All language subtitles for Theodora imperatrice de Byzance 1954

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Original subtitles

Seigneur, fais que la piété

et la justice

soient les plus beaux joyaux de ma couronne.

Et pardonne-moi si, en ce jour de prière,

ma foi chrétienne est indissociable

de l'amour qui me lie à jamais

à la plus chère de tes créatures.

Byzance, sordide et fastueuse,

éblouissante et mystérieuse,

nous a unis dans un amour indestructible.

Les jeux du cirque commencent!

Dimanche, aura lieu la course de l'Empereur.

Riches contre pauvres, Bleus contre Verts !

Vivent les Verts ! Vive le peuple !

Dimanche, le vainqueur sera proclamé roi d'un jour.

Si c'est un Vert, le peuple triomphera.

Ca n'arrive jamais !

Si. Les chevaux des Bleus sont bien nourris,

mais ceux des Verts ont la foi !

Ils sont vifs !

Pariez sur Andres, le chef des gardes !

Et pour Arcal, l'aurige le plus brave ?

Notre foi le fera gagner.

Pauvre Arcal !

Il porte les couleurs du peuple

et le peuple parie sur Andres !

Faites place à Andres.

Faites place, faites place !

- Un oeuf, par pitié ! - Qui va payer ?

Sans coeur ! Cet enfant meurt de faim.

Un oeuf pour mon fils !

Va-t'en !

Dégage !

Qu'a-t-il fait ?

Il a offensé Giovanni de Cappadoce.

Mes oeufs sont chers.

Je le sais.

Et qui me paiera ?

Tu veux y aller toi aussi?

Je me tais.

Dimanche, le vainqueur

sera proclamé roi d'un jour.

Suivez-moi. Vous allez connaître l'issue de la course.

Justiniano a d'étranges manies.

En effet. Quelle idée de se mêler à la plèbe !

Je vais user mes sandales.

Je demanderai à l'Empereur de m'en acheter.

Regarde ce beau vase !

Tu ne vends rien ?

Achète-m'en, je ne demande que ça.

Tout le monde en a besoin.

C'est cher.

S'ils pouvaient s'en acheter,

ils les mangeraient aussitôt !

Andres, tu es fort !

Appose ton sceau, ça te portera bonheur.

Andres parie !

Qui parie avec lui ?

Ses chevaux sont agiles, il gagnera !

Tu l'as vu ?

Je ne l'ai pas trouvé.

Ouvre donc les yeux !

Vive Andres !

- Vous êtes des lâches ! - Vivent les Verts !

Mes frères, aidez-moi à chercher!

J'ai une lanterne, mais mes yeux sont fatigués !

Et l'huile n'est plus ce qu'elle était !

Ah oui?

Je suis venu à Byzance à la recherche d'un homme...

- De Cappadoce ? - Oui, de Cappadoce.

Je l'ai cherché partout.

C'est pourquoi je suis là.

J'ai marché, marché.

Arrivé au bord de la mer,

j'ai regardé, puis j'ai demandé à quelqu'un

si Byzance se trouvait ici.

"Oui, c'est ici", me dit-il.

"Mais où ça ?"

"Tu le vois, elle n'est plus là,

"un homme de Cappadoce l'a mangée.

"Le port, les maisons,

"les gens, les rues,

"et le palais impérial !"

"Et l'Empereur ?", dis-je.

"Quel Empereur ?", dit-il.

"Je ne savais pas

qu’il y en avait un.

"Mais connaissez-vous un guerrier appelé Belisario ?

"Celui-là était trop dur à avaler."

Vive Belisario ! Nul ne le mangera !

Pas si fort ! Vous pourriez y laisser votre tête.

Je garde la mienne dans l'alcool.

Le vin trop acide tourne

au vinaigre.

Le vinaigre est mauvais.

Il faut le jeter à la mer et le purifier.

Croyez-le.

Les Bleus s'inquiètent de la santé des Verts.

Et nous allons le prouver

en vidant immédiatement ce tonneau.

Emmenez-le.

Salut à tous et soyez prudents !

Salut à tous, mes disciples préférés !

Le connais-tu ?

Chut, c'est un Bleu !

Je m'appelle Theodora et toi ?

Comme tu es belle !

Quelle époque !

On ne sait pas qui est qui.

Je te croyais patricien, je voulais te voler.

J'ai vu les gardes te chercher

et j'ai compris que tu avais des comptes à leur rendre.

Nous sommes de la même race.

Je suis une fille bien.

Je vole par nécessité.

Pour me venger.

- De qui ? - Des Bleus, évidemment!

Mon père gardait les ours du cirque.

A sa mort, ce poste me revenait.

A moi et à ma soeur.

Mais pour les Bleus, les Verts n'ont aucun droit!

Cette charogne de Giovanni de Cappadoce l'a donné à un Bleu.

Tu aurais dû en parler à l'Empereur.

Mais d'où viens-tu ?

Ce n'est pas facile de lui parler.

Peut-être plus que tu ne le crois.

Tu me plais...

Même si tu as le sang un peu chaud.

Dis-moi... Il y a de belles femmes dans ton pays ?

D'aussi belles que toi, il n'en existe

nulle part au monde.

C'est magnifique !

Je vais me regarder dans le miroir.

Allez, Arcal ! Allez, avance !

Qu'ils sont maigres !

Où est Arcal ?

Il s'entraîne sur la piste.

Tous les Verts sont avec toi !

Arrête !

Que mijotes-tu ?

Rien. Emmène-moi.

Que cherches-tu dans cette fumée ?

Fumée et cendres

en disent plus long sur ta soeur que les astres...

Que veux-tu savoir encore ?

Tout a été facile pour elle.

Tout ce qu'elle a voulu, elle l'a eu.

Mais un jour ou l'autre, elle devra le payer !

Comme tu la hais !

Les plus belles poteries de Mycène !

Regardez ces tissus !

Ce sont des tapis de Perse ! Quelles couleurs !

Le plus beau fruit de Byzance.

Tout juste cueilli de l'arbre, il est à vous !

Des oeufs, des oeufs frais.

Quels légumes ! Encore tout couverts de rosée.

Toujours amoureux ?

Tu vas voir ce que je vais lui faire !

Arrête-le, Egina !

Non, Saidia, lâche-moi !

Voler un Bleu c'est bien,

mais se faire prendre c'est une honte !

Theodora ! Les gardes !

Ils te cherchent!

Les plus belles étoffes, les tissus les plus précieux...

En provenance de Crête.

Achetez-les donc !

Décoré de cette étoffe,

le moindre taudis devient un palais.

Poteries de Samos !

Tapis de Perse ! Etoffes de Crête !

- Où la cacher ? - Au milieu des lions !

Bonne idée, merci ma soeur!

Sors de là !

Viens me chercher!

C'est ce qu'on va faire !

Attention, les lions mordent !

- Arrêtez-la ! - Qu’attendez-vous ?

- Etes-vous sourds ? - Sourds, mais pas fous !

Viens avec moi.

- Moi? - Oui, toi.

On y va.

Non ! Lâchez-moi !

Je ne veux pas ! Enlevez vos mains !

Ne me touchez pas !

Mettez cette voleuse en prison.

En compétition c'est permis.

Mais ici c'est un délit.

Mon Dieu quelle honte !

Quels lâches, ces Verts !

C'est un grand honneur pour ce tribunal

que l'Empereur,

aimé et guidé par Dieu,

soit venu assister en personne

à la première audience de l'année.

Le premier accusé !

Qui es-tu ?

Je suis l'avocat de Scarpios.

Ainsi que l'avocat

de tous les accusés.

Je suis Scarpios, fils de Niketas, homme libre.

J'étais libre telle une gazelle.

Et là, je suis un peu étourdi

sans savoir pourquoi.

Scarpios, dans une taverne du port,

tenait aux clients

des propos infamants contre

Giovanni de Cappadoce,

notre ministre.

Et même contre notre Empereur!

Son délit est très grave et ne doit pas être atténué.

Des témoins ?

Inutile, je l'ai pris en flagrant délit.

Du reste, il a déjà avoué.

J'avoue. Et je vous le dis.

Si on m'avait fouetté plus longtemps

j'aurais avoué avoir organisé la révolte de Vercingétorix,

l'assassinat de Caligula, les méfaits

du serpent et la diarrhée

du nouveau-né.

Miséricorde !

Ne l'écoutez pas, il est fou.

Je l'ai connu enfant!

Il a toujours eu cette manie, je l'ai élevé !

Je vous en prie !

Je vous en conjure, acquittez-le !

Pour les crimes commis,

Scarpios est condamné

à 2 ans de prison et 8 jours de pilori.

C'est sévère pour un histrion !

Merci !

Je remercie le tribunal de sa clémence.

Et mon avocat de son éloquence.

Emmenez-le !

L'accusé suivant !

Je t'ai promis une surprise, la voilà !

Je suis Theodora, fille adoptive d'Egina

la dompteuse de fauves.

Cette femme

a été surprise en train de voler un patricien.

Elle a été arrêtée par le chef des gardes.

Tu as un avocat?

Je n'ai pas d'avocat.

Je suis innocente, moi.

Le collier qui est la cause de ce procès

m'a été offert spontanément par un jeune patricien.

En échange de...?

De rien !

Pas même un baiser.

Quelle générosité !

Un vrai seigneur!

Un homme bien,

peut-être un patricien

ou un magistrat.

Sa discrétion mérite un collier !

C'est un démon !

Assez ! Ces détails

n'intéressent pas le tribunal.

Tu sera punie pour le vol du bijou.

Vous poussez les hommes au péché !

Toutes des courtisanes !

Pas moi !

Il n'a rien eu de moi.

Punissez-la conformément

à la loi.

Selon la justice, nous décrétons que Theodora,

fille adoptive d'Egina,

la dompteuse de fauves,

sera mise au pilori et aura la main droite coupée.

Coupez-moi plutôt la tête !

Plutôt la mort !

Son regard me brûlait!

J'ai tenté d'échapper à cette créature maudite !

Mais je l'ai suivie comme un chien !

Tu penses encore à elle ?

A chaque instant.

Que feras-tu si tu la vois ?

- Je la désirerai... - Tu n'as pas honte ?

J'ai besoin d'elle.

Elle m'a ensorcelé.

J'ai essayé de me libérer,

d'étouffer mon désir.

C'est plus fort que moi !

Je l'ai injustement condamnée.

Cette passion me déchire

mais j'ai du remords et mon geste est horrible.

Qu’attends-tu de moi ?

Le pardon de l'Eglise ?

J'ai foi en la miséricorde divine.

Dieu, te faisant Empereur,

a fait de toi le symbole de sa doctrine.

Et cette investiture sacrée

tu la souilles dans l'injustice et la luxure.

Je me repens !

Ta passion est trop forte.

J'exige l'absolution !

Je ne le ferai...

que le jour

où tu feras preuve d'un repentir sincère !

Dieu ne se contente pas de paroles !

Chasse cette femme de ton coeur

et de tes pensées.

Et si tu la rencontres, repousse-la fermement !

Alors seulement je pourrais t'absoudre.

Lâchez-moi !

Je suis innocente, lâchez-moi !

Arcal ! Egina ! A l'aide !

A l'aide !

Ne pleure pas.

Ne désespère pas, ma belle.

Aucune cage ne peut retenir une panthère telle que toi.

Ne me fais pas de mal.

J'ai les chevilles fragiles.

Par ordre de l'Empereur,

l'hippodrome

et les rues adjacentes

doivent rester dégagés.

Selon la tradition,

les Bleus et les Verts peuvent accéder

aux tribunes de droite et de gauche.

Mais personne

n'est autorisé à occuper l'escalier du palais

qui mène à l'hippodrome. Il est gardé

par les prétoriens de l'Empereur!

Regarde, Justiniano !

Regarde comme les Verts baissent la tête !

Leurs athlètes sont en forme !

Ils ne peuvent vaincre que soutenus

par leurs amis.

Oublie cette femme !

Elle n'en vaut pas la peine.

Regarde Andres !

Quelle habileté !

Ton char à toi c'est le gouvernement.

Mesurer ma force physique

m'aiderait à vaincre mes angoisses.

Tu meurs d'envie de conduire un char ?

C'est vrai !

Mais le peuple ?

Le Peuple ?

Il aime la force et l'habileté.

Et il serait fier d'avoir un Empereur athlète.

Donne ton quadrige à l'Empereur.

Je suis Arcal.

Je conduis le quadrige des Verts.

Que veux-tu ?

Le vainqueur a droit à ce qu'il veut.

Je demande la grâce de ma fiancée Theodora.

- Tu es si sûr de vaincre ? - Pour elle, oui.

Il a raison.

J'ai commis un terrible délit.

Et tu as perdu une femme délicieuse.

Quel honneur!

Où est Theodora ?

La danseuse !

Sois indulgent!

Theodora la prisonnière n'est plus...

Quoi ?

Tu l'as tuée, tu en répondras !

Elle n'est pas morte !

Elle s'est enfuie !

Les fers rouges !

Aie pitié, Justiniano !

- Je suis innocent! - Pitié, pitié !

A l'aube ce matin,

cet homme, séduit par l'or, l'a laissée s'enfuir.

Que la lumière disparaisse de son regard corrompu.

Cet homme sera désormais le bourreau

de ceux qui manqueront à leur devoir.

La gazelle s'est enfuie.

La gazelle s'est enfuie.

On ne Rattrapera plus !

On ne Rattrapera plus !

La gazelle s'est enfuie.

Toi !

Cela te semble étrange ?

Je t'attendais.

J'avais peur toute seule.

TOÎ. peur ?

Comment?

Mes jolies jambes sont faites aussi pour courir.

Et le garde aimait mes bracelets en or.

J'allais vaincre pour obtenir ta grâce.

J'avais si peur de perdre !

Partons, ici c'est dangereux.

N'aie pas peur.

Allons en Asie !

C'est trop loin.

Rien n'est trop loin.

- Je n'irai pas ! - Tu es folle.

Justiniano te reprendra.

- Pourquoi pas. - Tu plaisantes ?

Tu risques ta tête.

- Je ne crois pas. - j’empêcherai ce suicide.

Cette fois, je saurai me défendre.

Tu as encore la marque des chaînes.

Un souvenir de Justiniano.

- Ca ne lui a pas coûté cher. - Oh, si !

Moi aussi je l'ai marqué. Au fer rouge !

Cette fois, il a gagné. A mon tour !

Tu ne sais plus ce que tu dis.

Garde ta pitié, aurige !

Je vaux autant que toi !

Il ne suffit pas d'être beau et fort.

J'ai tout compris !

Ah oui?

Tu as un amant!

- Tu as trouvé ça tout seul ? - C'est donc vrai !

Celui qui t'a libérée ? Un officier ? Andres ?

Ce bellâtre ! J'aurais préféré le supplice.

J'ai soif, du vin !

Qu'es-tu ?

Rien, j'ai cru entendre des chevaux.

Je donnerais cher pour connaître tes pensées.

Bois et tu les connaîtras.

C'est bon !

Du véritable vin de Samos !

C'est étrange.

Je me sens tout étourdi.

C'est la fatigue.

J'ai sommeil tout à coup.

Dors !

Dors, je ne demande pas mieux.

Theodora, tu m'as empoisonné.

Mais non, idiot!

Je t'aime trop pour faire ça.

Dors, je rêverai pour toi !

C'est une folie de laisser courir Justiniano.

Il est jeune et agile.

Crois-tu qu'il soit digne d'un souverain

de se mêler aux gens du peuple ?

Il a eu d'illustres prédécesseurs !

Néron, par exemple.

Néron est un triste exemple.

Car il lui manquait un conseiller tel que moi...

un vrai patriarche.

Le représentant du peuple

n'est pas pressé de se faire battre par toi !

Et dire que l'aurige

était sûr de gagner.

Le signal ! Lâche les chevaux !

Qu'est-ce que tu attends ?

J'ai cédé ma place.

Et nos paris, alors ?

Sois tranquille, mon quadrige est en de bonnes mains.

Les meilleures de Byzance.

C'est l'Empereur !

Oui.

Quel triomphe pour Justiniano.

C'est une gloire très fugitive.

Heureusement.

- Qui remplace Arcal ? - Je ne sais pas.

Où est-il passé ?

Mais c'est une femme !

On dirait !

C'est Theodora !

C'est presque ma fille !

Bravo !

C'est l'avant-dernier tour !

Pourquoi m'as-tu humilié

devant tout Byzance ?

Croyais-tu avoir leur confiance ?

Tu en doutes ?

Tu m'as blessé juste pour t'asseoir

à la table de l'Empereur!

Tu me seras toujours aussi cher!

Tu me rends fou !

Je ne te laisserai pas faire, l'Empereur peut attendre.

Lâche-moi !

Délivrez-la

de cet énergumène.

Lâchez-moi !

Maudite putain ! Lâchez-moi !

Je viens

vous inviter à dîner.

Tu veux sans doute te faire belle.

Viens dans mon palais.

Tu trouveras

ce qu'il faut pour être la princesse...

d'un soir!

Oui, Seigneur.

Appelle-moi Giovanni, pour ce soir.

Les jours passent et ne se ressemblent pas.

Donne-moi le miroir.

Aide-moi à sortir.

Tes yeux brillent !

C'est le maquillage, Giovanni.

Ramasse ce peigne.

Pose-le là.

Tu es née pour commander.

J'ai senti que nous serions amis.

J'ai conduit Justiniano au tribunal.

Je ne vais pas te remercier.

Son comportement m'a surpris.

Moi aussi, je t'assure.

Sortez la tunique du coffre d'ivoire.

Sera-t-elle digne de ta beauté ?

- Tu me plais. - Ne me touche pas !

- Tu refuses mon appui? - J'ai celui de ton maître.

Te suffira-t-il demain ?

Qui sait?

Ma puissance est grande.

Moins que ma faiblesse.

Tu es belle mais intelligente aussi !

Le temps le dira.

Des sandales en or ?

Je les préfère rouges.

Seule l’impératrice peut en porter.

Ne suis-je pas reine ?

De beauté !

Le préfet et la danseuse Theodora !

Une Verte parmi les patriciens.

Elle ne restera pas longtemps ici.

Voici notre reine !

Continuez !

Prends.

Ca ne te plaît pas ?

Je ne veux pas être comme elle,

on dirait une baleine.

C'est la cousine de l'Empereur!

Laisse-la dire, elle a raison.

Reste telle que tu es, Theodora.

Garde ta sincérité.

Elle est digne de ta beauté.

Ces femmes d'orient sont

vraiment stupéfiantes.

En effet.

Elles gagnent toujours...

dans les épreuves de rue...

Et au palais !

Pour qui sont ces perles ?

Pour mes invités.

Donne-les aux artistes, pas aux courtisanes.

D'accord.

Ils sont si avides.

Ils sont prêts à tuer pour une perle.

Il tentait de s'introduire dans le palais

par les souterrains.

Je le connais !

C'est lui qui m'a supplié

de te gracier.

La beauté de cette femme est dangereuse.

Elle ne justifie pas le geste de cet homme.

Qu'il soit puni

comme ceux qui violent le seuil de ce palais.

Emmenez-le !

Quelle sera sa peine ?

La mort.

Mais c'est moi qu'il voulait tuer, pas toi !

C'est la loi, ta vie vaut la mienne,

même si je suis Empereur.

Lâche-moi !

Pourquoi ? L'aimes-tu tant?

Je veux sa vie.

Je te la donne.

Tu l'aimes seulement comme un frère ?

Tant que durera sa peine aux salines d'Anatolie

nous n'aurons pas de malentendu.

Lâche-moi !

Quoi encore ?

Cesse de me traiter en courtisane.

Je ne suis pas chrétienne

mais j'en connais assez pour savoir...

Savoir quoi ?

Que seul le mariage peut nous unir.

C'est elle qui m'a enseigné ce soir-là

que baisser la tête

n'est pas signe de défaite.

Je ne voulais pas croire

qu'en proclamant mon amour devant Dieu et les hommes,

je cédais devant l'intransigeance d'une femme.

Mais je gagnais une belle victoire :

l'amour de mon peuple.

Ouvrez les portes

au Général Belisario !

Vive Belisario !

Vive le vainqueur des Perses !

Les honneurs qui m'ont été rendus, ici à Byzance

au retour de cette expédition,

dépassent mes mérites.

Je n'ai fait que mon devoir, tout comme mes soldats.

Malheureusement,

beaucoup sont tombés.

Et notre armée n'a plus

la supériorité numérique qui seule...

imposait aux barbares

le respect de nos frontières et de la paix.

Mes hommes ne peuvent plus combattre.

Byzance a besoin de forces nouvelles.

Tu as raison, Belisario,

mais nos caisses sont vides.

Les mercenaires sont chers.

Ceux qui défendront la patrie

pourraient être payés par autre chose

que notre monnaie.

Que veux-tu dire ? Quelle chose ?

Une chose qui n'est jamais sortie des coffres.

La liberté !

La liberté ?

Quelle liberté ?

Libérez les esclaves

et ils combattront les barbares.

Ils risqueront sûrement leur vie à ce prix.

L'amour pour Byzance ainsi que pour nos sujets

a inspiré à l’impératrice cet acte de clémence.

Les nobles représentants des Bleus

seront sans doute heureux de démontrer

que les intérêts de la Patrie prévalent

sur ceux des patriciens.

La proposition de mon épouse

sera rapidement mise à exécution.

Cette disposition comptera

parmi celles que la bonté de Theodora m'a suggérées.

En premier lieu, l'amnistie générale

et le nouveau code

de justice.

Bonté et charité ne sont pas

synonymes de faiblesse.

Les ennemis du Christ...

Tu as pu le voir,

je ne suis pas aimée de tous.

Seuls les méchants sont contre toi.

Ils sont nombreux et puissants.

Je le sais.

Je connais bien ceux

qui financent les rébellions à la frontière

simplement pour bloquer une armée

capable de gêner les traîtres.

Je croyais avoir mis Giovanni et les siens hors d'état de nuire.

Mais ils relèvent la tête.

Ils oseront...

mais échoueront.

Je voudrais en être sûre !

Je leur prépare une surprise.

Les barbares se tiennent tranquilles,

je vais donc installer mon camp

de l'autre côté du Bosphore.

Un signal de ta part...

et je viens avec mes hommes.

Quel signal ?

Une grande fumée

que l'on pourra voir de loin.

Pendant que nos généraux se battent

pour protéger nos frontières

des barbares, nous devons

rester unis.

Que lors des fêtes pour leur victoire

n'apparaissent pas les dissidences

ni la diversité des idées et des religions.

Il faut qu'autour de moi et de l’impératrice

se forme un bloc d'amour

de dévotion et de foi.

Un jour, les Bleus et les Verts, unis vers un seul but,

invoqueront la paix et la liberté.

L'union des empires d'orient et d’occident. Ce jour-là,

nos troupes embarqueront

pour l'Italie et Byzance sera enfin l'héritière de Rome.

Ce projet ambitieux semble irréalisable, mais rappelez-vous

qu'un peuple est capable de tout

s'il vit dans l'amour et bannit l'esclavage.

Je suis heureux que cette preuve de la sagesse de mon épouse,

votre Impératrice,

se manifeste le jour où nous célébrons

le cinquième anniversaire de l'avènement de nos noces.

Tu n'as pas aimé mon discours ?

C'est toi qui me l'as inspiré,

comme tu m'inspires depuis 5 ans.

Pourquoi dis-tu cela ?

Je t'ai observée, tu regardais ailleurs.

Pourtant ce discours, plus que tout autre,

prouve notre foi réciproque.

Si une pensée te tourmente,

tu ne dois la confier qu'à moi seul.

Tu ne me caches rien ?

Oh non, je n'ai aucun secret pour toi !

Mais mon bonheur est si grand.

J'ai peur de ne pas le mériter.

Aujourd'hui, une tristesse insolite m'oppresse.

Comme si notre amour était en danger.

De bien tristes pensées !

Tu es toute ma vie, Justiniano.

Je peux te confesser qu'au début

seule l'ambition me guidait vers toi.

C'est étrange !

Si tu as agi par ambition,

moi, je n'ai agi que par passion.

Tu étais juste une magnifique créature.

Je ne pensais pas partager ma vie avec toi.

Tu te souviens ?

J'ai ri ici, sur cette terrasse

puis ce fut le miracle.

Jour après jour, tu t'es révélée

et le caprice a cédé la place à une infinie tendresse.

J'ai appris à te connaître.

Je voulais les honneurs

mais aussi les responsabilités.

Maintenant, je t'aime éperdument!

Un jour, je n'ai plus eu ni ambition ni désir

hors celui d'être chaque jour plus digne de toi.

L'heure est grave !

L'Impératrice nous a trahis.

Elle a renié nos droits sacrés.

A mort !

Non ! Aucun de nous...

aucun de nous ne doit lever la main sur elle.

Sur cette gitane !

Elle sera plus nuisible morte que vivante.

Theodora victime des Bleus, des patriciens !

Quel symbole !

Mes amis !

Jua; décidé

que ce sera l'un des siens, un Vert

qui la tuera !

Notre haine pour Theodora est grande, mais petite

comparée au sentiment qui pendant cinq ans

a mûri jour après jour

dans l'âme d'un homme que vous connaissez.

Cet homme n'a qu'un seul désir

s'introduire dans le palais et se venger !

Il serait charitable de lui ouvrir les portes.

Faites-le venir.

Arcal !

Quel plaisir de te revoir.

- Attention ! - Tu n'as pas changé.

Et pourtant la haine m'a transformé.

Tu vas payer pour mes souffrances !

Tu ne me fais pas peur.

Je te connais trop.

Vas-y, frappe ici !

Je ne peux pas.

Tu vois, tu es faible.

Tais-toi !

Tu voulais me tuer ? Toi?

Qu'est-ce qui t'a éloignée ainsi de moi ?

Il le fallait, Arcal !

C'était mon destin.

Ah oui ? Tu es née pour le luxe ?

Oui, je sais apprécier les étoffes, le parfum, les bijoux.

Tu t'es vendue pour ça ?

C'est si difficile à comprendre ?

J'ai apporté à Justiniano une chose précieuse.

Laquelle ?

L'âme du peuple.

Plus besoin de chercher la vérité dans les rues.

Elle est là

à ses côtés, à chaque instant

et elle s'appelle Theodora.

Tous tes espoirs sont là

et ceux d'Egina, de Scarpios, des Verts

et ceux de Byzance.

Je comprends tout!

Nous avons tous un destin.

Le mien était celui d'aider le peuple

avec l'aide de Dieu.

Pardon !

Quel idiot ! J'allais aider les Bleus.

- Quoi ? - C'est Andres

qui m'a fait entrer, hier j'ai assisté

à l'une de leurs réunions.

Tu en es sûr ?

Oui. Tu dois te défendre !

Ils en veulent à ta vie.

Ces hyènes ne me connaissent pas.

J'attendais ce moment.

Je les écraserai !

Quelle force ! Il doit vraiment t'aimer!

Moi aussi je l'aime !

Non Arcal, sois courageux.

Vous êtes si différents !

Comme le ciel et la terre

et je t'aime aussi.

Mais d'un autre amour.

Non, ne me tente pas !

Un peu de faiblesse et les ennemis nous écrasent !

Tu m'aimes comme un frère.

Oui !

Pars, c'est presque l'aube !

Gardes !

Arrêtez-le !

Rattrapez-le, tuez-le !

Il est innocent!

- Ne me touche pas ! - Ecoute-moi !

Arcal est venu me dire

que les Bleus préparent une rébellion.

Je ne te crois pas !

C'est vrai, Justiniano !

Les Bleus en veulent à ma vie, à la tienne.

Tu mens !

J'en suis sûr!

Tu n'as pas l'air contente, Saidia !

A quoi penses-tu ?

Je voudrais une veste en soie blanche

et un collier de rubis.

Pense à des choses plus sérieuses.

Dois-je aller nue ?

Ce serait un beau spectacle.

Et peu coûteux !

Tu es aussi vicieux qu'avare.

On est fait pour s'entendre.

En 4 mois j'ai compris que tu n'es ni généreuse, ni vertueuse.

La vertu des femmes se paie !

Si tu me négliges je serai obligée d'en trouver un autre !

Tu n'es pas clairvoyante, Saidia.

D'ici quelques heures,

tu seras la femme la plus heureuse de l'empire.

Pardon, Seigneur!

Qu'y a-t-il ?

Le sénateur Smirnos vous demande.

Alors ?

Le plan a échoué. Arcal n'a pas eu

- le courage de la tuer. - Où est-il ?

Il s'est enfui.

Il a parlé ?

Je ne sais pas.

Ils nous découvriront.

Question d'heures. Nous devons agir.

Le signal, vite, ou il sera trop tard !

- Que s'est-il passé ? - Rien.

Tu aimerais avoir 10200 sesterces en pièces d'or ?

En les gagnant.

Que dois-je faire ?

Rien de difficile.

Mentir. Tu le fais admirablement.

Je t'ai dit la vérité !

Comment te convaincre ?

Rien ne peut me faire oublier cet homme dans tes bras.

Je te le jure.

Tu es tout pour moi.

Cesse cette comédie, gitane !

Quelle folie de croire à ton amour.

Tu n'es poussée que par ton ambition.

Insulte-moi, mais défends-toi de Giovanni !

Je dois me défendre de toi !

Désormais, je ne te croirai plus !

Parle, vite !

Pardonne-moi.

Giovanni attaque avec les Bleus, ils envahissent le palais.

Lui !

Traître ! Damné !

Nous sommes prêts à mourir pour te sauver!

Merci, votre vie est ce que vous avez de plus précieux

et sans le savoir vous me donnez

quelque chose d'encore plus précieux ! Allez !

L'heure est grave.

Je ne suis pas triste.

Si je dois payer de ma vie la certitude de ta fidélité,

la mort me semblera douce !

Theodora !

Pardonne-moi.

Je t'aime.

Tu ne fuiras pas Byzance ?

Je ne suis pas Empereur

pour fuir comme un esclave.

Je suis fière de toi.

Celui qui a régné préfère la mort à l'exil.

Que le pourpre soit mon linceul!

Mais rien n'est perdu, Belisario est prêt.

Il faut agir, reste là.

Je sauverai notre dignité.

Aie confiance !

Quels sont tes ordres ?

Je n'en donne pas à l'Empereur.

Si je le suis encore, je t'arrête pour conspiration.

Quelle conspiration ?

Nous sommes de fidèles sujets.

Nous avons pris le pouvoir en ton nom.

Pour te sauver de l'infamie...

De quoi te mêles-tu ?

De notre intérêt, celui de l'empire !

Regarde, Justiniano.

Les chefs sont tous là.

Tous les privilégiés !

Ceux que j'ai comblé de faveurs !

Les renégats vêtus d'hermine.

Les parjures officiels !

Les faux juges couverts d'or.

Andres, le doyen des sénateurs.

Le maître des cérémonies.

Le grand Juge !

En effet, ils sont tous là !

Tu parles comme un sot, non comme un roi.

Ces paroles ne viennent pas de toi.

- Tu penses à l’impératrice ? - Tu ne peux renier ta caste

et préférer la plèbe.

- Elle t'a asservi. - Nous ne formons qu'un.

Vous êtes différents !

Elle t'a bafoué, Justiniano !

Trahi !

- Honteusement ! - Des preuves !

Des preuves !

Parle.

Les Verts sont dans l'hippodrome, menés par Arcal.

Arcal ! Que l'Impératrice va rejoindre.

Nous sommes venus te prévenir.

Nous sommes venus te sauver la vie.

Et tu réagis ainsi?

Des preuves, j'exige des preuves !

Rien de plus facile.

Laissez-moi ! Ne me touchez pas !

C'est le moment de dire toute la vérité, Saidia.

Non, ne m'obligez pas !

Jure d'oublier les liens de sang et parle.

Je le jure !

Petite fille j'aimais déjà Arcal.

Il m'aimait aussi.

Il jurait d'être à moi à jamais.

Theodora jalouse, me l'a volé.

Je l'ai suppliée.

Elle ne m'a pas écoutée, toute à sa passion.

Puis Arcal a été arrêté, condamné.

Theodora est devenue Impératrice.

J'ai espéré

qu'à son retour il me reviendrait.

Mais elle l'a repris !

Ils se voyaient ici au palais.

Ma soeur l’impératrice a commis ce terrible pêché...

Elle a profané la maison impériale.

En proie à ses sens, aveugle à ses devoirs

elle a trahi son époux

chez moi, en cachette

puis sans aucune pudeur.

Je n'ai rien pu faire pour empêcher cette honte.

Cela ne lui suffit pas, elle veut tuer l'Empereur

et mettre Arcal sur le trône.

- Alors ? - Tais-toi !

Silence, silence !

Je viens de Propontide, Niclas a été arrêté.

On a proclamé la loi martiale à Sabiros.

Au port, on enrôle les débardeurs

pour constituer une milice d'assaut.

Les Bleus ont l'appui de l'Empereur!

Oui, de l'Empereur!

L'Impératrice nous a trahi.

A mort !

C'était dangereux, elle a dû céder.

Elle ne s'en tirera pas comme ça.

Les Bleus veulent sa tête.

Mes amis !

Giovanni de Cappadoce a pris le pouvoir.

Il détient l'Empereur.

Et pour mieux étouffer le peuple,

il a essayé de détruire le pouvoir

de vos protecteurs.

J'ai réussi à m'enfuir du palais.

Le peuple refuse d'être réduit

à l'esclavage.

L'armée de Belisario est sur l'autre rive.

Nous avons convenu d'un signal:

une grande fumée sortant du Cirque.

Il viendra aussitôt.

Vive Belisario !

Les Bleus nous écraseront dans l'arène.

Vite, dans les souterrains !

Et combattons en attendant Belisario.

Allumez le bûcher !

Vous aviez raison.

Oubliez l'offense !

Aidez-moi à mater la révolte.

Quant à Theodora, je la retrouverai !

Je fouillerai la ville,

l'empire, les villages et toute la terre.

A l'écurie, vite.

On les écrasera avec nos chevaux !

Regardez !

Sur l'autre rive !

La fumée !

Rassemblement, il faut faire vite.

Aidons Arcal avec nos quadriges.

Reste là !

Je reviendrai pour en finir.

- Comment? - Tu verras.

- Libérons les fauves. - Vite !

Ils sont dans les souterrains.

Tuez-les tous !

Ils ont tué Arcal!

Ca suffit, arrêtez !

Baissez les armes, assez de sang !

Arrêtez !

Arcal !

Adieu, Theodora.

Ne pleure pas.

C'est inutile.

Tu le disais...

Je ne suis qu'un pauvre aurige !

Tout en muscles et sans...

cervelle.

Mon frère !

Ta fidélité a sauvé Byzance.

Et mon amour.

Putain !

Voilà ton épouse.

Ils ont tué Arcal, Justiniano !

Ce sont des sauvages !

Tais-toi !

Elle est à toi.

Belisario arrive !

Vive Belisario !

L'armée de Belisario ?

- Que fais-tu ici ? - Je sauve ton trône.

- Qui t'envoie ? - L'Impératrice.

Nous savions qu'ils conspiraient.

J'ai attendu son signal

pour venir défendre ton trône.

C'est faux !

Dis-le !

Lâche-moi.

La trahison de Theodora est un mensonge ?

Réponds !

Oui, c'est un mensonge.

Je te hais, Justiniano, depuis toujours !

La vie t'a tout donné :

la beauté, l'amour, la gloire !

Et moi, Giovanni de Cappadoce,

j'avais tout pour être Empereur:

l'intelligence, le génie !

J'ai vécu dans ton ombre, comme un esclave.

Je te hais !

Gardes !

Enchaînez-le !

Lâchez-moi !

Une lance.

Vive Theodora !

Vive l'Empereur!

Doutant d'elle pour la première fois,

j'ai douté de vous, Seigneur!

Séparé d'elle, je perdais le soutien

d'un souverain fort et juste : la charité.

C'est la charité

que j'implore de vous

afin que le soir de ma vie soit réconforté par votre bonté,

par l'amour de ma femme

et la dévotion de nos sujets.

Sous-titrage : C.M.C. - Paris

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