Bjorn ?
Je m'étais sans doute aliéné Guri dernièrement,
Je m'étais mal contrôlé.
Que craignais-je ?
Que Knut soit un meilleur amant ?
Les Esquimaux prêtent leurs femmes aux amis…
On fait quoi. nous ?
Guri ?
Non !
Dîner sur la cuisinière
Va dans ton lit !
Tu es une petite putain fatiguée ?
Je n'eus pas de réponse.
Guri !
Quoi, elle s'était couchée avec Knut ?
La môme s'est quand même pas suicidée !
Guri !
Sur l'eau. je voyais de moi une image très claire.
Mais pas les courants au-dessous.
Tenir une poignée d'eau, c'est tenir un morceau de vie.
Tes mains délimitent la vie.
Comme la naissance et la mort.
Entre ces deux limites, les molécules s'entrechoquent.
Comme les évènements de ta vie, et s'influencent dans tous les sens.
Sans que lu y puisses quoi que ce soit.
Tu observes consciencieusement…
Et tu n'en sais pourtant pas plus.
Malgré cela,
on doit quotidiennement faire des choix responsables.
Se forger une image de soi-même. un visage auquel on doit ressembler.
Je ne m'excuse pas. Je me reconnais seulement vivante.
Et humaine.
Ne bougez pas, que je vous situe !
Une journée terrible s'annonçait.
Le baiser de Knut me brûlait, le “putain” de Bjorn
m'arrachait le cœur.
L'appareil photo tremblait entre mes mains.
On s'épia toute la journée.
Sans se donner le temps de respirer.
Il fallait crever l'abcès !
Calme…
Avance !
C'était… accidentel ?
Bjorn, tu es conscient ?
Faut laver la blessure.
Viens m'aider !
Guri !
Viens !
Aide-moi à le tenir.
Il Est vivant ?
Il Est vivant ?
Vois s'il est froid !
Guri, tu dois m'accompagner !
Viens !
Au vu du manque de pièces à charge, je déclare le non-lieu.
Adieu, Knut.
Me voici. seule de nouveau sans aucun de vous deux.
Avec mon secret,
Un enfant en mon sein.
Un enfant ?
Mais… Ça ne peut pas finir ainsi !
Attendez ! Qui est le père ?
Attendez !
Je sais pas, je veux dire…
Nous, simples spectateurs, on a le droit de savoir !
Mais c'est pas ça, le sujet !
Attention !
Debout, la dormeuse !
On part dans 10 minutes !
Bjorn ?
Je suis encore la ! Tu as oublié ça, hier !
Traduction : Nicolas Duault
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