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...
...
Musique douce
...
Sonnerie de téléphone
...
-Allô ?
-Ca va ?
Ouais, ça va.
Tiens, regarde.
Bah, ça, c'est le spot, t'as vu ?
C'est le spot dont je te parlais. Il fait hyper chaud.
J'essaye de bronzer. Ouais, je suis à poil.
Attends, mes seins ont bronzé, mon cul a bronzé.
Je suis contente.
T'as vu comme c'est beau, là ?
Il fait hyper chaud, ici. Oh, là, là...
Ca tape, franchement.
J'ai même pas mis de crème.
Ouais.
OK.
Meuf, faut trop que tu viennes. Je pense que tu vas adorer.
Il fait archi chaud,
mais...
Mais c'est cool. Y a personne.
Tu peux te mettre à poil. Tout le monde s'en fout.
Bah là, j'y vais, là.
J'y vais car j'ai hyper chaud et il faut que je fasse une douche.
Regarde.
Trop beau, hein ?
Ouais.
OK.
T'auras plus besoin d'aller chez ta famille.
Tu peux venir ici direct.
OK, bon, on se rappelle. Allez, gros bisous !
Musique douce
...
... Vrombissement du moteur
...
...
Un véhicule approche.
Vrombissement du moteur
...
Le moteur s'arrête.
-T'as ramené qu'un sac, Jony ?
-Qu'est-ce que j'y peux, m'man ?
...
Fracas
Rires des enfants
...
-T'as du réseau, toi ?
Oh !
-Oui, je pense. -Du réseau ?
-Oui.
-Y a pas de réseau, ici. C'est archi chelou.
C'est quoi, ton opérateur ? -Free.
-Free ? -C'est Free.
-Je suis chez Orange, ça marche pas. T'as du réseau chez Free ?
-Bah ouais.
-C'est trop bizarre.
Doit y avoir quelqu'un qu'a du réseau ici chez Orange.
Tu sais pas ?
Je t'ai jamais vu ici.
-C'est une blague ? J'habite ici depuis gamin.
-Bah, je t'ai jamais vu.
J'habite par là, moi.
Ca fait que 3 mois qu'on est là.
Ma mère s'est installée avec mon beau-père.
-C'est qui ton beau-père ? -Deroo.
Tu connais pas ? -Non, je connais pas.
-T'es pêcheur, toi ? Je t'ai vu passer.
-Oui.
-Tu pêches quoi ?
-Du crabe, du homard.
-Tu t'appelles comment ? -Jony.
-OK.
-Et toi ?
-Line.
OK, salut, hein.
Sonnerie de téléphone
Meuf, comment ça va ?
*-Allô, ça va ? -Ouais !
Je t'ai appelée, je voulais te montrer ma coupe,
tu vas kiffer. -Line, c'est lourd.
Aide-moi. -Attends, je suis au téléphone.
-Aide-moi.
-Oh, c'est pas possible.
Il est très relou, en fait.
Tu sais quoi ? Je te rappelle.
*-Tu me rappelles ? -Ouais, bisous.
Elle raccroche.
-Mais c'est rien, on peut...
...
Elle respire fort.
...
Halètements
-Eh, qu'est-ce que tu fous là, toi ?
Tu me cours après ?
-Ca va pas, non ?
T'as cru que c'était ta route ?
-Qu'est-ce que tu regardes chez moi ?
-T'as un gamin, toi ?
-Comment tu sais ça ?
-Je viens de le voir.
Le Margat est né ?
(Dans une langue imaginaire)
-Les temps sont proches.
...
...
-Ses ailes obscurcissent nos plaines et les landes de la Motrice !
...
...
...
-Votre Grâce.
Un véhicule approche.
Musique mélancolique
-Ca va, mamie ? -Ca va, Lou ?
...
-Maman !
...
-Jony,
t'as ton gosse pendant deux semaines.
...
Putain, Rudy, arrête d'enfumer mon gamin !
-Ca va, c'est pas une mauviette, le Margat.
Et c'est un peu mon fils, non ? -Mais t'es malade ou quoi ?
-Attention !
Crissements de pneus
Piaillements d'un oiseau
...
Halètements de Rudy
Piaillements d'un oiseau
...
Cri
*-... retrouvé dans ce champ agricole.
Les 2 passagers, un enfant de 2 ans et un homme de 26 ans...
-Excusez-moi, Freddy, il pleure.
-OK, d'accord. *-La conductrice est décédée.
Sa décapitation interroge les enquêteurs.
La gendarmerie nationale
mène les investigations...
Grande inspiration
-Bon, on va vous laisser.
S'il y a du nouveau, on vous tient au courant.
-Au revoir, messieurs. -Bonne journée.
-Merci, à vous aussi.
...
Un cheval hennit.
-C'était peut-être un accident ? Peut-être ?
-Non !
Cet incident est maquillé !
-Qu'est-ce que tu décides ?
-Moi, rien. C'est au Conseil de délibérer.
Les 1 ne laisseront pas le Margat régner sur Terre.
-Ils vont le tuer, Jony.
-Dès qu'il aura atteint sa puberté, ils le tueront.
-Ils extermineront jusqu'à l'extinction de sa race.
Et nous avec.
-Ma race et celle de mon gosse, elles sont pas près de s'éteindre !
Hennissement
La lutte a commencé cet été.
-La décision de la lutte revient au Conseil.
La lutte est finale.
Elle exterminera toutes les races pour n'en garder qu'une.
Seule une enquête sur les circonstances de l'accident
nous éclairera sur l'incrimination des 1
et nourrira notre jugement, sur la décision de la lutte.
-La gendarmerie est sur le coup.
-Mais les humains sont nuls.
-Peut-être ! Mais les humains, ce n'est pas leur combat !
Je demande des preuves pour la décapitation de mon ex-femme !
Pour moi et celle de ma race ! Hennissement
-C'est une...
C'est une requête extraordinaire, Jony.
Hennissement
Mais nous, les chevaliers du Margat, nous l'acceptons.
-Attendons les conclusions de la gendarmerie
pour voir de quoi il en retourne.
-Gendarmerie nationale, Jony.
Et on décidera.
-Mmh...
-Une tête tranchée comme ça,
pour moi, c'est pas normal.
Eh... Ma tête à couper...
Ca, ça ressemble... Voyez comme c'est fait ?
Ca ressemble à Daesh.
C'est eux qui décapitent les gens.
Bah, Commandant, je sais ce que vous pensez.
Mais bon...
Ca, je vous admire. Vous êtes trop fort, Commandant.
Vous êtes commandant. Moi, que lieutenant.
-Mmh.
-Mais ça viendra. Un jour, je serai commandant.
Ah, ouais.
Mais bon.
Je peux pas... Je peux pas choisir.
Hein, Commandant ?
Bah... Vous aviez...
Vous aviez raison, Commandant.
-Je sais pas, j'ai perdu connaissance,
je me souviens pas.
-Comment elle a perdu sa tête ?
-J'en sais rien. J'ai perdu connaissance, et puis...
Pourquoi toutes ces questions ?
La police, même vous... J'en sais rien.
-C'est avec le choc ou car t'as vu sa tête coupée ?
-Je sais pas, franchement. J'ai perdu connaissance.
-On veut savoir. C'est notre amie aussi.
-Je sais, les gars.
Je me souviens de rien.
Je reviens, les gars.
-Qu'est-ce que tu fais là ? Je te croyais à l'hosto.
-Ils m'ont pas gardé, j'avais pas grand-chose.
-T'as quoi sur le front ?
Bon, allez, viens.
(Rudy...)
La tête a été décollée nette ?
-Nette. D'un trait. -C'est bien, c'est bien.
La mère du Margat, Lou, était déjà à moitié démoniaque.
Quand le Margat sera mûr, tu sais ce que t'as à faire.
Très bien.
D'ici là, à nous les 1, de veiller sur lui,
pour que le Mal germe dans la bête qu'il devient
et aspire à elle seule toutes les ténèbres.
Qu'il périsse alors enfin et tout le Mal avec.
Rudy... -Putain, Jane...
-Calme tes ardeurs, Rudy. Calme-toi.
Veille à ce que ça se passe comme prévu
et que le Margat n'infecte pas plus d'humains, d'accord ?
-Y a pas de problème, princesse ! Ca va tout donner !
-Fais attention, Jony est surpuissant.
-Pas de souci, je le connais, ce paternel.
-C'est un chevalier noir. Capable du pire.
-Mais... -C'est le géniteur de la bête.
-De toute façon, y a l'hiver qui arrive,
donc on va être plus forts qu'eux, ces 0.
-Ca fait des millénaires qu'ils traversent les saisons.
Donc attention.
-Ca va, je suis confiant.
-Alors je te laisse.
Garde tes distances avec les humains.
-Pas de soucis.
Halètements
...
Musique douce
...
La musique s'arrête.
(Dans une langue imaginaire)
-Premier.
...
-La mère du Margat a été anéantie, Premier.
...
-Il n'y avait pas d'autre voie, Premier.
Sa grossesse l'aura contaminée sans rémission possible.
Elle n'était plus humaine, mais mutante et là acquise à 0.
...
...
-Tous vos soldats sont à cette œuvre, Premier.
...
...
...
...
-Au règne solidaire et à l'égalité, Premier.
...
...
-Beaucoup d'humains sont misérables, Premier.
Et dévolus à la vulgarité.
...
-Les hommes et les femmes
sont pourtant si capables d'élévation, Premier.
...
...
...
...
...
...
Musique solennelle
...
Il siffle.
-Qui me siffle, là ? -C'est bibi !
Tu fais ta star dans la rue ?
-Tu crois que je peux pas marcher dans la rue ?
Toujours après moi.
Halètements
...
-Putain, que c'est bon.
-Oui, c'est bon.
-Bon, c'est pas tout, on a du taf.
Surveille le quartier. Faut pas qu'un 1 débarque ici.
-D'accord.
...
Musique vertigineuse
...
...
Musique douce
...
La musique s'arrête.
...
...
-Votre fils prospère, majesté.
...
-Nous préparons son règne sur la Terre, Majesté.
Le néant suprême advient.
...
...
-Nous les vaincrons !
...
...
-Les humains restent des humains, Majesté.
...
-Oui, Majesté.
...
...
-Nos forces sont à l'ouvrage de la damnation des âmes humaines.
...
-Nous reconnaissons les plus élevés d'entre eux
et les massacrons dès qu'ils croissent.
...
...
-Eh, Jony !
Tu fais du cheval, maintenant ?
-Ouais, ça m'arrive. -Je suis avec mon beau-père.
On va faire les courses.
-Monsieur.
-Salut.
Il démarre le moteur.
-Jane, quand est-ce que tu m'emmènes ?
-Où ? -Là-haut.
-Rudy...
Une sentinelle, ça reste sur le terrain opérationnel.
-Tu m'avais promis. -C'est pas le moment.
On est là pour rester, nous.
Notre exil est là, sur Terre,
avec tous ces gens.
-Ouais, mais ces humains sont pas tops.
-C'est soit ça,
soit le néant.
Tu préfères le néant ?
A nous d'amender ces gens.
Attention.
-Comment tu reconnais ces bêtes-là ?
-Ca, je les sens venir.
-Yes ! Un 0 en moins !
-Attention, attention ! Attention.
-Putain, comment ils ont envahi ce gros lard ?
-Ta mue sera bientôt achevée.
L'Empire croît en toi, Rudy,
et t'enjoint à sa bonté et à la mansuétude.
Soupir
-Every day, Jane! Every day!
Yes !
Dis-moi, Jane...
Comment on scanne les gens ? Enfin, je veux dire...
Les différencier des 0 aux nôtres.
-Comment distinguer les bons et les méchants ?
-Mmh.
-Je crois pas qu'il y ait de bons ou de méchants chez les humains.
A part cette bête.
Tous ces gens sont à la balance du Bien et du Mal.
Notre bataille à nous a lieu dans leur cœur.
Perpétuellement, les 0 et les 1 s'affrontent à leur victoire.
Soupir
Piaillements d'oiseaux
Grognements et halètements
-Jony ! Jony !
...
-Tu deviens un des nôtres, c'est tout.
Ca va aller.
Halètements
...
Piaillements d'oiseaux
...
...
-C'est une mémoire maritime et sédimentaire.
-Ca va, monsieur ?
-Oh...
Ah...
-Oh, monsieur ?
Ca va aller ? Qu'est-ce qui vous arrive ?
Ca va ?
Grognement rauque
...
C'est bon, monsieur ?
Vous vous relevez ?
-Excusez-moi.
-Y a pas de mal. -Non...
Alors, toute cette mémoire sensorielle,
vérifiez-la par vous-même.
Marchez sur ces rochers.
Marchez sur ces rochers !
Marchez sur cette mémoire du monde !
Vous allez découvrir des moules.
Sachez que la moule n'a pas de cerveau,
contrairement à la coquille Saint-Jacques.
-Là-bas.
-Je m'attendais pas à ça.
Balbutiements
Je m'attendais pas à ça de son parrain.
C'est super. -Je vous enverrai de l'argent
pour subvenir, du côté de la famille,
aux besoins de cet enfant.
-Merci. -Voilà.
-Je savais pas qu'y avait un parrain du côté
de sa femme. -Ah,
bah oui.
-Merci beaucoup.
Eh, attention ! Tu vas tomber. -Ah...
Le Margat est magnifique.
-Notre Prince est déjà promis à un avenir radieux, Sire.
...
Légers grognements rauques
...
Musique rythmée
...
Une alarme retentit.
...
-On m'attaque ?
...
-Droit devant ? Mais pourquoi ?
Quelles sont nos forces ?
...
...
-Combien de temps ?
...
-La Terre vaut bien cette bataille ultime.
Mais si tôt ?
...
-Les 1, Duc, droit devant !
...
-Pas de mais !
Ils sont là ! Droit devant !
...
-La Terre n'est pas encore conquise qu'ils se jettent à l'affront.
...
-Non, jamais !
Nos colonies demeurent sur la Terre et s'essaiment
comme il est écrit.
...
-Le Mal croît où le Bien fléchit.
La lutte du Bien et du Mal n'existe pas.
C'est une vue de l'esprit des hommes.
C'est juste l'humain qui décroît.
Rire
-Je le sens, on est juste à côté. -Je sais.
Mais t'es encore à moitié humain.
-Oui...
J'étais à 2 doigts de les avoir !
-Tu méconnais la violence dont ils sont capables.
T'es encore à moitié humain. Ils t'extermineraient.
S'ils ont la force, ils ont la sagesse.
Celle de battre en retraite.
-Ils me gonflent, ces deux-là.
-Il est même pas fini, il fait le fou, sérieux.
-Je le massacre, avec sa gueule de moineau.
Heureusement qu'y a des gens entre nous,
ou je l'aurais massacré.
Comment elle nous a regardé cette salope.
-Elle se la raconte, en plus.
-Putain, comment elle doit vachement être bonne.
-T'arrêtes de dire ça.
-Comment je la baise, cette salope.
-Arrête !
-Fais comme moi. Comme ça...
Comme ça, et maintenant...
Ah...
Crépitements
-OK. -T'as compris ?
...
Crépitements
Bah non.
C'est pas ça.
Bah ouais.
-Fait chier. -Encore une fois.
Encore une fois. On va y passer la journée.
Bon,
regarde-moi, Rudy.
...
Crépitements -Et merde.
-T'es mort, Rudy.
T'es mort. Allez...
C'est pas comme ça que tu vas combattre les démons.
T'es pas prêt. -C'est que le début...
A force, on va finir... -A force, d'accord...
-Rudy ! -C'est en forgeant...
-C'est quoi, ce bordel ?
Des feux d'artifice en pleine journée ?
Ca va pas du tout, là.
-On fait rien. -Non, tu fais jamais rien.
Ca va, Jane ? -Ca va, Gisèle ?
-Ca va. -Viens, on y va.
-Ouais.
-N'importe quoi.
-Au revoir ! -A ce soir.
-Au revoir, à ce soir.
...
...
...
...
...
...
...
...
...
...
...
...
...
...
...
...
Musique solennelle
...
Vrombissement du moteur
Le moteur s'arrête.
...
Le moteur toussote.
Le moteur démarre.
...
-C'est Jony, le père du Margat.
-Bonjour, Mme le Maire.
-C'est Mme Deroo.
-Bonjour, Mme Deroo. -Bonjour.
-Comment ça va ? -Ca va très bien.
-C'est vrai ? -A part ma jambe.
-Ah. Qu'est-ce qui y a ?
-Bah, je souffre.
-Ah... Mais vous êtes en courses,
quand même. -Oui.
Il faut. -Oui !
-Faut les faire.
-Qu'avez-vous acheté ?
-Des fruits. -Ah...
-Des pâtes.
-C'est bon, ça. -Oui.
Et votre mari ? -De la viande.
-Votre mari ?
-Ca va. -Ouais ?
-Oui.
-Bon. -Bah il faut, hein.
A part la chaleur. -Ah, la chaleur.
-Oui. Ca tue, la chaleur.
-Ah ouais. -On peut pas, d'ici.
-Ouais. -Mais il faut.
-Ouais. -On a pas le choix.
-Vous êtes une femme courageuse.
-Merci pour me le dire.
-Je le pense.
Je vous retiens pas, à bientôt.
-A bientôt. -Ouais.
Les humains sont attachants.
-Oui.
-Et si cocasses.
-C'est la maison d'un autre démon.
Non, pas lui. Sa belle-fille, là-haut.
Lui, c'est encore un humain total.
-Ouais, Jony. Je vois un truc de dingue, là.
C'est incroyable, j'hallucine.
-C'est pour ça que nous envahirons la Terre entière.
Nous allons exterminer le Mal qui est en chacun d'eux.
-Votre Grâce.
-T'as l'autre qui s'agenouille, qui se prosterne devant...
Ouah, incroyable.
-Nous livrons bataille pour la cause dont vous êtes la souveraine.
Ici, sur la Terre.
-Oh...
-Impact ?
...
-Quelle folie.
C'est une bataille indigne.
...
-Non, non !
Nous allons déjouer ce piège qu'ils nous tendent.
...
Barre à gauche, toute !
...
...
-Cédons !
Nous prospérons dans leur projet de croire
que nous persévérions dans notre honneur.
Ils sont imprévisibles et rigides dans leurs principes.
Leur suffisance les aveugle.
...
-Ils sont assez sots pour croire que ça pourrait s'arrêter,
alors que nous œuvrons pour que ça continue !
-On a de la chance, il fait 20 degrés.
-Oui, y a un petit vent. -C'est agréable.
-Mmh. -Je vous laisse tranquille.
-Vous avez l'air en forme. -Oui, ça va mieux.
-Ca va mieux ? -Oui.
-Au revoir.
Il chuchote.
L'Empire a refusé la joute. -Non...
Il s'est défaussé ? -Oui.
-Oh... Le lâche !
-Il est assez abject pour ne pas se soucier de son honneur.
-Yes !
(-Rudy, s'te plaît !)
-Toute la puissance du Mal réside dans cette créature.
-J'arrive pas à croire comment un bébé
peut être l'incarnation du diable.
Un si petit bébé.
-C'est pourtant vrai. -Putain !
On fait quoi ?
(-Rudy...) -Les chevaliers
du Margat veillent sur lui et le protègent.
Le Prince des Ténèbres doit être enlevé de la surface de la Terre,
tant qu'il est encore petit et peu maléfique.
-Mme le Maire !
Je dois vous parler, si ça vous dérange pas.
-Boitel. Mme Boitel.
La grand-mère du Margat.
-Bonjour.
Bien sûr, Mme Boitel.
Oui ?
-J'ai mon compteur d'eau qui...
Qui va pas. -Ah...
-Et... -Ah oui...
Vous avez appelé la compagnie des eaux ?
-Ca répond jamais.
Mon compteur est enterré
dans le sol. -C'est embêtant.
-J'ai demandé de plus être enterré,
mais... -Je comprends.
On va vous envoyer quelqu'un.
Je m'en occupe personnellement.
On va...
On va envoyer quelqu'un.
-Oh...
...
Musique solennelle
...
-Tu me suis ou quoi ? -Ouais, je te suis.
-Je sais qui t'es.
-Moi aussi. T'es quand même humaine.
-Toi, non, peut-être ?
-T'as pas peur du démon ?
-J'ai surtout pas peur des hommes.
Je les connais et je les vois venir.
-Tu sais ce que c'est être humain ? J'en suis un.
-On est deux.
-On baise, pour voir ?
-T'es malade ou quoi ?
-On a des corps humains, on peut en profiter.
-Tu manques pas d'air.
-Ton petit cul me fait bander. Regarde.
On baise et puis c'est tout. La vie continue.
...
Hennissement
...
Légers gémissements de plaisir
...
Les gémissements s'intensifient.
...
Essoufflements
...
Qu'est-ce que je t'avais dit ?
...
-Le papa et son gosse, quoi.
-Ta gueule, toi.
-T'étais où hier soir ?
-J'étais ici.
Balbutiements
J'ai vu leur engin se poser près du pré.
-So? So what?
-Ils ont peur. Ils font du repérage.
-Votre Grâce !
-Ouais. Une belle bande de losers.
Line rit.
Il rit.
-Ca va durer encore longtemps, ce bazar ?
-T'inquiète pas, Rudy, le spectacle est bientôt terminé.
-Ces connards vont s'en prendre plein la gueule.
-Mais tu vas te taire ?
Arrête !
Stop !
Tu me fatigues, là.
Ils sont plus là ! -Fuck !
-Allez, vas-y.
...
...
Crissements de pneus
...
...
Vrombissement du moteur
-Jony ! Jony !
On m'a enlevé Freddy !
Jony !
-Qu'est-ce qui se passe ? -On m'a enlevé Freddy.
-Quoi ?
Le vent souffle fort.
...
-C'est quand même bizarre.
La femme décapitée.
Le gosse... enlevé.
La mémère, là, qui nous dit rien.
-Pff.
-Tiens, regardez qui c'est !
On dirait Jony. -Bon.
-Quand on parle du loup... C'est quoi ?
-On voit la queue. -Ah.
-Vous avez du nouveau ?
-Pas pour l'instant. On vient de débuter.
Je peux pas vous renseigner.
-Tout le monde sait que vous êtes nuls.
-Euh, faites attention.
Vous vous adressez à la gendarmerie.
D'accord ?
Qu'est-ce que j'avais dit ?
Il est mystérieux, cet homme-là, hein ?
Le mystère total.
-Allez, on y va, Carpentier.
Hop.
Musique douce
...
Quelqu'un approche.
-Messire Jony, mon garçon, qu'est-ce qu'il y a ?
-Vous êtes encore
dans cette forme humaine ?
-La vie humaine a du bon.
Il rit. C'est peu de le dire !
Pourquoi penses-tu que je veuille envahir la Terre
alors que nous sommes dans l'ombre des penchants des humains ?
Mon fils, vous l'avez retrouvé ?
-On y travaille.
-Que ne sais-je, Jony ?
Je n'ai pas d'inquiétude à ce sujet.
L'entreprise est vouée à l'échec !
Le Mal triomphe par la force des choses, non ?
-Oui, Sire.
-Ramène-moi le Margat à sa mémère.
Que mon fils croit sur la Terre et qu'advienne sous son haleine
mon Empire !
Et la malignité.
-Vous avez ma parole, Sire.
...
Fracas
Pleurs d'un bébé
Il pleure.
-Putain, voilà, t'es content ?
Ca te va ? -J'étais pas prêt !
-T'étais pas prêt ? -Mais non !
Je m'attendais pas à ce qu'il revienne.
-Tu sers vraiment à rien, Rudy.
Il s'est pas gêné de me mettre la main au cul.
-Putain, l'enfoiré. -T'inquiète pas.
Viens.
-Fais gaffe à Freddy, m'man.
Avec cette histoire, les autres vont pas chômer.
-Celui qui touche à mon Freddy,
2 claques dans sa gueule. -T'as raison.
-Jony !
-Qu'est-ce tu fous là ?
-C'est par rapport à ce matin.
Si c'est la guerre entre nous,
me mets pas la main au cul. -Je t'ai mis la main au cul ?
-Ouais ! Et pas qu'un peu.
-C'est parce que t'as un beau cul.
-Donc t'es tranquille. -On a bien baisé ensemble.
Tu me plais.
Même si on est ennemis, t'es belle.
-Y a un problème, Jony ?
-Tu veux que je te la dégage ?
-Non, je m'en occupe.
Sanglots
-T'as récupéré le Margat. T'as pas traîné.
-Non, j'ai pas traîné.
-Tu fais quoi avec elle ? -Eh, oh !
Tais-toi.
Tu sais pas à qui tu parles.
Elle sanglote.
...
...
-Votre Grâce.
Nous avons échoué.
Nous étions certains de la plus grande victoire.
...
-Les forces adverses sont redoutables.
Jony est vaillant et intrépide.
...
...
-Le Mal est si fulgurant.
...
-Mon humanité est encore si fragile...
...
...
...
-J'ai foi en cela, votre Grâce.
Notre sort n'est pas sans peine.
...
...
...
...
...
-Bah, Commandant !
Y a rien, absolument rien.
Mademoiselle, attendez, venez avec moi.
Suivez-moi.
Vous avez pas vu un OVNI ?
-Un quoi ? -Un OVNI.
Les engins, là.
Les engins volants, là.
-Non, j'ai pas vu. -Ah.
Euh... -Oh, bah...
-Gendarmerie nationale. C'est quoi, votre nom ?
-Debecque.
Jane Debecque. -Vous êtes la fille Debecque ?
-Ouais.
-Bon, bah, allez, dégagez.
Voyez, Commandant ?
Elle est bizarre, cette fille.
Hein ?
Vrombissement du moteur
...
-Ils sont partis à la pêche.
-Qu'est-ce qu'on fait ?
Eh ! Ouais !
Rire
Yes !
Enfin !
Musique rythmée
... Le cheval souffle.
...
La musique s'arrête.
Une alarme retentit. ...
...
-Que se passe-t-il ?
...
-Ah, enfin !
L'heureuse nouvelle que voilà !
...
-L'Apocalypse !
L'Apocalypse !
L'Apocalypse !
L'Apocalypse !
-Jony ?
-T'essayes de m'exciter ?
-C'est toi ! T'as vu la bête que t'es ?
-Je suis pas à poil dans l'eau.
Elle rit.
T'es jalouse ? -Quoi ?
T'as dit quoi ?
-Tu fais ça car t'es jalouse. -Jalouse ?
Moi ? N'importe quoi !
Jalouse de qui ? -Bah, de Jane.
-Comment ça ? Moi, jalouse de Jane ? N'importe quoi, Jony.
Tiens, aide-moi.
Je suis pas jalouse.
Musique douce
...
... Jony gémit de plaisir.
... ...
-Bah, alors, Jony ?
Tu t'affectes ?
-Qu'est-ce que tu fous là, toi ?
-Ca fait longtemps qu'on s'est pas vus.
Je te cours après, tiens.
-T'as pas peur, toi.
-Je sais ce que je veux.
-Tu sais qui je suis.
Tu sais qui t'es.
On se mélange pas.
-On est ennemis éternels, Jony.
Si on est ennemis...
Les corps qu'on a pris sont pas pareils.
Y a de l'humain en nous, Jony.
-Tout ça, c'est du vent, Jane.
Faut bien qu'on prenne une forme, ici.
-Sans corps, on est rien.
Rien.
-Tu te fais dépasser par ton humaine.
-Tu la sens pas, l'âme ?
Qui est là.
Tu sens pas que tu m'aimes, Jony ?
-Je suis une bête, Jane.
Un démon.
J'entends rien à tes conneries.
-Tu te mens à toi-même.
Tu veux faire le malin, mais une fille voit ça tout de suite.
T'es quand même un homme comme t'es là.
Tout démon que t'es.
(Je te crains pas, Satan.)
(Je te crains pas.)
Musique classique douce
...
... Grondement du tonnerre
... ...
Des chevaux approchent.
...
...
Regarde !
-Putain, mais c'est quoi ?
-Le diable, Rudy.
Par milliers.
Allez, viens !
Musique vive
...
-C'est quoi, ce truc de dingue ?
Putain !
Mais c'est géant.
-Allez, Rudy. -Merde !
-Viens, on y va !
...
Musique sinistre
...
...
...
...
-Jony, Jony !
Nos forces se sont amassées autour de nous.
Sommes-nous prêts, Jony ?
-Nous sommes redoutables par milliers, Sire.
-Et le Margat ?
-En lieu sûr avec sa mémère.
-Et les humains ?
-Les humains sont de crainte aucune.
-A la bataille !
A la bataille.
Roulements de tambours
...
...
Alors, mes démons ?
Rire maléfique
Encore humains ?
Vous êtes mes braves.
Nos éclaireurs !
Ceux qui ont commencé notre exil.
La garde du Margat !
Notre fils !
Notre Prince.
Vous avez préparé son royaume, ici,
sur la Terre !
Notre Terre !
Les humains sont à nous !
Ils nous reviennent !
Acclamations peu enjouées
Musique solennelle
...
-Oui, Commandant, on est pas sortis.
Et c'est pas fini.
Eh ouais.
Piaillements d'oiseaux
-Pff. Mmh.
Mmh...
Mmh.
-Tiens, une fille, mon commandant.
-Mmh.
-Mademoiselle !
Bonjour. Vous êtes du quartier ?
-Bah ouais. Je suis là, quoi.
-Vous avez vos papiers ?
-Je suis en maillot, je vais à la plage.
-Même à la plage, faut avoir ses papiers.
-Je vais les mettre où ? Dans mon cul, peut-être ?
-Je veux pas savoir. -N'importe quoi.
-Pff. -Ca, alors.
-Eh !
-Oh ! Commandant, vous avez vu ?
Oh...
-Pff.
-Quel toupet.
Hein ?
Sans gêne, hein.
Eh bah, dis donc.
Musique majestueuse
...
-Putain, que se passe-t-il ?
-Nos forces contraires fusionnent.
-Quoi ?
-On forme un trou noir. -Mais...
...
Grondement du tonnerre
...
Musique majestueuse
...
Non !
...
... Cris
... ...
...
-Qu'est-ce que c'est que ça, Commandant ?
Qu'est-ce que c'est que ça ?
-Mmh.
Un orage, Carpentier.
-Un orage ?
Bah, Commandant, elle est où la voiture ?
-Voilà, elle est là, la voiture.
-Ouais. Elle est là. Ca...
-Qu'est-ce que c'est
que ce bordel, Freddy ?
Regarde-moi ça, le tableau !
Musique solennelle
...
Il rit.
-Allez, on y va, Carpentier.
Le moteur peine à démarrer.
Meuglement
Le moteur démarre.
Musique douce
...
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