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Que se passe-t-il ?
Tu prends un bain ?
Mais non.
Merde !
Il faut s'enfuir !
Où es-tu ?
Papa !
C'est rien, juste une autre secousse.
Je suis là.
Les horloges se sont arrêtées à 1 h 17.
Il y a eu comme un éclair
suivi de plusieurs secousses.
On doit être en octobre,
mais je n'en suis pas sûr
après toutes ces années.
Chaque jour est plus gris que le précédent.
Il fait froid,
de plus en plus froid,
alors que le monde se meurt.
Aucun animal n'a survécu et il n'y a plus de récoltes.
Bientôt, tous les arbres tomberont.
Les routes voient des gens tirant des chariots
et des bandes armées
en quête de carburant et de nourriture.
En une année, il y a eu des feux sur les crêtes...
et des chants étranges.
"Vois la vallée du massacre" Jérémie 19:6
Il y a le cannibalisme.
C'est la plus grande des peurs.
La nourriture est mon souci premier, toujours.
La nourriture, le froid et les chaussures.
Je lui raconte parfois des histoires de courage et de justice,
bien que je m'en souvienne mal.
Cet enfant m'assure de mon existence.
Et s'il n'est pas la parole de Dieu,
c'est qu'Il n'a jamais parlé.
"Mouche, tu pourrais te poser sur la statue de la Liberté.
"Si tu avais la langue du caméléon,
"tu nettoierais ton assiette sans l'aide des mains.
"Mais que dirait ta mère ?
"Si tu avais le cou d'une girafe,
"tu devrais étirer ton bras jusqu'en haut
"pour te gratter la tête.
"Si tu avais les yeux de l'aigle, tu verrais le lapin détaler."
Jetons un il.
On trouvera peut-être du maïs.
Non.
Ils n'avaient plus rien.
Ou alors des graines.
J'en doute.
Ce n'est pas ce que tu crois.
Ils se sont suicidés.
Pourquoi ?
Tu sais pourquoi.
Il en reste 2. Une pour toi, une pour moi.
Mets-le dans la bouche et incline-le,
comme je t'ai montré.
D'accord.
- Comme ça. - Non !
Et presse.
Tu as pigé ?
C'est bon ?
D'accord.
Tu as faim ?
J'ai soif.
Tu veux de l'eau ?
Tu es belle.
Non !
On n'est pas obligés, je veux pas le faire.
Il le faut.
Je veux pas !
C'est pas une vie !
Tu dois pousser.
Allez.
Pousse.
Vite, debout !
Filons ! Reste baissé !
T'as vu les épaves là-bas ?
Je t'avais prévenu.
T'as quoi dans le crâne ?
- Gaffe aux bagnoles. - Passe derrière.
Bon sang !
Les regarde pas, regarde-moi.
Appelle et t'es mort.
Tu es d'où ?
Qu'importe ?
T'es d'où ?
T'as des munitions ?
Je t'ai dit de pas regarder !
- Vous mangez quoi ? - Tout est bon.
Tout est bon...
Oui.
Tu vas pas tirer.
T'as que 2 balles, peut-être une.
Ils entendront.
Peut-être, mais pas toi.
Parce qu'elle sera dans ton cerveau
bien avant.
Pour entendre, il faut un lobe frontal,
un colliculus, un gyrus temporal
mais tout ça sera en bouillie.
T'es médecin ?
Je suis rien.
On a un blessé, ça vaudrait le coup.
Regarde-le et je te tue.
Il a faim. Venez donc à notre camion.
Manger quelque chose.
Inutile de jouer les durs.
Vous avez que dalle.
Allez, amène-toi.
Je vais nulle part.
Tu crois que je tirerai pas ?
Erreur.
Tu sais ce que je crois ?
Je crois que t'as les jetons.
Que t'as jamais tué.
C'est quoi ?
Qui a tiré ?
Kirk ?
Il est parti !
On y va !
- À la lisière ! - Vite !
Par là !
Je le vois !
Activez !
Là-bas !
Réveille-toi.
Tout va bien, je suis là.
Allons-y.
J'essaie de jouer les tueurs en maraude,
mais mon cur bat à tout rompre.
Quand j'en viens au petit,
il n'y a qu'une question :
y arriverai-je...
quand l'heure viendra ?
Ça va ?
Il ne t'arrivera rien.
Je te protégerai.
Je tuerai quiconque te touche.
C'est mon boulot.
Cesse de pleurer.
On doit y aller.
On retourne au caddie.
Viens.
Viens !
Prends l'arme.
Il ne reste que ça.
J'aurais dû le faire depuis longtemps.
Pourquoi je t'ai écouté ?
Ils vont nous rattraper et nous tuer.
Ils vont me violer, puis ton fils,
ils nous tueront et nous mangeront.
- Quoi que... - Arrête.
- Je t'ai dit... - Arrête !
Je suis prêt à tout. À tout.
Comme quoi ?
À quoi bon te le demander ?
Je devrais vider l'arme dans ma tête
et te laisser sans rien.
Dis pas ça.
Tu as raison. Il n'y a plus rien à dire.
Mon cur est mort quand il est né.
Il le faut, on survivra à tout ça.
On n'abandonnera pas.
Pas question.
Je ne veux pas juste survivre.
Tu ne saisis pas ?
Je ne veux pas.
Laisse-moi l'emmener avec moi.
N'y touche pas.
Sans toi, je l'emporterais avec moi.
Tu t'écoutes ?
On dirait...
une folle.
D'autres familles le font.
Viens prendre un bain.
Écoute.
Il faut qu'on parle.
Le type d'avant...
Il reste peu de types bien. C'est tout.
On doit se méfier des méchants. On doit continuer à...
porter le feu.
Quel feu ?
Celui qui est en toi.
On est encore des gentils ?
Oui, on l'est encore.
Bien sûr.
Et...
on le sera toujours ?
Quoi qu'il arrive ?
Toujours.
C'est quoi ?
Une douceur pour toi.
Vas-y.
C'est très bon.
- Prends-en. - Non, c'est pour toi.
Prends-en un peu.
Y a des bulles.
C'est pour toi.
Viens.
J'arrive.
J'ai faim.
Je sais.
Moi aussi.
On continue vers le sud ?
Bien sûr.
- Il y aura peut-être à manger. - Il faut atteindre la côte.
D'accord.
J'aimerais être avec maman.
Tu voudrais être mort ?
Oui.
Il ne faut pas dire ça. Ce n'est pas bien.
J'y peux rien.
Tu dois cesser de penser à elle.
Moi aussi.
Comment on fait ?
Tu l'as bien joué.
Tu ne lui dis pas adieu ?
- Pourquoi ? - Je ne peux pas.
Pourquoi tu ne restes pas jusqu'au matin ?
Je ne peux pas.
- Reste cette nuit. - Je dois partir.
Pourquoi ?
Pourquoi partir ?
Pourquoi...
tu dois partir ?
Je lui dirai quoi ?
Je lui dirai quoi ?
Va vers le sud.
Couvre-le bien et va vers le sud.
Un autre hiver ici serait fatal.
Pourquoi tu ne m'aides pas ?
Où vas-tu ? On n'y voit rien.
Je n'ai pas besoin d'y voir.
Je t'en supplie.
- Je t'en prie. - Non.
Arrête.
Elle était partie.
De façon brutale comme dernier cadeau.
Elle est morte dans l'obscurité.
Il n'y a rien d'autre à ajouter.
Regarde !
Des couleurs !
Tu veux y aller ?
Je t'ai eu !
Viens !
Papa !
Voyons pourquoi c'est verrouillé.
Viens.
Il n'y a aucun danger.
Tout va bien.
C'est quoi ?
Mon Dieu !
Aidez-nous.
Aidez-nous.
Aidez-nous.
Partons !
Aidez-moi !
Attendez !
Ils nous emmènent au fumoir !
Va !
Arrêtez !
Attendez !
Ils sont méchants, ils sont mauvais.
Des méchants...
Qui a laissé ouvert ?
Moi, pour l'odeur.
- L'odeur ? - Tu la sens plus ?
Qui a soif ?
Gaspille pas le vin.
Il va pleuvoir toute la journée.
Je monte me changer.
C'est des méchants !
Attise le feu, tu veux ?
Prends-le, prends-le !
N'aie pas peur.
S'ils s'emparent de toi, tu dois le faire.
Il te faudra du courage. Tu sais comment faire.
Tu sais comment.
Je crois.
Tu fais quoi ?
Je regrette tant.
Je te reverrai ?
Je te reverrai quand ?
Qu'y a-t-il ?
Ça veut dire quoi ?
Vous allez où ? Où vous croyez aller ?
- Tiens-le ! - Je l'ai !
Espèce de saloperie !
Bouge pas !
Allez, réveille-toi !
Réveille-toi !
Debout, on s'en va !
On doit partir maintenant !
Allez !
Le dernier.
On mangera jamais personne, hein ?
Non, bien sûr que non.
Même si on a très faim ?
Si on meurt de faim ?
On meurt déjà de faim.
Parce qu'on est des gentils.
Oui.
Et qu'on porte le feu.
Oui.
Par ici.
C'est quoi ?
La maison où j'ai grandi.
C'est moi.
Ici, on mettait l'arbre de Noël.
Et là, nos chaussettes.
On devrait pas faire ça.
Tu m'attends dehors ?
Attends !
Attends !
Attends ! Allez !
Je te ferai pas de mal !
Où vas-tu ?
Que fais-tu ?
Il y a un petit garçon !
- Où ? - Je l'ai vu !
- Qu'est-ce que tu fiches ? - Je l'ai vu !
Il n'y a personne !
Si ! Comme moi !
- Viens. - Non !
Arrête ça !
Tu m'as fait une peur bleue ! Viens !
Je veux le voir !
Qu'est-ce qui va pas ?
Qu'est-ce qui te prend ?
Je dois le voir !
- Pourquoi ? - Il le faut !
Arrête.
Il est là !
Je comprends.
Tout va bien.
Tout ira bien.
Il imagine quelle sera la vie sur la côte
et qu'il y aura d'autres enfants.
Il me demande où sont mes amis.
Je lui dis qu'ils sont morts
et qu'ils me manquent.
À court de pensées,
j'essaye d'avoir les rêves auxquels peut rêver un enfant.
On va mourir maintenant ?
Tu vois ça comment ?
Tu crois qu'on va s'écrouler et mourir ?
Ça prend longtemps... de mourir de faim.
Chaque jour est un mensonge,
et je meurs doucement.
Ça, ce n'est pas un mensonge.
J'essaie de le préparer à mon départ.
Tu as déjà vu ça.
Papa !
Quoi ?
Un problème ?
Regarde.
On a l'air maigres.
On est maigres.
Partons d'ici.
Ta mère en jouait très bien.
Je m'en souviens pas.
C'était...
avant.
- Non. - Y a pas de danger.
Je t'en prie, papa. Je t'en prie.
Tout va bien.
Doux Jésus !
Descends !
Descends !
Tu as trouvé quoi ?
Il y a tout.
Absolument tout.
Il y a quoi là-dedans ?
À manger.
De la nourriture.
Tiens, tu vois ?
Tu arrives à lire ?
"Poi...
"Poires."
Oui, des poires.
Tu veux quoi pour le petit-déj ?
Quoi ?
Rien.
Rien.
On a le droit de prendre ça ?
Oui, c'est fait pour.
On remercie pas ?
Si, vas-y.
Comme ça ?
Merci pour...
la soupe,
et... les Cheetas...
"Cheetos".
Et toutes ces choses...
à vous.
Bien.
À ton tour.
Merci...
à vous.
Tu aimes ?
On s'est bien débrouillés, hein ?
Oui.
Fais dodo.
Fais dodo.
Quoi ?
Touche pas...
Touche pas à mes affaires.
D'accord, excuse-moi.
Voici le meilleur.
- Quoi ? - Ferme les yeux.
C'est bon ?
Du shampooing.
Shampooing.
Ça va mieux ?
Oui.
Comment je suis ?
Alors ?
Je peux goûter ?
- Pourquoi ? - Tu aimeras pas.
Ça étourdit.
Ça va ?
J'ai l'air de venir d'une autre planète ?
Si on veut.
C'est quoi ?
On aurait dit un chien.
Pas un chien.
Si.
C'est un chien.
Si c'est un chien,
il est avec quelqu'un.
Qui ?
Je sais pas.
Disparaissons.
Je veux pas partir !
On n'est plus en sécurité.
On part.
On fait quoi de tout ça ?
On prend tout ce qu'on peut.
Tu t'attends toujours au pire.
Mais on a trouvé cet endroit.
Je le vois.
J'ai rien pour vous.
Tu peux regarder.
J'ai rien.
- On n'est pas des bandits. - Quoi ?
On n'est pas des bandits.
Quoi, alors ?
Des types comme toi.
- Pourquoi vous me suivez ? - Pas du tout.
- Donnons-lui à manger. - Non.
- Il a peur. - On a tous peur.
S'il te plaît, papa.
Entendu.
Juste une.
Tiens.
Prends-la.
- Et une cuiller ? - Pas question.
Tu...
dois tirer.
Tu dois...
manger, c'est bon.
Il a faim.
Je vois ça.
Inutile de me le demander, c'est non.
Demander quoi ?
On peut pas le garder.
Tu dînes avec nous ?
Je sais pas, je devrais faire quoi ?
Rien du tout.
Tu peux marcher ?
Oui.
- Aide-le. - Toi, aide-le.
J'y arrive pas.
Je peux marcher.
Non, je peux marcher.
Tu as quel âge ?
J'ai 90 ans.
90 ans, mon cul.
Tu dis ça pour te protéger ?
Ça marche ?
Non.
C'est quoi ton nom ?
Ely.
"Ely ?"
Où est le problème ?
Tiens pas sa main.
Ce petit garçon, c'est ton petit garçon ?
Ton fils ?
À ton avis ?
Je sais pas, je vois pas bien.
- C'est vrai ? - Oui.
Tu me vois ?
Non, mais je sens une présence.
Gentil petit garçon.
- Tu dois dormir. - Non.
Si.
Bonne nuit.
- Bonne nuit. - Dors.
Bonne nuit, fiston.
Ça, tu le vois ?
Quand j'ai vu ce garçon...
j'ai cru que j'étais mort
et que c'était un ange.
J'ai eu un garçon, autrefois.
Le mien.
Il est parti.
Je pensais pas revoir un enfant.
Je pensais pas que ça m'arriverait.
C'est un ange.
Pour moi, c'est un dieu.
Dieu l'en préserve.
Parcourir les routes avec le dernier dieu
est tout bonnement...
extrêmement dangereux.
Et ton fils ?
Je ne peux pas en parler.
Pas avec toi, en tout cas.
Je savais que ceci ou un truc similaire arriverait.
Il y a eu des signes.
Certains n'y ont pas cru. Moi, si.
Tu t'y étais préparé ?
Qu'aurais-tu fait ?
Même en sachant, tu aurais pas su quoi faire.
Mais imaginons...
que tu sois le dernier homme.
Comment savoir que tu es le dernier ?
Tu ne le saurais pas. Tu le serais, point.
Dieu le saurait.
Dieu ne saurait pas...
Dieu ne saurait pas ce qu'Il sait.
S'il y a un Dieu, Il nous a tourné le dos.
Quiconque a créé l'humanité ne trouvera aucune humanité ici.
Non, monsieur.
Alors, prends garde.
Prends garde.
As-tu souhaité mourir ?
Non.
C'est folie de demander du confort par des temps pareils.
- Il va mourir et tu t'en fiches. - Pas du tout.
Quand on aura rien à manger, tu y repenseras.
Tu dis toujours de faire attention aux méchants.
Le vieil homme n'en était pas un.
On fait plus la différence.
C'est bien caché.
On est où ?
À 150 km de la côte, à vol d'oiseau.
À vol d'oiseau ?
Ça veut dire en volant en ligne droite.
Pour un oiseau.
Il n'y a pas d'oiseaux, hein ?
- Que dans les livres. - Oui, dans les livres.
Il reste des oiseaux, tu crois ?
C'est improbable.
Ils ont pu s'envoler vers Mars ?
Écoute, rebroussons chemin.
C'est quoi ?
Viens, cours !
Cours !
Partons !
Allez, cours !
Attends !
Arrête-toi !
Ici !
Baisse la tête !
Tout va bien.
Ça va.
C'est fini.
J'ai fait un cauchemar.
Arrête.
Arrête.
Je lui explique que les cauchemars prouvent
qu'on lutte encore, qu'on est encore en vie.
C'est quand on rêve de bonnes choses
qu'il faut s'inquiéter.
On est ici ?
Non.
On est plus près que ça.
On est là.
Et ça, c'est la mer.
Tout ça ?
Elle est bleue ?
La mer ?
Je ne sais pas.
Elle l'était.
Attends.
Désolé, elle n'est pas bleue.
Ça ira, on continue vers le sud.
Il y a quoi de l'autre côté ?
Rien.
Il doit y avoir quelque chose.
Il y a peut-être un père
et son petit garçon, assis sur une plage.
Ça va ?
Je me sens pas...
Qu'as-tu ?
Bon sang !
Tu es brûlant.
Excuse-moi.
Voyons, tu n'as rien fait de mal.
Je suis là.
Je peux poser une question ?
Bien sûr.
Que ferais-tu si je mourais ?
Si tu mourais...
je voudrais mourir aussi.
Pour être avec moi ?
Oui.
Pour être avec toi.
Tu vas où ?
Sur le bateau.
Pour faire quoi ?
Voir ce qu'il y a pour nous.
Tiens.
Surveille bien alentour.
D'accord ?
D'accord.
Reste au chaud.
Que s'est-il passé ?
- Désolé ! - Ils ont tout pris !
Notre nourriture !
Mes chaussures !
Putain de merde !
- Pas grave. - Je suis désolé !
Je voulais pas m'endormir !
Tu verras, on récupérera tout.
Écarte-toi du chariot. Lâche ça.
Je lâche que dalle.
Saloperie !
Ne le tue pas !
Je t'en prie !
C'est bon.
J'ai fait comme t'as dit.
- Je t'en prie. - Écoute-le.
Tu nous suis depuis quand ?
Je vous suivais pas.
J'ai vu le chariot, je l'ai pris.
J'ai pas touché au garçon.
- Déshabille-toi ! - Non !
- Vire tout ! - Non, pas ça.
Fais-le !
Bon, d'accord.
Ou je te tue ! Sans hésiter !
Je veux pas d'ennuis.
S'il te plaît.
T'es pas obligé.
Les chaussures aussi.
Dans le chariot.
Balance-les !
Allez !
C'est pas obligé de faire ça.
Pas obligé de me faire ça.
Tu ne t'es pas gêné.
- Je t'en supplie. - Papa !
Je crève de faim.
T'aurais fait pareil !
Je vais crever.
Je vais crever comme ça.
Je te fais
ce que tu as fait.
Aide-moi à tirer !
Tire !
On serait devenus quoi ? Apprends la leçon.
Je veux pas !
Je serai pas toujours là !
Tu devras t'occuper de toi tout seul.
Aide-moi à tirer le chariot !
Tu arrêtes de bouder ?
Il est parti.
- Non. - Je dois faire quoi ?
Aide-le, papa !
Aide-le.
Il a faim.
Il va mourir.
Il va mourir de toute façon.
Il avait si peur.
J'ai peur ! Tu comprends ?
C'est moi qui ai peur.
Tu n'as à t'inquiéter de rien.
Je m'inquiète.
Quoi ? Tu as dit quoi ?
Je m'inquiète !
Moi, je m'inquiète !
D'accord ?
Bon, aide-moi en poussant.
Papa !
Qu'as-tu trouvé ?
- C'est quoi ? - Un scarabée.
Regarde.
À terre !
Saloperie !
Non ! Papa !
Espèce d'enfoiré de ta race !
Qui d'autre est là ?
Pauvre merde !
Pourquoi vous nous suivez ?
On ne suit personne !
Vous nous suiviez.
Comme ça.
Comme ça, c'est ça.
Putain !
Attends.
Non !
Il faut l'abandonner.
J'y arrive plus.
Si j'étais Dieu...
j'aurais fait le monde tel quel.
Pas autrement.
C'est pourquoi je t'ai.
Je t'ai.
C'est bon.
Ça va aller.
Ne t'éternise pas ici.
Reprends la route.
Tu ignores ce qui t'attend.
Non.
Tu vas guérir, papa.
- Il le faut. - Ça devait arriver.
Continue vers le sud.
Fais tout comme je t'ai dit.
Garde l'arme
toujours sur toi.
Ne laisse personne te la prendre.
Trouve les gentils
mais ne prends aucun risque.
Tu m'entends ?
Je veux rester avec toi.
J'aimerais aussi rester avec toi, mais je ne peux pas.
Tu dois me laisser ici.
Non.
Emmène-moi avec toi.
S'il te plaît.
J'aurais voulu.
- S'il te plaît. - Je peux pas.
Je dois faire quoi ?
Tiens ma main, c'est tout.
Tu ne devais jamais me quitter.
Je sais.
Je regrette.
Mon garçon !
Mon garçon !
Mon cur t'appartient.
Depuis toujours.
Papa !
Où est l'autre homme ?
Ton père ?
Oui, c'était mon papa.
Viens avec moi.
Tu es un gentil ?
Oui, un gentil. Range ton arme.
Personne ne doit me la prendre, quoi qu'il arrive.
J'en veux pas mais ne la pointe pas sur moi.
Tu as deux solutions.
Rester avec ton papa
ou venir avec moi.
Si tu restes, planque-toi.
- Qui me dit que tu es un gentil ? - Personne, c'est un risque.
Tu as des enfants ?
Oui, on en a.
Un petit garçon ?
Et une petite fille.
Il a quel âge ?
Le tien, à peu de choses près.
Tu les as pas mangés ?
Non.
Tu manges pas les gens ?
On ne les mange pas.
Et...
tu portes le feu ?
Pardon ?
En toi.
Tu es du genre bizarre.
Tu le portes ?
Oui, je porte le feu.
Et je peux venir avec toi ?
Oui, tu peux.
Je te parlerai chaque jour.
Je n'oublierai pas.
Quoi qu'il arrive.
Quoi qu'il arrive, papa.
Je suis contente de te voir.
On vous suivait. Tu le savais ?
On t'a vu avec ton papa.
J'ai tellement de chance.
Je m'inquiétais pour toi.
On n'a plus à s'inquiéter désormais.
Qu'est-ce que t'en dis ? Ça te va ?
D'accord.
Sous-titres : Alain Delalande
Sous-titrage : C.M.C. - Paris
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