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...
Ronronnement de moteurs
...
...
-Regarde.
Ca va faire du bien de se baigner.
D�j� ce soir, petite t�quila au bord de la piscine.
-Moi, �a me so�le, ces trois jours.
J'aurais pr�f�r� rentrer direct.
-Ca va bien se passer.
-C'est pas gagn�.
...
-Merci, mon lieutenant.
-Remplissez �a.
Prenez votre temps, le remplissez pas � la l�g�re.
-Merci, mon lieutenant.
-Merci.
C'est comme quand on te demande si t'as des explosifs.
Faut �tre con pour dire oui.
"Avoir des difficult�s pour rester endormi".
"Se sentir irritable ou avoir des bouff�es de col�re".
T'as mis quoi ?
-On fait comme en sixi�me ? Tu remplis le mien,
..je remplis le tien ?
...
-Roger that.
...
-Je vais t'aider.
-Merci.
-C'est bon, je peux le prendre.
-Merci.
Ca va, toi ?
-Ca ira mieux � l'h�tel.
...
-Rouler sans avoir peur d'exploser, �a fait du bien.
-C'est s�r, on dirait Disneyland.
-Rocher, � trois heures !
-Ouh l� l�.
-Bonjour, toi.
Il aboie.
-S'il vous pla�t, messieurs.
Je vous rappelle que vous �tes encore en mission.
Nous venons d'arriver � Chypre. Je vais vous briefer.
Chypre n'est qu'� 100 km de la Syrie et du Liban.
Mais c'est l'Europe.
Pendant longtemps, Chypre faisait partie de l'empire grec,
..berceau de la d�mocratie.
Celle que vous �tes partis d�fendre.
C'est un pays coup� en deux. Au nord, la partie turque,
..au sud, la partie grecque.
Au programme de ce sas :
sport, relaxation et d�briefing collectif.
-Un d�brief collectif de quoi ?
-Je sais pas, on verra bien.
-Aux vacances !
...
Musique entra�nante
...
-Putain, ils se sont pas foutus de notre gueule.
-Ca fait faux, regarde-moi �a.
-H�, les gars !
Passer de la burqa au string, faut m'expliquer le sas.
Rires
...
-Delta, rassemble la section. -Les gars, rasso.
-Re�u.
...
-Tout s'est bien pass� ? -Tr�s bien, merci.
-Bonjour, messieurs.
Bienvenue dans cet h�tel o� vous allez d�compresser trois jours.
Dans vos chambres,
..vous trouverez des sacs bleus pour mettre vos treillis.
Autant ne pas ramener votre linge sale � votre femme.
Vous vous changez, vous vous reposez.
Rendez-vous dans une heure pour le premier d�briefing.
Musique classique au piano
...
-Ness.
H�, Ness. Tu veux l'inviter ?
...
Musique entra�nante
...
-J'aurais jamais cru me retrouver dans un h�tel comme �a.
-Avec 1 300 euros par mois, on risque pas d'y aller souvent.
-Six mois qu'on n'a pas dormi dans un vrai lit.
Me dis pas que �a te fait pas plaisir.
-Merci.
-Ce soir, le macumba !
-Ca fait un bail, comme si c'�tait une autre vie.
-On n'a pas 75 ans.
-Mais entre-temps, on a pris cher.
...
-Si tu veux, j'ai gard� le masque de l'avion.
-C'est pas que la lumi�re, c'est le bruit aussi.
D�j� qu'en temps normal, j'arrive pas � dormir.
*-Les �v�nements en Gr�ce mettent en lumi�re..
*..la crise de la d�mocratie en Europe..
*..et l'impuissance du Vieux Continent.
-Oui ?
-Qu'est-ce que vous foutez dans le noir ?
-C'est pour pas �tre r�veill�es par le soleil.
*Une trag�die. Une trag�die grecque.
-Je peux squatter avec vous ?
J'ai pas de chance avec la fille qu'ils m'ont choisie.
-Ouais.
-Je peux t'emprunter ton ordi pour appeler mon fils ?
-Et mon briquet et mes clopes ?
-Elle d�conne. Bien s�r, je te le pr�te.
-Il para�t que des fois, les enfants te font la gueule.
-Ceux qui posent des questions, c'est pas mieux.
-Genre mon p�re, � l'a�roport, en uniforme.
-Et �a...
..c'est pour oublier la douleur.
-Si on se fait griller ici, c'est chaud.
-On est entre nous. -Moi aussi, j'ai un souvenir.
Viens l�, ma petite.
-Non !
-T'es barge ! -Ma petite colonelle.
-C'est plein de maladies. -Pas plus que nous.
-Waouh !
Tu te rappelles, le champ ?
Un jour, on avait contr�l� un village sans rien trouver.
Et on tombe sur un champ de cannabis. Des centaines de t�tes.
-C'�tait immense.
-Le pollen �tait huileux. Du pur pollen afghan.
On touchait les fleurs et �a se collait.
Tu te rappelles ?
On a frott� nos mains, on a fait des boudins.
-On les a roul�s. -On a fum� �a en rentrant.
Quand �a a recommenc� � tirer, on a couru comme des malades.
-C'est le jour o� le chien de Ness s'est fait exploser la gueule.
-C'�tait horrible.
-Il est arriv� � l'infirmerie avec des bouts de son chien sur lui.
Il chialait comme un m�me, j'arrivais pas � l'arr�ter.
Je lui disais : "C'est qu'un chien." Mais il chialait.
Ca l'a fait partir en vrille.
-Si t'es l� pour raconter des trucs gores, d�gage.
-Marine, on se d�tend.
-On en a, de la merde dans la t�te.
C'est pas en trois jours qu'on va oublier la guerre.
-Pour l'ensemble.
'Vous !
Lieutenant Jauvert, section rassembl�e.
-Repos, messieurs.
Et mesdemoiselles.
Asseyez-vous.
Bienvenue au sas de Chypre.
Vous connaissez sans doute ce simulateur,
..pour l'avoir utilis� lors de votre entra�nement.
Nous l'utilisons pour revenir sur certains faits..
..et �vacuer le stress.
Avec nos psychologues.
C'est � vous. -Merci.
Bonjour � tous.
Alors je sais.
Vous vous dites :
"Un psy, pour quoi faire ?
"J'en ai pas besoin, je suis pas fou."
Mais il est bon de revenir sur ces six mois de mission.
Pour que vous puissiez rentrer tranquillement dans vos familles,
..en laissant vos mauvais souvenirs ici.
Et ce, gr�ce � une th�rapie de r�alit� virtuelle.
Chacun d'entre vous va venir l�,
..parler devant les autres, section par section,
..et sera aid� par la vid�o.
Quelqu'un veut bien prendre la parole en premier ?
Caporal,
..vous voulez bien vous avancer ?
Soyez pr�cis.
Que les images soient fid�les � ce que vous avez vu.
-Re�u.
-Normalement, vous allez retrouver vos r�flexes.
Vous �tes pr�t, on peut y aller ? -Pr�t.
-Ca marche ?
-Ca marche.
-Asseyez-vous.
Avez-vous un moment particulier..
..apr�s ces six mois d'Opex ?
-Non.
-Vous allez bien ? -Ca va.
-Pas de mal � dormir ? -Non.
-L'app�tit, �a va ? -Ca va aussi.
-Maux de t�te, mal de dos ? -Non.
-Quelque chose qui vous tracasse ? -Non.
Pas vraiment.
-Pas vraiment ? Mais encore ?
-En fait, je sens plus trop mon bras.
Il bouge normalement, il a l'air normal,
..mais je sais pas, �a me fait comme...
..comme des fourmis.
Ca m'arrive m�me, des fois, de prendre un couteau,
..de le toucher, mais...
Mais je sens rien.
-Ca a commenc� quand ? -C'�tait...
..apr�s Mobayan. -Mobayan.
-On en a parl� l�-bas, apr�s l'incident.
-N'intervenez pas.
Continuez, caporal Moreau.
-Non, non. Y avait de la neige partout.
On avan�ait vers le village.
On �tait six VAB. J'�tais dans le troisi�me.
On se m�fiait pas trop.
Avant le village, c'est tranquille.
Mais ce matin-l�,
..les interpr�tes nous posaient plein de questions.
Certains d'entre nous devenaient fous,
..alors on a rendu compte, mais bon...
-Continuez.
-Dans le VAB, je me mets toujours � gauche.
Mais pour cette mission, on a eu un jeune nouveau.
D�s le d�but, en rentrant, il s'est mis � gauche.
Le gars...
Il s'appelait Le Drian, comme le ministre.
Je me suis dit que c'�tait forc�ment un pistonn�.
Avec les gars, on a commenc� � le chambrer.
Et on l'a surnomm� "le pistonn�".
Il �tait plut�t sympa,
..et comme on se marrait bien,
..je l'ai laiss� se mettre � la place qu'il voulait.
A gauche.
Et je me suis mis en face.
Mais � Mobayan...
..on s'est fait cartonner.
Et on a pris une roquette anti-char qui a explos� le c�t� gauche.
La carcasse �tait ouverte,
..d�chiquet�e.
Et le gars aussi.
Je voyais rien, le blast m'a �tourdi.
J'�tais compl�tement sonn�,
..j'avais plus de rep�res.
Quand j'ai repris mes esprits,
..l�, je l'ai vu.
Il �tait en face de moi, avec ses yeux grand ouverts.
Ses yeux �taient ouverts,
..et avec le sourire, il m'a regard� avant de mourir.
Et il m'a dit "pistonn�".
"Pistonn�".
-Dites-moi, caporal.
Le bras que vous sentez plus, c'est quel bras ?
-Le gauche.
J'�tais toujours � cette place.
Il a suffi d'une fois pour que �a d�conne.
-Vous croyez vraiment qu'il �tait � votre place ?
-Dans un sens, oui. C'�tait ma place.
J'aurais pu �tre � sa place et crever comme un chien.
-Le sort n'a pas voulu que ce soit vous
..et vous avez accompli votre mission avec succ�s.
-Oui.
Mais j'y pense tous les jours.
-C'est normal.
Et c'est tr�s bien d'en parler.
On est l� pour vous aider � passer ce cap.
-Re�u.
-Ca va aller ? -Oui.
-Je comprends pas... -Laisse tomber.
-Regagnez votre place.
...
-Je peux t'en piquer une ?
-Merci.
C'est bien que t'aies parl�.
Moi, je sais pas ce que je vais dire.
-Cherche pas. Ils vont te m�cher le travail.
-J'ai pas sp�cialement faim, moi.
-Je vois pas l'int�r�t de nous remettre le nez dedans.
-Mobayan, t'�tais pas oblig�.
-Il m'a lanc� sur mon bras.
C'est bon.
-Momo, le gars, c'est un psy. T'es pas oblig� de r�pondre.
-On verra quand ce sera ton tour.
-Leurs d�briefs,
..�a t'�vite les conneries en rentrant.
Mais c'est ici qu'elles vont arriver.
-Putain, qu'est-ce qu'il y a ?
-Pardon. -Elle a pas fait expr�s.
-Pardon ?
-Je sais pas ce qu'ils foutent l�.
-Je l'emmerde, moi, pendant ses vacances ?
-On s'est battus pour sa famille.
Si on veut se taper le buffet, on le fait.
-Pas sa femme ?
-M�me sa femme si je veux. Y a pas � se forcer.
-Dans trois jours, on est � la maison. Je veux pas d�conner.
-Avec madame, ce sera fini la rigolade.
-Ca change quoi ? -T'es mari� ?
-Non, mais c'est pareil.
-Justement, c'est pas pareil.
-T'es pas maqu�.
-T'es l� pour profiter. -Bonjour l'ambiance.
-Fais-le pour la France.
-Ou le drapeau.
-Au drapeau.
...
Ronflements de moteur
...
-Economisez les douilles, les gars.
Ah ! Un coup pour tuer !
On peut pas compter sur toi sur le th��tre.
-On a autant de balles qu'on veut.
On est am�ricains, l�.
Je suis Poutine, l�.
Dava� !
-Lance-flamme !
-C'est interdit � l'arm�e.
-C'est mignon. Tu r�vises ?
T'as ramen� ton petit slip ?
-Putain !
-Tu veux tester ?
-Oh, tu te d�fends, l� ?
-Oh ! L�che ! L�che !
Les gars, on est encore dans la m�me section.
-Tu vas faire quoi ? Viens !
-Putain, les gars ! Oh !
-Allez, c'est bon.
-On d�connait.
-On d�conne, c'est ce que je dis.
...
Explosion
-Donc vous �tes sortie du premier VAB ?
-Oui.
Notre VAB a roul� sur un IED, �a a explos�.
Mais juste un peu, en dessous.
On nous a dit de continuer � pied.
-Continuez. Remettez les lunettes.
-On se doutait que c'�tait truff� de mines.
En plus, avec la neige, on voit rien.
On avan�ait dans le silence,
..y avait pas un bruit.
C'�tait insupportable, on sentait qu'un truc allait pas.
-Sur une �chelle de 1 � 10, �valuez votre stress.
-6.
-Bien, continuez.
-Et l�, d'un coup, �a s'est mis � tirer.
J'ai �t� touch�e.
*Coups de feu
On a ripost�.
Ca s'est mis � tirer de partout.
Je savais pas d'o� �a venait.
On voyait rien.
On a essay� de riposter, mais bon...
Et l�...
..je cours,
..j'essaie de comprendre.
Je me dis : "Merde."
"Merde."
Et puis l�, je vois Crestia,
..� genoux, avec des morceaux de v�tements m�lang�s � la chair.
Je peux arr�ter ?
-Surtout pas. Ne vous arr�tez pas.
C'est tr�s bien, Aurore. Vous faites un vrai travail.
-Quand je le vois, je panique.
J'ai froid et je cr�ve de chaud. Je transpire.
J'avance.
Et je sens que je suis touch�e � nouveau, � la jambe.
Et j'avance.
Et finalement, je trouve une sorte de trou.
Et je bouge plus.
Cette fois, je me suis dit que c'�tait la bonne.
Que j'allais mourir l�.
Les autres VAB �taient loin.
Plus personne r�pondait.
C'est l� que Crestia et Calderon ont d� �tre tu�s.
De l� o� j'�tais,
..j'ai vu un pied arrach�.
Ca pissait le sang.
Tirs
Devant moi, Hardy avait cess� de g�mir.
On a attendu les secours, longtemps.
Personne venait.
Je voyais rien, je pouvais pas bouger � cause de ma jambe.
Je crois que j'ai perdu connaissance.
Et puis les h�licos sont arriv�s.
Les commandos sont descendus nous chercher.
Je les ai entendus discuter de mon corps comme si j'�tais morte.
Je me suis demand� si c'�tait vrai.
-Sur une �chelle de 1 � 10, � combien est votre stress ?
-Neuf.
-Continuez. -Je peux sortir ?
-Ouais, va jouer � la poup�e.
-Continuez.
Finissez votre r�cit. Chacun passera par l�.
Soyez courageux.
-Courageuse.
-Le l�gionnaire qui �tait devant moi �tait mort.
C'est le troisi�me homme qu'on a perdu ce jour-l�.
Le pied que j'avais vu appartenait � Hardy.
Mais lui, au moins, il a surv�cu.
Je l'ai vu monter � l'h�licopt�re.
en attendant mon tour.
Je me souviens, je me suis dit :
"Qu'est-ce que je fous en Afghanistan ?"
Musique entra�nante
...
-C'est du cirque, tout �a.
Il y a eu trois morts pour rien.
-Ils sont pas morts pour rien.
-Oui, on a gagn� un petit s�jour � Paradise Beach.
-Tu viens de raconter l'embuscade et ils pensent qu'aux meufs.
Et les chefs, ils prennent pas leurs responsabilit�s.
-De quoi tu parles ?
-Il parle de rien.
Ils veulent remplacer nos souvenirs par des images propres.
T'as d�j� vu un bless� aussi propre ? Y a pas de sang !
Ce qu'on a v�cu, �a s'oublie pas comme �a.
Je pr�f�re jouer � "Call of Duty" et niquer 300 Irakiens.
-Moi, �a m'a fait du bien,
..d'en parler avant de rentrer.
De revenir � la r�alit�.
-C'est �a, pour toi, la r�alit� ?
Les Anglais qui se bourrent la gueule et les Russes qui bouffent ?
Elle fait piti�, cette r�alit�.
...
-Vous aussi, vous avez mal v�cu les prises � parti ?
-Non, moi je voulais plus d'action.
Aller plus au contact.
Tout le monde parle de Mobayan,
..parce que �a a �t� le seul gros carton.
C'�tait dur, on attendait tout le temps.
Qu'ils sortent, qu'on les localise.
Une nuit, on s'est mis du Tabasco dans les yeux pour tenir.
Ils sont pas sortis. On s'est arrach� les yeux pour rien.
-Donc vous vouliez plus d'action ?
-Je veux pas rester au camp comme une gonzesse.
-Au retour, �a va �tre encore plus calme, non ?
-C'est mon probl�me, non ?
-Non, c'est aussi le n�tre.
Je vous demande si �a va aller une fois en France.
-J'aime pas parler et je suis pas une chialeuse.
Tout le monde a ses probl�mes et se d�merde avec.
Je veux pas emmerder les autres.
-Si vous le faites pas pour vous, faites-le pour les autres.
Vous avez une famille ?
Des enfants ?
-C'est bon, l� ?
-Vous pr�f�rez un entretien individuel ?
-Oui, c'est �a.
-Personne suivante.
-Ca va, mon lieutenant ?
Ca d�tend, hein ?
-Allez, bouge !
-D�gage !
-Max, s�rieux, ouvre.
-Elle est claustro !
-Allez !
Ouvre, Max, s�rieux !
Bouge !
Les relous !
-C'�tait chaud ou pas ?
-D�gage, me touche pas !
...
-Tout va bien ?
-Ca va.
J'ai encha�n� les activit�s, je profite de la vue, c'est calme.
-C'est bien, tr�s bien.
S'il y a le moindre probl�me, n'h�sitez pas.
-Y a rien, tout va bien.
-Parfait.
...
Musique techno
...
(En anglais) -Quand �a devient la folie ici,
..je regarde ce poisson. Ca me calme.
Vous savez ce que c'est ?
...
-Des fois, on se faisait tirer dessus, il �tait � la 12,7.
-Je suis crev�e. Le macumba sera pas pour ce soir.
-J'ai pas envie de me coucher. -Momo !
Rasso.
Tu ferais bien de venir.
Ils veulent rep�rer les dingues.
Ceux qui restent dans leur chambre,
..ils les trouvent chelous direct.
En plus, c'est gratuit pour les filles.
-L'argument pourri ! Ca va, je te suis.
-Allez, viens.
-Si y a un karaok�, tu fais p�ter C�line Dion.
-Tu r�ves.
Chanson rock
...
-Vous dansez pas ?
-Non, j'ai pas tellement envie.
-Vous �tes avec le groupe militaire ?
-Moi, je suis ma�tre-chien.
Et mon chien s'est perdu.
J'ai pas trop envie de faire la f�te.
-T'inqui�te pas, un chien �a se d�brouille toujours.
M�me des ann�es apr�s, il retrouve son chemin.
-Oui, je sais.
C'est pas facile quand m�me.
Je comprends pas...
Il partait, mais il revenait toujours.
Je l'ai depuis qu'il est tout petit. C'est moi qui l'ai dress�.
Franchement, parfois c'est...
On se comprenait mieux qu'avec un pote.
Il est parti vers la montagne.
Il a d� sentir quelque chose, voir un truc pas clair.
Enfin, bref.
C'est toi qui as raison.
Un chien, �a se d�brouille tout seul.
-Mesdames et messieurs, place au jeu !
Musique !
D'autres couples ?
Vous et vous, sur la piste, s'il vous pla�t.
Approchez.
On adore �a.
-Attends.
-J'ai deux cavaliers pour vous. O� sont-ils ?
Ah, oui !
-No, no, no!
-Allez !
Vous deux.
Allez, un sourire.
Allez.
...
Musique romantique
...
-Et on gagne quoi ?
-Je sais pas, on s'en fout.
L'important, c'est de gagner.
...
-Tu nous sers une tequila, s'il te pla�t ?
Il cogne.
Oh, t'as entendu ?
Il pile des gla�ons.
Bon, arr�te !
Arr�te, putain !
-Ca va pas ou quoi ?
Il parle en grec.
-Ta gueule, �a va.
-Qu'est-ce qui se passe ? -L�che-moi.
Toi, je te d�fonce.
Arr�te, putain.
Qu'est-ce que tu dis ?
Tu fais ton beau, l� ?
Putain ! Je vais le buter.
-On se casse.
-La soir�e est pas finie. Faut s'en remettre une.
-C'est vraiment des gosses.
Trop grands, trop gros, trop b�tes.
Qui jouent � des jeux de merde.
-Eh ben, c'est la f�te !
-D�gueu.
-Bande de nuls.
-Quel con, avec ses potes d�biles. -Merci, les filles.
-Son pote le rat, l�.
L'autre, on avait dit quoi ? Un caribou ?
-Exactement.
On pourrait mettre sa t�te au-dessus de la chemin�e.
-Allez, viens, on va se baigner.
Rires
-Sant� !
-C'est �a, grand, r�ve.
Ca va faire du bien.
Oh non, piti�.
-Excusez-moi.
Vous �tiez bien au restaurant, ce soir ?
-Possible.
-C'�tait vous.
Ca va ?
-Tr�s bien.
-Vous �tes tr�s belles.
Toutes les deux.
-Merci.
On est tr�s belles dans le noir.
-Pourquoi pas ?
-Tu es romantique, toi ? -Assez.
-Tr�s romantique.
-Vous �tes d'o� ?
-De France.
-Le gros, il est pour toi.
-Vous venez d'o� en France ?
-De la Bretagne, dans l'Ouest.
Lorient.
-Lorient ?
Ils parlent en grec.
-C'est un beau nom.
-Oui, �a fait resto chinois.
C'est une ville de militaires.
O� t'es militaire, ou femme de militaire.
-Ca va, les filles ? -Ouais
On joue les touristes, �a fait du bien.
-Ils vous emmerdent ? -Non, �a va.
On sait se d�fendre.
-Faudra pas venir pleurer apr�s.
-C'est pas notre genre.
-Je suis pas ton genre ? Va chier.
Faut se m�fier des femmes de l'Est..
..et des hommes du Sud.
-Nous, on aime pas trop les militaires.
Les hommes.
Ils cherchent la bagarre. On les aime pas.
Mais les filles...
Les filles, c'est pas pareil.
C'est plus des infirmi�res,
..des secr�taires.
-On fait bien le m�nage et la cuisine.
-C'est pas ce que je voulais dire.
Ils parlent en grec.
-Vous �tes d�j� venues � Chypre ?
-Non, premi�re fois.
-Alors c'est dommage de rester � l'h�tel.
On peut vous montrer un peu le pays.
-On peut pas. On est enferm�es ici, on est en prison.
-Demain.
A 3h, au parking, �a va ?
-Y a pas moyen. -On verra.
-On verra rien du tout, dis-lui.
-Merci, en tout cas.
-Bonne nuit.
-Salut.
-On vous a d�j� dit que vous �tes belles ?
-OK, super.
Arr�te, toi !
-Quoi ? -Je t'ai grill�e.
On n'a pas le droit de sortir, c'est bon.
...
Cris de joie
T'es o� ?
Rires
Fanny !
Putain, elle chasse le caribou.
On monte, alors si tu veux dormir avec ta copine...
-Je commence � peine � m'amuser.
-Fanny vient avec nous en ville demain. Ca vous dit ?
-On peut pas quitter l'h�tel. -On en a assez chi�.
Et tout le monde le fait.
-On est pas oblig�s de le faire.
-Deux Chypriotes veulent nous faire visiter.
Mais a priori, on a dit non.
-Je pr�f�re eux.
Montez pas en bagnole avec des inconnus.
Eux au moins, c'est des Fran�ais. Et c'est des militaires.
-Vachement rassurant.
-Les filles, �a peut pas �tre simple ?
-C'est tr�s simple, on reste toutes les trois ici.
Viens, on y va.
-Fanny, reste un peu. On peut aller se baigner.
-Je dois y aller. Bonne nuit.
-Seigneur ! -A demain.
-Tu t'es pris un r�teau, Toni.
...
-Observez votre souffle, mais ne le forcez pas.
Imaginez que c'est tr�s t�t le matin,
..il fait encore sombre.
Vous marchez � flanc de colline en direction des montagnes.
Le chemin serpente autour d'immenses roches..
..et emprunte des ponts suspendus..
..au-dessus de pr�cipices.
Visualisez bien cette sc�ne.
...
-Le d�briefing commence dans dix minutes.
-J'y vais pas, je veux pas parler au psy.
-Moi, je vais dire ce que je pense.
-Ca sert � rien, leur truc.
-Crever l'abc�s, �a sert � �a.
-Max !
-Qu'est-ce qui se passe ?
-Moi aussi,
..je voudrais revenir sur l'embuscade � Mobayan.
On a pas tous vu la m�me chose.
-Pas de probl�me.
Comme l'a dit Aurore Soriano,
..elle �tait dans le v�hicule de t�te.
Moi, j'�tais dans le deuxi�me VAB.
On roulait.
On �tait plus pr�s.
Non, plus pr�s.
Ce serait possible d'avoir une vue de haut ?
Le premier groupe a avanc� sur la neige,
..puis les tirs ont commenc�.
Tirs
On a ripost�, mais les insurg�s �taient nombreux.
Marine et moi, on a voulu y aller,
..mais on nous a ordonn� de pas bouger.
Alors Crestia est tomb�.
Puis apr�s, Hardy et Aurore.
On voyait leurs corps, � d�couvert.
On a gueul� aux autres : "Pourquoi on se replie ?"
On les voyait, on �tait pas si loin.
Et on a recul�.
On nous a ordonn� de reculer.
On a pr�f�r� les sacrifier.
-C'est votre interpr�tation, sergent.
Trois morts, un bless� grave et Aurore br�l�e aux jambes.
-Combien d'insurg�s sont tomb�s ce jour-l� ?
-Une quinzaine. -16.
Nous avons s�curis� la zone. C'est une victoire.
-Je vous propose de revenir en entretien individuel.
-Je verrai.
-Nous pouvons lever la s�ance.
-Section !
'Vous !
-Je vous rappelle..
..que votre section est attendue sur le ponton de l'h�tel,
..pour un d�part � 12h30.
-Repos.
-T'es content, Melki ?
...
-Pourquoi tu m'as rien dit ?
T'as rien fait, et tu m'as rien dit.
-Je voulais venir te chercher !
-Comment tu veux que je te croie ?
-On a gueul� dans les talkies..
..et le lieutenant nous a ordonn� de faire demi-tour.
Momo, c'est pour �a qu'il va mal.
Ils ont fait demi-tour et c'est le c�t� gauche qui a pris.
S'il avait pas ob�i tout de suite, son pote serait pas mort.
Ca, il a oubli� de le dire.
T'as �t� embarqu�e dans l'h�lico.
Max et moi, comme on a gueul�,
..on a d� regarder les corps de Crestia et Calderon
..se vider de leur sang dans la neige.
Je pouvais pas les regarder, c'�tait insupportable.
Max, le matin, il jouait � la Playstation avec Crestia,
..l'apr�s-midi, il le voit crever.
Quand on a mis son corps dans le sac...
-Pourquoi tu m'as rien dit ?
-La trouille, on la garde pour soi.
Voil�.
-Je te reconnais plus.
-Regardez ce que j'ai trouv� � la boutique.
Cadeau pour mes colocs.
On va �tre mignonnes en filles.
...
C'est quoi, cette ambiance de merde ?
-Y a trop de choses qui passent pas.
On a l'impression de s'�tre fait avoir.
-Nous, c'est pareil, dans l'�quipe m�dicale.
Au d�but, je me voyais sauver des vies, rassurer des mecs.
Quand ils m'ont appel�e "casse-cro�te",
..j'ai compris que ce serait pas �a.
Avec les Afghans, c'�tait pire.
Ils laissent pas une fille les soigner.
Alors ce qu'on nous a vendu avant de partir...
...
-A�e ! Putain !
-Marsouins ! A la bleue !
...
-Viens ici, toi !
-Les gars, l�chez-moi !
-T'es con, ou quoi ?
-Attention, Melki !
-Lieutenant, vous allez le noyer !
-Allez, respire, l� !
-Vous faites quoi, l� ?
-Putain !
Ca va !
-Ca va, �a va.
-Calme, les gars !
-S�rieux, vous avez quel �ge ?
-Oh l� l�, y a du bon niveau.
Bonjour.
Il drague la fille en anglais.
-Non !
-Ca va, faut se d�tendre.
-Suivez-moi, le lieutenant-colonel veut vous voir.
-T'es mieux en maillot qu'en treillis.
-Ca suffit, l�.
-Les nanas, elles se prennent pour des mannequins.
-Sergent Melki, asseyez-vous.
-Merde, Max.
-Il va �tre en entretien individuel jusqu'au retour.
Finies, les vacances.
Ils sont l�, les Chypriotes.
Moi, je me casserais bien.
Ca commence � �tre malsain, ici.
-Je les sens pas, ces mecs.
-Moi, j'ai envie de sortir, voir ce qu'il y a autour.
-Et Marine ?
-Laisse tomber.
-Attendez-moi.
Pardon, je croyais...
Assieds-toi � l'avant.
Je vais � l'arri�re.
Ils parlent en grec.
Parfait.
-Tu voulais pas venir.
-Si je reste ici, je me tire une balle.
-Ca va ?
...
-Vous vous connaissez depuis longtemps ?
-Marine et moi, depuis toutes petites.
On �tait � l'�cole ensemble.
-Comme moi et Harry.
On a beaucoup de bons souvenirs.
-Fanny, on l'a rencontr�e en Afghanistan.
-Je l'ai soign�e quand elle a �t� bless�e.
Je suis infirmi�re.
-C'�tait grave ?
-Oui.
...
Il parle en grec.
...
-Fanny, fais p�ter les robes.
...
Sifflement d'admiration
-Calme-toi, c'est que des robes.
-Allez !
-Vous avez 10 euros ?
-C'est vraiment la crise.
Tu veux de l'eau ?
Et toi ?
-Merci.
Chant des cigales
...
Voil�.
C'est le plus haut point de la r�gion.
Venez voir.
On voit bien le pays coup� en deux.
Ici, le c�t� grec, et l�...
le c�t� turc.
Si vous passez de l'autre c�t�,
..et qu'un soldat vous voit,
..vous ne pourrez plus revenir.
-Sympa, le sas.
La prochaine fois, on ira en Suisse.
-C'est la fronti�re de l'Europe.
Alors de plus en plus de gens essaient de passer.
-J'en peux plus, j'ai trop chaud.
C'est �a, la visite de l'�le ?
-Arr�te.
-Si t'avais �t� � ma place, t'aurais fait �a diff�remment ?
-Oui.
-Moi, je crois pas.
C'est seulement quand t'y es que tu sais.
Quand on t'a demand�, au test,
..si tu lancerais une roquette pr�s de chez tes parents, t'as dit quoi ?
"Oui", comme tout le monde.
-C'�tait un test.
C'est comme dans l'avion, il faut r�pondre "oui".
-T'as dit "oui" parce que tu l'aurais fait.
Tu comprends rien, toi.
Tu dis qu'ici on va se changer les id�es mais c'est pire.
Ce sera partout pareil.
J'ai plus envie de rentrer. Je suis bien nulle part.
J'ai des images qui reviennent tout le temps.
On a mis Crestia dans le sac.
J'arrivais pas � lui fermer les paupi�res.
Dans les films, �a a toujours l'air hyper facile.
Ben l� putain, ses yeux se fermaient pas.
Et �a, �a revient en boucle.
Voix au loin
C'est comme le mec qu'ils ont tortur� en Irak.
Ils lui ont pass� "By the rivers of Babylone"..
..jour et nuit, sans arr�t.
Quand ils ont arr�t�, le mec est devenu fou.
Il continuait � entendre la chanson dans sa t�te.
Moi, c'est pareil.
Et leurs putains d'images de synth�se pourront pas montrer �a.
-Oh !
Aurore !
J'aimerais y aller.
-Il fait quoi, ce con ?
-Oh, non !
Vous �tes l� juste pour le paysage ?
-Ca craint, ici.
-On devrait y aller.
-Elles n'ont qu'� rentrer � pied. Nous, on va au village.
Qu'est-ce qui se passe ?
Ils parlent en grec.
...
-Putain, c'est les n�tres.
-Bonjour.
-C'est qui, ces mecs ? Vous faites quoi ici ?
Eh ben ! Vous vous �tes mises � l'aise.
-C'est des Chypriotes. Ils nous font visiter.
-Vous pr�f�rez les locaux ?
C'est bien.
Mais toi, tu nous as pos� un lapin.
-Je me suis fait embarquer.
-T'aurais d� venir. On a trouv� une crique.
On �tait tout seuls, c'�tait trop bien.
-On venait voir le panorama, mais c'est merdeux.
-On va � une f�te dans un village.
Vous voulez venir ?
Comme �a, on y va tous.
-Si tu veux.
-O� �a ?
Ils parlent en grec.
...
-Il dit quoi, le poilu ?
-Je viens avec vous. Marre de leurs histoires.
-OK, on vous suit.
Va pour la f�te au poilu.
-Comme en 14.
-H�, Papandreou ! L'acc�l�rateur, c'est � droite !
-Rastapopoulos !
-Par l�.
-Ca va, vous ?
Toi, tu fais quoi ?
-Je suis professeur au ch�mage.
-C'est quoi, ce village fant�me ?
-Pourquoi l'arm�e ?
-Marine s'est engag�e en premier. Elle est fille de militaire.
C'�tait ma meilleure amie.
On avait 19 ans, pas trop de boulot.
Ma m�re �tait au ch�mage, je savais pas quoi faire.
On a fait comme les gars qui s'en sortent.
On a sign�.
Pour avoir un boulot s�r.
Pour l'argent,
..et la libert� qui va avec.
Et pour voir du pays, comme on dit.
Et puis...
On voulait d�fendre la France, ou l'Europe.
-Vraiment ?
Conversation en grec
...
Et alors ?
C'�tait comment, l'Afghanistan ?
-On a rien vu, l�-bas.
On est arriv�s la nuit,
..on est mont�s dans un blind� pour aller au camp.
Et apr�s, on a rien vu.
Musique festive
...
-Chrystos.
Comment tu dis "Sant�" ? "Cheers" ?
-Yamas.
-Yamas ?
Ben yamas, alors !
-Yamas.
-Allez, yamas !
-Yamas.
-Mais les filles...
..elles combattent ?
-C'est �a, oui.
En fait, elles portent malheur.
-Ta gueule, toi.
-C'est vrai.
-Non. -Si.
-Si on se bat bien, on se bat comme des hommes.
Si on merde, on est des filles ?
-Mais non.
-Elles vont au contact,
..mais le sale boulot est pour nous. -Super.
-Elles portent malheur, elles ont peur,
..elles ont pas de couilles.
Mais certains ont pas de couilles au moment o� il faut.
-On en a assez parl�.
-Attends, elle a dit quoi ?
-Elle cherche la merde.
-Ca suffit, l�.
-H� !
Tu me dis pas �a.
-Excusez-moi.
Je ne voulais pas... -Elle a raison.
On sait bien que c'est notre faute aussi.
On aurait pu y aller. Dans ces cas-l�,
..c'est toi tout seul, avec ta conscience.
-Max aurait d� fermer sa gueule.
Il paiera l'addition.
-D'autres feraient mieux de fermer leur gueule.
-Moi aussi, j'ai balanc� des trucs. Leur sas fout la merde.
-On va y aller.
-Restez boire un verre.
-Laisse, c'est pour nous.
-H� !
-C'est pour nous. Nous insulte pas.
Paie les frites, si tu veux.
-On va boire sans s'�nerver.
On a vu la guerre, on est diff�rents.
Parakalo, my friend.
Chanson entra�nante
...
-Les gars, qu'est-ce qui se passe ?
-Sant�.
...
-Elles vont finir � poil. -A toi.
-C'est �a, oui. -Vas-y
...
-Ca fait six mois, on a m�me pas vu leurs cheveux.
Faut qu'elles arr�tent, �a va m'�nerver.
...
-On va danser ?
-Ben ouais, on y va.
-Allez.
Allez ! -Non !
A 15 ans, ma m�re refusait que je sorte tard.
Marine venait me chercher en scooter,
je sautais par la fen�tre et on allait danser.
-C'est un talent naturel ?
-Quoi ?
-S'�chapper.
-C'est moi qui lui ai fait faire ces conneries.
-Prends �a, toi.
On y va.
-Oh, putain !
Allez, viens !
...
-Merci.
-C'est bien, j'avais pas soif. -Sant�.
-Merci.
-J'ai d�j� trop bu, moi.
-Moi aussi. C'est bien.
...
Viens.
-Attends.
...
Chanson douce
...
-En Irak, � Falloujah, ils avaient des MRAP..
..avec des grosses baffles..
..et ils faisaient la bataille du son.
Les Irakiens balan�aient le Coran et eux, Eminem.
...
-Tu veux ? -Oui.
Merci.
-Demande pas la permission.
Prends nos femmes, bois tout notre vin.
-Il a offert la premi�re tourn�e. -Toi, ta gueule.
-Change de ton si tu veux passer une bonne soir�e.
-Oh ! -Laisse-la.
-Putain !
-L�che-le, putain !
-Putain.
-L�che-le, Toni !
Arr�te !
Tu te calmes.
Arr�te !
-Le premier qui avance, je le cr�ve.
-Toni, putain !
-Je te cr�ve !
-Donne ce couteau.
-Arr�te, Toni !
-L�che-le, l�che-le.
Voil�. Allez !
Soriano, on se casse.
Si la police d�barque, on est dans la merde !
Viens !
-Tout le monde a pass� une bonne soir�e ?
-Tu sais o� tu vas ?
Attention !
-Ca va pas de gueuler comme �a ? T'es conne !
-Je vais voir.
Putain de gonzesse !
Elle me ferait faire n'importe quoi. File une clope.
-Y a du sang, mais la carrosserie a rien.
Un coup de flotte et le loueur verra que dalle.
-Saloperie de bestiole.
...
-Il est o�, l� ?
Toni !
Les pisseuses,
..si vous avez besoin, c'est maintenant.
-Attends.
Cri
-C'�tait quoi ?
-La b�te qui cr�ve.
-C'est pas un animal.
Fanny !
Fanny, t'es o� ?
-Reste ici, toi. Bouge pas.
R�le
...
Cris �touff�s
Elle crie.
-Viens l�, toi.
Viens l�.
Alors comme �a, on n'a pas de couilles ?
On n'a pas de couilles ?
Hein ? Et l� ?
Dis-le.
Dis-le-moi.
Fais pas �a.
On rentre demain.
Arr�te.
-D�gage !
-Toni, on se casse !
-D�gagez !
-D�marre, putain !
Roule, roule !
On les laisse l�, ces salopes. Elles rateront l'avion.
-Si j'�tais pas sortie de la voiture...
-Ca a rien � voir avec �a.
Depuis le d�but, ils cherchent un ennemi.
Les touristes, les Chypriotes, nous.
Finalement, c'est nous qui avons pris.
-Ils vont payer, je te jure.
Musique douce
...
-Allez, va-t'en.
...
-J'esp�re que ce s�jour aura �t� profitable.
Vous rentrez aujourd'hui en France.
Il n'y aura bient�t plus de forces fran�aises en Afghanistan.
Au total, 70 000 hommes auront �t� engag�s l�-bas.
C'est consid�rable, voire historique,
..au vu des missions jusque-l� engag�es.
Certains sont morts pour la France.
D'autres ont �t� bless�s.
Votre patrie vous exprime par ma voix sa gratitude,
..et sait pouvoir compter sur vous
pour d'autres missions engag�es en son nom.
Ce qui s'est pass� l�-bas reste l�-bas..
..et ce qui s'est dit ici reste ici.
Un commentaire � faire ?
Quelque chose � ajouter ?
Alors je vous souhaite bon voyage.
Et bon retour dans vos familles.
-Pour l'ensemble.
'Vous !
Repos.
'Vous !
Rompez les rangs.
-Bonjour, messieurs. Tout s'est bien pass� ?
-Je vous ai cherch�es hier. Vous �tiez o� ?
-Et toi ?
-Je me suis tap� deux entretiens individuels.
-Alors, vous �tiez o� ?
-On s'est couch�es t�t.
-Ouais.
C'est ce que je leur ai racont�.
Mais je sais que c'est faux.
Je veux bien vous couvrir, mais faut m'expliquer.
-Adieu, vieille Europe
-ADIEU, VIEILLE EUROPE
QUE LE DIABLE T'EMPORTE
ADIEU, VIEUX PAYS
POUR LE CIEL SI BRULANT DE L'INFINI
ADIEU, SOUVENIRS
NOTRE VIE VA FINIR
IL NOUS FAUT DU SOLEIL, DE L'ESPACE
POUR REDORER NOS CARCASSES
NOUS, LES DAMNES DE LA TERRE ENTIERE
NOUS, LES BLESSES DE TOUTES LES GUERRES
NOUS NE POUVONS PAS OUBLIER
UN MALHEUR, UNE HONTE
UNE FEMME QU'ON ADORAIT
NOUS QUI AVONS LE SANG CHAUD DANS LES VEINES
CAFARD EN TETE, AU COEUR LES PEINES
POUR RECEVOIR, DONNER DES GNONS
CR�NOM DE NOM, SANS PEUR, EN ROUTE POUR LA MAISON
-J'y crois plus, � tout �a.
Je crois que je vais quitter l'arm�e.
-Tu veux faire quoi ? Tu sais faire que �a.
T'as connu que tes parents, l'�cole, l'arm�e, la guerre.
Et maintenant, t'es pas faite pour l'arm�e ?
-C'est l'arm�e qui est pas faite pour moi.
-Ce sera partout pareil.
-Je vais chercher.
Je verrai bien.
Musique rock
...
Audiodescription et sous-titrage SME r�alis�s avec la participation
du Centre national du cin�ma et de l'image anim�e.
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