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-Je veux identifier celui qui a tué votre gars.
-Aymeric vous donnerait 100 000E ? -Vous êtes de la police ?
-Je suis enceinte. -Enfin !
-Il battait ses enfants ? -Il les torturait autrement. Là !
-La mère d'Alexia a assuré les soins.
-J'ai retrouvé Heidi.
Vous le reconnaissez ? -Oui.
-Pourquoi Aymeric s'est mêlé à ça ? -Qui était Aymeric ?
-Un tueur. -J'ai retrouvé sa carte SIM.
-Les empreintes appartiennent à Laville.
-Le dealer d'Enguerrand. -Enguerrand s'est pas suicidé.
-C'est une seule affaire. Tirs.
... Ah !
Oh, la vache !
Ah !
-Allez. -Attends.
Attends. Ah !
Ah ! C'est bon. Allez, vas-y.
Cris de souffrance.
...
-Allez ! -Ah !
Aboiements.
-Allez. -Ah !
-Putain.
-Ma ceinture, vite.
-Ta jambe.
-Merde !
Démarre, démarre.
...
-Suivez-moi. -Appuie-toi sur moi.
-Ah, ça fait mal ! -Chut !
Il y a un vigile, pas envie qu'il nous chope.
Oh là là ! T'es lourd !
-Toujours aussi aimable, Ophélie ! -Allez !
C'est pas profond.
Un peu plus, c'était l'artère fémorale.
-Ca s'arrête là. -Hein ?
-Je rentre à Paris. -Non, c'est juste une balle.
-T'as raison !
-On les fera jamais tomber, ces fumiers !
Il fait sa fiote maintenant ! -Ferme ta gueule.
Attention, ça va piquer.
-Ah ! Putain !
Pour le coup, il est vraiment foutu là.
Je vais me faire tuer par ma femme.
-Arrête de bouger.
...
...
-(J'aime pas te voir comme ça.
(Si c'est pour que tu sois malheureux...
(il vaut peut-être mieux qu'on arrête.)
-Je suis pas malheureux, je suis amoureux.
-Je dépose ma fille, je passe au mobil-home et je vous rejoins.
-Qu'est-ce que tu t'es fait ? Tu boites ?
-C'est une déchirure musculaire
à la cuisse, rien de grave, c'était en courant hier soir.
-Tu t'es mis au sport ?
-Bah oui, j'ai le temps maintenant.
-Essaie de pas te faire mal la prochaine fois.
Ah, au fait... T'as demandé la dédicace à Manuel Ortigosa ?
-Oui, il va la faire.
-J'y vais ! -Salut.
-Ciao !
-Ca va, ma puce ? -Oui.
-Allez !
-Tu me conduis à l'école, t'as pas oublié ?
-Non, j'ai pas oublié. Décollage dans 10 mn !
Tiens.
...
-Anthony, pourquoi tu me fais ça ?
Ca fait une putain de semaine que tu réponds pas !
Je regrette.
Vraiment, je te demande pardon.
Je vais devenir dingue sans toi. Rappelle-moi.
-Joffrey ?
Qu'est-ce qui se passe ?
-Merci d'être venu, Lucas.
J'ai besoin de me confesser.
-Le sacrement de réconciliation, c'est pas une formule magique.
Si tu veux pas t'amender, notre Seigneur le sait.
-Je sais.
Il n'y a qu'à toi que je peux me confier.
Je peux te parler sans avoir peur d'être trahi.
-Oh, putain !
Putain !
Elles font chier, celles-là !
*-Vous avez reçu un nouveau...
*-Aymeric, c'est Heidi.
*Un flic est venu au salon et a posé plein de questions sur toi.
*Je commence à 11 heures ce matin,
*on peut se retrouver au parking 15 mn avant.
-Absolument.
-Karim, les brioches ! -J'arrive !
-Salut, tout le monde ! -Salut, Richard.
-Ca va, Marie ?
Alors, le Parisien ?
Vous n'êtes pas bien ici ? Hein ?
-Il y avait un SMS sur la carte SIM que j'ai retrouvée
dans la voiture d'Aymeric.
Je l'ai pris en photo, je l'ai effacé.
-Vous m'avez menti, quoi !
Vous comptiez m'en parler quand ?
-J'avais besoin d'avoir confiance en vous.
-D'accord !
Ca va maintenant que j'ai pris une balle ?
J'ai réussi mon examen d'embauche ?
-Aymeric l'a reçu la veille de sa mort.
-Je... Lisez-le-moi.
-"Ca va mal finir, Aymeric.
"Cède ou il va tout raconter.
"Il a toutes les preuves que tu l'as tué."
-Bon !
On sait que quelqu'un...
l'accusait de meurtre et voulait le faire chanter.
...
Il frappe. -Oui !
Lucas.
Je t'attendais, assieds-toi.
Tu semblais pressé de me voir.
-Oui. -Des soucis à Sainte-Eléonore ?
-Non, je...
Je voulais vous parler d'Alexia.
-Tu l'as revue ?
-Oui.
On se croise souvent... à Fontares, mais on n'avait jamais vraiment...
Enfin...
On s'était jamais vraiment retrouvés.
-Tu as fait voeu de célibat.
A chaque fois que tu le brises,
c'est à ton âme éternelle que tu fais mal.
-Je sais, mon père.
Pourquoi l'amour du Seigneur et d'une femme sont incompatibles ?
-Tu parles d'amour,
mais c'est le sexe qui te pousse à la désobéissance,
au péché.
-Non, c'est...
C'est le...
C'est le chagrin qui nous a poussés dans les bras l'un de l'autre.
Le chagrin d'avoir perdu Aymeric, notre meilleur ami.
Un homme bon. -Une forte tête, oui.
Orgueilleux comme son père.
Nous allons prier ensemble pour le repos de l'âme d'Aymeric.
Je recevrai ta confession après.
En cas de récidive, mon fils,
je devrai en informer monseigneur l'évêque.
-Notre Père,
qui es aux cieux, que ton nom soit sanctifié...
-Pourquoi vous êtes là ?
Il est où, Aymeric ?
-Il est mort dans un accident de voiture.
Comment tu l'as connu ?
-C'est à cause de Joffrey.
Il paye bien mais il est ingérable.
-C'est-à-dire ?
-Il fait des crises. -Il est violent ?
-Oui, mais contre lui.
Un soir, il n'y arrivait pas, même chargé à mort.
Il a commencé à tout péter, il disait vouloir se foutre en l'air.
Je savais plus quoi faire, la patronne non plus.
J'ai cherché
dans son téléphone, il y avait 2 contacts d'urgence :
une meuf et Aymeric.
-Hm... -C'est lui que j'ai appelé.
-D'accord. Il a mis combien de temps pour arriver ?
-Je sais pas. 30 ou 40 mn, pas plus.
-Une fois qu'il était là, ils ont fait quoi avec Joffrey ?
-Je les ai laissés
et quand ils sont redescendus, Joffrey s'était calmé.
La patronne aussi, Aymeric lui avait filé du cash
pour les dégâts. -T'as revu Aymeric après ?
-Oui, je l'ai revu.
-Et ?
Bah vas-y, je t'écoute.
-Vivement qu'on soit débarrassés du veuf.
-Tu vas rester à la maison. -Je veux aller à l'école.
-T'as encore de la fièvre. T'iras demain si ça va mieux.
-Je veux voir mes copains,
je suis seul ici. -Je suis là,
tante Catherine, bonne-maman.
-Je suis le seul enfant ici.
-J'aurais aimé aussi que cette maison soit pleine d'enfants.
-Oui, ce serait une joie pour tout le monde.
-Il y a quelque chose que je devrais savoir ?
-C'est encore un peu tôt.
-Beaucoup trop tôt.
Depuis le temps que j'espérais avoir un petit-fils
qui nous ressemble.
-Vous plaisantez ?
...
-Ah !
Ah...
-Tu peux pas rester tranquille, même une journée ?
T'es blessé.
-Avec tes antalgiques, c'est nickel.
-J'aurais dû t'envoyer aux urgences.
-Ca va, t'es un super toubib.
Les macchabées ont du bol !
Bon !
Regarde ce que j'ai pour toi.
-C'est quoi ?
-Le 2e téléphone d'Aymeric. -T'as réussi à l'avoir ?
-Non, c'est Manuel.
Il a trouvé la carte SIM dans la voiture de son mec.
-Il aurait pas pu t'en parler avant ?
-Manifestement, il lui faut du temps pour accepter
que son mari est un meurtrier.
Bon...
Vois ce que tu peux récupérer, l'historique a été effacé,
mais on sait jamais.
-Je te garantis rien. Ca va me coûter plus qu'une invitation
à dîner.
-N'importe quel mec serait content de dîner avec toi.
-Qui te dit que c'est un mec ?
-Hm...
-Ah, Manuel ! Tu veux un café ?
-Ouais.
-Stella a fait une brioche, tu veux la goûter ?
-Avec plaisir.
-Non, Stella. -Merci.
-La présentation avec une serviette quand même.
Voilà, c'est mieux, non ?
-Tu pourrais me montrer les armes à feu de la maison ?
-Oui, pas de problème. Viens, on y va.
Elle est bonne, cette brioche ? -Elle est très bonne, Stella.
J'arrive pas à imaginer qu'Aymeric ait grandi dans une telle baraque.
-Il a passé beaucoup plus de temps en pension qu'ici. Coucou, Axel !
-Oncle Manuel ! -Mon grand !
-Je suis malade. -Oh là là !
T'as l'air plutôt en forme. -C'est juste un gros rhume.
Je l'emmène avec moi à la boutique, il a entendu assez de méchancetés.
-Le vieux marquis était raciste comme pas deux.
La marquise, c'est guère mieux.
Elle sait qu'ils ne sont que tolérés ici.
Pourquoi tu veux voir les armes ? -C'est l'héritage d'Aymeric.
-Comme tout ce qu'il y a dans cette maison.
-Comment une musicienne pareille peut être aussi aigrie ?
-Tu sais comment t'aurais réagi
si ton mari t'avait interdit d'écrire ?
Et voilà ! Le bureau du vieux marquis.
Personne n'y vient jamais, à part Joffrey.
C'est lui qui a l'autre clé de l'armoire.
-Toutes les armes sont là ? -Non, juste de la famille.
Et il y tenait !
Elles fonctionnent toutes et Joffrey y veille.
-Tu sais laquelle il utilise ? -En quoi ça vous regarde ?
Referme cette porte
et rends-moi tes clés.
-Elles m'appartiennent. -Absolument pas.
C'est à moi, la seule chose léguée
par mon père. -La seule chose, je savais pas.
Je suis désolé.
-Je préviendrai mes avocats que vous avez tenté de voler mes armes.
-Faites.
-Ne sois pas ridicule !
Il n'était pas au courant, comme moi.
-Tu crois qu'écouter aux portes te suffit à nous connaître
mieux que tout le monde ?
Tu sais rien sur nous et encore moins sur Aymeric.
Arrêtez de fouiller, vous.
-C'est ma faute.
-Non.
Dis-moi, qu'est-ce qui te tracasse ?
Il y en a eu des drames ici,
mais personne ne s'était fait tirer dessus.
-C'est fait. -Quel genre de balle c'était ?
-J'ai trouvé ça.
-Oui. C'est pour les sangliers.
Elle ne se fragmente pas en tout petits bouts.
C'est plus facile pour cuisiner.
T'es sûr que tu veux pas aller à la gendarmerie ?
-Ca servirait à rien.
-C'est quelqu'un du domaine ?
-11 heures du soir, près du cimetière familial. Oui.
-Catherine a travaillé tard à la serre
et à 11 h, elle était rentrée depuis 30 mn.
-A 10 h, j'ai porté le chocolat à la marquise.
Elisa est montée tôt.
-Joffrey.
-Je sais pas où il était.
Mais en partant, j'ai vu Guillaume, la carabine à l'épaule.
Il devait être un peu plus de 10h30.
...
Vas-y doucement avec Guillaume.
Il s'est senti humilié quand Aymeric a confié
la direction du domaine à Alexia. -Il y a 6 ans.
-On guérit pas de ses blessures. -C'est un violent.
-Non, c'est un timide. -Un violent.
-Que me voulez-vous ?
-Que faisiez-vous hier soir avec un fusil de chasse à l'épaule ?
-C'est toi qui lui as dit ? -Réponds à Manuel s'il te plaît.
-J'allais protéger les vignes.
La nuit, je tire au silencieux pour pas éveiller
les sangliers et ça réveille personne au château.
-Je peux avoir une de vos balles ?
-Quelle saloperie vous voulez me mettre sur le dos ?
-J'ai été pris pour cible dans la nuit.
-C'était pas moi. Si je vous avais tiré dessus,
vous seriez pas là. -Alors donnez-moi une balle.
-Donne-lui.
Si c'est pas toi, que risques-tu ?
-Vous valez pas mieux que votre mari.
-Reste là, reste là ! Non !
Tiens.
J'ai trouvé ça au cimetière
et Guillaume m'a donné ça.
-J'ai eu du bol de la prendre dans la cuisse.
-Si c'est Guillaume le tireur, il me filerait pas une de ses balles.
-Soit pour se disculper, soit pour brouiller les pistes.
Il est malin, hein !
Et Joffrey ?
-Joffrey a un putain d'arsenal
et il chasse le sanglier avec Guillaume
pour protéger les vignes à la Rabastière.
-"La Rabastière" ?
Attention, le Parisien. Vous parlez comme un propriétaire terrien.
-Ca pourrait être Guillaume et Joffrey.
-Ouais.
Ouais, c'est possible. Téléphone.
Ah !
Me dis pas que t'as déjà des infos pour le téléphone ?
*-Non,
mais j'ai mieux : il y a une mise à jour sur l'identité de Laville.
Sa tante a déclaré sa disparition il y a 5 jours à Rousset-sur-Arc.
*Je t'envoie son nom et adresse. -D'accord, merci.
On va aller faire une petite visite à la tante d'Anthony Laville.
Vous me laissez parler.
On pensera que vous êtes de la maison.
-Allez, Jay !
-Vous faites quoi ? Le clébard dans la voiture !
-Allez, rentre !
Pas bougez !
-Non mais hé ! -Ca va.
-(Venez là.)
-Oui ? -Bonjour, madame.
Gendarmerie.
C'est vous qui avez signalé la disparition d'Anthony Laville ?
-Oui, il lui est arrivé quelque chose ? Vous l'avez retrouvé ?
-Non. On peut rentrer ? -Bien sûr, je vous en prie.
-Merci.
-J'ai cru qu'avec ses problèmes,
personne n'allait lever le petit doigt pour le retrouver.
-Et pourtant, on est là.
Alors...
vous avez signalé
la disparition de votre neveu
jeudi dernier. C'est ça ? -Oui.
-Et vous l'avez vu quand pour la dernière fois ?
-Il est allé voir des copains mardi,
je me suis inquiétée le lendemain.
-Et plus de nouvelles ? -Non.
J'ai appelé la famille mais personne ne l'a vu, j'ai senti
qu'il y avait un problème.
-Pourquoi vous dites ça ? -Je le connais, mon neveu.
Malgré ses bêtises, il est gentil et il me laisserait pas inquiète.
-Il est peut-être allé faire une virée avec les copains
à la mer et il a oublié de vous appeler. On va le retrouver.
-Non, il sait que sans mes gouttes, je suis aveugle. C'est lui qui
me les met une fois par jour et il prépare mon pilulier.
Jona m'appelle tous les jours, il n'a pas de nouvelles non plus.
-Jona ?
Je vais vous laisser avec mon collègue, il va vous aider.
-C'est gentil. -J'appelle la brigade.
Excusez-moi,
ça mène de l'autre côté de la rue, cette porte ?
-Oui. -Je peux ?
-Oui. -C'est gentil.
Je compte sur vous. -Bien sûr.
Les gouttes !
-Bonjour, madame.
-Bonjour.
-J'enquête sur la disparition du neveu de votre voisine.
Vous auriez une minute pour moi ?
-Bien sûr.
Anthony tient une place importante dans la vie de cette pauvre Rose.
-Oui.
-Si je peux aider...
Suivez-moi. -Volontiers.
Tintement de l'horloge.
-Ca va ? -Oui.
Je suis bien contente que l'ami d'Anthony ait insisté
pour que je vous prévienne.
-L'ami d'Anthony, Jona ?
-Non, un autre.
Très gentil, très poli.
Il m'a encore appelée cet après-midi
pour avoir des nouvelles.
Je suis pas sûre pour son nom
et comme j'entends mal...
Maintenant que vous êtes là, je suis un peu moins inquiète.
-Bon ! Vous avez besoin d'autre chose ?
-Non, merci.
-Je vous aide à débarrasser ? -Si vous voulez !
-Allez !
Ouais, deux secondes !
Vous êtes où là ?
*-Dans la rue, juste derrière. Venez me chercher, vite.
Il soupire.
Allez, on se casse.
C'est ma place. Derrière, le clébard !
-Allez, Jay ! -Allez !
-Allez !
-Oh, la vache !
-Ca valait le coup au moins ? -Ouais.
-Un type en numéro masqué a essayé de joindre Anthony sur le portable
de la tante. -Vous avez fouillé ?
-Ouais !
-C'est bien, le Parisien. Des mauvaises habitudes, j'adore !
Arrêtez-vous dès que vous pouvez, il faut que je pisse.
Arrêtez-vous. -Oui, oui, oui.
Allez, va pisser toi aussi ! Allez !
File !
-Je sais pas dans quelle merde Anthony s'est foutu mais ça pue.
-Il n'aurait pas laissé tomber sa tante comme ça.
Il s'occupait bien d'elle, la maison était tenue.
-J'ai appris un truc sur sa tante.
C'est la soeur de l'abbé Armand, le supérieur de Providence,
l'institut catho où tous les Fabre de Castelmaure sont passés.
La voisine m'a dit qu'il y faisait des petits travaux pour son oncle.
Et puis, il y a autre chose.
Le jour de la mort de votre mari,
la voisine m'a dit qu'elle a vu l'abbé Armand pourrir Anthony,
devant chez sa soeur.
Il l'accusait de vouloir
le faire tuer. -Anthony disparaît le lendemain ?
-Ouais. -Il faut parler à l'abbé.
-Ca parle pas, cette race-là.
Il faut la jouer plus fine.
Bon !
En attendant, ça vous dit ce soir d'aller faire un tour
dans un bar de votre genre ? -Un bar pédé !
-Si c'est vous qui le dites.
Pourris pas ma veste. -Elle l'est déjà.
Musique de boîte.
...
... -Salut, Jona ! Ca va ?
-Lieutenant, vous êtes flippant. -T'as vu ça ?
-Vous êtes venu en couple.
-Bon allez, arrête !
Toujours pas de nouvelles ? -Non.
-Ca t'inquiète pas ?
-Pas plus que ça, il a dû se trouver un mec friqué.
-Arrête tes conneries. Je sais que tu flippes pour ton pote,
sinon t'appellerais pas sa tante tous les jours.
Si tu veux l'aider,
profite, c'est maintenant. -Je sais rien, OK ? Presque rien.
-Presque, c'est déjà beaucoup.
-Il se vantait pas mal dernièrement.
Il disait être sur un truc énorme, qu'il allait se faire 100 000E.
-Il t'a pas parlé de son plan ? -Non.
-C'est en rapport avec les Fabre ?
-Les aristos ? Non.
Je vous raconte
ce qu'il m'a dit. Je connais pas ces gens.
...
-Alors les pédés,
on rentre à la maison s'enculer ? -Non, on fait chambre à part.
-C'est toi qui vas le sucer ?
-Tu veux, toi ? -Bah oui.
-Connards,
fin de la récré, sages.
Allez boire un coup. Soyez sages.
Bon, alors ?
Ca va aller ?
-Ouais.
-Ta main ?
Qu'est-ce que tu lui as foutu dans la gueule à l'autre !
-Alors, Richard ? On profite de la retraite ?
-Tu me connais, dès que je peux faire la fête, moi !
-Allez, amuse-toi bien !
-Bonne nuit, Serge !
Je sais pas toi, mais...
je trouve qu'on a bien mérité d'aller boire un coup. Hein ?
-Ouais.
-Je suis désolé pour...
ce qui s'est passé, vraiment.
-Tu parles de quoi ? Les 3 connards ?
C'est pas de ta faute.
-Bien sûr que si.
C'est de la faute de tous ceux qui pensent comme eux.
Du coup, qui pensent comme moi.
Tu te bats comme un vrai mec !
-J'aurais pas frappé ce connard, je serais pas un vrai mec ?
-Non, mais c'est compliqué de parler avec toi, Manuel.
Je veux dire que t'es un mec bien.
Vraiment, un mec bien
et t'as raison de me traiter de gros con homophobe.
-Allez !
A ta conversion !
-Je ne t'ai pas dit.
J'ai revu Heidi, la gamine du salon de massage.
Je sais comment elle a rencontré ton mari.
-Je veux pas savoir.
-Elle l'a appelé un soir pour qu'il vienne récupérer
son frère en plein pétage de plombs.
Ils n'ont jamais baisé ensemble.
Il lui a dit qu'il était homosexuel,
en couple et fidèle.
Mais bon !
J'oublie pas qu'il a failli tuer quelqu'un et il a peut-être essayé
de tuer son frère. -N'oublie pas qu'il s'est pas tué
tout seul.
-Ce serait pas le 1er meurtrier qui se fait buter.
Non mais je...
T'as raison !
T'as raison. Je hais les Fabre de Castelmaure,
je les hais.
Et je les maudirai jusqu'à ce qu'on m'enterre.
Quand j'étais gamin, ma mère travaillait régulièrement
pour le château parce que la marquise payait bien.
Et puis un...
Un jour, je rentrais du foot...
et j'ai vu ma mère
dans la baignoire, immergée, tout habillée.
Elle revenait du château,
elle avait livré une veste qu'elle avait retouchée.
Ils étaient tous partis
à un gala de charité, une connerie, je sais plus quoi.
Sauf le marquis.
Alors il en a profité
et il l'a violée.
J'avais jamais raconté ça à personne.
Ni à mes frères, que je ne vois plus,
ni à ma femme.
Mais peut-être que toi, l'écrivain...
tu pourras le faire
et le mettre dans un de tes bouquins.
Je crois que ça me plairait.
Enfin...
C'est toi l'écrivain.
Où est-ce que j'ai foutu mes clopes, moi ?
Bon...
...
Téléphone.
...
... Putain !
Salut. Il est quelle heure ?
-8 heures.
-Putain, je dois amener ma fille à l'école.
*-Je t'envoie la liste
des appels, récupérés et identifiés sur la 2e ligne d'Aymeric.
Ils datent du jour de sa mort.
*C'est pas long. -OK, merci.
*-Attends !
On dit que t'aurais repris du service.
*Fais-toi plus discret. Message.
-"9h35, château de Fontague, 10h02, Alexia. 9h07, Lucas.
"13h07, Providence."
Putain, Providence !
-Papa, ça va ? -Oui.
Et toi ? Prête à décoller ?
-Moi oui, mais toi non.
-Laisse-moi 2 mn, va chercher ton cartable. 2 mn !
Allez !
3 mn, ma chérie, 3 mn !
Il passe un appel.
...
*-Oui, Richard ? -Ca va, toi ?
Tu fais quoi ce matin ?
-Je vais faire l'acquisition d'une parcelle en AOC côteaux d'Aix,
un terroir volcanique d'exception.
*-Je te l'avais dit, tu parles comme un vrai terrien.
*J'ai les appels passés par Aymeric sur sa 2e ligne.
Il y a Lucas, Alexia...
et Providence.
-Il a appelé Providence ? *-Je te le dis, ça pue sévère.
*Je le sens ça.
*Je m'occupe de Providence, je te laisse les autres.
-C'est la première et dernière fois de ma vie
que j'achète une parcelle en AOC. -Peut-être pas.
-C'est un très beau terroir, M. Ortigosa.
Aymeric a négocié pour décider le propriétaire à lui céder.
-Pas besoin de me convaincre, Alexia et André ont fait le boulot.
Aymeric a appelé Providence le jour de sa mort.
Il y a été pensionnaire mais il peut y avoir une autre raison.
-Je crois pas. Il n'y a plus de dossier en cours avec Providence ?
-Non, le problème de droit de passage a été réglé.
Les terres agricoles de Providence vous appartiennent.
Enfin, au domaine.
-Le marquis, votre beau-père, en a acquis la totalité il y a 30 ans.
-Quand exactement ? -Début 95.
Je dois avouer que c'est la seule bonne affaire qu'il a faite.
-C'est-à-dire ?
-Il les a acquises pour une bouchée de pain.
-Vous devriez dresser le listing des biens
que votre mari vous a cédés.
-Ne perdez pas votre temps, je refuserai l'héritage.
Lucas, c'est Manuel. Je peux passer te voir ?
*-Oui, bien sûr. Quand tu veux ! -Super !
(T'as aucune idée de la raison pour laquelle Aymeric
(a pu aller à Providence ?) -(Non, aucune.)
-(Tu penses que ça peut avoir un lien
(avec son départ et celui de Joffrey
(du pensionnat en 94 ?) -(J'avais 9 ans.
(Je me souviens pas.)
-(Il y a dû y avoir des rumeurs à l'époque.)
-(Le bruit a couru parmi les pensionnaires...
(qu'Aymeric a découvert un enseignant pendu dans sa chambre.
(Mais c'était qu'une rumeur.)
-(T'en as jamais parlé à Aymeric de ça ?
-(Non. Après son départ, il n'a plus voulu parler de Providence.)
-(Et si c'est vrai, ça aurait pu faire un scandale.
-(Oui, ça aurait été terrible pour le diocèse. Vas-y.)
L'abbé Armand aurait été mis en cause, l'évêque aussi.
-Tu sais quoi ? 2 mois après le départ des garçons,
l'abbé a vendu l'intégralité des terres agricoles au marquis,
et pour 3 fois rien.
Il doit y avoir une raison, non ?
-Il faut que tu rencontres Brigitte, la mère d'Alexia.
Elle travaillait à Providence à cette époque.
...
-Bonjour.
-Bonjour. Je peux vous aider ?
-Je voudrais voir l'abbé Armand. -Vous aviez rendez-vous ?
-Je ne me suis pas présenté, lieutenant Saugier
de la gendarmerie de Peyrolles. -On va passer par ici,
suivez-moi.
-Oui, entrez !
-Le lieutenant Saugier demande à vous voir.
-Je m'en occupe, frère Bonaventure.
Merci.
Je vous en prie.
-Bonjour, mon père. -Bonjour.
-Je suis venu vous voir au sujet de... votre neveu,
Anthony Laville.
Votre soeur nous a signalé sa disparition.
-Rose s'inquiète pour un rien.
Ce n'est pas la 1re fois qu'il s'évapore dans la nature.
-Oui, j'en suis sûr,
mais au cas où, vous n'auriez pas une petite idée
des raisons qui l'ont poussé
à se mettre au vert ?
-Aucune.
-D'accord. Je vous dis ça
parce que la voisine de votre soeur a été témoin d'une altercation
un peu brutale entre vous et votre neveu,
Anthony Laville, mardi dernier, juste avant sa disparition.
Voilà ce que vous auriez dit.
Je l'ai noté !
Alors...
J'ai du mal à me relire, j'écris comme un mécréant.
"Tu ne sais pas à qui tu t'attaques,
"les choses ne vont pas en rester là.
"Tu pourrais me faire tuer,
"espèce"... "Espèce de petit con."
J'ai une écriture de gaucher.
-Cette femme passe son temps à espionner son voisinage
et à inventer des histoires.
-D'accord. Du coup, j'écoute votre version.
-J'ai demandé à Anthony de faire quelques travaux dans ce bureau
et il n'a rien trouvé de mieux que de me voler.
-Quelle ingratitude !
-Donc, ce que cette voisine a entendu,
ce n'est pas qu'il allait me faire tuer,
mais que ses bêtises allaient finir
par me tuer. -D'où la confusion.
Qu'est-ce qu'il vous a volé ?
-De l'argent liquide.
Les dons des pèlerins qui avaient fait étape ici la semaine d'avant.
-Vous n'avez pas porté plainte ?
-Contre mon neveu ?
Bien sûr que non.
J'ai tout remboursé sur mes deniers personnels.
-Je vous remercie pour toutes ces précisions.
-Je vous raccompagne. -Ouais.
Dites-moi, si mes souvenirs sont bons,
deux des fils Fabre étaient en pension ici, non ?
-Providence n'est plus un pensionnat depuis 25 ans.
-Vous avez appris, je suppose, la disparition d'Aymeric.
-Malheureusement. C'est terrible. -Hm.
-C'était un homme brillant.
-Il n'est pas passé ici, mardi dernier ?
-Non. -Non...
-Pourquoi cette question ?
-Parce que le numéro de Providence apparaît dans sa liste d'appels,
alors je me disais que...
-Attendez, mardi, vous dites ? -Oui.
-Oui ! Il a téléphoné,
il voulait que je l'entende en confession.
Je n'étais pas disponible.
-Merci pour votre aide précieuse. -Je vous en prie.
Miaulement.
...
-Oh, putain !
...
-Oh là ! T'es malade ?
T'as perdu l'appétit ?
-Je me réserve pour ce soir. Toi aussi.
-Je peux avoir la même chose ? -OK, ça roule !
-Merci. -Bon !
L'abbé m'a raconté une belle histoire.
Anthony lui a volé du fric pendant qu'il lui faisait des travaux,
d'où l'engueulade de mardi.
-T'y crois à ça ? -Pas une seule seconde !
D'autant qu'il m'a dit que le même jour,
ton Aymeric l'a appelé pour se confesser.
-Aymeric se confessait pas.
-C'est ce que je te dis : l'abbé m'a pris pour un con.
-Et voilà ! J'ai mis un peu de frites. Que de la salade,
c'est triste. -Merci, Marie.
Téléphone.
Ouais ?
-Richard, on vient de retrouver le corps d'Anthony Laville.
*Aymeric aurait pu le tuer ?
Je te rappelle quand je suis seule.
-Qu'est-ce qu'il y a ?
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