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Où vas-tu, Violet ?
Cueillir des fleurs.
Ne t'éloigne pas trop.
FLORIDE 1980
Ma rose d'Irlande
Jolie fleur de la lande
Nulle part ailleurs
On ne trouve une fleur
Qui égale en douceur Ma jolie rose d'Irlande
Salut, toi.
Où tu as trouvé celles-là ?
Je connais les endroits secrets.
Tu en veux une ?
Mon drôle de chapeau t'intrigue.
Je le porte tout le temps.
Il m'a même valu mon nom.
Mes amis...
Mes amis les plus proches m'appellent Rose Chapeau.
On dirait un chapeau de magicien.
C'en est un.
C'est un chapeau magique.
Tu veux voir ?
Rien dans les manches...
Rien dans le chapeau.
C'est mon ami.
Tu vas rater le tour.
Vas-y.
- Elle est jolie ! - Parce qu'elle est spéciale.
Et d'ailleurs...
tu es magique, toi aussi, non ?
La fleur dans ma main est de quelle couleur ?
Tu peux le dire.
Ça ne me fera pas peur.
Promis.
Mauve.
Violette !
Comme toi.
On mange pas les fleurs.
Mais si.
Mais elles sont spéciales.
Ma chérie,
les spéciales sont les meilleures.
- Je dois retrouver maman. - Non, reste.
On va te montrer d'autres tours.
Tu es un morceau de choix.
Violet ?
CHAPITRE UN VIEUX FANTÔMES
S'il vous plaît...
Tout va bien, Doc.
Tout va bien.
Voilà.
Tout sec.
Que s'est-il passé ?
Il faut me parler, Danny.
Tu ne parles plus, depuis qu'on est partis.
Parle, s'il te plaît.
S'il te plaît.
Tu ne parles pas, Doc ?
Tu n'étais déjà pas causant quand je t'ai rencontré.
Un petit bonhomme.
Un long hiver à tirer dans cet hôtel pourri.
Seul avec papa et maman.
Papa est aussi sombre que le petit est brillant.
Sacrément brillant.
Il brille comme le feu.
Dans l'endroit
le pire pour quelqu'un qui brille.
Tu te rappelles la première fois que je t'ai parlé, dans ta tête ?
Ça t'a fait du bien, hein ?
De savoir que tu n'étais pas seul.
Papa a essayé de me tuer.
Ce n'était pas entièrement de sa faute.
L'hôtel a nourri sa noirceur comme il s'est nourri de ta lumière.
Et il avait aussi de la lumière en lui.
Comme tu as ta noirceur.
On est tous doubles.
Il n'en a pas fini avec moi.
Tu n'as pas été étonné de me voir apparaître ?
Quand tu en avais besoin ?
Quelqu'un l'avait fait pour moi.
Ma grand-mère m'a appris.
Et je t'ai appris.
Et un jour, Danny Torrance,
tu apprendras à quelqu'un.
Jamais.
- Jamais ? - Fini, le shining .
Plus jamais. C'est dangereux.
Oui, c'est vrai, parfois.
Elle m'a retrouvé.
Elle reviendra tant qu'elle ne m'aura pas eu.
Tu as raison.
L'Overlook est fermé. Barricadé.
Plein de vieux fantômes affamés qui te cherchent.
Elle comme les autres.
Un livre d'images.
Tu disais que c'étaient des images sans danger.
Pour certaines choses,
de sinistres choses,
le shining est une nourriture.
Ce sont des moustiques assoiffés de sang.
L'Overlook,
ce n'étaient que des images, pour moi.
Mais je n'avais pas ton shining .
Personne n'a un tel shining .
Toi, dans cet hôtel maudit,
tu étais comme une pile d'un million de watts
en prise directe.
Et il s'en est nourri.
Tu en as fait une réalité.
Dès que tu as passé la porte.
Tu n'y peux rien. Désolé de te le dire.
Mais tu n'es plus un enfant. Tu as grandi.
Beaucoup grandi.
Il faut que tu saches.
C'est un monde féroce.
Les plus sinistres, les plus féroces, dévorent ce qui brille.
Ils déferlent, comme des moustiques ou des sangsues.
On n'y peut rien.
Tout ce que tu peux faire...
c'est retourner ce qui les attire contre eux-mêmes.
Mon grand-père...
il était méchant comme une teigne.
Une âme sombre.
Comme celle de ton père.
Il nous frappait, moi et ma grand-mère.
Et quand il est mort, j'ai dansé.
Mais il revenait me hanter...
debout, dans ma chambre,
tout gris
et puant la moisissure qui poussait sur lui, dans sa boîte.
Un jour, il m'a attrapé,
pour de vrai.
Ses ongles avaient poussé dans la tombe,
et il m'a griffé, Doc.
Profondément.
Alors, ma grand-mère...
elle m'a appris un truc.
Elle m'a fait un cadeau.
Je voudrais
que tu examines cette boîte
sous toutes ses coutures.
Ne te contente pas de la regarder. Touche-la.
Mets-y le nez, renifle-la.
Jusque dans les coins,
dans le détail.
Pourquoi ?
Pour construire
la même dans ta tête.
Encore plus spéciale.
Et quand cette saloperie reviendra,
tu seras prêt.
Va retrouver ta maman.
Wendy va s'inquiéter,
et il ne faut plus jamais qu'elle s'inquiète.
Cette femme a assez payé.
Danny !
Tu es là.
Où tu étais passé ?
J'étais morte d'inquiétude.
Il ne faut pas me faire ça.
Tu entends ? Ne me refais jamais ça.
DISPARITION
Quoi de neuf, doc ?
Ça va, Doc ?
Oui, maman, ça va.
- C'est quoi déjà, ton nom ? - Dan.
Je bois un verre avec la demoiselle.
Je te rends
la monnaie
de ta pièce !
Dégage !
Je crois que tu l'as tué.
Et si tu l'avais tué ?
J'espère que tu l'as tué.
Tu entends ?
Je vais te soigner.
BON ALIMENTAIRE
Maman.
C'est quoi ton nom, bonhomme ?
Remets son argent.
Fais au moins ça.
Elle a pris le mien.
Pour acheter la coke, sans doute.
Doc !
Non, Doc.
Les boîtes, c'est pour l'Overlook,
pas pour les souvenirs.
Pas ceux-là.
Les vrais fantômes,
ils restent avec toi.
Au lit, Abra.
- Encore un peu ! - Non, ma chérie.
Demain est un grand jour.
Anniversaire !
Exactement.
Il est quelle heure ?
- L'heure de dormir. - Tu le sais.
Bonne nuit, chérie.
Andi ?
C'est ça.
Tu es plus jolie que sur ta photo.
Et toi plus vieux que sur la tienne.
On reste ici, ou on va quelque part ?
Tu ne veux pas voir le film ?
Je ne vois pas ce qu'on fait là. La drague en ligne.
Un peu dégueulasse. Aucun intérêt.
Regarde. C'est intéressant, je t'assure.
J'espère.
Elle ne dégage pas beaucoup de vapeur.
Et c'est parti.
Tu n'es pas fatigué ?
Dors.
Attends. C'est le meilleur moment.
Je l'ai vue faire trois fois. Je m'en lasse pas.
Dors plus profondément.
Le plus profondément possible.
La douleur que tu vas ressentir ne sera qu'un rêve.
Que sera la douleur ?
Un rêve.
Tu pourras expliquer
la perte du portefeuille à ta femme.
Mais tu ne pourras pas expliquer ça.
Ça, tu le verras
tous les jours dans ta glace.
Et chaque fois que tu le verras,
tu répéteras à haute voix :
"J'aime les petites filles."
Tu le diras à haute voix.
À haute voix.
Et la prochaine fois
que tu iras draguer une petite fille en ligne,
je veux que tu te rappelles
le jour où tu as été mordu par un serpent.
Un serpent en chemisier blanc,
sans visage.
C'est très intéressant.
Mademoiselle !
Vous oubliez quelque chose.
Tu me lâches.
Salut, toi.
Vous me lâchez.
Oh non, ma chérie.
Je ne te lâche pas.
Le plus loin pour ce prix ?
JOYEUX ANNIVERSAIRE ABRA
Maman, je t'ai dessiné une carte secrète.
Merci, Aba-doo !
Est-ce que quelqu'un connaît
un mot magique ?
Toi.
Abracadabra.
C'est un très bon mot !
Tiens la baguette magique.
Maintenant, tous ensemble,
on compte jusqu'à trois.
Moi aussi, je suis magicienne.
Alors, je te le confie, pour ton anniversaire.
Voilà.
Tu le tiens ?
Prochain tour... Pardon !
Quelquefois...
Quelqu'un a vu mes cuillères ?
Ça aussi, je peux le faire.
C'est bien, ma puce.
- Elles sont sur toi ! - Sur moi ?
Évitez de faire pareil.
On peut dire adieu à la sieste.
Plus que quelques heures.
Répète : Plus que quelques heures.
Plus que quelques heures.
Qu'est-ce que...
Dave.
Abracadabra !
CHAPITRE DEUX LES DÉMONS VIDES
Salut, belle endormie.
J'ai été obligée de te shooter.
Tu es une coriace.
Déterminée.
Je me suis renseignée.
Six hommes en trois mois
ont eu droit à leur morsure tatouée sur la joue.
Tu n'as pas chômé.
Andi la Vipère, c'est toi.
Et moi, je suis qui ?
Une tarée qui m'a kidnappée.
La vérité, maintenant.
Que la vérité.
Vous êtes la plus belle femme que j'aie jamais vue.
Ça marche trop bien.
Alors voilà, Andi la Vipère...
Tu es provocante. Tu as un pouvoir de persuasion.
Ça nous manquait, depuis quelque temps.
Je te fais une offre que je n'ai pas faite depuis 40 ans.
Tu as quel âge, chérie ?
15 ans.
15 ans ?
Quel âge !
Le printemps de ta vie de femme.
Tu n'es plus une fillette,
mais tu n'es pas encore cabossée.
La pesanteur ne s'est pas encore intéressée à toi.
Pas à 15 ans.
Les hommes, en revanche...
Il n'y a pas de honte à ça.
Tu le leur auras fait payer, hein ?
Voilà ce que je t'offre : le printemps éternel.
Dans dix ans, tu auras toujours 15 ans.
Dans 100 ans, peut-être... 17 ans.
Bien manger,
rester jeune,
vivre longtemps.
Vous et votre ami...
Pas mon ami. C'est ma famille.
Nous sommes le Nœud Vrai.
Le Nœud Vrai ?
Ce qui a été noué ne peut plus être dénoué.
Il vous plaît ?
Pardon...
Pas de souci. Les gens aiment bien regarder.
On avait monté ça à la bibliothèque.
Un projet municipal qui a pris de l'essor.
On a commencé par le beffroi.
Et ça pousse encore.
Les jeunes l'appellent Miniville.
- C'est eux qui font ça ? - Avec des coups de main.
Ils sont partis pour faire tout le centre-ville.
Vous êtes arrivé en bus ?
- Ou en stop ? - En bus.
C'est rare de venir jusqu'ici en bus.
Sauf pour chercher du boulot.
Envie de changer de décor...
ou de fuir quelque chose ?
Ne m'en veuillez pas. Nouveau visage.
Je me fuis moi-même, j'imagine.
Je connais ce regard.
Trop bien, hélas.
Se fuir soi-même, c'est la poisse.
On se trimballe partout avec soi.
Oui, c'est la merde.
85 $ par semaine,
payables d'avance.
Billy a payé deux semaines. Après, c'est à vous.
Pas d'animaux, pas de fêtes, pas de bruit.
Je suis discret.
Le dernier a dit la même chose. Un matheux.
Il a peint le mur à la peinture ardoise pour griffonner ses casse-têtes.
Pas discret du tout.
Il n'a même pas repeint en partant. Mais tant mieux.
Comme ça, je vous en fais profiter.
Vous lirez ça chaque matin.
85 $ / SEMAINE TIENS-TOI À CARREAU
- Tu te portes garant de ce coco-là ? - Oui.
C'est toi qui vois, Billy.
Quelle bonne âme, celui-là !
Je suis au rez-de-chaussée, si besoin.
Viens me voir demain. On parlera boulot.
Pourquoi tu fais ça ?
Tu ne me connais pas.
Non, c'est vrai.
Mais je connais ce regard.
Et quelquefois...
je sens certaines personnes.
C'est difficile à comprendre.
Moins que tu le crois.
Tu es prête ?
Elle est prête.
C'est qui, ceux-là ?
Tu comprendras après.
Lui, c'est Papy Flick.
Il va nous guider. Allonge-toi.
Voilà.
N'aie pas peur.
C'est compris ?
Nous sommes le Nœud Vrai.
Et nous nous perpétuons.
Nous sommes les élus.
Nous sommes les chanceux.
Ce qui a été noué ne peut plus être dénoué.
Voici une femme.
Se joindra-t-elle à nous ?
Liera-t-elle
sa vie à la nôtre ?
Dis oui.
Celle-ci est spéciale.
Elle s'appelle Violet.
Il n'en reste plus beaucoup.
Elle a un goût...
de fleurs.
Aspire profondément.
Abandonne-toi.
Abandonne-toi.
On ne nous a pas encore trouvés.
Ils l'entendaient souvent pleurer.
Je le laissais si souvent seul.
Alors, ils n'ont rien fait.
Et on ne nous a pas encore trouvés.
Maman.
Tu as dit que tu connaissais mon regard.
Comment ça ?
Mon frère,
tu es malade.
Tu en as marre, ça se voit.
Mais est-ce que tu en as marre d'être malade ?
J'ai besoin d'aide.
Entre.
On va en parler.
"Seigneur, donne-moi la sérénité d'accepter ce que je ne peux pas changer,
le courage de changer ce qui devrait l'être,
et la sagesse de distinguer l'un de l'autre."
Un anniversaire, pour Bobbie.
Trois ans de sobriété.
- Bravo. - Merci, John.
J'oublie quelqu'un ? Quelqu'un a tenu un an ? Six mois ?
Et comme vedette de la soirée...
un petit nouveau ?
Sobre depuis 24 heures ?
Tu n'es pas d'ici, hein ?
Ne te vexe pas. Un nouveau ne passe pas inaperçu.
Dan Torrance. Il vient de descendre du bus.
Il en est tombé, apparemment.
Ici, on ne juge pas, mon frère.
On a tous vécu ça. Et pire, crois-moi.
Le docteur est notre bienfaiteur.
Il a fait naître mon petit frère.
Comment va Frankie ?
Il s'en sortira.
Il a un bon fond.
Billy a fait ce qu'il pouvait pour lui. Nous tous.
Comme aile protectrice,
tu ne trouveras pas mieux que Billy.
Merci de votre hospitalité.
Je suis un peu...
Je n'ai pas l'habitude.
"Ne juge pas quelqu'un si tu ne sais pas tout.
Tu crois savoir mais... tu ne sais pas."
Tout va bien ?
Le train roule.
Tant mieux.
Et toi, ça va ?
J'ai été ravi, Dan.
Reviens.
- J'espère te revoir bientôt. - Je reviendrai.
Un type formidable. Il a le don de...
Oui. Attends.
Docteur !
Votre montre.
Vous l'avez perdue.
Vous étiez inquiet pour l'enfant qui a la maladie de Gouch...
Quoi ?
Le petit qui a la maladie de Goucher ou Gaucher...
Le truc aux os.
La maladie de Gaucher.
Vous vous êtes lavé les mains, à l'hôpital.
Vous l'avez laissée sur le distributeur de savon.
Regardez sur le distributeur.
J'ai été ravi.
Comment tu savais ?
Je n'en sais trop rien.
Un coup de chance.
Mon cul, oui.
L'intuition, j'imagine.
Comme une sensation, dans le ventre.
Un coup de chance.
Qu'est-ce que tu fais ici ?
- Comment ça ? - Ici, à Frazier.
Tu cherches quoi ?
Et ne me raconte pas de salades.
Moi aussi, j'ai des intuitions.
Je ne sais pas.
Quelque chose de différent de ce je faisais.
Quelque chose de mieux.
N'importe quoi de mieux.
Tu vas à l'église ?
- Quelle importance ? - Tu as la foi ?
En quelque chose de...
plus grand que toi ?
Nos croyances ne nous rendent pas meilleurs.
C'est nos actes, qui nous rendent meilleurs.
Billy dit que tu as une expérience hospitalière.
Exact.
Tu travailles, actuellement ?
Je fais des heures à Miniville. J'aide, pour le train.
Je suis trois jours sur sept à l'hospice de Rivington.
Les bons aides-soignants sont rares.
Les mourants te rebutent ?
On est tous mourants.
Le monde est un vaste hospice à ciel ouvert.
Salut, toi.
Combien de temps j'ai...
Quelques jours.
Ça ne devait pas faire mal.
Là, tu n'as pas mal, si ?
J'ai cru mourir.
Je sais.
Tu es morte.
Vous m'avez ressuscitée.
Ça ira mieux quand tu auras mangé.
Je suis toujours humaine ?
Tu y tiens ?
Voilà.
Quoi ?
Vous avez peur de moi.
On t'aime plus que tout au monde.
Tu m'entends ?
Plus que tout.
Bonne nuit, mon cœur.
Laisse-le tranquille.
Azreel, laisse-le.
Azzie ?
Azzie, viens là.
Docteur ?
C'est vous, docteur ?
Je ne suis pas docteur.
Je l'appelle ?
Le chat est sur mon lit.
Je vais l'enlever.
Je savais qu'il viendrait.
Ce chat...
sait toujours...
quand l'heure est venue.
Mon heure est venue.
C'est une brave chatte un peu fofolle.
C'est comme ça depuis que je suis ici.
Le chat sait
quand il est temps de s'endormir.
Tout le monde est au courant.
Je vais mourir.
- Je vais appeler quelqu'un. - Non.
Je m'y attendais.
Mais ça fait peur quand même.
Peut-être que c'est comme vous dites.
On s'endort, c'est tout.
Pas de raison d'avoir peur. On s'endort, c'est tout.
Vous êtes un curieux médecin.
Je ne suis pas médecin.
Moi, je crois que si.
Docteur Sommeil.
J'ai peur que ça fasse mal, que ce soit la nuit,
ou qu'il n'y ait plus rien...
Rien à craindre.
On s'endort, c'est tout.
Enfin un vrai,
un paisible
sommeil.
Merci.
Merci, docteur.
Je ne devrais pas être là.
Je vais aller chercher...
Vous êtes exactement
à votre place.
Exactement.
Je vois ma femme.
BONJOUR
SALUT
LA SALLE DORÉE
CHAPITRE TROIS PETITE ESPIONNE
Dan, alcoolique.
HUIT ANS PLUS TARD
Les discours, c'est pas mon truc.
Je pensais recevoir le jeton et...
improviser.
Alors, voilà.
Je pense à mon père.
Je l'ai vu serrer un jeton dans sa main,
quelques mois avant sa mort.
Celle des cinq mois, je dirais.
Il m'a fait mal, un jour de cuite.
Il m'a cassé le bras.
Il a arrêté de boire.
J'avais cinq ans à sa mort.
Et pour essayer de le comprendre,
le comprendre vraiment,
j'ai mal tourné, je me suis mis à boire,
pour atténuer la...
Ou...
Quand je cassais la gueule à quelqu'un,
quand j'étais bourré, violent, furieux...
ça me venait de lui.
C'était tout ce qu'il m'en restait.
Mais maintenant,
j'arrive à le voir autrement.
Lui aussi a été dans une salle comme ça.
Pour essayer d'aller mieux. Pour moi.
Pour ma mère.
Il a tenu la médaille dans sa main.
La médaille des cinq mois.
Et ce jour-là...
avant que tout...
Ce jour-là, il rêvait d'arriver où j'en suis aujourd'hui.
Et voilà.
Merci de notre part à tous les deux.
Je la dédie à Jack Torrance.
Charlie.
Docteur ?
Pas la peine de demander pourquoi vous êtes là,
à cette heure.
Vous avez mal ?
Je demande à Claudette de vous donner un cachet ?
Les cachets n'y feront rien.
Je suis au courant de ces... consultations.
Les visites du Docteur Sommeil,
je sais ce que c'est.
Que voyez-vous, Docteur ?
Je vois vos fils jumeaux.
Ils ont quatre ans.
Vous les voyez ?
Oui.
Le tracteur Farmall.
Un parapluie rayé ouvert sur le siège.
Vous avez cinq ans,
vous tirez un chariot rouge.
Regardez-moi ça !
Comme un jeu de cartes.
Rebattu.
Je n'ai pas peur de l'enfer.
J'ai vécu une vie honorable.
Je ne crois pas à l'enfer, de toute façon.
Je pense que j'ai peur...
qu'il n'y ait rien.
Il n'y avait rien avant.
Et s'il n'y avait...
rien...
après ?
Ce n'est pas la fin, Charlie.
J'en suis certain.
Je sais peu de choses, mais...
je sais qu'il n'y a pas de fin.
Les myrtilles.
Je sens le goût des myrtilles
que cultivait ma mère.
Vous le sentez ?
Oui.
Et j'entends Sinatra, sur la vieille radio
que vous posiez sur votre établi.
Vole avec moi
Envole-toi à mes côtés
Viens t'abreuver De liqueurs étranges
Je connais un bar à Bombay
BONJOUR
Ça fait un bail, chère correspondante.
ÉCOLE
Abra ? École.
Oui, je sais.
Papy, tu as vu Rosie ?
Tour de guet.
Comment tu te sens ?
La pêche.
- Pardon de te déranger. - Alors ?
Ça avance.
Il est dans l'Iowa, je crois.
On prendra la route quand je serai sûr de l'avoir trouvé.
En attendant...
il faut que tu ouvres une cartouche.
On a pris de la vap' il y a six mois. Six mois, c'est rien.
Le petit du Delaware en avait peu. Ça commence à se voir.
Tu as vu les cheveux de Papy ?
Je ne le trouve pas en forme.
Il n'a plus la forme depuis Nixon.
Je sais.
Mais il faut qu'on mange.
Tous.
Le stock a baissé ?
Pas du tout.
Mais inutile de gaspiller si tu es sur les traces d'une proie.
J'en ai besoin pour le trouver.
- Il y avait plus de vapeur, avant. - Dis pas de bêtises.
Comme les ploucs qui disent : "C'était mieux il y a 50 ans."
Mais c'est vrai.
Il y a moins de vap' et elle est moins forte.
Avec leurs portables,
l'alimentation, Netflix et tout ça, j'en flaire moins.
Et elle est moins...
J'ouvrirai une cartouche ce soir, pour tout le monde.
- Tu le sais, Rosie. - Quoi ?
C'est pour ça que tu montes ici, chaque jour. Quoi que tu dises.
Il n'y a plus autant de vapeur, et tu guettes une baleine.
Regarde ce gamin.
Le 19.
Il est doué.
Il frappe la balle à chaque fois.
Il doit lire les pensées du lanceur.
Ah oui ?
Tu as vu ?
Un de ces quatre, un recruteur entendra parler de ce Bradley. Tu verras.
Le 19 !
J'ai assisté au match.
Tu es prêt pour la Major League .
- Bravo. - Merci.
Tu rentres chez toi ?
Monte, je te raccompagne.
C'est tout près.
Ça va.
C'est bon.
On est des amis. Monte, on peut te ramener.
Vous pouvez me ramener.
Tu me fais confiance.
Je vous fais confiance.
Laissez-moi, s'il vous plaît ! Je dirai rien !
N° 19 !
Tu étais bon, petit.
Laissez-moi, s'il vous plaît !
Je dirai rien ! S'il vous plaît !
Ça va aller.
Vous allez me faire mal ?
La douleur purifie la vapeur.
La peur aussi.
Tu comprends.
Arrête, monstre !
Qu'est-ce qu'il y a ?
ERTRUEM
MEURTRE
QUI
LE PETIT JOUEUR DE BASEBALL
J'espérais quelques minutes de plus.
Prêt ?
Ils l'ont tué.
ERTRUEM
MEURTRE
Il y avait un intrus.
Cette nuit ?
Fort en vap' ?
Énorme.
Où ça ?
Sur la côte est, je crois.
Quelqu'un nous a observés, à 2 500 km d'ici ?
Peut-être même plus.
Garçon ou fille ?
Une fille, je crois.
Elle a disparu trop vite.
Mais je te jure, Corbeau...
Je n'avais pas senti une telle force,
à l'état pur,
depuis longtemps.
Il faut qu'on s'en occupe.
Le plus tôt possible.
Avant que ses parents paniquent et consultent un psychiatre.
Les calmants gâchent la vapeur. Ça l'étoufferait.
Lui donner un psychotrope, ce serait...
comme mettre un projo sous bâche.
Je ne sais pas où elle est,
mais quand elle reviendra, et elle reviendra,
je serai prête.
Je serai prête.
J'ESPÈRE QUE ÇA VA TON AMI, DAN
Bonjour.
Au fait... je me suis fait un nouvel ami.
Il s'appelle Dan.
À l'école ?
Non, il ne vit pas ici.
Enfin, pas loin.
Frazier, je crois.
C'est pas grave.
Ça va ?
- Cette nuit... - Ça va.
Je suis désolée.
Je sais que tu as comme une radio dans la tête.
Que tu captes des stations bizarres.
Rien de bizarre.
C'est fini.
Il faut que je bosse. Sinon...
Cinquante-deux attaques... 11 passes...
Le coach va me tuer !
Pourquoi il m'aime pas ?
Il faut que je change de coupe.
La tarée me regarde encore.
Elle regarde quoi, cette tarée ?
FORCE MAGNÉTIQUE
PERSONNES DISPARUES
DISPARITION
- Salut, Abba-doo. - Salut, papa.
Ça va, à l'école ?
Et ton livre ?
Bien. Ça avance.
J'en suis au charleston et au black bottom.
J'ai l'impression que...
Je vais commencer mes devoirs.
C'est bien, chérie.
Harvard dans trois ans.
On verra.
Un peu, qu'on verra.
INTERDIT
USINE D'ÉTHANOL FERMÉE JUSQU'À NOUVEL ORDRE
Salut, toi.
Sortez !
Sortez de ma tête !
Sortez !
- Ça va, madame ? - Laissez !
Oui, ça va.
Ça va.
Relève-toi.
Allez.
Que s'est-il passé ?
Tu t'es effondré.
Comme une crise cardiaque.
C'est qui, Tony ?
Quoi ?
Tu disais : "Aide-moi, Tony".
Je suis désolé.
Rosie ?
On a un problème.
- Dis-moi. - L'intruse.
Elle m'a retrouvée.
- Comment ? - Je ne sais pas.
Peu importe.
Il nous la faut, Corbeau.
Il nous la faut.
Elle sait qui tu es, où on est ?
Je ne sais pas. Je ne crois pas.
Je t'ai parlé d'énormément de vap'.
C'est plus que ça.
J'ai essayé d'entrer en elle, elle m'a éjectée comme un rien.
- Arrête. - Ce n'était jamais arrivé.
Je pensais que c'était impossible.
On la mange ? Ou on la retourne ?
On ne la retourne pas.
Tu es sûre ? Si elle est comme tu dis...
On ne veut pas quelqu'un d'aussi puissant chez nous.
Réfléchis.
Et ni l'un ni l'autre ?
Comment ça ?
On ne la tue pas
et on ne la retourne pas.
Pense à une vache.
Tu en abats une, ça te donne de la viande pour... un mois.
Tu l'élèves,
tu t'en occupes,
elle te donne du lait des années.
- On n'a jamais essayé. - Je sais.
Une tronche pleine de vapeur, ça peut être dangereux.
Je sais ! Mais...
le fait est que...
c'est la grande baleine blanche.
Et je la veux.
Je la veux.
Putain, je la veux.
LYCÉE D'ANNISTON
CHAPITRE QUATRE TOURNE, MONDE
Bonne journée.
Toi aussi.
Salut.
Tu m'entends.
Parlons à voix haute.
Tu m'as trouvé ?
Facile. J'ai comme un GPS dans la tête.
Je voudrais pas dire, mais...
par les temps qui courent,
un homme, assis avec une fillette...
Je m'appelle Abra Stone. On dira que tu es mon oncle.
Oncle Dan.
C'est pas un mensonge. Pas complétement.
On est liés autrement.
Tu es magique, comme moi.
Magique, je ne sais pas.
J'appelle ça le shining.
Et on l'a tous les deux.
- Tes parents savent ? - Que j'ai ce don ?
Ils en ont peur, mais ils croient que ça m'a presque passé.
Ma mère me demande de retrouver des objets.
Ses clés de voiture.
Oubliées sur l'établi du garage.
Mais ils n'en parlent pas.
Si je m'en sers,
ils me regardent autrement.
Ou pas du tout.
Toute une journée, une fois,
ils ont évité de me regarder.
J'essaie de pas l'utiliser.
Sinon les gens disent :
"Trop bizarre !"
Tu connais ça.
Tu essaies de ne pas t'en servir.
Depuis longtemps.
Elle n'osait pas te regarder dans les yeux.
Petit, je ne comprenais pas le shining .
Je l'appelais "Tony".
Je le prenais pour mon ami imaginaire.
Je t'ai pris pour mon ami imaginaire...
pendant longtemps.
Combien on est ?
Des tas de gens ont un peu de shining sans le savoir.
Ils achètent des fleurs quand leur femme est triste,
ou réussissent à un examen sans l'avoir préparé.
Je n'ai connu que deux ou trois personnes conscientes de ce don.
Le joueur de baseball l'avait.
Bradley Trevor.
Ces gens...
si ce sont des gens...
l'ont enlevé.
Et ils l'ont mangé.
Ils ont mangé son shining .
Tu as senti ça ?
Et ils m'ont sentie. Je crois.
En tout cas, une d'entre eux. Une femme.
La femme au chapeau.
Je veux les trouver.
Les arrêter.
Je crois qu'ils ont fait ça à plein d'enfants.
Je dois faire quelque chose, non ?
Mais pourquoi tu es venue ?
Pourquoi moi ?
Parce que tu m'entends.
Tu me crois, tu as le shining .
Et ils nous veulent du mal.
Tu ferais quoi, toi ?
Si tu pouvais aller en Iowa...
- Attends. - Je peux t'aider à le trouver.
Ses parents sauraient où il est et pourraient l'enterrer.
On récupérerait son gant.
En le touchant, je les trouverai.
Doucement !
Barry le Chinois, je crois que c'est son nom,
juste avant qu'ils le tuent,
il a mis ce gant.
Abra,
rentre chez toi.
Pense à l'école et à tes parents.
Pense à ta vie.
Ne cherche pas ces gens.
Ne les provoque pas.
Évite d'attirer leur attention.
Ne brille pas.
Trouve un moyen...
n'importe quoi, pour mettre ton shining en veilleuse.
Baisse la tête, ne brille pas,
en espérant que ces gens ou leurs semblables...
ne te voient pas.
S'ils te voient, ils reviendront.
Abra, tu m'entends ?
Ils reviendront.
Sois discrète, ne prends pas de risques.
Je suis désolé.
Quoi ?
Rien, Doc.
Rien.
Tu penses à papa.
Pas du tout.
Si. Malgré toi.
Ne t'en fais pas pour moi.
Je vais bien.
On va bien.
Tu fais n'importe quoi, ce soir.
Cette chambre est vide.
Il n'y a personne.
Doucement, Doc.
Dick.
Pardon.
- Je t'ai pris pour... - Un fantôme de l'Overlook.
Tu m'aurais mis dans une boîte.
Tu vois toujours les fantômes ?
Plus depuis des années.
Horace Derwent a été le dernier. Confettis sur le costard.
Il répétait : "Merveilleuse soirée",
en ricanant, jusqu'à ce que j'ouvre une boîte pour lui.
Il n'a pas ricané longtemps.
J'ai oublié de te demander, à l'époque...
Que deviennent-ils, dans ces boîtes ?
Ils meurent ?
Ça t'inquiète ?
- Tu m'as manqué. - Ça remonte à loin ?
Je ne sais plus.
Ce monde est le rêve d'un rêve pour moi, maintenant.
Huit ans. Un peu plus.
La dernière fois, tu étais au fond du trou.
Tu as l'air mieux.
Pourquoi tu es là ?
La vie est un éternel recommencement.
Le Ka est une roue.
Écoute bien. C'est douloureux, je ne le dirai qu'une fois.
Si ces démons vides
t'avaient trouvé quand tu étais gamin,
s'ils t'avaient ne serait-ce que flairé,
tu serais mort depuis longtemps.
Ils sont sur la terre comme un cancer
sur la peau.
Ils ont sillonné le désert à dos de chameau,
conduit des caravanes à travers l'Europe de l'est.
Ils mangent les cris
et boivent la souffrance.
Et ils ont repéré cette petite fille.
Ils peuvent la tuer.
Ou la retourner.
Ou la garder, l'utiliser et la vider. Ce qui serait le pire.
Tu ne peux pas les laisser faire.
Pourquoi moi ?
Parce qu'elle t'a trouvé.
Parce qu'elle est venue. "Pourquoi moi" !
Un jour, tu es entré dans ma cuisine, et je le paie encore.
Qu'est-ce que je devrais faire ?
Procure-lui ce qu'elle t'a demandé.
Tu ne me reverras plus.
C'est mon dernier rêve.
Tu m'as l'air d'être devenu quelqu'un de bien.
Mais tu as encore une dette.
Paie-la.
Quoi ?
Désolé.
J'ai dit qu'on ne me dérange pas.
Rien à manger, rien à boire.
Paix, silence et méditation.
J'ai besoin de toute ma concentration pour elle, ce soir.
Justement. J'ai trouvé ça.
"Un micro-tremblement de terre ?
"D'après les riverains de Richland Court,
une impasse d'Anniston au bord de la rivière Saco,
dans la nuit de mardi,
une secousse a fait vibrer fenêtres et planchers
et fait tomber les bibelots
des étagères.
L'Agence de Surveillance Sismique de Wrentham...
n'a signalé aucun séisme ce mardi en Nouvelle-Angleterre."
- Alors ? - Peut-être.
Pas à 100%, mais...
50-50, je dirais.
- Si c'est bien elle... - Richland Court.
qui a fait ça,
secouer toute une rue...
Pouvoir me concentrer sur une rue
va me faciliter la tâche, cette nuit.
Bravo.
Comment tu vas l'aborder ?
Elle dormira.
Je vais farfouiller, vérifier.
Semer quelques suggestions, comme des vers de terre,
les laisser creuser.
Une centaine de vers évoquant ses amis du Nœud.
Et quand on se pointera,
elle sera si contente de nous voir qu'elle sautera dans le van.
Si c'est vraiment elle
qui a secoué toute une rue,
tu as intérêt à faire gaffe.
C'est une gamine.
Et tu es la reine des garces.
Je sais.
Je dis juste...
sois prudente.
- Salut, maman. - Tout va bien ?
Tu n'as pas dîné.
Ça va. J'ai eu une dure journée.
Je pars auprès de mamie, demain.
Je reviendrai dès que possible.
Est-ce qu'elle...
Elle va s'en sortir, cette fois encore ?
Je ne sais pas.
J'espère.
Dis-lui que je l'aime.
Continue à dormir, princesse.
Quels ploucs !
Vous passez votre vie à fabriquer des petites boîtes.
Des petits souvenirs.
Ça vous donne l'impression d'être riches.
Tu verrais les miens, petite...
Mon cerveau est une cathédrale.
Tiens, tiens...
Il l'avait dit.
Tu es revenue.
Très bien.
N'approche pas !
Tu n'es qu'une sale gamine !
Où es-tu ?
Où es-tu ?
Dégage !
Dégage !
Rose ?
Un piège.
Qu'y a-t-il ?
- La petite salope m'a piégée. - Ta main !
Calme-toi.
On sait où elle est, maintenant.
Elle était dans ma tête !
- Quoi ? - Pour voler !
- Elle a volé quoi ? - Je sais pas.
- Elle en sait beaucoup ? - Je sais pas !
- Il y a un problème... - Pas maintenant !
Papy...
je crois qu'il est train de cycler.
Oncle Dan !
Je lui ai fait mal. Vraiment mal.
Je lui ai fait mal, et elle le méritait. Mais le mieux...
Le mieux, c'est que je suis entrée dans sa tête !
- Oncle Dan ? - Abra !
Qu'as-tu fait ?
Parle à la petite.
S'il faut le faire, alors allons-y.
Salut, Abra.
Je t'entends.
Je comprends pas.
Tu vas comprendre.
Je croyais qu'on vivait pour toujours.
Quelqu'un t'a promis ça, Andy ?
Quelqu'un t'a dit : "Tu es immortelle" ?
J'ai dit : "Vivre longtemps, bien manger."
Nous vivons longtemps. Très longtemps.
Pour la plupart d'entre nous.
Mais on ne mange plus assez bien.
Depuis trop longtemps.
Rosie, il s'en va.
Oui, chéri ?
J'ai peur.
Non.
Tu as vu des empires naître
et s'effondrer.
Tu as applaudi les gladiateurs à Rome,
traversé des océans
vers de nouveaux mondes.
Tu t'es nourri de rois, de princes
et de papes.
Ils ont créé des mythes à ton sujet.
Ils t'ont érigé des statues.
Et ils ont tremblé dans leurs villages,
dans leurs lits,
et dans leurs gratte-ciels.
Alors non,
tu n'as pas peur.
Tu es un roi.
Toi, la peur, tu la manges.
Il est 4 h du matin.
Tu me connais, Billy.
Tu sens les gens. On peut dire ça ?
Pour toi, je suis un homme honnête, un type bien ?
Oui, Dan.
J'ai besoin de ton aide.
D'abord, écoute mon histoire, et fais un gros effort pour me croire.
Comment ça se passe ?
Ce n'est pas bientôt l'heure de l'école ?
Si, mais j'avais envie d'être là.
- Tu roules depuis longtemps ? - Quelques heures.
On y sera ce soir, tard.
C'est qui ?
Mon ami.
Mon meilleur ami, en fait.
Tu aurais vu sa tête.
Elle avait peur, oncle Dan.
Comme les enfants ont eu peur.
Tous ceux qu'elle a tués.
J'ai profité de sa peur pour entrer.
Une nouveauté.
Je ne l'avais jamais fait.
Moi non plus. C'était comment ?
Comme une bibliothèque.
On est tous des bibliothèques, je crois.
Comment tu as fait ?
Comme ça. Une petite poussée.
Pardon, pardon.
- J'ai pas fait exprès. - Ça va.
C'est quoi, ces boîtes ?
Rien.
Menteur.
Quand j'étais petit,
plus jeune que toi, je suis tombé sur une chose
qui se nourrissait comme eux.
Pas une personne. Un hôtel.
Il a été fermé, après...
Depuis, il pourrit sur pied.
Mais les choses qui l'habitaient, elles...
Ne va plus jamais fouiller là-dedans.
Plus jamais. C'est promis.
On sera bientôt prêts. On charge.
Bien.
En route. On l'aura en un ou deux jours.
Tu ne devrais pas venir.
Tu as dit quoi, là ?
Elle t'a identifiée. Elle était dans ta tête.
Ça n'arrivera plus.
Qui sait ce qu'elle a appris ?
Elle est à moi, Corbeau.
Pour l'instant,
tu es la seule qu'elle puisse repérer.
Si elle te voit arriver,
elle peut se sauver ou tendre un autre piège.
Je vais la shooter.
Notre contact à la NSA m'a donné de la bonne came.
Aucun risque d'overdose.
Je vais la prendre à revers.
J'arriverai d'un autre côté.
Je devrais être là.
Tu sais que j'ai raison.
Je te laisse Andi, si tu veux...
Vous avez besoin de tout le monde.
Si elle vous joue un tour...
restez ensemble.
J'ai des tours dans mon sac, moi aussi.
Je crois qu'on y est.
USINE D'ÉTHANOL
Je la contacte.
Abra ?
C'est le panneau.
Faites le tour.
Elle dit de faire le tour.
Je te dirai où s'arrêter.
Elle nous dira où s'arrêter.
Franchement, Dan, je ne sais pas
si je préfère que ce soit vrai ou pas.
Si c'est pas vrai, mon ami est dingue.
Complètement...
dérangé du cerveau,
au point d'imaginer des monstres qui tuent des enfants imaginaires.
Délirant.
Mais bon, je peux faire avec.
- Mais si c'est vrai... - Je sais.
C'est bien pire.
Rentre chez toi.
Quoi ?
Non, pas toi.
Je suis assez grande.
On s'en charge.
C'est bon, on est seuls.
Tu sens cette odeur ?
Je chassais. Je te l'ai déjà dit ?
Le cerf.
Un été,
j'ai blessé un cerf.
Je l'avais pisté pendant deux jours.
Je l'ai tiré et je l'ai blessé.
Il a détalé, je lui ai couru après.
Je pensais qu'il ne tiendrait pas longtemps.
Il a disparu.
Il s'est volatilisé.
Plus une trace. Stupéfiant.
Cinq jours plus tard,
j'explorais un autre coin, à des kilomètres de là,
à la recherche
de nouveaux affûts pour tirer.
Et je l'ai senti.
Je l'ai senti.
J'ai trouvé le cerf,
terré dans un arbre creux,
mort depuis des jours.
L'odeur...
Je n'ai plus jamais chassé.
C'est la même odeur.
Putain, Dan !
Putain !
Ils l'ont à peine enseveli !
Je suis désolé, Billy.
Dans quoi tu nous as entraînés ?
CHAPITRE CINQ TOURS DE PASSE-PASSE
Les gens qui ont fait ça...
Ce ne sont pas des gens.
Non, c'est vrai.
Celui qui fait ça à un enfant
n'est pas un être humain.
Vous l'avez ?
Oui.
Elle est revenue ?
On sera là demain. On doit s'arrêter en route.
Montre ce qu'il se passe à tes parents.
Ils commencent à croire que je suis normale.
Si je leur dis...
Rose s'en prendra à eux pour t'avoir. Tu le sais.
Sans la moindre hésitation.
Et elle est en route.
Il faut qu'ils sachent.
Où on doit s'arrêter ?
Tu as encore tes vieux fusils ?
"Oncle Dan" ?
Vous jouez à quoi ?
Elle a 13 ans !
Tu devais lui montrer...
- Je lui ai dit. - C'est pas pareil.
Je vous démolis et j'appelle la police.
- Abra ! - Ne prononcez pas son nom !
Je suis désolé, M. Stone. Je suis un ami.
Tout ce qu'elle vous a dit est vrai.
Qu'est-ce qu'il se passe ?
Je suis désolée.
Abra a quelque chose à vous montrer.
J'ai vu le garçon, j'ai vu son corps.
Tout est vrai.
Votre ami a pu le faire.
Vous y avez pensé ?
Pas longtemps.
Votre fille a quelque chose.
Ne parlez pas de ça.
Vous en êtes conscient.
Elle sait ce qui est arrivé à ce garçon.
Elle sait qui a fait ça.
Montre-lui.
Pardon, papa.
Je voulais éviter ça.
Éviter quoi ?
Non, merci.
Ces individus...
Ils savent, pour ma fille ?
Oui.
Et tôt ou tard, ils seront là.
Il faut faire quelque chose. J'appelle la police, le FBI...
Ils sévissent depuis très longtemps.
Ils ont des moyens, des relations.
Ils se moquent de la police.
Mais où ils sont ?
Ils arrivent quand ? On fait quoi ?
Abra peut répondre à ça.
Si elle est prête.
Je suis prête.
Tu veux vraiment le faire ?
Il le faut.
La I-95.
Barry, le Corbeau, la Vipère et quelques autres.
D'après la couleur des arbres, c'est le Massachusetts, mais...
- Ils ne sont pas loin. - Rose ?
Je ne l'ai pas vue.
Mais ils arrivent.
C'est la seule pièce qu'elle a vue ?
Oui.
Et j'ai changé des trucs, caché certaines choses.
Ils vont essayer de te localiser
et de t'attraper.
Et tu vas les laisser faire.
Tu es fou ?
Peut-être, mais laisse-les faire.
Et tu vas leur jouer un tour.
Un tour de magie ?
Ils nous suivent.
Reste concentrée jusqu'à leur arrivée.
Je sais.
Ça devrait le faire.
Il y a de bonnes cachettes par là.
- Ils sont toujours tout près ? - Ils approchent.
- C'est dur. - Je sais.
Combien de temps ?
Allez, Corbeau...
cueille-la.
Tu as l'air détendue.
Tu te sens détendue, Abra ?
- Je crois. - Tu peux.
Détends-toi.
On est des amis.
Vous êtes des amis.
C'est ça.
Des amis.
Et on va t'emmener voir
d'autres amis.
De bons amis.
Merde.
À les entendre, je pensais que ce serait plus dur.
Des tours de passe-passe à la con !
Barrez-vous !
Barrez-vous !
Vous le méritez.
Vous le méritez tous.
Arrête.
Juste une question, chéri.
Tu n'as pas sommeil ?
Tu as sommeil.
Dors.
Dors !
Réveille-toi, oncle Dan !
Réveille-toi !
Réveille-toi !
Réveille-toi !
Saletés de mecs.
Saletés de mecs.
Ne l'approche pas, Billy.
Tue-toi.
Il en manque un.
Je n'ai pas vu le Corbeau.
Où est le Corbeau ?
Bonjour, Abra.
Lâchez-la.
Reculez.
Ok, papa.
Je suis content de vous rencontrer.
Je vais vous tuer. Reculez.
Les grands mots.
J'adore voir les ploucs menacer un dieu.
Votre petite,
c'est le meilleur plat qu'on dégustera jamais.
Je suis ravi
de pouvoir féliciter le chef.
Bien. Tu es réveillée.
APPUYER
Dan.
Te fatigue pas.
Qu'est-ce que j'ai ?
Je t'ai shootée, Miss.
Je t'ai mis une bonne dose.
Tu peux te réveiller de temps à autre, mais...
ta vapeur est bien endormie.
Mon père.
Qu'est-ce que vous lui avez fait ?
Beaucoup de morts, aujourd'hui.
Beaucoup de gens bien.
Ce serait bien que quelqu'un paie,
comme si la justice tombait du ciel
après ces tristes évènements, mais...
ça marche pas comme ça.
De toute façon, on t'aurait eue.
Quelques morts de mon côté.
Quelques-uns du tien.
Le résultat est le même.
Réfléchis à ça.
Le résultat est le même.
Donc leur mort...
leur mort à tous,
n'a servi à rien.
Des morts inutiles qu'on te doit.
Pour quoi ?
S'il te plaît, entends-moi.
Personne ne t'entend.
Autant te calmer et profiter du voyage.
Je te l'ai dit...
le résultat est le même.
S'il te plaît...
Tony ?
Aide-moi, s'il te plaît.
Tu disais toujours :
"Ton cerveau est une radio."
Personne ne répond. Alors, arrête d'appeler.
Et écoute.
Dan...
Aide-moi.
Salut.
Il t'a droguée ?
Je suis désolé.
Je vais tenter un truc.
Mais tu es faible.
Il te bloque.
Je t'entendais à peine.
Fais-moi confiance.
Encore réveillée ?
Je te remettrai une dose au prochain arrêt.
On va où ?
Tu le sais.
Putain, j'ai la gueule de bois.
C'est de la bonne came.
Ça faisait des années,
et ça me manquait pas du tout.
Vers l'ouest ?
Par les petites routes. Malin.
Crownville.
État de New York.
Tu es qui ?
Le type qui a tué tes amis.
Enchanté.
Joli coup.
C'est la première fois que je vois ça.
Tu veux en voir un autre ?
Rose n'apprécierait pas que tu butes la proie.
Rose n'appréciera rien de ce qui s'est passé.
Et quand elle est en colère...
Tu en sais assez pour préférer passer la main.
Estime-toi heureux. Passe ton chemin.
Qu'est-ce qui te fait rire ?
C'est... l'arrogance.
L'arrogance, vraiment.
Mais c'est normal, si tu te crois éternel.
Ça va de soi.
Et bien sûr, tu ne mets pas ta ceinture.
J'espère que tu souffres.
Un max.
Sale petite pute.
Qu'est-ce que tu as fait ?
D'accord, petite salope.
D'accord.
Pardon.
- Je me suis endormie. - Tu l'as mérité.
On est où ?
Dans l'Ohio.
- On va où ? - Dans le Colorado.
Pourquoi le Colorado ?
Elle reviendra.
- Je sais. - Toujours.
C'est à nous d'en finir. Et on ne peut pas la battre.
Pas tout seuls.
Il y a un endroit. Dangereux pour les gens comme nous.
L'endroit dont tu m'as parlé ?
- Le lieu affamé ? - C'est ça.
Si c'est dangereux, pourquoi on y va ?
Si c'est dangereux pour nous,
ça doit être dangereux pour les gens comme elle.
Encore plus, peut-être.
Bien.
Elle nous suit, tu sais.
Parfait. Qu'elle nous suive.
Désolé pour ton père.
Désolée pour ton ami.
C'est ma mère.
Je lui dis quoi ?
Bonjour, maman.
Dieu soit loué !
Tu vas bien ? Où es-tu ?
Je t'aime.
Après, tu l'appelleras pour lui dire où on est.
D'accord.
Ce n'est plus loin. Dans la montagne.
CHAPITRE SIX CE QUI ÉTAIT OUBLIÉ
Voilà ce qu'on va faire.
Attends dans la voiture, chauffage allumé.
Je ne veux pas que tu entres si on peut l'éviter.
Elle ne peut venir que de là.
Tu la verras de loin.
Dès que tu vois les phares là-bas,
tu m'alertes, d'accord ?
N'entre pas avant qu'elle arrive.
Tu n'attends pas avec moi ?
- Je ne peux pas. - Pourquoi ?
Il faut que je le réveille.
Debout, là-dedans.
DANGER HAUTE TENSION
ERTRUEM
LA SALLE DORÉE
C'est calme, ce soir, M. Torrance.
Plus pour longtemps, j'imagine.
Vous buvez du whisky.
J'en buvais. Le plus souvent.
Offert par la maison.
C'était ta marque.
Jack Daniel's.
Je voyais les bouteilles, chez nous.
Notre vrai chez-nous. Avant tout ça.
J'en avais reniflé une, un jour. Ça sentait le feu.
C'en était, sans doute.
Vous me prenez pour quelqu'un d'autre.
Je suis Lloyd.
Je m'excuse, M. Torrance.
Je ne sais pas où sont les autres.
Mais ça va repartir.
Je sais où ils sont.
Et tu as raison,
ça va repartir.
Si je puis me permettre, vous avez l'air...
accablé.
Accablé ?
C'est ainsi.
L'homme vit sa vie, essaie de faire son travail.
Il se fait avoir.
Par les problèmes des autres.
Je vois ça tout le temps, si je puis me permettre.
On a vécu en Floride.
- Pardon ? - Maman et moi.
Je ne sais pas de qui vous parlez.
On ne voulait plus jamais voir la neige.
Alors on a vécu en Floride.
C'était petit, mais confortable. On était heureux.
On était en deuil...
On était traumatisés...
Mais heureux aussi.
Mais elle...
elle regardait ailleurs.
Elle ne me regardait jamais plus d'une seconde ou deux.
J'ai mis du temps à m'en apercevoir, mais après l'Overlook,
elle ne m'a plus regardé dans les yeux.
Je ne comprenais pas.
Mais...
c'était toi.
Elle voyait tes yeux.
Alors, elle regardait ailleurs.
Ça la torturait.
Alors, j'ai arrangé ça.
C'est la dernière fois que j'ai utilisé ce pouvoir.
Pour qu'elle ne te voie plus quand elle me regardait.
J'avais 20 ans quand elle est morte.
À l'époque,
si quelqu'un était mourant, je voyais des mouches.
Les mouches noires de la mort,
autour du visage des gens.
Les dernières semaines, elle en était couverte.
Tout son visage.
Je voyais à peine ses yeux.
J'essayais de la rassurer, mais...
je n'osais pas la regarder.
Et elle s'en rendait compte.
Elle mourait,
et son fils ne pouvait pas la regarder.
Un peu de chaleur... pour chasser ces idées noires.
Tu ne veux pas savoir ?
C'était ta femme !
Je crois que vous me prenez pour un autre.
Je ne suis que le barman.
Le barman qui verse la joie dans les cœurs, à l'Overlook.
Je vous verse ce que voulez, M. Torrance.
Papa...
Ce verre va me coûter cher.
Votre argent n'a pas cours, ici.
Ordre de la direction.
Pas de l'argent.
Ça va me coûter huit ans.
Huit ans passés et combien à venir ?
Votre crédit est ouvert, M. Torrance.
"L'homme prend un verre...
le verre prend un verre...
puis le verre prend l'homme."
Pas vrai, papa ?
Un remède.
Un remède, rien d'autre.
Le remède universel.
Dépression, stress,
remords, échecs... ça efface tout.
L'esprit est un tableau noir.
Et ça,
ça efface tout.
L'homme fait des efforts.
Il assure.
Mais il est cerné par des bouches
qui mangent, hurlent, sanglotent et râlent.
Alors, il ne demande qu'une chose...
qui le réchauffe,
pour soulager la morsure quotidienne
de ces bouches qui ne font que manger
tout ce qu'il fait, tout ce qu'il a.
Une famille.
Une femme. Un enfant.
Ces bouches mangent le temps.
Elles dévorent ses jours.
Elles les engloutissent.
Ça suffit à rendre un homme malade.
Et ça,
c'est le remède.
Alors, dis-moi, bonhomme...
tu vas l'avaler, ton remède ?
Non.
Je suis désolé.
Toujours aussi maladroit.
Pardonnez-moi.
Nettoyons ça.
La direction est inquiète.
Inquiète ?
C'est moche, ce qu'elle vous a fait.
Vous entraîner dans son pétrin.
Un homme intelligent...
la laisserait se débrouiller.
Et laisserait les choses se dérouler.
Pourquoi tu paierais sa note, Doc ?
Tout ça pour quoi ?
Pour cette gamine qui a mis la pagaille ?
Que me suggère la direction ?
Rien.
La chose la plus simple, fils.
Fais-la entrer.
Et ensuite...
accepte ce que tu ne peux pas changer.
Elle arrive !
Cet endroit est malade.
Comme ma grand-mère.
Le cancer.
Mais en pire.
On fait quoi ?
On avance. Elle nous trouvera.
Tiens, tiens...
Salut, toi.
Quand ça commencera, sauve-toi.
Oui, sauve-toi, ma chérie.
Et je te retrouverai.
Et tu hurleras pendant des années, jusqu'à ce que tu meures.
On verra qui hurlera.
On verra, oui.
Elle a raison.
Vous devriez avoir peur.
Pourquoi ?
Vous ne savez pas où vous êtes.
Pardon. Qui es-tu, mon joli ?
C'est toi qui as tué mon Corbeau, c'est ça ?
Allez !
Malin.
Tu as fait des aménagements...
depuis ma dernière visite dans ta tête.
Et si on était dans la tienne ?
Où es-tu, ma jolie ?
Tu vas mourir ici.
Paroles audacieuses.
Tu le penses vraiment ?
Toi, tu vas me faire du mal ?
Tu me rappelles moi.
Je le vois, maintenant.
Tu as un côté sombre.
La seule différence entre nous, c'est le temps.
Tu ne te doutes pas
de ce que tu ferais
pour avoir plus de temps.
Mais je te garantis que...
tu serais étonnée.
La douleur purifie la vapeur.
Et la peur aussi. Alors...
tu comprends.
J'étais comme toi, à ton âge.
Spéciale.
Et seule.
Quelqu'un m'a donné le sens du devoir, de la communauté.
Je l'aurais fait pour toi,
si les choses avaient tourné
autrement.
Réfractaire, hein ?
Exactement comme moi. Ton esprit...
est tellement...
Ce n'est pas ton esprit.
Ce n'est pas du tout toi.
Tu n'es que l'appât.
Assez !
Sauve-toi !
Comment on a pu te rater ?
On aurait dû se rencontrer il y a des années.
Danny ?
C'est ton nom ?
C'est ça ?
Chez les ploucs, la vapeur se détériore avec l'âge.
Elle devient polluée,
sale.
Tu le sais.
Je vois la graisse qui te recouvre.
Tu n'as plus le même shining .
Ça se dégrade avec l'âge.
Un pur beau gosse.
Où te cachais-tu ?
Je te fais une proposition
que je fais rarement.
Je brûle d'impatience.
Un garçon si doué
qui vit dans l'ombre depuis si longtemps.
Tu pourrais vivre très longtemps. Et bien vivre.
Te faire plaisir,
sans conséquences,
sans gueules de bois.
Bien manger, vivre longtemps.
Tu dois te sentir seule, toi, la dernière.
La dernière au monde.
Je ne suis pas la dernière, loin de là.
Je suis la plus jolie.
Je crois que tu connais ma réponse.
Dommage.
Alors, on y va ou pas ?
Oh, chéri...
Regarde-moi ça.
J'ai dû te sectionner
l'artère fémorale.
Tu vas te vider de ton sang.
Quel tempérament ! Quelle fougue !
Et quel gâchis. Ou pas.
Oh, putain !
Malgré ton âge,
c'est trop bon.
Tu as un goût de whisky.
Danny !
Mon petit Danny !
ERTRUEM
Toute cette terreur,
toute ta vie ?
Un délice.
Ne me touche pas !
Oh, merde !
Tu n'es pas seul.
Qu'est-ce que tu caches ?
C'est quoi, ces boîtes ?
C'est spécial ?
Rien de spécial.
Elles sont affamées !
Bonjour, Danny.
Viens jouer avec nous...
à jamais...
à jamais...
à jamais.
Oncle Dan.
Oncle Dan, c'est fait ?
Elle est morte ?
Merveilleuse soirée, hein ?
Abra !
Essaie.
Ah, te voilà.
Abra.
Tu as été très vilaine.
Vous n'êtes pas l'oncle Dan.
C'est un masque. Un faux visage.
Et je serais qui ?
L'hôtel.
Mais Dan est encore là.
Bas les masques, alors.
Pourquoi tu souris ?
Parce que vous ne savez pas où vous êtes.
Je connais ces couloirs comme mon propre visage.
Je parle du corps et du visage que vous avez pris.
Dan Torrance, vous ne le connaissez pas.
Dan Torrance.
Dan Torrance.
Il a fait un arrêt, en arrivant ici.
Dans la chaufferie.
C'est toi.
Tu devais te sauver.
Je ne voulais pas te laisser.
Je suis là où je dois être.
Je ne tiendrai pas longtemps. Sauve-toi.
Je ne partirai pas sans toi.
Je dois refermer la porte derrière nous.
Sauve-toi !
Allez, oncle Dan.
Sors de là.
Le feu a pris très vite.
Il a détruit l'hôtel.
Il l'a purifié.
Je l'entendais presque
hurler.
Je l'entendais mourir.
Au fond de moi, je savais.
Je savais que tu étais bien.
Désolé de t'avoir fait prendre ce risque.
C'était le seul moyen.
Je sais.
Tu crois... qu'elle avait raison
de dire qu'elle n'était pas la dernière ?
C'est un monde féroce.
Sinistre.
Il y en a peut-être d'autres comme eux ou pires, mais...
il y en a aussi d'autres comme toi.
Des gens qui résistent.
Je t'ai dit, quand je t'ai rencontrée,
que tu devais te cacher.
Être discrète.
Mettre ton shining en veilleuse.
Mais j'avais tort.
Brille, Abra Stone.
Brille.
Le dîner est prêt.
À qui tu parles ?
Personne.
Ce n'est pas vrai.
Je parlais avec Dan.
On vit encore, après.
On vit toujours.
Et il va bien.
Et papa aussi.
Vraiment.
Bien.
Tu viens ?
Dans une minute.
Sous-titres : Thomas Murat
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