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MAISON DE COPRODUCTION POUR THE CHRYSANTHEMUM AND THE GUILLOTINE
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Un séisme détruit Tokyo et ses environs le 1er septembre 1923.
1.9 millions de personnes voient leurs vies bouleversées, et 105 milles trouvent la mort.
Dans le chaos après le désastre, des groupes d’autodéfense, la police et l’armée massacrent des Coréens et des communistes.
Le 16 septembre, Amakasu, un capitaine gendarme assassine violement Sakae Osugi, sa femme et leur neveu de 6ans.
Osugi était un leader du mouvement anarchiste.
À LA VOIX QUI VIENT DU CIEL DU NORD
JE CRIE :
"DITES-MOI SI VOUS SAVEZ OÙ SE TROUVE UN PAYS FORMIDABLE.
"UN PAYS OÙ LES PLEURNICHARDS AU REGARD COUPABLE PEUVENT VIVRE,
"OÙ EST-IL ? DITES-MOI SI VOUS LE SAVEZ."
Regardez-vous.
Prêtes ? Battez-vous !
Tout va bien.
Tout va bien.
- Dispersez-vous ! - On voit ses seins !
Dispersez-vous !
Dispersez-vous ! Le spectacle est annulé !
C'était un accident, on n'a pas fait exprès...
Vous ne m'avez pas entendu ? Dispersez-vous immédiatement !
À 50 KM DE TOKYO, ON RESSENT LE GRAND SÉISME DE KANTO
Attention !
Calmez-vous !
Arrête de paresser...
et mets-toi au travail !
Bien.
À ton tour, Kiku !
Oui !
J'y vais !
- Plus bas. - D'accord.
TROUPE DE SUMO FÉMININ TAMAIWA
Recommence tout de suite !
Trop faible !
Encore une fois !
Si tu ne roules pas
en regardant ton nombril, c'est dangereux !
D'accord !
Tu as quitté ta campagne pour ça ?
Tu devrais y retourner pour redevenir paysanne !
- Non, je reste ! - Lève-toi tout de suite !
Recommence immédiatement !
Suivante !
Tu gênes. Dégage !
CHRYSANTHÈME KIKU
Le sumo féminin est né au milieu du 18e siècle.
Peu de gens savent qu'il fut populaire
jusqu'aux années 1960, surtout en province.
À l'ère Taisho, il existait plus de 20 troupes
dont certaines étaient composées de plus de 30 lutteuses.
La plupart des troupes étaient originaires de Yamagata
et se seraient produites dans tout le pays.
1923
Laissez-moi passer !
20 SEPTEMBRE, OSAKA
Nous ne sommes pas de simples socialistes !
Nous dénions et détruisons tout. Nous sommes des anarchistes !
ANARCHISME : IDÉES POLITIQUES SELON LESQUELLES
L'ÉTAT ET LES AUTORITÉS EXISTANTS SONT NOCIFS
IL FAUT DONC CHERCHER UNE UNION SOCIALE HARMONIEUSE
TETSU NAKAHAMA, PRÉSIDENT DU PARTI DU VIDE EN EXTRÊME-ORIENT
Et vous croyez que j'ai 20 000 yens, une si grosse somme ?
Nous ne sommes pas là pour te taper de l'argent.
Nous avons pris la peine de venir jusqu'ici
pour récupérer l'argent que la famille de votre président, un duc, nous doit.
Ne dis pas que tu as oublié cette grosse dette.
Depuis qu'un ancêtre de votre duc a déclenché la guerre d'Onin il y a 600 ans,
sa famille a exploité les prolétaires pour des dizaines de milliards de yens.
Paye-nous, car nous représentons le prolétariat japonais.
Allez, rends-les-nous. Rends-les-nous vite !
Tu te moques de nous ?
C'est drôle.
Vous êtes amusants.
Ça me plaît. Votre bluff me plaît.
C'est pour m'avoir fait rire.
Mais je ne peux pas vous donner 20 000 yens.
Pour le reste, je fais une reconnaissance de dette.
Tu essaies de nous avoir, M. l'administrateur ?
Ne sois pas bête.
C'est la parole d'un homme donnée à un autre.
D'accord.
C'est la parole d'un homme donnée à un autre.
Guillotine.
Guillotine.
VISER UNE UNION SOCIALE HARMONIEUSE ?
MON ŒIL, LES GARS !
L'ÉTAT
Si tu satisfais l'un L'autre n'est pas satisfait
Si tu satisfais les deux Tu ne tiens pas le coup
Tu corromps les bonnes mœurs
Réfléchis aux problèmes du travail ! Réfléchis-y !
On les appelait aussi "les voleurs",
car ils volaient des fonds pour leur activité à des capitalistes.
SOCIÉTÉ DE LA GUILLOTINE
Excusez-moi !
La force des travailleurs est impressionnante...
Mais la plupart de l'argent volé était dépensé pour l'alcool et les femmes.
- Tu ne jouis pas encore ? - Ne me presse pas !
Tetsu !
Tu es là ?
Merde !
Qu'est-ce que tu fais là ?
J'y étais presque !
Alors, Dai,
tu acceptes enfin de coucher avec des femmes ?
M. Osugi a été... tué.
Quoi ?
Qu'y a-t-il ?
Que se passe-t-il ?
SAKAE OSUGI EST TUÉ EN DÉTENTION PAR LE CAPITAINE AMAKASU DE LA POLICE MILITAIRE
On connaît les méthodes de nos ennemis !
Les autorités maintiennent l'ordre en promettant la reconstruction au peuple.
Elles lui disent de travailler et d'obéir à l'État pour le mobiliser !
Le peuple se sent impuissant à cause de la terreur dans laquelle il vit !
Il a raison !
Dans ce cas, déclenchons une émeute, une révolte ou un assassinat !
Hé, dégage !
Dai.
Mais le terrorisme peut-il changer la société ?
Ce n'est pas une question de gain ou de perte !
Il faut juste punir les méchants.
Nous volons des gens tous les jours.
Ça peut déclencher une révolution ?
Assez !
Mangeons.
RÉVOLUTION ARGENT
AUTONOMIE
Il fait trop chaud pour une fondue.
Le tofu était en promotion.
Naka, j'espère que tu n'as pas mis de champignons vénéneux comme l'autre jour.
Tais-toi, poule mouillée !
HUIT JOURS PLUS TÔT AU TRUST DES FILATURES D'OSAKA
Tu fais quoi, là ?
- Oh non ! - Qu'y a-t-il ?
Je me suis trompé de personne.
KIICHI NAKA TIRE SUR LA MAUVAISE PERSONNE
Naka en voulait à ceux qui l'avaient battu et remercié
lors d'une réunion syndicaliste du trust des filatures d'Osaka.
Il voulait tirer sur un des administrateurs, Ichiji Iio, et le voler.
Mais il blessa un autre administrateur,
Otokichi Shoji, en lui tirant dessus par erreur.
Ogawa ?
Ogawa !
Tokyo est un enfer !
YOSHIO OGAWA, ANCIEN MOINE
Ogawa, de l'eau.
Hé, le moine, viens manger par là.
C'est décidé !
Je vais me sacrifier pour la société et le peuple !
Bien dit !
- Tiens. - Merci.
Comme le disait Shusui Kotoku,
"Là où coule l'eau, il y aura un conduit."
Soulevons-nous sans rien demander en retour !
Tuons les politiciens et les riches qui font souffrir le peuple !
Oui !
Combien de fois on en a parlé ? C'est toujours la même chose.
De toute façon, vous ne faites rien ! C'est vous, nos ennemis !
Arrête, Yunoshin !
Passons à l'acte.
Lequel ?
Vengeons l'homme aux grands yeux.
Et qui tuerait-on ? Amakasu ?
Il est en prison.
Il a un frère à Matsuzaka, en préfecture de Mie.
Matsuzaka ? C'est à côté.
C'est encore un gamin. Vous voulez le tuer ?
Pas le choix. Il se substitue à Amakasu.
Yunoshin, es-tu prêt à le faire ?
Le frère n'est pas impliqué !
Il l'est indirectement.
Si tu insistes, vas-y.
Moi, je tuerai quelqu'un de plus important !
Quel fanfaron !
Il n'y a que nous qui pouvons le faire.
Qui s'y colle ?
Allez !
Ici aussi, c'est un enfer !
Tu as raison.
C'est vraiment un enfer !
On a arrondi le haut et le bas
Manteaux, pantalons et pousse-pousse
Coiffures chics et bonnets
Les gens sont habillés Comme dames et gentlemen
Leur apparence est magnifique
Mais ils sont dépourvus De pensée politique
Ils ne comprennent pas la réalité du monde
Semons les graines de la liberté Dans leurs cœurs !
De nos jours, ceux qui ne font pas d'études ne survivent pas.
Goro Amakasu !
ÉCHEC DE L'ASSASSINAT DU FRÈRE D'AMAKASU
Lâchez-moi !
YUNOSHIN TANAKA ARRÊTÉ
Dai, ça va ?
C'est moi qui ai décidé de ce plan.
Sinon ce sera la fin de la Société de la Guillotine.
Je ne fuis plus.
Ils arrivent.
Donnez-nous de l'argent pour la révolution !
16 OCTOBRE, AFFAIRE KOSAKA
Dai !
Dai, dépêche-toi !
DAIJIRO FURUTA COMMET UN MEURTRE
TETSU NAKAHAMA SOUFFRE DE LA VESSIE À CAUSE DE LA SYPHILIS
Tetsu, ça va ?
Hé, les gars !
Vous étiez quatre et vous n'avez volé que ça ?
Konishi, ils n'étaient pas censés avoir 10 000 yens sur eux ?
- Ils les avaient. - Où sont-ils ?
Où sont-ils ?
Peut-être dans le sac de l'homme que Dai a suivi.
Je suis désolé.
Tu as tué quelqu'un pour zéro yen !
C'est pas croyable !
Ils n'y peuvent rien. Désolé d'avoir dû rester au lit.
Où est Kurachi ?
Il a dû fuir, comme d'habitude.
- Encore ! Ce salaud ! - Avec ses belles paroles !
Tetsu !
Ça pue !
- Ne te lave pas les couilles ici ! - J'ai mal, j'ai pas le choix !
La police ! On est découverts !
Fuyons !
Arrêtez-vous !
Tout de suite !
Fuyons !
Ça va ?
Mais Tetsu...
C'est décidé !
Quoi ?
Je vais faire ce que ni Shusui Kotoku ni Suga Kanno n'ont su accomplir !
- Tuer l'empereur ? - Non, plus que ça.
Sa vie ne vaut pas la mienne.
Le prince héritier.
Sa mort clouera son père au lit, à jamais.
Notre ennemi est à Tokyo. On y va !
THE CHRYSANTHEMUM AND THE GUILLOTINE
- Kiku ! - Oui ?
Je sens une odeur.
D'accord !
Oh non...
Ajoute de l'eau, et personne ne remarquera rien.
Rivière Tokachi, pourquoi n'avez-vous rien fait ?
Après le grand séisme de Kanto, la récession est arrivée
et des Tokyoïtes se sont réfugiés en province.
STATION DE RADIO MARINE DE FUNAHASHI
Des profiteurs qui vendaient à des réfugiés de la nourritures pour porcs,
et même du compost, étaient désignés comme "vendeurs de restes".
Allez-vous-en !
Vous ne pouvez pas payer !
Venez, venez.
Seulement deux sens le bol.
Il y a du poisson dedans, c'est nourrissant.
C'est délicieux. Venez.
Grâce à l'état d'urgence, les autorités nous surveillent peu.
Pourquoi ne pas improviser des luttes entre des spectateurs masculins et elles ?
Ou on recrute des filles qui montrent leurs seins ?
Bien sûr...
Je vous ai engagés en ces temps difficiles.
Laissez-moi gagner de l'argent.
Nous ferons tout pour vous aider.
Alors, laissez-nous faire.
Si tu le dis. Je vous laisse faire.
M. Sakata a raison, chef.
- Tais-toi ! - D'accord.
C'est fade.
Je suis désolée.
Tu l'as brûlé et ajouté de l'eau ?
Ça se devine facilement si tu fais ça.
Va préparer autre chose.
Tu as déjà mangé comme un cochon.
Qui a dit ça ?
Pardonne-lui pour aujourd'hui.
Elle fera attention désormais.
Elle a raison. Soyez solidaires.
Pour qui il se prend ?
En ces temps difficiles, on fait tous des compromis.
Rivière Tokachi ! Tu ris ? C'est pas le comportement d'une bleue.
Imbécile.
Tu te prends pour qui ?
- Ça suffit. - Hé oh !
Arrêtez !
Arrête-les.
Oui.
D'ailleurs, on ne montrera plus nos seins.
Notre seul atout, c'est notre sumo, chef !
Je sais bien !
Sanji ! Hé !
Sanji !
Bon, d'accord...
Hé !
Arrêtez ça !
Sanji !
Kiku.
C'est pas bon. Je ne peux pas manger ça.
PAYS DE YONA, ORIGINAIRE DE RYUKYU
Pays de prunier, je vais refaire la fondue.
Alors, apprenez-moi.
Apprenez-moi à devenir aussi forte que vous.
Donnez-moi plus de leçons. Je vous en prie !
J'aimerais bien voir ça.
Votre attention à tous, de l'est à l'ouest.
Nous sommes la troupe de sumo féminin Tamaiwa, de l'empire du Japon.
Pareils aux pins qui ne varient pas de couleur d'une saison à l'autre.
Nous vous demandons de nous soutenir au fil des générations.
Nous vous en prions !
Il paraît que ces lutteuses font du sumo nues, en remuant leurs seins.
Leurs seins ne les gênent pas quand elles se battent ?
Tu ressembles à un fantôme.
Tu as été une bête de foire ?
Hier, l'empereur a publié une proclamation visant à élever la morale nationale.
Il est en colère, car les mœurs immodérées sont nos ennemies !
La liberté voulue par les socialistes ainsi que les mœurs urbaines
ont provoqué la colère des cieux, qui ont déclenché le grand séisme !
Les paysans doivent devenir des soldats.
L'empire du Japon sera l'égal de l'Occident !
Les peuples de Chine, de Corée, de Taïwan, des îles du Pacifique
doivent devenir des sujets de notre empereur !
Nous ne pourrons pas gagner la guerre à venir avec les seuls soldats actuels.
Le jour où nous, vétérans réservistes, rejoindrons les armés est proche.
Hé !
Que faites-vous ?
C'est quoi, ce rassemblement ?
La milice doit se disperser !
Les vétérans doivent secourir les sinistrés et organiser des collectes !
Chef de section, tu connais les ordres, non ?
Les révoltes des Coréens et des socialistes n'étaient que rumeurs ?
Qui a décidé de ça ?
Les personnes haut placées !
Nous sommes critiqués par l'étranger !
Ils sous-estiment notre régime.
Dispersion !
- De quel droit ? - Reste tranquille !
Tu as vendu ton âme ?
Qu'est-ce que tu racontes ?
Tu es un sujet indigne de l'empereur.
Quoi ?
Hé, attends !
Attends !
Elles sont habillées.
Elles seront nues pour faire du sumo.
J'espère qu'elles seront nues.
Hé !
Imbéciles ! Non, elles ne le seront pas !
Impossible !
De mon vivant, je ne tolérerai aucun manquement à la morale.
Allez-vous-en !
Dispersez-vous !
Tu as raté le petit-déjeuner à cause du chahut, non ?
Mais...
Tu n'as qu'à nous rejoindre tout de suite.
Dis...
tu as tes règles ?
Non, mais...
Tu n'as qu'à avorter.
Débarrasse-toi du problème.
Pourquoi tu m'as fait ça ?
Tu as été envoyé par mon mari, non ?
Quoi ?
Kiku, le chef te cherche.
C'est plein de boue,
mais tu peux encore manger.
Kiku !
Attends !
Dis... Qui est cet homme ?
"'Osugi, l'homme aux grands yeux !'
"Je suis devant un squelette et lui parle ainsi."
On demande aux patrons d'usines de fixer un salaire minimum.
PREMIER RASSEMBLEMENT SYNDICAL
Le communisme anarchique !
Passez à l'acte !
"Il garde le silence.
"Il me regarde et rit jaune."
Ce rassemblement est le nôtre !
SAKAE OSUGI ET SON FAMEUX DÉTOURNEMENT DE DISCOURS
Travailleurs !
Nous ne sommes pas les esclaves des capitalistes !
Écoutez bien. C'est le nouveau...
"Le blanc de ses yeux
"mouillé parfois par les larmes noires et chaudes,
"brille comme la lumière de la mer sous le soleil.
"Ses yeux percent mon visage."
Vous "d-d-devez" profiter de cette occasion
pour vous entraîner à une nouvelle vie.
Ce n'est pas tout.
Agissez librement n'importe où.
"Je lui dis : 'Je vois une vie brève, d'après tes traits de visage.'
"Il me dit : 'Écoute.
"'Tu es pareil que moi.'
"'Ça me va.
"'Je ne veux pas vivre jusqu'à 30 ans.'
"Il me dit : 'Dans ce cas,
"'j'ai déjà vécu plus longtemps que toi.'"
Écoutez bien ! Nous ne sommes pas leurs esclaves !
Passez à l'action directe !
L'action directe des travailleurs
est l'activisme le plus efficace !
Regardez !
Ça, c'est notre force !
Regardez, c'est notre force !
Emmenez-le !
Regardez, c'est notre force !
"Le sourire dédaigneux. Le rire jaune. Le blanc des yeux qui me fixe."
Tetsu, je n'ai rien pu attraper pour le petit-déjeuner.
Je vois. C'est pas grave.
Kyu.
GENJIRO MURAKI
KYUTARO WADA
Kyu.
Kyu, le paresseux !
Désolé de te réveiller aussi, Gen.
Pour venger Osugi,
on pourrait attaquer Masataro Fukuda, commandant de la loi martiale,
Giichi Tanaka, ministre de la Guerre,
ou Matsutaro Shoriki, ancien secrétaire général de la préfecture de police.
Comme nous l'avons dit hier soir, nous ne l'envisageons pas.
Vous êtes trop impulsifs.
Ne mens pas, mon vieux.
Dai, bonjour.
Bonjour.
Kyu et Gen, vous avez bien dormi ?
Oui.
Kyu.
Oui ?
Osugi n'aurait pas dû assister à la révolte de riz à Osaka.
Il a incité des journaux à écrire dessus, donc il est devenu la cible.
"La révolte doit être menée par la masse !
"Les bolchevistes ne faisaient que n-n-nous regarder à l'action !
"Nous, nous nous sommes jetés pour mettre le feu !
"C'est p-p-pour ça que l'État a eu peur !"
C'est ça ?
Les bolchevistes ont été arrêtés. Le temps de l'activisme est terminé.
- Tetsu, ne dis pas ça. - Écoutez.
Notre objectif ultime est l'assassinat du prince héritier.
Vous êtes sérieux ?
En voyant Tokyo dévasté par le séisme, j'ai pensé ainsi :
"La nature s'est vengée de nous, mais elle n'a pas pu renverser la société."
Seuls les hommes peuvent renverser la société humaine.
Kyu et Gen, je parie que vous pensez venger Osugi.
Réalisons ça main dans la main.
- Vous êtes prêts au sacrifice ? - Quel sacrifice ?
- Le terrorisme consiste à tuer des gens. - Je sais bien, crétin !
Je n'ai pas terminé.
Vous ne vous décidez pas, ça finit par me fatiguer.
Au fait, il paraît qu'une troupe de sumo féminin est là.
Allons la voir.
- Il ne faut pas ! - Pourquoi pas ?
Parce que... les lutteuses de sumo doivent être nues...
C'est pour ça qu'on veut les voir, imbécile !
Tu me demandes d'arrêter le sumo
Mais comment le pourrais-je ?
Le sumo est comme l'homme
Le plus dandy au monde
Super !
Dai, allez !
"Le sumo féminin de l'empire du Japon." C'est impressionnant.
Allez, Pays de prunier !
Incroyable !
Plus d'érotisme !
Votre attention à tous, de l'est à l'ouest !
Le sumo féminin certifié par l'empereur va commencer.
Nous vous demandons de nous soutenir.
Nous vous en prions !
À ma droite, Rivière Mogami !
À ma gauche, Petit cerisier !
Elles vont enfin se déshabiller ?
C'est un combat entre deux petites lutteuses.
Quoi ? Elles ne se déshabillent pas ?
Allez, Petit cerisier !
Pas encore.
Pas encore.
Anéantis l'ennemi !
Regardez-vous.
Prêtes ? Battez-vous !
Vas-y !
C'est bien !
C'est bien !
Petit cerisier, résiste !
Impressionnant !
Petit cerisier !
Regardez-vous.
Rivière Tokachi !
Prêtes ? Battez-vous !
Courage, Rivière Tokachi !
Rivière Tokachi !
Regarde-moi, Rivière Tokachi !
Regarde-moi !
Tu es la meilleure, Rivière Tokachi !
C'était bien !
Hop là !
Hop là !
Bon courage !
Jeune brocart !
Jeune brocart, courage !
Mont Hideri, ne te laisse pas faire !
Regardez-vous.
Prêtes ? Battez-vous !
Résiste !
C'est fini !
Tu as vu ça ?
Jeune brocart, tu es la meilleure du Japon !
Tu t'es bien battue, Mont Hideri !
La gagnante est Jeune brocart !
Ils viennent gâcher le plaisir...
À ma droite, Tigre Katsu !
Kyu et Gen, vous n'avez pas été suivis ?
Si...
mais nous les avons semés.
- Un fantôme ! - Yona le fantôme !
Kyu, tu es allé à Ryukyu, non ?
Si, pour un voyage de propagande dans l'Ouest. C'était bien.
Gen, on a dit que tu prévoyais de tuer Takashi Hara,
alors tu as envoyé Kyu à Ryukyu et Osugi au laboratoire d'entomologie à Gifu
pour qu'ils ne soient pas suspectés.
De toute façon, c'est Nakaoka qui a tué le Premier ministre.
Vas-y, Tigre Katsu !
Bon courage !
Fantôme !
Fantôme, ton visage fait peur !
Bon courage !
Regardez-vous.
Prêtes ? Battez-vous !
Fantôme, bien joué !
Tigre Katsu !
La gagnante est Pays de Yona !
Magnifique !
Rentre à Ryukyu !
La capitale impériale a été sinistrée par le séisme.
Et vous vous passionnez pour le sumo féminin ! Quelle honte !
Honte à vous !
Nous sommes là aussi pour réconforter ceux ont été choqués par le séisme.
Nous donnons un spectacle sérieux grâce à notre imprésario, M. Kantaro Sakata.
M. Sakata.
Touchés par son enthousiasme,
nous avons décidé de faire un spectacle en plein air de 10 jours ici.
Chef de section, vous l'avez entendu.
C'est un vétéran. Restez discrets.
Sanji.
À ma droite, Chrysanthème Kiku !
À ma gauche, Camélia Tama !
Maegashira, bon courage !
Ne te fais pas battre !
Renverse le rapport de force !
Regardez-vous !
Prêtes ? Battez-vous !
Vas-y ! C'est bien !
Tu peux y arriver !
C'est fini !
Tu t'es bien battue !
Tu n'as pas démérité.
La gagnante est Camélia Tama !
À ma droite, Pays de prunier !
À ma gauche, Cerisier Haguro !
Écoutez bien !
Au moindre signe d'immoralité, le spectacle sera annulé.
Souvenez-vous-en.
Surveillez-les bien.
Allez, allez !
Hop là !
Hop là !
Vas-y !
- Allez, Pays de prunier. - Courage, Pays de prunier.
Du nerf !
Regardez-vous.
Prêtes ? Battez-vous !
Impressionnant !
C'était bien, Pays de prunier !
C'était un bon combat !
- La gagnante est Pays de prunier ! - La meilleure du Japon !
J'ai bien apprécié le sumo féminin.
Même si je suis déçu de ne pas les avoir vues déshabillées.
Quelque part, les amis qu'on ne connaît pas se battent contre un grand ennemi.
Content de le savoir.
Tu es trop compliqué !
La cible de notre vengeance sera...
Masataro Fukuda, commandant de la loi martiale de Kanto.
- Nous vous rejoignons. - Ça y est ! Plus besoin de discuter.
Dans ce cas...
Quoi ?
Il faut de l'argent.
Tu veux nous voler, Tetsu ?
Bien sûr que non !
Content de pouvoir compter sur toi, mon vieux !
C'est tout ?
C'est tout ce que j'ai.
Mais il faudra frapper au bon moment.
Je ne vous raccompagne pas jusqu'à la gare.
Gen, prends soin de toi.
Je ne suis pas si fragile que ça.
Écoute, Dai.
Ne gâche pas ta vie, d'accord ?
Vive l'anarchisme !
Hourra !
Hourra !
Aide-nous !
Où vas-tu ?
Qu'est-ce qu'elle a ?
Désolée pour le petit-déjeuner...
Le chef t'a passé un savon ?
Non. C'était délicieux.
Je parie que le grand chignon Ginkgo t'ira bien.
Celui de championne ? Merci.
Qu'est-ce qu'elle t'a dit ?
Fais attention à Petit cerisier.
Tu sais quoi ? Elle préfère les femmes !
Quoi ?
Fais attention.
C'est quoi, ça ?
Rivière Tokachi. Rivière Tokachi...
Je t'en prie, épouse-moi.
S'il te plaît.
Regarde.
Tiens.
D'accord ?
Rivière Tokachi...
Qu'y a-t-il ?
Au secours !
Les vétérans revenant de Sibérie recevaient une médaille et une pension.
Mais comme ils commettaient des crimes moins d'un an après leur retour,
beaucoup d'entre eux perdaient leur médaille d'honneur.
Où étais-tu ?
Mets-toi un peu au travail.
Hatsu.
Va voir ta mère.
Il y a quelqu'un ?
Le sumo féminin est...
- Messieurs ? - Des lutteuses de sumo ?
Messieurs !
- Hé, Tetsu ! - Ne t'inquiète pas.
Pardon, je me suis trompé de pièce.
Désolé.
Où sont les lutteuses de sumo ?
Que veux-tu ? Elles sont par là, mais...
- Ah bon ? Merci. - Attends !
Bonsoir !
Qui êtes-vous ?
- Ils sont montés seuls... - Je suis Ryunosuke Suzuki, écrivain.
Je suis en train d'écrire un roman dans ma villa.
Et voici mon assistant.
J'ai assisté à votre spectacle aujourd'hui et j'ai été très impressionné.
Les lutteuses sont des modèles pour les femmes de nos jours !
J'ai eu envie d'écrire un roman sur elles.
Je voudrais organiser des entretiens avec elles.
Je vois...
En particulier, Rivière Tokachi et Chrysanthème Kiku.
Laissez-nous donc nous joindre à vous ce soir.
Désolé, il leur est interdit de partager un repas avec un admirateur.
Et eux ?
Ce sont nos imprésarios.
Allez. J'accepte de m'asseoir là.
Non, vous ne pouvez pas.
Mais je ne bougerai pas.
D'accord !
Chef de section, oubliez ça.
Allez-y. Buvez.
Je vous en prie.
Désolée pour le dérangement.
Vous, les vétérans, et nous, avons formé la milice ensemble, n'est-ce pas ?
Comme mes gars étaient tous des imbéciles,
ils ont intimidé tous ceux qu'ils pensaient être coréens.
Je pense que certains l'étaient, mais la plupart étaient juste des péquenauds.
Ils les ont tous tués au sabre et ils ont été arrêtés.
Chef, aucun vétéran n'a été arrêté, si ?
Tetsu.
Tu l'as entendu ?
Aucun soldat de l'armée impériale n'est aussi stupide !
Hé ! Hé, oh !
Attends !
Ne prends pas la mouche.
Oublions et recommençons à boire !
C'était un spectacle pitoyable aujourd'hui, comme d'habitude.
Rivière Tokachi, il n'y avait que des hommes qui voulaient te voir.
Ah bon ?
Ils ne viennent pas voir ton sumo, mais ton corps. Là, tu es invincible.
Répète un peu ?
Bien sûr.
Arrête de te comporter comme une prostituée.
Arrête !
Tu fais quoi, là ?
Tout le monde est au courant
que tu vends ton corps partout où nous allons !
Vous ne pouvez pas comprendre ce que je ressens !
Katsu !
Ça suffit, toutes les deux !
Katsu !
Garce !
Rends-moi ça !
Rends-moi ça !
Katsu !
Quel est le problème si je gagne de l'argent en vendant mon corps ?
C'est pareil que le sumo !
Tu es la seule à gagner autant.
Ce sale argent...
Allez, tout le monde ! Ramassez-le.
Ramassez-le !
Partage avec nous.
Ça suffit !
Katsu !
Tu es ma nièce, mais là, tu dépasses les bornes.
On a tous des difficultés !
Ne passe pas ta frustration sur autrui ! Il faut penser aux autres !
C'est à moi...
C'est à moi !
Je ne le donnerai à personne ! À personne !
Je ne le donnerai pas !
Tu n'es pas mon père.
Katsu ?
Qu'est-ce que tu as ?
Ne vous approchez pas !
Rivière Tokachi est coréenne.
Elle parle la même langue que les mineurs coréens dans ma campagne.
Petit cerisier, tu l'as entendue aussi, non ?
Je ne sais pas
si elle est coréenne ou non.
Comment ça ?
Tetsu.
Oui ?
Il nous faut des bombes.
Avec des explosifs, pas d'échec.
Les pistolets sont inutiles. Il nous faut des bombes.
C'est vrai...
Ces lutteuses de sumo t'ont fait perdre la tête ?
On a été suivis.
Aïe !
Nous sommes venues gentiment, et c'est quoi, cet accueil ?
Rivière Tokachi ?
- Ça va, Tetsu ? - Rivière Tokachi !
Tu vas bien ?
Aïe...
Je vais bien.
C'est donc ça, la villa d'un écrivain...
Nous sommes venues pour l'entretien.
Je m'ennuyais avec mon assistant, un bon à rien.
La lune est belle. Pourquoi ne pas boire du saké dehors ?
Quelle chouette idée ! Je suis partant.
Il fait un peu froid.
- On part de notre côté. - Quoi ?
Tous les hommes aiment Rivière Tokachi.
Ça me démange...
Ça te démange ?
Comme je viens d'un petit village de pêcheurs, la mer me fait cet effet.
La mer de Genkai à Kyushu.
Tu connais ?
Je l'ai traversée en partant de la Corée.
Pardon.
Tu sais, je suis venue au Japon de mon propre gré.
Les Japonais nous maltraitaient.
J'ai pensé que ça ne pourrait pas être pire au Japon.
Mais j'avais tort.
J'ai été prostituée à Asakusa.
Tu me trouves sale ?
Non.
Le séisme a frappé.
J'ai réussi à fuir, mais j'ai été arrêtée.
On m'a fait chanter l'hymne national japonais
et dire des expressions difficiles comme "15 yens 50 sens".
Des imbéciles ont fait courir de fausses rumeurs.
Ils nous ont rassemblés de l'autre côté de la rivière Ara.
Vers 22 h,
une milice, des pompiers et même des collégiens nous ont fouillés.
Après ça,
ils nous ont alignés.
Et ils nous ont attaché les pieds et les mains.
Ils nous ont dit : "Attendez ici.
"Si vous bougez d'un centimètre, nous vous tuerons."
Vers minuit...
j'ai entendu des tirs venant de l'autre côté du pont.
Un garçon a crié : "Maman !" en coréen.
Ensuite...
le jour s'est levé...
Les miliciens ont décapité des Coréens
de leurs sabres.
J'ai eu si peur...
Je ne voulais pas mourir...
J'ai retiré mes liens et j'ai fui.
Quand je suis arrivée au bout du pont,
je ne savais pas où mettre les pieds,
car le pont était totalement couvert de cadavres des Coréens tués...
Bon sang !
Pourquoi ?
C'est pas moi qui ai fait ça, mais je présente mes excuses.
Je suis vraiment désolé !
Bon sang ! Allez au diable !
Allez au diable !
Allez au diable !
Zut... Encore une fois.
Tu as gagné.
La 1re fois que j'ai vu des lutteuses, je n'en croyais pas mes yeux.
Je me suis demandé comment ces femmes pouvaient être si fortes.
Et j'ai pensé que je pourrais devenir forte aussi.
Pourquoi veux-tu devenir forte ?
Les paysans sont malheureux s'ils ont une fille.
Elles sont envoyées dans les filatures pour gagner une misère.
Ensuite, soit elles meurent de la tuberculose attrapée à l'usine,
soit elles quittent l'usine et deviennent hôtesses de bar.
Ma sœur est morte en laissant son bébé derrière elle.
J'ai dû épouser son mari.
J'ai pensé que c'était pas trop mal, mais j'avais tort.
Tu as donc pris la fuite.
Je peux changer les choses si je suis forte.
De pauvre, on peut devenir riche.
De faible physiquement, on peut devenir fort.
Si tel n'est pas notre destin tout de suite, on peut éviter la mort.
Il ne faut plus renoncer aux choses auxquelles nous renoncions.
C'est ça, être aussi forte ou plus forte qu'un homme, pour une femme.
Si on est faible, on ne peut rien changer.
Je voudrais gagner aussi.
Contre qui ?
Je me le demande...
Ceux qui me regardent de haut.
C'est idiot.
Faisons un autre combat, si tu veux bien.
Apprends-moi.
Apprends-moi cette technique !
Je n'ai pas réfléchi...
C'était un uchimuso !
J'ai froid !
Tu n'atteindras pas le grade le plus haut : le yokozuna !
- Chez les femmes, c'est le ozeki. - Pas le yokozuna ?
On n'ose pas se comparer au sumo masculin.
Dites-le à Ichiko Kamichika. Elle viendra en criant : "Libérez les femmes !"
Tu vas attraper froid !
Kiku, bats-le !
Moi ?
C'est le mont Fuji
Soutenez le sumo féminin.
Recouvert de neige blanche
Venez voir le sumo féminin.
Qui fond au rayon du soleil matinal
Jeune fille
Le chignon
Est défait par la compassion
Venez voir le sumo féminin...
Hé ! Parle plus fort !
Le sumo féminin, c'est pour le prolétariat. Venez voir !
Avec plus d'entrain !
Le sumo féminin se bat aux côtés du prolétariat !
Venez voir !
C'est complet tous les jours ! Ne le ratez pas !
VENEZ VOIR LA TROUPE DE SUMO FÉMININ TAMAIWA
Le sumo féminin se bat aux côtés du prolétariat !
Venez voir !
Dai ! Viens chercher des tracts !
D'accord !
- Merci. - Bon courage.
Venez voir le sumo féminin.
Le sumo féminin se bat aux côtés du prolétariat !
Le sumo féminin se bat aux côtés des prolétaires !
Venez voir le sumo féminin !
Venez manger !
Ces sont des poissons que j'ai pêchés. Mangez tout !
Au plus profond de Paris La ville Lumière
Des fleurs de sang sont épanouies Dans les ténèbres
De l'eau boueuse De crime et de châtiment
Sont nées les fleurs du mal
Dans des égouts sombres et froids
Des Apaches ont grandi dans l'humidité
Au fond de la terre Où il n'y a pas de lumière
Les Apaches sont nés dans les ténèbres
J'ai un rêve.
J'ai un rêve !
C'est de créer notre propre pays en Mandchourie !
On sera tous égaux.
On mangera et travaillera tous de la même façon. Il n'y aura ni pauvre ni riche.
Une utopie de cohabitation et de coprospérité !
Est-ce possible ?
Oui.
J'irai aussi !
TETSU NAKAHAMA ET RIVIÈRE TOKACHI
Tu peux aimer n'importe qui.
Sois égoïste.
Sois folle !
Hé, Katsu !
Hop là !
Danse !
Katsu, danse !
Allez, Katsu !
Tu es allée dans la mer ?
C'est ma première fois.
Petit cerisier, alias Haru Oishi, est là ?
Haru Oishi qui vient de Honjo à Tokyo ? Est-ce correct ?
Yoshioka.
Que se passe-t-il ?
Son mari a déposé un avis de recherche.
Venez, nous avons aussi des questions à vous poser.
Sanji.
Je te confie le spectacle de cet après-midi, d'accord ?
Oui.
Petit cerisier !
C'était il y a un an qu'elle est venue nous rejoindre ?
Présente tes excuses à ton mari en rentrant.
Tu m'écoutes ?
Je ne présenterai jamais mes excuses.
- J'aurais dû mettre le feu à la maison. - Comment ?
Tu es une traîtresse !
Ça suffit. Mets-la debout.
Debout, traîtresse !
Ravie d'être la traîtresse !
Si je n'ai aucun espoir, je veux faire comme je l'entends !
Viens ! Allez !
Petit cerisier !
- Ne te laisse pas faire ! - Petit cerisier !
Debout !
Viens !
- Petit cerisier ! - Petit cerisier !
Ne te laisse pas faire !
- Petit cerisier ! - Ne te laisse pas faire !
Ceux qui accompagnent ces lutteuses de sumo doivent être des socialistes !
Il y a même une lutteuse coréenne !
Il n'y a plus de révolte.
Écoute, Maruman !
Quoi ? Tu te prends pour qui, vétéran ?
Et le meurtre des Coréens...
La milice a juste suivi un ordre, n'est-ce pas ?
Je mène une autre enquête sur le sumo féminin.
Quelle enquête ?
Ce ne sont pas vos affaires.
Je suis occupé !
Dai, donne-moi de l'eau.
- Plus. - Plus ?
Je sais qui c'est !
Tu m'as fait peur !
Qu'y a-t-il ?
Tu te rappelles l'homme qui était avec le commissaire de police à l'auberge ?
Le chauve ?
C'était Shoriki. Matsutaro Shoriki.
De la préfecture de police ?
Il aurait fait courir des rumeurs sur les socialistes et les Coréens.
La cavalerie de l'armée aurait tué plein de Coréens au camp de réfugiés.
Shoriki a dû devenir directeur général de la préfecture pour couvrir le massacre.
Tetsu, donne-moi ça.
C'est urgent. On y va !
- Où ça ? - Peu importe.
Hé !
Attends-moi, Dai.
Dai.
Tu es sérieux ? Shoriki ne vaut rien.
- Je vais le tuer tout seul. - Gen a dit que notre cible était Fukuda.
Tu es un dilettante.
Tu n'as aucun but.
"La Guillotine" ? Un gamin aurait trouvé ce nom...
Parce que je suis un poète !
Tu pensais réellement apprendre à piloter un avion pour aller en Mandchourie ?
Les gens normaux ne peuvent pas comprendre mon idéal !
Hé, Dai.
Dai, écoute-moi.
Yunoshin a été arrêté à cause de ce que tu lui as fait faire !
Il s'est porté candidat ! Tu étais là aussi.
Notre philosophie est l'autonomie libre.
Tu n'es qu'un beau parleur qui ne passera jamais à l'acte.
Moi, j'ai tué un homme.
J'irai en enfer sans toi.
Attends, connard !
Tu te prends pour qui, puceau ?
Qui t'a nourri jusqu'à aujourd'hui ?
Va sauter une fille ! Une fille !
Va soulager tes couilles gonflées !
Demande à Kiku de prendre soin de toi !
Quoi ? Ton cerveau a été touché par la syphilis ?
Hé, tu es en train de le laisser t'échapper !
Merde...
Je m'occuperai de toi plus tard.
Dai, comment comptes-tu procéder ?
Je n'ai pas besoin de toi.
Hé !
- Ne me suis pas. - Tais-toi.
Excusez-moi !
"Un jour" ne viendra jamais pour ceux qui pensent agir "un jour".
Il faut agir maintenant.
C'est maintenant ou jamais !
D'accord ! Je vais te couvrir.
Dai, vas-y !
Hé ! Dépêchez-vous !
Qu'est-ce qui se passe ?
Tu me fais quoi, là ?
Arrêtez-vous !
- Faites le tour ! - Oui !
- Attrapez-les ! - D'accord !
Attends !
Lâche-moi !
Attends !
- Le spectacle va commencer. - Je ne peux pas attendre.
Je t'en prie.
Mais qu'est-ce que tu fais !
Tu complotes quoi, avec les socialistes ?
Je l'emmène pour un interrogatoire.
Tu n'es pas de la police !
J'ai l'autorisation.
La police est venue et n'a pas parlé de ça.
Tu veux m'en empêcher ?
Ozeki, laisse-les faire...
Sanji !
Le chef t'a confié la troupe !
Le spectacle commence.
On ne peut pas faire attendre le public.
J'aimerais que vous reveniez l'année prochaine.
Je vous ai fait venir malgré ces temps difficiles.
Nous vous sommes reconnaissants, M. Sakata.
Le chef de section va vite te relâcher.
Tu n'as rien fait, si ?
T'es d'accord, hein ?
Rivière Tokachi.
Tiens.
Tu reviendras vite.
Au boulot !
Les filles.
Hé !
Parle !
Vous, les Coréens, que complotez-vous ?
Tais-toi !
C'est vous, les Coréens, qui avez mis le feu partout, non ?
Vous vouliez brûler vifs tous les Japonais,
alors vous avez mis le feu partout, et du poison dans les puits.
N'est-ce pas ?
Je n'en sais rien...
Dans ce cas, dis :
"Vive l'empereur" !
Les Coréens aussi appartiennent au Japon, le pays divin, et à l'empereur.
Dis-le !
Vive l'empereur !
Vive l'empereur !
Vas-y.
Lâche-moi !
Pourquoi tu m'en as empêché ?
Tetsu ! Dai ! Venez avec moi !
- Qu'y a-t-il ? - Que faire ?
Des hommes qui semblaient des militaires ont emmené Rivière Tokachi...
- Quoi ? - Elle a été attachée et battue...
- Elle saigne... - Kiku, calme-toi. Emmène-nous.
Par là.
Dai, viens !
Je suis nul...
Un homme comme moi n'accomplira rien dans la vie...
Imbécile !
Si tu ne peux pas sauver une femme, tu ne feras jamais la révolution !
Dis-le !
Kiku, va-t'en.
Il ne faut pas appeler la police ?
Pas la police.
Laisse-nous faire.
- Mais... - Kiku !
Deviens forte et change le monde.
Va-t'en vite.
Les vétérans sont en train de torturer une femme ! Vite !
Sur le site de la forteresse, avec la batterie !
Salauds ! Arrêtez ça tout de suite !
Ça va ?
Ce sont des socialistes ! Attrapez-les !
On y va !
Allez !
Arrêtez-vous !
T'es qui, toi ?
Tetsu !
Vous revenez de Sibérie ?
Vous avez fait une guerre inutile pendant quatre si longues années !
Vous n'avez rien gagné contre l'armée russe révolutionnaire !
Comme les Occidentaux qui ont éduqué les barbares selon un ordre divin,
nous avons juste effectué une mission de l'armée impériale !
Vous n'êtes que des bandits.
Il y a eu plus de victimes de MST que de blessés en Sibérie.
Tiens-le.
Tu ne fais que parler.
Vous n'avez aucune idée
de la souffrance d'une marche dans le froid, avec la faim, et sans but.
On ne réfléchit pas si l'ordre qu'on reçoit est juste !
Mais même ça,
c'est mieux que la souffrance des métayers !
Vous, les socialistes,
ne connaissez aucune vérité !
J'ai rencontré Dai pour la première fois...
à l'association des métayers à Hasuda, Saitama.
Nous avons essayé de faire une alliance avec les paysans,
mais jusqu'au dernier jour de notre séjour,
il n'y avait aucun paysan.
Or je crois encore aujourd'hui
que ceux qui sont à côté de moi ne sont pas mes ennemis.
Ce ne sont pas mes ennemis !
Nous devons nous battre ensemble !
Tenez-le.
Je vais décapiter ce socialiste !
Arrête !
Arrête !
Aigo !
Mais que fais-tu ?
J'entends encore dans mes oreilles...
des Coréens pleurer en criant "Aigo" !
Ils nous suppliaient de leur tirer dessus.
Nous avons obligé l'un d'entre eux à regarder mourir un autre.
Il a pleuré en criant "Aigo" !
Lâche-moi !
La cavalerie qui logeait à côté d'ici
a confié les Coréens à la milice.
Dans un village voisin, trois miliciens ont mis le feu et tué des Coréens.
Nous, nous en avons tué quatre de nos sabres, et les avons enterrés.
- Kichiji, tais-toi. - Laisse-moi parler !
Nous, qui sommes ici présents, sommes les seuls à avoir commis ça.
Les autres miliciens n'ont rien fait par peur.
Ils ont fermé les yeux.
Avez-vous oublié comment les socialistes nous qualifiaient ?
Ils disaient qu'on était partis en guerre après avoir tiré le mauvais numéro.
Une guerre absurde en plus !
Ce n'est pas vrai...
Ce n'est pas vrai !
Sakichi, prends ça.
Avec ce sabre, décapite les socialistes !
Ils ne font aucun effort et ils ne font qu'aboyer.
Qu'y a-t-il ? Vas-y !
Vive...
Vive...
l'empereur !
Vive... l'empereur...
Vive l'empereur !
Vive l'empereur !
Vive... l'empereur !
Vive l'empereur !
À ma gauche, Petit dragon !
À ma droite...
Chrysanthème Kiku !
Me voilà !
C'est Kiku !
Petit dragon !
Chrysanthème Kiku !
Hop là !
Hop là !
Hop là !
Hop là !
Regardez-vous !
Prêtes ? Battez-vous !
C'est fini !
C'était un uchimuso !
Un uchimuso !
Cette technique ?
- Kiku ! - Bravo !
Bien joué !
La gagnante est Chrysanthème Kiku !
C'était incroyable !
Bravo.
Où est Rivière Tokachi ?
Et où sont les autres ?
Nous les recherchons.
Vous avez failli commettre plus de crimes !
Hé ! Hé oh !
J'ai gagné !
J'ai gagné un combat !
Hourra !
Vive les travailleurs prolétariens japonais !
Vive la révolution !
Pourquoi ?
Pourquoi vous me laissez seule ?
Aïe...
J'ai mal...
1924
TROUPE DE SUMO FÉMININ TAMAIWA
Les miliciens arrêtés pour le massacre des Coréens
ont été graciés en janvier suivant pour le mariage du prince héritier.
Le gouvernement a fait annuler leurs crimes.
Prêtes ? Battez-vous !
C'est fini !
C'est fini !
FLEUVE TUMEN, CORÉE
On y est presque.
Montrez-moi de l'argent.
Quoi ?
De l'argent.
De l'argent. Montre-le-lui.
Es-tu sûre que des bandits nous vendront des bombes ? Tu comprends le mot "bombe" ?
1 000 yens, comme ils ont demandé.
C'est l'armée japonaise !
Fuyez !
Ils nous ont eus !
Comment ça ?
Elle a dit que la Société des Braves coréenne se battrait avec nous !
À leurs yeux...
tous les Japonais sont détestables.
Ce n'est pas vrai ! Crois en eux !
Nous ne pourrons obtenir des explosifs qu'en Corée.
Mais nous sommes fauchés maintenant.
Laisse-moi m'occuper de l'argent. Je vais rentrer au Japon pour ça.
ASSOCIATION DES ENTREPRENEURS D'OSAKA
C'était la parole d'un homme donnée à un autre.
M. Morimoto, rends-nous l'argent que tu nous dois.
Je pourrai te donner 3 000 yens demain.
Mais c'est tout ce que j'ai sur moi.
Tu es un homme de parole. Je reviendrai récupérer le reste demain.
Tu as fait tout ce chemin. Laisse-moi t'offrir un thé.
Hé !
Ça te dirait, des nouilles udon ?
Très bien !
Ou préfères-tu des sushis ?
Des sushis ! Ce serait pas mal non plus.
Laisse-toi faire !
J'ai mal ! Arrêtez de me maltraiter.
Je ne suis pas un voleur quelconque !
Je suis Tetsu Nakahama de la Société de la Guillotine !
Arrête ton baratin, salaud ! Avance !
On t'écoutera plus tard.
KEIJI KURACHI
Ça suffit !
TETSU NAKAHAMA ARRÊTÉ
Vive la révolution, merde !
Le 1er juillet 1924, la loi d'immigration entre en vigueur aux États-Unis.
C’est le début du boycott du Japon, comme suite au renforcement de l'impérialisme.
Piquez !
Piquez !
Toi !
Reculez !
Prêts ?
Piquez !
L'idée de sphère de coprospérité de la Grande Asie orientale allait naître.
L'année qui suivit le séisme, il y eut une sécheresse record dans tout le pays.
Contre la sécheresse, on aurait fait venir les lutteuses de sumo
pour qu'elles provoquent la colère des dieux, qui feraient tomber la pluie.
Si nous avons un succès devant un grand public
Et que le destin nous le permet
Nous reviendrons ici
Bienvenue !
M. l'imprésario.
Vous devez être fatigués. Je suis Tanaka.
Je suis Iwaki. Enchanté.
Entrez, si vous avez terminé.
On prend ça.
- Je peux vous aider ? - Ça va aller.
Taisez-vous et mangez !
Elles mangent d'un bon d'appétit.
Leur corps en a besoin.
Je suis admiratif.
J'en veux plus !
Ressers-moi !
Moi aussi !
- Attendez un instant ! - Ressers-moi.
Attendez.
Je te dis de me resservir !
- Attendez... - Qu'y a-t-il ?
Mesdames, je suis désolée.
Quoi ? On est encore loin d'être rassasiées !
Désolé, c'est tout pour aujourd'hui.
Je vous promets de vous nourrir jusqu'à satiété demain.
Excusez-moi.
Cet imprésario est radin.
J'ai faim...
Nos ancêtres nous ont laissé un bon proverbe :
Qu'est-ce que ça veut dire ?
"Quand on a faim, rien n'est mauvais. On peut manger n'importe quoi."
Oui, quand il y a à manger...
Au moins, nous pourrons faire du sumo.
Mais cet imprésario est un propriétaire, non ?
Il n'est pas comme nous, les métayers.
Je n'en sais rien. Demande au chef.
Le chef est déjà vieux, non ?
Petit cerisier, tu dis des choses aussi étranges que ta prédécesseur.
Le premier Petit cerisier ?
Oui, elle était étrange. N'est-ce pas ?
Ça devrait suffire, non ?
Rivière Tokachi...
Je me demande comment elle va.
Elle était un peu vagabonde.
Au fait, elle a disparu quand on était dans ce coin.
Ça fait déjà un an depuis l'arrivée de Kiku ?
C'est normal que je me sente vieille.
Les rides et les cheveux blancs ne vont pas tarder.
Mais vous n'en avez pas, patronne !
Ma mère avait l'habitude de me dire :
"Tant que tu vas à l'école, ta vie a des étapes.
"Mais quand tu travailles dur dans la tempête qu'est le monde des adultes..."
Il n'y a aucune étape.
10 ans, 20 ans passent sans que tu t'en rendes compte.
Le temps passe vite.
Oui. Ces mots me touchent à mon âge.
Vous passerez par là et vous serez toutes comme moi.
Sanji...
- Chef... - Qu'y a-t-il ?
La police !
Bonjour.
Ce n'est ni une foire ni un spectacle érotique...
À cause de la sécheresse, nous sommes inquiets pour la production de riz.
C'est pour demander de la pluie au ciel.
Vous avez été promu ? Félicitations.
Parce que le commissaire a démissionné.
À cause de la récession, votre ancien imprésario a quitté la ville, qui a changé.
Personne n'a le temps de venir voir le sumo féminin.
Si vous faites quelque chose d'immoral pour attirer les spectateurs,
le spectacle sera annulé immédiatement.
Je déteste cette sale police.
TIGRE KATSU ET SANJI
Si des socialistes insolents qui secouent la régime viennent par ici,
faites-le-nous savoir immédiatement !
Mettez-vous face à face.
Pas encore.
Du nerf !
- Allez, Pays de prunier ! - Ozeki, courage !
Chrysanthème Kiku, vas-y !
Regardez-vous.
Prêtes ? Battez-vous !
Kiku, courage !
La gagnante est Pays de prunier !
Tu es devenue forte, Kiku.
Pas encore assez.
Si, tu es devenue forte.
Pas assez pour changer.
Où est Rivière Tokachi ?
Nous nous sommes séparés à Shimonoseki.
Nous lui avons proposé de venir avec nous en Corée.
Elle a refusé.
Pas de nouvelles depuis.
Elle doit attendre en Mandchourie.
Quoi ?
Elle aimait bien les histoires de Tetsu.
Il voulait créer son propre pays en Mandchourie.
Les gens y seraient égaux, mangeraient et travailleraient de la même façon.
Il n'y aurait ni pauvre ni riche.
Elle disait souvent qu'elle voudrait vivre dans ce pays-là.
Tetsu disait que ce serait possible dans 100 ans.
Elle attendrait en Mandchourie pendant 1 000 ans, voire 10 000 ans.
1 000 ans, voire 10 000 ans...
Mais Tetsu ne peut aller nulle part, quand bien même elle l'attendrait.
- Pourquoi pas ? - Il est en prison !
Dai.
Dépêche-toi ou le soleil va se coucher.
J'y vais.
Je ne te reverrai peut-être pas...
Prends soin de toi.
Que tu es arrogant ! C'est tout ce que tu as à me dire ?
C'est tout après tout ce temps sans nous voir ?
Je ne veux plus entendre ces idioties sur la Mandchourie !
Bien sûr que Rivière Tokachi n'y attend pas.
Je suis sûre qu'elle vend encore son corps pour gagner sa vie.
- Tu le penses vraiment ? - Bien sûr !
En fin de compte, c'est impossible.
Nous ne pouvons rien changer, quoi que nous fassions.
Ceux qui sont faibles le seront toute leur vie.
Je reviens tout de suite.
Moi, je ne t'attendrai pas 1 000 ou 10 000 ans !
Ce salaud m'a dit que j'étais inutile.
Je lui ai dit d'être direct avec moi.
Tu sais ce qu'il m'a dit ?
Non.
Il m'a dit : "Tu te prends pour qui ? Tu te pensais mon égal ?"
Il avait vraiment besoin de me dire ça ?
Les idées de Tetsu sont toujours délirantes !
Par ici ?
Oui.
Posons ça par terre.
Ça ne marche pas.
C'est quoi, cette tête ?
Tu me regardes de haut ?
Pourquoi es-tu si calme ?
- Que tu es hautain. - Comment ça ?
Tu penses que je suis lâche parce que j'ai fui, non ?
Bien sûr que non.
Je suis revenu !
Il ne te reste que moi !
Ton visage de premier de la classe...
Tu me regardes de haut, non ?
Depuis toujours.
Avant qu'on ne se retrouve à deux, quand on était nombreux,
m'avais-tu réellement parlé une seule fois ?
Es-tu venu m'adresser la parole ?
Quand je te parlais, tu faisais un sourire de politesse et tu acquiesçais.
Ça t'est déjà arrivé une seule fois de penser aux autres ?
Mais tu sais quoi ?
Je me fiche complètement de ce que tu penses de moi.
Tu ne pourras jamais comprendre ce que je vaux en tant que personne.
Ne fais pas comme si tu étais mon ami !
Je le savais.
Plus le récipient est solide, plus l'explosion est grande.
Merde !
Je ne sais pas non plus...
Il faut que ce soit plus solide qu'une boîte de cigarettes...
Bon, je vais en fabriquer...
Tetsu est parti et je ne sais pas quoi faire seul !
Tu as dit "seul" ?
Hé !
Tu as dit "seul" ?
Tu as dit : "Je ne sais pas quoi faire seul" ?
Tu as dit "seul" ?
Tu m'ignores !
Moi, je n'ignore personne.
Je n'ignore personne.
Je me demande souvent
ce qui arriverait si ce connard de Tetsu
était condamné à mort et qu'il mourait.
J'y pense. Toute la nuit !
Et qu'est-ce qui se passe à ton avis ?
Qu'est-ce que je ressens à ton avis ?
Je suis triste.
Perdre ce salaud...
me rendra triste.
Si ce connard
est exécuté, je serai triste.
Qu'est-ce que je dois faire alors ?
J'ai tué un homme.
Je mérite d'être exécuté !
Je ne voudrais pas...
Je ne voudrais pas ça, Dai.
Je ne voudrais pas non plus que tu meures.
Demandons à la police de surveiller pour l'attraper.
Kiku, dis quelque chose.
Sanji a raison. Nous devons protéger notre troupe.
Je ne sais pas...
Pourquoi ?
Les autorités sont de plus en plus puissantes. Obéissons-leur.
Hors de question.
Chef, les temps ont changé.
Dans ce cas, affronte-les !
Le catch, qui vient du cirque, est populaire aux États-Unis.
Le sumo est démodé et ne vaut rien...
Merdeux !
Aïe !
Bien sûr que ça fait mal !
Hé ! Arrêtez !
Lâche-le !
- Viens m'attraper ! - Je t'ai déjà, crétin !
Stop !
J'en ai marre !
Ça suffit aussi, vous deux !
Katsu n'est pas juste un parent, elle est comme ma fille.
Si tu veux l'épouser, dis-le !
Je veux l'épouser !
Ce ne sont pas vos affaires, chef !
- Ce ne sont pas vos oignons ! - Sanji !
Tu peux partir si tu n'es pas content.
Bonjour. Excusez-moi.
Oui ?
J'ai entendu que vous vous occupiez de ma femme.
Kiku !
Es-tu sûre ?
Reviens quand tu veux !
Kiku, prends soin de toi !
Les dieux sont en colère.
Qu'y a-t-il ?
Katsu !
C'est la fin pour les troupes comme la nôtre !
J'ai une nouvelle idée de sumo.
Ce n'est plus une question de victoire, mais d'histoire de chaque lutteuse.
Le public sera touché par la vie des lutteuses.
Katsu, tu seras la star !
Je ne comprends rien à ce que tu dis...
Je parlerai des socialistes à la police. La troupe sera fichue.
Je ne t'entends pas. Qu'est-ce que tu as dit ?
Arrête ! Arrête ça !
Et le bébé ? Où est-il passé ?
Il est mort dans mon ventre.
Kiku, où vas-tu ?
Elle n'a pas pensé à l'enfant quand elle est partie. Quelle égoïste !
Les femmes devraient vivre pour les enfants ?
Viens nous rejoindre pour boire. Tu as dû apprendre à boire, non ?
Le sumo de Kiku est impressionnant.
J'espère que vous comprenez ce que je veux dire.
N'est-ce pas, Kiku ?
Tu n'avais pas honte de te montrer nue devant le public ?
Le sumo féminin est un spectacle érotique.
Même si c'était le cas, quel serait le mal ?
- Où vas-tu ? - Je vais aux toilettes.
Tu es devenue un peu plus forte ?
Au secours !
Tomoyo, ça fait mal.
"Cher Dai, Même en prison, je reste motivé.
"Je pense publier quelque chose d'ici.
"J'appellerai ça 'La patrie et la liberté, numéro spécial prison'.
"'Le Pain noir', un recueil de poèmes écrits par Tetsu Nakahama."
NUMÉRO 136
"Je suis sûr que tu comprends ce que le pain noir signifie.
Numéro 136, extinction des feux !
"Et à propos de Rivière Tokachi.
"Si tu apprends où elle est, dis-le-moi."
"À ceux qui suivent les traces de mes pas ! À ceux qui arriveront plus tard !
"Parcourez le monde entier en franchissant les frontières !
"Le moment viendra ! Tout se passera en automne !
"Et alors ?
"C'est pas vrai !
"Advienne que pourra !
"Advienne que pourra !"
Qu'est-ce que tu as fait ?
Qu'est-ce que tu as fait à Kiku ?
Ce ne sont pas tes affaires.
Ce sont mes affaires.
Tu lui as fait quoi ?
Il n'y a pas de mal à sauter ma propre femme.
Horrible... Tu es horrible !
Je veux devenir forte !
Je veux faire du sumo !
"Est-ce un fait inévitable ? Est-ce un fait ?
"Est-ce une soumission ? Est-ce une soumission ?
"Est-ce un fait ? C'est une réalité !
"La justice ! L'idéal ! La liberté !
"Vous n'avez qu'à vous faire tous dévorer par un diable !
"Mais le désespoir n'est pas un anéantissement !
"Si le désespoir atteint son comble, au contraire,
"on a tous les espoirs véritables et positifs !"
Rends-moi Kiku.
Arrête d'insister. Rentre !
Laisse-la faire du sumo.
Tu n'as aucun sens pratique et tu ne sais rien faire.
Je ne peux pas te donner Tomoyo.
Kiku, je t'aime !
Si je ne peux pas protéger la femme que j'aime,
je ne peux pas faire la révolution !
"Soit : 'Oui, merci !',
"soit : 'Mince ! Zut ! Nom d'un chien ! Je me vengerai !'
"L'un ou l'autre !
"Il n'y a rien d'autre à obtenir !
"Qui se soucie de ce qui advient aux êtres humains ?
"Je n'en peux plus !"
Dépêche-toi.
Tu sais...
J'ai juste été tentée par le diable.
Quoi ?
Je vais...
y retourner.
Katsu !
Attends !
Lâche-moi !
C'est évident que je serai malheureuse avec toi ! Je ne veux pas de ça.
Katsu, attends !
Je n'ai jamais aimé un homme faible comme toi !
Katsu !
C'est ce qui est vilain, non ?
Je ne te laisse pas partir. Tomoyo est à moi !
Elle n'appartient à personne. Kiku est à Kiku.
C'est une bombe.
Tu veux mourir avec moi ?
"En tout cas,
"nous voulions être des êtres humains !
"Les êtres humains doivent-ils se battre pour vivre ?
"Puisque nous sommes des êtres humains, devons-nous nous battre pour vivre ?"
Katsu, tu étais la star...
J'ai juste...
été tentée par le diable...
Parce que tu dis une chose pareille...
C'est ta faute.
Ce n'est pas ma faute.
Non...
C'est ta faute, pas la mienne.
Je n'ai rien fait de mal.
J'ai mal...
Bon sang !
Où vas-tu ?
Je ne t'entends pas. J'ai perdu mon audition.
Où vas-tu ?
Chez un médecin. Je l'emmène chez un médecin.
Si tu fais ça, tu seras démasqué.
Quoi ?
On saura qui tu es !
Tu es forte, Kiku. Tu seras la femme ozeki la plus forte du Japon.
Tu ne dois rien craindre. Tu n'as rien à craindre !
Qu'est-ce que tu racontes ? Je ne comprends pas ce que tu veux dire !
Une personne réellement forte
et une force réelle n'ôtent pas la vie.
Contrairement à moi, tu seras réellement forte.
Non ! Non !
Ne te comporte pas comme un enfant.
Je ne peux plus m'occuper de toi. Je ne sais pas quand on se reverra.
Peut-être jamais.
Mais je penserai à toi quand je mourrai.
Non !
Ce n'est pas ce que je veux !
LE CHRYSANTHÈME ET LA GUILLOTINE
Abandonne Kiku.
Si tu acceptes, je t'emmène chez un médecin.
Sinon, je te laisse mourir ici.
Vas-y. Retourne faire du sumo.
Dis-leur que ton mari a changé d'avis.
Vas-y avant que la situation ne devienne compliquée !
Monsieur.
Hé ! Arrête-toi !
Attends !
Katsu !
Attends !
Tigre Katsu !
Elle est par terre !
Tigre Katsu !
Qu'est-ce qui t'est arrivé ?
Katsu, pourquoi ?
Chef !
Qu'est-ce qui t'est arrivé ?
Chef, c'est pas possible ! Elle s'est raidie.
Mettez-la par terre.
Chéri ! Qu'est-ce qui te prend ?
Arrête !
Non !
Lâche-la ! Je n'ai pas le choix parce qu'elle n'entre pas dans le cercueil !
Camélia Tama, tu te souviens que Katsu a toujours été raide ?
Elle avait dû mal à faire le grand écart.
Je vais m'occuper de l'autre jambe.
Je savais que tu allais revenir.
On ne meurt pas sur le ring.
On meurt sur un tatami ou dans la rue.
C'est pareil pour tout le monde.
Mettez-la dedans.
N'est-ce pas notre rêve de mourir en tournée ?
Laissez-la dans un temple.
Le dieu du sumo se fâchera si on laisse un cadavre ici.
Il recommence à pleuvoir...
Le dieu-soleil est toujours fâché.
Le spectacle est annulé !
Sur un témoignage de Sanji, nous devons fouiller cet endroit.
Allez-vous-en ! Ce n'est pas un endroit pour des gens comme vous !
Notre ring est sacré !
Restez dehors !
Allez-vous-en !
Partez !
Tu me demandes d'arrêter le sumo
Mais comment le pourrais-je ?
Le sumo est comme l'homme
Le plus dandy au monde
Tu es terrassée par ton adversaire
Tu te fais larguer par un homme
Kiku !
Tes parents t'ont chassée de la maison
Tu n'as nulle part où aller
Même si tu perds la voix
Ou tu t'amaigris
Tu endures tout ça, car c'est
Pour la gloire du sumo
Arrête !
Arrêtez-les tous !
C'est une arrestation !
Ne sous-estimez pas la régime !
Garce !
Lâche-moi !
KEIJI KURACHI, TRAVAILLEUR LIBRE, ARRÊTÉ POUR FABRICATION DE BOMBES EN 1924.
SORTI DE PRISON EN 1935, IL RESTE ANARCHISTE. IL MEURT EN 1960.
KOZO KAWAI, PHILOSOPHE SANS EMPLOI, ARRÊTÉ ET CONDAMNÉ À LA PERPÉTUITÉ EN 1923.
IL MEURT DE MALADIE EN PRISON EN 1943.
YUNOSHIN TANAKA, POÈTE/FACTEUR, ARRÊTÉ POUR AVOIR ATTAQUÉ AMAKASU EN 1923.
DEVENU RÉCUPÉRATEUR DE REBUTS, IL ÉCRIT TOUJOURS DES TANKAS. MEURT EN 1966.
JIRO KONISHI, ANCIEN BANQUIER, ARRÊTÉ ET CONDAMNÉ À LA PERPÉTUITÉ EN 1923.
LIBÉRÉ SUR PAROLE EN 1940, IL AURAIT OUVERT UN RESTAURANT. MORT INCONNUE.
GENTARO UCHIDA, EMPLOYÉ D'UN MAGASIN, CONDAMNÉ À LA PERPÉTUITÉ EN 1923.
LIBÉRÉ DE PRISON EN 1938. MORT INCONNUE.
EIKICHI SHIGENO, EMPLOYÉ D'UN MAGASIN, CONDAMNÉ À LA PERPÉTUITÉ EN 1923.
LIBÉRÉ EN 1938, IL DEVIENT LIBRAIRE. MORT INCONNUE.
KIICHI NAKA, OUVRIER DANS UNE FILATURE, ARRÊTÉ EN 1923. LIBÉRÉ, IL DEVIENT
BOUQUINISTE. ARRÊTÉ DE NOUVEAU EN 1935, N'EST PAS CONDAMNÉ ET MEURT EN 1975.
YOSHIO OGAWA, ANCIEN MOINE, CONDAMNÉ À LA PERPÉTUITÉ EN 1923,
PUIS À UNE PEINE DE 15 ANS. MEURT DE MALADIE EN PRISON EN 1936.
KYUTARO WADA, ARRÊTÉ POUR TENTATIVE D'ASSASSINAT SUR LE GÉNÉRAL FUKUDA
AUX CÔTÉS DE FURUTA ET MURAKI EN 1924. SE SUICIDE EN PRISON EN 1928.
GENJIRO MURAKI, ARRÊTÉ POUR UNE SÉRIE D'ATTENTATS À LA BOMBE AVEC FURUTA.
EN 1924. IL MEURT DE PNEUMONIE EN PRISON EN 1925.
DAIJIRO FURUTA, ARRÊTÉ AVEC MURAKI, EST CONDAMNÉ À MORT EN 1925.
IL NE FAIT PAS D'APPEL ET EST EXÉCUTÉ UN MOIS PLUS TARD À 25 ANS.
TETSU NAKAHAMA, CONDAMNÉ À MORT AVEC DAIJIRO FURUTA EN 1925,
NE FAIT PAS APPEL. IL PUBLIELE PAIN NOIR, SON SEUL RECUEIL DE POÈMES EN PRISON.
IL EST EXÉCUTÉ À OSAKA EN 1926
À L'AGE DE 29 ANS.
LA TROUPE DE SUMO FÉMININ ISHIYAMA ORIGINAIRE DE YAMAGATA PART EN TOURNÉE
À HAWAÏ, GYEONGSEONG, BUSAN, SAIPAN, PALAOS ET EN MANDCHOURIE
DANS LES ANNÉES 30. LE SUMO FÉMININ DISPARAÎT VERS 1955.
Chrysanthème Kiku / Tomoyo Mai KIRYU
Rivière Tokachi / Tamae Hanae KAN
Tetsu NAKAHAMA Masahiro HIGASHIDE
Daijiro FURUTA Kanichiro
Narrateur : Masatoshi NAGASE
Producteurs : Kazunao SAKAGUCHI, Eisuke ISHIGE, Hirotaka ASANO, Keizo FUJIKAWA
Scénario : Toranosuke AIZAWA Takahisa ZEZE
Musique : Goro YASUKAWA
Réalisation : Takahisa ZEZE
Adaptation : Megumi KOBAYASHI © KINOTAYO
Sous-titrage : C I N É C I M
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