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-Anthony Laville
voulait dénoncer Aymeric.
-Il a été pendu post mortem. Il a les mêmes plaies qu'Aymeric
causées par un poinçon.
-C'est à Guillaume.
-Lâchez-moi !
Il était attiré par moi.
-Je m'occupe de lui.
-Je suis enceinte.
-Enfin un petit-fils qui nous ressemble.
-Aymeric aurait découvert un moine
pendu dans sa cellule. -Il n'était pas
en fin de vie. -Tout le monde ment.
Alors ?
-Il a vu l'impensable. Aymeric a étranglé Verdaguer.
-Joffrey a pris
des cachets.
-Il fait un arrêt.
J'ai besoin d'aide !
-Votre mari va s'en sortir.
-Vous dites pas ça pour me rassurer ?
-Non, il a a subi un lavement d'estomac. Son coeur est solide.
-Je peux lui parler ? -A son réveil, oui.
On a un protocole particulier en cas de tentative de suicide.
Un collègue de psychiatrie vous posera quelques questions.
Je vous laisse patienter. -Oui.
-Salut, Marie. -Salut, Manuel.
-Bonsoir. -Bonsoir.
-Il te reste une chambre pour eux ? -Oui, bien sûr.
Donnez. -Merci.
-Merci. -Je t'en prie.
-Arsène !
Allez.
Téléphone.
-Magne-toi si t'as un truc à me dire.
-Joffrey a tenté de se suicider, il est aux urgences.
-Putain, il manquait plus que ça.
Il a laissé un mot, une explication ?
*-J'en sais rien.
-Richard ! -Bresson veut me voir.
Je te rappelle.
-(Yes !) -Qu'est-ce qu'il fait ?
-Il a un ami imaginaire. C'est l'âge.
Manuel, écoute-moi.
T'es pas responsable de l'acte d'Aymeric.
-Tu sais pourquoi t'es là ? -Oui.
Ecoute, on va pas tortiller.
Soit tu me balances, je perds ma retraite.
Avec un peu de chance, j'ai 6 mois avec sursis.
Ou alors tu te sers de moi.
Tu m'utilises. -Tu crois vraiment m'être utile ?
-Ouais. -T'as encore plus
le melon que quand t'étais en service.
-T'exagères. -Tu enquêtes
sur 2 affaires classées par le substitut !
-Ce connard a classé 2 homicides !
Enguerrand et Aymeric Fabre de Castelmaure ont été assassinés.
-Ce n'est plus ton problème. -Si, justement.
Je bosse pour Manuel Ortigosa, le mari d'Aymeric.
A titre privé, je n'ai rien
à me reprocher. -Arrête ça.
Tu as interrogé Laville et sa voisine avec ton brassard.
-Pour les faire parler. Laville était le dealer d'Enguerrand
et faisait chanter Joffrey et Aymeric.
-T'as des éléments matériels qui vont dans ce sens ?
-Ca se pourrait, oui.
Mais pour qu'ils soient recevables,
ce con de substitut doit rouvrir les dossiers classés.
-J'ignore si je peux te faire confiance.
-Celui qu'il faudra interroger sérieusement, c'est l'autre.
-Qui ça ?
-Le dernier marquis. Le petit Joffrey.
Il a essayé de se foutre en l'air mais s'est loupé.
-Comment tu sais ça ?
-Ecoute, je veux bien t'aider. C'est toi qui vois.
Capitaine.
On joue du violoncelle.
...
... Portable.
-Ouais ? *-On doit se parler avec Ophélie.
-J'arrive à Fontares, là.
Je te retrouve aux Tonnelles dans 1 h ?
*-Ca marche.
...
-J'aimerais voir la chambre d'Aymeric.
-Il n'en avait plus, il dormait dans une chambre d'ami.
-Je peux la voir ? -Attends-moi, je te montre.
...
Elle est restée comme Aymeric l'a laissée.
Stella a juste refait le lit.
Je te laisse. A tout à l'heure.
...
Le coffre se déverrouille.
...
-"M. l'abbé, je vous écris au sujet des faits qui se sont déroulés
"la nuit du 12 au 13 décembre 1994
"et dont j'ai été témoin en tant qu'infirmière de Providence.
"Je sais aujourd'hui
"que le silence que nous avons observé depuis est criminel."
...
Fracas.
-Viens.
-Merci.
-Cette famille est maudite.
Comme si les garçons payaient pour tout le mal fait par leurs parents.
-Pourquoi t'es restée à leur service ?
-Pour les garçons. Je les ai élevés, j'ai pas eu d'enfant.
Puis Arsène est arrivé et ce gamin a été une vraie bénédiction.
-Je crois que c'est pour Arsène
qu'Aymeric m'a fait son légataire universel.
-(Ah oui.)
-Pour que je veille sur lui.
Si Joffrey meurt, ce sera le dernier
de la famille. -Non.
Il va avoir un cousin ou une cousine.
Catherine est enceinte. -De Joffrey ?
Quoi ?
-Joffrey a eu les oreillons à 17 ans, il est stérile.
Le docteur m'en a parlé. Je ne l'ai jamais dit à personne.
-Pourquoi t'as fait ça ?
-Joffrey était malheureux, j'allais pas en rajouter.
S'il l'avait su, le marquis aurait été encore plus infect avec lui.
Tu es le 1er à qui j'en parle.
...
-Je m'en veux de ne pas avoir pété la gueule à cette ordure d'abbé.
-Elle a bien été envoyée il y a 2 mois, comme l'a dit Brigitte.
-Tripote pas ça, ça nous servira de pièce à conviction.
-Si Bresson fait pas tout foirer.
-Merci pour ton optimisme. Moi, je compte pas arrêter.
L'avantage,
c'est que cette enquête sur Anthony est officielle
et que j'ai accès à tous les éléments.
Dans la boîte à gants de la voiture d'Anthony, on a trouvé...
une clé.
-C'est un E dessus ? -Oui.
-Envoie-la-moi.
Portable.
-Bresson.
Je vous écoute.
Entendu.
Vous verriez vos tronches.
Bresson a décidé
de me faire confiance et m'a dit
qu'il en avait marre que le substitut le prenne pour un con.
Mais surtout, il m'a balancé une sacrée info :
le jour de l'accident de ton mari, Laville était encore en vie
à 1 h du matin. -Putain.
-Dans toute
cette boue, c'est une bonne nouvelle.
-Bresson est sûr de ça ? Y a des témoins ? Des preuves ?
-Un ticket de carte bleue. Les collègues sont remontés
jusqu'à un kébab. Sur la vidéosurveillance,
on y voit Anthony Laville vers 1 h.
-Le suspect numéro 1
devient celui avec qui Laville voulait partager son kébab.
-C'est bien, ça. -Ouais.
Ca s'arrose.
Porte d'entrée.
-Voilà ton père.
-Il est quelle heure ? -Tard.
Tu vas coucher ta soeur, s'il te plaît ?
-Bonsoir, tout le monde. -Bonsoir.
-On a eu une journée fatigante, j'ai invité Manuel.
-Je veux pas abuser.
-Non, il a bien fait. Les amis servent à ça.
-Salut. -Bonsoir.
-Bonsoir. -Bonne nuit, les filles.
-Tu m'aides à mettre la table ? Va chercher une bonne bouteille.
Une tortilla, ça te va ?
-Super. -Ouais ?
La journée fut bonne ? -Longue.
-D'accord.
Richard ne t'aide pas pour ton prochain livre.
-Pas vraiment, non.
-J'en étais sûre.
Il t'aime beaucoup, il te lâchera pas.
-Châteauneuf-du-pape 2018, ça ira ? -Plutôt, ouais.
-Je veux bien un verre aussi.
Hop ! Tiens.
Voilà.
-Décidément, elle est super, ta femme.
-T'as l'impression que c'est la maison du bonheur, ici.
Hein ?
-Qu'est-ce que tu veux dire ?
-T'as remarqué
toutes les saloperies que je bouffe aux Tonnelles ou ailleurs ?
Hm ?
-T'as un peu levé le pied, non ?
-Parce que je te ramène souvent ici.
-Qu'est-ce que tu dis ?
-Ca fait plus de 2 ans
qu'elle m'affame littéralement.
Ca fait plus de 2 ans
qu'elle dort avec Lou dans notre chambre et moi, dans celle
de ma gamine, entouré de peluches et de licornes magiques.
Julia...
les bons jours, elle m'ignore. Les mauvais, elle me méprise.
Ca dépend.
Parce que Laura l'a montée contre moi.
-C'est pas ce que je vois quand je viens ici.
-Parce qu'elles font une trêve quand t'es là.
T'es célèbre, elles adorent tes bouquins.
Mais la vérité, Manuel,
c'est que ma femme me déteste.
Et elle me punit.
Et je la comprends.
-Qu'est-ce que t'as fait ? Tu l'as trompée ?
-Ca, elle aurait pu me pardonner.
-Elle est toujours là, c'est qu'il reste quelque chose entre vous.
-Oui.
Oui, il reste la vengeance.
-Qu'est-ce que t'as fait ?
Qu'est-ce que t'as fait ? -Arrête ! Et toi ?
Je l'ai forcée.
J'ai abusé d'elle.
Un pot de départ avec un collègue à la con.
J'ai picolé.
Beaucoup trop. Je picole jamais comme ça.
Je suis rentré à la maison complètement défoncé.
Elle était couchée, elle dormait.
J'avais envie.
Pas elle.
Après, ça a été fini.
Elle m'a plus jamais regardé
de la même manière
et puis, surtout, on n'en a jamais reparlé.
-Tu lui as jamais demandé pardon ?
J'arrive pas... Chaque fois que je vois son visage,
je vois celui de ma mère avec sa robe déchirée dans la baignoire.
Jamais je pardonnerai ce fils de pute de marquis pour le mal
qu'il lui a fait. Je comprends que Laura ne me pardonne pas.
Elle a raison.
Moi aussi, je l'ai violée.
Il soupire.
-Richard,
tu dois lui demander pardon.
-"Perdu dans l'immense penderie, les chemises d'Aymeric, accrochées
"à de gros cintres, oscillèrent quand il ouvrit la porte.
"Il ressentit l'envie de caresser le fin tissu,
"de laisser ses doigts chercher la présence de son amour perdu."
...
-Bonjour ! -Bonjour.
-Bien dormi ? Bonne journée. -Merci. A vous aussi.
-Le serré.
-Lisa !
-Salut.
-Je vous dépose quelque part ? -J'ai appelé un taxi.
Je le dépose à l'école et je vais au domaine pour visiter les chais.
-OK. -Je veux pas qu'il soit en retard.
-Je peux te montrer un truc ?
Ca te parle ? J'ai l'impression de l'avoir vue au domaine.
-Tu l'as trouvée où ?
-Tu sais à qui elle est ? -Réponds-moi.
-Dans la voiture d'Anthony Laville.
Le dealer de...
-D'Enguerrand.
A chaque naissance d'un garçon dans la famille,
une clé de la chapelle est fabriquée avec son initiale.
Celle-ci est celle d'Enguerrand, mais on ne l'a jamais retrouvée.
Et...
Arsène en a une aussi.
-Je peux ?
-Tu peux la garder.
Viens. On va être en retard.
-Salut, Arsène.
...
Téléphone.
-Oui, Ophélie ? *-La scientifique a récupéré
*des données sur le portable d'Anthony.
*Il a reçu 80 appels
et 3 messages vocaux d'un numéro inconnu,
avant qu'on le retrouve.
-Et on a identifié l'appelant ? *-Ouais.
C'est Joffrey Fabre de Castelmaure.
Anthony était son dealer.
S'il était en manque, ça explique le nombre d'appels.
De plus, à la teneur de 2 des messages,
il est clair que c'était aussi son amant.
-Le type est marié. Il va aux putes, se tape son dealer,
tu m'étonnes qu'il s'en mette plein le pif.
*-J'adore ton esprit de synthèse. -Je sais. A plus.
...
*Manuel, je viens d'avoir Ophélie. -Et ?
*-Joffrey se tapait Anthony. -Ah bon ?
*-T'as pas l'air étonné. -Pas plus que ça.
Je te laisse.
-Ma mère m'a tout raconté.
Je suis désolée, Manuel.
J'ai honte pour elle.
-Tu n'y es pour rien.
T'es pas responsable de ses choix.
-Aymeric ne m'a jamais parlé de ce soir-là à Providence.
-A moi non plus.
Il a passé sa vie à protéger les gens qu'il aimait.
-Oui. Il était comme ça.
-Oui.
J'ai douté de lui, Alexia.
Depuis sa mort, j'ai pas arrêté de douter de lui.
J'ai imaginé le pire, alors que...
...
Apparemment, Joffrey
et Anthony se voyaient à la chapelle.
J'ai retrouvé des capotes, un duvet...
-Salade niçoise ? -Parfait.
Et ça. Un T-shirt.
Vois si Ophélie peut en tirer quelque chose.
-Bon.
On continue à creuser.
Joffrey est ton beau-frère,
il faudra aller le voir, quand il aura refait surface.
-Quand je repense
aux saloperies homophobes qu'il m'a sorties.
-Sa vie est un désastre, comment lui en vouloir ?
Mais ça m'empêche pas de penser
que c'est notre suspect numéro 1 et qu'il a sûrement tué Enguerrand,
ton mari et Anthony.
-Tu ne suspectes plus Aymeric
pour Enguerrand ? -Non, j'ai un meilleur candidat.
Je me suis planté sur ton mari.
-Moi aussi.
-Pardon. Vraiment, pardon.
-Lève-toi.
-Je mange. -Lève-toi.
Merci.
-Un autre pichet de rosé ?
-Merci, Karim. Offert
par la maison ? -Bien sûr.
-Il faut vraiment que tu fasses parler Joffrey.
-Catherine.
Comment va
Joffrey ?
-C'est gentil de prendre des nouvelles.
Il s'est réveillé, mais il est encore un peu incohérent.
Je comprends pas ce qui s'est passé.
Il était si heureux en apprenant que j'étais enceinte.
-Je peux lui parler ?
-Les visites ne sont pas encore
autorisées.
-J'ai fait au plus vite. Ca va ?
-Merci, Lucas.
-Il m'a appelé pour se confesser avant sa tentative de suicide.
J'ai eu son message trop tard.
Je peux le voir ? -Pas pour l'instant.
-Vous nous prévenez quand ce sera autorisé ?
-Bien sûr.
Je dirai à Joffrey que vous êtes venus.
-Courage. -(Merci.)
Message.
...
Soupir.
-Ca va ?
Soupir.
-Tu me racontes ?
-Ophélie a fait bosser son contact
sur l'historique du téléphone officiel de ton mari.
Et figure-toi que son dernier appel a été localisé ici, à 18h03.
Et c'est toi qu'il a appelé. -Putain...
-Tu te souviens de ce qu'il t'a dit ?
-Rien de spécial.
Il était fatigué. -Hm.
-Je l'ai juste senti triste. Chaque fois qu'on était séparés...
-Le vigile est allé faire un tour, mais il travaille ici
tous les jours. Il a peut-être vu quelque chose.
On va lui demander. Ca va aller. -(Ouais.)
-Tiens, v'là notre costaud.
Où est-ce que j'ai foutu ce bordel ?
Hop ! Hop ! Hop !
T'inquiète, on vient pas vérifier
si les filles font des finitions.
T'étais là lundi 8 ?
-Oui, comme tous les lundis.
-T'as vu cet homme vers 18 heures ?
-Ouais. Il vient pas souvent, mais son frère est un habitué.
-Joffrey ? -Oui, c'est ça.
Il était là. Ils ont parlé peu, mais ça a gueulé.
-Tu sais pourquoi ?
-Non, j'étais trop loin.
-OK. Et ensuite ? -Joffrey s'est barré en bagnole.
L'autre est resté planté là. Puis une camionnette est arrivée.
Une femme est descendue et ils ont discuté.
-Elle était comment ?
-Belle brune, bien sapée. Une bourgeoise.
-Toujours rien entendu ? -Non.
-Tu peux décrire la camionnette ?
-RAS. Elle était blanche.
Ah si. Il y avait un dessin
sur le côté. Une fleur.
J'ai l'oeil, hein ?
Surveiller, c'est mon métier.
-Allez, bonne journée. Merci. -Merci.
-Qu'est-ce qu'elle foutait ici, ta belle-soeur ?
-Catherine est super protectrice avec Joffrey.
Elle le savait peut-être victime d'un chantage.
En tout cas, Joffrey a donné rendez-vous à Aymeric ici.
Il attendait sa réponse.
Aymeric a dû lui dire qu'il ne cèderait pas au chantage d'Anthony.
-Ouais, ça tient la route.
-Je voudrais quand même vérifier un truc.
*Musique disco.
...
-Salut, Jona. On est sincèrement désolés pour Anthony.
...
-Tu nous as dit qu'Anthony se gavait avec les marquis.
Tu voulais dire quoi ?
-C'était le bon filon.
D'abord Enguerrand. Après, Joffrey.
Il était addict à Anthony et à la coke qu'il lui filait.
-Joffrey, c'était quoi pour Anthony ?
-Plus qu'un client. Il était un peu amoureux, je crois.
-Tu as dit que même la plus classe se défonçait.
La compagne d'Enguerrand ? -Non, l'autre.
-Laquelle ?
-La femme de Joffrey. Une brune super classe.
Y a un bail, elle avait commandé de l'héroïne à Anthony.
-Tu te souviens de quand ?
-Anthony m'avait dit que le marquis avait clamsé 2 jours avant.
-Putain.
Le jour de la mort d'Enguerrand, Anthony file de l'héro à Catherine.
...
Chaque fois qu'on remue ce bordel, on tombe sur ta belle-soeur.
-Depuis le début, elle me le fait à l'envers.
-Elle achète de l'héro, le jour même Enguerrand fait une overdose.
Y a 10 jours, 30 mn après son rendez-vous avec ton mari,
il meurt en voiture. -Joffrey devient seul héritier.
-C'est toi l'héritier maintenant. Fais gaffe.
Elles sont solides, mais c'est des présomptions.
Sans preuves matérielles, on peut pas la coincer.
-Sauf si Joffrey parle.
-Oui.
...
-"Il dîna avec Elisa et Arsène aux Tonnelles,
"s'amusant des trouvailles de l'enfant qui glissait
"des bouts de nourriture sous la table pour Jay.
"Elisa différente, comme si elle avait laissé à Fontares
"le voile de tristesse qui la recouvrait."
(Putain !)
Elisa !
-On voulait pas te réveiller, mais on aurait peut-être dû.
-Ca y est ?
Je peux lui dire 2 mots ? -Vas-y.
-Je sais que tu laisses des gardénias dans mes poches.
T'en as mis un sur mon bureau.
-Mon oncle Aymeric me l'a demandé.
-Quand ? -Depuis
qu'il est au ciel.
-Et tu sais pourquoi ?
-Pour que tu saches la vérité.
-(Merci.)
-Allez.
*-C'est Lucas. La clinique vient de m'appeler. Joffrey veut me voir.
*Les médecins sont d'accord. Tu pourras peut-être lui parler.
-Depuis son réveil, Joffrey insiste pour vous parler.
-Je ne suis pas d'accord.
-Je comprends vos inquiétudes, mais ça peut lui être
bénéfique, au contraire.
-Dans ce cas, je serai présente.
Mon mari et moi n'avons aucun secret l'un pour l'autre.
-Il m'a demandé d'être entendu en confession.
Je serai seul avec lui.
Bips d'un appareil.
...
Téléphone.
-Ca va, l'écrivain ?
-Rejoins-moi à la clinique. Joffrey veut parler à Lucas.
S'il balance tout, Catherine est foutue.
*-T'as prévenu Lucas ? -Il répond pas.
*-J'arrive. -OK.
On vient.
-La marquise est là ?
-Que lui veux-tu ?
-Lui parler. -Elle t'attend ?
-Non.
-Accompagne-le.
On frappe.
-Entrez.
-Bonjour, madame.
Je suis désolé de vous déranger.
J'ai été licencié par Manuel Ortigosa.
Alors je me disais que vous pourriez me reprendre.
-Vous reprendre ?
C'est pas de mon ressort.
-Non, mais si vous en parlez à Catherine.
-Ma belle-fille traverse des épreuves en ce moment.
Elle doit prendre soin d'elle et de mon prochain petit-fils.
-Je sais, Joffrey est venu me le dire.
Et il sait que c'est moi
le père.
-Vous nous avez été utile au-delà de nos espérances.
A combien estimez-vous votre service ?
-Je suis pas à vendre, mon enfant non plus.
-"Votre enfant", laissez-moi rire.
-Je ferai une demande de reconnaissance en paternité.
-Catherine dira que c'était un viol.
-C'est faux. C'est elle qui voulait.
-Qui croira-t-on ? Vous ou ma belle-fille ?
Il fallait penser avec votre tête,
pas avec ce que vous avez entre les jambes.
Maintenant, sortez.
Je vous ai ordonné de sortir de cette maison.
Détonation.
...
-Il s'est endormi comme un bébé.
J'imagine qu'il s'est libéré d'un grand poids.
Malheureusement, tu ne peux pas
briser le secret de la confession.
-Non.
Mais je peux le convaincre de tout raconter.
Alarme.
...
Joffrey a disparu !
...
-Y a quelqu'un sur le toit !
...
(-Putain.)
-Joffrey !
-Ne vous approchez pas.
-Joffrey.
T'es pas
responsable.
-Si, je le suis.
C'est moi qui t'ai fait entrer dans la famille.
Tintement de l'alliance au sol.
-Non ! -Pense
à notre enfant !
-Lucas, je te libère du secret de la confession.
-Non !
...
-Ils sont d'accord.
Tu peux lui parler. 5 minutes, pas plus. Tu es sûr de toi ?
Laissez-le.
-La marquise est morte.
Guillaume l'a tuée.
Avant de se tirer une balle dans la tête.
Pourquoi t'as tué Aymeric ?
-Ca n'a jamais été dans mes plans.
-Pourquoi tu l'as fait ?
-Je voulais me débarrasser d'Anthony.
Joffrey était amoureux de ce raté, c'était pathétique.
Mais les choses se sont précipitées et j'ai dû improviser.
Aymeric se fichait
que cette histoire de Providence soit rendue publique.
Je pouvais pas le laisser faire.
Joffrey ne pouvait pas assumer
qu'il avait été violé par un prêtre.
-Pour protéger ton mari, t'as tué le mien.
-Rassure-toi, il n'a pas souffert.
Un coup de poinçon a suffi.
Il s'est évanoui au volant.
-Et après ?
T'as suivi Joffrey ? -Jusqu'à ce qu'il retrouve Anthony
dans un bois.
Il l'a frappé violemment et il est reparti.
Anthony avait le visage en sang.
-Et tu l'as poignardé.
Huit fois.
-C'est tout ce que méritait ce déchet.
-Et Enguerrand ?
-Il était déjà drogué, quand je lui ai injecté de l'héroïne.
Tout ce que j'ai fait, je l'ai fait pour Joffrey.
-Non.
Tu l'as fait pour toi.
-Je l'ai fait pour nous.
Quand je suis entrée dans cette famille,
Joffrey, c'était... le mari idéal.
Et entre ses deux frères, c'était évident qu'il hériterait de tout.
Mon beau-père nous l'avait promis, avant notre mariage.
Et cette ordure s'est ravisée avant sa mort.
Et Aymeric est devenu l'unique héritier.
Si tu savais comme je l'ai haï, quand il a pris la tête du domaine.
Alors j'ai dû me débrouiller autrement.
-Mais Aymeric avait un mari.
C'était pas prévu, ça.
Tu vas finir ta vie en prison, Catherine.
-Pas avec un bon avocat.
Je suis enceinte d'un Fabre de Castelmaure.
Ca joue en ma faveur.
-Joffrey était stérile.
Tu le savais.
Respiration haletante.
Super !
-Fais le beau.
Oui !
-Ah.
-Manuel,
c'est magnifique. -On n'est pas trop mal, là.
Bienvenue. -Merci.
-Bienvenue.
-(Merci.)
-Arsène, viens. Grimpe là-dessus.
Tintements. S'il vous plaît !
Tout le monde.
Je voudrais vous dire que je suis
très heureux que vous soyez tous là
pour fêter les 8 ans de mon neveu adoré.
Joyeux anniversaire, Arsène !
Exclamations de joie. Applaudissements.
...
...
"L'avenir de cette terre était là,
"sous ses yeux.
"Il s'appelait Arsène.
"Et il savait qu'un jour, il lui dirait :
"'Tout cela, je te le donnerai.'"
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