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Vers la fin du XXIe siècle, les nations de la Terre, enfin en paix,
exploraient et colonisaient ensemble les confins de l'espace.
Malheureusement, nous n'étions pas les seuls.
Une race non-humaine, les Dracs, revendiquait les droits du premier occupant
sur l'un des systèmes les plus riches de la galaxie.
Ils n'allaient pas l'emporter sans lutte.
L'espace était le nouveau champ de bataille.
Pour nombre d'entre nous, la Terre n'était qu'un souvenir, à des années-lumière.
Une forteresse spatiale était notre seul foyer.
Comme dans toute guerre, il y avait de longues périodes d'attente.
Et puis…
Aux postes de combat. Parés à sortir. Ce n'est pas un exercice.
Aux postes de combat. Parés à sortir. Ce n'est pas un exercice.
Quatre bandits en approche à 3 heures.
90 degrés à droite et foncez !
Echo 6 à Leader. Ils se défilent.
Reçu. Autorisé à attaquer, deux appareils en appui.
On les allume et on rentre. J'ai rendez-vous avec Murcheson.
- L'infirmière? - Cette fois, c'est bon. Elle va dire oui.
C'est Murcheson qu'on appelle le Ballon Blanc ?
Elle a perdu dix kilos.
- Baisé ! - Bien joué !
Six autres bandits !
- Reçu, Leader ? - Ils se croyaient pas repérés.
- Moi, je les avais pas vus. - Moi, si.
Bandit droit derrière !
Cramponne-toi l'estomac !
Echo 6, ils attaquent !
- Où ça ? - En plein sur…
Salaud !
- Carburant ? - 65, on va surchauffer.
- Que fait Will ? - Fais tes prières, face de crapaud !
Merde !
Attention, surchauffe !
Tirons-nous ! En bas, c'est Fyrine IV. Territoire inconnu !
OK, Joey.
- On entre dans l'atmosphère ! - Visières !
J'ai perdu le Drac !
- Sors-nous de là. - Où est-il ?
Il s'est éjecté !
On gicle de là !
Merde ! Redresse !
Redresse !
Voilà !
En douceur.
Allez.
Allez.
- Pas de mal ? - Ça va.
Quand tu verras Murcheson,
l'appelle plus Ballon Blanc.
Ça lui fait de la peine.
Et empêche les autres.
Je l'aimais bien.
Je te promets. Reste tranquille.
- Will ? - Quoi ?
J'en peux plus.
Désolé, Joey.
Je suis désolé…
Je voyais où le Drac était tombé.
Sa capsule ne pouvait pas être loin.
J'espérais qu'il n'était pas encore mort.
Marrant, mais je n'avais jamais vu un Drac.
Je savais qu'ils n'avaient rien d'humain.
Ils n'étaient ni mâles ni femelles,
c'était les deux, dans un corps de reptile.
Crame, salopard !
T'es foutu, face de crapaud !
J'ai faim, Drac !
Tu comprends ça, faim ?
Tu piges un mot d'anglais ?
Quoi ?
Va te faire mettre !
Tu t'appelles Jerry Shigan. Et alors ?
Tu veux savoir mon nom ?
Willis E. Davidge.
Si tu me filais à bouffer ?
De la bouffe !
Bouffe.
Tu rigoles.
Réveille-toi !
Détache-moi !
Détache-moi !
Aide-moi !
Tu l'as dit !
J'aurais pu te tuer. Tu me dois une faveur.
Ton nom, déjà ?
Jeriba Shigan.
Bon.
Bon.
Écoute-moi, Jerry.
Il y a des chutes de météores, ici.
- Beaucoup. Tu comprends, "météores" ? - Météores ?
Beaucoup zeerki tomber ici.
On est exposés.
Si on reste ici, on est morts.
Morts.
La chose à faire, c'est de prendre…
toutes les friandises qui sont là-dedans.
Ton ne es a y.
Oui, ton ne es a y, ça va !
Et puis, on se tire plus haut, dans la forêt. Par là.
Au moins, on sera un peu à couvert.
Tout à fait.
Content que tu sois d'accord.
C'est bon.
Le prochain coup, je te fourrerai le couteau dans le cul.
Si t'en as un.
C'est bon, face de crapaud.
Et alors, tu vas me flinguer ?
Tire donc ! Allez, vas-y !
Je t'aime pas et tu m'aimes pas, d'accord.
Seulement, on est bloqués ici. Tu saisis ? Ou toi pas gavey l'anglais ?
Raconte ça à ma mère, crapaud de mes deux !
Regarde.
Il faut qu'on…
| faut construire un abri. Avec des pierres.
gavey ? abri ?
Ça n'allait pas tout seul.
Il fallait qu'on communique, le lézard et moi. J'ai appris quelques mots de son baragouin.
Hé, Drac.
Drac.…
J'abandonne.
Assez causé, on continue.
Merde.
De son côté, le Drac se mettait à l'anglais.
Merde.
Comment ça, "merde" ?
Pas solide.
Je vais te faire voir !
Pas solide, hein ?
Ceci est mon.…. pied gauche.
Pied droit.
Ceci est mon.…. pied gauche.
Ceci est mon.… pied droit.
Voici mes deux pieds.
Formidable !
Ceci est ma tête.
C'est ta sale tête.
Non.
Ceci est ma tête. Et cela est ta tête.
Ta sale tête!
La sale tête de Davidge.
Ça suffit !
Continue comme ça et tu te débrouilleras pour l'anglais, mais sans moi.
Mes excuses, Davidge.
C'est mieux.
Pendant que tu t'amuses à rien foutre,
j'essaie d'améliorer notre situation.
Tu sais ce qu'on dit :
si ça rate le premier coup, essaie encore.
Tu as appris ça chez le grand sage Drac Shizumaat ?
Non, chez Mickey.
C'est un grand sage Irkmann ?
Oui.
Si on veut.
C'est sans espoir.
C'est bon.
Prends-en.
C'est toi qui m'a appris à aimer.
Je vais améliorer le menu.
Bientôt nous trouvés.
Par l'un ou par l'autre.
Avec la guerre ?
On aurait plus de chance d'être pris en stop.
Les humains.
Tout de suite vous abandonnez.
Shizumaat nous dit: "L'intelligence, c'est de faire face.”
Tu sors ça d'où ? Du bouquin que tu lis tout le temps ?
C'est moi qui fais face. Je suis ici à cause de vous, fils de chieur-mat.
- Shizumaat. - Peu importe.
Guerre commencée par vous. Les humains.
Tu sais quoi, Jerry ? Ton grand Shizumaat, il pue.
Irkmann, ton Mickey Mousssse, c'est une grosse andouille.
De la viande.
Enfoiré. Reste là, enfoiré.
Bougre d'enfant de salaud.
Merde.
C'est pas vrai !
Barre-toi.
Sors-moi de là.
Merci.
Vas-y.
Tu m'as sauvé la vie.
- Pourquoi ? - Peut-être j'ai besoin de voir une autre tête.
Même moche comme la tienne.
Alors, les humains sont moches ?
A côté d'un Drac, très moches.
Mais cette chose, là-bas, était encore plus moche.
- Merci bien. - Pas de quoi.
J'ai trouvé !
Même le monstre n'a pas pu les percer. Ça résistera aux météores !
Ça résistera aux météores !
- Quoi ? - Ça résistera aux zeerki !
Mon vieux Drac,
- OÙ serais-tu sans moi ? - Chez moi.
Merde.
Professeur ! Donne-moi un coup de main !
Tu te fatigues pas de lire ce bouquin ?
Non.
De quoi ça cause ?
De choses.
Super !
On l'appelle Talman.
Il contient des paroles de notre sage Shizumaat.
Et il faut connaître le Drac pour le lire ?
C'est mieux.
Alors, apprends-moi le Drac.
Ça n'est pas pour toi, Davidge.
Shizumaat est trop bon pour les humains ?
- Pas pour les humains, trop bon pour toi. - Tu es un fin psychologue ?
Rappelle-toi ce que tu as dit de Shizumaat.
Et ce que tu as dit de Mickey ?
J'ai eu tort.
Je ne le pensais pas.
Et je ne le pensais pas pour Shizumaat.
Qu'est-ce que tu fais?
Ce livre doit être donné à l'élève.
Je deviens alors le maître.
Je n'en suis pas digne, mais il n'y a personne d'autre.
Lis.
Les jours s'écoulaient.
Nous mangions, nous dormions.
Parfois, j'écoutais le ciel espérant faiblement des secours.
Pendant ce temps, j'apprenais sa langue et lisais le Talman.
Traduis.
"Si quelqu'un nous offense, ne cherchons pas à l'offenser en retour.
Mais laissons-le répandre l'amour, pour que l'amour unisse les ennemis.”
J'ai déjà lu ça quelque part, dans le Talman des humains.
C'est normal.
La vérité est la vérité.
Mais tu ne sais pas encore comment les Dracs expriment la vérité.
Les mots de Shizumaat doivent être chantés.
Allons-y !
Magne-toi !
Allez !
Relève-toi !
Faut peut-être que je te porte ?
- Désolé. - On vit comme des bêtes.
T'as tellement grossi que tu peux plus te remuer !
- Tu ne vas pas conquérir l'univers comme ça ! - On était là mille ans avant vous !
Je te signale, tête de Drac, qu'on a légalement annexé ce système.
- Vous l'avez envahi ! - Mon cul ! C'est vous les envahisseurs !
Nous sommes des explorateurs ! Des fondateurs !
Tu nous prends pour quoi ? Des pantouflards ?
- On a colonisé deux fois plus que vous ! - Vous vous propagez comme une épidémie !
- Et qu'est-ce que tu vas faire ? - Tu vois ce qu'on fait, Irkmann. On se bat !
Tu parles ! Sans moi, tu tiendrais pas huit jours !
- Menteur ! Tu me dois ta misérable vie ! - On va voir ça !
Sors de mon abri !
Dehors, fils de pute !
C'est mon abri ! C'est moi qui l'ai bâti !
Salaud ! Je te tuerai !
Je te tuerai !
Je crois que nous devenons fous.
Ce qu'il faut, c'est bouger d'ici.
Tu crois qu'on est vraiment seuls ici ?
Bien sûr on est seuls.
Je ne sais pas.
J'ai encore fait ce rêve.
Je vois ce grand vaisseau.
Il fait tellement de bruit que je me réveille.
Mais je l'entends encore après.
C'était un rêve.
Je ne sais pas.
Peut-être.
Mais je sais que si on reste ici, on est morts.
On mourra tôt ou tard.
Si ce n'est pas la planète, c'est nous qui nous tuerons.
Tu ne veux vraiment pas venir ?
Non, Davidge.
Je reste.
Tes rêves ne m'intéressent pas.
Qui ne risque rien n'a rien.
Allez, Jerry. Ne sois pas têtu.
Je ne suis pas têtu.
Si je trouve de l'aide, je reviendrai te chercher.
Et sinon ?
On mourra tous les deux.
Seuls.
A plus tard.
Ohé !
Y a quelqu'un ?
Des échantillons.
Des échantillons.
Des pillards !
C'est le vaisseau pillard que j'entends la nuit.
Les pillards étaient humains. A peine humains.
Des hors-la-loi, violant les planètes pour des minerais précieux.
Ils prenaient des Dracs comme esclaves, alors on les tolérait.
Pourvu qu'ils n'aient rien trouvé ici.
Je me demandais quoi dire à Jerry.
Tu crois qu'il va faire très froid ?
Je n'en sais rien.
On verra bien.
Je suis content que tu sois revenu.
Qu'est-ce qui ne va pas ?
Je ne pouvais pas t'accompagner.
Ce n'est plus ma vie qui compte.
Je n'ai pas grossi.
Je ne suis pas paresseux.
J'attends une nouvelle vie.
Une nouvelle vie ?
D'où ça ?
Oh, mon Dieu !
Tu veux dire que tu es enceint ?
Tu vas avoir un bébé ?
Un petit Drac ?
Quoi ?
Mais comment.….
Ne me regarde pas !
Tu ne peux pas me faire ça !
Pour les humains, les enfants, c'est une question de choix.
Pour nous, les Dracs, ça arrive le moment venu.
Ça arrive… c'est tout.
C'est pourquoi je n'ai pas pu t'accompagner.
Mon enfant, c'est tout ce que j'ai à présent.
Davidge, dis-moi.
Tu as trouvé quoi là-bas ?
Rien.
Comme tu l'as dit, ce n'était qu'un rêve.
Bientôt.
Jerry, attention !
Je n'y vois rien !
Par là !
Aide-moi !
Allez, Jerry, me lâche pas maintenant !
Parle-moi de Zammis.
Qu'est-ce que c'est que ce nom ?
Il y a cinq noms dans une lignée Drac.
Je suis Shigan.
Avant moi venait Gothig, et avant lui, Haesni.
Allez, ne t'arrête pas !
Avant Haesni venait Ty.
Et avant lui Zammis.
Là. Regarde !
Un jour, je devrai me présenter avec Zammis devant le Conseil Sacré de Dracon
et réciter notre lignée,
afin que Zammis puisse entrer dans la communauté des Dracs.
Tu veux manger ?
Je peux pas.
On pourrait ouvrir un petit resta...
Je raterais tout.
Et tu ferais peur aux clients.
Davidge.
Je vais t'apprendre la lignée Jeriba.
Avant ou après le petit-déjeuner ?
C'est un honneur que je te fais.
Pardon.
Rester en vie est déjà un sacré honneur.
Bon.
J'apprendrai aussi ta lignée.
Commençons par tes parents.
Qui étaient-ils ?
Mon père s'appelle Carl.
Ma mère s'appelle Dolores.
Que font-ils dans la vie ?
Mon père bosse pour une société qui fabrique des ordinateurs.
Et ma mère était serveuse.
- Serveuse ? - Oui, avant d'épouser mon père.
Et leurs parents ?
On allait chez grand-père quand j'étais petit.
Il vivait à la campagne.
Je crois qu'il était fermier.
Et grand-mère était bonne cuisinière.
C'est ta lignée.
Je vous présente Willis E. Davidge.
Pilote de chasse, fils de Dolores,
ancienne serveuse,
et de Carl, fabricant d'ordinateurs,
qui descendent de grand-père, peut-être fermier,
et de grand-mère, bonne cuisinière.
A t'entendre, ça ne fait pas lourd.
Ce n'est pas lourd.
Mais je suis honoré que tu me l'aies confiée.
Ma lignée est très grande.
Je vais te l'apprendre.
Laisse-moi te faire cet honneur.
Ce sera comme un cadeau entre nous.
Jerry continua à chanter sa lignée, remontant jusqu'à l'origine de sa planète,
il y a 170 générations.
Pour que Jerry soit content, j'appris aussi à chanter la lignée Jeriba.
Qu'est-ce qui ne va pas ?
Zammis arrive.
C'est pas vrai !
Bon sang !
- Qu'est-ce que je fais ? - Je ne sais pas.
Quelque chose ne va pas !
Oh, non.
Ça ira. Les femmes sont toujours nerveuses avant d'accoucher.
Je ne suis pas une femme !
Mais les personnes enceintes… les choses…
sont nerveuses, tout le monde est nerveux.
S'il t'arrivait quelque chose, je resterais tout seul.
C'est pas parce que les clients se font rares que je peux tenir le restau tout seul !
Tu es tout seul.
Au fond de toi, tu es seul.
C'est pourquoi vous, les humains,
avez séparé vos sexes en deux moitiés.
Pour la joie de cette brève union.
T'y connais rien, aux humains.
Avec votre généalogie qui n'en finit pas,
vous pensez que vous pouvez baratiner tout le monde.
Écoute-moi.
Tu dois servir de parent à Zammis.
Déconne pas, Jerry.
Qu'est-ce qu'on fait ?
Tu dois prendre ma place.
Le moment venu,
tu devras trouver un moyen de ramener Zammis chez lui.
Tu te tiendras aux côtés de Zammis, devant le Conseil Sacré de Dracon
et tu réciteras sa lignée.
Il le faut, Davidge.
Jure-le-moi.
Tais-toi.
Pousse. Fais ce qu'il faut.
Tu dois emmener Zammis sur Dracon.
- Jure-le. - Non.
Jure-le.
Jure-le.
Bon.
Bon, ça va, je le jure.
Je le jure.
Mais me claque pas entre les mains.
Tu dois m'ouvrir.
[ci.
A cet endroit.
N'aie pas peur, mon ami.
- Je ne peux pas ! - Va au diable, Irkmann.
Tu as juré !
Oui.
Tu as |…...
Non.
Pitié.
Qu'est-ce que je suis censé faire, Jerry?
Tu m'as tout appris sur le Talman et la lignée de Jeriba.
Mais rien sur les soins des bébés Dracs.
Salut, Jerry.
Bon.
Tu veux essayer encore un coup.
Allez.
Allez. Zammis…
Zammis, allez.
Allez.
Tu ne crois pas que je vais t'acheter un pot d'aliment pour bébé Drac ?
C'est tout ce qu'on a.
Regarde-moi.
Allez.
Essaie comme ça.
Vois si ça te plaît.
Allez. C'est bien.
C'est ça.
Ça y est. Mastique!
Viens, petite crapule.
C'était un vilain lardon,
mais pas plus moche que les photos de gosses qu'on voyait au mess.
Bien sûr, il poussait un peu plus vite qu'un humain.
Grande perche, tu uses tes vêtements à toute allure.
N'écarte pas tes doigts.
Doigts ?
Oui, ça. Les doigts.
Kutta. Doigts.
Ils ne sont pas pareils.
Bien sûr que non.
Tu es un Drac. Je suis humain.
Regarde.
Tu as trois doigts.
Un, deux, trois.
J'ai cinq doigts.
Un, deux, trois, quatre, cinq.
Zammis aura quatre, cinq ?
Non.
Tu es un Drac.
- Et je suis humain. - Humain ?
Oui.
Moi je suis humain. Toi tu es Drac.
Je suis humain, car mes parents étaient humains.
Et ton parent était un Drac.
Donc tu es un Drac.
Pigé ?
- Je suis un Drac. - Oui.
Oui, c'est ça.
Oncle !
Oncle, attends !
Qu'est-ce que c'était ?
Un vaisseau.
- Avec des humains ? - Je ne sais pas !
- Je vais voir ! - Oncle, je peux venir ?
Non ! Attends ici que je revienne !
Oncle, pourquoi as-tu peur ?
Reste à l'intérieur !
Donc, quand on marche ou quand on chasse,
on va toujours en direction du lever du soleil.
Jamais en direction du coucher du soleil. Compris ?
- Oui. - Car si jamais ils nous trouvent,
on ne se reverra plus jamais.
Mais, oncle, ils sont humains, comme toi.
Tais-toi et mange.
J'essayais de ne pas penser aux pillards.
Je me concentrais sur Zammis.
Je me dis qu'il était temps de commencer son éducation.
Ce jeu, Zammis,
- c'est le football. - Football.
Ces arbres sont ma ligne de défense.
Ces arbres sont ton équipe.
Ils sont plus gros que des joueurs normaux et plus lents, mais pas tant que ça.
Pigé ?
Tu vas dans cette partie du terrain. C'est ta zone d'en-but. Vas-y.
Allez.
Bon, quand je t'envoie la balle,
tu l'attrapes et tu essaies de me passer, pour mettre la balle entre ces deux types.
- C'est la ligne de but. Pigé ? - Non.
Fais ce que je te dis. Ça ira, Ok ? Ça ira.
Attention, coup d'envoi !
Ramasse-la. Allez, cours maintenant.
Cours, cours, cours. Allez. Cours.
Et il se faufile à travers la défense !
- J'aime bien ce jeu. - C'est super, non ?
Normalement, on ne mange pas la balle. C'est en prime.
J'ai simplifié les règles. Les équipes sont petites.
Oncle, j'ai repensé aux humains que tu avais vus.
Ils sont peut-être amis avec les Dracs.
Ils leur ont peut-être demandé de venir.
Si seulement c'était vrai.
Je n'ai jamais vu de Drac.
Seulement mon visage dans l'eau.
Je voudrais ne pas être un Drac.
- Je voudrais avoir ton visage. - Oh, Zammis.
Je voudrais avoir cinq doigts.
Écoute-moi.
Pour un Drac, tu es un beau petit gamin.
- C'est vrai ? - Oui.
Tu n'as jamais vu des êtres de ton espèce.
Un jour, tu rentreras chez toi
et tu m'oublieras vite ainsi que cette horrible planète.
Je ne t'oublierai jamais, oncle.
Tu as raison.
Je ne t'oublierai jamais non plus.
Oncle ?
Comment était mon parent ?
Ton parent était mon ami.
Non.
Allez, plus vite.
Reviens ici. Au travail.
Regarde, Johnny.
Un joli petit métèque ou je m'y connais pas.
Tiens donc ! Mais il a l'air un peu maigrichon.
Il fait l'affaire.
Un travailleur né.
Vigoureux, le petit sagouin.
Trotte un peu !
Vois comme il cavale !
Comment est-il tombé ici ?
Voyons si son père ne serait pas dans le coin.
Sale vermine !
T'énerve pas pour ce métèque !
Je vais le ralentir un peu.
Tu m'as déchiré la gueule, petit salopard !
Tu vas me le payer.
- Qui es-tu ? - Lâche-le !
Zammis, non.
Nous confions notre frère à la grâce de Dieu.
Et nous livrons son corps à l'espace.
Des cendres aux cendres. Poussière, tu retournes à la poussière.
Et…
Ce truc ne venait pas d'être réparé ?
Qui écoute, de toute façon ?
Au suivant.
Gavorki, George W. Agnostique.
Pas de musique.
Salut.
Au suivant.
Où est ta foutue plaque ?
- Quel tas de branleurs à la morgue ! - Ouvre le sac.
- Regarde ce numéro. - Au moins, il est entier.
Y en a qu'ont toutes les veines.
- Pas de plaque. - Disons Untel. Protestant.
- Attends ! - Quoi ?
Vas-y, prends-le.
Ça alors.
Il parle Drac.
PORTE DISPARU TROUVE SUR FYRINE IV
Depuis trois ans !
Où était-il passé ?
C'est bien Will, toujours là où on ne l'attend pas.
ROBOT EN MARCHE
On l'a trouvé sur la quatrième planète de Fyrine.
Il travaillait peut-être pour l'ennemi.
Ça va pas, non ?
Vous parlez de Will Davidge.
J'ignore au bout de combien de temps ils m'avaient ramassé.
Ils m'avaient cru mort.
Les toubibs ont recollé les morceaux. II faut que je retourne là-bas.
- Attends. - J'y retourne, avec ou sans votre aide.
Pas question, je regrette.
On s'est mouillés pour toi. Tu nous dois ça.
Je ne peux pas te laisser partir.
Laisse-le, s'il a envie d'aller faire le con.
Signalez votre identité.
Willis E. Davidge. J'ai deux heures de vol à faire.
Vous n'avez pas d'autorisation. Désembarquez immédiatement.
Pas question. Je sors.
Coupez vos réacteurs. Sortez de là.
Je vous jure que je passe à travers. Ouvrez ces portes !
Je vais tout défoncer ! Ouvrez ces portes !
Ouvrez !
Maintenant !
Qu'est-ce que vous foutez là ?
Retournez au travail !
Sale vermine !
Où vous vous croyez ?
A la maison de retraite ?
Et que ça saute !
Qu'est-ce que tu regardes, crapaud ? Enfant de pute !
Tu es Oncle.
Bien sûr, on connaît ton Zammis.
Il n'a parlé qu'à moi car je suis seul à connaître la langue Irkmann.
- Où est-il ? - Dans leur vaisseau.
S'il est encore en vie.
Quel jeu dégueulasse. Redistribue.
- C'est toi Daggett ? - Oui.
- Qu'est-ce qui se passe ? - Des ennuis.
- Quel genre ? - Celui-là !
Réveille-toi !
C'est Oncle !
Non…
Salut.
Il est de l'ATB !
Sans blague.
Qu'est-ce que tu fais là ATB ?
Tu vois que je suis impatient, non ?
Je te reconnais.
Tu as tué mon frère Johnny !
Je te croyais crevé, alors.
Réveillez-le et amenez-le par là !
Debout, affreux ! On va pas te porter !
Merde.
Arrête, crétin !
Si on mettait le métèque dans la soupe ! On va lui bouillir les os !
Non!
Eh, ATB ! Où es-tu ?
Je veux que tu voies ça !
Où es-tu fils de pute ?
Viens !
Non ! Zammis !
Non. Zammis.
Non, non.
Attendez !
Alors, t'es dans la merde, maintenant ! De la part de mon frangin !
Oh, non.
C'est là qu'on se dit adieu !
C'est moi. Réveille-toi.
Zammis, réveille-toi.
Réveille-toi. C'est Oncle.
C'est Oncle.
Zammis aura quatre, cinq ?
Oncle, tu as une mine affreuse.
Vraiment ?
C'est vrai.
Toi aussi, petit têtard.
Je t'avais dit que je ne t'oublierais jamais.
Ainsi Davidge ramena Zammis et les Dracs chez eux.
Il tint parole et récita la lignée des ancêtres de Zammis
devant le Conseil Sacré de Dracon.
Et lorsque, à son tour,
Zammis présenta son propre enfant devant le Conseil,
le nom de Willis Davidge fut ajouté à la lignée de Jeriba.
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