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...
-Votre mari a eu un accident. -"Je désigne comme seul légataire
"Manuel Ortigosa."
Il faut votre signature.
-On se laissera pas spolier ! -On l'a assassiné.
Comme Enguerrand avant lui. -Etes-vous en mesure
d'attaquer le testament de votre fils ?
-Mon fils aîné a été interné.
-Vous ne pouvez pas me faire ça. -Je mène une enquête parallèle.
Allez à la fourrière. -J'ai un "match".
Anthony Laville. Il dealait quoi ? -Coke. Héro.
Vous avez pris quelque chose ? -La carte de visite d'une masseuse.
-Autre chose ? *-Non.
-"Aymeric, il a toutes les preuves que tu l'as tué."
...
Déclic.
Manuel soupire.
-Qu'est-ce que t'as fait ?
Qu'est-ce que t'as fait ?
T'as tué qui, putain ? ! Bris de verre.
Manuel éclate en sanglots.
-Il t'a dit pourquoi il a pété les plombs ?
T'as rien vu, rien entendu ? Porte.
-Si. Il a gueulé un truc : "T'as tué qui, putain ?"
On vient.
-Qu'est-ce que vous faites là ? -Bah... Je sais pas.
Paraît que vous avez tout cassé dans votre chambre.
-J'étais bourré. Je paierai pour le miroir.
-Non. C'est pas grave.
-Bien sûr que si, il va payer. -Un verre d'eau, s'il te plaît.
-Voilà. Bon, les gars. Faut que j'y aille.
-Merci.
-Bon...
On continue ? Plus on va creuser...
-Plus ça va puer la merde. C'est bon. On continue.
-Très bien. Vous allez retourner au domaine.
Cuisiner ces enfoirés de Fabre de Castelmaure.
Ils sont tous suspects. Ceux qui bossent pour eux, pareil.
-Je ne suis pas le bienvenu là-bas. -Vous êtes chez vous, non ?
-Sur le papier. Jusqu'à ce que je refuse l'héritage dans 3 mois.
-Trois mois, c'est assez pour leur pourrir la vie.
-C'est ça, votre objectif ?
Leur pourrir la vie ? -Non.
Moi, je veux identifier celui qui a tué votre gars
il y a une semaine et celui qui a "suicidé" Enguerrand il y a 6 ans.
Voilà ce que je veux. Pour moi, c'est une seule et même affaire.
Je vous laisse. J'ai rendez-vous avec ma copine légiste.
-Tenez-moi au courant.
-D'accord. Vous pareil.
Salut, Marie. -Salut, Richard.
-T'es à la bourre. Je dois partir bosser, moi.
-Je suis passé voir le Parisien. Tu as quelque chose ?
-3 traces de sang côté conducteur.
Du même côté que la blessure de la victime.
-Donc on l'a poignardé ?
-Je pense que oui.
Vu la faible quantité de sang, c'est une hémorragie interne.
-Attends.
-Et toi, tu as trouvé quelque chose ?
-Oui. Anthony Laville s'est évaporé dans la nature.
Il est sur messagerie depuis 5 jours.
-Depuis l'accident ?
-Oui.
-Tu vas faire quoi ? -Chercher à savoir ce que fout
le dealer d'Enguerrand dans ce merdier.
-Et Manuel ? Ca va ?
-Moyen. Il a découvert que son mec était aussi pourri que sa famille.
-Je le plains.
-Pareil. J'aime pas me faire enculer en plus.
-Au moins tu as essayé.
Richard. -Quoi ?
-A ta prochaine
vanne homophobe, ton enquête, tu la fais sans moi.
...
*-Le numéro que vous avez demandé n'est plus attribué.
-Fait chier.
Bonjour, madame. Je voudrais prendre rendez-vous avec Heidi.
*-Désolée. Nous n'avons pas de Heidi chez nous.
-Merci.
*-Bien-être et massage, bonjour. -Bonjour.
J'aurais voulu prendre un massage avec Heidi.
*-Il n'y a pas de Heidi ici.
-Putain...
-Attendez...
-Vous aviez rendez-vous ? -J'en ai pour deux minutes.
-Laissez-nous.
-Il peut rester.
Vous avez envoyé 2 messages à Aymeric la veille de sa mort.
Pour quelle raison ?
*-Aymeric, pardonnez-moi d'insister.
*Il faut absolument que je vous parle.
-Je vous écoute.
-Dans la matinée, Joffrey a fait une demande de financement atypique
très au-dessus du plafond au-delà duquel je n'ai plus la signature.
-Combien ?
-Il avait besoin de 100 000E.
-Il a accepté ?
-Il y était opposé
lorsque nous nous sommes parlé.
-Est-ce qu'Aymeric serait venu à Fontares
pour refuser ça à son frère ?
-Je n'en sais rien.
Bip.
-Je tenais à vous parler en privé.
Votre belle-famille a engagé un cabinet d'avocats parisien
pour contester le testament de votre mari.
-N'importe quoi. J'ai dit que je refusais le legs.
-Ils ne vous croient pas.
-Et pourquoi votre patron ne m'a rien dit ?
-Il a reporté sur vous l'affection qu'il avait pour Aymeric.
Il veut vous protéger.
Les avocats des Fabre de Castelmaure
soutiennent que votre mari avait des antécédents psychiatriques.
Ils vont vous accuser de l'avoir manipulé.
-Aymeric n'était pas manipulable.
Bon, j'en ai assez entendu.
-On est vraiment avec vous.
Même si vous semblez parfois en douter.
-Alors dites à votre patron de ne plus rien me cacher.
J'irai voir Joffrey pour cette histoire de chevaux.
Merci.
...
-Voilà...
Galop !
-Il faut que je vous parle.
-Voilà...
Vous pensiez vraiment qu'Aymeric vous ferait cadeau
de 100 000 euros ? Joffrey soupire.
-C'était pour l'achat d'une jument en Belgique.
Une jument de compète.
Mais il a refusé de financer.
-Il est venu de Bruxelles exprès ?
-Comment pourrais-je le savoir ?
Vous croyez que mon frère me racontait sa vie ?
Pas plus qu'à vous.
-Comment se fait-il que personne ne l'ait vu à Fontares ce jour-là ?
-Vous êtes de la police maintenant ?
Il soupire.
Il sniffe.
Allez. On s'y remet.
...
Il verrouille la porte.
...
*Appel sortant.
*...
Oh, Anthony, putain...
Décroche ! Je t'ai laissé une tonne de messages. Rappelle-moi.
J'ai besoin de toi. J'ai plus rien. Rappelle-moi !
Et merde...
Il renifle.
*Appel sortant.
*...
*-Laurence ? -Je te dérange, mon bichon ?
-J'aime pas ce ton-là. Qu'est-ce qu'il y a ?
-Bon. Jacques t'adore, tu le sais.
Il sait que tu traverses une période épouvantable.
-Mais ?
*-Tu dois terminer "Soleil de Syracuse".
*Aymeric t'avait obtenu une grosse avance.
-L'avance, je la rembourse.
-Je sais que tu es très malheureux.
*Mais pense à ton avenir. Rentre à Paris.
-N'essaie pas de me convaincre.
*Dis-moi juste si je dois changer d'éditeur.
(Putain. Fait chier. Fait chier.)
Putain...
Bip.
-Et voilà la brouillade de truffes.
Tu aimes ça ? -Oui. Tu m'étonnes.
-Elles viennent du domaine.
-Ca sent bon. -Tu as vu
nos chênes truffiers ? Ils sont magnifiques.
Guillaume t'y amènera.
C'est le marquis, le grand-père d'Aymeric, qui les a plantés.
-Ca devait être un homme bien.
-Penses-tu !
Ma mère qui travaillait ici disait que c'était une brute
qui frappait son fils. Ca explique bien des choses.
-Par rapport au père d'Aymeric ?
-Ici, la maltraitance se transmet de génération en génération.
-Le père d'Aymeric battait ses enfants ?
-C'était plus vicieux que ça.
Un Noël, Aymeric venait d'avoir 12 ans.
J'avais bataillé avec le marquis pour que les garçons aient
un grand sapin. Ils étaient tout excités.
Le Joffrey voulait absolument mettre l'étoile du Berger,
mais il était trop petit
pour monter à l'échelle. Il m'a désobéi.
Fracas des boules brisées.
... Oh, mon Dieu ! Joffrey !
-Qu'y a-t-il ?
Encore toi,
Joffrey ? Regarde-moi.
-C'est pas lui.
C'est moi.
-Tu sais ce que je crois, Aymeric ? Que tu mens.
-Je vous dis que c'est moi.
-Bien.
Dans ce cas, plus de sapin.
Vous ferez couper ces branches et tu les brûleras toi-même.
-Viens, mon chéri. -Désolé.
-Pas grave. Pleurs.
-Viens.
... -(Arrête de pleurer,
(mon chéri.) La marquise n'est descendue
qu'après et n'a rien dit.
Elle s'est toujours réfugiée
dans sa musique pour fuir son rôle de mère.
Aymeric a brûlé le sapin jusqu'à la dernière branche.
...
Monsieur.
-Attendez que je sois monté et faites-le rentrer.
-(Je le tuerai.) -(Ne dis pas ça.)
-(Je le tuerai. Je le tuerai !) -Aymeric
n'a jamais été battu, pas plus que Joffrey.
Leur père les torturait autrement. Là.
Et là.
-Il est mort comment ?
-Il était très malade.
Au final, il a fait un arrêt cardiaque.
Un comble pour un homme qui n'avait pas de coeur.
-Personne ne l'a pleuré ? -Non.
A part Enguerrand. Il adorait son père.
-Aymeric et Enguerrand étaient proches ?
-C'est Elisa qui t'en parlera le mieux.
-Bonjour, M. Manuel. -Bonjour.
-Bonjour, Stella.
Elle est prête à prendre la relève.
-Merci.
Pour tout ce que tu m'as dit.
-Je suis contente que tu sois ici.
-Je ne compte pas rester.
Allez...
...
-Je regrette qu'il ne t'ait jamais parlé de nous.
-Moi aussi.
-Notre cuvée de prestige.
Baptisée par Aymeric. -C'est son écriture.
-Adrien, tu nous sers ? -Avec plaisir.
Tenez.
Il est bon.
-Merci.
-Merci.
-Il a été élu "meilleur blanc de Provence".
Tu aurais imaginé Aymeric en vigneron ?
-Pas du tout.
-On ne connaît jamais vraiment l'homme qui partage votre vie.
-Tu penses à Enguerrand ?
-Il y a 6 ans, je croyais qu'il ne se droguait plus.
Je pensais qu'il ne s'était jamais piqué à l'héroïne.
Il ne m'a rien dit parce que j'aurais été incapable d'entendre
qu'il avait replongé.
-Peut-être qu'il ne voulait pas te décevoir.
-Je crois qu'Aymeric pensait que tu aurais refusé
de le partager avec Fontares.
Il ne voulait pas fragiliser votre couple.
-Mon mari t'a fait d'autres confidences ?
-Il adorait mon fils et il m'a proposé ce job.
Ici, c'est une prison dorée.
Alors tout ce qui permet de s'évader, je prends.
Enguerrand disait qu'il préférait mourir que de vivre ici.
-Tu crois que c'est à cause de... -Non.
Je n'ai jamais cru au suicide d'Enguerrand.
Il avait passé du temps avec Lucas ce soir-là.
Malgré la perte de son père,
mon homme était heureux d'être bientôt papa.
-Maman !
-Merci de l'avoir récupéré.
-C'était sur mon chemin. -Dites...
Vous m'emmèneriez à la truffière demain ?
-On dit la "rabassière". Demain je suis pas dispo. Après non plus.
-Guillaume.
Tiens.
Les sangliers vont bientôt arriver dans les vignes.
Il faut s'en occuper.
Sonnerie.
-Oui ?
-J'ai retrouvé la petite Heidi.
Magnez-vous. Je vous attends pour la saluer.
Je vous envoie l'adresse. *-D'accord.
-Les professionnelles préfèrent dire "salon full body massage"
plutôt que "boxon" ou "bordel".
Ah.
Rebonjour, Nathalie. -Rebonjour, lieutenant.
-On peut voir Heidi ? -Heidi est occupée.
Avec un client.
-En attendant, racontez donc à... mon ami ce que vous m'avez dit.
-Comme je disais, le client dont il m'a montré la photo est venu.
Deux ou trois fois. Avec son frère, un habitué.
-On parle de lui ? -C'est ça.
-La dernière fois, c'était ? -Il y a 3 semaines. Avec Heidi.
-Elle finit quand ?
-Elle ne va pas tarder.
Porte.
Ca a été ? -Parfait.
Comme d'habitude.
Merci, Nathalie.
Le client sort. -Heidi ! Tu peux venir ?
-Bonjour. -Bonjour.
Lieutenant Saugier.
Vous le reconnaissez ?
-Oui.
Porte.
-Ca je vous l'avais dit, qu'on remuerait de la boue.
-Avouez, vous adorez ça.
-Elle est mimi, la préférée de votre collègue.
-Qu'est-ce qu'Aymeric est venu faire dans ce bordel ?
-Il était à voile et à vapeur, votre gars.
Il était pas que pédé.
-Ce mot-là, "pédé", je peux le dire. Pas vous.
-Arsène s'est enfin endormi.
-Bah dis donc.
Manuel Ortigosa a plein d'admirateurs.
-Pas étonnant. Il a reçu le prix Goncourt.
-Pour ce que ça vaut...
-Difficile de juger un auteur sans l'avoir lu, non ?
-Il va falloir choisir votre camp.
-Je ne priverai pas mon fils de l'affection de Manuel.
Que ça vous plaise ou non, c'est son oncle.
Porte. -Quelle faiseuse d'histoires !
Toujours dans les mélodrames.
-Elisa n'est pas la seule à apprécier M. Ortigosa.
-Ah bon ? -Hermine a déjeuné avec lui
aujourd'hui. -Non ?
-Vous voulez entendre
une bonne nouvelle ? -Ah oui, s'il vous plaît.
-Je suis enceinte.
-Combien de mois ?
-Deux mois.
-Je vous félicite ! Vous me comblez, Catherine.
Ne dites rien à Joffrey
avant le 3e mois. Une nouvelle déception lui serait très pénible.
-Bien sûr.
-Venez là, que je vous embrasse pour ce miracle.
Ah... C'est magnifique.
Enfin.
-Bonne soirée, Hermine. -Pense au pain
pour demain. Bonne nuit, ma chérie. -Bonne nuit.
-Je ne sais pas ce qui me retient de te mettre à la porte.
-Je vais vous dire.
Vous n'êtes pas ma patronne. J'apporte votre chocolat dans 5 mn.
-Non. Quelque chose de plus fort. -J'ai ce qu'il vous faut.
Alors...
Ah.
Et voilà ! Double distillation.
-On ne perd pas les bonnes habitudes.
-La dernière fois que vous êtes venue dans cette cuisine,
votre mari était encore en vie.
Hermine se sert à boire.
Elles trinquent.
-Tu as invité le veuf à déjeuner ? Qu'est-ce qu'il te veut ?
-Il est tellement malheureux qu'il ne le sait pas lui-même.
Il essaie de comprendre qui était vraiment Aymeric.
-Un tueur.
Voilà. Tu le sais aussi bien
que moi.
-Merci beaucoup.
A quel nom la dédicace ?
Je vous l'ai signé hier à Lyon ? -Oui.
Et aujourd'hui je suis à Paris.
Demain, j'aurais été à...
Bordeaux. Si tu n'avais pas
levé les yeux. -On se tutoie ?
...
Salut. -Manuel.
Ca me fait plaisir de te voir.
Qu'est-ce que je peux faire pour toi ?
-J'aimerais que tu me parles de la mort d'Enguerrand.
Je sais que ça a profondément choqué Aymeric.
Il a mis des mois à s'en remettre.
-Ca a bouleversé tout le monde ici.
La mort du vieux marquis, c'était prévisible.
Mais celle d'Enguerrand à 28 ans, c'était...
Horrible.
-Tu l'as vu le soir de sa mort.
Tu n'as rien vu venir ?
-Non. Pourtant on a discuté pendant 2h dans la chapelle.
Il avait un peu de mal à se projeter, mais...
Il était surtout très affecté par la décision de son père.
Velcro.
...
Le vieux marquis avait demandé à mourir dans son lit.
C'est la mère d'Alexia qui a assuré les soins palliatifs.
-Sa mère ?
-Brigitte. Elle est infirmière.
Elle lui donnait de la morphine toutes les 2h. Jusqu'au moment
où il lui a demandé d'arrêter pour pouvoir parler à Aymeric.
Désolé. Il ne veut voir que toi, Aymeric.
-Je n'y vais pas sans mes frères.
-Pourquoi il nous fait ça ? -Parce que c'est un vieux salaud.
Un vieux salopard !
-C'est maintenant ou jamais.
-Dis-lui pour moi que... Que je l'aime.
Joffrey descend l'escalier.
...
...
-Pourquoi tu t'obstines à vivre ta vie de déviant ?
Tu aurais pu épouser une fille de bonne famille
et baiser qui tu voulais.
-C'est tout ce que tu avais à me dire ?
-Tu es le seul à avoir les épaules...
pour veiller sur Fontares.
Tu as la cruauté nécessaire.
-Aymeric a tenu le choc.
Joffrey, lui, a refusé d'assister à l'enterrement.
Et Enguerrand s'est senti renié.
-Tu crois qu'il s'est suicidé à cause de ça ?
-Je ne crois pas au suicide.
-Tu es le dernier à lui avoir parlé ?
-Non. Aymeric est arrivé à la chapelle quand moi j'en sortais.
*-Allô, Richard ? -Tu as du nouveau ?
*-Bonjour, d'abord. -Bonjour, ma légiste préférée.
Sinon, t'as du nouveau ? *-Oui.
Tous les numéros du portable de la victime ont été identifiés.
Les amis, bien entendu Manuel,
*mais rien dans le coin. -Hmm.
Il a appelé qui le jour de l'accident ?
*-Son assistante à 13h30, Meï Leroy, et à 19h Manuel.
*-Donc il avait un 2e portable
pour faire ses petites affaires ici.
*-Classique quand on a une double vie.
-Tu sais qu'il allait aux putes ? Ah !
Débauché, pourri jusqu'à la moelle. C'est bien un Fabre
*de Castelmaure ! Cet enculé. -J'aime ta délicatesse.
*-Tant mieux. -Au revoir, Richard.
-OK. Super. -Ca va, Marie ?
-Oui. Merci.
-Bon...
Ophélie a fait passer au crible le portable de la victime.
Elle a rien trouvé qui soit en rapport avec ici.
Donc il en avait un 2e. Il faut mettre la main dessus.
-C'est fait.
-Vous l'avez depuis quand ?
-La carte SIM était dans sa voiture.
Je l'ai mise dans ce téléphone. Gardez-le.
-Il y a quoi dedans ?
-Deux messages de Grignan laissés la veille de sa mort.
-Et alors ?
-Aymeric serait venu pour refuser 100 000E à Joffrey
qui voulait acheter une jument.
-Pas de SMS ?
-Non.
-Un petit café ? -Non. Merci.
-Et vous ?
-On a identifié les empreintes sur la voiture de votre gars.
C'est celles d'Anthony Laville, un petit dealer qui a disparu
le jour de l'accident. C'était aussi le dealer d'Enguerrand.
Raison de plus pour penser que les deux morts sont liées.
Bon, allez...
Ah oui. Un dernier truc qu'il faut que vous sachiez.
Anthony Laville, le petit dealer,
c'est aussi un tapin.
Plutôt beau gosse. Le genre qui plaît. Mais j'y connais rien.
-Il faut toujours que vous disiez des saloperies.
Parce que mon mari, dans l'ordre,
il a été dealer, toxico, il voyait des putes, maintenant un tapin.
-J'avoue, j'éprouve un certain plaisir à évoquer les malheurs
de la famille
de votre gars.
-Arrêtez avec "Votre gars". Maintenant dites "Votre mari".
Ou "La victime". Si ça écorche trop
votre gueule d'homophobe de merde. C'est clair ?
-Si vous voulez. -Y a pas de "Si je veux" !
Téléphone. Putain ! Cassez-vous !
...
Oui ? *-Bonjour, Manuel.
-Bonjour, Alexia.
*-Je veux te présenter quelqu'un d'important. Tu passes ?
-Maintenant ? *-Ce serait bien.
*C'est quelqu'un qui a très envie de te rencontrer.
-D'accord.
-Salut. -Salut.
-Tiens.
Cadeau de bienvenue.
Aymeric la portait tout le temps.
Tu as réfléchi au rachat de la parcelle ?
-La parka, c'est pour m'amadouer ?
-Non. Mais je savais que ça te ferait plaisir.
-Euh... J'ai pas vraiment
eu le temps, là... -Je comprends.
Mais si tu ne veux pas
la racheter, dis-le vite. -C'est pas ça.
Tu me laisses le temps ? -Bien sûr.
Viens, c'est par là.
Hé, salut.
Je te présente Jay, le chien d'Aymeric.
-Aymeric avait un chien ?
-Hmm. -Ce chien ?
-Oui.
Il avait vu son maître le frapper.
Il lui a proposé de l'acheter et a menacé
de lui péter les genoux.
-Il a fait ça ?
-Oui, il a fait ça.
Il sera très heureux
avec toi.
Hein ? Bah oui !
-Il disait toujours qu'on aurait un chien.
Allez, Jay. Viens ici.
-Il est à qui, lui ?
-Depuis 1h, c'est ce que j'ai de plus précieux au monde.
-Si on trouve un poil
dans la chambre, un seul, je vous attache tous les deux. Compris ?
-Oui.
-Un seul poil.
-Jay.
-Il est trop mignon. -Viens.
Il tousse.
...
Bribes de voix féminines.
...
-Julia, ton téléphone ! -Oui...
-Tu l'as gardé tout le repas.
Tu m'as fait peur !
-Pardon. J'ai oublié mes clés.
-Bonjour, papa.
-Bonjour. -On te laisse la table.
-Je peux attendre.
-Je vais être en retard à l'hosto.
-Je rangerai.
Laisse.
-Merci. Tu es censé t'occuper des filles, n'oublie pas.
-Pas tout de suite. -Moi, je suis d'accord.
-Parce que là, je peux pas.
-Tu es à la retraite.
-J'ai pas pour autant arrêté de travailler.
J'aide quelqu'un bénévolement. -Ah ?
C'est qui ?
-Un écrivain. -Un écrivain ?
-Et un sacré écrivain. Manuel Ortigosa, tu connais ?
-Manuel Ortigosa ?
-Hmm.
-Je te crois pas.
-Pourtant, c'est vrai.
Où elle est partie, maman ?
-Dans la chambre. -D'accord. Pour quoi faire ?
-J'en sais rien.
-Ma puce...
-Si tu le connais vraiment,
demande-lui une dédicace pour moi.
Bisous, ma chérie.
-Tu me crois pas ?
-Qu'est-ce qu'elle a contre toi ?
Porte.
On vient.
-Ta soeur est couchée.
Monte dans 20 mn voir si elle dort. -OK.
-Je ressors.
Porte.
-C'est très bon, Marie. -Merci. J'ai des oeufs à la neige.
Ah, Richard. Tu as dîné ?
-Si bouffer des légumes bouillis, c'est dîner, alors oui.
-Un verre ?
-Même pas. Merci, Marie.
C'est quoi, ce clébard ? -C'est le mien.
-Il a une bonne tête de bâtard. -Dites pas ça. Il comprend tout.
-Vous faites quoi, ce soir ? -Hmm.
Si c'est pour faire une virée au salon de massage, j'ai donné.
-Non. J'aimerais reconstituer le soi-disant suicide d'Enguerrand.
J'avais pas été autorisé à le faire.
Vous venez ?
-OK.
-Super. Allez. On prend ma voiture.
-Allez, Jay. -Ah non, pas lui.
-Si. C'est pas négociable. -On prend la vôtre alors. Ah.
Tenez. C'est un de vos livres. Ma femme l'a lu.
Vous pourriez lui faire une petite bafouille ?
-C'est quoi, le prénom ?
-Laura.
-Lisez pas. C'est pour elle. Pas pour vous. Jay !
-Salut, les gars. -SALUT, MARIE.
-Salut, Karim. -Jay !
Grincement.
Et si le chien aboie dans la voiture ?
-Il dort, votre corniaud.
Eclairez-moi.
-C'est pas illégal, ça ?
-Vous avez le droit d'entrer par effraction chez vous. Voilà.
C'est là. Regardez.
C'est là qu'on a retrouvé le matériel de shoot d'Enguerrand.
Un sachet d'héroïne pure et un emballage de seringue.
C'est assez logique
qu'il soit venu ici. Parce qu'ici...
il y a de la lumière.
-Vous êtes sûr de ça ? -Oui.
J'avais vérifié. Il y avait pas de lune
ce soir-là. Le cimetière était plongé dans le noir.
-Donc le type se shoote ici,
et va sur la tombe de son père
en pleine nuit, défoncé ?
-Il y a un autre truc qui coince.
Quand on l'a retrouvé, Enguerrand avait la seringue à la main.
Enfin quand sa gonzesse l'a trouvé le lendemain matin.
Suivez-moi.
On va aller jusqu'au cimetière. Eteignez votre portable.
Eteignez-le, je vous dis. -Oui.
Il s'est piqué 2 fois ? -Non. Il avait qu'une trace.
Au bras gauche.
-Pourquoi ramener la seringue au cimetière ?
-Ca rime à rien.
-Qu'est-ce qui vous a fait penser à un meurtre ?
-La vitesse à laquelle on a classé l'affaire.
C'est toujours comme ça chez eux. Plus ça pue, moins ça traîne.
Attendez. Battements d'ailes.
Non. Fausse alerte.
Et il y a le garrot.
-Quoi, le garrot ? -On l'a pas retrouvé.
Pour se piquer soi-même, il faut un garrot.
Pour pas louper la veine.
Mais si quelqu'un vous pique, il y en a pas besoin.
Si on identifie la dernière personne qui l'a vu vivant,
on saura qui tenait la seringue.
-D'après le père Lucas, c'était Aymeric.
Putain... Fait chier.
On leur tire dessus. -Putain ! Couchez-vous !
... Venez avec moi !
-Appelez vos collègues, putain ! -J'ai besoin de ma retraite.
-Rien à foutre ! -C'est bon. Pas moi.
On va courir jusqu'à la bagnole. -Putain...
-Il est en train de recharger. Partez en premier.
Allez, Manuel. Un, deux, trois. Go !
Tirs.
Richard crie.
france.tv access
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