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- Monsieur le juge !
- Madame la procureur.
- C'est quoi cette rumeur de dîner chez Pierre Solignac ?
Vous n'avez pas lu l'article d'Aude Martinot paru ce matin ?
Il est repris sur les réseaux sociaux.
Elle laisse entendre que vous auriez rencontré officieusement Solignac.
Il vous aurait donné des informations
menant à vos perquisitions.
- C'est ridicule. - Evidemment.
Vous devez démentir fermement.
- Ne serait-il pas mieux d'ignorer ces accusations ?
- Non, ce serait suicidaire. Si la rumeur persiste,
le Ministère va saisir le CSM et diligenter une enquête.
Vous savez comment c'est. Même disculpé, le mal sera fait.
Rassurez-moi, vous avez bien instruit cette procédure
dans le strict respect de la loi ?
- Bien entendu, madame la procureur.
- Alors faites publier un démenti.
- Wang était l'indic' de Lebrion.
Herville les avait mis en contact. La financière avait commencé
une enquête sur le réseau de blanchiment.
Le commissaire Lebrion nous a menti.
Il a prétendu ne connaître ni Wang ni Herville.
- Et...
Dans quel but? - Sûrement à cause de la note blanche
qu'il a envoyée à Bercy.
- Tenez.
Il y a 2 mois,
le président de la République est allé en Chine.
Bercy a demandé à tous les services de police de faire remonter
les enquêtes en cours concernant la communauté chinoise,
l'idée étant d'écarter les affaires sensibles
susceptibles de compromettre les négociations commerciales.
- Lebrion a envoyé une note à Bercy où il évoquait Wang explicitement.
La note a atterri sur le bureau de la députée Aline Lecomte
qui l'a transmise au réseau dont elle est cliente. Voilà.
- Si je vous suis bien,
c'est la fuite de cette note
qui a causé indirectement la mort de Wang
et du commissaire Herville ? - C'est ce qu'on pense, oui.
- Cette affaire est décidément hors-norme.
Les membres de ce réseau ont des relais puissants.
- Lebrion en sait sans doute plus que nous là-dessus.
- On peut peut-être le forcer à dire tout ce qu'il sait.
Il a soustrait un PV à la procédure qu'on a transmise à la Crim.
Il s'agit d'un PV de renseignement daté du 14 mars 2018.
- Bien.
- C'est tout un pan de l'enquête qui vient d'être éclairci
grâce au travail des commandants Escoffier et Berthaud, monsieur.
Par conséquent,
j'aimerais que nous soyons ressaisis de cette affaire.
- Je ne vous suis pas très bien, commissaire.
C'est vous-même qui m'avez demandé il y a quelques semaines
de dessaisir le groupe du commandant Escoffier.
- J'ai eu tort.
- Et vous voulez que je dessaisisse la Crim ?
- Une co-saisine
nous satisferait amplement. - Mais enfin...
Vous croyez que je peux dessaisir, ressaisir un service comme ça
au gré de mes envies ?
Il halète. Je vais passer pour une girouette !
C'est pas sérieux, commissaire.
Mais je vais convoquer le commissaire Lebrion
et je vous tiendrai au courant des suites.
- Dans ce cas...
- Monsieur le juge, je peux vous parler ?
- Je crois que monsieur le juge nous a tout dit.
- Non, j'ai deux minutes.
- Le commissaire Herville est venu plusieurs fois me voir pendant...
C'est impossible pour moi de lâcher l'affaire.
Je comprends que vous vous soyez senti trahi,
même que vous nous ayez dessaisis.
On a merdé. Je m'en excuse.
Mais là, avec ces nouveaux éléments, vous pouvez pas
nous laisser à l'écart.
La Crim va mettre des mois à sortir l'affaire.
Vous savez comment ils travaillent.
- Laure, je ne suis pas en position de vous ressaisir.
Je suis moi-même sur un siège éjectable.
- A cause de vos perquisitions ?
- Solignac m'a tendu un piège.
Je me suis fait avoir comme un bleu.
J'ai accepté un dîner chez lui.
Je savais que c'était risqué, mais il m'avait promis
des informations cruciales sur le réseau.
Tous les documents étaient des faux.
C'est Machard
qui a fomenté le coup avec David Cann
et probablement son avocat, maître Edelman.
- Edelman ?
Josephine Karlsson travaille pour lui.
Soupir
- Ils ont des photos.
Si elles sortent
je suis fini.
- Il y a forcément une solution.
- Me récuser,
pour éviter le scandale.
- Karlsson ! On vous manquait tant que ça ?
- C'est maître Karlsson.
On s'y met?
- Je me demandais si on se verrait avant le procès.
- J'ai mis du temps à récupérer mon droit d'exercer.
- D'où l'autre type ? - Ca s'est pas bien passé ?
- Ben... Dans le genre connard,
il bat des records.
- T'auras plus affaire à lui, j'ai quitté son cabinet.
Je suis à mon compte.
- Ca va bien pour toi, alors.
- Tiens, sers-toi, je les ai passés en douce.
- C'est bon.
- On est à moins d'une semaine
du procès, c'est très court. Comme t'as reconnu les faits,
je peux plaider que l'indulgence, mais tu vas devoir m'aider.
J'ai lu l'enquête de personnalité dans ton dossier.
C'est quoi ce séjour en clinique psychiatrique pour adolescent?
- T'es psy, maintenant? Je m'allonge pour te raconter mon enfance ?
- Lola, t'étais une élève brillante
et tout à coup, au lycée, tu souffres de phobie scolaire
au point de lâcher ton bac. Me dis pas qu'il s'est rien passé.
Tout ce que tu me diras restera entre nous, tu le sais.
Hein ?
- Et toi, alors ?
Pourquoi t'as renversé ce type ?
Qu'est-ce qu'il t'avait fait ?
Tu fais chier avec tes questions.
Démerde-toi avec ce que t'as.
- Je peux rien sans ton aide. - Trouve un truc,
t'es maligne, non ?
Tiens, range ça, on va se faire gauler
avec tes conneries. - Lola !
Coups violents - Surveillante !
- T'es en train de te saborder.
- Surveillante !
- Il m'a droguée au GHB et il m'a violée.
On déverrouille la porte.
- Il y a un problème ?
Me Karlsson ? - Non.
- Morieja.
La porte claque. - On a pas été ressaisis,
mais rien ne nous empêche de creuser nos pistes.
Qu'est-ce qu'on a que la Crim n'a pas ?
- Oury Mazouz.
- Tu peux en dire plus ?
- Il est partout. C'est l'amant de Nadia
et l'ami de David Cann, il a pris 2 ans pour complicité de fraude
à la TVA. Il fait forcément partie du réseau.
- Continuez à bosser sur lui, il faut comprendre son rôle.
- On a pas de commission rogatoire, on peut rien faire.
- On peut monter des surveillances pour cerner son rôle dans le réseau.
Quelle activité déclare-t-il officiellement?
- Aucune. Inconnu de l'administration,
il roule en Porsche et déclare aucun revenu.
- Ca confirme
qu'il magouille.
- Montez un beau dossier sur Oury Mazouz
que je transmets au proc pour ouvrir une enquête préliminaire.
Là, on retrouve des moyens d'enquête
et notre ressaisissement sera incontournable.
Je vais être clair : vous bossez propre. Vous filochez,
vous constatez et me faites de beaux PV. Point barre. OK ?
Pas d'écoute sauvage ni de pression sur témoin.
C'est clair ? - Oui.
- Allez...
- Tu le passes au TAJ ?
- C'est pas possible, Gilou.
Si Roban perd l'affaire,
on saura peut-être jamais qui a tué Herville.
Et moi, je...
- Ca ressemble pas à Roban de se faire avoir comme ça.
On a quoi sur Solignac ?
- Tu veux faire quoi?
- L'obliger à démentir cette histoire de dîner.
On a quoi sur lui ? - Pas grand-chose.
Ah si, on a aspiré les contacts de son téléphone
pendant sa garde à vue.
- Ben écoute, je vais les imprimer, ce sera plus simple.
Il y a plein de noms étrangers.
Nayara Gusmao...
Bianca Lopez... C'est pas brésilien, ça ?
- Moi aussi, j'ai Isabella de Queros,
Andrea Ribeiro, Bianca Lopez...
- Ca sent le bois de Boulogne, ça.
T'as pas un pote à la BRP ? - Si, Benoît.
Je l'appelle.
- Oury crèche plus à l'adresse de sa carte grise.
On arrive pas à le localiser. - Ah, merde !
Va voir du côté de chez Nadia. - Ouais, Benoît, c'est Berthaud.
- Nous, on est sur quelque chose, là. - Ouais, merci.
- T'inquiète, j'y vais avec Tom. - Super.
- J'ai Isabella de Queros... - Bon courage, les gars.
- Bianca Lopez...
Ah, super ! Tu peux me les envoyer par mail?
Merci, je te revaudrai ça.
- Alors ?
- Solignac se tape régulièrement des trav'.
Il m'envoie des infos sur Bianca. - Putain, on le tient!
Clic d'appareil photo
- Eh ben voilà !
- C'est Gilou qui va être content. Je vais l'appeler.
- Non, pas tout de suite. On lui racontera après.
- T'es vénère ou quoi?
- Non, j'apprends.
- Tu sais, Laure et Gilou, c'est spécial. Tu peux pas lutter.
On a un collègue
qui en a fait les frais. - Comment ça ?
- Il pensait former un trio avec eux, et puis non.
- Je comprends pas un truc.
Ils sont ensemble, oui ou non ? - Ca veut rien dire pour eux.
Leur truc, c'est... Ils ont une relation
indescriptible.
- Bon, allez. On le suit.
- Je suis là !
Ben alors, t'as oublié ton sac ?
- On va pas jouer aujourd'hui.
- Ouh là ! T'as l'air sérieux.
- Tu vas être convoqué devant le juge.
- C'est quoi, ces conneries ? Comment tu sais ça ?
- Parce que c'est moi qui t'ai balancé.
Je voulais te le dire en face. - Comment ça, "balancé"?
De quoi tu parles ? - Le vol du PV.
Pourquoi tu m'as pas dit que t'enquêtais sur le réseau ?
- Et toi, pourquoi t'es pas venu me voir plutôt que le juge ?
Dans la police, on lave son linge sale en famille, merde !
- J'ai plus confiance.
Soupir
- Tu sais pas où tu mets les pieds. Tout ça nous dépasse largement.
- Ca veut dire quoi?
Explique-toi.
- J'espère que tu comptes pas revenir à la financière.
Ca risque d'être compliqué de rebosser ensemble.
Clic d'appareil photo
- Tiens, je te mets ça là.
- Merci. - Sucre ?
Ca donne quoi?
- Oury discute avec un employé, là. On dirait que c'est lui, le boss.
J'ai gratté un peu sur Securivitre. La boîte
a 2 salariés pour un chiffre d'affaires
de plus d'un million et demi. - Ca paie,
le double-vitrage. - Tu m'étonnes !
- A mon avis, on est pas les seuls à l'attendre.
Bobonne est chaude comme la braise, là-haut.
- Faut pas trop qu'il tarde, pépère. - Sinon c'est la fessée.
Rires
- C'est Bianca qui s'occupe de ça.
- Ah oui, je suis con, t'as raison.
Elle a peut-être pas que des grandes mains, Bianca.
- T'es vraiment trop con.
- Je connais une version de "Bernard et Bianca"...
Ah, ben le v'là ! - On y va ?
- Ouais. Attends.
OK. go !
- Je vous attends au 1er. - Ouais.
*-Rez-de-chaussée. Clochette
- Hé, vous faites quoi, là ? - Chut.
Gémissements
- Chut !
- Vous voulez quoi ?
- Te parler de tes copines, Isabella, Narayanana
et surtout Bianca.
- Elle t'aime beaucoup, tu sais.
- Je vois de quoi vous parlez. - Tu vois le miroir
au plafond de la camionnette de Bianca ?
Il y a une caméra planquée derrière.
Elle est maligne, Bianca, elle filme ses clients.
Comme elle a une dette envers nous,
elle nous a donné un film de toi en pleine action.
- C'est en HD et tout, on te reconnaît. Top.
- Vous voulez de l'argent?
- Si on voulait du pognon, on ferait pas ce métier.
C'est bien plus simple.
Tu vois Aude Martinot, la journaliste ?
Tu vas l'appeler et lui dire que t'as jamais vu
le juge Roban. - C'est pas compliqué.
- Je peux pas ! - Ah bon ?
- Eh ben on va balancer ta vidéo sur Internet. On commence où ?
- Celui de sa boîte. Les ouvriers vont kiffer de te voir comme ça.
- Faites pas ça, pitié ! - Si tu fais ce qu'on te dit,
on disparaît. Et Bianca, on la tient, elle t'emmerdera plus.
- Sinon on est obligés.
- OK, je vais appeler la journaliste. - Eh ben, voilà.
Il sanglote. Tu fais vite, on est pressés.
- Très pressés. Si dans une heure, on n'a pas le démenti, paf !
Internet !
Halètements
-"Monsieur le président.
"J'ai l'honneur de vous informer
"de ma décision de me récuser
"de l'instruction de la procédure
"relative à l'assassinat du commissaire Herville."
- Bonjour, monsieur le juge. - Bonjour, Didier.
J'ai quelque chose qui va vous intéresser.
Pierre Solignac a fait un communiqué de presse.
Il affirme ne jamais vous avoir rencontré.
- Vraiment ? - Oui.
Attendez, je vous montre.
- Je suis désolé, Didier.
Je me suis fait piéger.
Mais je ne mettrai plus notre travail en péril.
- Vous êtes bien, là.
On vous a arrangé ça
vite fait.
J'espère que ça vous va.
- Asseyez-vous.
Asseyez-vous !
Qu'est-ce qui vous a pris ? J'ai eu Me Edelman,
David Cann est furieux.
Pourquoi vous avez publié ce démenti sans m'en parler ?
- C'est compliqué.
- Je suis votre avocate. Nous avions convenu d'une stratégie,
vous ne pouvez pas décider de faire cavalier seul.
- J'ai été contraint.
- Comment ça ? - Par deux flics.
Ils m'ont fait du chantage,
j'avais pas le choix. - Quel était leur moyen de pression ?
- Ca concerne ma vie privée.
- Laissez-moi faire, je m'en occupe.
- Qu'est-ce qu'il fout, Solignac ? Pourquoi il a démenti?
- Chacun son client, j'ai pas à me justifier.
- C'est notre stratégie, on doit rester solidaires.
Si chacun fait n'importe quoi, on va tomber.
- Ton client n'a pas été mis en examen, que veux-tu de plus ?
- Si vous avez passé un deal avec le juge,
je vous fais bouffer votre merde.
- Inutile d'être grossier.
Solignac ne compte pas vous trahir, le démenti, c'était mon idée.
Si votre avocat
était un peu plus rigoureux, il aurait pu
vous expliquer pourquoi.
Si on enfonce trop Roban,
le Ministère va demander au CSM d'enquêter sur lui.
Le listing va être scruté à la loupe
et ils s'apercevront vite que c'est vous qui l'avez fait.
Ce n'est pas ce que vous souhaitez.
A moins que vous ne soyez suicidaire.
Croyez-moi, le juge Roban a très bien reçu le message.
Il sait que s'il vous met en examen, la photo du dîner tombera.
Téléphone
Allô, Lola ? Oui, attends.
C'est bon, c'est tout ce qu'on avait à voir ?
Je t'écoute.
La porte se referme.
- C'est quoi, le problème ?
Tu l'as baisée ? Ou pas ?
- Bonjour. - Bonjour, Laure.
- Bonjour, vous allez bien ? - Commandant.
- Vous avez défait vos cheveux, c'est joli.
- Merci.
- Je suis content de vous voir.
- Laure m'a dit la bonne nouvelle.
- Oui, c'est un grand soulagement.
Qu'est-ce que vous prenez ?
- Un Porto. - Moi, un verre de pinard.
- Un Bordeaux ? - Bordeaux.
- En même temps, j'ai du mal à comprendre le revirement
de Solignac.
Du coup, je me dis que...
On l'a peut-être
aidé
à prendre cette décision.
- C'est possible.
- Merci. - Merci.
- Il n'y a qu'à vous, Laure,
que j'ai parlé de mes ennuis.
J'espère juste que j'ai pas entraîné qui que ce soit
dans une entreprise périlleuse.
- Santé.
Ce qui compte,
c'est de sortir l'affaire. - Le problème, c'est que
plus rien ne bouge. Plus aucun cash ne sort du réseau.
- C'est trop juteux,
ils vont bouger.
C'est qu'une question de temps. - Mais j'en ai plus.
Je pars à la retraite dans deux mois.
Non, la date est fixée, il n'y a aucun recours.
Donc si plus rien ne bouge...
Je vais partir sur une enquête non résolue.
- Oups !
- C'est une bonne idée.
Ils urinent.
Commandant, vous m'avez fait boire plus que de raison.
- Ca fait du bien de relâcher la pression, non ?
- Monsieur le juge, votre taxi.
- Par contre, évitez de me pisser sur les pompes.
- Bonsoir, monsieur.
- Je peux rentrer à pied ! - C'est trop tard, il est là.
- Euh, commandant...
Veillez bien sur cette jeune femme. - Oui.
- Elle a pas bu que de la limonade.
- Merci beaucoup.
Bonne nuit.
C'était sympa. - Ouais.
- Je vais rentrer en métro. - OK.
Moi, je dois être garé là-bas.
- D'accord.
A demain. - Ouais.
Tu veux que je te ramène ? - Non, ça te fait faire un détour.
- Allez, fais pas chier, monte. Allez, viens.
- Tu veux boire quelque chose ? Encore.
- Non.
Laure sanglote.
- Chut...
- Didier.
Pourriez-vous porter le dossier Pavart-Chablis au greffe ?
S'il vous plaît.
Merci d'être venu. Asseyez-vous.
Vous reconnaissez bien sûr ce document.
- C'est une note que j'ai rédigée pour Bercy.
- Vous y évoquez un informateur chinois.
S'agit-il de Wang Xiao Peng ?
- Dans quel cadre
m'interrogez-vous ?
- Il s'agit d'une audition informelle,
mais si vous y tenez, on peut changer le registre.
Je vous repose la question : s'agit-il de Wang Xiao Peng ?
- Je ne peux pas répondre. Ca aurait trop d'implication.
- Vous reconnaissez aussi ce PV ?
C'est une copie de l'original.
- Vu ma situation, je ne répondrai pas non plus.
- Il s'agit d'une pièce de la procédure Herville.
Vous avez subtilisé
l'original.
Qu'en avez-vous fait?
Ca devient gênant pour vous, commissaire.
- Je suis navré, je peux rien vous dire de plus.
- Si vous refusez de coopérer,
je vais vous reconvoquer dans les formes de droit
et le PV de votre audition sera transmis à l'IGPN.
Comptez sur moi.
C'est ce que vous voulez ?
- Tenez, c'est un mail du commissaire Herville.
-"Monsieur le préfet.
"Vous avez ordonné l'arrêt immédiat de l'enquête du commissaire Lebrion
"sur un réseau de blanchiment.
"L'informateur du commissaire Lebrion, M. Wang Xiao Peng,
"est de ce fait en danger. Sa vie est menacée.
"Je ne lui offrirai pas un gilet pare-balle pour seule protection.
"J'ai donc décidé
"de désobéir à votre ordre et de reprendre contact avec lui.
"Je ne sacrifierai pas un homme aux intérêts économiques
"de la France. Si vous n'avez pas de couilles,
"j'en aurai pour deux. En vous priant, etc."
Signé : "Le commissaire Herville".
Ce mail a été envoyé une semaine avant le double homicide.
Le préfet a suivi
les ordres venus d'en haut.
C'est un parfait exemple de Realpolitik.
Nous avons maintenant presque tout le schéma.
Le réseau a été alerté par la députée Aline Lecomte,
ils ont su qu'un restaurateur chinois informait la police,
ce qui ciblait Wang. Ce dernier
a sans doute essayé d'appeler Lebrion à l'aide,
mais Lebrion, obéissant au préfet, ne répondait plus à l'appel.
Wang a paniqué et a appelé Herville.
Le commissaire l'a retrouvé dans son restaurant
pour tenter de le rassurer,
peut-être de le mettre à l'abri, et c'est là
que le hasard intervient.
Nos trois jeunes braqueurs précipitent l'issue fatale.
Ils prennent l'argent, enferment Wang et Herville dans la réserve.
Le réseau, qui surveillait Wang, est averti du braquage.
Quelqu'un débarque, découvre Wang avec un commissaire.
La décision est prise de les liquider tous les deux.
- La question qui demeure, c'est qui a donné l'ordre de les tuer ?
- Ce qui nous ramène à la question
de qui dirige le réseau.
- Pas mal d'éléments nous conduisent à Chen.
Le millionnaire d'Aubervilliers a des liens
avec Aline Lecomte, et en dehors de sa réussite officielle,
il a des comportements typiquement mafieux.
- Bien. Continuez à creuser la piste.
Pour ce qui est du préfet, je le convoquerai ultérieurement,
quand nous serons prêts à boucler cette affaire.
D'ici là, je vous recommande
la plus absolue discrétion,
y compris vis-à-vis de vos hiérarchies respectives.
Il ne faudrait pas qu'on nous mette des bâtons dans les roues.
- Hé, Laure, si on avance bien sur Oury Mazouz,
je vous garantis qu'on sera ressaisis.
Si le juge nous a convoqués, ça prouve qu'on est pas hors course.
Je vous retrouve à la DPJ.
- T'y crois à la piste Chen, toi ?
- Il encaisse les baux commerciaux de 20 boutiques.
Les gérants sont tous impliqués dans la fourniture du cash.
On a tout ce petit monde sur écoute, mais ça sert plus à grand-chose.
On n'a plus aucune commande d'oseille.
- Le juge nous a dit.
- Le faux listing nous a mis dans la merde.
On a lancé les perquisitions beaucoup trop vite.
Evidemment, maintenant...
Il y a plus rien qui bouge.
- Ca fout vraiment les boules.
Quand je pense au préfet à l'enterrement d'Herville.
Je commence à en avoir ras le cul de cette merde.
- Gilou...
Faut pas qu'on craque. On va aller jusqu'au bout.
- Tu veux faire quoi, Brémont à la main !
- On va en profiter pour faire ce qu'il peut pas faire.
Le réseau bouge plus, on va le réveiller.
- Tu voulais me voir ?
Lola, je t'écoute.
- Moi aussi, j'ai été violée.
Le mec de ma mère.
J'avais 15 ans.
Il était installé chez nous depuis quelques semaines.
Ma mère était partie 3 jours à Dijon pour son boulot.
Le soir, il est venu dans ma chambre.
Je matais une série sur mon ordi.
On a rigolé ensemble.
Puis il m'a dit: "J'ai bien vu ton jeu, petite salope."
Il s'est levé face à moi.
Il avait les mains râpeuses.
Comme du papier de verre.
- Tu l'as dit à ta mère ?
- Elle a pas voulu me croire.
Puis, elle m'a cru,
mais il a dit que c'était ma faute,
c'est moi qui l'avais allumé avec mes petits shorts trop courts.
Ah, non !
Je veux pas ta pitié.
Pas toi.
J'aurais dû faire comme toi, j'aurais dû le buter.
- Il y a pas prescription. On peut traîner ce connard au tribunal.
- Oublie, c'est mort. - Laisse-moi en parler
au procès, ça peut changer la vision de la cour sur tes délits.
- Bien sûr ça valeur plaire !
Ils diront que mon rapport aux hommes est tordu,
mais je veux pas leur compassion, tu comprends ?
- Tu risques 5 ans de taule, Lola.
- Je veux que tu me jures que t'en parleras à personne.
Jure-le-moi.
Soupir
- T'as ma parole.
- Les voilà, les biftons.
La boucle est bouclée.
- Que faites-vous ici ? - Faut qu'on discute.
- Vous nous faites visiter ?
- J'ai fait ce que vous m'avez demandé.
- Eh ben, on a encore besoin de causer. Allez !
- Vous voulez quoi ?
- Dis-nous comment se passent les commandes de cash.
- J'appelle un mec qui m'envoie un coursier
et moi, je fais un virement. - C'est qui, ce mec ?
- J'ai que son 06 et son prénom : Olivier.
- A qui tu fais les virements ? - A cet Olivier !
- Chut !
- Il m'envoie de fausses factures Securivitre
que je règle par virement, du coup, c'est clean.
- Des fausses factures de quoi ?
- Non mais,tu vas où ?
- Hop, hop, hop ! - Tu vas où, là ?
Gémissements
- Du vitrage.
Des fenêtres, quoi !
- D'accord. Tu vas appeler tes potes et commander 500000 euros.
- Vous êtes dingues ! - C'est quoi, le problème ?
C'est la routine pour toi.
Dès que t'as le rencard, tu nous appelles sur ce téléphone.
Il y a un seul numéro dedans.
T'as compris ? Répète. - Je vous appelle avec le téléphone.
- Voilà.
Et essaie pas de nous enfumer, OK ?
- Ils m'ont fait chier à la fouille. J'ai cru que je passerais jamais.
Ils sont cons ici, non ?
- C'est la prison, maman.
C'est normal.
- Ils pourraient respecter les familles.
Déjà que c'est compliqué de venir.
- Ouais, je sais. Fouad m'avait dit.
- J'ai parlé avec le flic, l'autre jour.
J'ai l'impression qu'il me cache des choses sur la mort de Fouad.
J'arrête pas d'y penser.
Je comprends pas ce qui s'est passé.
Tu sais quelque chose, toi ?
- Non. Non.
- J'ai plus que toi, Ryan.
Parle-moi.
Ca te ferait du bien.
C'est ta faute, c'est ça ? Il a voulu t'aider et il s'est mis
dans la merde ?
Jamais Fouad aurait eu des ennuis tout seul. Il était pas comme ça.
- Qu'est-ce que t'en sais, toi ?
Je voudrais voir mon juge.
- Comment ça, "votre juge" ? Comment il s'appelle ?
- Il s'appelle Roban.
- Il faut lui écrire. S'il a le temps, il vous convoquera.
Ambiance festive
- Ca va ?
- Hé ! je t'attendais. Ca va ?
- Ca va. Je suis contente d'être là.
- Moi aussi, je suis content de te voir.
- Ca va me faire du bien. - Nadia !
Ca va ? - Ouais.
- C'est courageux de reprendre le boulot. Merci.
- Je tourne en rond chez moi, donc c'est bien.
- Alors vas-y, il y a du monde. Willy a besoin de toi.
- Ouais.
- Je suis là toute la nuit si t'as besoin de moi, OK ?
- Toute la nuit? - Ouais.
J'ai une commande de cash.
Je l'honore ou pas ?
- C'est qui ? - Solignac.
- Il commence à me courir, lui. -500000.
- C'est pas le moment.
Elle est forte de revenir travailler, hein ?
- Il s'est passé quoi avec Fouad ?
- Comment ça, "il s'est passé quoi avec Fouad" ?
C'est Nadia qui te demande ça ? - Non.
C'est moi, j'ai besoin de savoir. - Merci.
Écoute, Oury !
Je sais que tu l'aimais bien, ce gamin, mais franchement...
Il nous a attiré
que des ennuis. Non ? - Putain, t'as pas fait ça ?
- Oury, c'est toi qui l'as mis dans la combine. Oh !
C'est toi qui m'as dit
qu'il était sûr, oui ou non ?
Si tu regardes bien,
c'est son imbécile de frère qui nous a mis
les flics au cul.
Ouais.
Ne mêle pas ta vie privée au business.
Je te l'ai dit 50 fois !
Par contre, tu la lâches pas.
C'est maintenant qu'elle a besoin de toi.
Tiens.
Tu lui donneras ça.
Pour l'enterrement.
Allez, prends-les.
Tu honores la commande de Solignac.
- Numéro 32, c'est plus très loin.
C'est là. - Là ?
Je vais me poser de l'autre côté.
Putain, y a le Soum, on est pas tous seuls.
- C'est Ali ?
- Merde, qu'est-ce qu'ils foutent là ?
Téléphone
Regarde, quand on parle du loup...
Ouais, Ali ? “Qu'est-ce que vous foutez là ?
- Retrouve-nous au troquet du coin histoire de se causer.
A tout de suite.
- Merci, monsieur. - Merci.
- On a été secouer Solignac, il nous a dit pour Securivitre.
- On reste bien dans les clous, là.
- Quand on aura assez d'infos, on ouvrira une préliminaire
et là, on sera dans les clous.
En attendant, on se démerde.
- Ouais, bien sûr.
- Tu veux savoir ce qu'on sait ou tu boudes ?
- Vas-y, balance.
- Quand Solignac veut du cash, il appelle un certain Olivier.
- C'est Olivier qui lui fait livrer le fric. En compensation, Solignac
fait un virement à Securivitre, qui lui file de fausses factures
pour justifier de ces virements.
- OK.
Votre Olivier, là, c'est Oury Mazouz.
- Comment ? - On a filoché Oury.
Il a passé la journée chez Securivitre.
La boîte est pas à son nom, mais ce qui est sûr, c'est que...
C'est lui qui gère.
- T'es sûr de toi ?
- Oui.
On cherchait la place d'Oury dans le réseau, non ?
Ca se précise. - C'est bien, on avance.
Super
- Gilou.
*Oury sort de la boutique, là. Il est à pied, il vient vers vous.
- Oury vient de sortir, il arrive.
- Putain, il va où ?
- On peut pas le filocher, on s'est fait détroncher à l'enterrement.
- Bon ben, je vais y aller. - Cool.
sympa.
- Bonjour. - Bonjour.
- Je prends le poste 3. - OK.
- Bonjour. - Bonjour.
- Je vais prendre un poste. - Combien de temps ?
- Euh... Je sais pas. 20 minutes.
- Ca vous fera 2 euros. Prenez le poste 7, au fond.
- Merci, chef. - Merci.
- Allô ? Salam alikoum.
Il parle arabe très fort.
Je t'ai dit !
Ouais, ouais. De ?
- S'il vous plaît!
Pas de téléphone ici. - Pardon.
Ouais, attends.
Ouais, ouais.
Ouais...
Téléphone
- Oui, Ali ?
- Il est en train de passer des virements.
*je décroche, il va me repérer.
- Super. On décroche tous, on se rejoint au DPJ.
Il est déjà meilleur que nous, ce con.
- Je pensais pas que ça marcherait. J'ai filmé l'écran de son ordi.
Bon, d'un peu loin, mais si on zoome, regarde.
C'est un numéro de compte.
C'est un peu flou, mais on lit les initiales PL.
- La Pologne. Evidemment, ça part à l'étranger.
- Sûrement un compte-relais avant la Chine.
Les Chinois qui fournissent le cash doivent bien s'y retrouver.
Téléphone
- T'as bien bossé. Tu tapes le PV ?
- Yes.
- Alors ? - C'est Solignac.
Le pognon sera livré demain soir
au restaurant "les Climats", rue de l'Université.
- Génial, on progresse !
- Maintenant qu'on sait que le fric part en Pologne, faut le bloquer.
Ca foutra la merde dans leur système et le big boss va se montrer.
- On peut pas, on est hors procédure.
- On a pas le choix, il faut qu'on le bloque.
Sinon, le coup d'achat sert à rien.
Faut retourner voir Soizic. - Pas question de la mêler à ça.
- Elle a une procédure en cours sur Solignac,
c'est facile pour elle.
- Qu'on magouille, ça nous regarde, on sait ce qu'on risque,
mais elle, ça peut la griller.
- Dis-lui pas ce qu'on a fait.
- Tu proposes de lui mentir alors qu'elle a été super réglo ?
- On fait quoi ? On s'arrête là ?
On n'a pas la tête du réseau. C'est pas Oury.
Gilou, on y est presque, là !
-500000 euros ?
S'ils vous disent de sauter, vous le ferez ?
- Ils m'ont frappé.
- C'est de la pure intimidation ! Arrêtez de vous laisser faire !
- Ils me tiennent.
Ils ont une vidéo compromettante et menacent de la poster sur le Net.
Il faut me sortir de là !
- Comment ? - Je sais pas ! Débrouillez-vous,
je veux que ça s'arrête.
Je vous paie une blinde, il faut livrer!
- Vous allez faire ce que je vous dirai.
Je vous préviens, ce sera pas très plaisant.
- Ca me fait plaisir de te voir.
- Désolé, je t'ai pas répondu, on bosse comme des fous.
- T'es là, c'est ce qui compte. - J'ai un tuyau pour
toi. Bloquer une évasion fiscale de 500000 euros,
ça pourrait t'intéresser ? - Ouais, mais t'y gagnes quoi?
- On bosse sur le mec qui a opéré la transaction, Oury Mazouz.
On pense qu'il bosse avec Cann.
- Vous êtes plus sur l'affaire Herville.
- Si. On espère ouvrir une enquête préliminaire sur Mazouz.
Enfin, si tu le sens pas, le fais pas.
- Mais si !
Je le sens très bien. Demain, j'appelle le banquier d'Oury Mazouz,
je lui laisse entendre qu'il fait du blanchiment.
Il va flipper et m'envoyer ses relevés de compte.
Ensuite, j'appelle le substitut.
Une évasion fiscale de 500000 euros, ils vont kiffer.
D'ici 24 h, les comptes seront bloqués. Ca t'irait ?
- Ben ouais, carrément.
Excuse-moi, j'ai pas la tête à ça.
- OK. Pas de problème.
Je te tiens au jus pour le blocage. - Bien sûr.
Merci en tout cas.
- Mon client est traumatisé,
il n'ose plus sortir de chez lui.
- Mais vous avez des preuves de ce que vous avancez ?
- Il a encore les traces des coups qu'il a reçus.
Montrez-lui.
Vous voyez ?
- Maître, ça ne constitue pas une preuve.
Il a très bien pu se faire ça lui-même.
- Mais enfin, qui fait ça ?
- Les accusations que vous portez
à l'encontre de ces 2 commandants du 2e DPJ sont graves,
monsieur Solignac.
Etant donné qu'ils vous ont arrêté il y a peu en possession de cash
non déclaré, on pourrait penser que vous voulez les discréditer.
- En avouant avoir eu des relations tarifées
avec des travelos ? C'est tordu. Écoutez, mon client a été victime
de séquestration avec violence et d'extorsion de fonds.
Si l'IGPN ne veut pas prendre notre déposition,
nous irons porter plainte dans un commissariat
de quartier.
- On va prendre
votre plainte. Je vais ouvrir une enquête.
Mais si de votre côté, vous pouviez récolter des éléments
plus tangibles pour étayer un peu vos accusations,
ça nous aiderait.
- Luc, tu peux venir, s'il te plaît?
Générique de fin
Sous-titrage : Lylo Media Group
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