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Original subtitles

ÉTRANGERS

SOFIA, BULGARIE

Je peux le jurer sur une pile de bibles,

j'ai aimé mon mari, au début, et je sais que lui aussi.

Mais les choses changent, les gens aussi.

Soyons vraiment honnêtes.

Certains hommes portent le mal en eux.

Laura ?

Salut, Tony.

Désolé pour hier soir.

J'étais bourré et...

Je ne sais pas pourquoi ça part toujours en vrille, avec nous.

Je t'aime tellement.

Ça me rend fou, tu me rends fou...

Il faut qu'on... arrête ça.

Je sais qu'il faut qu'on arrête ça et...

Ça n'arrivera plus jamais.

Tu vois...

je le jure sur une pile de bibles...

Ça n'arrivera plus jamais, et cette fois, je le pense vraiment.

Je le pense vraiment, Laura.

Tu sais quoi ?

On pourrait aller dîner.

- Hein ? Dans un endroit sympa. - Non.

Je préfère qu'on reste à la maison.

Je peux préparer un truc que j'ai vu dans cette émission de cuisine débile.

Ah oui ?

Ça s'appelle comment ?

"Tsitsila tabaka ?" Un truc comme ça.

Chérie ?

Pourquoi la porte est fermée à clé ?

Ouvre la porte, Laura !

Qu'est-ce que tu fous là-dedans ?

Mon Dieu, aide-moi...

Ma puce ?

Ouvre la porte, Laura !

Pourquoi c'est...

Laura, ça va, là-dedans ?

Putain ! Bordel de merde !

Mon coccyx.

Pourquoi tu rigoles ?

Quoi ? Pourquoi tu...

T'es encore en train de rire ? C'est si drôle que ça ?

- Les gens qui tombent, c'est marrant. - D'accord, oui...

C'est assez marrant, c'est vrai.

Pourquoi c'était fermé à clé ?

Je ne sais pas, j'ai dû enfoncer le loquet

en fermant la porte. J'allais juste faire une sieste.

Je suis désolé...

- S'il te plaît, pardonne-moi. - Je te pardonne, Tony.

Je te pardonne toujours.

Je sais.

Je t'aime.

- Salut Dimitri ! - Bonjour, Mlle Laura.

- Tenez, un chocolat chaud. - Vous êtes trop gentille.

Ça me change, ces tempêtes de neige.

Ce n'est pas San Diego.

- Salut ! - Salut !

Devine ce que j'ai ?

- Quoi ? - Tes plats préférés en miniatures.

- Tu es si attentionné ! - C'est normal !

Je ne vais pas te servir des patates !

"D'abord, on prend un verre. Puis le verre prend un verre.

"Et enfin, le verre nous prend."

F. Scott Fitzgerald.

- "L'addiction au sexe..." - Regarde-moi ça !

"...doit être maîtrisée puis vaincue,

"car elle peut mener à des choses terribles et tout détruire."

Comme toutes les addictions, non, ma chère ?

On le sait tous les deux.

On est abîmés par la vie, nous deux.

Cabossés, blessés, vaincus.

Vaincus, jamais, ma chère !

Jamais vaincus. Il est trop tard pour que je répare mes péchés,

mais toi, tu as la vie devant toi.

C'est une chance.

Je ne sais pas si je serai vivante demain, pas plus que toi.

"C'est le désir de trouver ce que j'aurais pu être...

"qui m'étourdit et me tourmente."

C'est de qui ?

- De qui ? - Britney Spears.

Fernando Pessoa.

Le Livre de l'intranquillité.

- Si tu le lis, prends-le. - Je dévore tout ce que tu m'offres.

Tu es mon seul vrai ami.

- Quoi ? - Tes yeux me rappellent ma fille.

Elle était très belle.

C'est mon plus grand regret...

parmi beaucoup d'autres.

Tu as beaucoup de maquillage sur l'œil droit.

- Je te demande pourquoi ? - Tu viens de le faire.

Sa paranoïa ne fait qu'empirer.

C'est peut-être de ma faute,

parce qu'il n'était pas comme ça quand on s'est mariés.

La vie est difficile pour tout le monde.

Mais c'est inacceptable de te faire du mal.

Ce sont les lâches qui font ce genre de choses.

Je suis plutôt chétif, mais jeune, j'étais assez musclé.

Et j'aurais été du genre à aller faire face à ce salaud.

"Allez, viens", tu vois le genre ?

Bien sûr, ça aurait créé un bazar

encore pire qu'aujourd'hui.

J'aimerais bien voir ça.

- Tu sais... - Tu devais être un vrai tombeur.

Je n'étais pas un cadeau. On ne pouvait pas me faire confiance.

Les hommes comme ça sont ma spécialité, on dirait.

Oui.

Heureusement qu'on s'est rencontrés aux AA.

Tes visites sont ma seule source de joie.

Ma chérie...

Allez.

Tu sais, je suis...

pour être franc, je suis très étonné

que ce vieux Tony me laisse te voir.

Tu connais Tony. Il dit, je cite :

"Richard n'a pas eu d'érection depuis 10 ans,

"et de toute façon il ne saurait pas quoi en faire."

C'est inexact.

Si j'avais une érection, je saurais quoi en faire.

Ah, bordel. C'est bon ?

On arrête de parler de Tony.

- Oui ! - D'accord ?

Je ne veux pas parler de Tony.

On parle de quoi ?

De toi.

Je passe mon tour.

Parlons de toi, ma belle.

Tu connais tout de moi.

Il n'y a rien d'autre. Je te connais depuis deux ans,

et je ne sais rien de toi.

Qui est Richard Evans ?

Comment étaient tes parents ?

Qui t'a appris à cuisiner ? Pourquoi tu vis à Sofia ?

Tu ne sors plus de ce château.

Tu manques à tout le monde, aux Alcooliques anonymes.

- Pourquoi ce mystère ? - Il n'y a pas de mystère, ma chère.

Je suis juste un vieil homme...

qui vendrait son âme au diable pour retrouver ses 40 ans.

Tu étais comment à 40 ans ?

- Tu veux le savoir ? - Oui.

D'accord.

J'étais vaniteux et égoïste...

j'avais de mauvaises fréquentations

et j'essayais de justifier des comportements injustifiables.

Raconte-moi, que je puisse en juger par moi-même.

Écoute, j'ai mérité tout ce qui m'est arrivé

et tout ce qui m'attend.

Voilà.

Sauvés par le gong.

Tu ne vas pas t'en sortir comme ça.

Tu vas me raconter.

Tu vas me raconter ! Je veux des détails !

Pourquoi elle n'est pas prête ?

Je comprends votre frustration. C'est gratuit. C'est pour moi.

- Veuillez... - Pour vous ?

Pour moi. Donnez-moi juste cinq minutes que j'arrange ça là-bas.

Toutes mes excuses.

Prenez donc un café en attendant.

Mon Dieu, Tony !

Je t'aime, ma chérie...

MAISON DE QUARTIER

Je t'en prie, Laura, continue.

Je suis obsédée par l'idée

de tout ce que l'alcool et la drogue m'ont enlevé.

J'ai des regrets constants !

Toutes ces erreurs idiotes !

Un ami m'a dit :

"C'est le désir de trouver ce que j'aurais pu être

"qui m'étourdit et me tourmente."

C'est fou comme on se retrouve vite sur ce chemin,

et comme il est impossible d'en sortir,

et c'est la drogue et la picole qui nous maintiennent là,

dans un brouillard cotonneux...

On ne voit pas à un mètre devant nous.

Je suis sobre depuis 372 jours.

Et le brouillard s'est levé.

Mais je suis toujours sur ce chemin merdique !

Parfois on réalise que le seul moyen de quitter un mauvais chemin

est de prendre le virage soi-même.

Mais c'est difficile de tourner le volant...

quand on n'est pas assis à la place du conducteur.

- Je peux vous aider ? - Je viens pour la réunion des AA.

C'est bien ici.

Asseyez-vous, je vous en prie.

Pour les 12 étapes, l'idée n'est pas la perfection,

- mais le progrès. - Salut.

Pour franchir les premières étapes, vous devez reconnaître,

simplement, que vous avez un problème que vous ne pouvez résoudre.

Car nous, on le peut.

Vous me dites quelque chose. On se connaît ?

Non, je m'en souviendrais.

Peut-être dans une vie antérieure.

Vous croyez à la réincarnation, à toutes ces histoires ?

- Oui. - Oui, moi aussi, bizarrement.

Donc c'était peut-être avant, ailleurs, et ça nous paraît alors familier.

Je m'appelle Sky, au fait.

C'est cool, comme prénom !

Ça vient de Guys and Dolls. Ma mère était folle de Marlon Brando.

Moi, c'est Laura. Je n'ai pas d'anecdote là-dessus.

On pourra en inventer une.

J'ai fait du gyuvech bulgare,

avec de l'agneau. De l'agneau !

Ça sent super bon !

Tu es de bonne humeur, dis-moi.

En fait...

j'ai rencontré quelqu'un d'intéressant.

À la réunion des AA, hier.

On n'a qu'à l'appeler M. Les Yeux Bleus.

Je suis presque sûr que Sinatra est mort.

Il est mieux que Sinatra.

- Personne n'est mieux que Sinatra. - Tu aurais dû le voir.

- Ah ? - Oui.

Il y a quelque chose chez lui qui m'est étrangement familier. Comme...

Peut-être une vie antérieure.

C'est ce qu'il a dit !

Oh, il est fort.

J'ai pensé à quelque chose cette nuit.

Tu devrais appeler ton père.

Faire la paix avec lui.

Il est en prison, tu le sais.

Raison de plus. Je sais ce que c'est, d'être en prison.

Même si c'est une cage dorée qu'on a fabriquée soi-même,

on a besoin d'espoir, et de savoir le pardon possible.

Il y avait des chaises libres dans toute la pièce,

mais il s'est assis à côté de moi. Comme à l'école.

Un bel inconnu s'intéresse à toi.

Ça ne me surprend pas, tu es une belle femme.

Je ne sais pas, il est tellement...

sûr de lui et gentil.

Il me fait penser à toi.

Ou il te rappelle peut-être Tony, plus jeune.

C'est un coup bas.

On connaît tous les deux ton genre d'hommes.

Il en fait peut-être partie.

Alors vas-y doucement.

C'est tout, tu vois ce que je veux dire.

Comment mon mariage est arrivé dans une telle impasse ?

Je ne sais pas.

Tu devrais peut-être arrêter de réfléchir et divorcer.

Je te l'ai dit, on a essayé quand on était aux États-Unis.

Ça s'est mal passé. Il a dit qu'il me tuerait d'abord,

et se mettrait une balle après, donc...

Alors il faut qu'on trouve une autre solution.

Je ne veux pas finir comme dans Midnight Express

et passer le reste de mes jours dans une prison bulgare,

juste parce que j'ai été bête et que je n'ai pas épousé le bon.

Je pourrais trouver des mecs pour lui casser les jambes.

Ça te ferait gagner du temps.

C'est adorable.

Non.

Ça ne ferait que l'énerver.

Non, il faudrait le tuer. Crois-moi, j'y ai réfléchi.

Mais on n'est pas des assassins.

Avant de finir ce repas, tu sais ce qu'on va faire ?

Rester assis en silence, à méditer sur nos regrets.

Non.

Je vais t'apprendre à danser la valse.

Tu connais Johann Strauss Jr. ?

Junior ?

Viens par ici. Tu vois,

les gens pensent que la danse, c'est juste

deux personnes qui remuent l'une en face de l'autre.

Mais je vais t'apprendre une danse, la valse,

où les deux personnes bougent comme une seule.

Regarde mes pieds.

Je vais avancer le pied gauche.

Un, et deux, et trois.

En arrière, un, deux, trois.

Un, deux, trois, en arrière. Un, deux, trois.

Je vais te prendre par la taille,

et tu vas mettre la main sur mon épaule, c'est ça.

Un, deux, trois. Un, deux, trois.

Et voilà ! Tu danses, t'as vu ça ?

Tu es douée ! Bravo !

C'est fabuleux.

Écoute, ma chère...

On n'a le droit qu'à un tour sur ce carrousel,

et Dieu sait qu'il est court.

Ne laisse pas Tony continuer à le gâcher.

Fini les regrets. Dis-le.

"Fini les regrets, Richard."

- Fini les regrets, Richard. - Voilà ! Dansons, maintenant.

Ma puce, tu sais ce que je me disais ?

Tu devrais travailler au magasin.

Je ne connais rien aux voitures.

Je voudrais travailler en librairie.

Mais tu ne connais rien aux livres. Tu lis à peine.

Je pourrais travailler dans un café.

Dans un café ? Tu parles bien bulgare ?

Viens travailler au magasin.

Désolé, ma chérie.

Oh putain, ma chérie, désolé.

Je suis désolé.

Je t'aime tellement que ça me rend dingue.

Je t'aime tellement que ça me fait mal.

Bonjour, je m'appelle Sky.

Et il faut que j'avoue quelque chose...

La dernière fois que je suis venu ici, j'avais bu.

Oui, je suis venu à une réunion des AA un peu éméché.

Mais je veux être sobre, j'essaie de l'être.

Mais bordel, c'est sympa de boire. J'aime bien boire.

Je voyage beaucoup...

pour le travail, et parfois je me sens seul.

Et il y a un bar, et je bois.

Je me dis : "Juste un et je repars dans ma chambre."

Puis c'est un autre, et encore un autre.

Quand j'arrête de boire, ça fait du bien.

Je me sens super bien, mais je ne tiens pas sur la durée.

Ça m'appelle, comme le chant des sirènes.

Et me voilà à nouveau sur les rochers.

Donc à moins de me boucher les oreilles à la cire et de m'attacher au mât,

ce sera toujours une bataille, je m'y suis résigné.

Et je me bats.

Je combats l'envie.

Un jour à la fois.

- Un jour à la fois ! - Un jour à la fois !

Je viens d'une petite ville quelconque près de Londres,

mais je voyage partout dans le monde.

- Vous faites quoi ? - Je suis entrepreneur, je dirais.

- Je marche dans les pas de mon père. - Il est toujours... ?

Non. Il est décédé.

- Désolée. - Ce n'est pas de votre faute.

Et votre famille ?

Ma mère est morte quand j'avais quatorze ans,

et mon père est incarcéré à San Quentin.

- Je suis désolé. - Ne le soyez pas.

Sauf si c'est de votre faute.

Je vais l'appeler. Pour faire amende honorable

avant qu'il ne soit trop tard.

On mérite tous d'être pardonnés.

Il paraît que c'est vrai.

J'imagine que c'est une sacrée histoire qui vous a amenée ici.

- Aux AA ? - En Bulgarie.

Si loin des USA.

Non, c'est navrant. Pas intéressant du tout.

Hé ! On va reprendre.

Merci, Sara !

Vous connaissez Pergamino ?

Ils servent le meilleur café de toute l'Europe de l'Est !

Et si je vous offrais un latte après ?

Je ne devrais pas.

GRAND HOTEL DE SOFIA

Avec Tony, on s'est rencontrés à San Diego. Il était...

Il faisait de la course automobile. Putain, ce qu'il était sexy.

Il m'a mise enceinte, on s'est mariés...

Il m'a tapé dessus, et on a perdu le bébé.

Je crois qu'il ne s'en est jamais remis.

Moi non plus.

Donc on se disputait, puis on baisait.

Puis on buvait jusqu'à l'inconscience,

pour ne plus avoir à regarder l'autre en face.

C'est sans pitié, pour les adultes.

Où que l'on se retrouve,

on s'est mis là tout seul.

Ça me plaît bien.

Et pourquoi la Bulgarie ?

On avait l'argent de ses courses,

mais on s'est tout mis dans le nez, pour ainsi dire,

et il a arrêté la compétition, donc...

On était fauchés, et son meilleur ami était d'ici,

son copilote.

Il nous aidés, il a offert à Tony un boulot à son garage.

Tony, il sait s'y prendre avec les voitures.

Et j'ai cru que les choses s'arrangeraient, ici.

Ces choses-là ne s'arrangent jamais.

Depuis qu'il a quitté les AA, les choses ont empiré.

Il essaie vraiment d'améliorer ça, mais...

je ne suis pas une voiture, il ne peut pas...

aplatir les endroits cabossés et repartir à zéro.

Je connais une femme qui a vécu ça.

Ce que vous avez vécu, ce que vous vivez toujours.

Qu'est-ce qu'il s'est passé ?

Elle a payé un membre d'un gang pour lui rouler dessus en 4x4 volé.

Il est mort ?

C'était un Range Rover à 80 km/h, donc...

Elle a été arrêtée ?

Entre 15 ans et perpétuité.

Il faut bien préparer ces choses-là, il faut savoir...

ce qu'on fait.

Je devrais...

Je crois...

Je vais sans doute juste continuer à cuisiner gras

pour qu'il ait une crise cardiaque, et je serai tranquille.

Ou vous trouverez un moyen d'accélérer le processus.

- Vous dormez où ? - Ici, au Grand Hotel.

Chambre 1216.

- Pour combien de temps ? - Un petit moment.

Je peux vous revoir ? On peut déjeuner, demain ?

Je ne devrais pas. Je ne peux pas. On se verra lundi à la réunion.

Je comprends, à lundi, alors.

Vous êtes très belle, au fait.

Salut !

Pourquoi tu rentres tard ?

Oh, tu sais.

J'ai dû aider à ranger.

Tu sais, cette petite boutique qui fait l'angle ? Regarde.

Ils avaient tes chocolats préférés !

- Merci, ma chérie. - Ils sont bons.

C'est délicieux.

Qu'est-ce qui t'a pris autant de temps ?

Je te l'ai dit, j'ai aidé à ranger.

Certains d'entre nous ont le courage d'aider à ranger, après.

D'accord.

Chéri, si tu veux, je peux te raconter toute ma journée en détail.

Appelle Sara, demande-lui quand je suis partie.

Chéri, ta paranoïa est épuisante.

Tu me rends dingue, putain.

Je suis désolé, je t'aime tellement.

- Bon, je peux faire à manger. - Non, non.

On s'en fout. Allons au restaurant.

Où tu veux.

Je t'aime tellement, bordel.

Tu as une drôle de façon de le montrer.

Oui, mais bon,

tu fais ressortir le pire en moi, aussi.

- Tu peux me rendre un service ? - Quoi ?

Tu peux le dire ?

Tu ne le dis plus, alors tu peux le dire, juste une fois ?

Tu peux dire : "Je t'aime, Tony, je t'aime ?"

Je t'aime, Tony, je t'aime.

Avec des sentiments, je veux dire.

Hé, Tony...

Je t'aime ! Tellement, tu le sais.

Je vais te croire, là. C'était bien.

Merci.

Je peux aller aux toilettes ? Après, on y va.

Bien sûr.

Vas-y.

Hé, Laura...

Je ne veux plus que tu ailles à cette connerie d'AA.

Ni que tu voies ce vieux.

Il a une mauvaise influence.

- D'accord ? - D'accord.

Merci pour les chocolats.

Je passais juste dans le quartier.

Je passais juste... dans le quartier.

- Salut ! - Bonjour.

- Vous alliez frapper ? - Euh, oui, je n'allais pas

frapper sur votre poche de veste.

Entrez.

Je vous sers à boire ?

De l'eau ? J'ai du jus d'orange.

Non. Je passais juste dans le quartier.

Vous faisiez quoi dans le quartier ?

Je marchais, c'est tout...

- Je marchais. - Et...

Vous marchiez vers où ?

J'allais voir un ami.

Et vous avez trouvé votre ami ?

Oui.

Oui, j'ai trouvé mon ami.

Pourquoi êtes-vous venue, vraiment, Laura ?

D'accord, c'est parce que...

Je n'arrêtais pas d'imaginer comment ce serait

d'être avec vous, donc j'ai pensé que si je pouvais juste...

être avec vous, je pourrais arrêter d'y penser.

Ça vous va ?

Vous avez un pistolet !

Pourquoi vous avez un pistolet ?

Vous faites quoi avec ?

- Vous êtes flic ? - Non.

Vous n'êtes pas dans la sécurité, donc...

Non.

Alors pourquoi vous avez un pistolet ?

Vous faites quoi avec votre pistolet ?

Vous posez trop de questions.

Non, tu déconnes. Répète-moi ça.

- D'accord. - Tu es tueur à gages ?

Je te l'ai dit. Qui inventerait un truc pareil ?

- Ils te paient combien ? - Ça dépend des missions.

Je suis un peu perdue, désolée.

Ce n'est pas vraiment pour l'argent.

Les gens que j'aide sont des victimes.

Avec de l'argent, mais des victimes quand même.

Là où la justice est défaillante, je comble le vide.

Je suis un solutionneur de problèmes en freelance.

Donc tu es comme... Batman ?

Non, rien à voir avec Batman.

Tu blesses des gens ?

Tu tues des gens ?

Comment tu sais si les gens qui te paient

te disent la vérité ?

Je travaille en amont.

Je fais des semaines, parfois des mois de recherches,

je monte un dossier, et crois-moi ou pas,

mais parfois je refuse certains boulots.

Je fais ça de manière extrêmement éthique.

Tu es sur une mission ?

- Je ne peux vraiment pas... - Allez !

D'accord, oui.

Un couple d'Européens vivant à Londres.

Leur fille vit ici avec son mari et sa fille.

Continue.

Ils m'ont demandé de m'occuper du mari.

Je ne veux peut-être pas entendre ça.

Tu ne devrais pas m'en parler.

Continue.

Il l'a frappée, a menacé de la tuer,

ils avaient peur qu'il s'en prenne à leur petit-fils

ou qu'il parte avec lui, et ils ont déjà tout essayé.

- C'est pour ça que tu es aux AA ? - Elle est aux AA.

J'ai eu envie d'entendre sa version.

Elle ne sait rien sur moi.

C'est qui ? Allez.

Je ne peux vraiment pas...

- D'accord, c'est Sara. - Quoi ?

- Oui. - Elle m'a dit qu'elle était célibataire.

On n'a pas le droit de mentir aux AA !

- Je lui ai tout raconté. - Écoute, Laura. Tu me plais.

Je ne sais pas pourquoi je te dis tout ça.

Ça ne m'était jamais arrivé. Tu m'intrigues.

D'habitude, je suis très prudent,

je fais rarement confiance, car c'est essentiel pour moi.

Mais tu fais ressortir une partie de moi,

et j'ai envie d'absolument tout te raconter.

Putain, mais qu'est-ce que je raconte ? Je suis ici...

pour bosser, pas pour rencontrer quelqu'un.

Tu ne bois même pas ?

L'alcool n'est pas vraiment mon point faible.

Tu vas lui faire quoi ?

C'est du délire !

Qu'est-ce qui nous a pris...

J'imagine que tes tarifs sont élevés.

Tu travailles parfois gratuitement ?

- Pour aider quelqu'un, par exemple. - Jamais.

- Ça pourrait créer des dérapages. - Vraiment ?

Je pourrais peut-être te faire changer d'avis ?

Tu peux essayer.

Éteins le moteur !

Oui ? Tony à l'appareil.

Allô ?

Ce que je vais vous dire, je vous le dis

parce qu'il m'est arrivé la même merde avec ma femme.

- C'est qui ? - Un ami inquiet, disons.

Je ne sais pas comment vous allez gérer cette information,

mais je suggérerais une thérapie de couple avant de recourir à nouveau à la violence.

Qui est à l'appareil ?

Allô ?

Qu'est-ce que tu fais là si tôt ?

Je t'ai supplié de ne pas le faire, Laura.

Je t'ai supplié, et tu as promis.

De quoi tu parles ?

Comment il s'appelle ?

T'es bourré.

Comment il s'appelle ?

Comment il s'appelle ?

Putain ne me mens pas, je suis au courant.

C'est toi qui me rends comme ça, chérie.

C'est de ta faute !

Mais putain... arrête.

Arrête.

Arrête, s'il te plaît.

C'est toi qui me rends comme ça !

Pourquoi tu me fais ça ? Pourquoi ?

J'ai lu un passage d'un livre qu'un bon ami m'avait offert.

"Long et difficile est le chemin qui mène de l'enfer à la lumière."

Grand Hotel de Sofia.

La chambre 1216, s'il vous plaît.

- Allô ? - Salut, Sky...

La vie est courte, tu sais.

Ma vie est un putain de désastre depuis longtemps.

Je ne peux plus vivre comme ça.

Je ne te demande pas d'appuyer sur la gâchette...

Je te demande juste de me montrer comment charger le pistolet et le pointer.

Fini les regrets.

Il faudrait que ça ait l'air d'un suicide.

Il te faut juste une ceinture, une poignée de porte ou un cadre de lit,

un endroit solide où la nouer.

C'est comme ça qu'on se pend aujourd'hui, du moins en prison.

On a un cadre de lit en métal.

Parfait.

- Il a une assurance vie ? - Tony ?

- Pas du tout. - Bien.

Sa mort ne t'apportera rien.

La paix, peut-être. Mais pas d'argent.

Voilà 10 mg de Digoxine.

Une fois ingéré, ça assomme quelqu'un en une demi-heure.

Comme s'il avait trop bu.

Donc tu te balades toujours avec un peu de Digoxine sur toi ?

Ça peut servir, dans mon travail.

Comment je lui fais avaler ça ?

Tu peux la mettre sur sa brosse à dents, comme tu veux.

Chérie ?

Elles sont où, mes bottes marron, putain ?

Dans le placard.

Elles étaient dans le placard, désolé.

- C'est quoi, le petit-déj’ ? - Bacon, œufs et pommes de terre.

- Croustillantes, comme tu les aimes. - Oh, j'adore.

Une fois qu'il l'a avalée, tu trouves une excuse et tu sors.

Je vais faire des courses,

acheter des steaks pour ce soir.

Tu veux quelque chose ?

On a du Smecta ?

Non. Je vais en prendre.

Merci.

À plus, ma puce.

- Bonjour ! - Bonjour.

Tu vas faire des courses, là où tu peux être vue.

Bonjour, vous avez du romarin ?

Oui, je pense. Je vais regarder.

Fais un petit truc pour te faire remarquer.

Un achat, par exemple. Garde le reçu.

- Vous voulez autre chose ? - Non. Je peux avoir un reçu ?

Puis tu attends 30 minutes et tu rentres chez toi.

Crois-moi, il sera comme de la pâte à modeler.

Putain de merde !

Et tu fais ce qu'il y a à faire.

- Et après ? - Tu attends deux ou trois jours.

Tu sors de cette spirale infernale et tu viens me voir.

Ça va te faciliter les choses.

- New York ? - Chez toi.

- J'ai peur. - Hé.

- Et si... ? - Non, non. Ça va aller.

Tu as de la chance d'avoir cette occasion.

Parfois, on n'a pas le choix,

on doit se faire justice soi-même.

Tony ?

Mon Dieu, pardonne-moi !

C'est ton tableau préféré.

Ça nous représente tous.

On est tous submergés par d'énormes vagues de regrets et de problèmes

et on doit tenir le coup, sur une petite barque

à travers tout ça.

C'est juste une copie.

Je t'aurais bien volé l'original,

mais il y avait de la sécurité au musée.

- Tu vas beaucoup me manquer. - Oui.

Ne nous disons pas au revoir, disons plutôt...

À plus.

Ça m'a choqué, pour ton mari.

Je ne pensais pas que Tony était du genre à se suicider.

On ne sait jamais de quoi les gens sont capables.

Pour qui je vais cuisiner, maintenant ?

"Il n'y a pas d'ami comme un vieil ami qui a partagé nos jeunes années.

"Aucun salut n'égale son accueil,

"aucun hommage n'égale ses louanges."

Oliver Wendell Holmes.

- Je t'ai appris des choses. - Oui.

Maintenant, je dois te laisser partir.

Je demande seulement... un dernier pas de danse.

Excusez-moi.

- Allô ? - Bonjour, monsieur. Je m'appelle Laura.

Seriez-vous intéressé par la promesse absolue du salut ?

Rien ne me ferait plus plaisir, Laura.

Je savais que tu te sortirais de ce pétrin.

Espérons que je ne me mets pas dans un nouveau pétrin.

Je ne naviguerai plus avec lui. On a jeté l'ancre en pleine nuit.

On a fini... Tiens. Un verre ?

- Voilà, beauté. - Merci !

Oh, c'est pas vrai ! Salut !

Ça fait plaisir !

Les choses changent. Parfois, en un clin d'œil.

On s'amuse bien ?

Pour moi, c'était un conte de fées.

Ravie de t'avoir rencontrée, Laura !

C'était tellement électrisant et irréel

que ma vie avec Tony paraissait ne jamais avoir existé.

Pour la première fois depuis des années, je ne ressentais ni peur, ni amertume,

ni haine, ni angoisse.

J'avais oublié ce que c'était que de se sentir heureuse.

Un shot. Une balle.

- Tequila. - Tequila.

Alien vs. Predator. Oui !

Fais attention !

T'en as déjà utilisé un ?

Oui...

Mon père m'emmenait à la chasse quand j'étais petite.

Je détestais ça.

Je les préfère non chargés.

Sans balles, c'est juste un bout de métal.

Tu me demandes d'être la Robin de ton Batman ?

Tu veux être la Robin ?

De mon Batman ?

Quoi ? Oui, mais non.

Parfois, on n'a pas le choix.

- Parfois, on doit... - On doit se faire justice

soi-même. Oui, je connais le mantra.

Attends de lire les dossiers sur ces ordures.

Tu as des dossiers ?

Oh, oui.

MEURTRE, COUPS ET BLESSURES TRAITE, VIOL

Tu serais étonnée de voir comme ça devient simple

quand on découvre à qui on a affaire.

Putain, tu m'as parlé ?

Bouge de cette voiture, putain !

- Bouge de cette voiture ! - Me touche pas !

- Tu crois t'en tirer comme ça ? - Me touche pas !

Tu crois que tu peux me répondre ?

Ferme ta gueule !

D'accord, j'en ai vu assez.

Ici, c'est la sœur de la femme qui a demandé de l'aide à Sky.

Je ne pensais pas qu'il y avait pire que Tony,

mais ce type battait sa femme devant sa fille.

Et comment savoir s'il n'allait pas

se mettre à battre sa fille devant sa femme.

Tu n'aurais pas une cigarette ?

- Je t'offre quoi d'autre, chérie ? - Tu as quoi d'autre ?

- Tout. - Salut, Jerry.

Oh, putain !

COUPS ET BLESSURES

A CAUSÉ CHAOS ET DÉSORDRE

ARRÊTÉ POUR MEURTRE

Tu sais, en fait...

tout à coup, j'ai des doutes.

Au risque de me répéter,

tu as lu le dossier toi-même.

Tu as vu que ce mec était une merde.

Je sais ! Oui, c'est un connard.

- Il mérite ce qui va lui arriver. - Et tu n'appuies pas sur la gâchette.

Tu es l'appât.

Tu mets l'hameçon près de la bouche,

et je le pêche. C'est le plan.

Tu vas au bar, tu lui offres un verre !

Je sais, d'accord ?

Je connais le plan, on a étudié le plan.

- C'est un très bon plan ! - Merci.

- Tu es très méticuleux. - Je suis fier de mon professionnalisme.

À moins que, bien sûr,

tu ne commences à remettre en question ce que je fais.

- Tu tues des gens. - Non, je tue des cafards.

- Je tue de la putain de vermine. - Oui, j'ai saisi.

Je ne te demande pas d'arrêter, mais j'ai des doutes.

Tu serais où si on ne s'était pas rencontrés ?

Tu sais que je veux t'aider.

Mais...

J'ai besoin de savoir que tu es avec moi.

Qu'on est partenaires.

Je t'ai tout raconté sur moi. J'ai pris un risque.

Maintenant, c'est ton tour.

Il ne t'arrivera rien, jamais, j'y veillerai.

- Tu me fais confiance, non ? - Tu sais que oui.

Bien.

Alors, on y va.

- Bonjour ! - Salut.

- Je vous offre un verre ? - D'accord.

- Kirk. - Lisa.

La-la-Lisa.

Vous êtes drôle.

Comment un homme pourrait quitter une femme aussi belle ?

Franchement, j'ai été choquée !

Mais bon, il m'a rendu service. Maintenant, je peux faire

ce que je veux, avec qui je veux.

- Faire ce que vous voulez ? - Si vous voulez une démonstration,

ce n'est pas l'endroit pour ça, ici.

On peut toujours continuer chez moi.

Je ne serais pas à l'aise, chez vous.

Mais j'ai rendez-vous avec une amie

à 21 h pour boire un verre,

et je serai chez moi à 23 h.

À plus tard.

Je pense qu'il ne va pas venir.

Oh si, il viendra.

Pourquoi ici ?

C'est vieux et triste.

Personne ne pose de questions dans ce quartier.

Je peux imaginer pourquoi.

Encore heureux !

C'est de la folie ! Je dois être folle.

Tue-le à la porte d'entrée !

Non, il faut que ce soit à l'intérieur.

- Je te l'ai dit. - Oui.

Quand il arrive, tu ouvres la porte, tu le fais entrer.

- J'ouvre la porte, oui. - Tu parles un peu,

puis tu lui dis de faire comme chez lui,

et tu vas à la salle de bain.

Merde !

Tu vas y arriver.

Merde !

Je vais y arriver.

- Qui est là ? - Un vieil ami.

C'est pour vous, Laney.

- Lisa. - Ce n'est pas ce que j'ai dit ?

- Non, mais entrez, Keith. - C'est Kirk.

- Ce n'est pas ce que j'ai dit ? - Bien joué.

J'imaginais votre appartement mieux que ça.

J'ai failli ne pas entrer en voyant la façade de ce taudis.

Malheureusement, les temps ont été durs.

J'essaie d'économiser pour trouver mieux.

Si tout se passe comme prévu ce soir,

on peut essayer de vous trouver mieux que ça.

Vous êtes gentil.

Faites donc comme chez vous.

Et je vais passer au petit coin.

Pour me rafraîchir un peu.

- Je ne bouge pas, ma belle. - J'espère que non !

Vous êtes bientôt prête ?

Une minute !

- Je peux vous donner un coup de main. - Ça va.

Vous vivez ici depuis longtemps ?

Non, non !

N'aie pas l'air aussi surpris, connard.

Tu as été super, mon amour.

Je suis fier de toi.

Pardonnez-moi, mon Père, car j'ai péché.

Ça fait de nombreuses années que je ne me suis pas confessée.

Continuez.

Je suis coupable d'un paquet de péchés mineurs, comme...

jurer et profaner le nom du Seigneur,

vivre dans le péché avec un amant.

- Des choses comme ça. - Je vois.

Mais il me semble qu'autre chose vous trouble.

Oui, je ne sais pas comment vous dire ça, mon Père.

Est-ce un péché de tuer des insectes ?

C'est une question difficile.

D'un côté, ce sont des créatures de Dieu...

mais c'est souvent inévitable.

Vous parlez de quel genre d'insectes ?

Mon compagnon, celui avec lequel je vis dans le péché,

travaille dans le domaine de l'extermination,

et je l'aide un peu.

Vous parlez des cafards, des fourmis, des termites, ce genre de choses.

Oui.

Le genre petit et misérable.

Les insectes nuisibles qui transmettent des maladies.

L'église a eu des termites la saison dernière,

et on a fait appel à un exterminateur.

Je pense que Dieu fermerait les yeux là-dessus,

tant qu'il s'agit de l'intérêt général.

Je ne pense pas que débarrasser le monde de ses parasites est un péché.

Merci, mon Père.

Mais vous devez choisir une date pour le mariage.

Essayez de ne pas invoquer le nom du Seigneur en vain.

Pour votre pénitence, récitez six "Je vous salue Marie"...

et que Dieu soit avec vous.

C'était comment, la confession ? Tu te sens mieux ?

Je me sens bien.

C'était paisible, en fait. C'est bizarre.

On est des solutionneurs de problèmes.

Des solutionneurs assassins.

Oui, mais si la justice faisait son boulot,

personne n'aurait besoin de nos services, si ?

Monsieur, vous êtes un sacré numéro.

Un spécimen unique en son genre,

supérieur aux simples mortels.

Non ! Je suis tombé amoureux d'une oratrice de conférence !

Plus on le faisait, plus c'était facile.

Tout va bien ?

Vous vous y connaissez, en voitures ?

Je crois que mes câbles de démarrage sont tombés là-dedans.

Attendez ici, je vais mettre la musique plus fort.

J'avais l'impression d'accomplir quelque chose.

Comme si ma vie avait enfin un sens.

Et j'étais fière de ce qu'on faisait.

On apportait une justice en punissant ceux qui y avait échappé,

leur mort apportant la libération à ceux qui la méritaient vraiment.

Sky était perfectionniste.

Il pouvait faire ça indéfiniment sans se faire attraper.

Je ne l'ai pas tué ! Je ne pourrais pas faire ça !

Bien sûr que tu l'as tué.

MEMBRE D'UN GANG

TRAFIC DE DROGUE

Vous êtes trop drôle ! On vous le dit souvent ?

- Sky ! - Mike.

- Qu'est-ce que tu fous là ? - Je bosse.

- Je te croyais toujours à Sydney. - J'élargis mes horizons.

Il paraît que tu travailles beaucoup par ici.

Faire équipe avec une jolie demoiselle ? Pas ton style.

Peut-être que je suis amoureux.

C'est dangereux, et débile.

Écoute, Jimmy se pose des questions sur ce boulot.

Ah, formidable. Tu n'es pas du tout là pour un boulot.

Il est un peu stressé, c'est tout.

Alors dis-lui de se détendre, putain. J'ai déjà échoué ?

Ils ont payé comptant, et ce vieux schnock est un monstre qui mérite de mourir.

Mike, fais-moi plaisir.

Casse-toi, laisse-moi tranquille.

Allez, mec. Laisse-moi t'offrir un verre.

Comme au bon vieux temps.

Un seul verre.

Ton sens de l'humour à la con, ça, ça ne me manque pas.

Je suis beaucoup plus propre et efficace sans toi.

- Je t'emmerde ! - Gros naze !

Bordel de merde ! Tu paies les verres.

Attention !

Vous faites quoi, là-dedans ?

Je commence à me sentir très seul !

Encore juste une seconde !

C'est pas un de ces problèmes de filles, si ?

Waouh, quel cow-boy !

On pourrait y aller doucement, d'accord ?

Vous êtes tellement belle !

Ne soyez pas timide avec moi, chérie.

J'aimerais bien quelques préliminaires

avant de s'y mettre.

J'ai arrêté ces conneries au lycée. Venez.

Lâchez-moi !

Vous me faites mal !

Vous m'avez invité ici pour baiser, alors on va baiser.

Vous allez le regretter.

Mon Dieu !

Mais qu'est-ce qu'on fout ?

- Qu’est-ce qu'on fout ? - Ça va.

Pourquoi t'étais pas là ?

- T'étais où ? - J'étais coincé au bar.

J'ai essayé de gagner du temps, je suis restée ici longtemps.

Je sais, je ne t'ai pas vue partir. Tu es rentrée trop tôt.

Ça n'arrivera pas la prochaine fois.

- Il n'y aura pas de prochaine fois. - Je suis vraiment désolé.

Je t'aime, Laura.

S'il te plaît, pardonne-moi. S'il te plaît.

Tu as été super.

Je sais que ça a été dur et j'en suis désolé.

Mais c'est la dernière fois, après on arrête.

Autant arrêter maintenant. Pourquoi prendre le risque ?

J'aimerais, mais je ne peux pas.

J'ai déjà accepté l'argent.

Si je me retire, ils vont en engager un autre. S'il foire...

ce sera à moi de m'en occuper, donc je préfère être prévoyant.

C'est qui ?

C'est une putain de crevure qui a un casier depuis des décennies.

Escroquerie, agressions. Il a échappé à une inculpation pour meurtre en 85.

Incarcéré pour pédopornographie. Parfait pour finir en beauté, crois-moi.

- On restera à New York, après ? - On peut.

Ou on peut recommencer à zéro ailleurs,

dans un endroit beau et tranquille.

J'ai toujours eu envie d'aller aux Maldives.

Alors, c'est parti pour les Maldives.

- Tu as vu mon livre ? - Sur le bureau, je crois.

Tes yeux me rappellent ma fille.

C'est la dernière mission ?

- Oui. - C'est pas possible.

- Je connais cet homme. - Vraiment ?

C'est pas possible. C'est pas... C'est un ami.

On s'est rencontrés aux AA avec Tony.

- Lui, Richard Evans ? - Oui !

Quelqu'un t'a donné de fausses informations.

- Ça doit être une blague. - J'ai bien peur que non.

Lis le dossier.

J'ai trouvé

au moins 37 meurtres dont il est directement responsable...

- C'est faux ! - ...trafic de drogue, d'êtres humains...

- Impossible ! - ...prostitution enfantine...

Je le connais ! Je ne te crois pas !

Je dois te demander si tu le connais vraiment.

Est-ce que vous avez parlé

de son travail, de la façon dont il a gagné sa vie ?

Je te connais depuis deux ans, et je ne sais rien de toi.

Je lui ai demandé...

Il n'a jamais répondu, il ne m'a rien dit.

- Il ne m'a jamais rien dit. - Comment peut-il dormir la nuit ?

Il a un garde du corps 24h/24. Qui a ça ?

Quelqu'un qui sait qu'il va se faire attraper.

Il est parano. C'est la réalité, on ne peut pas l'édulcorer.

Mais... Pourquoi il fait ça, pourquoi...

Mais on se sait jamais vraiment de quoi les gens sont capables.

Ne culpabilise pas.

Ce n'est pas de ta faute.

Je suis désolé.

Qui est Richard Evans ? Pourquoi ce mystère ?

J'étais vaniteux et égoïste,

j'avais de mauvaises fréquentations...

et j'essayais de justifier des comportements injustifiables.

J'ai mérité tout ce qui m'est arrivé

et tout ce qui m'attend.

- Je viens avec toi. - Non, pas question.

Tu as dit qu'il était dur à avoir.

- Et il me fait confiance. - Non, c'est trop personnel.

- Tu ne peux pas. - Si, j'insiste.

Je peux l'appeler, lui dire que j'arrive en ville,

que j'ai envie de le voir. On arrange une rencontre.

Je le fais venir dans une chambre d'hôtel et toi...

Tu ferais ça ?

Toujours pas de réponse.

- Il a peut-être changé de numéro. - Ou il est loin du téléphone.

- Allô ? Allô ? - Salut ! Devine qui c'est ?

Oh, enfin !

Tu étais où ? Pourquoi tu ne m'as pas appelé ?

C'est une longue histoire.

Ça va ? Tout va bien ?

Oui, très bien !

- Ça fait plaisir t'entendre ta voix. - Oui.

Tu devais me donner des nouvelles, j'étais très inquiet.

J'ai appelé ton portable, il est coupé.

- Qu'est-ce qui se passe ? - J'ai un nouveau numéro.

Nouveau départ, tu vois ?

Donc tu es où ? Tu vis où ?

Je suis à Manhattan, à New York !

Et je vais passer à Sofia dans deux jours.

Ce serait génial de te voir, de déjeuner ensemble.

Oui, bien sûr.

Ce serait formidable de te voir.

On a tellement à se dire.

Je sais que tu n'aimes pas sortir, mais...

On peut se retrouver au Blue Moon ? C'est une grande occasion.

Ce serait super de se retrouver là où on s'est rencontrés.

Il y a du monde, là-bas.

Oui, je serai à l'aise là-bas, d'accord.

- On dit 13 h ? - Super, parfait.

On se voit dans deux jours.

Mon cœur frétille.

J'ai réservé une chambre dans un petit hôtel

pour que tu y invites Richard.

Il est dans une petite rue isolée,

au 117 boulevard Stambolijski, chambre 210.

Ils ont le wi-fi gratuit et un fourneau au sous-sol ?

Tu penses pouvoir le faire venir à l'hôtel ?

Oui, il voudra passer du temps avec moi.

Ça va, toi ?

Je me sens horriblement mal.

Tu n'avais pas à faire ça.

J'ai lu le dossier.

Et ce sera bientôt terminé.

On pourra disparaître comme des fantômes.

Tu es magnifique !

On dirait quelqu'un d'autre.

J'ai déjà passé commande.

Tout ce que j'aime.

Je veux tout savoir.

Qu'est-ce que tu deviens ?

Je veux que tu m'écoutes attentivement

en faisant semblant qu'on parle de tout et de rien.

Je ne suis pas sûr que ça me plaise.

Moi non plus.

Pour quelle raison on pourrait vouloir te tuer ?

Je pense que je vais partir.

Je risque tout pour être ici avec toi.

Donc tu dois me dire la vérité, ne me mens pas.

Pourquoi pourrait-on vouloir ta mort ?

La réunion des AA.

M. Les Yeux Bleus. C'est ça, Laura ?

Tu réalises ce que tu as fait ?

Tu nous as apporté la mort, à nous deux.

Dis-moi la vérité, Richard.

Qui es-tu ? Quelle est ton historie ?

Oui, c'est vrai que tu mérites au moins ça.

Je travaille avec une équipe.

Depuis les années 70.

- Une équipe ? - La mafia.

Ce qu'il en restait.

À New York, en Sicile...

à Londres.

Mon supérieur s'appelait Frank Boterro.

J'étais cupide et écervelé,

et j'ai aidé des hommes affreux à couvrir des choses terribles.

Et mes péchés m'ont coûté très cher.

Continue.

Ma femme m'a quitté,

et puis ma fille, comme tu le sais,

s'est suicidée, ce terrible matin d'octobre.

Et ça m'a brisé,

ça m'a détruit.

Donc il fallait que j'en sorte, et j'en suis sorti, il y a longtemps.

J'ai essayé de vivre une vie normale, mais Interpol est venu sonner chez moi.

Ils ont menacé de me faire tomber pour racket et drogue,

blanchiment d'argent et corruption,

si je ne les aidais pas à faire tomber Frankie.

Donc... j'ai tout raconté.

Pour faire court,

la procédure contre Frank a été abandonnée soudainement,

mon programme de protection des témoins s'est envolé,

et ils m'ont planté là, un mouton près pour l'abattoir.

Donc je me suis enfui,

et j'ai fini par me retrouver ici.

Un de mes grands-parents a une sœur ici.

- C'est la vérité ? - Oui.

Toute la triste vérité.

Ce sont des gens extrêmement dangereux.

As-tu tué quelqu'un en 1985 ?

Es-tu impliqué dans la pédopornographie ?

C'est ce qu'il t'a dit ?

Il a toujours un dossier.

J'étais un comptable très bien payé.

Je magouillais au niveau légal pour des bandits.

C'est tout ce que je faisais.

Tu peux me croire ou non.

Mais je suis vraiment désolé.

Tout est de ma faute. Ils se sont servis de toi pour m'avoir.

Où que l'on se retrouve, on s'est mis là tout seul.

J'en ai marre de vivre comme ça.

Toujours dans la peur,

et je suis simplement épuisé, putain.

Moi aussi.

Bon, si je dois mourir,

je serais très heureux de mourir en ta compagnie.

Tu as toujours ce bureau au-dessus de la galerie ?

Oui, le même. Au cinquième étage.

Quand tu partiras d'ici,

va acheter deux billets pour l'étranger. N'importe où.

La Thaïlande, les Philippines. Un endroit où on peut se perdre.

Je te retrouve à la galerie demain matin, à 10 h.

On va s'en sortir ensemble.

Tu ne m'avais pas dit à quel point tu étais impliquée là-dedans.

Jusqu'au cou.

"La vie est une ruelle sombre.

"On se sait jamais quel danger nous attend au coin."

M. Miyagi ?

Richard Evans.

Embrasse-moi sur la joue et va-t'en.

À demain.

Je me suis permis.

- Tu es sûre qu'il n'a rien deviné ? - 100 % sûre.

Il s'est excusé, il avait une réunion.

On petit-déjeune ensemble demain.

Je suis surpris qu'il ne veuille pas te voir chez lui.

Il a dit qu'il avait fait ses cartons

et qu'il quittait Sofia pour de bon.

- Tu as une idée de sa destination ? - J'ai essayé.

On a failli le rater.

Bien, on va réserver une voiture pour que tu ailles au petit-déjeuner,

puis ce sera un de plus,

et on partira ensemble vers de nouvelles aventures.

- Je t'aime. - Je t'aime.

Bonjour ! Je suis là, donc...

On va à la galerie près de la cathédrale.

Votre mari a dit que vous alliez petit-déjeuner.

- Changement de programme. - Bien.

C'est pas vrai !

- Vous pouvez les contourner ? - Non, il n'y a pas de place.

Bon, je vais marcher.

Donc tu te balades toujours avec un peu de Digoxine sur toi ?

Comment je lui fais avaler ça ?

Tu peux la mettre sur sa brosse à dents.

Oui, c'est Sky. Où est Laura ?

Comment ça, elle est partie ?

Où exactement est-elle sortie de la voiture ?

Allez.

Richard ?

- Dieu merci ! - Laura !

Tu as réussi, c'est merveilleux !

Je te promets que ça va être super, chérie.

Une fois qu'on sera là-bas, je m'occuperai de tout.

Tu auras tout le temps du monde.

Tu n'auras plus à t'inquiéter de rien.

Salut ! Ça va, vous ?

Sky ?

Je suis vraiment content de vous voir avant votre départ.

Peux-tu baisser ton arme ?

Je suis plus en forme que ton mari.

Tu aurais dû prendre ça en compte.

Mais je suis fier de toi...

J'ai été un bon prof.

- Je vais chercher... - Ta gueule !

Allons ailleurs, on aura plus d'intimité, allez.

Pas pour moi, pour elle.

Laissez-la partir, et je vous revaudrai ça.

Fais ce qu'il dit.

- On peut régler ça. - Entrez là-dedans.

- Là-dedans. - Mais écoute !

Franchement !

- Va sur le canapé, toi ! - Non !

À genoux, face à moi.

Ne faites pas ça. Pas devant elle.

À genoux.

Sky, laisse-le partir !

S'il te plaît. Pour moi. Allez.

Si ce n'est pas moi, ce sera quelqu'un d'autre.

S'il te plaît, pose ton arme.

Avant, je ne faisais pas autant d'erreurs.

Tomber amoureux, c'est dangereux.

Je deviens négligent.

S'il te plaît, pose ton arme.

Je t'ai dit ce que je faisais quand on s'est rencontrés.

Je tue les monstres, les ordures, je rends le monde meilleur.

Ce n'est pas un monstre ! C'est un comptable !

C'est des conneries !

Non, Richard est exactement ce que je t'ai dit.

C'est un malade, un taré. Comme tous les autres.

Il t'a dit combien de gens il a tué ?

- Je n'ai tué personne. - Ta gueule !

- Fermez-la ! - C'est vous, le tueur.

Donc, j'ai...

deux billets d'avion dans la poche, l'un d'eux est à ton nom.

Et quand c'est fini, on s'en va.

On ne reviendra jamais, je te l'ai dit.

- Tourne-toi. - Non.

Il ne faut pas que tu voies ça, tourne-toi.

Recule ! Ne bouge pas, Richard.

Pas un seul muscle !

- Tu fais quoi ? - Laura, donne-le-moi.

Ne le lui donne pas. Il va nous tuer tous les deux. Il n'a pas le choix !

Le dossier dit vrai, Laura.

Tout est vrai. Je te le jure, c'est une raclure.

Moi ? Et vous, alors ?

Tu sais que je t'aime. Je ne te ferais jamais de mal.

Tu sais que c'est un prédateur.

- Tire ! Tue-le ! - Ferme-la !

Fermez vos gueules, tous les deux !

Regardez-nous.

C'est quoi, ça ?

Pourquoi tous les hommes que j'aime

sont fous à lier, putain ?

Vous savez pourquoi ?

Parce que je suis folle à lier !

Vous savez ce que je devrais faire ?

Vous tuer tous les deux.

Puis mettre ce truc dans ma bouche et tirer.

- Non, Laura, - Et tout ça sera fini.

Ça réglera tous nos malheurs, putain.

Plus rien à foutre

- de qui ment ou pas. - Crois-moi, Laura.

- C'est lui, le monstre ! - Toutes ces horribles conneries.

- Richard, non ! - Fais-moi confiance, Laura !

- Non ! - Il va nous tuer !

Oh, merci mon Dieu !

Richard !

On ne s'est pas rencontrés aux AA par hasard, si ?

Tu n'étais pas là pour Sara, mais pour moi !

Tu savais que j'étais proche de Richard,

et tu avais besoin de moi pour l'approcher !

Tu avais besoin de l'éloigner de sa maison sécurisée.

Laura, baisse le pistolet.

Arrête.

Tu m'as observée.

Et je me suis confiée à toi.

Je connais une femme qui a vécu ça,

ce que vous avez vécu.

Elle a engagé un mec de gang avec une voiture.

Tu es vraiment méticuleux ! C'est ce que tu m'as appris, non ?

- Et tu n'as plus besoin de moi. - C'est faux.

Je t'aime, j'ai besoin de toi.

C'est toi qui as appelé Tony.

Oui ? Tony à l'appareil.

Ce que je vais vous dire, je vous le dis parce qu'il m'est arrivé

la même merde avec ma femme.

Tu l'as appelé car tu savais ce que Tony allait me faire,

et tu savais que je viendrais te demander de l'aide.

Tu perds la tête.

Regarde-toi, tu es libre !

"Échappe-toi de cette spirale infernale et viens me voir..."

Tu savais exactement ce que j'allais faire.

Tu me crois aussi intelligent que ça ?

- Oui. - New York, tout ce temps,

juste pour que je te ramène à Sofia pour cette mission ?

- Arrête ! - C'est vrai !

- Je t'ai dit de ne pas venir. - Oui, mais tu m'as laissée venir.

- Tu as insisté ! - Tu as mis le dossier sur le bureau,

en évidence !

Tout ça est très embrouillé. Allez, Laura.

Donne-moi le pistolet, et on se tire. Quelqu'un a appelé la police.

Qui étaient les gens qu'on a tués ?

Exactement ceux que je t'ai décrits !

Je suis tombé amoureux de toi, c'est vrai.

Je t'aime, et maintenant...

- Faisons-nous confiance. - Montre les billets !

Pour les Maldives !

- Donne le pistolet. - Tu m'as dit qu'on allait repartir

à zéro ensemble, alors montre les billets.

Si tu me fais confiance, c'est tout...

Richard !

Regarde...

Ton visage...

Mon chéri...

Oh, Sky !

La capacité qu'à l'esprit humain de tout rationaliser

est ce qui nous rend dangereux.

Je m'étais convaincue qu'on tuait des insectes

et qu'on sauvait des âmes. J'y suis allée à fond,

sans avoir besoin d'y être poussée.

Ça montre une faiblesse de caractère, je l'admets.

"Long et difficile est le chemin qui mène de l'enfer à la lumière."

Je ne sais plus de qui c'est.

Peut-être de Milton ? Ou de Krusty le Clown ?

Peu importe.

La vraie question est de savoir si les cafards comme moi

méritent de sortir des ténèbres pour aller vers la lumière.

J'espère que oui.

Sous-titres : Bleuenn Coateval

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