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Combien de tonneaux de poudre ?
Douze. En plus des fusils.
200 revolvers de l'armée, munitions comprises,
ont été volés dans notre camp de base près de la fête foraine.
Les gardiens qui surveillaient les armes
ont déclaré que c'étaient des hommes du peuple.
Avons-nous la moindre idée de qui a pu faire ça ?
Je n'ai aucune certitude.
Retrouvez ces armes. Mais restez discrets.
Je ne veux pas d'effusion de sang.
Cela ne ferait qu'apporter de l'eau à leur moulin.
A-t-on des nouvelles de Sissi ?
Elle aurait passé la nuit dans une auberge.
En compagnie d'une étrangère.
Mais nous avons perdu sa trace.
Fais paraître ce poème,
et elle te reviendra.
C'est bien la dernière chose que je compte faire.
Vas-y, monte.
Tiens-moi bien.
Et hop !
Bienvenue dans ma patrie.
Il y a une chose que vous devez savoir.
Mon père... C'est un homme bien, mais...
il n'aime pas les Autrichiens.
Pourquoi ?
Eh bien, il s'est battu contre votre pays et...
il a toujours la balle d'un Autrichien dans la jambe.
Mais ça va aller.
Papa !
Alma !
Comme je suis content de te voir !
Qui est-ce ?
Ce sont mes amis. Je te présente...
Margarete.
Et son fils...
Oui... Julius.
De Berchtesgaden.
Merci de nous accueillir.
Berchtesgaden, vraiment ?
Mon fils a toujours voulu voir la mer.
Tu es un pêcheur ?
Tu m'apprendras à pêcher ?
D'accord, entrez.
Tu dois avoir faim.
C'est l'heure de dîner.
Tu devais vraiment choisir
un costume surveillé par deux colosses ?
Il est parfait, regarde la couleur.
Il ne te le donnera pas de son gré.
Je sais. Tu lui voles son haut-de-forme,
les larbins te poursuivent et je m'occupe du monsieur.
C'est quoi, ce plan à la noix ?
Tu as la frousse ?
Moi ?
Tu les sèmeras sans problème. Ils sont sûrement...
très lents.
Ou encore, tu prends un bout de bois...
Halte, mon haut-de-forme !
Ramenez-le-moi !
- On va l'avoir ! - Bon sang !
Bonsoir, cher monsieur.
Alors,
on peut régler ça de deux façons. Soit...
Pas mal non plus.
Attends un peu !
Très lents, tu parles !
Reste où tu es !
Tu n'iras pas loin !
Tu vas voir un peu !
Attends-moi !
Maintenant, tu regardes ici.
Et tu relèves le nombre de degrés.
43 degrés.
Ce qui signifie que nous sommes
à plus de 150 lieues de poste de Vienne.
Tout à fait !
Maman ?
J'ai peur que tout devienne encore plus grave.
Qu'est-ce qui te fait dire ça ?
Papa...
Tu l'as laissé tout seul.
Tout ça à cause de moi.
Mais ce n'est pas de ta faute, Rodolphe.
Parfois, ton père et moi ne sommes pas du même avis.
C'est à nous de régler ça entre nous.
Et nous, on passe du bon temps ensemble.
Je suis sûre que papa serait content pour toi.
Qui êtes-vous vraiment ?
Où étais-tu ?
Va au diable !
Alors ? Je te plais ?
Le bal de la cour n'attend plus que moi.
Oui... ça te va bien.
Du moins, tu te fondras dans la masse.
Et ça, je l'ai pris dans sa poche.
Moitié-moitié ?
Tu invites l'impératrice d'Autriche dans ma maison !
Que s'est-il passé ?
Dis à ta copine de Berchtesgaden
de faire ses affaires et de quitter les lieux !
A l'époque, à Solférino,
des milliers d'hommes ont étouffé comme des animaux
dans leur propre sang !
Tout ça parce que le mari de cette femme
refusait d'accorder leur liberté aux Italiens !
Et ici, dans cette jambe,
il y a toujours une...
Papa !
Ca suffit !
Dehors !
Alma, ton père a raison.
Nous quitterons votre maison cette nuit.
Viens, Rodolphe.
Maman.
Moi la première, je ne veux plus jamais de Solférino.
Voulez-vous savoir pourquoi nous avons fui Vienne ?
Parce que mon mari avait confié mon fils à l'armée.
Franz aussi a eu cette éducation, comme tous les héritiers du trône.
Il pense que c'est la seule voie pour un futur empereur.
Et vous n'êtes pas de son avis ?
Un bon empereur
devrait selon moi chercher avant tout la voie de la paix.
Au lieu de mener des guerres sanglantes.
Bienvenue sur notre île.
Demain, je te montrerai comment on attrape des poissons.
C'est ça qu'un empereur devrait savoir faire.
Tu voulais me parler ?
Comment se sent-on dans l'autre camp ?
Dans le camp des ouvriers ?
Ils ont la vie dure.
200 revolvers de l'armée se promènent dans la nature.
Mon peuple meurt de faim.
Et ma femme s'est volatilisée avec mon fils.
Et dire que je pensais avoir atteint le fond !
Que veux-tu dire ?
Ce n'est pas tout.
Le tsar de Russie veut rompre son alliance avec la France.
S'il fait cela,
Bismarck mettra le grappin sur la Russie.
Ensemble, ils ne feront de nous qu'une bouchée.
Que comptes-tu faire ?
Devancer Bismarck.
Tu veux proposer une entente au tsar ?
Il t'en veut encore, pour la Crimée.
Il n'y a qu'une personne dans cet empire...
qui saurait convaincre le tsar.
Ta mère ?
Tu veux aller à Bad Ischl ?
Crois-moi, je préférerais déambuler nu au Prater
plutôt que de lui demander son aide.
Il faut lancer très loin.
Tiens-la bien fort.
Au cas où un poisson mordrait.
Chapeau, madame.
Mon père commence à vous apprécier.
Pourtant, nous sommes autrichiens.
J'imagine qu'il est impossible de trouver ici la presse viennoise.
On n'a même pas la presse française.
Peut-être un moyen de télégraphier ?
Pas ici, mais en bas au village.
Adressez-le à la comtesse Esterhazy en personne.
C'est fait.
J'ai posé un ultimatum à mon mari.
Je lui ai dit que je ne reviendrais
que s'il me confiait l'éducation de Rodolphe.
Si Franz accepte mes conditions,
il doit faire paraître dans la presse viennoise
un certain poème.
"Je veux un plein droit à la liberté Si j'y trouve la moindre restriction
"Pour moi le paradis se transforme En un enfer, en une prison"
Tu connais Heinrich Heine !
Voilà.
La réponse n'arrivera pas plus vite si on attend ici.
Finies les pensées sombres.
Viens, je vais te montrer ma plage préférée.
Mère.
Père.
Qui est-ce ?
Ton fils.
J'ai un fils ?
Oui, Franz Karl.
C'est l'empereur d'Autriche.
On ne nous a pas annoncé ta visite.
Me reçois-tu quand même ?
J'aimerais te parler seul à seul.
Seul à seul.
Ton père et moi n'avons aucun secret l'un pour l'autre.
Mère.
L'Autriche-Hongrie a besoin de ton aide.
C'est plutôt toi qui as besoin de mon aide.
Par le passé, tu as toujours été parfaitement informée
sur les intentions du tsar.
J'imagine que ton lien privilégié
avec la cour de Russie est toujours en vigueur ?
Pourquoi cette question ?
Comme tu le sais peut-être,
le tsar a rompu son alliance avec la France.
Je suppose que tu veux gagner le tsar à ta cause.
Si tu avais suivi mes conseils en l'aidant à conquérir la Crimée,
tu n'en serais pas là.
Mère, si je suis venu,
c'est parce qu'il s'agit de guerre et de paix.
J'ai tout sacrifié pour toi.
Pour ton règne.
J'ai même accepté
de ne pas avoir mon mari à mes côtés,
pour ton bien.
Ce temps est révolu.
Ce qui veut dire non ?
Je vois que nous nous comprenons.
Tu ne t'es pas sacrifiée pour moi, mère.
Mais par amour pour l'Autriche.
Il semble que même cet amour s'est éteint.
Je te souhaite une bonne journée.
Et le bal de la cour ?
Tu ne comptes pas l'annuler ?
Pourquoi l'annulerais-je ?
J'ai ouï dire que ta cavalière avait disparu.
Avec ton fils.
Que sais-tu à ce sujet ?
Tu me demandes si je sais où est ta femme ?
Je n'en ai hélas aucune idée.
Le bal de la cour est l'événement le plus important de l'année.
La couronne est en pleine capacité, même sans l'impératrice.
Ce n'est pas vraiment une plage.
Pas assez confortable pour une impératrice ?
Allez, viens.
Hop !
Qu'est-ce que tu fais ?
Surprise.
Tu vas sauter ?
Aurais-tu peur ?
Ce n'est que la mer.
Mais tu sais, j'ai eu peur de sauter
la première fois que je suis venue ici.
On se retrouve en bas.
Saute ! Qu'est-ce que tu attends ?
Viens !
Qu'y a-t-il ?
Pardon, Mme la surintendante.
Un télégramme pour vous.
On vous a vue ?
Non, pourquoi ?
"Chère comtesse Esterhazy,
"Rodolphe et moi sommes en sécurité, rassurez-vous.
"Continuez à veiller sur Gisèle
"et prévenez-moi
"si mon mari se dit prêt à faire publier le poème.
"Soyons confiants en l'avenir.
"J'espère être bientôt de retour."
Ce matin, ils en ont encore renvoyé 10 d'entre nous.
Ils nous méprisent tandis qu'on s'échine
sur cette maudite rotonde pour l'Exposition universelle.
Il est temps pour nous de...
De quoi ?
De nous partager les armes et de nous en servir.
Que vient faire mon frère dans cette auberge ?
Tu n'es pas au courant ?
Gustave a une petite amie.
Alors...
Que fais-tu quand l'empereur entre dans la pièce ?
Je lui mets un coup de poing.
D'accord. Et ensuite ?
Je m'incline.
Vas-y.
Plus bas.
Plus bas.
Bien plus bas.
- Encore plus bas. - C'est impossible.
Bien.
Que fais-tu si l'impératrice approche et fait ceci ?
Allez.
Arrête, je ne suis pas de la chair à saucisse !
Tu veux que je te montre ?
Non, je recommence.
Ne pose pas les lèvres !
Oui...
Que feras-tu si ton mari ne publie pas le poème ?
Maman !
Maman !
Regarde ce que j'ai attrapé !
Tu as vu ?
C'est un bar.
Et il l'a sorti tout seul de l'eau.
Il est énorme !
Ton grand-père aurait dit "un sacré gaillard" !
- Viens, on va faire une photo. - Oui.
Avez-vous fait bon voyage...
Que faites-vous ?
Nous aérons les robes de votre épouse.
Pour le cas où vous changeriez d'avis en publiant le poème.
Je vous pose la question une dernière fois.
Où est mon épouse ?
Elle vous a dicté la lettre qui m'était adressée.
Ne prétendez pas que vous n'êtes pas en contact.
Il ne dépend que de vous de la faire revenir.
Sortez !
- Bonjour. - Bonjour.
Rodolphe et mon père sont partis en mer à 4h du matin.
Il a vraiment l'air heureux.
Tu ne trouves pas ?
Oui, c'est vrai.
- Qu'est-ce que tu as ? - Rien.
Tout va bien.
Alma, dis-le-moi.
Rien, je t'assure. Tout va bien.
Qui est-ce ?
Une danseuse de Paris.
Je peux ?
Et elle ?
Je l'ai aussi photographiée à Paris.
La femme du consul espagnol.
Si son mari savait ça...
Tu es souvent à Paris ?
Aussi souvent que possible.
Je parie...
que cette ville te plairait aussi,
avec toutes les choses excitantes qui s'y passent.
Les dames au bal de la cour vont s'évanouir
l'une après l'autre, Votre Majesté.
Votre optimisme m'a toujours stupéfait.
Franz !
J'arrive du chantier.
La moitié des ouvriers a été renvoyée.
Ceux qui restent sont à bout.
Tu sais ce que tu fais ?
Je sais, oui.
Ma mère refuse de m'aider.
La Russie et l'Allemagne vont bientôt s'allier.
Un conflit nous guette, le pays a besoin d'argent.
Si tu continues, tu n'auras plus de pays
avant même que quiconque te déclare la guerre.
Ni personne prêt à risquer sa vie pour toi.
De qui es-tu le plus proche ?
De ces ouvriers ?
Ou de la couronne ?
Nos invités arrivent déjà ?
Oui, Votre Majesté.
Laissez-moi encore une minute.
Les hommes sont prêts, Votre Altesse.
Quels sont vos ordres ?
Retrouvez les armes volées.
Par tous les moyens.
Qui peut-il bien attendre ?
Moi, peut-être.
Ca suffit, maintenant.
Je récapitule : on remplit nos poches et on s'éclipse au plus vite.
Oui, mon capitaine.
Bonsoir.
Antoinette Pascalina Metternich comtesse Sandor von Winneburg.
Regardez.
La broche de ma mère.
Vous ne reconnaissez pas le blason ?
Si, bien sûr. Pardonnez-moi, comtesse.
Et vous êtes ?
Georg zu Wartenberg comte von Waldstein.
Mon fiancé...
Toutes mes félicitations.
Je suis une amie de Vienne.
On a entendu parler de vous. Notre île vous plaît ?
C'est merveilleux ici.
On mange ou on danse ?
- On danse ! - Allons-y.
- Salut. - Joseph !
La chaise est libre ?
Assieds-toi !
Ils t'ont viré aussi ce matin ?
Pas encore.
- A quoi jouez-vous ? - Watten.
- Le perdant paye. - On est tous perdants dans ce pays.
Je me joins à vous.
Qu'est-ce que tu as à la main ?
Bataille de Sadowa, 13e régiment d'infanterie.
Ah, la guerre...
Satanée guerre !
Tenez-vous prêts, soldats.
C'est chic, ça.
Merci.
Pardon.
Chère madame.
Vous êtes splendide.
Magnifique. Bonne journée.
Très bonne soirée.
Gustave ! Un peu de tenue, on est au...
Comment tu as fait ?
Il y en a d'autres.
Mesdames et messieurs, l'empereur.
Votre Altesse, votre épouse étant en cure,
souhaitez-vous annuler l'ouverture du bal ?
J'ouvrirai le bal en personne.
Avec qui l'ouvrirez-vous, Votre Altesse ?
Qui est cette femme ?
C'est...
Antoinette Pascalina Metternich comtesse Sandor von Winneburg.
La fille de mon attaché à Paris ?
Comtesse Metternich Sandor von Winneburg.
Oui.
Vous avez certainement fui Paris à cause des émeutes ?
C'est moi qui ai offert cette broche à votre mère.
Oui... ma mère.
Elle raconte que vous lui avez coupé le souffle
lors de cette rencontre, Votre Altesse.
Comme à moi aujourd'hui.
Puis-je vous inviter à ouvrir le bal ?
L'archiduchesse Sophie d'Autriche mère de l'empereur.
On peut dire que j'arrive à temps, Franz.
Pour l'ouverture du bal.
Mère.
Mon contact avec le tsar Alexandre
va bientôt me rendre visite pour un entretien.
Satisfait ?
Tu ne t'opposeras pas à ce que nous restions ?
Nous ?
Je suis bien évidemment venue avec ton père.
A terre, immédiatement ! Tout le monde !
Les mains derrière la tête !
Où sont les armes ?
Où sont les armes ?
- Où sont... - Dehors !
Dehors.
Vous n'avez rien à faire ici.
Walli !
Qu'y a-t-il, que s'est-il passé ?
On s'en va.
Pourquoi ?
S'il te plaît...
Partons...
Comtesse Metternich Sandor von Winneburg.
Un instant.
Pardonnez-moi.
Je ne voulais pas vous brusquer en vous invitant à danser.
Permettez-moi de me racheter. Où êtes-vous logés ?
Ici à Vienne.
Le nom de votre hôtel.
Grand Hôtel de Vienne.
Les rues ne seront pas très sûres cette nuit.
Je préfère vous faire escorter.
Conduisez ces messieurs dames au Grand Hôtel.
Et assurez-vous qu'ils regagnent leur chambre en toute sécurité.
Je prévois un banquet en l'honneur de l'Exposition universelle.
Je serais ravi si vous et...
votre fiancé acceptiez d'être mes invités.
C'était un plaisir.
Une calèche vous attend.
Merci de nous avoir emmenés ici.
Cela fait longtemps que je n'ai pas été aussi heureuse.
Si Franz restait sur ses positions...
Qui sait...
Je pourrais m'imaginer une vie comme ces gens.
Peu de gens feraient ça.
Renoncer à tout ce qu'ils possèdent pour leurs convictions.
Tu crois...
que je pourrais te photographier, toi aussi ?
Moi ?
Viens, retournons danser !
Que se passe-t-il ? Alma !
Qu'est-ce que tu as ?
- Alma ! - Sissi !
Quoi ? Alma !
Parle-moi, Alma !
Alma !
Au secours !
Qui êtes-vous ?
J'ai trouvé votre femme.
Adaptation Carole Formont
Sous-titrage Audi'Art
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