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Hop !
Hop !
Hop !
Hop !
Hop !
Bien !
Hop !
Hop !
Hop !
Respire bien, décontracte-toi.
Les genoux comme ceci.
Tu respires bien, décontractée.
Bien pliés, ici, comme moi.
Et hop, tu plonges.
Allez, Charlotte, te dégonfle pas !
Assez, Chevalier !
Bon, tu plonges ou je viens te chercher ?
Mais plie, plie les genoux !
Je compte jusqu'à trois. Un...
Deux...
Doucement, ne t'énerve pas. Respire.
Donne-moi la main !
- Hop, allez ! - Aïe !
- Qu'est-ce qu'on s'est fait ? - C'est un bobo de rien du tout.
Les enfants !
On se tait !
On se tait !
On continue. Tu avances, tu te mets en position.
Allez, hop !
Allons-y. Hop !
Allez, hop !
Hop !
On recommence une dernière fois.
Vous allongez plus vos bras.
- Qu'est-ce qui ne va pas ? - Tu t'es fait mal ?
C'est rien, c'est pas grave.
Je t'ai pas entraînée au tennis l'an dernier ?
Si.
C'est comment, ton nom ?
Castang.
Charlotte Castang.
Tu étais bonne, je crois.
Pourquoi tu viens plus ?
Tu es membre d'un club ?
Non.
Je suis membre de rien, cette année.
Je sais pas, ça me dit rien. Peut-être pas envie de voir les autres.
Tu pars pas en vacances ?
Si.
Le mois prochain, dans le Doubs.
Avec mon père.
Ta mère a pas droit à des vacances ?
Elle est morte.
Oh, mais c'est rien.
C'est pas grave.
C'était il y a longtemps, quand je suis née.
Change le pansement deux fois par jour.
Et alors ?
Tu veux rentrer ?
J'ai sport.
Tu es en quelle classe ?
- 5e B. - Allez, viens.
- C'est qui, ton prof de gym ? - M. Gazier.
Je lui expliquerai.
C'est le dernier jour avant les vacances.
T'as foutu quoi de ma raquette ?
Tu veux quoi ?
- Récupérer ma raquette. - T'en as foutu quoi ?
- Elle est à l'école. - Je la ramène demain.
- T'es chiante. - L'oublie pas, je pars dans 3 jours.
C'est quoi ? Tes œuvres complètes ?
Laisse ça.
- C'est ta pièce de théâtre ! - Oui, touche pas à ça.
Il y a le commandant Cousteau dedans ?
- C'est quoi, ces conneries ? - Qu'est-ce que ça te fout ?
- Une pièce avec le commandant Cousteau. - Il meurt frigorifié dans un iceberg.
Pourquoi tu dors l'après-midi ?
J'avais chaud.
T'as entendu parler de Clara Baumann ?
Non.
C'est une pianiste célèbre de mon âge.
- Ah bon. "Formidouble". - Oublie pas ma raquette.
Encore un jour.
- Un jour de quoi ? - Finis tes phrases !
- Un jour d'école. - C'est vite passé.
C'est pas toi qui y vas !
Ils ont pas dit qu'ils feraient une fête ?
C'est toujours raté.
T'as vu ce qu'elle écrit, cette vache ?
"Interventions orales déconcertantes."
Arrête de gigoter.
"Voire insaisissables ou dépourvues d'intérêt.
"Charlotte devrait modérer son comportement fantasque."
Elle est complètement défoncée, cette pauvre femme !
Rien à cirer !
Si tu bouges, j'y arriverai pas.
- T'es sûre, c'est comme ça ? - Qu'est-ce que t'as ?
T'as avalé des puces ?
C'est la croissance.
Elle a pris 9 centimètres en 10 mois, tu te rends compte ?
Si tu continues, à 18 ans, tu mesureras exactement...
2,25 mètres.
Tu sais ce que c'est, une fille de 2,25 mètres ?
Un phénomène de cirque. Tu seras un phénomène de cirque.
Pauvre type, va, je te plains !
Je mange pas, moi ?
T'as quoi sur la tête ? Une crotte de chien ?
Une natte !
Quand vous aurez fini, vous m'en ferez une aussi.
C'est pas comme ça !
Tu me dis que tu sais et tu sais pas ! C'est pas comme ça !
On peut rien demander à personne,
rien avoir de bien,
rien avoir de beau ! Comment vous pouvez vivre ici ?
Tout est moche, tout est petit !
C'est petit, c'est moche et c'est tout ! Salut !
T'as pas fini d'embêter ta sœur, Jacky ?
Oublie pas d'éteindre.
Parce que c'est moi qui douille et ça fait mal.
Bonne nuit, petit.
Bonne nuit, Léone.
Bon...
- Qu'est-ce que tu fais là ? - Je couche chez toi.
Ta mère est de garde ?
- Oui, exactement. - Elle est partie en trombe.
J'ai pris tous mes médicaments.
Pourquoi t'es pas venue ?
J'ai eu les jetons.
Faut pas passer par le jardin, passe par la rue.
J'aime mieux le jardin, ça sent bon.
- Ah, tu es là, Charlotte ! - Il faut venir te coucher.
- Lulu dort à la maison. - Maman est partie en trombe !
L'infirmière avait jamais vu un sang aussi rouge et aussi beau.
Elle a dit qu'à 18 ans, je devrais en donner.
Non, garde-le, ton sang, faut pas le donner.
- Beurk ! - Pourquoi tu prends ça ?
- Fous-moi ça en l'air ! - Ça va pas, c'est pour ma maladie.
Il y a plein de monde au Roule Roule.
Je m'en fous.
- Il y a peut-être tes copines. - Oh, la Caroline Stéphanini !
- Je m'en fous, "shut up"! - Parle pas de ces tordues devant moi.
Il y en a qui s'embrassent sur la bouche.
Ça me dégoûte, ce patelin !
Je veux me casser.
Tu vas pas au Roule Roule ?
Ça me ferait mal !
Et puis il paraît que je suis trop moche.
C'est pas vrai, t'es belle.
Elles pensent qu'à se maquiller.
Tu es très jolie, tu sens très bon.
C'est ça qui sent bon, pas moi.
Si, c'est toi.
- C'est du Blue Moon. - T'en veux ?
Ouais !
Je te remercie beaucoup.
Oh, Charlotte, où que t'es ?
- Hé, Charlot ! - M'appelle pas comme ça !
Tu réponds pas à "Charlotte"!
Pendant que j'arrange le rangement, va livrer ça chez Fernat.
Et il y a la facture, tu le feras raquer.
Les sous, il faut qu'il les allonge.
Moi aussi, je peux y aller ?
- Oui, allez-y toutes les deux. - Ça va l'impressionner.
Comment tu trouves la ville ?
Le lac, tout ça, c'est beau, non ?
L'autre jour, t'as dit que c'était moche.
Faut choisir dans la vie !
Ça va, toi ?
Enchanté, Pierre Lingalabert.
Lulu.
- Ça va ? - On te croyait morte.
Ah ouais ? Pourquoi ?
T'as disparu depuis la fin de l'école.
On te voit plus.
Rose-Marie dit qu'on n'est pas assez bien pour toi.
Tu vas à la boum de Marion ?
Sûrement pas.
Je suis pas très boum, mais je me suis laissé tenter.
Chacun ses goûts, mon vieux.
Bon, je m'attarde pas.
On se téléphone. Salut.
- Je l'aime pas. - Ouais, t'as raison.
Il arrête pas de raconter des saloperies sur moi.
Mais ça va pas se passer comme ça.
C'est un vrai dégueulasse.
Je lui ai filé un aller-retour.
Qu'est-ce qu'il faisait ?
- T'as pas fini de poser des questions ? - J'en ai ras le bol.
Maintenant, je réponds plus. Si tu sais pas, tu sais pas.
Qu'est-ce que je fais, alors ?
Tu te débrouilles. À un moment, on ne pose plus de question.
46, 47,
48, 49, 50.
J'arrête, ça fait mal.
- Tu tiens pas longtemps. - Je suis petite.
T'as trouvé ça toute seule ?
J'ai pas que ça à faire.
Tu dis ça, mais tu t'arrêtes tout le temps.
- Laisse-moi. - J'aime ça, la brocante.
Ben, t'es pas difficile !
Mademoiselle !
Mademoiselle ?
Nous sommes perdus.
Nous cherchons le tourneur sur métaux Fernat.
- Ça vous dit quelque chose ? - C'est là que je vais.
C'est là qu'elle va, épatant !
Vous pouvez nous y conduire ?
C'est là, au bout de la rue.
- On va au Perroquet ? - Oui.
Il me le faut absolument pour demain.
Oui, nous recevons.
Clara joue pour ses amis, un mini-concert.
Et sans tabouret, il n'y a pas de piano.
Je vais vous livrer demain.
Vous me laissez votre adresse.
- On habite où ? - Nous avons loué près du lac.
Près du lac, mais le... Ah oui...
1 avenue du lac.
Ça se retient mieux que les psaumes de César Franck.
Merci.
C'est rien.
- C'est comment, votre prénom ? - Charlotte.
Tu te souviens, Sam ?
À Baden, l'habilleuse s'appelait Charlotte.
Moi, c'est Clara.
On était perdus, on savait plus quoi faire. Merci.
Au revoir ! Au revoir !
T'as vu ? On dirait qu'il est en colère.
Quand sa mère était enceinte, elle a dû penser à du sang.
On se couche pas trop tard !
- Ça va ? - Oui, et toi ?
Impec.
Toi aussi, tu partiras avec tes copains.
Ça t'arrivera.
Les choses finissent toujours par arriver.
Quelles choses ?
Mais quelles choses ?
Les choses.
Ça me gonfle quand quelqu'un commence à parler et s'arrête !
Là, c'est vraiment lourd, tu vois.
Je m'en fiche. Crois pas que ça m'intéresse.
- Tu devineras jamais qui j'ai rencontré. - Tu vas me le dire.
Tu connais pas Clara Baumann ?
Si, parfaitement que je le sais.
C'est une pianiste prodige de 13 ans
qui donne un concert dimanche.
- T'as vu les affiches. - Elle a mon âge, tu te rends compte ?
Figure-toi que ce matin, je vais chez Fernat avec Lulu
et qui je vois qui va chez Fernat aussi ?
- Clara Baumann. - Ouais.
Avec un type de sa troupe.
Écoute le plus dingue : elle allait faire réparer
- son siège de piano. - Et alors ?
- Ben, quoi, "et alors"? - Tu trouves pas ça dingue ?
Elle a loué avenue du lac.
Ça m'étonne pas, c'est ce qu'il y a de plus beau.
Elle t'a dit quoi ?
- Oh, rien, des trucs. - On a fait connaissance.
J'ai fait bonne impression.
Et demain, c'est les vacances !
C'est dégoûtant de pisser dans le jardin.
Ah bon ?
Avec Béatrice, tu le fais pas.
J'attends qu'elle soit partie.
Et si je pissais dans le jardin sous ton nez ?
- Je m'en foutrais, mais un truc me gêne. - Quoi ?
Que tu te grattes le cul devant tout le monde.
Ça, c'est vraiment dégueulasse !
- Ça m'étonne pas. - T'attaques, j'attaque. Normal.
- Grand con, va ! - Charlotte !
Lulu !
Ta mère est de garde, ce soir ?
Je te demande si ta mère est de garde !
- Non, elle est pas de garde. - Sois gentille.
Non, ras le bol !
J'avais bien prévenu !
Si on n'est pas obligé parce que sa mère est de garde,
je la fous dehors !
Elle arrête pas de me causer toute la nuit de ses médicaments.
C'est elle qui cause !
Elle sent mauvais, elle se lave pas.
- Si, je me lave ! - Non, tu pues, je te dis,
- tu sens la moule ! - Charlotte, arrête, merde !
Ça me fait chier, les filles qui parlent mal !
Je vais dire à ma mère que t'as dit que je puais les moules.
- C'est ça, rentre chez toi. - Je veux plus te voir.
Me regarde pas comme ça, tu vas m'user.
Des mauvaises comme toi, j'en ai vu peu.
Et jalouse parce que ton frère a organisé ses vacances,
jalouse de la pianiste.
Je peux pas en être jalouse, je l'aime, Clara Baumann.
Si, tu es jalouse.
Regarde dans une glace. Tu verras une jalouse.
Tu m'énerves, va-t'en !
Laisse-moi réfléchir.
Regardez bien ces images.
Une bombe vient d'exploser dans cette école maternelle.
L'engin meurtrier va tuer 12 personnes dont 6 enfants.
L'attentat n'a pas été revendiqué.
Quels salauds !
- Tu les connais ? - Tu sais pourquoi ils ont fait ça ?
- Non. - Alors ?
Tu trouves ça bien, les bombes ?
- Ni bien ni mal. - Ça dépend pour quoi on s'en sert.
- Ça se discute. - Laisse-moi regarder.
Je m'en vais...
Reviens quand tu auras un truc intelligent à dire.
- Ça va comme tu veux ? - Pas mal et toi ?
- Tu veux dormir à la maison ? - Ça, non !
Je ne suis pas très en forme.
Et maman a dit que si je continuais à m'énerver contre toi,
ça irait mal.
Alors je me garde toute seule.
Tant pis.
J'avais plein de trucs super à te raconter.
Oui, mais après,
tu finis toujours par me dire des insultes.
- Tu t'embêtes. - Tu crois que je le vois pas ?
Je m'embête pas
et de toute façon, je dormirai pas chez toi ce soir.
Quelle heure il est ?
Je peux ?
Tu nous emmerdes, Charlotte, vraiment.
Qu'est-ce qu'elle veut dormir avec son père à 13 ans ?
C'est vrai, t'es insupportable, en ce moment.
T'es pas gentille avec Léone, avec Lulu.
Lulu est malade, faut être gentille avec elle.
Et si tu continues avec Léone, elle va nous donner ses 8 jours.
Tu la fatigues.
Qu'est-ce que t'as à être chiante comme ça ?
T'es là, à roder autour des portes.
Qu'est-ce que t'as, mon petit bout ?
Je rode pas autour des portes.
Tu fais le nez parce que ton frère part en vacances ?
Mais il a travaillé.
Il a fait 15 jours de tri aux PTT, à Pâques. C'est normal.
Et tes copines ? T'en as pas ?
Ta Martine, t'en as fait quoi ?
Elles sont pas toutes parties !
Celles qui restent sont nazes.
Martine, je m'entends plus avec.
Avant, tu savais t'occuper.
Inscris-toi à un truc, un club.
Tu t'intéresses à rien ?
J'ai des ennuis, c'est tout.
- Des ennuis ? C'est grave ? - Non, c'est pas grave.
C'est personnel.
Si...
Si c'est des choses de jeune fille,
tu peux en parler à Léone.
Tu parles d'une conversation.
Tu trouves pas que la vie, elle est brusque ?
Brusque ?
Ouais, brusque.
Moi, ça me fait peur.
- Prends-moi mon sac. - Non.
- Je vais dire au revoir à Charlotte. - Oui.
Alors, ça va ?
Qu'est-ce que tu veux ?
Je suis venu te dire au revoir.
Emmène-moi.
Il est 9 h. Les informations.
Bon, d'accord.
Léone est pas là, les conneries commencent.
Tu vas voir ce qu'elle va dire.
Ça te plaît pas ?
Si ça me plaît ?
Je peux pas me laver les mains ! C'est un capharnaüm !
Tu me déranges tout !
Je dérange et je range.
C'était très bien avant.
On t'a demandé quelque chose ?
Aïe ! Merde ! Aïe !
Tu nous fait chier, Charlotte !
Ton 2e jour de vacances, et tu fous ta merde !
Va jouer avec l'autre bout de cul ! Allez, dégagez !
Aïe ! Mon genou !
- Bon, allez, les mecs... - Il est temps d'y aller.
Salut.
Vous allez de quel côté ?
Vous allez de mon côté ou moi, du vôtre ?
Et vous ?
Quoi, moi ?
Vous allez de quel côté ?
Du vôtre.
Vous étiez pas au Roule Roule, samedi ?
- Quel samedi ? - La semaine dernière.
Non, pas la semaine dernière.
Vous alliez livrer ?
- Oui. - Cet après-midi, après déjeuner.
Je vous avais jamais vu chez Fernat.
- Y avait pas de danger. - Ah ?
- J'étais à l'étranger. - Ah oui ?
Je suis marin.
Là où je naviguais, il y avait la guerre.
Y a pas de guerre.
- Vous croyez ça, vous ? - Il y en a tout le temps.
Vous êtes marin ou tourneur ?
- Vous êtes marin. - Oui.
Marine marchande. Marine de commerce.
C'est mon parrain, Fernat.
C'est lui qui m'a appris, tourneur.
Quand je débarque, je l'aide.
Mon premier métier, c'est tourneur.
Une connerie, il y a 2 ans, et il a fallu que je voyage.
Je me suis pris un congé, là.
Dans 3 jours, j'y retourne.
Vous avez dû voir beaucoup de pays.
Oui, un peu d'Afrique.
C'est où, chez vous ?
Si je continue, on arrive en Suisse.
C'est à droite après le carrefour.
- C'est pas loin du Roule Roule. - Oui.
La maison la plus moche, c'est la mienne.
C'est sûrement mieux que chez moi.
- Je vous arrête au coin. - Non, c'est le pavillon, là-bas.
D'accord, mais je vous arrête au coin.
- Comment vous vous appelez ? - Charlotte.
Vous avez quel âge ?
14, quelque chose comme ça ?
15.
Ben, ouais...
Vous voulez mon nom ?
Mmh.
Je m'appelle Jean.
Attention, je vais vous embrasser.
On pourrait se revoir ?
- Ouais. - Quand ?
- Je peux pas livrer avec vous ? - J'ai rien à faire.
D'accord, à cet aprèm !
Ouais.
- 14 h 30 devant Le Perroquet. - Soyez pas en retard.
On t'a pas attendue.
J'ai pas faim.
Vous avez du rouge à lèvres.
C'est du brillant. Ça me va pas bien ?
Si.
C'est terrible.
- Quoi ? - À supporter.
Cet été, la chaleur.
Il y a eu pire.
Ça va faire drôle à vos clients de me voir.
Ils vous verront pas.
- Vous attendrez en voiture. - Je vais pas y passer l'après-midi.
Chez la pianiste, j'en ai pour 10 ou 15 minutes.
Après, on peut aller au bord du lac.
Quoi faire ?
Manger une glace.
Fernat va vous attendre.
Faut pas qu'il vienne me brouter.
Je travaille pour m'occuper les mains.
Faut pas me les brouter.
Je vais pas poireauter dans la voiture.
Je vais crever de chaud là-dedans.
Vous m'accompagnez, c'est sans problème.
Je dirai que vous êtes ma sœur.
C'est la maison Fernat.
C'est pour le tabouret.
Vous êtes plus triste ?
Je suis pas triste.
Vous êtes toute pâle. Ça va pas ?
- J'ai rien mangé à midi. - J'ai faim.
Il fait frais, ici.
On y va.
Mademoiselle...
Merci.
Je reste là.
Je vais pas avec lui.
Faut que je reste là.
Je suis obligée.
- Vous mettez pas dans cet état. - On peut se voir une autre fois.
C'est pas grave.
D'accord.
Vous la voulez ?
On ne voit plus que vous, ici.
You want to be where the action is ?
Don't you ?
Je comprends mal l'anglais.
Vous êtes la vraie groupie, la vraie de vraie.
Elle est pas là, Clara Baumann ?
- Eh non. - Ah bon ?
Oh là là, la tête !
Bien sûr, qu'elle est là.
Mais je sais pas si elle pourra vous recevoir.
Regardez là-bas, comme elle s'amuse.
Oh, les vaches !
Ils mettent la gomme !
Un pari qu'elle les enfonce tous. Tiens !
Qu'est-ce que je disais ?
Elle est pas vraie, cette gamine.
Pour tout ce qu'elle touche, c'est pareil.
Elle a un truc qui s'invente pas. On l'a ou pas.
Je vais me taper...
une petite pêche.
C'est vrai, on ne s'est pas présentés.
Je m'appelle Sam.
J'organise les concerts de Clara.
Je suis son manager, si vous voulez.
Avant, j'étais dans la variété.
Le niveau, je vous dis pas...
Vraiment...
Bas de gamme.
Ils m'appelaient "Fruit of the...".
C'est à dire "Fruit of the loom",
à cause de mes t-shirts. Vous voyez le genre ?
Ici, avec Baumann,
c'est du sérieux.
Je découvre, je découvre.
Il y a que celui-là, là-bas.
Le sbire aux dents longues, je le blaire pas.
C'est le seul point noir.
C'est le comédon.
Alors, tout le monde est là ?
Rien n'est cassé ?
Ah, ma chérie, tu as été magnifique !
Magnifique !
Enlève tes lunettes ridicules.
Des lunettes à mille balles !
Pour les tempos...
- Les tempi. - Oui, les tempi.
Pour les tempi, très bien. Mais le bateau, vous êtes nul.
Clara vous a encore enfoncé !
Dépêchons-nous, nous n'avons pas travaillé.
C'est une enfant, faut qu'elle prenne l'air !
- Très bien ! - Nous avons un concert le 9!
Je m'en fous ! Je m'en fous !
Je m'en lave les doigts !
- J'arrive ! - Je vais travailler, promis !
Ça va bien ?
Vous avez bien fait de venir, il y a une fête.
- J'avais envie de vous voir. - Comme j'ai eu l'occasion...
Vous tombez bien.
Vous restez, hein ?
Je dois prévenir.
Vous n'avez qu'à téléphoner.
Il y aura plein de gens très sympas.
Faut que je vous quitte.
Je dois aller travailler.
Vous n'avez pas faim ou soif ?
Non, pas du tout.
Bien, il faut se garder pour le cocktail. À tout à l'heure !
- Hé, venez piquer une tête ! - Il y a des maillots dans les cabines !
Regardez !
Hop !
Ah, elle est super !
Venez ! Elle est bonne !
Alors, vous venez pas ?
Pas tout de suite.
Allez, venez, quoi !
Non, Clara, non !
Non, voyons, c'est ridicule !
Je compte jusqu'à dix.
Un, deux,
trois, quatre, cinq...
Oh, elle est super ! Super !
Sept, huit, neuf...
Hop !
Allez ! Dix !
Ah, merde !
Ça va pas, ma vieille ?
Qui êtes-vous, exactement ?
Personne.
Je rapporte le tabouret de piano.
- Je peux avoir à manger ? - Elle a faim.
Vite, elle a faim !
Allez lui cherchez de quoi manger !
Je suis contente de te connaître.
Comment tu t'appelles ?
Charlotte Castang.
Je suis contente de te connaître, Charlotte.
Ça me fait un bien fou de parler avec toi.
Je voudrais rester là toute ma vie.
Il y a des endroits mieux qu'ici.
Si tu connaissais Côme ou Baden. Côme, c'est sublime.
En fait, je te parle de l'ambiance.
- C'est calme, ici. - Calme ?
Tu es difficile.
- On peut réfléchir, ici. - Enfin, je veux dire...
On réfléchit mieux quand les choses son bien rangées.
Tu trouves que c'est bien rangé, ici ?
J'ai appelé chez toi. C'est ta mère que j'ai eue ?
- Non, c'est Léone. - C'est la bonne.
Je lui ai dit que tu restais pour la fête.
- C'était pas la peine. - Mais si. Pas de discussion.
Je vais te prêter l'une de mes robes. Tu seras belle.
Laquelle tu veux ?
- Celle-là. - Tu y vas fort.
C'est ma robe de concert.
Attends.
Fais voir.
C'est pas mal, hein.
Elle est un peu courte.
T'es vachement grande. Mets-là.
Clara ? On vous attend.
J'arrive, Franck !
Dis donc, tu fais quoi, cet été ?
Tu pars pas en vacances ?
Si, avec mon père.
On va chez mes grands-parents dans le Doubs.
Ah bon...
Pourquoi ?
J'ai drôlement besoin d'un bon impresario.
Tu en ferais un d'épatant.
Tu as bien réussi.
Bravo, tu as été merveilleuse.
- C'était comme du théâtre. - Le théâtre, c'est pas beau.
- C'était une pièce triste. - Tu as l'air de souffrir.
Ça t'es déjà arrivé de voir quelqu'un toute la journée
et, après, de ne plus te rappeler sa figure ?
Sors sur le boulevard et regarde les affiches.
Tu verras sa figure.
Elle a un de ces humours.
Une fois, elle a dit :
"Je ne jouerai pas pour cet imbécile
même s'il courait plus vite qu'un paralytique."
J'étais écroulée.
Rire des paralytiques,
c'est pas rigolo.
Arrête de jouer avec ce bidule.
C'est pas un bidule.
Je fais ce que je veux avec ce pétard qui est à moi.
Je l'ai piqué à Mammouth.
Alors tu t'es trimballée chez ces gens ?
- Je ne me suis pas "trimballée". - J'étais invitée.
- C'est bizarre. - Tu trouves tout bizarre, toi.
Que tu ne t'en sois pas vantée avant, c'est bizarre.
Je ne vous raconte pas tout.
J'ai passé l'après-midi avec des gens plein de savoir-vivre.
Il en faut du savoir-vivre pour supporter une cinglée comme toi.
Arrête de taper sur cette table, elle t'a rien fait.
Elle m'a proposé d'être son impresario.
Elle a besoin d'un impresario pour cet été.
Bonne chance à elle...
Je l'assisterai pendant son concert.
Pour faire ça, il faudrait d'abord que tu saches lire la musique.
C'est quand que tu t'en vas ?
Dimanche, après son concert.
- C'est ça... - Parfaitement !
Elle donne son concert après-demain.
Je vais la rejoindre et "bon voyage, messieurs-dames !"
- Et, après, je te reverrai ? - Ben ça...
Mais elle te fait marcher, voyons.
Parle-lui d'autre chose,
tu lui fais de la peine.
Tu veux me faire de la peine ?
Elle ne s'en ira pas.
En août, elle part dans le Jura avec son père.
La tournée de Clara, c'est au mois de juillet !
Elle devient sourdingue, cette bonne femme !
Arrête donc !
C'est loin où tu t'en vas ?
J'espère. Je sais pas.
Peut-être que je ne voudrais plus revenir ici.
J'aimerais gagner des millions, partir pour de bon
et ne plus jamais revoir ici.
Oh là là, l'angoisse.
C'est dimanche, le concert.
Demain, c'est seulement samedi. Et si dimanche n'arrive jamais.
Oh là là, patience.
Bonsoir.
Bonsoir.
Ça va ?
Pas d'inquiétude. Je ne reste pas. Je vous saluais, c'est tout.
- Merci ! - Il n'y a pas de quoi.
Comment ça s'est passé, cet après-midi ?
Chez la pianiste.
Super !
Vous me raconterez tout ça, hein ?
Ben, bonne nuit, Charlotte.
Bonne nuit, ma Charlotte.
Un, deux, trois, soleil !
Un, deux, trois, soleil !
Demain, il y a un concert au théâtre.
J'ai des places. C'est une pianiste. Elle a mon âge.
On a fait connaissance. Elle s'appelle Clara Bauman.
Elle voudrait que je l'accompagne lors de sa tournée d'été.
J'ai besoin de 3 bols de café avant d'affronter ta discussion.
Ce matin, j'ai décidé de m'acheter des affaires.
Ouais.
Après les pétards et le marteau dans la cuisine, tu prépares Pinder ?
- C'est même pas vrai ! - Ah bon ?
Tu prépares Pinder.
Je croyais que tu voulais faire du théâtre.
Mais si c'est du cirque...
Je crois que t'as des dispositions.
- Explique-moi quelque chose. - Quoi ?
Tu peux me dire où sont passés mon tournevis, ma clé anglaise
et ma perceuse qui étaient dans les cabinets ?
J'en ai eu besoin.
Et où ils sont, à présent ?
Chez le frère de Martine Duchateau.
Chez le frère de Martine Duchateau ?
Écoute-moi bien. Je m'énerve pas.
Mais si tu ne remets pas les choses à leurs places, je vais te corriger.
- Bon, tu veux de la confiture ? - Ouais.
- Griotte ou Reines-Claudes ? - Griotte.
- Bonjour. Nous sommes absents. - Laissez votre message.
Attendez le bip sonore puis laissez votre nom,
votre numéro de téléphone et la raison de votre appel.
Attention, c'est à vous.
Bonjour... Je voudrais....
Excusez-moi, mais... Clara... Je fais un gros bisou à Clara.
Et... Je voudrais dire à Clara que je l'aime.
C'est Charlotte, la petite fille d'hier.
Je voudrais bien qu'elle m'aime aussi
et je voudrais bien être amie avec elle.
Je serai là à son concert du dimanche.
Je suis d'accord pour être son imprésario.
Ou pour tout autre travail. J'espère qu'elle le saura et vous aussi.
Monsieur ? Je peux avoir une boîte d'allumettes familiale ?
Ouais.
Merci.
Bonjour.
Vous m'avez laissé tombé hier après-midi.
Quel culot.
Enfin, c'est quand même gentil d'être passée me voir.
Remarquez, j'en étais sûr.
- Ça m'étonnerait. - Je savais pas que j'allais venir ici.
C'est pour vous dire au revoir.
Ah bon ?
Ouais. Je vais m'en aller.
Je quitte la région. Je pars avec Clara Bauman, la pianiste.
Elle m'a demandé que je lui serve d'imprésario.
Enfin, que je m'occupe de ses affaires.
Vous serez sa boniche ?
Mais non.
Ses affaires de travail, pas celles qu'elle porte sur elle. Idiot, va.
En tous cas, je pars demain.
Après son concert.
Aujourd'hui, c'est terrible. J'ai un tas de problèmes à régler.
Je vais devoir tout faire en une seule journée.
Je dois m'acheter une robe, des chaussures, un maillot de bain.
Je n'ai plus une paire de collants convenable.
Vous êtes heureuse de partir ?
Ouais. Très.
Parce que vous comprenez, ma vie, ici,
c'est plus possible.
Si je comptais les gens avec qui je me suis disputée depuis trois mois,
ben, c'est vrai, autant changer carrément.
Peut-être que je ne reviendrai plus jamais.
Ce n'est qu'un voyage.
- Une bière ? - Ouais. Je veux bien.
Tu nous apportes deux autres canettes ?
Non. Je préfère un thé glacé.
On fait pas ça, nous.
Ah bon ? Alors...
Un diabolo grenadine. Non, non ! Un Fanta.
Pff ! Non.
Un diabolo.
Alors elle veut quoi, Pépette ?
Un diabolo grenadine !
Apporte deux autres bières, je les boirai.
Excusez-moi. Je n'arrive jamais à dire ce que je pense.
Je décide un truc et, après, je fais autre chose.
Je suis peut-être anormale.
Dites...
Je voudrais vous demander quelque chose.
Est-ce que... Est-ce que vous croyez...
Est-ce que vous croyez ce que je vous dis ?
Est-ce que ça a l'air sérieux ?
J'ai pas l'air d'une folle ou d'une menteuse ?
Non !
Quand quelqu'un ment, je le vois tout de suite.
Quand quelqu'un ment, une lumière s'éteint dans les yeux.
Quoi ?
Rien. Je vous regarde.
Vous allez vous user les yeux.
Il y a des gens qui n'aiment pas les mains d'outilleur.
Moi, j'aime bien.
Il y a autre chose que j'aime bien aussi.
C'est que quand je vous parle, on dirait que vous m'écoutez.
C'est là où j'habite.
Vous avez vu ?
On voit son slip.
Ça lui va bien.
Ça fait pas vulgaire ?
Ça la marque un peu.
Moi aussi, je pars demain.
- Quoi ? - À Marseille.
J'y rentre demain.
J'embarque.
Je vous verrai plus. Vous serez débarrassée de moi.
Bon !
On se décide pour ce soir ? Sept heures, ça va ?
- Ben, je sais pas. - Mais si !
Allons voir ça.
Ça fait peur, il paraît.
- Ouais, mais je suis trop jeune. - Et puis...
C'est sûrement interdit...
Aux moins de 13 ans !
Ah bon ?
Bon, il faut que j'y aille.
J'ai plus soif, finalement. Merci.
Pute !
Che confusione Sarà perchè ti amo
E' un'emozione Che cresce piano piano
Stringimi forte E stammi più vicino
Se ci sto bene Sarà perchè ti amo
Io canto al ritmo Del dolce tuo respiro
E' primavera Sarà perchè ti amo
Cade una stella Ma dimmi dove siamo
Che te ne frega Sarà perchè ti amo
- Ne regardez pas avant que j'arrive. - Fermez les yeux.
Coucou !
Ah que c'est joli !
Tu voulais acheter ça ?
Tu la trouves pas super ?
Moi, je la trouve super. Non ?
Donne-moi ton avis sérieusement. Sans te moquer.
Mon avis, c'est que tu ne veux pas de mon avis.
Tu voudrais que je trouve ça bien. Eh bien non.
- Alors tu l'aimes pas ? - Ben non.
Qu'est-ce qui ne va pas ?
Tes cheveux, avec cette queue de rat.
- Et ce gros nœud... - Un bandeau !
Et tes genoux, avec cette croûte, c'est pas beau.
Voyons un peu cette taille...
Tu n'es pas habituée à voir des gens bien habillés.
En juillet, on ne se déguise pas en arbre de Noël.
C'est beau, les arbres de Noël.
Je croyais que j'étais un œuf de Pâques...
Recule en arrière.
- Recule en arrière ? - Tu pourrais parler français, hein.
Quoi donc ?
Je voudrais être bien.
Tu voudrais beaucoup de choses.
Tu seras bien pour aller au théâtre municipal.
Tu ne vas pas à l'opéra.
- Tu prends pas du Vita Délice ? - Le thé glacé, c'est plus frais.
Le Vita Délice, c'est plus frais aussi.
Tu m'aides ou on fait autre chose ?
- Autre chose. - Quoi ?
Courir partout et rigoler.
Oh ben non !
Les autres étés, tu courais partout.
Tu m'as entendue ? J'ai dit non.
Courir, rigoler... Tu vas tomber malade,
on m'accusera et je ne partirais plus avec Clara.
Ras-le-bol avec ta Clara !
Vite, viens ! Allez !
Clara ! Clara !
Viens, ma chérie, nous devons encore travailler.
Allez, monte ! Allez !
- C'est pas mal, ton truc. - Mais ça vaut pas un panaché.
Imagine que tu trouves quelqu'un bizarre sans savoir pourquoi.
Bizarre comment ?
Imagine qu'il te fait des yeux de merlan frit.
Il veut t'inviter au cinéma ou à danser.
- Danser où ? - Je sais pas. Au Roule Roule.
J'irais danser avec lui en me méfiant.
Peut-être qu'au Roule Roule, j'en rencontrerais un autre de mieux.
- Elle bronze pas, ta cicatrice ? - Non, c'est de la peau morte, là.
- Tu as trouvé un mari avec ça ? - Et comment ! Et quel mari !
Aucune femme au monde n'a été aussi heureuse que moi.
Je compte même les reines et les milliardaires. Tout le tintouin.
Un homme peut tomber amoureux d'une fille pas jolie ?
Mais bien sûr !
A tel point qu'on se demande si certains hommes y voient clair.
C'est vachement bizarre, un amour.
Ça, tu l'as dit.
Mais le plus bizarre, c'est une grande seringue
de bientôt 14 ans
qui raconte des bobards pour se rendre intéressante.
Pourquoi tu penses à elle ?
- Tu te trompes. - Je ne pensais pas à Clara.
Mais si. Arrête de penser à elle !
Elle fait une fixette !
Te sauve pas. Viens essayer ça.
C'est nul. Ça m'ira jamais !
Si tu voyais les affaires de Clara !
Clara ne t'a rien promis.
Tout ça, c'est des rêveries de folle.
Attends et tu verras !
Je sais tout ce qu'il y a dans ta tête.
Elle voit dans ta tête !
Tu t'imagines qu'un miracle va arriver.
Que ta Clara va t'emmener avec elle.
C'est impossible. On se moque de toi.
Et toi, tu pries même le bon Dieu pour ça.
- Non, ça me ferait mal. - Et je suis pas croyante !
Toute ta vie tu seras une rêveuse ?
Ce sera quoi, ta vie ? Une souffrance ?
Quand j'entends les gens, je flippe complètement.
Tu veux me dégoûter. Mais je m'en fous !
J'avais un but dans la vie et tu veux tout gâcher.
Tu me ridiculises.
- Si Clara m'emmène pas, je me tuerais. - Et comment ?
Avec une balle, là. Pan !
Ne touche pas au revolver à ton père !
Merde ! Vous me faites chier à la fin !
Elle m'emmènera avec elle !
Elle m'emmènera avec elle et je verrai plus vos sales gueules !
Ben voilà, t'as gagné le cocotier !
Regarde-moi ça comme elle transpire.
On dirait une vieille mule.
- Je vais te scalper, vieille doudoune. - Allez, calme-toi, folle.
Repose-toi, petite belle.
J'ai mal à la tête à cause d'elle.
- Elle n'a rien fait. - Elle est juste là à se reposer.
Pourquoi j'arrive jamais à dire ce que je veux dire ? Jamais !
Non ! Non ! Maman, vite !
Nous allons voir ce qu'il se passe.
- N'approchez pas ! - La truie est à moi !
Baise-moi ! Baise-moi !
Baise-moi !
Quand je serai avec Clara, je penserai à vous.
- Pensez à moi tout de suite. - Aidez-moi à gagner.
Dis-donc, vieille tanche,
pourquoi il s'appelle "Le perroquet", ton rade ?
- J'avais un perroquet. Il est mort. - Il valait plus que toi, connard.
Il est chié, lui. Non ?
Che confusione Sarà perché ti amo
E un'emozione Che cresce piano piano
T'es une drôle, toi.
Je sais pas.
Charlotte...
Si on y allait ?
Je croyais qu'on allait au Roule Roule.
On a le temps.
C'est jamais marrant avant 11 h.
Moi, je dois être rentrée avant 11 h.
Ben oui !
C'est bizarre comme hôtel, ici, non ?
Attendez.
Je vais vous montrer un truc.
Je me suis payé ça.
Je la laisse pas traîner.
Ils ont fouillé dans mes affaires.
Ils devraient plutôt faire le ménage.
Ça fait lampe.
Éteignez. Je vais vous faire voir.
C'est beau, non ?
Ouais.
Ça tourne, mais ça tourne.
Plus ça tourne, plus les gens s'arrêtent.
C'est ça qui cloche. C'est pas vrai ?
Je vais peindre en rouge là où je suis allé.
La Malaisie, le Liban...
Dans ces coins-là, ça rigole pas.
Je vous raconterai. Ça vous fera pleurer.
Mais non, je le ferai pas. Je ne suis pas méchant.
"Mia nié malbonas."
C'est de l'Esperanto. C'est bien foutu.
Je commence à m'y mettre. C'est l'avenir.
On y viendra tous, un jour.
Les frontières devraient pas exister.
On est tous citoyens du monde.
Viens.
Je voudrais m'en aller.
Qu'est-ce qu'il doit être tard.
Je me demande l'heure qu'il est.
Tu veux me quitter, mon cœur ?
Tu veux déjà t'en aller ?
Faut pas. Non, monsieur.
Tu m'aimes ?
Tu m'aimes, Charlotte ?
Non.
Non !
Attends.
Non !
Oui ?
- Je peux te poser une question ? - Ouais.
Si quelqu'un frappe quelqu'un avec un objet lourd en verre,
s'il ne meurt pas tout de suite, il peut mourir le lendemain ?
Qu'est-ce que tu dis ?
Si on frappe quelqu'un avec un objet lourd en verre,
puis qu'il meurt pas tout de suite, il peut mourir le lendemain ?
Oui.
Bonjour. Nous ne sommes pas là, mais nous prenons les messages.
Attendez le bip sonore.
Puis laissez votre nom, votre numéro de téléphone
et la raison de votre appel.
Attention, c'est à vous.
C'est Charlotte, la copine de Clara
qui a eu un malaise dans la piscine. J'espère que vous vous rappelez.
J'espère que Clara a pas oublié sa proposition
de me prendre dans son équipe.
Des ennuis personnels trop longs à expliquer font que ça devient urgent.
C'est important qu'elle oublie pas à cause de ses ennuis.
Alors, j'irai la voir à la sortie des artistes,
après le concert d'aujourd'hui.
Ma valise sera prête
et puis, moi aussi. Je l'embrasse.
Et je l'aime toujours autant.
- Eh bah dis donc. - Qu'est-ce que tu caches là ?
T'as rien à cacher. Oh, mais ça y est. T'as des petits nénés.
Allez. À ce soir, ma fille.
Amuse-toi bien.
- Bon, allez. On y va. - On y va.
T'as pas pris ta valise ?
Je vais pas aller à un concert avec une valise.
Je passerai la prendre plus tard avec Clara.
- Elle te plaît la robe ? - Ah, ouais ouais. Merci beaucoup.
Merci pour tout.
- Lulu, t'as pris tes ampoules au moins ? - Mmh mmh.
Le programme. Demandez le programme.
Le programme, monsieur. Demandez le programme.
WOUHOU. CHARLOTTE.
Y a plein d'enfants.
Arrête de me regarder.
C'est là-bas que ça se passe.
- Ça va ? - Non.
Chut, tais-toi.
Je veux pas que Charlotte s'en va avec la pianiste !
Je veux pas que Charlotte s'en va avec la pianiste !
Je veux pas que Charlotte s'en va avec la pianiste !
Je veux pas que...
- Elle t'aime pas, la pianiste ! - Taisez-vous !
Alors ça, je lui pardonnerai jamais, jamais, jamais ! Elle a sa crise.
Elle a pas pris ses ampoules pour m'emmerder.
Si !
Je vais prendre l'une pour taper sur l'autre.
- Je veux pas qu'elle parte. - Merde !
Je vais pas voir la fin du concert.
- Elle va me faire crever ! - Eh ben, crève.
Crève ! J'ai mal à la tête.
- C'est même pas vrai ! - Tu vois bien qu'elle simule.
J'en étais sûre que ça allait être gâché !
Non, non, non.
Attendez la fin du spectacle. Vous dérangez tout le monde !
CLARA.
À moi, Clara !
CLARA.
Clara !
- J'ai un autographe. - Merci.
Vous avez vu ? Elle s'est pas pris les pieds dans les touches.
Le chef a laissé partir les cordes, mais elle s'en est bien sortie.
Elle est fortiche. Elle est très fortiche.
- Vous croyez qu'elle m'a reconnue ? - Je suis pas sûre.
Mais oui. Elle est toujours comme ça à la fin d'un concert.
On a l'impression qu'elle est plus là, qu'elle est à tout le monde.
À tous ceux qui viennent la voir. Ils viennent seulement la voir.
La musique, ils s'en foutent.
Et pourtant la musique, c'est ce qu'il y a de plus beau.
Clara, s'il te plaît, un autographe !
Elle devait m'emmener avec elle.
- Non sans blague. - Mais... mais où ?
- Ben je sais pas. Pour l'aider. - Elle m'avait dit impresario.
Impresario ?
Vous avez pas reçu mes appels ?
- Écoute, t'as une minute, là ? - Je vais aller lui parler.
On se retrouve à la sortie. Je reviens. J'en ai pas pour longtemps.
Tu vois qu'elle est partie, Charlotte.
Tu vois que c'est pas une menteuse.
Charlotte !
Charlotte ! Charlotte !
T'es pas partie, Charlotte !
Je te remercie beaucoup.
Cette nuit, j'ai rêvé de la pianiste.
Qu'est-ce qu'elle avait maigri !
Ouais, elle m'a laissé une lettre.
- J'ai pas répondu. - Pourquoi t'es pas partie ?
- J'ai jamais voulu partir avec elle. - C'était pour me foutre de toi.
Et fallait me faire un passeport. Quitter la France m'aurait contrarié.
Moi aussi, ça m'aurait contrarié.
Tu peux me dire pourquoi ça t'aurait contrarié ?
Tu vas arrêter de dire "pourquoi"?
Je m'arrêterai jamais.
- Ben arrête-toi provisoirement. - Tu sais ce que ça veut dire ?
Pas tout le temps.
- C'est ça. - Ça veut dire pas tout le temps.
Sous-titrage : VECTRACOM
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