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Ce mariage ne peut avoir lieu.
Poursuivez.
Je ne le puis sans poser de questions sur ce qui vient d'�tre d�clar�.
Je suis en mesure de fournir la preuve de mon all�gation.
Il existe un emp�chement insurmontable � ce mariage.
Expliquez-vous, Monsieur.
Il consiste en l'existence d'un mariage ant�rieur.
Mr Rochester a une femme qui est toujours en vie.
Qui �tes-vous?
Mon nom est Briggs. Je suis avou� � Londres.
Et vous avez la pr�tention de m'attribuer une femme.
"J'affirme et puis prouver que le 20 Octobre 1820,
"Edward Fairfax Rochester de Thornfield Hall a �pous� ma soeur,
"Bertha Antoinetta Mason, fille de Jonas Mason, n�gociant,
"et d'Antoinetta Mason, sa femme, cr�ole,
"� l'�glise Saint Michael, � Spanish-Town, Jama�que.
"L'acte se trouve sur le registre de cette �glise. Une copie est jointe � cette d�claration."
Sign�: Richard Mason.
Ce document, s'il est authentique,
prouve peut-�tre que je me suis mari�,
mais pas que la femme ainsi d�sign�e soit encore en vie.
- Elle �tait vivante il y a encore 3 mois. - Comment le savez-vous?
J'ai un t�moin, un t�moin dont m�me vous ne pourrez contester le t�moignage.
Produisez-le ou allez au diable!
Ayez la bont� d'approcher, Monsieur.
Qu'avez-vous � dire?
Edward, comprenez-moi...
Je vous le demande encore... Qu'avez-vous � dire?
Mr Rochester, n'oubliez pas que vous �tes dans un lieu sacr�.
Monsieur, Mr Rochester a peut-�tre �t� mari�,
mais �tes-vous bien s�r que sa femme vive encore?
Elle est � Thornfield Hall.
Impossible. Je sers depuis des ann�es dans cette paroisse.
Je n'ai jamais entendu parler d'une Mrs Rochester � Thornfield Hall.
Non, morbleu!
J'ai pris soin que personne n'en entend�t parler,
ou, du moins, n'entend�t parler d'elle sous ce nom...
Wood, refermez votre livre. �tez votre surplis.
John Green, quittez l'�glise. Il n'y aura pas de mariage aujourd'hui.
Venez tous. Suivez-moi.
Bonjour, Mrs Poole.
Comment va votre malade aujourd'hui?
Pas trop mal, Monsieur.
Voil�, Messieurs...
Voil� mon �pouse l�gitime.
Regardez-la.
Regardez-la!
Et voici ce que j'ai d�sir� poss�der.
Cette jeune fille, qui demeure si grave et si calme au seuil de l'enfer.
"Bigamie" est un mot hideux.
J'ai eu l'intention d'�tre bigame.
Mais le destin a d�jou� mes plans, ou alors, la Providence a contrecarr� mes desseins.
- Amen. - Oui, amen!
Bertha Mason est folle.
Elle est issue d'une famille de fous, d'idiots, de maniaques, depuis trois g�n�rations,
dont sa propre m�re...
... ce que je d�couvris apr�s avoir �pous� la fille,
car la famille m'avait tu ce secret avant.
Son fr�re parmi eux. Mon ami. Richard Mason.
N'est-ce pas, Richard?
N'ayez crainte. Plut�t frapper une femme que vous.
A pr�sent, jugez si j'avais ou non le droit de rompre ce lien pour chercher de la sympathie aupr�s d'un �tre humain.
Cette jeune fille n'en savait pas plus que vous.
Elle pensait que tout �tait loyal et l�gitime.
Elle n'a jamais imagin� tomber dans le pi�ge d'une fausse union avec un mis�rable.
Maintenant, jugez-moi.
Et rappelez-vous que vous serez jug�s sur votre jugement.
Laissez-moi, maintenant. Je dois m'occuper de mon �pouse.
(BRIGGS) Madame...
Vous �tes, bien s�r, exempte de tout reproche.
Votre oncle, s'il est toujours en vie,
sera heureux de l'apprendre.
Mon oncle? Que savez-vous de mon oncle?
Mr John Eyre, avec qui r�cemment, et pour la premi�re fois,
vous �tes entr�e en relation.
Vous lui avez �crit pour lui annoncer votre intention d'�pouser Mr Rochester.
Mais encore? Comment connaissez-vous Mr Eyre?
Mr Mason le conna�t.
Il se trouvait � Mad�re pour se soigner
quand Mr Eyre lui parla de vous
et de votre mariage imminent avec Mr Rochester de Thornfield.
Mr Mason, tr�s alarm�, lui r�v�la la v�rit�.
Savez-vous que votre oncle est malade et alit�?
Non, il ne me l'a jamais �crit.
Il est peu probable qu'il puisse s'en relever. Il �tait fort inquiet
et a suppli� Mr Mason de h�ter son retour pour vous sauver du pi�ge o� vous �tiez tomb�e,
lui conseillant de me contacter pour que je lui pr�te assistance.
Je suis heureux de n'�tre pas arriv� trop tard,
... comme vous devez certainement l'�tre vous-m�me.
Est-ce l� tout, Monsieur?
Je suis certain que votre oncle sera mort avant de pouvoir le rejoindre � Mad�re.
Vous feriez mieux de rester en Angleterre en attendant d'autres nouvelles de Mr Eyre...
ou de moi-m�me.
Merci.
Enfin vous sortez!
Voil� longtemps que je vous attends.
Ainsi vous m'�vitez.
Vous vous enfermez pour souffrir seule.
J'aurais pr�f�r� vous voir m'adresser des reproches v�h�ments.
Vous �tes passionn�e. Je m'attendais � une sc�ne.
J'�tais pr�par� � la chaude pluie des larmes.
Mais j'aurais voulu les voir vers�es sur ma poitrine.
J'avais tort.
Vous n'avez pas pleur� du tout.
Eh bien, Jane?
Pas un mot de reproche?
Rien d'amer? Rien de poignant?
Oh, Jane.
Je n'ai jamais eu l'intention de vous blesser ainsi.
Me pardonnerez-vous?
Je sais que je suis un mis�rable, Jane.
- Oui, Monsieur. - Alors dites-le moi avec rondeur et vivacit�.
Je suis lasse et souffrante. Je voudrais de l'eau.
Comment vous sentez-vous maintenant, Jane?
- Bien mieux. - Reprenez un peu de vin.
Vous ne voulez pas embrasser le mari de Bertha Mason?
Non.
Vous ne dites rien.
Vous songez � ce qu'il convient de faire. Je vous connais. Je suis sur mes gardes.
Je ne veux rien faire contre vous.
Vous vous dites: "Cet homme a failli faire de moi sa ma�tresse. Je dois �tre de glace et de roc avec lui."
Tout est chang�. Je dois changer aussi.
Il n'y a qu'un moyen. Ad�le doit avoir une nouvelle gouvernante.
Ad�le ira en pension. C'est d�j� arrang�.
Et vous, vous ne resterez pas en ce lieu maudit, cet enfer de pierre habit� par son d�mon.
Comment pouvez-vous parler d'elle ainsi? Elle n'est pas responsable de sa folie.
Jane, ma petite ch�rie, - je vous appelle ainsi car c'est ce que vous �tes -
vous vous m�prenez... Ce n'est pas parce qu'elle est folle que je la hais.
J'ai un endroit o� je puis me retirer. Une retraite s�re.
Nous y irons demain.
- Nous? - Nous.
Ensemble.
Vous devez venir avec moi, Jane.
Me voici aux prises avec la faille de Jane! Encore des vexations, des tourments sans fin!
Jane, entendrez-vous raison?!
- Asseyez-vous. Je vous �couterai. - Je suis d�sol�.
Je ne suis pas en col�re, ma ch�rie. C'est seulement que je vous aime trop.
Votre petit visage �tait devenu d'acier. Cela m'a rendu fou, c'�tait insupportable. Calmez-vous maintenant...
Ma ch�rie.
Oh, Jane.
Jane.
Vous ne m'aimez donc pas?
Vous n'attachiez donc de prix qu'� mon rang, ma situation?
A pr�sent que vous me jugez indigne de vous �pouser, vous reculez comme si j'�tais un crapaud?
Mais je vous aime!
Plus que jamais.
- Mais c'est la derni�re fois que je peux le dire. - La derni�re?
Mr Rochester, il faut que je vous quitte.
- Me quitter? - Pour toujours!
Jane, vous serez ma femme!
Ne me qualifiez pas d'homme mari�! Vous serez Mrs Rochester!
Je vous serai fid�le aussi longtemps que vous et moi vivrons.
Jane, pourquoi hochez-vous la t�te?
Monsieur, votre femme vit toujours!
Ne me qualifiez pas d'homme mari�!
Me laisserez-vous m'expliquer? Je vous en prie, Jane.
Voyons. Laissez-moi m'expliquer. Faites-moi confiance.
Venez.
Venez, asseyez-vous.
Vous savez que j'�tais brouill� avec mon p�re et mon fr�re a�n�?
Mrs Fairfax m'en a touch� un mot.
Tous deux sont morts. Le domaine est aujourd'hui mien.
Mais ils m'en ont fait payer le prix quand j��tais jeune.
Ils m'envoy�rent en Jama�que et, � mon insu, arrang�rent mon mariage avec cette femme.
Elle �tait belle alors.
J'�tais jeune, ignorant, inexp�riment�.
Je la vis tr�s peu
et n'eus que de rares conversations priv�es avec elle.
Elle me flattait. J'�tais �bloui.
Je me suis cru �pris.
Je fus mari� presque avant de savoir que je l'�tais.
Et elle r�v�la sa vraie nature.
Ivrogne,
grossi�re,
sans pudeur,
�c�urante.
�c�urante.
Je ne l'ai jamais aim�e...
jamais respect�e...
Je ne la connais m�me pas.
Voil� ce que fut mon mariage.
Je ne pouvais m'en d�faire par aucun moyen l�gal,
car les m�decins d�couvrirent alors que ma femme �tait folle.
Je me suis occup� d'elle du mieux que j'ai pu, Dieu me vienne en aide.
J'ai piti� de vous.
J'ai eu tort de chercher � vous abuser.
Mais je craignais l'obstination de votre caract�re.
Je voulais m'assurer de vous avant d'oser vous dire la v�rit�.
C'�tait l�che.
J'aurais d� d'abord en appeler � votre noblesse et � votre magnanimit�,
vous prier d'accepter mon serment de fid�lit�, et de me donner le v�tre, comme � pr�sent.
Jane...
Faites-le maintenant.
Pourquoi restez-vous silencieuse, Jane?
Vous comprenez ce que j'attends de vous? Juste cette promesse d'�tre � moi.
Je ne puis �tre � vous.
Jane, suivrez-vous un chemin en me laissant en prendre un autre?
Oui.
- Le voulez-vous encore? - Oui.
- Et maintenant? - Oui.
Jane, c'est cruel. C'est coupable!
Il serait coupable de vous ob�ir!
Consid�rez ce que sera ma vie quand vous serez partie!
Tout bonheur me sera ravi.
Que ferai-je, Jane? O� chercher une compagne? O� trouver un peu d'espoir?
Faites comme moi! Ayez foi en vous et en Dieu.
Est-il pr�f�rable de pousser un de ses semblables au d�sespoir
que de transgresser une simple loi humaine,
quand cela ne nuit � personne?
Jamais il n'y eut cr�ature plus fragile et plus indomptable, � la fois.
Elle n'est qu'un simple roseau dans ma main.
Oh, venez � moi, Jane. Venez.
- Vous partez? - Oui.
Vous ne voulez pas �tre mon r�confort, mon salut?
Je m'en vais.
Oh, Jane. Mon espoir!
Mon amour!
Ma vie!
Dieu vous b�nisse. Dieu vous garde de toute peine, de tout mal...
... et vous r�compense pour votre bont� avec moi.
Votre amour eut �t� ma meilleure r�compense.
Sans lui, j'ai le coeur bris�.
Je vous en prie, ne me suivez pas.
Mais vous me donnerez votre amour.
Vous le ferez! Vous le ferez!!!
- O� allez-vous? - Glossop.
- O� est-ce? - Assez loin.
- Quel est le prix pour s'y rendre? - 30 shillings.
Je n'en ai que 20.
Cela vous m�nera � Whitcross.
- Merci. - Montez.
En avant!
Whitcross!
J'avais oubli� mon paquetage dans la diligence, et je n'avais plus d'argent.
J'�tais d�nu�e de tout.
Que voulez-vous, Miss?
Je suis tr�s lasse.
Puis-je m'asseoir pour un instant?
Y a-t-il dans le village des couturi�res ou de simples ling�res?
Oui.
Bien assez pour ce qu'il y a � faire.
Connaissez-vous une maison o� l'on aurait besoin d'une servante?
Non, je ne vois pas.
Y a-t-il quelque autre travail?
Que pour les hommes dans des fermes et � la fonderie de Mr Oliver.
Que font les femmes?
Je sais pas. Y'en a qui font une chose, y'en a qui en font une autre.
Le pauv' monde doit se d�brouiller comme y peut.
- Bonjour, Mrs Drake. - Ah, Miss Welling.
Je sais ce que vous voulez, je me trompe?
Deux beaux petits pains ronds, comme d'habitude.
On aime les manger avec notre th�.
- Tout frais sortis du four. - Ils sentent tr�s bon.
Bonne journ�e, Mrs Drake.
Merci, Madame
S'il vous pla�t, me donneriez-vous un petit pain en �change de ce mouchoir?
Non, je vends pas ma marchandise comme �a.
Une moiti� alors, ou un qui soit rassis.
Comment je peux savoir d'o� vous tenez ce mouchoir?
Accepteriez-vous mes gants?
Qu'est-c'que j'en ferais?
- Qui m'dit qu'ils ont �t� acquis honn�tement. - Ils sont � moi.
Partez maintenant, ma jeune dame. Je peux pas nourrir les vagabonds.
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