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Original subtitles

(soupir de joie)

- Pis moi, mon sport?

(petit rire)

- Si t'es encore là quand je reviens,

je te paie un entraînement privé.

- Laisse faire, je vais m'arranger toute seule.

(rires)

(musique mystérieuse)

(vibration de téléphone)

(soupir)

(vibration de téléphone)

(vibration de téléphone)

C'est-tu le tien qui vibre de même, Chloé?

(grincement de la porte)

(vibration de téléphone)

Chloé?

(vibration de téléphone)

Clo?

Chloé, t'es-tu là?

Chloé? Chloé?

(musique de tension)

Chloé? Chloé?

(vibration de téléphone)

(cri d'oiseau)

- As-tu observé des changements depuis l'incident?

Dans ton sommeil? Ton émotivité?

- Hum... Non, pas vraiment.

(musique mystérieuse)

- Est-ce que tu te souviens des événements?

(musique de tension)

- Quels événements?

- Alice? (rire)

Ouvre, s'il te plaît. Alice! - Non!

(rire)

Non, excusez, c'est vraiment une blague.

Oui, oui, je m'en souviens quand même assez bien.

- OK.

(musique de tension)

- (Frédéric Masson): Bon, es-tu prête?

Charlène?

Les homicides nous envoient un nouveau cas: un suicide.

- Alice est pas là?

- Veux-tu arrêter avec ça? - Ben, quoi?

- Les petites pointes comme si on était un couple

pis que je savais tout de sa vie.

Je le sais pas plus que toi, elle est où.

- Voyons, dégaze, là!

- Regarde, oublie ça. Je vais le faire tout seul.

(soupir)

- Euh, Marianne Tougas.

- Louis-Philippe Dansereau.

- Venez avec moi.

- On est les parents de Chloé Tougas-Dansereau.

- C'est une rêveuse, c'était une romantique.

Elle voulait voyager.

Elle économisait déjà pour aller en appart au cégep.

Quand elle nous a présentés à Adam,

on était contents pour elle, mais...

il y avait une petite partie de moi qui avait peur

qu'elle change, qu'elle s'oublie.

- Ils sont restés combien de temps ensemble?

- Euh... un an. Un peu plus.

- Quand est-ce qu'ils se sont laissés?

- Ça fait deux mois.

(soupir)

- Savez-vous ce qui est arrivé?

- Il l'a laissée.

Elle nous a pas dit grand-chose.

Le pire, c'est que sur le coup, on était presque soulagés.

Premier chum, première peine d'amour, c'est coché:

on peut passer à autre chose.

- Savez-vous s'ils étaient actifs sexuellement?

Écoutez, c'est normal ce que vous ressentez.

Moi, je suis là pour vous accompagner,

c'est pas pour vous pousser.

Mais il faut que vous soyez conscients que...

ces démarches-là, elles vont mettre le spotlight

sur l'intimité de votre fille.

(musique mystérieuse)

- Elle m'avait demandé de commencer la pilule

autour des Fêtes.

Elle me disait qu'elle était prête.

- Qu'est-ce qui s'est passé entre la rupture pis...

- Ben, ils se sont laissés. Hum...

Pis elle a eu un bon deux semaines de...

déprime, là.

Elle pleurait comme... tout le temps.

Après ça, tranquillement,

elle a recommencé à sourire un peu, là.

Ça allait mieux.

Pendant une couple de jours,

on a même retrouvé notre Chloé...

rêveuse pis allumée.

Tu veux-tu de la salade? - Hum-hum.

- Du jour au lendemain,

ça fait... je sais pas, trois semaines,

elle est revenue de l'école pis...

C'est comme si quelqu'un l'avait éteinte.

Quand ils étaient encore ensemble,

Chloé...

(soupir)

Chloé, elle s'était filmée en train de se toucher.

(pleurs)

Pis la veille de sa mort,

ben, toute l'école avait reçu la vidéo.

(musique lourde)

- Ce qui m'inquiète surtout, c'est le sommeil.

Il faut vraiment que tu dormes. - Ben oui.

- Je sais que les polices,

vous êtes pas forts sur les thérapies,

mais après tout ce que t'as vécu...

- Merci.

(musique mystérieuse)

Oui, Karine, j'ai manqué ton appel.

- On a trouvé les parents de Camille Contois.

Ils sont à Montréal.

- Texte-moi l'adresse, je te rejoins.

(crissement de pneus)

(cloche d'une horloge)

(soupir)

- Camille a toujours été tournée vers les autres,

toujours impliquée dans mille affaires.

- Votre dernière interaction remonte à quand?

- Euh, mon Dieu, je sais pas...

Camille s'était payé un séjour...

- De yoga.

- Une retraite de yoga.

Elle était bien excitée d'aller là.

Elle parlait de ça comme si...

c'était un voyage.

(musique mystérieuse)

- Une semaine plus tard, elle vend son auto

pis elle vide son appartement.

Elle n'est plus sur les réseaux sociaux

pis il n'y a plus d'abonnés à son numéro de téléphone.

- OK, fait qu'on sait rien dans le fond.

- Ben, on a sa photo pis son nom.

C'est au moins ça.

On sait aussi que c'est une fille qui se cherchait,

qui aimait les défis pis qui voulait faire partie d'une gang.

- J'en connais une couple de filles qui se cherchent

pis qui aiment ça les défis!

Non, mais on le sait même pas si elle a été agressée.

- Lésions vaginales pis saignements.

C'est écrit dans le rapport du médecin à l'urgence.

Pis si elle avait pas été en psychose toxique,

on en serait pas là aujourd'hui.

Les crimes majeurs vont faire des recherches

dans le registre des retraites de yoga dans le coin de Sorel.

Ils nous reviennent avec ça. - OK.

- Bon!

Chloé Tougas-Dansereau, 15 ans,

retrouvée morte dans son sous-sol.

♪♪♪

Les homicides nous ont refilé le dossier

après avoir conclu à un suicide.

Elle a envoyé une vidéo érotique à son ancien chum:

Adam Huberdeau, 15 ans.

La vidéo a fait le tour de l'école

à partir d'une adresse anonyme.

Tout laisse croire que la petite a pas survécu à ça.

♪♪♪

- Adam, on te rencontre aujourd'hui

parce que t'es notre principal suspect

dans notre enquête

pour distribution de pornographie juvénile,

une enquête en lien avec le suicide

de Chloé Tougas-Dansereau. - Mais c'était son idée!

C'était juste pour moi. C'était pas de la porn.

- Ben, tant mieux si vous étiez consentant

au moment de faire la vidéo. Mais à partir du moment

où tu partages ces images-là avec quelqu'un d'autre--

- Mais j-j-j'ai jamais fait ça!

- Vous pouvez pas accuser mon fils comme ça.

- Mais votre fils, c'est la seule personne

à qui Chloé a envoyé ces images-là.

- Mais j'ai jamais partagé la vidéo.

Regarde, elle n'est même plus dans mon cell, là.

Checkez, je l'ai effacée.

Mais je vous le jure! Pourquoi j'aurais fait ça?

Je l'aimais Chloé, moi.

- Écoute, on est ici pour entendre ta version.

Mais si jamais tu nous caches des affaires

pis on finit par les savoir, ça va être pire pour toi.

- Est-ce qu'on peut savoir pourquoi tu l'as laissée?

- C'est elle qui ne voulait plus de moi.

Elle pensait que je couchais avec une autre fille.

- Et pour te venger, t'as décidé de l'humilier

devant toute l'école? - Ben non!

- Pis elle pensait que tu couchais avec qui?

- OK, on va arrêter ça tout de suite.

Si vous pensez vraiment que mon fils est accusé

de ce que vous dites, vous irez vous chercher un mandat

pis, nous autres, on va se prendre un avocat.

- Parfait.

- J'ai rien à cacher.

- T'es pas obligé.

(musique mystérieuse)

- Qu'est-ce que t'en penses?

- Je pense pas qu'il nous ait menti,

mais j'ai pas l'impression qu'il nous dit tout non plus.

- Comment ça a été, ton rendez-vous?

- Oh, ben correct.

♪♪♪

(vrombissement)

(brouhaha)

(musique de suspense)

- Il manque deux affaires. Le mandat qu'on a,

c'est pour ses communications à elle.

On le sait qu'elle a envoyé la vidéo juste à lui,

mais lui, on sait pas ce qu'il a fait avec.

- Ben, il doit ben avoir des traces quelque part?

- Les jeunes se parlent presque plus par messages textes.

Ils utilisent une application qui efface au fur et à mesure.

Il nous faut un mandat qui ratisse plus large

dans le groupe d'amis. - Oui.

- Sauf s'il a fait un drop. Là, on va être dans le noir.

Parce que regarde!

(bips)

- Aucune trace dans mon téléphone

que je t'ai envoyé une photo.

(brouhaha)

(musique de tension)

(bips)

- Fait que, toi, tu penses que c'est comme ça

qu'ils se sont partagé la vidéo.

- Ben, c'est une hypothèse, là, mais c'est possible.

- C'est quoi la deuxième affaire?

- Hum?

- T'as dit qu'il manquait deux affaires.

- C'est parce que le mobile, il est pas clair.

Lui, il dit qu'il aurait jamais fait ça, partager la vidéo.

Pis je suis pas sûre qu'il mente.

Mais de toute façon, les cellulaires,

ils vont juste nous raconter une partie de l'histoire.

- Bon, Fred! - Hum?

Demain? Promis, là.

- Alice, toi, je te le demande pas.

T'es rendue sage comme une image.

(musique mystérieuse)

(sonnette)

(gazouillements)

(grincement de la porte)

- Allô!

Bienvenue!

(grincement de la porte)

(musique de tension)

(fracas)

(grincements)

(grincement)

(respiration difficile)

(respiration difficile)

(gémissement)

(soupir de soulagement)

(respiration difficile)

(frissonnement)

♪♪♪

(gazouillements)

(musique mystérieuse)

- Je m'appelle Charlotte Pierre.

J'ai 15 ans.

- D'abord, Charlotte, je veux te dire

qu'on peut arrêter n'importe quand.

On peut reprendre ça quand tu veux

avec un avocat ou tes parents.

- Non, c'est correct. - OK.

- Chloé, c'était ma meilleure amie.

On se connaissait depuis la garderie.

- Hum-hum.

- Milo Gravel-Hainse, 15 ans.

- Vous pouvez attendre ici, s'il vous plaît.

Merci beaucoup.

(musique de suspense)

- Comment t'as fait?

Ça part comme de petits pains chauds, ces shoes-là.

- J'ai mes connexions.

(toussotement au loin)

- Parle-moi d'Adam Huberdeau.

- Ben, Adam, c'est un bon gars. Il a un grand coeur.

Tout le monde veut être son ami.

- Vous avez pas de cours ensemble.

Comment vous vous êtes connus?

- Au skatepark.

Ce gars-là, c'est comme un génie.

Il a tous ses cours en enrichi.

C'est là qu'il a rencontré Chloé.

Ils sont dans le programme international.

- Tasha Dionne. Elle a 14 ans.

C'est la blonde de Milo.

Elle est en secondaire 3,

mais elle fait quand même partie de la gang.

- Honnêtement, je sais pas pourquoi je suis là.

J'ai jamais parlé à cette fille-là.

- Elle vient d'un milieu modeste comme Milo.

- "Grosse pute, tu m'écoeures."

Ça, c'est ce que tu lui as envoyé

le matin où la vidéo est sortie dans toute l'école.

- "Tout le monde va savoir que t'es juste une salope."

Ça te dit quelque chose, ça?

Qu'est-ce qu'elle t'a fait, Chloé, pour que tu lui dises ça?

- Vous avez vu la vidéo?

C'est une salope. Aucun respect pour son corps.

- T'es un grand défenseur du corps des femmes, c'est ça?

- Elle a laissé ton meilleur ami pis tu lui en voulais pour ça?

C'est ça? - Fuck non!

C'est Adam qui l'a crissée là.

- Elle a pas été cool avec Adam.

Elle a fait son agace pis tout.

La vidéo, c'était ça, genre.

- C'était quoi?

- C'était, genre, Chloé qui essayait,

genre, de convaincre Adam de revenir avec elle.

- C'est Adam qui t'a dit ça?

- Dans le fond, si j'ai rien à vous dire, je peux partir?

- Tu peux partir.

C'est juste que ça serait peut-être mieux pour toi...

- Sérieux, là, moi, tout le drama de qui a laissé qui...

Ça sert à quoi pour vrai?

- Ça nous donne le mobile.

- Je veux bien, mais ils se mentent entre eux autres,

ils nous mentent à nous. C'est comme un mauvais soap.

- T'es mieux de t'habituer

parce que ta fille arrive à cet âge-là.

Il y en a une qui ment pas là-dedans.

- C'était impossible de la consoler.

Elle se voyait passer toute sa vie avec Adam.

Pis là, du jour au lendemain,

out of nowhere, il l'a crisse là.

Après, le plus tough, c'était de le croiser tous les jours.

On avait tous les mêmes cours.

Pis Maëlie aussi.

- C'est qui ça, Maëlie?

- La nouvelle blonde d'Adam.

Ils se sont matchés, genre, une journée après

qu'il ait laissé Chloé. C'était pas louche pantoute.

Maëlie, c'est la fille que tout le monde aime:

les gars, les filles, même les profs.

Eille, pour vrai, genre, c'est une power bitch!

- Merci, Maëlie, d'accepter de nous parler.

- Ça me fait plaisir.

- Je reviens.

J'ai juste une petite information à vérifier.

(ouverture et fermeture de la porte)

- Bon, ben...

Ben, t'es capitaine de l'équipe de volley,

t'es dans Génie en herbe,

t'es présidente du conseil étudiant,

j'oublie-tu quelque chose?

- Non, je pense que c'est tout.

- As-tu du temps pour un chum là-dedans?

- Oui. Adam, il est pas vraiment demandant.

- Chloé Tougas-Dansereau,

c'était quoi ta relation avec elle?

- Euh... On avait pas vraiment de relation.

Je dirais qu'elle était surtout triste.

(brouhaha)

- Sauf quand elle était avec Adam, j'imagine?

- Oui... Mais même là,

tu voyais qu'il y avait quelque chose.

Adam était pas vraiment bien.

(musique mystérieuse)

- C'est-tu quelque chose que tu fais souvent, ça?

- Quoi?

- T'insérer dans les couples de même?

- Je pense pas que c'est de ma faute

si Chloé était pas capable de décrocher.

- Adam, il dit que c'est elle qui l'a laissé.

Tasha pis Milo, ils disent que c'est toi qui leur a dit

qu'Adam avait laissé Chloé,

mais qu'elle était encore après.

- Hum.

- C'est quoi la vérité?

- Ben, j'imagine

qu'il faudrait demander à Adam. Hum?

- T'aurais pu m'avertir

que t'allais me laisser tout seul avec elle.

- Si j'étais restée,

elle aurait été pas mal moins dans la séduction.

- Elle a pas dit des grand-chose qu'on avait pas déjà.

-Ben, elle a de l'influence sur les trois autres.

C'est quand même pas rien. - Où on va, là?

- La mère de Chloé a appelé.

Le compte de banque de sa fille est vide.

Elle pense que Chloé s'est fait extorquer son argent.

(atmosphère de suspense)

(musique mystérieuse)

Il y a huit retraits de 400$ en trois semaines.

(bips)

- Pourquoi 400$?

- Je sais pas, c'est peut-être le maximum de retrait

qu'elle peut faire par jour ou...

elle voulait peut-être échelonner les retraits.

- Pis risquer de se faire prendre chaque fois?

- Mais, eux autres, ils ont pas peur de se faire prendre.

Ils sont méthodiques, ils laissent aucune trace.

Est-ce qu'on peut voir la caméra de surveillance à l'extérieur,

s'il vous plaît?

- Peut-être que tu leur donnes trop de crédit?

Tu sais, l'ex, la nouvelle blonde, l'amie,

la blonde de l'amie: 100$ chaque, un chiffre rond.

(musique de tension)

(musique mystérieuse)

Pourquoi elle s'arrête?

Câlisse!

- Continue à regarder les dates pis les heures.

Je vais aller faire un tour dehors.

- Peux-tu le remettre au début?

Pis la deuxième journée, asteure.

♪♪♪

(musique de tension)

- Alice!

- L'agent de sécurité va nous envoyer une copie des vidéos.

Alice? Ça va-tu?

- Oui, ça va.

(sonnerie de téléphone)

- Alice Martin-Sommer.

- Je pensais jamais dire ça, mais...

c'est le temps de venir à Sorel.

(musique mystérieuse)

- (Alice): Le centre Agusta,

c'est un centre de yoga réservé aux femmes.

Il offre plusieurs services: des soins de spa, massages,

mais aussi des séances de coaching,

thérapies par l'hypnose.

Ils font la vente

pis ils fabriquent des produits naturels:

des tisanes, de l'onguent.

On a de bonnes raisons de croire

que c'est en voyant un produit fabriqué là-bas

que Camille Contois est entré

dans un état de choc post-traumatique.

(musique de tension)

(grincement de la porte)

- Bonjour! - Bonjour.

- Nasmaste! Bienvenue chez Agusta.

- Je m'appelle Alice Martin-Sommer,

sergente détective.

Je travaille au Groupe d'investigation

des crimes à caractère sexuel.

Est-ce que tu connais cette personne-là?

- Merci, Shanti.

Bonjour!

- On enquête sur la disparition de Camille Contois.

Elle s'est enfuie de l'urgence psychiatrique.

On pense qu'elle a peut-être passé un séjour ici.

- Qu'est-ce qui lui est arrivé?

- Est-ce que vous la reconnaissez?

- Hum... Non, je pense pas, non.

On le voit dans son regard, il y a...

quelque chose de prédestiné.

- "Prédestiné?"

- Oui, dans ses yeux, il y a quelque chose de...

d'incomplet,

comme si elle avait pas trouvé ce qu'elle cherchait.

- Vous êtes le patron?

- Oui, Véda, enchanté.

Bonjour.

- Vous permettez qu'on fasse le tour?

- Bien sûr.

- Ici, on a Pascal Éthier.

C'est un homme d'affaires. Il est conférencier.

En 2015, il a acheté une érablière

pis il a fondé le centre Agusta.

Il se fait appeler Véda.

Ça, c'est un mot qui veut dire "connaissance".

Mettons qu'il a pas de problème d'égo.

- Pourquoi son visage me dit quelque chose?

- Il a participé à Rue des rêves en 2005.

Rue des rêves, c'est un genre de téléréalité.

C'était une maison de chambres qui recevait des jeunes

d'horizons différents. Il s'est fait renvoyer du show.

Personne sait pourquoi.

C'est Charline qui s'est souvenue de ça.

Il a vraiment quelque chose de louche qui se passe là-bas.

- Alors, c'est quoi la suite?

(atmosphère de bar)

- Une promesse, c'est une promesse!

Je vais prendre une bière, s'il te plaît.

Hum... Excuse-moi de t'être tombée dessus, là...

ça avait pas rapport.

- Laisse faire, c'est correct.

(musique douce)

(musique de tension)

(petit cri)

(battements de coeur)

(respiration difficile)

(respiration difficile)

- Mets tes mains sur ta tête!

(respiration difficile)

(vomissement)

- Eh, Freddy boy en chair et en os!

(petit rire de Frédéric)

- Merci. - Excuse, c'était long.

- Je sais même pas si je vais en avoir de besoin finalement.

- Mais tu me dois une date à Montréal, là.

(rires)

Eille, ma soeur,

elle ne se souvenait plus pantoute de ta collègue.

Elle pense que je lui mens pis que je suis en train

de préparer quelque chose pour sa fête.

(musique de tension)

(brouhaha)

- Fait qu'il y a Adam,

l'ex qui a réagi par vengeance parce qu'elle l'a crissé là.

- Non, mais c'est pas encore clair

si c'est elle qui l'a laissé.

- Il y a Maëlie, la nouvelle blonde,

qui aurait agi par jalousie, genre.

Elle, ce qu'elle a dit à Tasha pis Mile,

c'est que Chloé aurait envoyé la vidéo

après leur rupture pour le reconquérir.

- Pourquoi elle mentirait là-dessus?

- Ça arrive souvent que les ados changent la vérité

pour se donner un rôle plus avantageux.

- Ce qui nous amène à Milo pis Tasha:

les deux amis qui viennent d'un milieu plus défavorisé,

qui se sont fait vendre une histoire de triangle amoureux

pis qui auraient peut-être décidé d'en profiter.

- Comme preuve,

on a rien qu'une paire de souliers blancs flambant neufs.

- Chloé voulait pas me dire ce qu'il s'était passé.

Elle disait qu'Adam avait fait quelque chose d'impardonnable.

- Pourquoi j'aurais fait ça?

Je l'aimais, Chloé.

- Quand il s'est retrouvé avec Maëlie, genre, le lendemain,

j'ai compris qu'il l'avait peut-être trompée avec.

Mais Chloé voulait juste pas en parler.

Pis, moi, je respectais ça.

(brouhaha)

- (Alice): Pis Adam pis Maëlie,

c'était comment les voir ensemble?

- Ben...

Tu sentais qu'Adam était pas à l'aise.

Je pense qu'il filait cheap!

Estie de fuckboy.

- Le fuckboy pis sa prom queen.

- Mais, tu sais, aux yeux de tout le monde,

c'était Chloé la bitch.

Maëlie s'était assurée de ça.

- Mais est-ce que le monde savait

qu'il existait une vidéo de Chloé avant qu'elle sorte?

- Je pense pas.

Anyway, depuis l'an passé,

il y a, comme, une loi non écrite à l'école.

Tu parles pas de ce qu'il se passe online.

- "Depuis l'an passé?"

(musique mystérieuse)

- C'était d'une violence assez surprenante.

Les jeunes arrivaient avec des bâtons,

des tiges de métal.

Ils se coordonnaient dans les messages privés d'applis

qu'ils supprimaient automatiquement.

L'équipe-école était complètement dépassée.

Il a fallu faire venir une firme de gestion de crise.

- Pis est-ce que ça a aidé?

- Regardez avec Chloé.

- Ces jeunes-là, est-ce qu'ils sont toujours à l'école?

Est-ce qu'ils se tiennent avec nos suspects?

- Non. - Non?

- C'est une autre gang, mais le mot s'est passé.

Les élèves ont appris que c'était les conversations

sur les applis qui ont mené à la suspension

des élèves de l'année dernière.

Cette année, on est complètement dans le noir.

- On perd vraiment notre temps

avec les applis de réseaux sociaux.

- Ils savaient que c'est là qu'on regarderait.

(musique de tension)

Ah.

Inquiète-toi pas, j'ai pas l'intention de le rappeler.

(vrombissement)

- Il y a une fille qui vous attend à l'entrée.

- Ah, parfait! Non, c'est beau, je m'en occupe.

- OK!

Bonjour. Tu peux me suivre.

- Je m'appelle Lysandre Ouellet, mais j'ai 22 ans.

- C'était pas Shanti, ton nom?

- Merci, Shanti.

- C'est-tu de l'eau du robinet?

- Hum-hum.

- Ça va aller, merci.

Quand on arrive au centre, on reçoit un nouveau nom.

C'est un rituel pour celles qui suivent le programme.

Shanti, ça veut dire "paix".

- Peux-tu m'expliquer pourquoi t'es ici ce matin?

- Je pense que je sais ce qu'il est arrivé à Camille.

(musique étincelante)

Camille s'est mise à vraiment filer tout croche

après une séance.

Elle disait qu'elle avait une migraine

pis qu'elle était vraiment déshydratée.

(respiration difficile)

Souvent, quand on fait une séance de sudation,

on sort avec des crampes dans les jambes.

Ça fait vraiment mal,

mais jamais comme ce que Camille disait.

(gémissements)

Elle s'est effondrée en essayant de sortir de la yourte.

(respiration difficile)

C'est la dernière fois que je l'ai vue.

Le lendemain, son lit dans le dortoir était libre.

Quand je vous ai vus débarquer au centre,

vous avez parlé d'urgence psychiatrique.

J'ai compris qu'elle était peut-être en danger

pis qu'on faisait comme si de rien n'était.

- Pis est-ce que vous prenez quelque chose?

Je sais pas, n'importe quoi,

des substances, pendant vos séances?

- Ça dépend du programme qu'on suit, mais souvent,

c'est juste de l'eau avec des gouttes d'argent colloïdal.

Je pense pas que Camille avait pris autre chose que ça,

mais on l'entendait crier toutes sortes d'affaires

dans le dortoir pendant une partie de la nuit.

- Comme quoi? Qu'est-ce qu'elle criait?

- Ça avait aucun sens.

Quand je vous ai vus au centre avec la photo de Camille,

j'ai pensé à sa famille pis ses proches.

Pis je me suis dit qu'ils voudraient savoir

ce qui s'était passé.

- Hum-hum.

Je peux voir?

(musique de tension)

Les marques sur tes bras,

est-ce que ça date d'avant Augusta ou après?

(cris de douleur)

C'est vraiment courageux d'être venue ici aujourd'hui, Lysandre.

Camille est super chanceuse d'avoir une amie comme toi

qui veut l'aider.

Mais si, toi aussi, il t'est arrivé quelque chose,

tu peux me le raconter.

On est là pour t'aider, nous autres.

(atmosphère de suspense)

(gazouillements)

(vrombissement)

- Chloé? Chloé?

(On frappe à la porte.)

(musique douce)

- Ah oui, excusez!

Entrez.

J'ai essayé de lui éviter les complexes,

qui, moi, m'avaient fait souffrir.

Le rapport à mon corps à...

à ma sexualité.

(musique mystérieuse)

J'ai essayé de lui...

de lui apprendre à se méfier aussi.

Des hommes, surtout.

Mon mari lui apprenait à conduire

pis il lui disait tout le temps que...

"T'as beau avoir la meilleure conduite au monde,

"le problème, c'est que tu peux rien faire

pour te protéger contre les autres."

Comment elle a pu en venir à se sentir aussi seule?

(pleurs)

Ça, je me pardon...

je me l'explique pas.

- Ce qu'on sait,

c'est qu'Adam Huberdeau avait la vidéo en sa possession.

Mais il y a rien qui nous indique qui l'a partagée.

De toute façon, ça fit pas avec son profil.

Sinon, Chloé a vidé son compte de banque

pis elle a donné l'argent à quelqu'un.

Mais on sait pas c'est qui.

On est pas capables de lier l'histoire de la vidéo

pis l'hypothèse de l'extorsion.

- C'est sûr que c'est lié, Alice.

- Je sais, mais on n'a pas de preuve.

Faut continuer à chercher.

Il doit ben y avoir une faille quelque part.

(notification)

- Ah!

Je l'ai!

Venez voir ça.

Les élèves font tous leurs travaux d'équipe

sur une plateforme de partage de documents en ligne de l'école.

- Ils ont pas partagé la vidéo de Chloé là-dessus, j'espère?

- Non, mais elle a encore des travaux avec Charlotte,

fait qu'elle reçoit encore des notif'

quand Charlotte vient jouer dedans.

T'as les versions précédentes dans l'historique.

- Ça, on connaît ça, mais... qu'est-ce que t'as trouvé?

- Ben, je suis allée voir dans les autres documents partagés

sur le profil de Chloé pis j'ai trouvé ça.

- Pfft, "devoir de math." - Il est vide.

- Checkez qui a accès au dossier.

- "Chloé, Maëlie, Milo, Tasha."

- "Utilisateur inconnu."

- Ça pourrait-tu être Adam, ça? - Ben non!

Ils peuvent pas avoir des devoirs ensemble

parce que Milo pis Tasha sont en secondaire 3.

- Exact! Mais c'est pas ça, le punch.

Quand je suis allée voir les autres versions du document...

Checkez ça.

- Eh ben, tabarnak!

Comme quoi, la meilleure chose pour cacher quelque chose,

c'est drette en face de tout le monde.

- Hum. Ils s'écrivaient direct dans le document

pis ils effaçaient à mesure. Chloé recevait les notif'

pis elle obéissait.

- Ils ont juste oublié de supprimer le document.

- Ils peuvent pas. Parce qu'à la base,

c'était vraiment un devoir de math.

C'est Chloé qui l'a créé pour un devoir avec Maëlie.

C'est sûrement Maëlie qui a invité les autres utilisateurs.

Mais c'est juste la personne qui a créé le document

qui peut le supprimer. Pis regarde.

Ça, c'est leur dernière communication.

L'avant-dernière version du document,

le jour où la vidéo est sortie dans toute l'école.

- Ils n'auront plus le choix de parler, asteure.

- Hum!

(musique de tension)

(musique mystérieuse)

(Il compose un numéro.)

- T'es pas à retraite, toi?

(petit rire)

Ta femme t'a pas encore mis dehors?

(rire)

C'est bon, ça!

Eille, ton contact à la police fédérale,

as-tu encore son numéro?

Oui, je voudrais parler à Cédric Larramée:

il travaille là.

Ah, je connais quelqu'un qui a déjà travaillé avec, je pense.

Tu ne viens plus au GICCS,

tu n'appelles plus Alice, tu restes loin,

ou je lui dis que tu t'appelles Pierre-Luc Robidoux

pis que tu viens de Repentigny, on se comprend?

(musique de suspense)

♪♪♪

- Je m'appelle Victor Dubuc.

J'ai été agressé par mes coéquipiers.

(gémissements) - J'ai pas besoin que tu viennes

faire des check-up chez nous. Je vais bien.

Je te jure.

- Tu la laisses tranquille, OK?

- Sinon quoi? Qu'est-ce que tu vas faire?

- C'est pas les idées qui manquent.

(musique de suspense)

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