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Original subtitles

Brouhaha au loin.

...

Générique.

...

-Dans quelques minutes,

la défense vous soutiendra,

avec mille arguments pouvant

vous questionner, que M. Ladki est innocent.

Mais dans ce dossier, vous ne pouvez pas

douter, mesdames et messieurs les jurés.

Dans ce dossier, vous avez la reine

des preuves, celle qui ne ment pas :

celle qui ne triche pas.

Celle qui ne se trompe pas :

l'ADN !

C'est pourquoi

je vous demande solennellement,

dans l'intérêt de notre société,

et pour la mémoire de la petite Louane,

de condamner M. Ladki

à la hauteur de l'ignominie du crime qu'il a commis :

l'infanticide !

-Condamnator a encore frappé ! -Arrête, papa.

Je déteste ce surnom. -Que se passe-t-il ?

-Un mauvais pressentiment.

T'as jamais connu ça avant un verdict ?

-Après 25 ans de magistrature,

tu as encore le trac ?

Allez, tu as fait ce qu'il fallait faire.

-Mesdames et messieurs,

les jurés ont terminé leur délibéré.

-Accusé, levez-vous.

A la question :

l'accusé est-il coupable d'avoir

volontairement donné la mort à Louane Ladki,

la réponse

est oui. -Non !!

Ce n'est pas moi !!

-Silence !

-Je n'ai pas tué ma fille. -Faites sortir l'accusé !

Faites sortir l'accusé !

Brouhaha. Silence dans la salle.

Il arme le pistolet. Cris.

-Bouge pas !

Bouge pas !

Recule ! Bouge pas !

Je suis innocent, je n'ai pas tué ma fille.

Je suis innocent !

Il tire. Cris.

...

Vibreur.

...

-Excusez-moi, je suis désolé.

... -Ca va ?

-Je viens de bousculer Bellefond.

...

-Tu me filtres, maintenant ?

-Je sais ce que tu vas me dire.

-Antoine, on est tous sous le choc. Ce qui est arrivé est dramatique,

mais ça fait des semaines

que tu es en congé. Si tu ne rentres pas,

ton substitut sera nommé à ta place.

-J'ai fait condamner un innocent qui s'est suicidé !

-N'écoute pas les gens

autour de toi. Il y a eu une erreur

au labo, tu n'y es pour rien.

-Je me sens responsable.

-C'est la première erreur de ta carrière.

En te comportant comme un coupable,

tu me mets en porte-à-faux moi aussi.

-Je sais. Tu as des ambitions politiques

et ça fait tache. Mais j'ai besoin de temps.

Ah ! Je vois que certains suivent déjà

une vocation de juge et de juré.

Aujourd'hui,

nous allons parler

de l'intime conviction.

L'intime conviction est l'inverse

de la subjectivité.

Elle requiert

rigueur,

réflexion

et éthique.

Mlle Altani ?

-Le procureur en est exempté ?

-Il est toujours impartial.

-Pourquoi on n'a pas écouté Ladki qui réfutait les preuves ?

-C'est une erreur de labo, c'est pas la faute du procureur.

-La condamnation de M. Ladki était une erreur

incontestable et dramatique.

Vibreur.

...

Mais, Mlle Altani, la justice est imparfaite.

Car elle a été faite par les hommes pour les hommes.

Et il est primordial de toujours la remettre en question.

Car n'oubliez jamais,

que vous soyez bientôt

officier de police,

magistrat,

ou avocat, vos certitudes

vous conduiront à vos plus grandes erreurs.

Le doute est un état mental désagréable,

mais la certitude est ridicule.

-Nous aussi, on a lu Voltaire.

"Who's Hot Whos's Not" de Creature.

...

-Mais le juge d'enfants a dit que c'était bon !

Ca fait un mois que j'ai pas vu mes soeurs.

Pardon, mais...

ne me punissez pas parce que j'étudie.

Très bien.

Et désolé.

(Fait chier.)

Je leur dis quoi, moi ?

-Demande à Bellefond de dire à la juge de revoir ses certitudes.

-Avec la cote qu'il a au parquet en ce moment...

T'inquiète, Kevin, on va trouver une solution.

-Tu vas pirater son doss pour qu'il ait le droit de visite ?

-Déjà, je ne pirate pas, je consulte. Et je pensais

à des recours légaux.

-Bon...

Ca doit être cool d'avoir un père blindé.

-Ca a ses avantages et ses inconvénients.

Camille, tu montes ? -Super !

Tu me ramènes ?

-Bah ouais. -Bon...

Je retourne dans ma poubelle.

-Tu me ramènes demain ?

Brouhaha.

...

-Antoine Bellefond ? -Pas d'interview, merci.

-Non, non. Je suis Noémie,

votre nièce. -La fille de Constance ?

-Oui. Désolée de débarquer comme ça, mais j'ai besoin

de vous. Mon père vient d'être arrêté pour meurtre.

-Ta mère sait que tu es là ? Comment va-t-elle ?

C'est fou ce que tu lui ressembles.

-Non, elle n'en sait rien. Vous êtes

le dernier qu'elle appellerait.

Il paraît que vous êtes le meilleur.

-T'as pas lu la presse dernièrement.

Bon, explique-moi.

-Chaque année, le village organise un festival des producteurs.

Ca attire beaucoup de monde.

-Merci.

-Maman, j'ai plus d'huile d'olive. -Je t'en redonne.

Jazz.

...

Détonation.

...

-Le lendemain, on a retrouvé le corps de J.-P. Cranjeon en forêt.

Ils pouvaient pas se blairer avec mon père.

Quand les flics l'ont interrogé, il a tout avoué.

-Il a avoué ? -Mais c'est des conneries.

Il aurait jamais fait ça. Je le sais.

Il paraît qu'ils ont des preuves, un ADN,

mais je sais que c'est pas lui.

-En général,

même les coupables clament leur innocence.

Je peux essayer d'appeler ta mère, voir si elle en sait plus.

Elle tient le coup ?

-S'il vous plaît, venez avec moi.

Vous ne vous parlez plus depuis 10 ans, mais...

mon père risque 15 ans

de prison.

C'est pas lui

qui l'a tué.

Il a jamais tenu une arme de sa vie.

Il dit toujours que l'important, c'est de donner un sens à sa vie.

Comment pourrait-il être un meurtrier ?

-Noémie, je suis procureur, pas avocat.

Je vois pas bien ce que je peux faire.

-Commencez par...

par lui parler pour lui dire de...

se défendre, parce que là, il tire un trait sur tout.

Sur nous.

S'il vous plaît.

-Déjà, je vais te raccompagner chez toi.

C'est loin, Venterol et...

Tu vas pas rentrer en bus.

On va y aller.

-Merci, Antoine.

...

Antoine, j'ai acheté des fruits.

-Tu travailles avec tes parents

sur le domaine ? -Non. Je fais psycho à Toulouse.

Chaque année, je viens les aider pour le festival.

Ils ont transformé le domaine de Mamita, c'est fou !

Papa a eu l'idée des olives bio bien avant la mode.

-Ta maman avait quitté la banque

pour s'occuper de notre mère.

Ca me fait plaisir que le domaine

ait pris un nouvel essor. -Ah oui ?

D'après maman, seule votre carrière compte.

Vous êtes pas venu à l'enterrement de Mamita.

-Ils n'ont pas pu reporter.

Je plaidais une grosse affaire de trafic de...

Pas très important.

-Plus important

que de dire au revoir à sa mère une dernière fois ?

En prenant par là, c'est plus court.

...

Vous pouvez

vous garer à gauche, à côté de l'arbre.

-Quand tu parlais de changements sur le domaine,

je ne m'attendais pas à ça.

-En fait, je me suis dit que c'était

peut-être mieux de parler à mon père d'abord,

avant que ma mère soit au courant.

-Il ne voudra peut-être pas me parler, si ?

-Il ne parle à personne.

Peut-être que face à un procureur, il changera sa version.

Antoine, s'il vous plaît,

dites-lui d'arrêter de s'accuser à tort.

-Je vais essayer, à une condition :

tu arrêtes de me vouvoyer.

-Si ça peut vous... te faire plaisir.

Merci.

Merci, Antoine.

-Bonjour. -Bonjour. C'est pour quoi ?

Antoine Bellefond, procureur.

J'aimerais parler avec Christophe Ajard.

-C'est pas le procureur Soulié ? -M. Soulié

n'était pas là. -"Mme" Soulié.

-C'est ce que j'ai dit. -Non.

Non, monsieur. -Ah ben, d'accord !

Ben, dites donc.

Vous n'êtes pas un peu loin de Lyon, M. le procureur ?

-Audrey

Passereau ! -Commandante Passereau.

Mlle Ajard, on a appelé du renfort, à ce que je vois ?

Ton père m'a appelée.

-Mon père est au courant ?

-Dix ans sans nouvelles des Bellefond.

Un membre de la famille arrêté et hop, de nouveau,

on existe ? -Difficile de t'oublier.

-Je sais, oui.

Mais enfin, l'eau a coulé sous les ponts.

Deux grands

enfants. Et toi ?

-Marié avec la justice.

-En instance de divorce, d'après la presse.

-Disons plutôt que je fais un break professionnel

avec le parquet. Mais à titre personnel,

je ne pouvais pas laisser un proche sans soutien.

-Suivez-moi.

C'est l'affaire la plus simple de ma carrière.

On a trouvé un ADN sur le corps.

Il a suffi de le comparer à celui de l'ennemi juré de la victime.

Ton beau-frère. Ca fait des mois que ça durait.

Tout le village les a vus se disputer.

L'ADN a matché et il a avoué. -C'est des conneries.

On l'a forcé ou vous l'avez fait chanter.

-L'ADN, c'est une chose, mais a-t-il eu

une défense contradictoire ?

-Il a refusé de parler à l'avocat commis d'office.

Il refuse d'être défendu.

Pour la juge, des aveux suffisent.

-Vous trouvez pas ça dingue, ces aveux ?

Même Antoine

trouve ça bizarre. -La plupart des prévenus

finissent par craquer.

C'est ce qu'on appelle avoir une conscience.

-Si l'affaire est instruite,

je peux m'entretenir avec lui ?

En souvenir du bon vieux temps.

-C'est vraiment parce que je suis sympa.

-Ou pour te faire pardonner de m'avoir largué.

Ambiance de bureau.

Bonjour, Christophe.

Quelqu'un sort et claque la porte.

-Qu'est-ce que tu fous là, Antoine ?

C'est Noémie qui t'a fait venir ici ?

-C'est une jeune femme pleine de ressource.

-Ca me rend malade de lui faire subir ça.

A Constance aussi.

-Alors laisse-moi t'aider.

-J'ai tué un homme, Antoine.

Il soupire.

Cranjeon...

Jean-Pierre...

Il me menaçait de couper l'irrigation pour les oliviers.

La source,

elle passe sur son terrain.

S'il faisait ça, on était morts.

Alors...

quand il m'a proposé

qu'on se parle, j'ai dit oui.

Seulement, ce fou est venu avec un fusil.

Ca a mal tourné, on s'est battus...

Je sais pas comment j'ai réussi à prendre le fusil...

Détonation.

-Mais l'arme, c'est la sienne.

Elle a été retrouvée ?

-Oui. -Alors, on peut plaider

la légitime défense.

Parle à ton avocat, ta peine sera moins lourde

que pour un meurtre. -Ca sert à rien.

J'ai parlé à la juge,

elle est déjà convaincue.

-Mais ta famille ?

Tu vas pas les abandonner comme ça ?

-Tu veux m'aider, Antoine ?

Viens voir plus souvent Noémie et Constance quand je serai

condamné.

-Christophe...

-Si je m'en sors,

on me le fera payer très cher. Ils me détestent tous, ici.

Ils me feront un enfer.

Crois-moi.

Je préférerais que rien de tout ça ne soit arrivé.

Alors si je peux...

laisser ma famille en dehors de tout ça, tu comprends...

Je serai la seule victime.

Avec ce pauvre fou de Cranjeon.

-Tu crois que tu épargnes les tiens ?

Quand on joue au martyr et qu'on abandonne les autres

derrière soi, c'est là que le plus dur

commence.

-Je suis innocent.

-Alors, qu'est-ce qu'il a dit ?

-Qu'il vous aime fort

et qu'il fait tout ça pour vous.

-Mais c'est con ! -On est bien d'accord.

On va au domaine, par mon chemin.

-Qu'est-ce que tu fous ici ? -Ca fait plaisir

de te voir, Constance.

C'est magnifique, ici.

-Tu le saurais si t'étais revenu avant.

Rentre chez ton père. On n'a pas

besoin de toi. -C'est moi qui lui ai demandé

de nous aider.

-T'es venu te racheter une conscience ?

-Que tu le veuilles ou non,

Antoine reste pour nous aider. -Ton père va se braquer.

-J'ai parlé à Christophe.

Il pourrait invoquer la légitime défense, mais il refuse.

Il faut que tu m'aides à comprendre ce qu'il cache.

Rires d'enfants.

-Antoine ! Attends-moi !

...

Il t'a dit quoi, Christophe ? Pourquoi il se défend pas ?

-Je sais pas.

Il cache quelque chose.

Mais à cause de ses aveux, les gendarmes n'ont pas creusé.

Pour une fois qu'ils ont le coupable.

-T'es juste venu me dire que c'est foutu ?

-Maman ! Et les preuves dont parlait la commandante ?

-Les preuves, ça s'interprète.

Elles peuvent raconter une autre histoire.

Si Christophe

est innocent, on va pas le laisser payer pour un autre.

-Ce qu'on veut, c'est la vérité.

-J'aimerais la trouver. Enfin,

si tu veux bien. -Au point où j'en suis.

-Il faudrait que tu contactes l'avocat commis d'office,

et qu'il te remette

toutes les pièces du dossier. -Et ensuite ?

-Ici, je suis pas

procureur ni avocat.

Je suis juste de la famille.

Je peux essayer d'obliger les gendarmes à enquêter.

Et ça fait longtemps que j'ai pas visité le coin.

Je vais retourner chaque caillou.

Mais j'aurai besoin d'aide.

...

-C'est chelou que Condamnator nous propose

de l'aider à innocenter un mec que tous désignent coupable.

-Si l'un des meilleurs profs

dit que l'enquête a été bâclée,

c'est qu'elle l'a été.

-Bosser avec un tel magistrat,

c'est la voie royale. Mais tu peux

te barrer, si tu veux. -Ca va pas ?

Pour une fois qu'on nous file une vraie enquête !

-Alors,

le rapport stipule que le coup de feu

a été tiré à 20h30.

Tous les gens présents au festival

sur la place l'ont entendu.

Le lendemain, des promeneurs ont trouvé

le corps de Jean-Pierre Cranjeon, et Ajard a été arrêté.

-Il est tombé en arrière.

Normalement, si on te tire dessus, le réflexe,

c'est de tomber en avant, pas en arrière.

-Bah non.

Avec un impact de loin, tu tombes en arrière

sur le dos. -Vous êtes là pour ça, Farima.

J'ai besoin de quelqu'un

qui raisonne comme un flic et remet tout en question.

-Oui, mais le rapport parle d'un tir à bout portant.

-Exactement. Vous n'avez rien remarqué d'autre ?

Regardez vos pieds.

-Quoi ?

-Vous n'avez pas de terre sur vos chaussures,

contrairement à la victime. -Il faudrait faire

un prélèvement pour comparer.

-Crangeon serait venu sur cette rive-là

sans toucher le sol d'ici ?

-Lévitation ?

Il faisait peut-être du yoga. -Potentiellement,

le corps a été transporté ici.

-Donc, c'est peut-être pas la vraie scène de crime.

-Pourtant, dans ses aveux,

Christophe décrit la scène ici.

Mais pourquoi a-t-il menti ?

-Je sais pas comment

vous remercier pour ce que vous faites.

-Déjà, merci de nous loger.

-N'hésitez pas à demander,

vous êtes chez vous. -Quand "el Profesor" propose

un café, c'est déjà ouf, alors une visite à sa famille...

-Oui, bon... On est tous d'accord sur le contrat ?

Cette investigation officieuse

sera une sorte de TD grandeur nature,

avec, à la clé, la validation

de votre matière. -Vous nous prenez

par les sentiments !

-Si on n'est pas virés de la fac.

On a le droit d'être là ?

-Vous êtes venus

admirer les olives dans cette magnifique

région ! Rien d'illégal à ça. Faites-moi confiance.

La loi, je la connais.

-Je vous ai fait de la place dans le bureau,

je vous laisse

travailler. -MERCI.

-Eh ben, c'est dans son jus.

-Oui.

-Si le corps a été déplacé,

ça change toute la chronologie. -Non !!

Désolé, c'était le fauteuil de ma grand-mère,

personne n'avait le droit de s'y asseoir.

-OK.

Et comment on prouve que

la scène de crime est ailleurs ? -D'abord,

je vais transmettre ce qu'on a trouvé à l'avocat,

pour avoir les analyses comparatives. Ensuite,

on pourra spéculer sur le sujet.

Pour l'instant, je veux comprendre pourquoi

il a menti. -On va enlever ça. Viens.

-Et pourquoi il refuse d'invoquer la légitime défense ?

-Il se sent

peut-être coupable. -Ou il protège quelqu'un.

-Quelqu'un de proche qui a commis le crime.

Genre sa femme ou sa fille.

-Il a été établi que

Constance et Noémie sont restées sur le stand

du festival entre 18h

et le moment du coup de feu.

-Ou un complice qu'il veut pas faire plonger.

-Ou bien le vrai coupable le fait chanter.

D'où son silence.

-On doit trouver qui d'autre en voulait

à Cranjeon et aurait pu le tuer.

Qui avait un mobile, les moyens

et l'occasion de passer

à l'acte, OK ? -OK.

Je me branche

sur l'imprimante.

-Y a pas le WiFi ? -Pas le WiFi ?

-Je vais vous trouver le code, ça va.

-OK. -Kevin ?

Vous vous entendez bien avec tout le monde,

dès demain, vous allez postuler au bar d'Andrée,

la soeur de Cranjeon.

-Je viens pour l'annonce. -Déjà, on dit bonjour.

-Oui, c'est vrai. Bonjour.

-Comme quoi, c'est un bon début.

T'es pas d'ici ? -Non, je viens d'arriver.

Je suis un ami de Noémie Ajard.

-Alors... -Madame ?

-C'est bon, j'arrive.

-La mère Ajard nous envoie un de ses sauvageons ?

-Hum, hum.

-Préviens Mme Sanchez de barricader sa pharmacie, sinon

ils vont péter sa vitrine.

-Désolée, mon gars. On prend pas d'ex-taulards.

-Je suis étudiant en agro, je fais un stage non payé.

-Foutez-lui la paix. Pour une fois qu'on voit

un nouveau visage. Fais pas attention.

C'est un peu tendu, depuis que... -Depuis que mon frère

s'est fait tuer

par le père de ta copine. -Oui, je sais, on m'a dit.

Désolé de venir comme ça,

j'avais pas le choix. Désolé pour votre frère.

-T'inquiète, ça lui pendait au nez. A force de faire chier

tout le monde. Il paraît que

le fils Bellefond est revenu voir

sa soeur ? -Oui... Peut-être.

-Il manque pas d'air !

Il vient pas depuis des années, il merde et il vient faire chier !

-Le petit Antoine ? Il est brillant.

Sa mère était si fière

de lui.

-C'est vrai.

Petit, t'as de l'expérience ?

-Fais pas la difficile, plus personne veut bosser

avec toi. -Je peux gérer mes affaires ?

-Je sais faire tous les cocktails : Mojito, Daïquiri,

Sex on the beach...

-On se calme. Si tu sais

mettre de l'eau dans le pastis, ça ira !

-Elle a pas l'air bouleversée par la mort de son frère.

-Ils ne se parlaient plus depuis des années.

Et Andrée, c'est pas du genre à faire semblant.

-Ils se détestaient.

-Alors, tu bronzes ?

Y a 2 panachés pour la 8, un allongé pour la 3

et 2 jaunes pour la 4. Allez ! -C'est où, la 8 ?

-Tu vas trouver. Une cloche sonne.

-C'est où, la 8 ? -Là.

-Merci.

-Quand on est arrivés ici, y avait rien de tout ça.

Je devais m'occuper de ma mère malade.

Avec Christophe, on a décidé de tenter une nouvelle vie.

Hélas, elle est décédée quelques mois plus tard.

-Je suis désolée.

Je ne voulais pas que notre projet meure avec elle, on est restés.

Et voilà.

-Vous devez tout faire à la main ? -Non, pas du tout.

D'habitude, on traite avec le tracteur, mais il est HS.

-Et vos stagiaires, ça se passe bien avec les locaux ?

Jamais eu de problèmes avec Cranjeon ?

-Peut-être quelques échanges un peu musclés.

On accueille des jeunes avec un casier judiciaire.

-Et ils bossent 10 h par jour pour une misère, non ?

-Personne n'est condamné à venir ici.

Nous, on leur offre une 1re expérience professionnelle.

Chacun est libre. -Mais c'est différent

quand on hérite d'un domaine ou d'un père toxico.

-Je vois pourquoi Antoine vous a choisie.

Vos idées préconçues feront de vous un bon procureur.

-Vous vous trompez sur lui.

El Profesor nous dit d'oublier

nos préjugés. -Chacun son point de vue.

Je vais vous présenter vos futurs collègues.

Machines.

... Maël, tu peux arrêter ?

Il éteint. Merci.

Et voilà l'atelier

où on transforme nos olives en huile et tapenade, sans additifs

ni conservateurs. -Bien sûr.

-On en envoie une partie à nos distributeurs

et on vend le reste ici. -Un business qui roule.

-Oui, on prend jamais de vacances aussi.

S'il vous plaît, je vous présente Farima,

qui va nous aider quelque temps.

Alors, Charlie, Maël, Tom et Bintou.

Pas de nouvelles de Jordan ? -Non.

-Je compte sur vous pour qu'elle se sente comme à la maison.

Je vous laisse. -Merci.

...

-Ah ouais ! Ca roule pour eux.

Je peux vous dire qui a un mobile : sa femme.

-Vanessa Cranjeon n'a même pas été interrogée.

Vous avez bien préparé vos questions ?

-Comment ça ? Je suis nulle à l'oral.

-Je vous ai choisie parce que vous êtes brillante,

même si vous montrez trop d'empathie.

-C'est un défaut ?

-Si vous voulez devenir une excellente avocate,

il faut apprendre à parler aux victimes et surtout

à les écouter.

-C'est vous qui me dites ça ?

-Oui, je te dirai.

Y a du monde qui arrive, je te laisse. Au revoir.

-Bonjour, Mme Cranjeon.

Antoine Bellefond, procureur, et voici...

Camille Moreau, ma stagiaire.

Désolés de vous importuner dans un moment pareil.

-Je vous en prie, suivez-moi.

Personne vous dit que quand vous perdez

un proche... Installez-vous. Vous avez autant de paperasse !

J'arrive pas à réaliser.

J'ai l'impression qu'il va revenir pour m'aider à trier.

Même s'il était aussi nul que moi

pour tout ça.

-Nous vous présentons nos condoléances.

Merci de nous accorder ces quelques minutes.

-C'est naturel, M. le procureur.

Je me tiens à la disposition de la justice

pour tout ce qui concerne la...

la mort horrible de mon mari.

-Tout le monde s'accorde à dire

que les relations entre

votre défunt mari et Christophe Ajard étaient tendues.

-Quand ils sont arrivés pour planter leurs oliviers,

les Ajard ont voulu faire la leçon à tout le monde

avec leur label bio, et puis la mode a pris,

tout le monde préfère le bio,

mais Jean-Pierre trouvait que c'était trop cher.

Et le succès de ces 2 banquiers, ça lui a monté au nez.

-C'est comment ici, l'ambiance ?

-Pff ! Non mais, c'est tendu.

Y a pas mal de turn-over.

On est là pour un stage, logés et nourris, ça va,

mais au bout de 6 mois, ils proposent jamais de CDD.

-Tu repars comme t'es arrivé.

-C'est pour ça que Jordan s'est barrée ?

-Non, c'est à cause de l'embrouille

avec Cranjeon. -Celui que votre patron a buté ?

-C'était un connard. Il l'a chopée

dans sa piscine avec des potes, à picoler son vin.

Il a menacé de la balancer aux flics.

-Faut que j'aille pisser.

-Pas besoin de détails !

-C'est par là. -Merci.

Elle rédige un texto.

Elle l'envoie.

Notification. -Je vous prie de m'excuser.

Ca se passait comment avec leurs jeunes stagiaires ?

-Les esclaves, vous voulez dire ?

Quand Ajard a fait venir des paumés pour bosser chez eux,

les problèmes ont commencé.

-Quel genre de problèmes ? -Le vrai problème, c'était pas

les jeunes... -C'était l'eau.

M. Ajard dit que votre mari menaçait de couper l'irrigation.

-Non, le problème, c'était la friche.

-La friche ?

-Les Ajard ont acheté un terrain

dont ils veulent faire une friche.

-De nos jours, laisser faire la nature

c'est bien vu.

Et alors votre mari a menacé

Christophe Ajard avec son fusil ?

-Tout le village était du côté de Jean-Pierre.

Il allait même faire un vote pour que la municipalité réquisitionne

le terrain dans l'intérêt public.

Salut, mon coeur. -Salut maman.

Je savais pas que t'avais du monde.

-C'est rien. Léo, mon fils.

-Bonjour. -Je te présente

le procureur Bellefond et Mlle Moreau.

-Bellefond ?

Mais c'est le beau-frère

à Ajard ! Qu'est-ce que tu fous là ?

-Sur un autre ton.... -Comment ça ? Dégage !

-Vous êtes pas vraiment procureur ?

J'appelle la commandante Passereau. -On va vous laisser.

-Oui, laissez-nous.

-Désolé pour votre perte. -C'est ça.

Dehors ! T'es encore là, toi ?

Dégage. -Je suis désolé

de ce qui est arrivé à votre mari.

Je ferai toute la lumière...

-Tu peux la faire dehors, mais pas chez moi !

Va-t'en.

-Christophe Ajard est innocent.

-Tirez-vous de chez moi !

Elle sanglote.

-Bravo, c'était super.

Je vais avoir un casier avec usurpation de fonction

puni par l'article 433-12 du Code pénal

avec un an d'emprisonnement, 45 000 E d'amende et

interdiction de passer le barreau. -Trois ans d'emprisonnement.

Et je n'ai rien usurpé, je suis procureur.

Certes un peu en congé...

Christophe a menti. Il n'a pas parlé de cette friche.

-Du coup, c'était quoi, votre texto ?

-Farima a une piste : l'une des stagiaires d'Ajard.

Vibreur. Pardon.

Bellefond, j'écoute.

-Tu m'expliques ce que tu fous à Venterol ?

J'ai appelé, on ne peut rien pour Christophe.

Toi, ici, tu as des responsabilités.

-Ici aussi, j'ai des responsabilités.

J'aide Constance.

-Coller ton nom à celui d'Ajard ? Après ce qui t'est arrivé ?

*-Oui, justement.

Et s'il était innocent ? Il n'y a pas eu d'enquête.

-Tu as fait une petite erreur, ne paie pas toute ta vie.

-Ca n'était pas une petite erreur.

-Antoine !

-...a-t-il volontairement

donné la mort à Louane Ladki... -Professeur ?

-La réponse est oui. -Non !!

C'est pas moi ! Vous êtes dingues !

Je n'ai pas tué ma fille ! -Silence !

Cris.

-Professeur ?

-Ses aveux sont un mensonge.

Farima a sa piste avec l'une des stagiaires.

-C'est peut-être elle que votre beau-frère couvre.

On y va ?

-Allô ? C'est Jacques Bellefond. C'est quoi, ce bordel ?

Pourquoi mon fils reste là-bas ?

Vous voulez vous griller à vie ?

-Et voilà.

Le demi. -Merci bien.

-Merci, hein !

C'est grâce à toi que j'ai eu le job.

Il s'est passé quoi ?

C'est fou, cette histoire de meurtre.

-T'es étudiant ou journaliste ?

-J'ai l'air d'un con, tout le monde parle

que de ça. -Eh oui.

Je vais faire mieux, je te montre.

Air de jazz.

...

Je fais la com du festival.

Donc, y a toutes les photos et les vidéos sur mon blog.

-C'est lui, là ?

Celui qui s'est fait tuer ?

Le frère d'Andrée ?

-Oui, c'est lui.

Les mecs matent plutôt mon décolleté,

mais bon, comme tu veux. Bon.

Le jour du festival, à 20h30...

Détonation.

Y a eu un méga coup de feu.

Ca arrive parfois, quand les mecs sont bourrés,

dans les villages.

Mais là, c'était un peu tôt.

J'ai gagné 1 000 abonnés, regarde.

-Il était comment, Cranjeon ? -Jean-Pierre ?

C'était un sale con.

Toujours en train de gueuler, en colère contre tous.

Tu sais, le mec aigri ? -Ouais.

Par contre, son fils, il est trop gentil.

Regarde, c'est lui.

-A ton avis, pourquoi Ajard l'aurait tué ?

-J'en sais rien.

Faut être malade pour tirer sur quelqu'un.

Après, il s'engueulait avec tout le monde.

Mais c'est pas trop une raison ! Ah, Léo !

-Salut. -Tu me ramènes du rouge,

s'te plaît ? -Ouais. Un verre ?

-Non, une bouteille.

-Une bouteille, d'accord.

-Et voilà.

Elodie.

Une bloggeuse rencontrée au bar d'Andrée.

Elle a des centaines de photos et vidéos de ce soir-là.

-OK, je m'y colle.

Elodie, c'est ça ? -Ouais.

-Moi, j'ai mieux.

Cranjeon a menacé de dénoncer une des esclaves d'Ajard

pour vol. Jordan, qui a disparu depuis le meurtre.

-On va creuser cette piste aussi.

De notre côté, on a soulevé un lièvre.

Christophe a aussi menti sur le mobile du meurtre.

-Il ne sait que mentir ?

-Votre soeur pourrait nous aider.

-Il est pas net, le mari.

-Pour rester impartial,

ne mêlons pas Constance et Noémie à ça.

Concentrons-nous.

-Impartial ? C'est limite si on enquête pas à décharge.

-Pas du tout.

On a trouvé de nouveaux éléments, non ?

Donc, nouvelle orientation.

Et on n'enquête pas

à décharge. On fait juste le boulot

de la gendarmerie.

-Monsieur, quand il s'agit

de sa famille, c'est possible de rester objectif ?

-C'est toute la complexité de la justice

et de l'intime conviction.

Il faut savoir examiner les faits

tout en restant le plus humain possible.

Bon, j'y vais.

-Mais... Monsieur ?

-Mec, sérieux ? Tu lui mates le boule, là ?

Tu lui mates le boule !

-Euh... ouais.

-Tu kiffes Camille ? Tu sais même pas si elle kiffe

les mecs ou les meufs. -Et alors ?

Elle s'en fout. Ca lui pose pas de problème. Moi non plus.

-OK, vas-y, je t'arrange un coup.

-Laisse les choses comme elles sont.

-Je vais lui parler.

-Non, je te jure... -Je fais ce que je veux.

-T'y vas pas. Je trouverai un truc.

Pour une fois, je m'occupe de mes affaires,

et toi de la piste de Jordan.

...

Une porte grince.

-Bâtard !

...

-Putain, c'est bon !

-Jordan ? Enchantée. Je suis

la nouvelle. Ton tee-shirt...

C'est quoi, ce sang ?

-Putain, c'est le mien. C'est mon sang.

Regarde, je me suis coupée.

-On était inquiets, Jordan.

Ca faisait deux jours.

-T'étais où, le soir du meurtre ?

On t'a pas vue au festival.

-J'ai rien à voir avec ça.

Au moment du coup de feu, j'étais ici.

Maël m'a vue. Je...

J'ai saboté le tracteur.

-Quoi ?

Mais pourquoi ?

-Cranjeon me l'a demandé.

-Il pouvait pas te blairer, t'as pourri sa piscine.

-Ca lui a donné des idées.

J'ai rien contre vous, mais votre mari,

c'est un bâtard.

Il parlait de passion pour nous exploiter.

Il nous mettait la pression.

Cranjeon m'a promis un vrai job.

Mais il me faisait du chantage, il voulait que je...

que je pète votre tracteur.

C'était soit ça, soit les flics.

-Pourquoi tu te cachais ? -Je savais pas où aller.

Cranjeon était mort,

Ajard, en taule, j'avais personne à qui parler.

-Tu aurais pu venir me parler. -On sait tous

que vous en avez rien à foutre de nous.

-Jordan ne fait plus partie des suspects. Maël l'a vue

trafiquer le tracteur le soir du meurtre.

-Il a rien dit

pour la couvrir. C'est de ma faute.

Si j'avais vu ce qui se passait... -Y a du sang sur le tracteur.

Et Jordan avait le numéro de Cranjeon sur son téléphone.

Elle n'avait aucune raison

de le tuer.

-Et Ajard de la couvrir.

-Alors, ça avance ?

Vous avez des pistes ? -Peut-être.

Je vous en parlerai en temps voulu, tu comprends ?

-Pas de problème. Je te fais confiance.

Tes étudiants ont l'air d'être au taquet.

-Ils sont passionnés.

J'ai parfois le sentiment de me retrouver en eux.

-J'espère que leur passion

ne les aveuglera pas, eux. -Ecoute, Constance,

maman était très bien soignée

dans cet institut.

Tu as décidé de la ramener ici

et de t'en occuper au lieu de la laisser là-bas.

-OK, je dois y aller.

Essayez de pas vous étrangler.

Ne me reproche pas de ne pas avoir fait le même choix.

-Quel choix ?

Après son 2e AVC, ils ne voulaient plus la garder.

-Un 2e AVC ? Quand ça ? -Tu te fous de ma gueule ?

Cinq ans après le premier ! Elle était paralysée.

J'allais pas la laisser dans un mouroir.

-Je savais pas, papa ne m'a rien dit.

-Arrête de te cacher derrière papa !

J'étais furieuse parce que t'as pas été là

quand j'avais besoin de toi.

...

-Léo, arrête, fais pas de connerie.

Arrête.

Léo, viens, s'te plaît.

Tu vas te faire mal, viens. -Rien à foutre.

Mon père est mort, tu comprends pas ?

-Donne-moi la main.

-Il m'a laissé tout seul. -Allez, arrête.

Donne-moi la main, s'te plaît.

Viens là. Je te lâche pas.

-Arrête, ça va. Ca va...

Ca va...

-Je suis vraiment désolée.

Mais je te promets que mon père a rien fait.

Mon oncle, le procureur, il va s'en occuper.

Il va trouver une solution, d'accord ?

-Ouais.

-T'es pas tout seul, crois-moi.

Il sanglote.

Ca va aller.

*-Il est 9h, bonjour à tous.

*Avant de retrouver votre émission culinaire

*avec vos chefs préférés, le point météo :

*il fait beau sur toute la Provence.

*On atteindra les 32 degrés...

-Il veut pas un verre d'eau ? -Non, merci.

-Ca tombe bien, y en a plus.

-Je viens de me faire pourrir par le juge d'instruction.

Il y aurait de nouvelles preuves ?

-Tu veux une noisette ?

L'avocat de la défense a obtenu

des éléments discordants avec la thèse officielle.

Tiens, regarde.

-Même ton père m'a appelée. Il était pas aimable.

Comme toujours.

Vanessa Cranjeon

m'a appelée aussi.

Tu fous quoi, là ? -Je suis pas là

pour t'embêter, mais rien ne colle.

Le sol ne correspond pas à la boue

trouvée sous les chaussures. Tu l'as pas, ta scène de crime.

-Tu fais vraiment chier.

T'es ni flic, ni avocat, ni procureur ici.

L'Etat te paie pour emprisonner des criminels,

pas pour les libérer.

Une cloche sonne.

-C'est mon ex, elle veut qu'on se remette ensemble.

-Tu vois, tout ça, c'était notre rêve.

Quitter le monde de la finance, de la compétition, du gain...

et donner du sens à nos vies.

Cultiver la terre, nourrir les gens,

former les générations suivantes,

et j'apprends que Christophe traitait nos stagiaires

comme de la merde ! Et cette guéguerre avec Cranjeon,

jamais je n'aurais imaginé ça. Je reconnais plus mon mari.

-Ce qu'a fait Christophe n'enlève rien à ta conviction,

ni à tout ce que tu as construit ici.

Tu sais, Constance,

j'ai l'air d'insister, mais...

j'ai jamais su pour le 2e AVC de maman.

-T'imagines pas comme c'était dur de la voir dans cet état.

Et les sacrifices qu'on a faits avec Christophe !

On peut lui faire des reproches, mais il a toujours été là

pour moi ! -Ca doit être très dur d'entendre

tout ce qu'on dit sur lui. Je suis désolé.

...

-Il se passe quoi ? Pourquoi maman est dans cet état ?

-Elle a appris des choses pas agréables. Elle doit les digérer.

-Mon père ne va pas être libéré ?

-Il n'a pas fait

que du bien, mais rien qui justifie qu'il paie

à la place d'un meurtrier.

-El Profesor ?

-Oui ?

Je vous écoute. -On a du nouveau.

-Pardon, je vous laisse.

-Alors ?

-Christophe avait un mystérieux associé.

-Avec qui il aurait acheté la friche ?

-Oui. -On pense que c'est Andrée.

-La soeur de Cranjeon ? -Oui.

Ils se voyaient tous les jeudis matins

à la même heure depuis 3 mois. -Et on a vu sur le blog

qu'Andrée s'était absentée le soir du festival

entre 19h30 et 21h.

-Je te laisse la boutique pendant 1 heure.

Arrête de boire.

Fais-moi plaisir,

coupe le robinet à Gégé, sinon sa femme va rappliquer...

-OK.

-Sacrée Dédée ! Réglée

comme une horloge. Jeudi, 10 h pétantes,

et en avant les galipettes !

-Hé, hé ! -Y a quelque chose de drôle ?

-Non... -D'accord.

En fait, tu vas plutôt le foutre dehors,

ça va comme ça ?

A plus tard.

-Camille, suis-la. -Quoi ?

-Suis-la, elle va à son rencard du jeudi avec Ajard.

-Il est en taule. -Justement. Suis-la

pour savoir qui elle voit.

Tiens !

-J'ai pas le permis.

-Quoi ? -Je n'ai pas le permis.

-OK, faut que tu me couvres.

-Quoi ? -Donne-moi les clés.

-Je connais même pas les prix.

-T'inquiète, ils les connaissent.

...

-Constance ?

Tu sais pourquoi Christophe et Andrée se voyaient ?

-Ils essayaient de voir comment vendre quelques produits au café.

-Il aurait pu acheter la friche avec Andrée ?

-Oui, c'est pas improbable.

Elle était toujours partante

pour emmerder son frère. Et surtout, l'eau vient de là.

-La source n'est pas sur le terrain de Cranjeon ?

-Si, mais la nappe phréatique est sous la friche.

Du coup, on avait de l'eau

à volonté.

-Pourquoi Christophe m'a menti sur le motif

de leur dispute ?

-Entre le Tour de France

et les touristes, c'est du n'importe quoi.

-Ca va aller ?

-Ca va. Ne m'oubliez pas.

-Non. A tout à l'heure. Je repasse.

-Bonjour, je suis le neveu d'Andrée.

-Bonjour. Elle est là, vous entrez ?

-Non. Ne dites pas que je suis là. Elle a un caractère...

-Ah bon ? Avec nous, elle est gentille.

-C'est juste qu'elle a menacé d'arrêter son traitement,

et je voulais être sûr...

-Elle n'a raté aucune de ses séances de chimio.

-Ca me rassure. Elle vient bien tous les jeudis depuis... ?

-Trois mois.

-Oui, c'est ça.

-Encore 3 séances et on refera

un scan pour contrôler l'état de la tumeur.

-Déjà ? C'est génial, merci beaucoup.

Merci pour ce que vous faites, du fond du coeur.

On est d'accord ? J'étais pas là.

C'est notre petit secret.

-OK, promis. -Merci beaucoup.

Professeur ? C'est Kevin.

Andrée n'avait pas rendez-vous avec Ajard tous les jeudis.

-C'est bon, j'ai reçu l'acte de propriété.

Ajard et Andrée ont bien acheté la friche ensemble.

-Constance pense qu'ils se voyaient pour vendre

des produits au bar. -Andrée a couvert Ajard.

-Le couvrir de quoi ? -Une maîtresse.

Sinon il dirait pas à sa femme qu'il est avec Andrée.

-Christophe voudrait cacher qu'il avait une maîtresse ?

Si Constance l'apprend, il perd tout ce qu'il a construit.

-Cranjeon apprend qu'ils ont acheté la friche, le frère

et la soeur s'engueulent. -Andrée tire sur Jean-Pierre.

Pas question d'aller en taule

à cause de la chimio. -Elle force Ajard

à porter le chapeau ou elle dit tout à Constance.

-Entre la taule et le divorce, je préfère le divorce.

-Avec les remises de peine pour légitime défense,

Ajard risque quoi ? 5 ans.

Entre prendre 5 ans ou perdre mon exploitation et ma famille,

je choisis la taule. -Ca fait beaucoup de si.

Surtout qu'Ajard

joue pas la légitime défense. -Dis, petit !

Je t'ai pas dit de papoter avec les clients,

surtout avec Bellefond !

Messieurs dames. Allez, au boulot.

-Je crois qu'elle vous aime pas trop.

-Allez, va bosser.

-Comment ça se passe, la chimio,

Andrée ?

-Comment vous savez ça ?

-Si on peut faire quelque chose...

-On manque pas d'air, à Lyon. Ca propose son aide

alors qu'on vient pas voir sa mère qui le réclame !

-On va peut-être éviter les attaques personnelles.

-Désolé, Andrée.

On cherche juste à comprendre

pourquoi Christophe disait à sa femme

que vous vous voyiez les jeudis.

-Ca ne vous regarde pas. -Mais si !

Noémie m'a demandé de l'aide pour innocenter son père.

Le soir du meurtre, vous vous êtes absentée

entre 19h30 et 21h, je m'interroge.

-Vous croyez quoi ?

Que j'ai tué mon frère ? -Que vous vous êtes disputés

à cause de la friche.

-Vous avez forcé Ajard à s'accuser,

sinon vous balanciez tout.

-Ca va pas, non ?

Même mort, il continue à me faire chier.

J'ai tué personne.

Pour la simple raison que ce soir-là,

j'étais malade à crever à cause de la chimio.

J'ai dû faire venir un toubib. Maintenant, vous dégagez ?

-Christophe trompait Constance, oui ou non ? C'est important.

-Il m'a demandé de le couvrir, j'ai dit oui.

Un associé, ça se caresse dans le sens du poil.

-Cette femme, c'est qui ?

-Il me l'a pas dit et j'ai pas demandé.

Je sais juste qu'ils se voyaient

dans une chênaie. Il disait : "Je monte à la chênaie."

Maintenant, il faut que vous y alliez,

parce que je vais vomir.

-Ah, pardon. La chimio... -Non.

Vos accusations écoeurantes.

-Alors, d'après le cadastre,

il doit y avoir un vieux bâtiment sur notre droite.

Ca pourrait être la chênaie. -Il n'y a rien d'autre.

Je verrais ça plutôt à gauche.

-T'en penses quoi, de Kevin ? Beau gosse, hein ?

-Je sais pas, j'ai pas fait gaffe. -Genre !

T'as jamais maté son petit boule ?

-Mais ça va pas ? -Ben quoi ?

El Profesor aussi mate le boule de la gendarmette. Normal, quoi.

-Ah non. Moi, je mate aucun boule, Farima.

J'ai un sens aigu de l'observation,

c'est pas pareil. -Bien sûr.

-Tu dis ça parce que... Kevin, il me mate le boule ?

-Ca te plairait que je dise oui ?

Ca serait pas derrière cette forêt ?

...

-Attention où vous mettez les pieds.

-Y a eu du passage, ici.

-Quelqu'un s'en sert pour stocker ? Regardez.

Des traces de pneus assez récentes.

-Pour stocker

des petits trucs. Ca, c'est des traces

de pick-up, mais ça, c'est une voiture de sport.

-En tout cas, ça a l'air abandonné.

Vous avez entendu ? Y a des gens qui crient à l'aide.

-Mais t'es malade ?

N'importe quoi !

-Ce genre de justification ne marche que pour la police !

-Justement.

Si les flics trouvent quelque chose,

y aura pas de vice de procédure, c'est moi qui entre

par effraction.

-Elle a réponse à tout ! -On entre ou...

on se "crame le boule" ?

-Après vous.

-Non, après vous.

-(Oh, ça va.)

...

Camille ? Tu viens, on monte ?

...

Un vrai petit nid d'amour.

-C'est spartiate.

-Venez voir !

-Eh ben,

ça se fait les bras !

-Regardez.

-Voilà notre scène de crime !

-Ah ouais. -On a trouvé un matelas en haut.

-Ne touchez à rien, j'appelle

le commandant Passereau.

-Ils se sont emmerdés à déplacer le corps, pourquoi

ils ont pas mieux caché leurs traces ?

-Justement. Ils ont éloigné les soupçons de La Chênaie.

Ils ont dû se dire que ça suffirait.

-Question pratique : qui va dire à votre soeur

qu'elle est cocue ?

On tire à pile ou face ?

-On dit rien à personne, tant qu'on est

sûrs de rien. Ce qui me chiffonne, c'est que...

si Cranjeon a été tué ici,

et qu'on a tiré à l'intérieur de La Chênaie,

comment a-t-on pu l'entendre au festival ?

Y a 100 hectares de forêt d'ici au village !

-Deux tirs ?

Un ici, un dans la forêt ?

-Si ça s'est passé ici, ça matche pas avec la topographie.

-L'angle de tir

n'est pas bon ?

-L'endroit où on a retrouvé le corps, c'est en pente.

Ajard et Cranjeon font la même taille.

Sauf que Cranjeon était plus haut qu'Ajard

quand il lui a tiré dessus.

-C'est pour ça que le rapport dit

que la trajectoire du tir est

ascendante. -Mais là-bas, c'est plat.

La trajectoire aurait dû

être horizontale.

-La personne qui a tiré

est plus petite que Cranjeon et Christophe.

-C'est possible.

Qu'est-ce qu'elle fout encore ?

-Là, c'est l'heure de vérité.

-Excusez-moi, madame ? -Bonjour.

-Vous vous promenez souvent ici ? -Vous êtes qui ?

-Police.

-Vous êtes avec eux ?

-Voilà, c'est ça. C'est mon équipe. Gendarmerie.

On a rouvert l'enquête sur le meurtre de J.-P. Cranjeon.

Vous en avez entendu parler ?

-J'ai passé mon temps

à leur dire, personne ne m'a cru.

-Je vous crois, je suis là pour ça.

Vous me racontez à nouveau ?

-Vous ne parlez jamais entre vous ?

Eh ben, ce soir-là,

je promenais mon chien,

et j'ai entendu le coup de feu.

C'était pas du tout 20h30,

mais avant 20h.

Je le sais, je rentre toujours pour le journal de 20h.

Ca venait de là, pas de la forêt.

J'ai pas arrêté de leur dire,

mais personne ne m'a crue. -Vous pourriez

raconter ça à ma cheffe ? Vous m'accompagnez ?

-Y a plein d'incohérences.

-Oui.

-Tu as de quoi relancer l'enquête. -Vous aviez rien à foutre ici.

-Audrey...

Enfin, pardon, commandante Passereau.

T'en es où,

des comparatifs ?

C'est la même boue que sous les chaussures de Cranjeon.

-T'avais raison.

La boue de la forêt ne matche pas.

Mais ça n'innocente pas Ajard.

Il nous a juste menti. -Ca change tout !

A commencer par l'heure du crime. Il faut revoir tous les alibis.

Reprends l'enquête

et informe le juge pour qu'il libère Ajard.

-Putain, c'est pas vrai.

J'ai merdé, Antoine.

Je me suis arrêtée

aux apparences. J'ai rien creusé.

Ca collait tellement bien ! -Je sais.

-En attendant, on va lui rendre son mari.

Tu seras pas venu pour rien.

-Merci, Antoine.

Merci de m'avoir fait sortir de prison.

...

-Papa !

-Oh, mon chéri !

Mon chéri, on est tellement heureuses.

(Merci.)

Viens.

*"Let's Go" de Mome Feat. Mr J Medeiros.

*...

-Allez, viens. -Arrête, je lis mes mails.

*...

Arrête. -Hou ! Hou !

*... -Let's go !

*... -OUAIS !

*... -El Profesor, venez !

*...

Elle éteint.

-Oh non ! -Ca a pas l'air de vous réjouir,

ces retrouvailles.

-Christophe est libre,

mais on ignore qui il couvre.

La justice va pas le lâcher comme ça.

-Ca y est, je sais

à qui est La Chênaie. A Vanessa Cranjeon.

Son mari est pas sur l'acte. -Ce serait la maîtresse ?

-Et elle a une voiture de sport. -Ca collerait.

Elle est plus petite que son mari.

Lui, il la kiffe, il la couvre.

-Faut vérifier

ce qu'elle faisait à 20h.

Noémie ?

Noémie ! Attends !

-Qu'est-ce qui se passe ? Noémie ?

-Merci d'avoir été là pour ma famille...

-Salaud ! Menteur ! Comment t'as pu faire ça à maman ?!

Comment ?! -Arrête !

-Ton père est innocent !

-Tu vois pas qu'il te trompe !

Antoine a tout compris.

Tu te tapes la mère de Léo.

-Vanessa ?

-Tu préférais aller en prison

pour elle plutôt qu'être libre avec nous.

Tu me dégoûtes.

-Noémie !

-Ecoute, Constance...

C'est pas...

-Noémie ! Attends !

-Christophe, je suis désolé.

Noémie a dû nous entendre.

Tu dois lui parler.

Christophe ! -Lâche-moi,

je te dis. Lâche-moi !

-Je veux simplement vous aider.

Christophe !

Claquement de portière.

-Antoine.

-Papa ?

-Il faut qu'on parle.

Que veux-tu faire de plus ?

Ressusciter Ladki ? C'est impossible.

-Je veux aider ma soeur. Tu m'as empêché d'aider maman.

-Tu aurais fait quoi ?

Tout plaqué pour voir une femme qui ne t'aurait même pas reconnu ?!

Tu ne l'aurais pas supporté. -Tu me laissais

le choix ? Tu n'y as même pas pensé ?

Maman est morte, persuadée que son fils

n'en avait rien à faire d'elle. -Le passé, c'est le passé.

Je refuse que tu gâches ta vie

à cause de je ne sais quelle culpabilité.

Si tu ne penses pas à toi, à ta famille,

pense au moins à tes étudiants, dans quoi tu les as embarqués !

-Laisse-les en dehors de tout ça.

-Que je les laisse en dehors de tout ça ?

Si Kevin Monnier ne m'avait pas tenu au courant,

jusqu'où auriez-vous mené

cette enquête illégale ?

-Tu me fais espionner... -(T'as pas fait ça ?)

-(T'es vraiment une sale poucave !)

-(J'avais pas le choix.)

(Je voulais revoir mes soeurs, il m'a coincé.)

-Papa, je suis désolé si mes actions te font de l'ombre,

mais je compte bien terminer. Je laisserai pas ma famille

s'autodétruire.

Quant à Farima, Kevin et Camille,

ils sont libres.

-(Toi, t'es blindée de tune. Un coup de fil du père Bellefond

(et jamais j'aurai la garde de mes soeurs.)

-(Ta solution, c'est de balancer ?)

-(Elle a raison.)

(C'est important, ce qu'on fait là.)

(On parle de justice, d'innocent en prison.)

(Je comprends que ta priorité ce soient tes soeurs,)

(mais putain, Kevin !)

-Professeur... -C'est pas le moment.

...

-Du coup, on aura notre validation ou pas ?

Parce que c'est pas bien clair, là.

-Ca va, professeur ?

-On ne peut mieux, oui.

Bon,

prêts à affronter la mère Cranjeon ?

-Mme Cranjeon !

Où êtes-vous ?

Mme Cranjeon !

-Elle est là. Elle est là !

-Où ?

-Mme Cranjeon !

Oh, merde.

-Elle respire ?

-Madame Cranjeon ?

-Elle va avoir du mal à répondre.

-J'appelle les secours.

-Madame Cranjeon, vous m'entendez ?

Les secours sont en route. Ca va aller.

Qui vous a fait ça ?

-Ajard.

-Ajard ?

-Personne n'a revu Ajard depuis tout à l'heure.

-Qu'est-ce qu'il fait là ?

-Constance, ma ch... -Ne me parle pas.

Tu m'expliques ?

-Vanessa Cranjeon a été agressée, et ton mari est introuvable.

-Non, c'est un cauchemar.

-On a des nouvelles

de Vanessa Cranjeon ?

-Elle s'est réveillée. Y a rien de grave.

-Les esclaves ont vu Ajard partir vénère,

il s'est défoulé sur une brouette qui roulera plus jamais.

-Merde. -Il est

sur répondeur. -Pourquoi Ajard aurait

agressé sa maîtresse ?

-Peut-être

qu'il n'a plus eu envie de la couvrir.

-Il faut appeler la police.

Que va encore faire ton mari, si c'est lui ?

-Il a raison sur ce coup-là.

Je vais le faire moi-même.

Allô, Audrey ?

Christophe a disparu.

Sirène.

...

*-Dès que nous arrivons,

*nous commençons les recherches. A vous.

*-Bien reçu, Charlie. Terminé.

-Allez, on se déploie. -Allez, lieutenant.

-Go, go, go !

-On l'a trouvé comme ça, déjà inconscient. Ca va aller ?

-Ne vous inquiétez pas, madame, ça va aller.

-Alors ? -Ca va aller.

Juste 2-3 côtes fêlées.

-Qui a pu lui faire ça ?

Ca s'arrêtera jamais.

-Un règlement de comptes, sans doute.

Son retour a pas été apprécié. On l'a retrouvé comment ?

-J'ai reçu un appel anonyme. C'est un téléphone prépayé.

Espérons que Christophe en saura plus.

Y a déjà 2 gros malins qui se vantaient

de vouloir venger Cranjeon. -Mais enfin...

-Je peux voir mon mari ? -Plus tard.

C'est ce que disent les médecins.

Mais vous allez venir à la gendarmerie.

-Qu'est-ce qui te prend ?

-Vous avez agressé Vanessa Cranjeon.

-Constance ?

-J'étais tellement en colère.

Je voulais... juste lui parler.

Le ton est monté et...

J'ai pas supporté qu'elle se foute de ma gueule.

-Oui,

et vous l'avez poussée.

-Je voulais pas faire ça.

C'est un accident. -Elle porte plainte.

Veuillez me suivre, Mme Ajard.

Je t'avais dit de ne pas t'en mêler.

-Attends. Vanessa Cranjeon... -Ca suffit.

Même si c'est sa maîtresse

et que La Chênaie est à elle, ça prouve rien !

-Les traces de pneus pourraient correspondre à sa voiture.

-Arrête ! On a déjà deux blessés, ça te suffit pas ?

Si j'en réfère

à une personne, un coup de fil et c'est fini pour toi.

Procédure disciplinaire devant le Conseil de la magistrature

et t'es mort !

Laisse-moi faire mon boulot, s'il te plaît.

Je te tiens au courant.

...

-On est vraiment désolées pour votre père.

-Qu'est-ce que tu fais là, toi ?

-Professeur.

Ecoutez, je...

J'ai appris ce qui s'est passé.

Pour Ajard.

Et pour votre soeur.

Je suis vraiment désolé,

je voulais pas vous trahir. Mais je dois penser à mes soeurs.

Et j'avais des doutes sur ce qu'on faisait ici,

alors j'ai paniqué.

Et il faut dire que...

-Mon père sait être convaincant,

n'est-ce pas ? -Oui.

-C'est bien d'avoir des doutes.

Ce sont les certitudes qui font les mauvais juges.

Sachez que si mon père

tente quoi que ce soit contre vous,

je vous promets qu'il aura

affaire à moi.

-On fait quoi, à part se faire des promesses ?

Comment on prouve que c'est sa femme

qui a tué Cranjeon ? -Camille ?

Tu as remonté le numéro que je t'ai envoyé ?

-C'est un téléphone prépayé, impossible à identifier,

mais j'ai pu le borner, il a été actif aujourd'hui à 16h.

Le reste du temps, il est éteint.

-Ca colle avec l'appel anonyme. -Il a été

géolocalisé au bar d'Andrée. -Quoi ?

C'est Léo Cranjeon.

Il passe tous ses après-midis

au bar. Et je l'ai vu téléphoner vers ces eaux-là.

-Le fils Cranjeon casse la gueule au meurtrier de son père.

Ouais, logique.

-Et après, il appelle les flics ? -Il aura eu des remords.

En tout cas, il faut vérifier.

-OK.

-Audrey a été sympa, elle m'a laissée repartir.

Je serai jugée plus tard si Vanessa maintient sa plainte.

Je suis désolée.

Je regrette ce que j'ai fait.

-La colère nous fait parfois faire

des choses regrettables.

Comme ne pas dire à son frère que leur mère veut lui parler

avant de mourir.

-Si tu savais comme je m'en veux.

J'étais tellement en colère contre...

Contre papa, contre toi.

Contre maman aussi.

J'ai tout lâché pour elle.

Je me suis occupée d'elle

sans jamais me plaindre et à la fin,

tout ce qu'elle voulait, c'était te voir, toi.

Elle ne parlait que de toi.

-Tu n'aurais jamais fait ça

si j'étais resté avec toi auprès de maman.

Et papa n'aurait jamais dû nous séparer.

-Je te remercie. Je vais bien.

Je te rappelle.

Vous venez terminer ce que votre soeur a commencé ?

-Je viens vous présenter mes excuses. C'est de ma faute.

Ma soeur m'a entendu dire que vous étiez la maîtresse

de son mari. -Mais jamais !

Il n'a fait que me pourrir la vie !

-Des traces de pneus identiques aux vôtres ont été trouvées

devant votre Chênaie où était caché

un matelas. -Ca peut être n'importe qui.

-Beaucoup de gens dans le coin

roulent en voiture de sport ? -Foutez-moi la paix.

...

-Antoine ?

T'as passé la nuit ici ?

-Tu vas où ?

-L'hôpital a appelé. Christophe peut sortir.

-Ah, tant mieux !

Tout sera bientôt terminé.

Allô, Audrey ? *-T'as gagné, Antoine.

On va te coller une procédure pour obstruction.

*-Aucun problème.

Même les menottes, si tu veux ! Mais d'abord,

*réponds-moi. Tu as les résultats des analyses ?

-Tu lâches jamais rien. T'es vraiment prof ?

*On dirait un avocat. -C'est un compliment ?

-T'avais raison. La scène de crime, c'est La Chênaie.

*-Donc, impossible

que la veuve Cranjeon ait tiré : trop petite.

Et Ajard non plus : trop grand.

-Donc Ajard protège le coupable : sa maîtresse.

On a trouvé un ADN sur le matelas, on saura vite qui c'est.

*-On n'a pas besoin de l'ADN.

Viens dès que possible.

Et n'oublie pas les menottes.

-On n'interrompt rien ?

-Ca va, arrête.

T'es lourde. -On vous dérange ?

-Quand je suis allé chez Vanessa Cranjeon,

j'ai senti qu'elle cachait quelque chose.

Elle a eu une réaction bizarre à propos de sa voiture.

J'ai passé la nuit à visionner une à une

toutes les vidéos de la soirée. Venez voir.

*Air de jazz.

*...

-C'est Léo Cranjeon qui a tiré

sur son père

à La Chênaie.

-C'est lui que tu as couvert.

-Léo ? Pourquoi il aurait fait ça ?

-Mais parle, putain !

-On a trouvé vos ADN sur le matelas.

-Vous étiez amants.

-Amants, c'est ça.

On s'aime.

-C'est une blague ?

C'est pas possible !

-Comment tu as...

Comment tu as pu ?

-Ecoute, Constance, tu sais très bien

que c'était pas la même chose

à l'époque.

C'était pas comme aujourd'hui.

Je sais pas comment ça s'est passé,

j'ai dû refouler...

C'est comme s'il fallait cacher ce que j'étais.

Et puis plus tard...

je t'ai rencontrée.

J'ai eu de la chance, Constance.

On s'est aimés.

On a eu notre fille d'amour.

J'ai rencontré Léo l'an dernier.

C'est lui qui est venu vers moi.

Et puis là, tout est remonté, comme si...

ça explosait, en fait.

Un coup de foudre.

-Que s'est-il passé, ce soir-là ?

-On avait rendez-vous

à La Chênaie, avec Léo.

Il avait fait son coming out auprès de son père.

-C'est ici que tu vois ce salopard ?

Il est où, cet enfoiré ?! -Regarde bien au fond, là.

-Il est où ? -Nulle part.

-Je vais pas le laisser profiter de toi !

-Casse-toi ! -Je vais le buter !

L'enfoiré ! -Lâche ça !

Tir.

-Léo ?

Qu'est-ce qui s'est passé ?

-Il a voulu... Il a voulu... te tuer.

Léo bafouille.

Faut appeler quelqu'un... -Assieds-toi.

Assieds-toi.

-Appelle quelqu'un.

Quoi ? Quoi ?

-Il est mort.

-Vous avez déplacé le corps

pour éloigner les soupçons de vous deux.

-Il a tout son avenir devant lui.

Il est trop jeune pour aller en prison.

Déclic. Léo !!

Non !! Non !!

Détonation. -C'est ce 2e coup de feu

que tout le monde a entendu.

-Mon amour, regarde-moi, écoute...

Tu n'y es pour rien.

C'était un accident, d'accord ?

C'est moi qui l'ai tué.

-Je t'aime.

...

-M. Ajard ?

Où est Léo ?

-J'en sais rien.

-Le rocher.

Quand il va mal, c'est là qu'il va.

Sirène.

...

-C'est par là !

Par là ! -Restez là. Ne bougez pas.

-S'il vous plaît.

-Putain, pour une fois qu'il y avait de l'action !

-J'espère qu'il va pas sauter.

-Léo !

-Cassez-vous !

-Léo, Christophe nous a tout raconté !

Eloigne-toi du bord, on va parler.

-J'ai pas envie de te parler. Ni de parler à personne.

-Même pas à Christophe ?

-Léo !

Viens.

-Christophe.

Je suis désolé.

Je voulais pas te frapper.

C'est Sami et Florent.

Ils disaient qu'il fallait venger mon père.

J'ai pas eu le choix. -Je sais.

Regarde, j'ai rien.

T'étais coincé, ils auraient compris pour nous deux. Viens.

-J'ai tout cassé. Ta vie,

ma vie,

celle de maman,

celle de ta fille.

Et tout ça pour finir en taule ?

-Non ! Arrête ! Tu y es pour rien.

C'était un accident.

-Non, je voulais qu'il crève.

Il m'aurait jamais compris.

Il voulait te tuer.

Il voulait te tuer, et en te tuant,

il voulait me supprimer.

Il n'aurait jamais accepté pour nous deux.

-S'il te plaît, descends.

Ca va aller.

-Je suis même pas innocent ! -Léo !

Moi, je vais te défendre.

On va plaider la légitime défense.

On va prouver que tu protégeais Christophe.

C'est pas ton père que tu as tué,

c'est Christophe que tu as sauvé.

Tout ce que tu voulais,

c'était pouvoir dire qui tu étais,

vivre ta vie et aimer qui tu voulais.

Si tu te tues maintenant, ton père sera mort pour rien.

Tu te sens coupable, alors imagine

ce que Christophe ressentira si l'homme qu'il aime se tue,

après l'avoir défendu.

Ce fardeau que tu portes,

tu veux qu'il le porte aussi ?

Léo, fais-moi confiance.

Cette bataille, on va la gagner !

On va la gagner ensemble.

-Allez, viens.

Viens, viens.

Ca va.

Y a rien.

-T'as assuré, là, hein !

-J'ai dit la vérité, son cas est défendable.

-T'es procureur. Comment tu vas défendre un coupable ?

-En devenant avocat.

-Quoi ?

Tu vas passer du côté obscur de la Force, toi ?

-Si c'est pour aider ceux qui en ont besoin

à avoir un procès équitable, alors oui.

-Tu veux vraiment devenir avocat ?

Ton père va péter un câble !

-Je l'espère bien.

J'ai hâte de plaider devant lui.

Départ de voitures, sirène.

...

-Un petit assortiment pour vous souvenir de nous.

Alors, y a...

-Tu reviens nous voir vite ?

-Si vous me pardonnez d'avoir tant bousculé votre vie.

-Arrête, c'est à cause des mensonges de papa.

-Tu l'abandonnes pas.

Ta mère a bien de la chance de t'avoir.

J'aurais tellement aimé te voir grandir.

-Merci pour tout.

-Ca va aller ? -Oui.

Vraiment.

Merci.

Et bon retour. -Merci.

-Et rentrez bien.

Sois prudent.

-Promis.

-Comment te remercier, Constance ?

Je suis si heureux d'avoir retrouvé ma soeur.

-On sait tous qui t'a éloigné de nous.

Il faudra que tu m'expliques pourquoi tu l'admires.

-Si je comprenais moi-même !

En tout cas,

maintenant, tu peux vraiment compter sur moi.

-Toi aussi.

-Bon, les jeunes, on se revoit pour votre validation.

-OK, ça roule ! -OK, pas de problème !

-Avec plaisir.

-Euh, je... Hum !

Je me disais que...

on... on pourrait se...

se faire un...

un resto, ce soir ?

-Je crois que je peux pas, ce soir.

-Ben justement.

Ouverture de porte.

-Alors ?

Comment ça s'est passé ?

-Vous pouvez m'appeler "maître" !

-BRAVO !

-Peut-être qu'on sera

collègues ! -Pas tout de suite.

-Pour moi, vous serez toujours El Profesor.

-Pour fêter ça,

je vous invite ce soir au restaurant.

Vous n'avez rien de mieux à faire ? -Non.

-Non.

-Alors, on y va. Ben, Kevin !

Il en fait, une tête !

-Super.

-Tu viens ?

-Hein ? Oui. Oui, je suis là.

-Ca va ? -Ouais.

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