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Au secours !
- T'as lâché trop vite. - J'ai trébuché.
T'as reculé.
Faut jamais reculer.
J'atteindrai jamais ton niveau.
Ça fait que deux semaines.
Pour le père Jean, ils avaient une âme.
Il te manque, le père Jean.
Oui, mais je me sens bien ici.
Notre place est là où sont ceux qu'on aime.
C'est ce que disaient les enfants, à l'école abandonnée.
Tu devrais aussi rentrer.
Losang veut te parler.
D'accord.
Nous avons reçu un message préoccupant de Paris.
Notre campement a été attaqué par le Pouvoir
et trois des nôtres ont été capturés.
Martin Fournier, Fallou Boukar
et Émile Thibaut.
Tu les connais, sœur Sylvie ?
Émile est mon ami.
Fallou nous a aidés à quitter Paris.
Genet va les forcer à lui dire notre localisation.
Savent-ils où nous sommes ?
Je ne crois pas.
Mais rien n'est moins sûr.
Mathis, des nouvelles de tes éclaireurs ?
Ça ne devrait plus tarder.
On va attendre sans rien faire ?
On doit les sauver !
Nous le ferons.
Patience.
La patience, ça marchera pas.
S'ils ne parlent pas, Genet les tuera.
Nous mettrons tout en œuvre sans prendre de risques.
Daryl, un instant.
Vous estimez qu'il faudrait agir sans délai.
Genet est impitoyable. Attendre, c'est la mort assurée.
Si j'agis sans réfléchir, tout le monde mourra.
Je dois être prudent dans l'intérêt de tous
et résister à l'envie de passer à l'offensive.
Parfois, faut frapper le premier.
Je préfère frapper le dernier.
C'est un tanka.
Un support bouddhiste pour la transmission
et l'enseignement.
Il faut des années pour arriver à un résultat acceptable.
Je débute.
Combien de temps comptez-vous rester ?
Je sais pas.
Quand passera le prochain bateau ?
Difficile à dire. Pas avant un moment.
J'attendrai, alors.
À la bonne heure.
Mais j'ai quelque chose à vous demander.
Vous entraînez Laurent.
Pour qu'il sache se défendre.
C'est devenu une distraction. Il a plus important à faire.
Que de rester en vie ?
Oui, en réalité.
Comme entretenir l'empathie.
J'ai peur des effets de la violence répétée.
Sans vouloir vous vexer.
Pas de souci.
Tout le monde ici a sa place,
dès lors qu'il désire la chercher.
Je vous souhaite aussi de la trouver.
Il veut que j'arrête d'entraîner Laurent.
Je suis trop violent, d'après lui.
Tu fais ce qui doit être fait,
même quand il n'y a pas d'autre volontaire.
Surtout à ce moment-là, d'ailleurs.
Puisqu'on est là maintenant, Losang veut peut-être dire
qu'il attend autre chose de toi.
Je sais pas si cet endroit est fait pour moi.
Tu ne te vois pas heureux ici ?
Toi, si ?
Oui, j'en ai l'impression.
Je continue de penser à ceux que j'ai quittés.
Je me demande s'ils m'ont oublié.
Salut.
Je viens en paix.
C'est la moto d'un pote. Vous pourriez m'aider à la réparer ?
Vous êtes la copine de Mick ?
Je m'y connais pas trop en bécanes.
Et celui qui s'en servait avant Mick ?
Il est là ? Il saura peut-être.
Les gars ?
Vous savez à qui était la moto, à la base ?
Ouais.
Au type qui s'est embrouillé avec Juno.
Exact.
C'était quoi, son blase ?
Dixon.
Un vrai connard.
Grady, apporte-moi le pneu.
Connard ou pas, il peut réparer la transmission ?
J'en sais foutre rien.
Vous savez où le trouver ? On a besoin de la réviser.
Y a plein de gens de passage. Ils bossent et ils décampent.
Vous devriez en faire autant.
C'était un merdeux, de toute façon.
Bougez pas.
Doucement, pas de geste brusque.
Tu vas tirer, pétasse ?
Attends, fais voir.
- La vache ! - C'est bon.
T'es malade ?
Bonne pour l'asile.
Où il est ?
- Où est mon ami ? - On sait pas.
C'est juré, bon sang !
Pas de problème, il m'en reste cinq.
Poufiasse !
Elle m'a pété le nez !
Où il est ?
Il est parti avec notre frangin.
Ils ont été embarqués sur un bateau.
Un bateau ?
- Qui allait où ? - En France.
Me chauffe pas.
C'est pas un bobard.
Il s'est offert un billet pour l'Europe.
Avec qui ? À qui appartient le bateau ?
Des Français ont débarqué.
Ils cherchaient des rôdeurs américains.
On en a chopé, ils nous ont payés. Point final.
Ils vont revenir ?
Écoute,
c'est le seul bateau qu'on a vu depuis des lustres.
Le cimetière des bateaux est pas loin au nord.
Va vérifier.
C'est ballot pour ton pneu.
C'est ta caisse ?
Me suivez pas.
Plus haut sur la route, il y a une Dodge.
Votre pote Mick est dans le coffre.
Il lui reste assez d'air pour tenir une heure.
Plus ou moins.
Ça va ?
Inspirez pour accueillir la compassion
et le pardon,
expirez pour chasser
la peur et la souffrance.
Commencez par vous recentrer.
Merde.
Inspirez profondément...
et expirez.
Votre souffle vous ancre dans l'instant présent
et vous aide à vous sentir bien.
Balayez les pensées négatives
en dirigeant votre attention sur votre souffle...
En expirant...
À l'aide !
À l'aide !
Taisez-vous. Vous allez les attirer.
Le périmètre est ultra sécurisé.
Pourquoi vous fouinez sur ma propriété ?
Écoutez,
je veux pas d'ennuis.
J'ai embouti ma voiture.
Vous auriez une trousse de secours ?
Je vois pas d'urgence.
Je sais que rien ne vous oblige à m'aider,
mais...
vous allez l'air très gentil.
J'ose espérer, qu'en dépit de tout,
il existe encore des gens bien.
Vous êtes seule ?
Juré ?
Soignez-vous
et partez.
Au moindre faux pas, je vous tue.
C'est quoi, votre prénom ?
Ash.
Moi, c'est Carol.
Un souci ?
C'est le générateur.
Ça arrive de temps à autre.
Vous avez déjà percuté un rôdeur en voiture ?
Tant mieux pour vous.
J'ai dû endommager le radiateur.
Vous n'avez qu'à dormir ici.
Inutile d'y aller maintenant.
Venez.
Installez-vous dans la grange.
Sophia !
Sophia !
Ma puce...
Ça va ?
Oui.
Y a de quoi dormir.
Vous êtes pilote ?
Le bruit les attire, mais c'est pas grave.
C'est agréable de prendre un peu de hauteur chaque jour.
Bref.
C'est là.
Merci.
Vous pourriez jeter un œil à ma voiture ?
Elle est où ?
À un peu moins d'un kilomètre, au niveau du drive-in.
C'est jouable cet après-midi.
Pendant mon tour en avion, je chercherai des épaves
pour récupérer des pièces détachées.
J'espère que je ne vous retiens pas.
Comment ça ?
J'imagine que vous avez mieux à faire
que de survoler la zone à la recherche de pièces détachées.
Je ne m'aventure jamais loin.
Vous pourriez aller où bon vous semble.
Je suis bien ici.
Bon sang !
C'est pas vrai.
Merde.
Merde, merde, merde.
Merde.
Merde.
Qu'est-ce que vous avez fait ?
Laissez-moi vous aider.
Je vais m'en occuper.
S'il vous plaît, j'insiste.
Vous imaginiez quoi ?
Vous aviez pas le droit de venir ici !
Je regrette. La tombe est intacte.
Intacte ?
Vous vous foutez de moi ?
Laissez-moi tout mettre en ordre.
Entendu.
Et après, dégagez.
Il ne reste plus aucun corps dans le périmètre.
Je voulais en savoir plus sur vous.
Ça n'excuse rien.
Je pensais
qu'en apprenant à se connaître, on aurait pu devenir amis.
Parce que...
ça me manque.
D'avoir un ami.
Moi, ça me manque pas.
Je finis de nettoyer et je m'en vais.
Il s'appelait Avi.
Avi Patel.
A.P.
Mon garçon.
Il est mort à 7 ans.
Le 19 avril,
à 8 h 23.
L'heure à laquelle vous venez ici.
Je suis avec lui tous les matins.
Je m'assois...
et je lui demande pardon.
D'avoir fait quoi ?
De l'avoir laissé s'éloigner,
d'avoir été incapable de le sauver,
de ne pas avoir su le protéger
comme tout parent est censé le faire.
À sa mort...
je lui ai arrangé cet endroit.
Pour qu'il soit à l'abri.
Sa mère est partie quand il était bébé.
Il dépendait de moi.
Avi adorait les avions.
Un mois après sa mort, je suis tombé
sur ce bimoteur qui s'était écrasé dans un champ.
J'y ai vu un signe.
J'ai transporté chaque pièce, une à une,
j'ai déniché un manuel et j'ai réussi à le remonter.
Vous ne voulez pas le quitter.
C'est pour ça que vous restez dans le coin.
C'est pas tant d'aller ailleurs,
mais de voler assez haut pour qu'en regardant en bas,
je puisse presque me convaincre que le monde...
n'a pas changé.
Ou presque.
J'ai bientôt terminé.
Si ça vous embête pas, je partirai demain matin.
J'ai préparé à dîner, si ça vous dit.
Volontiers.
Entrez.
Allergique ?
C'est le symbole de l'espoir.
Oui, je sais.
Ces fleurs ont poussé là où tombaient les larmes des mères.
Je crois que celle-ci
a poussé pour ta petite fille.
Vous comptez aller où ?
On vous attend quelque part ?
Pardon, ça me regarde pas.
C'est rien.
J'avais un mari.
Il s'appelait Ed.
Ça a été compliqué entre nous dès le départ.
Puis, Sophia est née.
C'est marrant, la vie.
Un malheur peut se transformer en bonheur.
Où est-elle, aujourd'hui ?
Juste avant que le monde parte en vrille,
Ed avait emmené Sophia voir sa tante en Europe.
J'étais jamais allée à l'étranger. J'avais même pas de passeport.
Mais Sophia, âgée à peine de 12 ans,
est partie découvrir la France avec son père.
Et puis...
quand tout a basculé,
j'ai tenté de la joindre.
Un bon paquet de fois.
J'ai jamais eu de nouvelles.
Vous cherchez pas un mécano,
mais un pilote pour vous emmener auprès de votre fille.
Vous m'avez menti.
Si Avi était vivant,
vous feriez n'importe quoi pour le trouver.
Mais il est mort.
Il paraît que Mathis a du nouveau ?
Genet va les transférer ailleurs dans quelques jours.
Le groupe de Mathis va les intercepter.
J'irai avec eux.
Je comprends votre démarche, mais nous sommes pacifistes.
Nous sommes contre la violence.
Moi aussi.
Quand c'est possible.
Ceci est un jo.
On s'en sert pour s'entraîner au aïkido.
Ce n'est pas une arme,
mais un moyen de défense si on m'attaque.
Et s'il faut riposter ?
On le fera en temps voulu.
Ramenez-les en vie.
Ça marche.
Vous voulez essayer ?
Je suis pas fan du cure-dent.
Je ferais tout pour retrouver Avi. Comme tout parent.
Mais c'est pas la question.
Est-ce que vous, vous iriez le chercher ?
Vous lâcheriez tout, alors que vous le connaissez pas ?
S'il restait un espoir qu'il soit en vie,
je le ferais.
Ça implique de traverser l'océan en avion,
sans moyen de communication, ni bulletin météo.
Sans savoir ce qui nous attend.
C'est ma seule option.
Je pouvais pas ne rien faire.
Pourquoi maintenant ?
Qu'est-ce qui a changé ?
J'en ai eu assez d'attendre.
Je me sentais coincée.
Il fallait que j'agisse, que je tente le coup.
Grimpez.
On a du pain sur la planche.
Le mieux, c'est par le nord en longeant les côtes,
avec un éventuel arrêt au Groenland.
Histoire de pas traîner en haute mer.
On pourra y refaire le plein d'éthanol.
Où on va en trouver pour un si long voyage ?
Vous en avez fait ?
J'ai beaucoup de temps libre.
Vous savez par où commencer ?
J'ai l'adresse de la tante d'Ed chez qui ils séjournaient.
J'irai d'abord là-bas.
Imaginez qu'elle y soit toujours.
Ce serait incroyable.
Je dois garder en tête la possibilité qu'elle n'y soit plus
et qu'elle n'est peut-être plus de ce monde.
Oui, mais elle pourrait l'être.
Je suis content que vous ayez cet espoir.
J'ai bidouillé la durite de carburant.
Vous êtes sûr de vous ?
Carrément.
Ça évitera de s'arrêter pour faire le plein.
Non, je parlais de l'expédition.
D'abandonner cet endroit,
de quitter Avi.
Quand il est mort, je suis resté cloîtré.
Et quand je suis sorti,
j'ai trouvé cet avion.
Ça m'a sauvé.
Si on n'agit pas,
on meurt.
Le convoi arrive.
Ça explosera au premier camion, au niveau des pneus avant.
Elodie et Winston vont les retenir, le temps qu'on ouvre le fourgon
pour libérer les nôtres.
On intervient
et on rentre
tous ensemble.
Pigé ?
Pigé.
On devrait avancer la cérémonie.
Il reste encore à faire.
Jamais ils ne nous rallieront.
Surtout pas l'Américain.
Nous avons le temps.
Le garçon n'est pas prêt.
Lui...
ou toi ?
Aucun de nous ne l'est.
L'orage se rapproche vite.
On va charger l'avion et rentrer.
Très bien.
Vous savez,
je me demande souvent, si Avi avait vécu,
s'il serait obsédé par les avions
ou bien
s'il se serait trouvé une autre passion.
Et Sophia ?
À votre avis, elle s'intéresse à quoi ?
Je ne sais pas. Je me le demande.
Vous la reconnaîtriez ?
Je n'en sais rien du tout.
Bientôt, vous serez fixée.
Merde ! L'éthanol !
L'avion va flamber. Faut décoller.
Et si on le déplaçait ?
Non, faut partir.
Tout de suite !
Venez !
Merde... Ça n'a pas explosé.
On annule tout !
Où tu vas ? Dixon !
Amenez-vous !
Alerte !
Poussez !
Tu vas y arriver.
Je suis jamais montée dans un coucou.
Il faut évacuer la piste.
Pas le temps.
La barre de remorquage.
Merci.
Merci.
On rentre.
J'aurais dû m'en douter.
Les anges envoient toujours leur pire démon
pour faire le sale boulot.
Et vous voilà.
Dixon, magne-toi !
Carol !
Vite, vite.
Recentrez-vous sur vous-même.
Inspirez profondément
et expirez.
Il n'y a rien à craindre dans les airs.
Regardez.
Adaptation : Nathalie Turac
Sous-titrage : Iyuno
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