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Original subtitles

Descendons jouer.

Je ferai attention à toi.

Je sais pas nager.

On jouera au bord, l'eau n'est pas profonde !

Je ferai attention à toi.

Viens avec moi.

Je te laisse là ?

J'y vais.

Me voilà !

Me voilà !

- Je suis là. - Te voilà, Xingxing.

Lave-toi les mains et à table.

Avec du savon.

Lave-les bien.

Servez-vous.

Tu veux des œufs ? J'en ai fait cinq.

- Tu en veux ? - Non, je bois un verre d'abord.

- Ça s'est bien passé, à l'école ? - Très bien.

Cacahouètes ?

Je t'en donne trois.

Xingxing !

Xingxing !

Emmenons-le aux urgences !

Haohao !

SILENCE

Où est le môme ?

En haut.

Je lui ai déjà dit de descendre.

Il joue à son jeu vidéo.

Va le chercher.

À table.

Mange.

Allons à son école demain.

Si ça continue, il faudra encore le changer d'école.

Ce gamin est plutôt renfermé.

C'est un solitaire.

Nous vous avons fait venir

pour trouver un moyen de régler le problème.

J'ai du mal à y croire.

Professeur, j'aimerais que vous enquêtiez un peu plus.

Si vous voulez, mais vous risquez d'aggraver l'affaire,

ce qui serait pire pour Xingxing.

Suivez mon conseil.

Ramenez-le chez vous et ayez une conversation avec lui

pour le convaincre de restituer l'objet.

Que ça reste entre copains d'école.

Réprimandez-le et faites-lui la leçon,

pour qu'il ne commette plus ce genre de faute, et ça suffira.

Yaojun…

Explique-toi.

Ils me harcèlent, je me venge.

Qui t'a harcelé ?

Eux.

Ils te harcèlent, alors tu voles.

Tu trouves ça malin ?

J'ai pas volé.

C'est pas moi.

Alors c'est quoi, ça ?

Je déteste cet endroit. Je les déteste.

Je vous déteste.

Xingxing !

Tu veux jouer au grand ?

Parfait. On va résoudre ça entre hommes.

Rassure-toi, je ne te frapperai pas.

Je te donne le choix.

Soit…

tu rends ce que tu as volé et tu présentes tes excuses.

Soit…

on t'emmène au commissariat.

D'accord, alors emmenez-moi au commissariat.

Très bien. Comme tu veux.

Présente d'abord tes excuses à ta mère.

Lâche-moi d'abord.

Yaojun, lâche-le.

Yaojun !

Xingxing…

Pardon.

Je vous ai déçus.

Pourquoi tu as fait ça ?

Où ce gamin

a-t-il pu aller se cacher ?

Fais comme s'il était mort.

Comment peux-tu dire une chose pareille…

après l'avoir élevé toutes ces années ?

Que veux-tu que je dise ?

On l'a nourri, on l'a vêtu…

Tu l'as trop gâté. Qu'est-ce que tu crois ?

Qu'il prendra soin de toi plus tard ? C'est un sale petit ingrat !

Il ressemble à Xingxing, mais ce n'est pas lui.

Notre Xingxing est mort.

Parti.

Xingxing et Haohao fêtent leur anniversaire !

Des bonbons "Lapin blanc" de Shanghai

pour votre anniversaire.

La boîte reviendra au gagnant de pierre-feuille-ciseaux.

Ciseaux coupent papier !

Bon anniversaire à tous les deux !

Passons au gâteau.

Vous attendiez le gâteau d'anniversaire ?

Le voilà, le gâteau !

Avec des roses !

- Et la bougie ? - La voilà.

J'allume la bougie !

Soufflez ensemble !

Prêts…

partez !

Joyeux anniversaire !

Nos garçons sont nés le même jour de la même année.

Si ça avait été un garçon et une fille, on les aurait mariés.

C'est dommage.

C'est bien comme ça. Ils sont comme des frères.

Comme nous deux.

Les fils des amis sont des frères.

Le Ciel a fait ça bien.

Que nos enfants soient frères pour la vie.

Yaojun, j'y vais.

Je finis ma pièce.

- Liyun, ça va ? - C'est rien.

Remplace-moi une minute.

Allonge-toi.

Mets-toi bien sous la couette.

Essaye d'éviter Haiyan.

Je ne pourrai pas le lui cacher bien longtemps.

Et après ?

On trouvera bien une idée.

Il y a des solutions.

Quel genre de solution ?

Ça va vite se voir.

Aujourd'hui, j'ai failli m'évanouir à l'atelier.

C'est à ce point-là ?

Alors…

on prend un congé maladie,

et on se cache au village chez ma tante.

L'amende, on la paiera !

J'ai une idée pour le surnom de notre deuxième : "Amende".

Il n'y a pas de quoi plaisanter.

En plus de l'amende,

on perdra nos postes.

Tu n'as pas entendu Haiyan ?

Le contrôle des naissances est pire à la campagne.

Voilà Liu.

Viens boire un thé avec nous.

Tu as bossé dur.

Assieds-toi.

Dis voir, ton fils est revenu ?

C'est quoi, comme thé ?

Pourquoi tu lui parles de ça ?

Tous les gosses de cet âge-là sont un problème.

Surtout les garçons.

Garçons ou filles, les enfants uniques sont des trésors.

Changeons de sujet.

- Verse-lui du thé. - Parlons d'autre chose.

Voilà madame Liu.

Venez boire un thé !

- Venez boire un thé. - Non merci, sans façon.

Viens manger, Yaojun.

Une autre fois.

À plus tard.

À bientôt.

Tu aurais quand même pu éviter de gaffer.

Ils sont bizarres, ces deux-là.

Tout le monde va à Canton pour gagner du fric,

mais eux, ils sont venus dans ce trou perdu.

Il paraît que le gosse n'est pas leur fils.

C'est vrai ? Tout s'explique.

Je vais retourner au commissariat.

Tu perds ton temps.

S'il y a du nouveau, ils nous préviendront.

Si on ne les pousse pas, ils ne feront rien.

L'orphelinat a appelé.

Il peut obtenir ses papiers d'identité

s'il est enregistré chez nous.

J'ai parlé à ma sœur,

elle peut s'en occuper.

Peu importe,

du moment qu'il revient.

J'entends pas !

Qui ?

Demain, j'irai en ville pour des fournitures.

Je passerai au journal mettre un avis de recherche.

Je te rapporte quelque chose ?

Je n'ai besoin de rien.

ÉDITIONS QUOTIDIEN DU FUJIAN

Tu as vieilli.

Tu es ici pour affaires ?

Je ne voulais pas faire le voyage,

mais je me suis souvenue que vous viviez ici.

J'ai voulu vous revoir avant de partir à l'étranger.

Comment tu as su qu'on vivait ici ?

Vous pensiez pouvoir disparaître ?

On a toujours su où vous étiez.

Vous êtes d'abord allés à Hainan,

et peu après, vous êtes venus ici.

On se demandait où vous iriez après,

on a été surpris que vous restiez ici.

On n'a plus nulle part où aller.

Ici, on est bien.

On ne connaît personne,

on n'a pas le même mode de vie,

on ne comprend pas le dialecte.

C'est comme être à l'étranger.

Presque.

Liyun va bien ?

Très bien.

Comme elle dit :

"Le temps s'est arrêté.

"Il ne nous reste plus qu'à attendre la vieillesse."

Comment vont ton frère et sa famille ?

Comment dire…

Haohao est à la fac, en deuxième année.

Mon frère est…

toujours pris par ses affaires.

Haiyan a pris sa retraite anticipée, elle profite de la vie.

Quand ils ont su que je venais ici,

ils m'ont chargée de vous saluer.

C'est bien.

Tu disais que tu partais à l'étranger ?

Oui.

Ce que j'ai appris à la fac me paraissait de plus en plus dépassé.

J'ai passé le TOEFL, et je l'ai eu.

Dès mon retour, je démissionnerai.

- Et ton… - On a divorcé.

Aussi maligne que quand tu étais gamine.

Tu devines même mes questions.

J'ai été ton apprentie.

Pour quelques jours de stage seulement.

C'est en partie grâce à toi que j'ai pu aller à la fac.

Tu n'étais pas une bonne apprentie !

C'est vrai.

C'est bon.

La main reste là.

N'aie pas peur.

Plus haut.

Change de main.

On ne bouge plus !

Ne bougez plus.

La pose que vous avez là

est celle d'une danse à la mode, la rumba.

Le couple est collé comme ça.

Alors ?

Yaojun, tu as une apprentie ?

Écoute, Moli : apprends la technique avec lui,

mais pour la mode, apprends auprès de maître Xinjian.

Vous ne trouvez pas que je ressemble

à une star de Hong Kong ?

Ton pantalon balaye le plancher.

Je balaye ? Parfait !

Style occidental !

"Rencontre romantique

"à Hong Kong".

Très beau !

Yaojun…

Ce soir, il y a une fête d'enfer.

Une "party"…

Dégoûtant ! Fiche le camp !

Tu es trop plouc.

Moli, on y va ensemble ?

Fous le camp d'ici !

Tu me frappes, en plus ?

C'est une nouvelle danse ?

Oui, le jitterbug.

Qui est là ?

Moi !

Haiyan ?

Ouvre !

Belle-sœur… entre vite.

Entre vite, frangin !

Ferme !

Arrêtez !

Quoi ?

Cette cochonnerie de musique !

Depuis que tu es cadre,

tu veux te mêler de tout.

- Arrête ça. - La barbe !

Laisse !

Attention à la cassette ! Je l'ai fait venir de Canton !

Écoute, Meiyu.

Mets quelque chose de discret.

Tu exagères.

Comment les vieux amis pourraient-ils oublier

Les instants heureux du passé

Comment les vieux amis

pourraient-ils oublier

Les instants heureux

du passé

C'est une belle chanson. Elle s'appelle comment ?

"Ce n'est qu'un au revoir".

Tu l'as déjà entendue ?

Quand on était "jeunes instruits" à la campagne.

Pendant la Révolution culturelle ?

Tu ne sais rien.

Meiyu, bon choix.

Bien vu.

C'était en 77 ou 78 ?

Fin 78.

Les jeunes instruits voulaient rentrer en ville.

Certains y arrivaient, d'autres pas. Quand on se séparait,

c'était de vrais adieux.

Quand on est partis,

quelqu'un nous a chanté cette chanson.

On s'est mis à pleurer.

C'était pas le style de l'époque.

Pas vrai, Yingming ?

Oui.

Inoubliable.

Le camarade Deng Xiaoping a été clair avec le ministre de la Sécurité :

"L'augmentation des crimes et délits

"est très impopulaire.

"Lançons une campagne anti-crime après l'autre !"

Yaojun !

Yingming ?

Yaojun, mon frère te demande.

La résolution du Comité central pour la répression des crimes et délits

prévoit trois campagnes en trois ans.

Les organes de police

s'engagent à mettre en œuvre le mot d'ordre du maintien de l'ordre :

appliquer la loi promptement et sévèrement.

Va chercher ton fils chez ses grands-parents.

Mais non.

Je reste ici.

Te voilà.

- Il dort ? - Il vient de s'endormir.

Toute l'usine en parle.

Que s'est-il passé ?

Xinjian a été arrêté dans une soirée de "danse dans le noir".

Parce qu'il dansait ?

Pour la campagne anti-crime, ces soirées sont de l'incitation à la débauche.

Certains ont même été fusillés.

Et Meiyu ?

On sait pas.

On ne l'a pas trouvée.

Vous ne l'avez pas vue ?

Non.

Elle n'est pas venue travailler ?

Non.

Où est-ce qu'elle peut être ?

C'est terrible.

Meiyu est rentrée.

- Elle est là ? - Je viens de la voir.

Allons la voir.

Viens avec nous.

Je suis en ville.

Mon camion est tombé en panne.

Je l'ai réparé.

Je charge mes colis et je rentre.

Ne m'attends pas.

Oui.

Tu ne lui as pas dit que j'étais là ?

Te voilà.

Tu as mangé ?

Oui.

Va te coucher. Je décharge le camion.

Camarades membres du Parti et de la Jeunesse communiste !

Afin de réaliser l'objectif

d'une population contenue à 1,2 milliard à la fin du siècle,

le Conseil des affaires d'État appelle les couples

à n'avoir qu'un seul enfant.

Cette mesure engage l'avenir et le rythme des Quatre modernisations,

la santé et le bonheur des générations à venir,

ainsi que l'intérêt national à court et long terme.

Le Comité central demande aux membres du Parti,

et notamment aux cadres,

de mettre activement en œuvre l'appel de l'État,

et d'assurer avec patience auprès des masses

leur travail de propagande et d'éducation.

Qu'est-ce qu'il y a ?

Je te fais mes compliments !

Tu fais celui qui ne sait pas ?

Liyun m'a tout dit.

Combien de mois, déjà ?

Tu n'as pas honte de m'avoir joué la comédie ?

Bon.

Inutile d'épiloguer.

J'ai appelé l'hôpital, l'ambulance arrive,

on ira ensemble, d'accord ?

Qu'est-ce qui te prend ?

On rentre chez nous !

Yaojun…

Tu croyais pouvoir te cacher éternellement ?

Liyun, tu as fait assez de bêtises comme ça.

Et toi, tu as réfléchi, avant de cacher une chose pareille ?

Et si ça se sait dans l'usine ?

Tu as pensé aux conséquences pour moi ?

Tu imagines ?

Directrice…

Entrez.

Allons-y.

Allons-y.

Allons-y.

Yaojun !

Du calme !

Retiens-le !

Arrête !

Tu devrais avoir honte !

Monte.

- Liu Yaojun ! - C'est bon !

Je viens avec vous.

En route.

Par ici.

- Directrice. - Docteur Yang.

Wang Liyun, de l'atelier triage.

Elle a admis son erreur.

Bien, commençons par une prise de sang.

Liyun,

ne t'inquiète pas, ce sera vite fini.

Tout est prévu. Rassure-toi.

Je suis là.

Va.

SILENCE

Docteur Yang !

- Je suis là. - Venez, elle fait une hémorragie.

Que se passe-t-il ?

Venez voir.

- Qui êtes-vous ? - Son mari.

Attendez dehors, on l'opère.

- Calmez-vous ! - Que se passe-t-il ?

Calmez-vous. On l'opère.

Nous sommes les continuateurs et héritiers du communisme

Marchant dans les pas glorieux des pionniers de la révolution

Nous aimons notre patrie, nous aimons le peuple

Fiers de porter le nom de Jeunes Pionniers

Salut !

Repos !

Marche !

À présent, nous remettons le dernier prix de cette journée,

le Prix annuel du Militant avancé du Contrôle des naissances.

La directrice du Bureau du Planning familial, la camarade Li Haiyan

va annoncer les noms du couple récompensé.

Notre usine a bien travaillé au contrôle des naissances,

avec zéro grossesse non planifiée chez nos couples.

Un exemple pour la population locale.

Outre l'excellent comportement des membres du Parti,

le niveau de conscience des masses s'est élevé.

Même si certains camarades ont dû combattre leurs réticences,

notre travail idéologique attentif leur a permis

de répondre à l'appel de l'État.

Voici donc les lauréats

du Prix du Militant avancé du Contrôle des naissances pour 1986.

Le couple lauréat est…

Wang Liyun de l'atelier triage !

Et Liu Yaojun de l'atelier assemblage !

Félicitations.

Ne faites pas cette tête. Il y a une prime avec.

Souriez.

Meiyu a vraiment décidé d'aller à Canton ?

Pourquoi ça t'étonne ?

Aujourd'hui, ceux qui ont de l'ambition partent à Canton.

Je l'admire, elle a du cran.

Et toi ?

Tu voudrais un stérilet ?

Pas besoin.

D'après le docteur, la paroi de l'utérus est mince,

et l'opération a eu des séquelles.

Je ne peux plus être enceinte.

Tout ça, c'est la faute de Yaojun.

Il était d'accord pour la vasectomie,

mais il a envoyé quelqu'un à sa place.

Pourtant, à le voir, on le croirait honnête.

Honnête ?

Il est juste bête.

Te voilà enfin, Yaojun.

- Tu es revenue ? - Je dois refaire un stage.

Tu es là, toi ?

Où est maman ?

Elle est là-bas.

J'ai appris la valse. Tu danses avec moi ?

Ton frère danse mieux que moi.

Il danse avec Meiyu, regarde !

Prends ça, mon fils.

Va jouer.

Bientôt diplômée ?

Le temps passe vite.

C'est vrai.

Tu as encore grandi. Je te reconnais à peine.

Tu as un petit ami ?

Tu voudrais ?

Comment ça ? Je m'intéresse à la vie de mon apprentie.

Aucun des garçons de l'école ne me plaît.

Attention à ne pas finir comme Meiyu.

Meiyu attend quelqu'un.

Qui ? Xinjian ?

Oui !

Elle est bête.

En amour, les femmes sont bêtes.

Pas faux. Regarde-la :

tout dans les formes, rien dans la tête.

Il m'en veut encore ?

Mais non.

Il s'en veut à lui-même.

Il se trouve nul de n'avoir rien fait.

J'aimerais tant que tu ne partes pas

Que tu restes auprès de moi

Pourquoi dois-tu à tout prix partir

Et me laisser à ma solitude

Chaque rencontre est trop brève

Et tu restes silencieux

Chaque au revoir quand tu t'en vas

Brise mon cœur de tristesse

Comment survivre à ces nuits de solitude

Ne me laisse plus dans le doute

Nous sommes jeunes

Nous sommes pleins de vie

Qu'importent les hauts et les bas

Ne soupirez pas

Ne désespérez pas

C'est de vous seuls que dépendent vos succès

Voyez comme les moments heureux

Filent à tire d'aile

Appréciez-les avant qu'il soit trop tard

Vous êtes tous venus…

Je vais très bien.

Le gouvernement

a été indulgent.

Ni mauvais traitement ni rien.

Et vous, vous allez bien ?

Tout va bien pour nous.

Yingming est entré au Parti.

Haiyan est fonctionnaire. Directrice.

Adjointe.

Liyun et Yaojun sont "couple modèle".

Pas le choix.

Je pars tenter ma chance dans le sud.

C'est bien.

"Le vaste monde s'offre aux grandes actions."

Tiens bon, quand tu seras là-bas.

Je ne veux pas être un obstacle pour toi.

Xinjian, ne parle pas comme ça.

Regardez-moi ce pleurnichard.

Pourquoi tu fais cette tête ?

Tu as même grossi.

Cette coiffure te va bien. Tu n'as plus l'air d'un voyou.

Ça suffit.

Xinjian, on est contents de t'avoir vu.

On est rassurés.

On te laisse.

On reviendra te voir.

Prends soin de toi.

Dis quelque chose.

Ne t'inquiète pas.

Je saurai réformer ma conduite

comme je le dois.

Arrête tes bêtises.

Parle sérieusement.

Promets.

Arrêtez-les !

Rendez-vous !

- Rendez-vous, ou on tire ! - Jamais !

On joue plus !

On a gagné !

Rentrons à la maison.

Encore une partie.

Ça suffit.

Je t'emmène dans un autre endroit.

On entre ?

Pas moi.

Moi, j'y vais.

Xingxing, viens !

C'est trop noir, j'y vais pas.

C'est marrant, viens !

Je veux pas.

Haohao !

Haohao !

J'arrive.

- Tu m'as fait peur ! - Froussard !

C'est trop noir, sortons.

Par là !

Où en est l'histoire des licenciements ?

On ne sait rien, tout le monde a peur.

On ne sait même plus qui décide.

Chaque fois que je demande au directeur, il me regarde de travers.

Et il dit qu'une "femme modèle" doit montrer l'exemple.

Comme si j'avais voulu être un modèle !

Pourquoi ressortir cette histoire de planning familial ?

C'est pénible.

Qu'il aille se faire voir !

Moi, je dis que c'est Yingming qui a été malin.

Il a monté sa propre affaire.

- Désolée du retard. - Entre, Haiyan.

Tu as dîné ? Je peux te réchauffer quelque chose.

Non, j'emmène Haohao chez sa grand-mère.

- Haohao, on y va. - J'ai pas fini.

Dépêche-toi !

Ils ne savent pas s'arrêter.

Liyun, tu sais pas ?

Ils ont pris une famille qui se cachait au village.

Elle était enceinte de sept mois !

À quoi ils ont pensé, pour se faire du mal comme ça ?

Dis au revoir.

- Au revoir, marraine. - Au revoir, Haohao.

On y va.

À bientôt.

Camarades !

La réunion d'aujourd'hui est de nature exceptionnelle.

Ce n'est ni une cérémonie,

ni le bilan annuel.

Il s'agit ici des décisions qui s'imposent dans toute vie.

Toute crise s'accompagne d'une chance.

Je suis conscient

du fait que cette réunion engage les intérêts vitaux de chacun.

"Tirer un seul cheveu fait bouger tout le corps."

Chacun porte sa part du destin de la nation.

Nul ne peut ignorer ce que subit son pays.

"Pleure pour la nation avant de pleurer sur toi."

Pleure toi-même !

Camarades !

Admirables sentiments venus de nos ancêtres !

Comparons.

Le pays traverse des difficultés !

Quelles difficultés ?

L'ennemi est à nos portes,

quel est le devoir de nos soldats ?

Que peuvent-ils faire ?

Ça veut dire quoi ?

Ils sacrifient sans hésiter leur sang et leur vie,

ils meurent au champ d'honneur pour protéger la patrie.

Camarades, écoutez-moi.

J'en viens à nous.

Notre usine souffre de charges élevées.

Les effectifs dépassent nos capacités.

Nous croulons sous la charge. Que faire ?

Que faire ?

T'es un incapable !

Nous devons sacrifier nos postes garantis pour alléger ce fardeau.

Perdre son poste n'est pas honteux, retravailler n'en est que plus glorieux !

Par conséquent,

certains devront se sacrifier et chercher un emploi ailleurs.

Nous sommes entrés dans l'économie de marché.

Le statut de nos industries a changé.

C'est la fin du "bol de riz en fer" !

Pas question de nous virer !

Camarades !

Perdre son poste n'est pas honteux

retravailler n'en est que plus glorieux !

Non aux licenciements !

Si vous ne paressez pas, si vous vous retroussez les manches,

vous contribuerez encore à la construction du socialisme.

Nous voulons travailler !

Camarades, réfléchissez.

Demandez-vous en toute conscience :

"Pour aider le pays, chacun sa part. Qui doit partir, sinon moi ?"

Toi !

Silence !

Démission !

Assez, camarades !

Je vais donner lecture de la liste des postes supprimés.

"Le phénix périt dans les flammes et renaît de ses cendres."

Je vais vous lire…

la liste des postes supprimés.

Silence, s'il vous plaît !

Atelier triage :

Zhang Yan…

- Vous acceptez ça ? - Non !

Huo Jianguo…

Silence !

Feng Xiaobo.

Yu Yonggang.

Wang Tianquan.

Wang Liyun.

On ne partira pas !

Je n'ose pas décider seule.

Je te l'ai dit au téléphone…

- Cette seule fois… - Je l'ai su…

Je venais d'avoir mon visa américain.

La vie sait se moquer de nous.

Tu l'as dit à ton frère ?

Dit quoi ?

Que je suis enceinte

de toi ?

C'est le tout début.

Ne t'inquiète pas.

Nous ne sommes pas des enfants.

Parles-en avec Liyun.

Je reste ici quelques jours.

Je sais ce que ça signifie pour vous.

Si vous voulez garder l'enfant, je partirai en Amérique

après la naissance.

Tu as pensé à toi ?

Ne t'inquiète pas pour moi.

J'ai réfléchi.

Si c'est mon destin,

je paierai la dette de ma famille.

La dette ?

Il n'est pas question de dette.

C'est…

Pense à l'enfant.

Privé de sa mère dès sa naissance.

Liyun sera une meilleure mère que moi.

Que vient faire Liyun…

Ce n'est pas la question.

Ne dis pas qu'il est de moi.

J'attends votre décision.

Dis à Liyun qu'il est d'une autre.

C'est ma faute.

C'est moi qui suis allée à toi.

Je ne peux pas prétendre le contraire.

Quand vous êtes partis, j'ai pensé à te suivre.

Mais j'étais trop jeune.

Je ne supportais pas de vous voir souffrir.

Mais cette fois-là,

je savais ce que je faisais.

Je me disais qu'après mon départ,

je ne t'aurais jamais revu.

Je ne suis plus si jeune.

Je ne pensais pas…

Je devrais être contente.

Mais…

maintenant que j'en suis là,

j'ai soudain très peur.

Je voulais le dire à Liyun,

en espérant qu'elle comprenne et qu'elle pardonne.

Pardon, Yaojun.

Je suis encore une gamine ?

Personne disparue : Liu Xingxing

C'est bizarre…

Quoi ?

Quand je suis allée en ville,

j'ai vu une femme sur le ferry.

Visiblement pas d'ici.

Un visage familier…

mais impossible de me souvenir.

Ça arrive parfois.

C'était comme…

quand on est arrivés ici.

Comme retrouver une vie antérieure.

C'est vrai.

Je me suis dit…

Un jour…

je mourrai.

Ce sera ici

ou dans notre ville natale ?

On était d'accord pour ne pas parler de ça.

Si je te perdais toi aussi,

comment pourrais-je vivre ?

Qu'est-ce qui t'arrive ?

Yaojun,

si tu veux divorcer,

je l'accepterai.

Je ne sais pas

si c'était le sixième sens féminin…

Oui.

J'ai senti

qu'on m'observait depuis l'autre ferry.

Je n'ai pas osé regarder.

Liyun et moi, nous ne vivons plus que l'un pour l'autre.

Surtout Liyun.

Elle ne survivrait pas à un autre coup.

Mais vous vouliez tellement un enfant…

Parce qu'il aurait été notre enfant.

Si nous faisons ce que tu dis,

je ferai du mal à trois personnes.

À Liyun.

À l'enfant.

Et à toi.

Je comprends.

Ce doit être mon sort.

J'y suis résigné.

Xingxing !

Emmenons-le aux urgences !

Haohao !

Qui a eu l'idée ?

Parle !

Combien de fois je t'ai dit

de ne pas aller au barrage ?

Pourquoi tu as désobéi ?

Pourquoi ?

C'est Xingxing qui a eu l'idée,

ou c'est toi qui l'as emmené ?

Parle !

Parle…

C'est ma faute !

Tu ne mangeras pas tant que tu ne m'auras pas parlé.

Combien de fois je t'ai dit de ne pas jouer au barrage !

Qu'est-ce qui s'est passé ?

Arrête de pleurer.

Je ne veux pas t'entendre !

Qu'est-ce que tu as à crier comme ça ?

Tu veux que les voisins t'entendent ?

À force de crier, tu as terrorisé ce gamin.

Qu'est-ce qu'on va faire ?

Le petit est terrifié.

Quoi qu'on lui demande, il reste muet.

Avant-hier, on l'a envoyé chez ses grands-parents.

On l'a retiré de l'école.

Ne lui dites rien.

S'il demande après Xingxing,

dites qu'il est chez sa grand-mère.

C'est la faute de Haohao.

Je lui ai dit cent fois : "N'emmène pas Xingxing au barrage."

Assez.

Ce sont des enfants.

Ce n'est pas leur faute.

C'est la mienne.

J'ai tendance à tout passer à Haohao.

- Je vais lui coller une raclée ! - Arrête.

Je suis fatiguée.

Repose-toi.

On va rentrer.

Bonjour, monsieur le directeur…

Prenez soin de vous.

Ils n'ont pas honte de venir ?

Assez.

Qu'est-ce qu'on peut faire ?

C'était leur seul enfant.

Il aurait pu ne pas être le seul.

Comment ça ?

Tu sais très bien.

Répète pour voir !

Ça suffit.

Moli, à quoi ça sert de dire ça ?

J'ai de la peine pour Yaojun et Liyun.

Qu'est-ce que tu insinues ?

Que c'est ma faute ?

Ne t'en prends pas à moi !

Qu'est-ce que j'ai fait ?

Explique-toi !

Ça suffit.

Arrêtez de vous disputer.

Le petit est à côté.

Tu veux manger quelque chose ?

Qu'est-ce qu'il y a ? Tu as mal au ventre ?

Ne pleure pas, on rentre à la maison.

C'est la fièvre qui lui fait dire n'importe quoi.

Ça ne peut pas être vrai. N'est-ce pas ?

Il est complètement terrorisé.

- Il est sous le choc. - C'est ça.

C'est peut-être…

la tension nerveuse.

Qu'est-ce qu'on va faire ?

Va dormir.

Ne pleure plus.

Écoute-moi.

Ne parlons plus jamais de cette histoire devant le petit.

Mais à Yaojun et Liyun… on dira quoi ?

C'est impardonnable…

N'essaye même pas !

Merci, madame.

Mangez.

Xingxing,

viens un peu par là.

Mangez.

Xingxing,

ils sont de ton école ?

Non.

Qui sont-ils ?

Des amis.

Des amis ?

Ils ne vont pas à l'école ?

Non.

Ils sont comme moi.

Xingxing,

tu sais combien de temps on t'a cherché ?

Tu fais honneur à qui,

en te comportant comme ça ?

À personne.

L'avis de recherche disait que j'ai des papiers.

Laisse.

C'est comme ça.

De ça aussi, on se sortira.

Puisque tu es décidé,

nous ne pouvons pas te retenir.

Voilà la carte d'identité promise.

Et de l'argent.

Pas beaucoup. Ne le gaspille pas.

Ces papiers

font de toi un adulte en mesure de prouver son identité.

Ils te permettront de travailler

et de nous éviter de nous faire du souci.

Papa et maman te remercient.

Pendant des années, nous avons fait de toi Xingxing.

Et tu es devenu Xingxing

pour nous rendre heureux.

Aujourd'hui,

nous voulons te rendre ta véritable identité.

Zhou Yongfu.

Un dernier conseil.

Si tu fais des bêtises,

souviens-toi de quand je te frappais.

Moli ?

Yaojun.

C'est toi.

Entre, il fait froid.

Liyun ? Moli est là.

Viens t'asseoir.

Mon frère et Haiyan vous ont fait des raviolis.

Assieds-toi.

Ça fait longtemps…

De l'eau chaude.

Réchauffe-toi.

Tu as mangé ? Je te réchauffe des raviolis ?

Non, ne te dérange pas.

Meiyu et Xinjian sont là.

Ils sont passés nous voir.

Il est question qu'on se retrouve demain soir.

J'ai dit que je passerais vous inviter.

Vous serez mieux entre vous.

Merci.

Xinjian a fini par épouser Meiyu.

J'en étais sûr, du jour où il est allé la retrouver à Hainan.

C'est la Fête du solstice.

Liyun, les raviolis sont parfumés au fenouil.

Tes préférés, d'après mon frère.

Reprends un peu d'eau.

C'est chaud…

Tu vas bien ?

Et vous ?

Ça va très bien.

Très bien.

Haiyan !

Bonne année !

Dis bonjour !

"Bonjour, marraine" !

Trésor !

Dis "Tantine".

"Marraine" !

- Ça va, Xinjian ? - Très bien.

Meiyu, tu es toute rouge !

Haiyan va bien ?

Elle dort mal.

Elle n'arrête pas de répéter

que les gens disent du mal d'elle dans son dos.

C'est inquiétant.

Il faut qu'elle se repose.

Je l'ai convaincue de démissionner.

Nous avons les moyens.

On se passera de ses trois sous.

Alors depuis…

vous ne les voyez plus ?

Je suis allé les voir.

Ils ont été très polis.

Mais on ne savait pas quoi se dire.

Avant…

on s'entendait si bien…

Haiyan…

Liyun et Yaojun ne t'en veulent pas.

Cette histoire d'enfant, c'est du passé depuis longtemps.

N'y pense plus.

Il faut dépasser ça et avancer.

Tu ne comprends pas, arrête.

Mais si, je comprends.

Il ne faut pas t'en vouloir autant.

C'était ton travail.

Tu n'avais pas le choix.

Arrête…

Liyun !

Un médecin !

Dr Shen, je serai direct.

D'après les examens, son état n'est pas très bon.

Le diagnostic est évident.

Je vois.

Si vous voulez la garder à l'hôpital, je prépare ce qu'il faut.

C'est inutile.

Ne lui dites rien, je m'en occupe.

C'est si grave que ça ?

Ça peut arriver n'importe quand,

si elle a une autre crise.

Et une opération ?

Non.

La tumeur a grossi et comprime les nerfs.

Une tumeur maligne.

Ta mère ne le sait pas ?

Pas encore.

Pourquoi vous la laissez faire la cuisine ?

Laissez-moi faire.

Mais non, tout va bien, repose-toi…

- Maman, laisse-nous faire. - Mais non.

- Tu as des vertiges ? - Plus du tout.

J'ai dormi toute la journée !

Bébé…

Allez, allez. Vas-y.

Va te reposer.

Mangez.

Merci.

Je ne sais pas ce qui m'arrive.

Devine de qui je rêve.

De qui ?

De Liyun et Yaojun.

Qui ?

Tu ne les connais pas. Mon parrain et ma marraine.

Tu ne m'as jamais parlé d'eux.

Il m'est arrivé de rêver d'eux aussi.

Qu'est-ce que ça veut dire ?

Rien, c'est un rêve.

Non.

Je me dis

que si je devais mourir demain,

je ne les aurais pas revus

une seule fois avant de mourir…

Qu'est-ce que tu racontes ?

Après toutes ces années, ils nous ont sans doute oubliés.

Impossible.

Je vais travailler. Obéis au docteur : pas de danse

et pas de sport. Repose-toi dans la journée.

J'y vais.

Prends tes médicaments.

Tu es resté en contact avec eux, non ?

Moli est allée les voir

avant de partir.

J'ai leur numéro.

Mais je n'ai jamais appelé.

Appelle-les.

Invite-les à mon anniversaire.

On paiera leur voyage.

Tu es sûre ?

Appelle et dis-leur

que je vais bientôt mourir.

Et qu'avant de partir,

je voudrais les revoir.

Ne dis pas de bêtises.

Je veux qu'ils sachent

que depuis 20 ans…

moi, Li Haiyan…

je n'ai pas vécu un instant sans penser à eux.

Mesdames et messieurs, nous rencontrons des turbulences.

Veuillez rejoindre vos places

et attacher vos ceintures.

Merci de ne pas quitter vos places.

Les enfants doivent rester auprès de leurs parents.

Merci.

C'est drôle.

On a encore peur de mourir.

Les passagers

du vol CA 272 à destination de Pékin

sont priés de s'enregistrer,

et de se présenter avec leurs bagages au terminal n° 5.

Vous n'avez pas froid ?

Ça va.

C'est bon, le froid.

Depuis le temps qu'on n'a pas senti le froid…

Et votre garçon… toujours pas de nouvelles ?

Qui ?

Non.

Il devrait renouveler ses papiers.

Oui.

Pour avoir la carte d'identité de "2e génération".

Ma sœur,

ton mari sait qu'on est là ?

Pas encore.

Il s'angoisse pour un rien.

Je ne reconnais plus rien.

La rue est plus large. Le bâtiment d'en face a été démoli.

Tout ça, c'est nouveau.

Laisse-moi faire.

Tout a changé.

Attends-moi.

Merci.

Notre bâtiment n'a pas changé.

Il est question de le démolir depuis des années, mais rien ne se passe.

C'est encore habité ?

Certains sont partis, d'autres ont sous-loué.

Plus personne ne s'occupe des logements ouvriers.

Dans les autres bâtiments, il y a le gaz et le câble,

mais pas dans le vôtre.

Il est presque inhabité, on parle de le démolir,

alors personne ne fait rien.

L'hiver, quand le chauffage est mis,

je viens purger les radiateurs.

Le chauffage ne marche plus très bien.

Je voulais ranger et nettoyer l'appartement

et vous acheter un radiateur ou une couette…

SALON DE MASSAGE

Mais j'ai préféré attendre que vous décidiez vous-mêmes.

Si c'est trop dur d'être ici, vous viendrez chez nous.

Merci, belle-sœur.

Mon fils…

Pardon, la chambre de Li Haiyan ?

Li Haiyan ? Chambre 11, au bout du couloir.

Merci.

- On n'arrive pas trop tard ? - Non.

Xinjian…

Yingming…

Haohao, viens.

Salue parrain et marraine.

Quel grand garçon…

Parrain.

Haohao.

Marraine.

Que tu es grand…

Haiyan…

Liyun et Yaojun sont venus te voir.

Haiyan…

C'est moi, Liyun.

Yaojun et moi, on est là.

Tu veux dire quelque chose ?

J'écoute.

Nous…

avons de l'argent…

pour l'amende.

Tu peux garder ton bébé.

J'ai tellement pensé à vous…

Merci d'être venus.

- Prenez soin de vous. - Merci.

À bientôt, rentrez bien.

Prenez bien soin de vous.

Rentrez bien.

À bientôt.

- Tu as bu des coups ? - Avec tout le monde.

Des vieux copains de l'usine.

Tous en forme, pas un cheveu blanc.

Liyun et toi devriez rester quelques jours.

La ville a beaucoup changé.

Oui, ne partez pas.

Il faut prendre du bon temps avant d'être trop vieux.

On ne revient pas en arrière.

Pourquoi pas ?

Yingming pourrait vous avoir un appartement.

Qu'est-ce que vous complotez, vous deux ?

Yaojun dit qu'il ne peut pas revenir ici.

Je dis que tu pourrais leur avoir un des logements que tu construis.

C'est sans problème.

Haiyan n'arrêtait pas de m'en parler.

Ces jours-ci, je vous emmènerai visiter mes logements,

et si ça vous plaît, je vous en trouve un beau.

Et si on n'a pas les moyens ?

Où est Haohao ?

Il était là il y a une minute. Il doit être aux toilettes.

Je vais voir.

Ne bouge pas.

J'y vais. Restez là.

Quand accouches-tu ?

Bientôt.

Haiyan ne l'aura pas connu…

Tu as bien réfléchi ?

Tout ça…

nous a tourmentés trop longtemps.

Je ne veux pas être comme ma mère,

dans la culpabilité jusqu'à la fin.

Cette histoire entre nos familles

n'est pas ta faute et on ne peut pas blâmer ta mère.

Je sais.

Personne n'accuse maman.

C'était son travail, non ?

Je sais très bien ce qu'elle en pensait au fond.

Alors…

je les appelle ?

Non.

Tout à l'heure, je les raccompagnerai.

Tu veux que je vienne ?

Non.

Ça a beaucoup changé.

Où on est, là ?

Ici, c'était la Place du Premier mai, et là, l'avenue de la Jeunesse.

On vient de passer devant l'ancien Palais des congrès.

Ils l'ont démoli ?

Bien sûr.

Beaucoup de cités ouvrières ont été démolies.

Il ne reste pratiquement que celle où nous vivions.

Même pas.

Il n'y a plus rien.

On y est.

Merci, Haohao.

Marraine…

je peux monter un instant ?

Bien sûr !

Gare-toi là.

On aurait pu habiter chez la sœur de Yaojun,

mais on n'était pas revenus depuis si longtemps,

qu'on a préféré passer quelques jours ici.

Tu reconnais un peu comment c'était ?

Entre vite.

Je te sers de l'eau.

Avec du thé.

Tu reconnais ? Tout est comme autrefois.

Comme on l'a laissé en partant.

On n'est ici que pour quelques jours,

alors on n'a touché à rien.

Les mêmes vieux meubles,

les mêmes vieux appareils.

J'ai sorti cette photo comme ça,

quand j'ai rangé…

Haohao, assieds-toi.

Bois ton thé.

Tu as mis assez de thé ?

Si j'en mets plus, ce sera amer.

Marraine,

parrain…

Asseyez-vous, j'ai quelque chose à vous dire.

Nous t'écoutons.

Ce que je vais dire me pèse depuis des années.

À présent que la mort de ma mère

nous a réunis,

je pense

que je dois tout vous dire.

Ce jour-là,

on avait décidé d'aller au barrage.

Au début, on avait dit

qu'on irait jouer au bord de l'eau

avec les autres.

Mais Xingxing n'a plus voulu y aller.

Je me suis énervé,

et je l'ai laissé tout seul.

Mais là…

les autres enfants

se sont moqués de lui.

J'étais humilié.

J'ai dit à Xingxing…

J'ai dit : "Si tu ne viens pas,

"je ne jouerai plus jamais avec toi."

Xingxing a cédé.

On s'amusait…

et puis certains

sont allés nager plus loin.

Je voulais emmener Xingxing,

mais lui…

il avait peur.

Alors…

je l'ai traîné de force vers l'intérieur du réservoir.

Xingxing a paniqué.

Il hurlait,

il s'accrochait à moi.

Les autres se moquaient de moi.

Ça m'a mis en colère…

Alors je l'ai…

Je l'ai poussé.

Je l'ai poussé dans l'eau.

Et tes parents,

qu'est-ce qu'ils ont dit ?

Puisque vous ne disiez rien,

pour me protéger, ils n'ont rien dit non plus.

Dans l'espoir

qu'avec le temps, en grandissant,

j'oublierais.

Mais…

depuis ce jour, j'ai eu le sentiment

qu'un arbre poussait en moi.

Je grandissais, et l'arbre grandissait aussi.

J'avais l'impression qu'il allait finir par déchirer mon corps.

Je n'en pouvais plus.

Il fallait que je vous dise la vérité.

Tu as bien fait de parler, mon enfant.

Tu as bien fait.

Exécute ce petit salaud.

Une vie pour une vie.

Tu es fou !

Yingming, écoute-moi bien.

À partir d'aujourd'hui, on n'en parlera plus jamais à Haohao.

Pas un mot.

Tu as compris ?

Toi et Haiyan,

vous n'accuserez plus jamais votre fils.

De toute votre vie,

plus un mot.

Xingxing est parti.

Nous devons tous aimer et protéger Haohao.

Ce n'est qu'un enfant.

Si vous n'en parlez plus,

il oubliera.

Attends.

On va d'abord débroussailler.

Mon fils…

papa et maman sont venus te voir.

Haohao ?

Bien !

Très bien…

À bientôt.

Son bébé ?

Oui.

Garçon ou fille ?

Un garçon !

Un petit gars !

C'est bien.

Parrain, marraine, entrez.

Félicitations, Yingming.

Pourquoi tous ces cadeaux ?

Pour fêter le grand-père !

Voilà Tatie.

Il sourit !

Va dans les bras de Tatie.

Il a un prénom ?

Ils ont refusé tous les prénoms que j'ai proposés.

Il est grassouillet.

Appelons-le Dudu.

C'est mignon !

Ma tante, tu nous vois ?

Regarde qui est là.

Moli !

Tu arrives à reconnaître les vieux ?

Tu ne trouves pas que je n'ai pas changé ?

Liyun, tu es là aussi.

Moli, tu n'as pas changé. Toujours aussi jeune.

J'ai quand même vieilli !

Tu vas bien ?

Très bien.

- Moli, où est Sunny ? - Je l'appelle.

Une seconde.

Sunny ? Qui est-ce ?

- Le fils de Moli. - Quelle surprise, non ?

Elle qui disait ne pas vouloir d'enfant,

la voilà avec un grand garçon !

Oui, les gens changent.

Le voilà.

Tu te souviens de moi ?

"Hello, everybody!"

"Hello! How do you do?"

Sunny, c'est ça ? Bonjour, Sunny.

Regarde…

regarde qui est là.

Il t'appellera "tonton". Ton petit-neveu Dudu.

- Elle est sa grand-tante. - Grand-tante.

Tu vois, Moli,

nous sommes toutes des mamies.

ATELIER DE RÉPARATION XINGXING

Qui tu cherches ?

Si tu as envie de bonnes choses d'ici, je te les enverrai.

Liu Yaojun ?

Papa ?

C'est Xingxing.

Xingxing…

Attends, maman est là. Parle-lui.

Xingxing est revenu.

Xingxing…

tu es revenu ?

On est venus voir des amis au pays.

On rentre bientôt.

Xingxing…

tu nous manques beaucoup.

Dis, sale gosse,

je compte sur toi pour mener l'atelier.

Évidemment, tu es le patron aussi !

Ne quitte pas, "patron".

Xingxing, tu vas rester un peu, cette fois ?

Je suis contente.

Tu es avec ta fiancée ?

Xingxing a une fiancée.

C'est encore mieux !

Ne t'inquiète pas, on va bien tous les deux.

On règle quelques affaires ici et on rentre.

Attends-nous.

Tu manques beaucoup à papa et maman.

Traduction : Marie-Pierre Duhamel Muller

Sous-titrage : HIVENTY

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