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L'INCOMPRIS
Où sont les enfants, Duncombe ?
Ils ne sont pas là.
Je les ai envoyés...
chez les Gill...
dès que j'ai compris qu'il n'y avait plus d'espoir.
Ils ne savent encore rien.
Andrea...
je le lui dirai.
Il est grand, à présent.
Je ne sais encore comment...
mais je trouverai le courage.
Milo...
nous tenterons de le distraire.
Il croit...
qu'elle est partie.
La gouvernante doit être arrivée.
Son aide sera précieuse. Elle est sérieuse, efficace.
Milo...
est si délicat...
si fragile...
tout comme...
sa mère.
Il a besoin de vous et vous de lui.
Remerciez pour moi toute la communauté anglaise.
Merci.
Raccompagnez le pasteur chez lui.
Vas-y Andrea, plus près !
Les enfants !
Regardez qui est là !
Dora !
Dora !
- Bonjour, Dora. - Andrea.
Quand es-tu arrivée ?
Quand es-tu arrivée ?
Tu reviens chez nous ?
Pour travailler ?
Comment je ferais ? J'ai un mari, une blanchisserie.
Qui s'en occuperait ?
Non, je suis venue vous rendre visite.
Allons, mouche-toi, mon petit bonhomme.
Je suis enrhumé !
C'est pas nouveau !
Venez, je vous ramène chez vous.
Maman est revenue ?
Non, pas encore.
Saluez Mme Gill et remerciez-la.
Écoute, Dora...
Au revoir, Andrea.
Au revoir, madame Gill. Et merci beaucoup.
Au revoir, madame Gill, et merci beaucoup !
À qui arrive le premier !
Je te donne 5 mètres d'avance.
Non, 10 !
4... 6...
9... 8... 10.
Milo, ne cours pas, tu vas transpirer !
Non, tu es parti trop tôt !
Papa ! Papa !
Comment vas-tu...
mon petit lapin ?
Bien. Tu as laissé maman à Londres ?
- Pourquoi ? - Elle avait des choses à faire.
- Quand revient-elle ? - Bientôt.
Dans combien de jours ?
Deux ou trois...
Vous étiez bien chez les Gill ?
Très bien.
Tu parles !
"Reste tranquille baby, tais-toi baby,
"ne touche pas, baby..."
Et toi, tu obéissais !
Regardez, M. Le Consul, le pauvre baby.
Si tu avais vu...
Il a fait la chasse aux lions,
puis il est tombé du pôle Nord et a déchiré sa chemise.
Bonjour.
Non, pas la piqûre !
Je la prends par voie buccale.
Ce n'est que votre gouvernante.
Trésor !
Elle est habillée en piqûre !
Venez...
Je vous présente mes deux enfants. Voici Milo...
et voici Andrea.
C'est mademoiselle Luisa.
Elle sert à quoi ?
Elle t'habillera, te donnera à manger,
vous tiendra compagnie et...
jouera avec vous.
Moi, je joue avec Andrea.
Mais si elle fait tout, alors que fera maman ?
On s'entendra très bien et Milo va me donner un gros baiser.
Le voici !
Tu l'as, le sac magique ?
J'ai un sac, même s'il n'est pas magique.
Je reste un moment avec vous. Tu lui donnes la main ?
Bien sûr...
il me la donne. Quel trésor !
Viens aussi, Andrea !
Non, attends, Andrea.
Je dois lui parler. Va Milo, sois sage.
J'ai quelque chose à te dire.
Ce n'est pas facile pour moi
de te dire ce que je dois te dire.
Tu as vu.
J'ai dû engager une gouvernante.
Désormais, ici, ce ne sera plus comme avant.
Quand je vous ai envoyés chez les Gill...
je vous ai fait dire...
que maman devait partir à l'improviste.
Ce n'était pas vrai.
Elle était ici, à la maison.
Malade...
Et durant votre absence...
son état s'est aggravé.
Et maintenant...
vois-tu, Andrea...
Je sais.
Les Gill en ont parlé tout bas,
mais je les ai entendus.
Reste tranquille !
Ça vaut mieux ainsi.
Ton courage me rassure.
Je te savais fort.
Aussi avais-je décidé de te le dire...
que maman n'est plus.
Mais à ce point-là, je ne l'imaginais pas.
Tant mieux.
Tout te sera plus facile dans la vie.
Mais tu dois me promettre une chose.
Tu ne diras rien à Milo.
Non, papa.
Promis ?
Promis.
Tu peux t'en aller, maintenant.
Tu as besoin d'un bon bain, non ?
Oui, papa.
Je sais, Will,
que tu serais venu dès que tu aurais pu.
N'y pense pas.
Elle a souri jusqu'à la fin.
Je n'arrive pas encore à y croire.
Les enfants ?
Non, Will. Que veux-tu qu'ils ressentent ?
Maman, mon peign...
- Papa n'est pas là ? - Il a dû rester au bureau.
Il attendait un appel de Londres.
Salut, l'Anglais !
Monte vite !
Franzini ! Descends si tu as le courage !
Descends toi, plutôt !
Je vais te flanquer une raclée.
Toujours toi ! Et toi aussi, Franzini !
Rends-moi la casquette, imbécile !
Allons, monsieur, ça n'en vaut pas la peine.
En passant, arrêtez-vous à la papeterie Via Maggio.
À vos ordres.
À propos, pourriez-vous me prêter 180 lires ?
À vos ordres.
Allons, mon trésor.
Une cuillère pour le petit Jésus...
Mais le petit Jésus, on lui donne pas ces cochonneries à manger !
Attention !
Andrea !
Salut, Milo !
Ferme, il y a un courant d'air.
- Tu l'as ? - Oui.
Mange, mon amour.
Va-t'en, laisse-le manger en paix.
Mange, ça te guérira.
J'aime pas ça, j'ai pas faim et j'ai pas envie.
Comme tu veux !
Et je montrerai à ton père ce que tu as laissé.
Et toi, ne ferme pas la porte.
Ne te dérange pas !
T'as vu comme je suis sage ? J'ai tout mangé !
C'est toi !
Que c'est drôle !
C'est mal, ce que tu as fait. Milo doit se nourrir.
Elle était vitaminée !
Elle était surtout dégueulasse !
Il a raison. C'est immangeable.
Bravo, donne-lui le bon exemple.
Je le raconterai à votre père.
Ça fait deux jours que je n'ai plus de fièvre.
On va contrôler ça.
Andrea est blessé au cou !
Ah oui, je me suis battu. On m'a traité d'Anglais.
Pourquoi, t'es pas anglais ?
Quand on te le dit, c'est une insulte.
Bel exploit ! Va te désinfecter, au moins.
Quelle ligne !
- Elle est stratosphérique ? - Bien sûr. Elle a coûté 180 lires !
Vite, prends le contrepoids.
Le thermomètre !
Je le tiens...
- Tu as les allumettes ? - Bien sûr !
Les volets.
Prêts. Allons-y. 10... 9... 8... 7...
Que fais-tu, idiot ? Regarde ! 3... 2... 1...
Lancement parfait. Elle atteint 1 000 m.
Elle a touché un nuage.
Quoi ? La fenêtre ouverte !
Tu es fou, Andrea ! Il aura une pneumonie !
Viens, mon petit chou.
Ferme la fenêtre !
Le thermomètre !
- Le voici. - Il s'est cassé ?
Non, je l'ai retiré à temps, sinon...
Pourquoi ris-tu ? C'est de ta faute.
- Moi ? - Oui, toi seul.
Tu vois, il a à nouveau de la fièvre.
37,4° !
Fais voir !
Rends-moi le thermomètre !
Tout juste 37.
Menteuse !
Je suis guéri !
Andrea, ne touche pas ! Maman.
Papa ne vient pas aujourd'hui ?
Il vient de téléphoner. Il déjeune avec des invités.
Monsieur, vous n'avez pas faim ?
Et comment !
Où vas-tu avec ça ?
Manger.
Où ?
Avec Milo.
Pas question ! Milo doit se reposer.
Oui, Andrea, viens manger ici.
Tais-toi ! Dors !
Je n'ai pas sommeil !
Et toi, file dans la salle à manger.
Je n'aime pas manger seul.
Écoute-moi.
Je dois faire mon travail.
Ton père veut que Milo se repose.
Je dois respecter ses ordres. C'est clair ?
Toi aussi.
- D'accord. - C'est bien.
- Ça suffit ! Dors ! - Viens, Andrea !
Ton frère a été sage, tu vois ?
Toi, va-t'en !
Sois gentil, Milo.
Dors. On se retrouvera après.
- Calme-toi. - Non, tout de suite !
Va-t'en !
Ne me touche pas ! D'ailleurs, je dormirai pas.
Je veux Andrea.
Je pleurerai si ça me plaît.
Tu peux crier jusqu'à demain.
Tu ne te lèveras qu'après avoir dormi !
Je veux Andrea.
Tais-toi, Milo ! Ça suffit !
"Un corbeau noir était perché
"sur la plus haute branche d'un grand arbre,
"un beau fromage dans son bec.
"Survint un petit éléphant affamé :
"Jette-moi ton fromage, corbeau, lui dit-il...
"ou tu prendras une belle douche.
"Mais le corbeau ne se laissa pas intimider
"et alors...
"avec sa trompe, l'éléphant l'aspergea
"d'un grand jet d'eau."
Mais je ne dors pas encore.
"Le petit éléphant éclata de rire et s'en alla.
"Survint alors un tigre affamé.
"Vole vers moi,
"dit-il d'une voix douce.
"Pose ton fromage sur mon nez
"et je t'enseignerai un très beau jeu.
"Mais le corbeau ne bougea pas,
"car il se méfiait du tigre."
N'éteins pas. Je n'ai pas sommeil.
Comment ça ? Il est tard.
Je ne sais pas. Peux-tu rester encore un peu ?
Tu veux savoir la fin du conte ?
Non, je ne peux pas y croire.
Tu es grand, maintenant.
Tu sais ce qui t'empêche de dormir ?
Tu regrettes ce que tu as fait aujourd'hui.
Qu'ai-je fait ?
Tu n'as rien fait à Milo ?
Il a été agité toute la journée.
Il n'a pas voulu se coucher avant de me voir.
Et quels efforts pour l'endormir ! Pourquoi agis-tu ainsi ?
Tu lui fais du mal.
C'est la faute à cette sorcière, papa !
Allons, Andrea...
Tu veux savoir la dernière ?
Milo n'avait pas de température. J'ai vu le thermomètre.
Elle a fait croire le contraire pour le garder au lit.
Si je m'occupais de Milo, il ne tomberait plus malade.
Ne dis pas de bêtises, Andrea. Dors.
Comment, tu ne me crois pas ?
La fièvre ? Si, je te crois. Mais tu as peut-être mal lu.
Demain, à l'école, il y a le tournoi de judo.
Tu viendras me voir ?
Demain ? Je ne crois pas pouvoir.
Mais tous les parents seront là...
Bon, dès que ça me sera possible.
Mais difficile de dire à la délégation irlandaise
que le consul est parti assister à un tournoi de judo.
Oui, papa.
Bonne nuit.
Demain, j'aurai peut-être gagné.
Bonne nuit !
Luttez.
Le vainqueur est Bussi.
Franzini et Duncombe !
Saluez.
Luttez.
Allez, Franzini !
Vas-y l'Anglais !
Le vainqueur est Franzini.
Saluez.
Ah, c'est toi ?
Pourquoi n'es-tu pas couché ?
Il faut que je t'explique, papa. J'ai perdu mais je gagnais.
- Tu l'as vu, en arrivant. - Où ça ?
Au judo, voyons !
Ah, oui... mais ne crie pas. Calme-toi.
Me calmer ?
Je lui avais presque cloué les épaules au sol.
Il suffisait d'un rien. Puis, tu es arrivé
et alors...
Je n'aurais pas dû venir ?
Mais non, tu ne comprends pas !
Tu avais dit que tu ne viendrais pas. Je ne t'attendais plus.
Et soudain, je t'ai vu.
Franzini
en a profité pour se dégager et me mettre au sol.
J'ai lutté de toutes mes forces.
Mais mes bras ont lâché, ils tremblaient.
Non, ils ne tremblaient pas, ils ont lâché.
Cela t'ennuie tant d'avoir perdu ?
Ce n'est pas ça ! Si, aussi... Mais ça me fait enrager.
Ce n'est pas très grave.
Il faut aussi apprendre à perdre.
Tu gagneras la prochaine fois... quand je ne serai pas là.
Oui, papa.
Et maintenant, va dormir.
Bonne nuit.
Je t'ai dérangé.
Pas du tout.
Tu travaillais au magnéto ?
Bonne nuit.
John, pourquoi ne sors-tu pas par un si beau soleil ?
Viens dans le jardin.
Non, toi viens ici.
Qu'as-tu fait ? Tu es toute décoiffée.
J'étais sur la balançoire avec Andrea.
Qu'est-ce que c'est ? Un magnétophone ?
Mais il marche !
Il enregistre tout ce que nous disons ?
Oui.
Allons, dis quelque chose.
Que dois-je dire ?
Récite un poème.
Moi ? Mais je ne sais pas réciter.
Ça ne fait rien. Tiens, lis ceci.
Avec ferveur.
Quoi ? Non, pas Eliot ! Je ne saurais pas.
Allons...
Tu as honte devant moi ?
Bon, je vais essayer.
"Quand le soir est contre le ciel écartelé"
Très bien, continue.
"Quand le soir est contre le ciel écartelé
"Comme un patient sur une table, anesthésié
"Allons-y, par certaines rues semi-désertes
"Ces murmurantes retraites..."
Que veux-tu ? Sois gentil, dors.
Je ne peux pas. J'ai peur.
De quoi ? Il y a le paratonnerre, non ?
Je sais, mais j'ai quand même peur.
Alors, mets la tête sous l'oreiller.
Au secours ! J'étouffe !
D'accord, viens dans mon lit.
Même avec toi, j'ai peur. Je veux maman.
Tais-toi.
Pourquoi elle ne revient pas ?
Vous dites qu'elle va revenir et elle ne revient jamais.
Je veux maman.
Tais-toi. Maman a à faire.
Elle a à faire. Elle a toujours à faire.
Où est-elle ?
Où veux-tu qu'elle soit ?
Dans un endroit.
Ce que tu es embêtant !
Quel endroit ?
Une villa, une merveilleuse villa...
avec un grand parc tout vert...
un lac avec des cygnes...
et une écurie
avec beaucoup de chevaux.
Le dimanche,
ils vont tous à la chasse au renard...
dans les bois.
Comme les tableaux de l'entrée ?
C'est ça.
Que fait maman, là-bas ?
Maman ?
Elle fait ce qu'elle faisait chez nous.
Elle prépare les tartines beurrées.
Elle se met du rouge à lèvres.
Et tous lui obéissent car elle est si belle !
Pourquoi elle ne fait pas ça ici ? Elle ne pense pas à nous ?
Bien sûr qu'elle pense à nous.
Mais...
elle ne peut pas, c'est tout.
Je veux aller dans ton lit.
Non, pas de caprices... Tu dois rester dans ton lit.
Dans ton lit, pas dans le mien.
J'ai peur du tonnerre !
- Il n'y a plus de tonnerre. - Si, il est là.
Non, il est parti. Tu entends ?
Couche-toi, maintenant. Tu verras, tu dormiras très vite.
Je veux maman.
Maman est morte.
Que lui as-tu dit ?
Rien, papa. Je te le jure !
Viens, mon trésor. Viens avec moi.
Il ne me croit pas. Pourquoi ?
Pourquoi papa ne veut-il pas me croire ? Pourquoi ?
Vas-y, compte !
1... 2... 3... 4...
5... 7...
9... 8...
10... 12... 13...
15... 17...
Mademoiselle, y a quoi après le 17 ?
Que dis-tu ?
Oh, Milo !
Ne bouge pas, par pitié !
Attends, j'arrive !
Attention !
Salopard ! Ne bouge pas !
Y a quoi après le 17 ?
Pour l'amour du petit Jésus, descends !
Toi tu penses toujours qu'au petit Jésus.
Alors, dis-moi ce qui vient après le 17 !
Je ne sais pas ! Qui t'a mis là-haut ?
Andrea. Je fais le chronométreur.
Tu vas te casser le cou. Arrête !
Vas-y, compte !
Attention au cheval "remballé" !
Je t'ordonne de t'arrêter !
C'est un ordre ! Arrête-toi immédiatement !
Voyons si tu as le courage de me renverser !
Ôte-toi de là, crétine !
Ne tombe pas !
J'aurais pu te tuer.
Oui, crétine ! Il aurait mieux fait de te tuer.
Oui, crétine, crétine, crétine !
À cause de cette crétine, mon vélo est cassé.
J'en ai assez ! Je m'en vais !
Que votre père en cherche une autre.
Je n'en peux plus !
Du calme, j'arrive, Milo.
Pose les pieds ici...
Tu as bien fait, Andrea ! C'est vraiment une crétine.
Maman était si contente quand je pédalais très vite.
C'était elle qui m'encourageait :
"Plus vite, cours, pédale !
"Tu dois battre ton record !" Elle regardait sa montre...
et me donnait un prix.
Mais cette idiote, quel droit a-t-elle ?
Andrea, on fait un serment ?
- Alors, jure. - Je jure !
Que m'as-tu fait jurer ?
Je ne me souviens plus.
Petit malin.
Ah oui ! Même si elle demande pardon, on la renvoie !
Juré.
La gifle t'a fait mal ?
Tu m'emmènes au lac ?
Bien sûr ! Nous sommes libres maintenant.
S'il en arrive une autre, on la renvoie aussi !
Toutes ! À coups de pied au cul !
Qui t'a appris ces gros mots ?
Toi !
Maman s'asseyait là quand elle nous emmenait au lac.
Là par terre ?
Non, elle avait un siège pliant.
Andrea, comment était maman ?
Tu ne t'en souviens pas ?
Avant si, maintenant plus tellement...
Tu n'as pas vu son portrait au salon ?
L'été, elle était comme ça, l'hiver, plus pâle.
Quand elle courait, elle devenait toute rouge et riait.
Je me souviens qu'elle riait.
Elle était toujours gaie. Aux cartes, elle trichait...
Elle faisait quoi ?
Elle trichait,
prenait deux cartes au lieu d'une.
Pourquoi ?
Elle voulait gagner. Papa s'en apercevait,
mais elle disait que sans tricher, elle ne s'amusait pas.
Tu lui ressembles.
À qui ? À maman ?
Les yeux, la bouche...
et tu ris comme elle.
Andrea, que veut dire être mort ?
- C'est dur à expliquer. - Pourquoi ?
Ferme les yeux, ne respire pas, bouche-toi les oreilles.
Tu vois ? Ça doit être à peu près comme ça.
Mais je ne vois rien.
Que voulais-tu voir ?
Maman.
Pour la voir, il faudrait être mort pour de vrai.
Tu vois cette branche ?
Oui, elle est tombée.
Non, c'est un audaciomètre.
C'est quoi le... le... l'audaciomètre ?
Regarde ! Quand je m'accroche là : Rien.
Il n'y a aucun danger.
Mais si j'avance, ça fait crac.
Je suis déjà arrivé à deux cracs.
Si j'arrive au troisième, je bats mon record.
Attention, Andrea, ça a fait crac !
Oui. Un !
Deux !
Arrête, Andrea !
Tais-toi, sinon je n'entends rien !
Vas-y.
Plus fort ! Laisse-moi faire.
Non, c'est à moi !
Alors vas-y !
Tu n'as pas de force ?
J'en ai plus que toi !
Oui, mais moi je dépense.
100... 200... 300...
Attends !
700... 800...
La crétine les a oubliés.
La crétine ? Très bien !
Comme on ne la reverra plus, celle-là...
3 000... 3 100... 3 200...
5 800 !
- Ça suffira ? - Oui.
L'important, c'est de trouver une belle idée.
Le prix ne compte pas.
Alors, souhaite-moi bonne chance.
Pourquoi pleures-tu ?
Que fais-tu là par terre ?
Plus de la moitié des sous est à moi.
Ne commence pas, je t'en prie.
Je ne peux pas t'emmener à Florence.
Tu es fou ?
Demain, la nouvelle arrive.
Demain ?
Et par ta faute, papa l'a choisie très sévère.
C'est le dernier jour où tous les deux,
on peut faire ce qui nous plaît.
Arrête. S'il te plaît, n'insiste pas.
Ne pleure pas.
Non, j'insiste !
Alors attends que je sois parti pour pleurer.
Milo, pousse-toi de là !
Milo, va-t'en ! C'est inutile !
J'ai trouvé !
- Une belle pipe ! - Il ne fume pas !
C'est qui, ces deux-là ?
Deux shérifs. Milo, ne sois pas distrait.
Nous devons trouver un cadeau pour papa.
- Un parapluie. - Il en a quatre,
achetés à Londres. C'est maman qui les lui rapportait.
Peut-être qu'ils sont cassés. Un imperméable.
Un maillot de corps !
Ou une chemise ! Quelle barbe d'avoir un père riche.
Ras le bol ! On lui donne les sous, il s'achètera ce qu'il veut.
À toi. Ne bouge pas et souris.
C'est la faute de ce photographe.
Il dit une demi-heure, et il a mis 2 heures.
Dieu, fais-nous arriver une minute, rien qu'une minute avant papa.
Tu es aussi lent qu'une limace.
Ça monte. Et tu es lourd !
Regardez ces deux-là, M. Le Consul.
Inconscients !
Mais... c'est Andrea !
Avec Milo !
Lâche l'autobus, Andrea !
Tu veux te tuer ? Détache-toi de là !
On réglera ça à la maison.
Je ne sais plus quoi te dire. J'y renonce.
Tu es incorrigible.
Tu n'as aucun sens des responsabilités !
Tu m'écoutes ?
Oui, papa.
Alors, très bien.
Désormais, tu es libre de faire ce qui te plaît...
les pires folies.
Il est impossible de discuter avec toi.
Mais seul,
sans Milo !
Tu as compris ?
Je ne voulais pas l'emmener. Il a insisté.
Il se colle toujours à moi.
Et pourquoi ? Parce qu'il t'aime, non ?
Alors que de toute évidence, toi,
tu crois l'aimer, mais pour toi il n'est qu'un jouet.
Que veux-tu ?
Tous mes vœux, papa.
C'est mon anniversaire. C'est vrai.
Merci beaucoup.
Ouvre-le.
Sois prudent, papa, ne roule pas vite.
C'est une pensée très touchante.
Je suis très content. Merci beaucoup.
On l'a acheté avec notre argent à tous les deux.
Mais moi, j'en avais plus.
Maintenant, va-t'en.
Ainsi, c'est moi qui devrais être prudent...
Envoie-moi en pension. Je suis trop méchant.
Tu n'es pas méchant.
Tu es simplement fait ainsi.
Les choses ne te touchent pas, elles glissent sur toi.
Je ne t'ai pas vu souffrir, même quand...
Je t'avais dit que tu avais de la chance.
Mais prends garde de ne pas exagérer.
Car un jour, sans le vouloir,
tu pourrais faire beaucoup de mal à ton frère.
Maintenant, ça suffit.
Merci pour le cadeau.
Il y a un seul cadeau que j'attends de toi : Essaie de te corriger.
Essaie au moins. Tu me le promets ?
Oui, papa.
Où avez-vous caché ma pantoufle droite ?
Allô... Espionne nazie vient de passer.
Ne m'a pas vu.
OK. Reçu. Attention. Ne tirez que si nécessaire.
Opération base spatiale martienne se poursuit.
Repéré mystérieuse figure noire.
Semble momifiée.
Probablement en état d'hibernation.
Menacée par robot télécommandé.
Muni de doigts métalliques.
Lawrence d'Arabie et le Cheik Blanc accourent.
Amis ou ennemis ?
Attention ! Dinosaure à l'affût !
Menace... ma chaussure droite.
Base a aperçu nouvelle arme mystérieuse au loin.
Je vais l'explorer. Terminé.
Ici agent Z.K.
Ici espion X.2. Je peux aller faire pipi ?
Tu me déranges pour ça ? Je suis en pleine action. Vas-y.
Merci !
Ici espion X.2. L'oncle Will est arrivé !
Pourvu que je n'entende ni coqs, ni poules, ni enfants.
Je peux tordre le cou aux poules.
Pas aux enfants ?
Ah, les voici. Venez. Merci, Miss Judy.
Voici Milo.
Milo, qui t'a autorisé ?
Mange, mange. Au moins tu auras la bouche occupée.
Et voici Andrea.
- Bonjour. - Salut, Andrea.
La dernière fois que je t'ai vu,
tu étais tout petit.
Tu as grandi. Bravo...
Bravo tous les deux. Vous allez à l'école ?
Moi, oui. Lui est trop petit.
Il est très fort. Il a toujours 9 ou 10.
Mon Dieu, je ne veux pas y croire !
Parce qu'étudier est absolument contre nature. Un lent suicide.
J'étudie très peu, presque jamais.
Comment fais-tu ? Ne me dis pas que tu es intelligent.
Pas particulièrement.
- Tant mieux. - Pourquoi ?
Parce que l'intelligence
est encore plus dangereuse que les études.
Ne l'écoute pas.
- L'oncle Will plaisante. - Pas du tout !
Je suis toujours convaincu de ce que je dis.
- Ça suffit ! - C'est pour mon oncle !
J'admets que je ne vaux pas grand-chose, comme éducateur.
En vérité, je n'aime pas les enfants.
Et moi, je n'aime pas les vieux.
Tu manques d'humour.
Au contraire ! Excellente riposte.
Va jouer, maintenant.
Et pas de bruit !
Cassez ce que vous voudrez, mais faites-le en silence.
Allons-y, Milo.
"Comme un patient sur une table, anesthésié
"Allons-y, par certaines rues semi-désertes
"Ces murmurantes retraites..."
Qu'est-ce qu'il y a dans toutes ces valises ?
Oh, rien d'important. Quelques têtes.
Des têtes ?
Des têtes d'enfants. Je les collectionne.
Qui a touché à mon magnétophone ?
Une bande a disparu !
- Dans ses valises, il y a... - Fous-moi la paix !
Tu es fou ? Milo, tu t'es fait mal ?
- À la tête ! - Tu es vraiment fou, tu sais.
Je ne l'ai pas touché !
Tu l'as jeté par terre !
Je n'ai pas touché à ton magnétophone.
J'espère que tu dis vrai.
Je le jure.
Effacée ?
Effacée. Tu sais ce que ça veut dire ? Qu'elle a disparu.
On ne peut pas la faire revenir ?
Comment, si elle n'y est plus ?
Tu as dû te tromper de touche. Mais la bande est utilisable.
Essayez encore ! Je vous paierai ce que vous voudrez.
Ça n'a rien à voir. Tu ne veux pas comprendre ?
Elle n'y est plus, c'est tout.
Pourtant, tu me parais intelligent.
Petit !
Tu oublies la bande.
Tu pleures ? Qu'y avait-il sur cette bande ?
La voix de ma maman.
Et tu pleures ? Pourquoi ? Elle est morte ?
Pauvre petit, je suis désolé.
Mais je ne suis pas magicien.
Viens, mon petit.
Calme-toi.
Un peu de cognac, ça te remontera.
C'est fort, hein ? Ça brûle.
Mais c'est excellent.
Dans une minute, tu te sentiras un autre.
Mets-toi là.
Tu te sentiras mieux, tu verras.
Allô ? Oui, c'est moi.
Vous voulez quoi ?
D'accord.
Pas aujourd'hui.
Demain, sans faute.
Que se passe-t-il ?
Il est rond !
Non, dans ma chambre, c'est plus prudent.
Serre les dents. Ne laissons pas de traces.
Non, pas sur le tapis ! Un dernier effort !
Voilà.
À ta place, je vomirais en sourdine
ou tu les ameuteras tous.
Et je t'assure que tu n'es pas beau à voir.
Ça y est ?
D'abord, tu as fait le plein...
puis le vide.
Et maintenant, étends-toi.
Jeune homme, si tu as retrouvé l'usage de la raison,
ôte-moi une curiosité.
Tu te soûles tous les jeudis ou c'est exceptionnel ?
C'est la première fois.
Tu as commencé un peu tôt.
Je sais que ces écarts sont parfois nécessaires.
Tu devais avoir de bonnes raisons.
Ne me les demande pas. Je ne dirai rien.
Oh non, sois tranquille.
Il y a un accord tacite entre nous buveurs :
Respecter le droit à la cuite.
Repose-toi et sois présentable pour le dîner.
Tu sais, oncle, ce n'est pas vrai que je n'aime pas les vieux.
Et moi, les enfants,
je continue à ne pas les aimer.
Là-bas, il y a un prédicateur
avec une grande barbe et une tête de brigand.
Là, une poétesse avec son mari. Mais elle n'est pas connue.
Une certaine Parker. Elle n'est pas dans l'encyclopédie.
Celle-ci a perdu un enfant il y a 100 ans. Et maman est là.
Tu es comme chez toi, ici. Tu viens souvent ?
Quelquefois.
Oh papa, encore cette fois les mêmes fleurs.
Des bleuets... elle les aimait tant. Il y en a toujours...
Qui sait qui les apporte ?
Papa, je change l'eau ?
Souvent, je me dis...
que j'aurais dû la forcer à se ménager. Peut-être...
Pourquoi te tourmenter ainsi ?
Tu ne pouvais la faire vivre sous une cloche de verre.
Elle n'aurait pas été heureuse.
Ainsi était-elle, John.
Regarde Andrea.
Le monde pourrait s'écrouler, il continue de jouer.
Tu te trompes. Il est comme un chien sans maître.
Essaie de lui faire une caresse.
Andrea n'est pas un chien.
C'est un enfant. Et j'attends de lui des réactions d'être humain.
Je ne veux offenser ni enfants ni chiens,
mais ils ont ceci en commun : Le besoin d'un maître.
J'ai essayé d'être son ami.
Pas un ami, John, un maître !
Fais-lui apporter un journal dans la bouche : Il en frétillera.
Ne peux-tu pas parler sérieusement, au moins une fois ?
Non, mais je me tais.
Tu m'as déjà compris.
Alors, papa, on y va ?
Alors, Will, déposez-moi au consulat,
gardez la voiture et promenez-vous dans Florence.
Andrea voudra peut-être faire du karting.
Oui ! Et moi, je regarderai !
Je déjeune avec une délégation d'étudiants du Niger.
Venez me rejoindre, puis on t'accompagnera à la gare.
On se retrouvera au restaurant.
Je viendrai directement avec les Nigériens.
Andrea, ne voudrais-tu pas rester avec moi ?
Pour quoi faire ?
Eh bien, tu pourrais m'aider
à ouvrir mon courrier, si tu veux.
Oh, oui ! Je veux !
Moi aussi, je veux venir !
- Reste ici ! - Pour ouvrir les lettres !
Mais c'est très ennuyeux ! C'est un travail !
Si Andrea le fait, alors moi aussi !
Laisse-moi descendre avec papa !
Viens.
Tu n'aurais pas préféré aller avec Milo au karting ?
Non, je préfère venir avec toi deux milliards de fois !
- On y va ? - Bien sûr.
Où vas-tu ?
Mon bureau est au rez-de-chaussée.
- Comment, tu n'étais jamais venu ? - Jamais, papa !
À l'étage se trouvent les salles de réception.
C'est ici que travaille ton père. Assieds-toi.
Ça te plaît ?
Oui, papa.
Tiens.
Tu as vu le portrait de la reine ?
Elle me l'a dédicacé personnellement.
Quel courrier !
Maman est plus belle dans le portrait du salon.
Ici, elle est un peu triste.
Tu as raison... elle n'était pas ainsi.
- Bonjour, M. Le consul. - Bonjour, Charles.
- Avez-vous vu le courrier ? - Oui, merci.
Je vous présente Andrea, mon fils aîné.
Andrea, comment allez-vous ?
Il est venu m'aider.
Je devais lui ouvrir les lettres !
Que je suis étourdi !
Ça ne fait rien.
Prends une feuille et mets-toi à cette table.
Prends ce siège. Pouvez-vous l'aider, Charles ?
Je vais te dicter une lettre importante
à notre ambassadeur à Rome.
Tu es prêt ?
Alors bon travail.
Merci, Charles.
"Mon cher ambassadeur...
"Je vous réponds au sujet du projet de transfert
"des bureaux de notre consulat
"ici, à Florence.
"Les problèmes sont nombreux.
"Je préférerais vous en parler
"lors de mon prochain séjour à Rome."
Moins vite, papa.
Excuse-moi.
- Dis-moi... - Oui, papa.
Quels cours as-tu le samedi ? Importants ?
Samedi... une composition de maths. Pourquoi ?
Je pensais t'emmener à Rome avec moi, mais si tu as une compo...
Oh oui, papa, je t'en prie !
Nous pourrions partir
dès ton retour de l'école, et en 3 heures nous serions à Rome.
- Et le dimanche soir, on rentre. - C'est vrai, papa ?
Bien sûr. Ça n'a rien d'étrange. Mais tu devras être
un secrétaire parfait, sinon...
D'accord, papa.
Terminons cette lettre.
Relis-la-moi. Où en es-tu ?
"Cher ambassadeur..."
Ils le firent bouillir,
le recouvrirent de mayonnaise, de câpres, d'olives
et d'une belle salade.
Ce ne fut pas une grosse perte : Il était antipathique.
- Il faut le dire à papa ! - Non, il vaut mieux pas !
Les voilà ! On vous cherche depuis une heure !
Dépêchez-vous ! Nous avons faim !
Que fais-tu ? Retourne t'asseoir.
Allez, dépêche-toi.
Qu'est-ce que ça veut dire ? On ne se lève pas de table.
Et on ne chuchote pas à l'oreille.
Ce que tu as à dire, dis-le tout haut.
Que voulais-tu dire à Andrea ? Allons, courage...
Alors ?
Je n'entends pas.
Je te l'ai déjà dit : On ne parle pas à voix basse.
Allez, parle.
De quoi as-tu peur ? Personne ne te mangera !
Ce n'est pas vrai ! Ils mangent la chair humaine !
Que dis-tu ? Tu es devenu fou ?
Oncle Will me l'a dit. Ce sont des cannibales.
Ils mangent la chair humaine,
surtout si elle est tendre...
et blanche.
Je suis sûr que ton oncle n'a pu te dire de telles sottises !
Te rends-tu compte ? Tu as offensé mes hôtes !
Pourquoi l'avez-vous mis en colère aujourd'hui ? Il m'avait promis...
Tu vas voir. Attends.
Au revoir !
Ils te rôtiront, oncle Will !
À la broche !
Andrea, où vas-tu ?
Chut ! Dors !
Andrea, où vas-tu ?
Que fais-tu ici ? Retourne au lit !
Pourquoi tu t'enfuis ?
Tu es fou ? Va au lit, tu vas prendre froid.
Alors, si tu ne t'enfuis pas, pourquoi prends-tu l'auto ?
Pour la laver. Une surprise à papa.
Moi aussi, je veux lui faire une surprise.
Non, papa a été gentil avec moi, pas avec toi.
Pourquoi il a été gentil ?
Il m'emmène à Rome.
Je ne te crois pas.
Nous partons après le déjeuner, lui et moi.
Moi aussi, je veux aller à Rome.
Nous y allons pour travailler.
Il a besoin d'un secrétaire, alors il m'emmène. Je l'aide.
Milo, je t'en prie, va au lit !
Moi aussi, je l'aide !
Tais-toi ! Tu ne peux pas, tu es trop petit.
Toi aussi, tu es petit.
- Je suis l'aîné ! - Moi aussi, je suis l'aîné !
Tais-toi, tais-toi !
Si je te laisse laver la voiture avec moi, tu te tairas ?
Tu te tairas ?
Et tu iras sagement au lit ?
Tu iras sagement au lit ?
D'accord.
L'eau arrive ?
Reste là, sinon tu te mouilleras et prendras froid.
Ferme.
Que fais-tu ? Tu es fou ?
Pourquoi t'es-tu mouillé ? Viens que je te sèche.
Milo, arrête-toi !
Pourquoi tu t'enfuis ? Pourquoi as-tu fait ça ?
- Si tu l'as fait exprès... - Je ne l'ai pas fait exprès !
Ne dis pas de bêtises. Qui te croira ?
Pourquoi se serait-il mouillé exprès ?
- Je ne sais pas. Il l'a fait ! - Ce n'est pas vrai.
Si, je t'ai vu !
Je le dirai à papa. Il suffit qu'il me croie.
Ne le réveille pas, il est rentré tard.
Il ne veut pas qu'on le réveille avant 9 h.
Bon, alors dites-le-lui quand il se réveillera.
Dites-lui bien tout ce que je vous ai dit.
Vous verrez, il me croira. À présent, tout est changé.
Oui, et tâche d'arriver en retard à l'école.
Eh bien...
Bravo ! Tu fais exprès d'éternuer !
Tu ne me prends pas la température ?
Salut, Andrea !
Miss Judy, comment, papa est parti ?
Pour Rome ?
Vous ne lui avez pas expliqué ?
Papa ne t'a pas emmené à Rome.
Pourquoi ?
Papa est très en colère.
Ce que tu vas prendre à son retour !
J'ai même de la fièvre.
38,2.
Tu ne lui as pas dit ce que tu as fait ?
Tu as vu ? Moi aussi, je suis l'aîné.
Andrea, tu m'aides à coller ?
Son Excellence John Edward Duncombe est-il là ?
Comment ? Dites-lui "son fils". Il me connaît.
- Ne vous dérangez pas. - Par ici.
- Merci. - Je vous en prie.
Allô ?
Andrea !
Bonsoir, papa.
Qui t'a permis de téléphoner à Rome ?
Je paierai, papa. Tu me supprimeras la semaine.
Cela m'est égal que tu ne m'aies pas emmené à Rome,
mais il faut me croire.
Ce n'est pas ma faute si Milo a de la fièvre.
Il a de la fièvre ?
Oui, mais peu. Miss Judy a fait venir le médecin et...
Oui, je te la passerai... Écoute, papa, ce matin je voulais...
Oui, papa. Tout de suite, papa.
Miss Judy, venez tout de suite !
C'est papa !
Qu'y a-t-il, Andrea ? Où es-tu ?
Où t'es-tu fourré ?
Que fais-tu là ?
De Rome, papa désire vous parler.
Bonsoir, M. Duncombe.
J'ai préféré ne pas vous déranger,
pour ne pas vous inquiéter.
- Vous me le passerez ? - Un simple refroidissement.
Le même traitement. Il a dit qu'il faudrait
lui ôter les amygdales. Il dort depuis plus d'une heure.
La fièvre est tombée.
Oh non, ne changez rien à vos plans.
Rentrez comme prévu. Ne vous inquiétez pas.
Andrea voudrait vous parler.
Très bien...
Bonne nuit, M. Duncombe.
Il était pressé. Vous parlerez à son retour.
Non. Ça ne l'intéresse pas.
Mais s'il s'imagine que je paierai la communication,
il peut courir !
Santina, le thermos !
Il est prêt.
Au revoir, Milo. Tu verras comme la clinique est belle.
À ton retour, je te ferai un boudin de ricotta.
Le sac, M. Le Consul.
Merci.
Au revoir, Milo.
Montez à l'arrière avec le petit.
Je te rapporterai mes amygdales, tu les mettras dans l'alcool.
Reviens-nous vite !
Allez, dépêchons.
Au revoir, mon trésor.
L'opération s'est bien passée.
Il part 15 jours à la mer en convalescence.
Sans passer par la maison.
Après-demain, il sort de clinique. Papa l'accompagnera en voiture.
Avec Miss Judy.
Tu n'y vas pas ?
Non, j'ai école.
Passe-le-moi.
Je l'ai brûlé ?
Non, mais tu as assez repassé.
Donne-moi quelque chose à détacher.
Tu n'as rien d'autre à faire ? Il est tard. Je dois fermer.
Encore 5 minutes...
Si l'agent passe...
et voit le rideau levé, j'aurai une amende.
File. Il est tard, tu vas te faire gronder.
Je vais le faire.
Personne ne me gronde plus, désormais.
Pourquoi, tu es devenu sage ?
Je n'en sais rien. Il leur suffit de ne pas me voir.
Tu regrettes les gronderies ?
- Tiens. - Merci.
Viens quand tu veux. Tu me tiens compagnie.
Je n'ai pas besoin de compagnie.
C'est toi qui me tiens compagnie.
D'accord. Si j'ai un moment, je passerai.
Biscuits, bière...
Une bière.
100 lires, merci.
Un coca.
Du pop-corn, s'il vous plaît.
Combien ?
Le coca ?
- Tout. Je paie tout. - 200 lires.
Tenez.
- Merci. - De rien.
Moi, quand je me mets en colère, ça cogne !
Je donne des coups de pied à la bonne.
Miss Judy, je l'envoie promener dès qu'elle ouvre la bouche.
Et j'ai expédié mon frère à l'hôpital à force de le battre.
Et que dit ton papa ?
Je ne le vois jamais, même pas à déjeuner.
Il fait la journée continue ?
Non, de la politique. Mais mes idées sont différentes.
Moi, j'ai été opérée de l'appendicite.
Si tu savais ! On m'a endormie,
mais d'abord on m'a attachée avec des sangles.
Il y avait la gaze, l'alcool, les ciseaux, tout...
Quel hôpital ! Ma mère a une mutuelle. Et la tienne ?
- Oh, la mienne... - Quoi ? Tu n'en as pas ?
Mais si ! Mais elle est toujours au salon. Elle ne sort pas.
Pourquoi ? Elle est vieille ?
Vieille ? Elle a 20 ans !
Alors elle t'a fait quand elle avait 10 ans...
Quel rapport ? J'en sais rien ! Mais elle est...
l'unique personne avec qui je m'entends.
Elle parle, elle chante et j'enregistre sa voix sur bande.
Une bande dessinée ?
Mais non ! Une bande de magnétophone !
Je dois m'en aller. Au revoir.
Attends encore un peu. On bavarde...
Je dois m'en aller.
Dis, comment tu t'appelles ?
Dracula !
Andrea, je suis revenu !
Milo ! Tu es guéri ?
À combien de cracs tu es arrivé ?
4. Avec qui es-tu venu ?
Tout seul. Je me suis enfui.
Moi aussi, je vais monter !
Non, Milo ! J'ai atteint la limite de sécurité.
Rien qu'un seul crac !
L'arbre ne nous supportera pas tous les deux !
Je suis léger. On m'a enlevé les amygdales.
Heureusement que vous êtes là.
Miss Judy vient d'appeler. Elle était très agitée.
Elle n'a rien su me dire. Elle ne comprenait pas.
Les enfants seraient tombés dans le lac.
Milo ! S'il est arrivé quelque chose à Milo...
Inutile d'appeler. On ne vous répondra pas.
Miss Judy est allée auprès des enfants.
Cette fois, il me le paiera !
Faites vite !
Où es-tu, Milo ? Tu vas bien, mon trésor ?
Mon Dieu, quelle frayeur !
Ils sont montés sur un arbre. La branche a cassé.
Nous avons porté Andrea au salon.
Comment ça, "nous avons porté" ?
L'audaciomètre s'est cassé.
Je ne comprends pas.
Venez par ici, M. Le Consul. Venez voir Andrea.
Pourquoi l'avez-vous mis ici ?
Il l'a demandé.
La seringue, je vous prie.
Tu vois, tout s'est bien passé.
Milo...
n'a rien eu.
N'y pense pas. Mais tu souffres beaucoup.
Que s'est-il cassé ?
Dans une minute, tu ne sentiras plus rien.
Serre le poing.
Je peux entrer ?
Ne reste pas là, Milo.
Andrea a mal, ne fais pas de bruit.
Oui, mon garçon, je suis là.
Tu es en colère contre moi ?
Non. Pourquoi le serais-je ?
Je savais que c'était dangereux
et c'est pour ça que je le faisais.
Ça me soulageait les nerfs.
Les nerfs ? Mais pourquoi ?
Non, ce n'est pas un collapsus. Ce n'est que l'effet de la piqûre.
Il s'est endormi.
Qu'a-t-il ? Dites-le-moi !
Je crains hélas une lésion à la colonne vertébrale.
Comment ?
Comment est-ce possible ?
La branche lui est tombée dessus, ou bien il a heurté une pierre.
Je ne voudrais pas le bouger.
Il faut faire des radios d'urgence
et appeler un spécialiste. Où est le téléphone ?
Judy.
Accompagnez le docteur dans mon bureau.
Suivez-moi.
Attendez ! C'est moi...
qui téléphonerai. Je veux les meilleurs.
De Rome, de Milan, de l'étranger, s'il le faut.
Il est toujours agité, il vous demande.
Me voici, Andrea. Je suis là.
Renvoie tous ces docteurs.
- Ne les fais plus venir. - Pourquoi ?
Je ne veux plus les voir.
Ils sont ici pour te guérir.
Ils n'en sont pas capables.
Ce sont les plus grands médecins du monde.
Non, papa, je sais ce que veut dire paralysie des membres inférieurs.
Je les ai entendus.
Je ne pourrai jamais plus marcher.
Non, tu as mal compris.
Espérons-le.
Pourquoi l'avez-vous mis en cage ?
Que fais-tu là ? Retourne au lit.
- Que fait-il là-dessous ? - Ça l'aide à respirer.
Appelez Miss Judy.
Allez, vite.
- Je dois lui dire bonne nuit. - Je le ferai pour toi.
Attends qu'il soit guéri.
Et s'il guérit le jour ?
Promets-moi une chose.
Tout ce que tu voudras.
Jure-le-moi.
Je te le jure.
Si je ne dois plus marcher, ne me fais pas guérir.
Tu marcheras. Tu vas déjà mieux.
Je n'ai pas peur de mourir, tu sais.
Maman aussi est morte.
La tente, je ne la veux pas !
Il le faut, pour ton bien.
Je ne la veux pas. Je ne veux pas vivre sans maman.
Mais je suis là. Je serai toujours auprès de toi.
Non, tu n'aimes que Milo.
Non, je ne veux pas vivre sans maman.
Jamais tu ne me prends dans tes bras.
Monsieur...
je n'ai pas fini la rédaction.
Je n'y arrive pas. Je ne sais plus quoi écrire.
Excusez-moi.
Ça siffle !
C'est trop fort.
Ça me brûle.
Ça me déchire les tympans !
Il fait nuit.
Comme sur la bande, j'ai effacé ta voix.
Papa la voulait pour lui seul.
C'est la fièvre. Je vais lui faire une injection.
Seul un miracle, ont-ils dit.
Et même s'il vit, il ne marchera plus jamais.
Paralysé, Will ! À partir de la ceinture, il est comme mort.
On ne peut pas le bouger,
ni même le toucher.
Il a les mêmes vêtements qu'hier, lorsqu'il gambadait.
J'ai échoué lamentablement.
Je le croyais invulnérable,
et c'était lui le plus faible.
Maintenant, c'est lui qui me juge.
Il croit que je ne l'ai jamais aimé.
Non... il ne peut s'en aller ainsi, sans que je lui aie parlé.
Mais il a de si rares moments de lucidité...
Ici Z.K. Je vois animal très méchant.
Ici animal très méchant. Je vois enfant bon à manger.
- Il s'est réveillé ? - Il dort encore,
mais semble plus calme.
Vous n'avez rien mangé depuis hier.
Je vous prépare quelque chose ?
Je ne veux rien, merci.
Milo, tais-toi !
Non, laissez-le jouer.
Allez dormir une heure.
Non, je veux seulement parler à Andrea.
Chaque minute peut être la dernière.
Apportez-moi mon rasoir électrique.
- Vous voulez bien ? - Bien sûr.
Le cahier...
Le cahier...
Je voudrais finir la rédaction.
Je n'y arrive pas.
Monsieur, je n'y arrive pas.
C'est trop difficile.
Dans son délire,
il parle toujours de ce cahier,
de cette rédaction.
Je ne peux pas la finir à la maison.
Papa ne peut pas m'aider...
Ça suffit.
Pourquoi ?
Bonjour, papa.
Bonjour, fiston.
Tu as dormi, tu sais ? Comment te sens-tu ?
Bien.
Plus ou moins.
C'est quoi, ça ?
Tu ne l'as pas lue, non ?
Je voulais la lire avec toi. Dans ton sommeil,
tu parlais d'une rédaction difficile et...
je voudrais t'aider.
Non, papa, ne la lis pas. Je ne l'ai pas finie.
C'est pour cela... que je voudrais essayer de t'aider,
au moins une fois !
Si tu veux.
"Décrivez votre meilleur ami
"et expliquez sur quoi se fonde votre amitié."
"Sans nul doute,
"mon meilleur ami est mon père.
"Il est évidemment plus âgé que moi,
"mais ça n'a aucune importance.
"Il est très grand et très fort.
"Il peut me soulever d'une main et parle plusieurs langues.
"Nous sommes très amis
"et notre amitié se fonde sur tant de choses.
"Ainsi, nous jouons souvent ensemble
"et il n'y a aucun secret entre nous.
"Si parfois je suis triste, il me saisit au vol.
"Il me prend alors dans ses bras et me dit..."
Pourquoi ne l'as-tu pas finie ?
Tu ne me dis jamais rien.
Veux-tu que nous la finissions ensemble ?
Essayons, je t'en prie !
Si tu veux.
Tout de suite !
Essayons de la continuer.
"Il me prend dans ses bras...
"et me dit :
"Mon petit...
"pardonne-moi.
"Ce n'est pas vrai que ton père t'a toujours compris.
"Il était aveuglé par son chagrin et ne voyait pas
"que tu souffrais peut-être plus que lui."
C'est vrai ?
Papa a mis longtemps à le comprendre. Trop longtemps.
Et... c'est triste...
et impardonnable.
Mais désormais, nous serons vraiment amis,
car c'est lui qui te le demande et il est fier de te le demander.
Tu es vraiment le fils que tout père...
voudrait avoir.
C'est bien vrai, papa ?
Tu verras, je guérirai.
Et ça m'est égal si je ne peux plus marcher.
Mais je me sens si faible.
Aussi, si je ne devais pas vivre...
ne sois pas triste.
Quand maman est partie...
je suis resté avec toi.
Mais si, maintenant, elle me réclame...
Andrea, j'ai réussi à faire le tour de la maison
avec le ballon sans me tromper.
Il s'est endormi ?
Il se réveillera si je l'embrasse ?
Va. Continue à jouer.
Adaptation : Simon MIZRAHI Synchronisation : Neo-XP
Sous-titrage TITRA FILM Paris
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