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Firmino !
Tu es cern�. N'oppose pas de r�sistance.
Tu es pris.
Firmino, tu as entendu ? C'�tait le colonel Minas.
Rends-toi et j'�pargnerai le village.
Espedito, tu entends ?
Les soldats cherchent Firmino.
Firmino, le bandit.
Je m'en fiche.
Je n'aime pas les soldats.
J'ai peur, Espedito.
Firmino !
Tu veux qu'on vous tue tous ?
Blanche comme une jeune mari�e. Tu seras la reine des vaches.
�a valait le coup de venir ici.
C'est quoi, �a ? Tu as des tiques ?
Attends, je vais te les enlever.
Il y a beaucoup de soldats, Espedito.
Pourquoi ils ne partent pas ?
J'ai peur, fiston.
Firmino, �pargne tes hommes ! Je ne veux que toi !
Voil�, j'ai enlev� les tiques de ton beau museau.
Maintenant, tu es belle.
Fais voir tes yeux...
tes beaux yeux.
Bois... Tu dois �tre fatigu�e. Tu seras bien en chair.
Montre-toi, Firmino !
Je te le dis pour la derni�re fois !
Sinon, je ferai massacrer le village !
Je ne ferai pas de quartier !
Me voil� ! C'est moi, Firmino !
Feu !
Tuez-les tous !
�a leur apprendra � aider les cangaceiros !
Ils ont tu� ma vache !
R�veille-toi !
Assassins !
Ils ont tu� ma vache !
- Qui es-tu ? - Fr�re Julien du Vertige.
Je suis un ermite, un saint... et aussi m�decin.
Je t'ai recueilli et je t'ai gu�ri avec des herbes.
Je connais les herbes et les animaux.
A pr�sent, tu es gu�ri. Dieu soit lou� !
Tu sais que le colonel Minas
a tu�...
ma g�nisse blanche ?
Je sais.
- Et mon p�re ? - Il est mort.
Ils sont tous morts.
C'est qui ?
Maria.
Une orpheline que j'ai prise sous mon aile.
Elle est belle.
Tu as �t� bless� aux c�tes comme J�sus.
Avec �a, tu ne sentiras plus la douleur.
Tu ne souffriras plus.
Comme tu peux voir, j'ai peint la vie de J�sus.
Que fait le Seigneur avec le fouet ?
Il chasse les marchands du temple.
Il �tait fort, hein ?
Tr�s fort.
Il frappait les m�chants
et donnait tout aux pauvres.
Du pain.
Des poissons. Beaucoup de poissons.
Et du bon vin.
D'un seul geste,
il �tait le couvercle d'une cruche d'eau
et aussit�t l'eau se transformait en vin.
- C'�tait un magicien ? - Mais non, c'�tait un saint !
Regarde.
Voici l'archange Gabriel et Michel, son fr�re.
Ils passent le diable au fil de l'�p�e.
�a, c'est les 12 ap�tres,
qui s'en vont lib�rer J�sus, qu'on avait mis en prison.
Voici Sodome qui br�le !
Le Seigneur y a mis le feu,
ainsi qu'� Gomorrhe et Babylone !
C'�taient 3 putes ?
C'�taient 3 grandes villes !
Et voici Judas, le tra�tre.
Pendu par les ap�tres, pour le ch�tier.
Ecoute...
Ecoute, l'ermite...
Tu as vu le Seigneur ?
Bien s�r, j'ai �t� trois fois au paradis.
Et une fois en enfer.
J'ai rencontr� saint Pierre.
Et No�, le patriarche.
- En enfer ? - Non, au paradis !
Le Seigneur Lui-m�me m'a dit :
"Tu es mon fils, ermite Julien.
"Va et annonce au monde que la justice triomphera."
Et bizarrement, le Seigneur
te ressemblait.
Assez pour aujourd'hui.
Tu auras beaucoup de temps
pour penser
et pour r�fl�chir.
Le Seigneur
m'a dit exactement ces mots :
"Un homme viendra, qui me ressemblera,
"et tu l'enverras se battre pour la justice
"et tu l'appelleras le R�dempteur."
Venez, suivez-moi
et �coutez mes paroles.
Ne travaillez pas, ne construisez pas de maisons.
Elles seront d�truites par le diable, les soldats et les colonels.
Bienheureux les enfants innocents.
Bienheureux.
Suivez-moi, devenez mes ap�tres.
Prenez la croix et la machette pour sauver le monde.
Sinon ces enfants deviendront comme vous.
Ecoutez-moi, c'est le Seigneur qui m'envoie.
Seigneur, aide-moi.
Devenez mes ap�tres.
Je vous ai apport� le pain du Seigneur.
Regardez.
Ne partez pas, mes ap�tres !
Revenez vers moi.
Qui es-tu ?
Je suis le nouveau roi du Canga�o.
L'archange Gabriel m'a donn� l'ordre
de lutter pour la v�rit� et la justice.
Avec la croix et la machette.
Et toi, qui es-tu ?
On m'appelle le Diable Noir.
Tu veux venir dans le Canga�o ?
Tu veux entrer dans ma bande ?
- Je ne peux pas. - Pourquoi ?
Je suis plus important que toi.
Tu es le Diable, je suis le R�dempteur.
J'aurai ma bande
et mes ap�tres.
Passe ton chemin.
Mais ne marche pas sur mes plates-bandes.
Quant � tes ap�tres,
s'ils doivent te prot�ger,
choisis-les avec la gueule de l'emploi,
comme mes hommes.
Tu as compris, petit gars ?
Et retiens �galement ceci :
une machette est plus longue qu'une main,
mais un fusil est plus long qu'une machette.
Bienvenue � Mgr l'Ev�que
Allons, du nerf ! Je veux que Son Excellence l'�v�que
trouve nos canons aussi brillants que des calices d'or !
Un mois aux arr�ts de rigueur.
- Comment s'appelle l'�v�que ? - Mgr Celestino Pedreira Suza Dos...
Assez !
Saint Celestino !
Ici !
A votre bon c�ur !
Faites la charit� � un pauvre paralytique !
A vos rangs, fixe !
Rentrez le ventre.
- A vos ordres. - Bien.
Faites la charit� � un pauvre paralytique !
- A votre bon c�ur ! - Circulez !
Le colonel Minas est un h�ros.
Un grand patriote.
Je le connais.
Il fera la charit� � un pauvre homme,
pour sauver son �me.
Tu oses d�ranger le colonel ?
Va-nu-pieds ! Loqueteux !
Va au diable, toi, le colonel et sa truie de femme !
Embarquez-le !
Fasciste !
Miguel, un nouveau pensionnaire !
Qui es-tu ?
Quelqu'un qui a soif de justice.
Tu connais la justice ?
Je ne connais que la vengeance.
Une photo, s'il vous pla�t !
On ne bouge plus !
Il est interdit de jouer.
Donne-moi cette fl�te.
Ah non ! Mais pourquoi, M. Miguel ?
On f�te les nouveaux canons.
Fais pas le mariolle, Pedro.
Donne-moi cette fl�te, sinon quand l'�v�que
aura b�ni les canons,
je te ferai b�nir par le colonel Minas.
Tr�s bien.
On f�tera �a sans musique.
La vengeance est � moi.
Allons-y.
Attention ! Nitroglyc�rine. Une goutte et tout saute !
Donne �a.
Au nom du P�re...
Voleurs...
bandits...
cambrioleurs...
ivrognes...
mes ap�tres...
vous �tes mes vrais amis et mes disciples.
J'ai vu mourir tous les paysans de mon village,
mon p�re et ma pauvre g�nisse bien en chair.
Elle �tait � moi, car je l'avais vol�e, pas achet�e.
Je m'�tais jur� de me venger et je l'ai fait.
Minas, le criminel, est mort.
Mes amis...
le R�dempteur
est venu vous lib�rer de vos cha�nes !
Pourquoi t'appelles-tu le R�dempteur ?
Pourquoi ?
Parce que le pays a soif de justice.
Et les opprim�s soif de libert�.
Tu veux voler aux riches pour donner aux pauvres ?
Bienheureux les pauvres d'esprit...
et ceux qui savent manier les armes,
car la justice est � eux !
- O� vas-tu ? - Je ne suis pas un pauvre d'esprit.
- Stop ! - Je m'en vais.
Au diable, oui !
On ne reviendra plus en arri�re !
Nous lutterons pour la justice
et la vengeance !
Avec l'�p�e et le fusil !
Voil� ceux qu'on recherche, commissaire.
Celui-ci n'est plus recherch�.
Il est devenu informateur � Pernambuco.
Espedito ! Le fou !
Surnomm� le R�dempteur ou le roi du Canga�o.
Il est tr�s dangereux.
C'est un voleur et un incendiaire.
Une jolie somme pour celui qui r�ussira � le capturer.
Un instant.
Disons qu'on l'a attrap� et envoyons la t�te
du voleur qui a �t� tu� hier.
J'aimerais bien. H�las, il ne lui ressemble pas.
- C'est du caoutchouc. - Non, du cuir.
�a, c'est du caoutchouc !
Qui es-tu ?
Je suis un voyageur europ�en.
C'est quoi, europ�en ?
Je suis n� en Hollande.
Un pays au-del� de la mer.
Que fais-tu par ici ?
Je voyage.
Tu voyageais.
En effet, je voyageais.
C'est quoi, �a ?
- L'Evangile ? - Non, c'est un roman.
- C'est quoi, un roman ? - Un livre.
Il n'y a pas que l'Evangile ?
Bien s�r que non. Vois-tu...
c'est une fable, une histoire qui se passe en mer.
C'est beau ?
Oui, tr�s beau.
Tiens.
- Lis. - Quoi ?
Lis.
Mais c'est un gros livre.
Je ne suis pas press�.
Asseyez-vous !
Il va lire une histoire qui se passe en mer.
L�ve-toi, pour qu'on t'entende.
- J'y vais ? - On est pr�ts.
"Il mesurait 1 m 80,
"moins 2, 3 centim�tres.
"Il avait un physique robuste.
"Tr�s bien de sa personne,
"il �tait tout de blanc v�tu et tr�s populaire..."
- Il parle de qui ? - J'en sais rien.
"Sa voix..."
Silence !
Continue.
"Sa voix �tait profonde, sonore,
"et il marchait avec les �paules l�g�rement courb�es,
"la t�te relev�e
"et le regard fixe par en dessous,
"tel un taureau pr�t � charger.
"Ses mani�res r�v�laient une tenace confiance en lui-m�me,
"exempte d'agressivit� et de violence.
"Cette attitude semblait une n�cessit� in�luctable
"tant pour les autres que pour lui-m�me.
"Comme s'il ne pouvait s'emp�cher de montrer ses capacit�s.
"J'ignore combien de temps il demeura
" � c�t� de l'�chelle de l'�coutille.
"En tout cas, peu de temps.
"2 minutes, peut-�tre moins.
"Le temps que le bateau coule sous ses pieds
"et qu'une vague le soul�ve par derri�re
"et l'emporte telle une brindille.
"Deux hommes, qu'il ne distinguait pas,
"commenc�rent � parler d'une voix engourdie.
"Il entendit �galement, sans pouvoir le localiser,
"un �trange bruit de pas.
"Sur ces faibles sons planait un silence troublant,
"le calme effrayant qui pr�c�de toute catastrophe.
"Pr�t � r�pondre, docilement, � l'appel de son monde
"peupl� d'ombres.
"Ces derniers temps, il a vieilli,
"et il en est conscient.
"Il r�p�te qu'il se pr�pare � quitter tout �a.
"Et avec tristesse, il agite la main
"vers ses papillons."
- Et apr�s ? - C'est fini.
C'est des conneries !
J'aime pas.
Je pr�f�re la vie du Petit J�sus.
- C'est quoi, ton nom ? - Helfen. Vincenzo Helfen.
Au revoir, Vincenzo Machin.
�a, c'est pour toi.
De la part d'Espedito, le R�dempteur.
Surveille-le, on a faim de viande par ici.
D'accord.
Allez, file.
Urgent.
Trois contos.
- Merci. - De rien.
Bonnes possibilit�s en divers endroits.
Tout se passe selon les plans.
D'autres informations suivront.
Monsieur Helfen !
Le gouverneur vous prie de le rejoindre.
Les premi�res analyses r�v�lent un �norme gisement
� une faible profondeur,
qui s'�tend sous le territoire d'Agua Branca
et va jusqu'� Palmeras.
Messieurs...
ce gisement de p�trole apportera la richesse � la r�gion.
Les gens d'ici auront du travail,
l'argent circulera,
il faudra b�tir des routes
et autres infrastructures.
Bref, le p�trole
pourra apporter le progr�s.
Il peut d�s�quilibrer
dangereusement l'�quilibre de toute une r�gion.
C'est la porte ouverte � la mont�e du mat�rialisme.
Ce gisement nous appartient. Plus besoin d'industries �trang�res.
Messieurs...
les objections � l'exploitation d'un gisement de p�trole
peuvent se r�soudre facilement
dans le cadre des accords qui seront conclus par la suite.
Mais l� n'est pas le probl�me.
Il est ailleurs.
Agua Branca est ici.
Dans la r�gion du Sert�o.
Il faudra �vacuer les habitants.
De gr�... ou de force.
Mais ce n'est pas le v�ritable obstacle.
Vous savez de quoi je parle.
La r�gion est entre les mains des cangaceiros.
Les cangaceiros... Des bandits sanguinaires !
Ennemis de la patrie et de la sainte Eglise !
Ils pillent, ils tuent, ils massacrent sans piti� !
La bande la plus dangereuse, c'est celle d'un jeune fou,
un fanatique qui se fait appeler le R�dempteur,
un illumin�, assoiff� de sang et de vengeance.
C'est lui qui contr�le la r�gion de Agua Branca.
Ses exploits ont d�but� � la forteresse d'Angicos.
Vous vous en souvenez sans doute.
Cela co�ta la vie au colonel Minas
et � Son Excellence, l'�v�que Pedreira Suza.
Mon v�n�rable pr�d�cesseur.
Ils sont dans cette r�gion.
Prot�g�s par la loi du silence et des villageois apeur�s.
Inutile de se mentir.
On ne pourra pas faire de pr�l�vements � Agua Branca,
tant qu'on n'aura pas extermin� tous les cangaceiros.
Jusqu'au dernier.
A pr�sent, c'est � M. Helfen
de nous dire si sa soci�t� pourra intervenir.
Ma soci�t� vous apportera son soutien financier.
S'il faut une action militaire...
Aguerrie et bien organis�e.
Bien s�r.
Je suis favorable.
A pr�sent, tout sera plus facile.
Malheureusement...
on devra rayer de la carte Agua Branca,
pour avoir h�berg� une bande de cangaceiros.
Comme Paramirine et d'autres villages.
Les lois sont parfois tr�s utiles.
Elles permettent d'�uvrer, en toute l�galit�,
dans son propre int�r�t.
Un verre ?
On passera la nuit ici. Les soldats occuperont les maisons.
Demain, on partira t�t.
Cette ville porte la poisse.
Elle est hant�e par les fant�mes des mineurs tu�s en 17.
Foutaises. Mais la r�gion se pr�te aux guet-apens.
Nous posterons des sentinelles, naturellement.
Messieurs, vos propos m'�tonnent.
Ils vous d�shonorent.
Pardon, mon capitaine.
Ce n'�tait qu'une simple incitation � la prudence.
Rappel � l'ordre !
Depuis quand un officier exhorte un sup�rieur � avoir peur ?
Tu entends ?
- C'est quoi ? - On dirait la voix d'un fant�me.
Elle vient de l�-bas.
Debout !
Suivez-moi !
Par ici !
Vite ! Venez !
O� es-tu, le R�dempteur ? Montre-toi !
Je suis l�, mon beau !
Allons-y.
On a encore gagn�, roi des rois.
Comme d'habitude, Mezzanotte.
Tels des agneaux au milieu des loups !
On les a envoy�s � la boucherie.
Ils �taient jeunes et pleins de vie.
Ils voulaient la victoire... la gloire.
Vous en �tes responsable, M. Helfen.
Le gouvernement s'oppose � toute autre exp�dition.
Je suis charg� de vous dire...
L'oreiller, je vous prie.
Je suis charg� de vous dire
qu'il n'y aura pas d'autres exp�ditions.
Les autorit�s comp�tentes n'en voient pas l'utilit�.
Le Sert�o est une contr�e immense,
domin�e par la peur, la faim et la religion.
Mais quelle religion ?
Rien que des superstitions sauvages.
Ils croient aveuglement en quiconque leur promet une lueur d'espoir.
Comme Espedito...
Vous en avez entendu parler ?
Oui.
J'en ai entendu parler.
Un fou fanatique.
Et pourtant, il contr�le toute la r�gion.
La r�gion de Agua Branca est entre les mains
de ce cangaceiro sanguinaire et impitoyable.
Je suis au courant.
Mais il ne faut pas se laisser intimider.
Nous sommes les plus forts.
Non, ils ont les paysans, les vaqueiros , de leur c�t�.
Personne n'osera affronter Espedito.
Ils croient qu'il fait des miracles.
Il prend aux riches et donne aux pauvres.
Une politique tr�s habile.
Vous en conviendrez sans doute.
Espedito, le fou.
Le R�dempteur.
Si Son Excellence
me donne carte blanche
et si le gouverneur m'accorde sa collaboration,
je pourrai l'�liminer.
Personne n'a jamais r�ussi � le tuer.
Je n'ai pas dit �a.
L'�liminer...
ne veut pas dire le tuer.
Bonjour.
Tu l'as captur� ?
- Oui. - Tu es d'ici ?
Ecoute...
Tu connais Espedito, le R�dempteur ?
Salut.
Bonjour.
Bonjour.
Je peux avoir de l'eau, s'il te pla�t ?
Guadalupe !
- C'est ta fille ? - Oui, c'est ma fille.
Et �a, c'est notre enfant.
- Quoi ? - Ma femme est morte
et ma fille est devenue ma femme.
Merci.
O� est Espedito ?
Tu es un ami ?
Oui.
- Qu'est-ce que tu lui veux ? - Lui parler.
Je lui ai apport� un cadeau.
Bonjour.
Par l� ?
Oui.
Merci.
J'esp�re que tu ne m'as pas apport� un autre livre !
Non.
- C'est quoi ? - Tu verras.
�a alors !
Je voulais juste l'armer.
- C'�tait quoi d�j� ton nom ? - Vincenzo Helfen.
C'est un beau cadeau, Vincenzo.
J'ai des fusils, des pistolets,
que j'ai r�cup�r�s par-ci par-l�,
que j'ai vol�s � l'arm�e.
Mais �a, c'est un bijou.
Il y en a des caisses enti�res.
- O� ? - En ville. Pour l'arm�e.
Des fusils distribu�s aux soldats,
qui viendront ici pour combattre les cangaceiros !
Pour combattre qui ?
Pour combattre qui ?
M�me dot�s de centaines de canons, on les tuera tous !
Tous !
Que fais-tu ici ?
Tu aimerais que tes hommes
soient �quip�s avec cette carabine ?
C'est-�-dire ?
Ecoute, le R�dempteur...
les pauvres soldats ignorent tout des cangaceiros.
M�me bien arm�s, ils ne pourraient les vaincre.
On ne gagne pas les batailles...
sans un vrai chef.
Tu es un vrai chef.
C'est le gouvernement qui t'envoie ?
Eh bien, en un sens, oui.
Va-t'en !
Va-t'en !
Avant que je ne te tue !
Va-t'en !
Si des cangaceiros sont mes ennemis,
ceux du gouvernement sont de la merde !
Tu as compris ? De la merde !
Je suis venu en ami. Parlons en amis.
Le gouverneur Branco t'admire beaucoup.
- Moi ? - Oui.
Depuis qu'il sait que le peuple t'aime.
Comme les gens d'Agua Branca.
- Et ? - Il veut passer un accord.
Quel accord ?
Il t'aidera dans ton �uvre de bienfaisance,
si tu �limines tous les cangaceiros sanguinaires,
qui ne sont pas de bonne foi comme toi.
Tu comprendras �a, le R�dempteur.
Si tu es vraiment diff�rent des autres.
Bien s�r que je suis diff�rent !
Ma mission est command�e d'en haut !
Compris ? D'en haut !
Le gouverneur en est conscient.
Par cons�quent, ta t�te ne sera plus mise � prix.
Et il est dispos� � �couter tes conditions.
Vous avez entendu ?
Vous avez entendu ?
Dis-lui que j'accepte.
Qu'il vienne ici.
Le gouverneur avait pens� organiser
une grande f�te en ton honneur
et inviter tous les dignitaires,
qui tiennent � te conna�tre et � te serrer la main...
Mais si tu pr�f�res le recevoir ici,
� mon avis, il n'y verra pas d'inconv�nient.
Quel genre de f�te ?
Aucune importance. Je dirai que tu n'avais pas envie.
Mais si, j'ai tr�s envie !
Rien que le fait de m'inviter est d�j� une victoire pour moi.
Apr�s le mal qu'il nous a fait, � moi et � mon peuple !
Sans parler de ma pauvre vache.
Quelle vache ?
Laisse tomber.
Je peux lui dire que tu acceptes l'invitation ?
Tu seras pr�sent ?
Bien s�r.
Vincenzo...
pas d'entourloupe.
Pas d'entourloupe.
Vous �tes s�r qu'il viendra ?
Rassurez-vous, il viendra.
C'est tr�s risqu�.
J'appr�hende.
Bois, ma ch�rie.
Mais oui, Maestro...
Dis-moi.
Je ne m'explique pas le retard de ce bandit.
Il doit craindre un pi�ge quelconque.
Ne t'inqui�te pas, mon ch�ri. Il viendra.
M. le gouverneur, il vient d'arriver.
Tu vois ?
- Allons-y. - Excusez-nous.
Mesdames...
messieurs...
notre invit� vient d'arriver.
Gardez votre calme et recevez-le comme il se doit.
Merci.
- O� est le Hollandais ? - Je suis l�.
C'est lequel, Branco ?
Le gouverneur Branco...
le R�dempteur.
Au nom de tous mes invit�s, de mon �pouse
et de moi-m�me, bienvenue dans cette maison.
Je suis entr� avec une poign�e d'amis,
mais j'en ai laiss� une centaine dehors,
car je ne voulais pas d�ranger.
Si tel est votre bon plaisir.
Si mes amis ne me revoient pas...
d'ici 2, 3 heures,
ils s'inqui�teront
et ils voudront venir me chercher.
Donc, pas d'entourloupe.
Je suis un homme loyal. N'ayez pas peur.
Ainsi, personne n'aura peur.
O� est-ce qu'on mange ?
Je vous en prie.
Je vous en prie.
Je vous en prie.
- Quelle lavasse ! - C'est du potage.
Cette ann�e, le printemps a �t� doux.
En effet... tr�s doux.
- C'est quoi, �a ? - Des hu�tres.
- C'est bon ? - Moi, j'adore �a.
Partagez le poulet avec les autres !
D�p�che-toi, Gatto !
Merci.
Messieurs...
je vous demande pardon...
Monsieur le R�dempteur,
je crois que le moment est venu
de parler affaires.
Je ne parle pas affaires, M. le gouverneur,
je ne parle que vengeance et justice.
Pardonnez-moi le terme affaires, mon cher,
mais je vous ai offert ce d�jeuner,
outre l'admiration que j'ai pour vous,
�galement pour... disons, trouver un accord.
Faites-moi part de vos d�sirs.
En ce qui concerne la vengeance, je crois...
qu'un accord a �t� trouv� gr�ce � notre ami Vincenzo.
J'�liminerai quiconque se permettra d'entraver
ma mission sacr�e.
Bien s�r.
Nous sommes d'accord, mon cher.
Donc, il n'y a plus qu'� r�gler la question de la... justice.
- Exact ? - Tout � fait exact.
On vous �coute, M. le R�dempteur, posez vos conditions.
Primo :
donnez l'ordre � l'arm�e de laisser... de cesser...
l'extermination des gens
qui h�bergent les cangaceiros.
Le fait que vous soyez ici, prouve
que ce n'est plus un d�sir, mais une r�alit�.
Secundo :
je veux une grande fazenda,
tr�s grande et tr�s belle,
o� ceux qui ont �t� les derniers seront les premiers.
J'ai sur mes terres la fazenda de vos r�ves.
Je vous l'offre.
Vous pourrez y vivre en paix, sans �tre d�rang�.
Vous avez ma parole d'honneur.
Vous �tes satisfait ?
Non, il y a un troisi�me point.
Ma t�te est mise � prix.
Ta parole ne la sauvera pas.
Faites passer, je vous prie.
Ceci vous accorde, � vous et � vos hommes,
l'amnistie pour tous vos crimes.
On vous reconna�t les m�mes droits qu'� une arm�e r�guli�re.
Vincenzo... lis-la !
C'est marqu� ?
C'est marqu�.
Ce n'�tait qu'une bouteille de champagne !
Pour f�ter notre accord.
Au p�trole.
Au p�trole.
Rocca !
Tu pr�f�res quoi ?
Boire...
ou manger ?
Commence par boire.
Saludarse, sonne le rassemblement.
Mes amis !
Compagnons du Canga�o !
Un malheur terrible
va s'abattre sur nos t�tes !
Espedito, le roi du Canga�o ,
est devenu un vil assassin de cangaceiros !
Ce ren�gat a d�j� massacr�
4 ou 5 des plus c�l�bres bandes du Sert�o !
Je sais de source s�re
que l'arm�e d'Espedito viendra ici.
On pourrait l'attendre et le combattre.
Mais � quoi bon ?
Nos armes sont vieilles
et ils sont nombreux !
Par cons�quent,
puisque nous avons r�uni quelques �conomies,
rendons-nous � Pernambuco !
Que Dieu nous prot�ge !
Vive l'Empereur !
Quel malheur !
En quelques ann�es, l'Empereur serait devenu riche.
Que vais-je faire ?
Je trouverai un bateau � Salvador.
On ne devait pas aller � Pernambuco ?
Mes sujets iront � Pernambuco.
L'Empereur, lui, ira ailleurs.
C'est une bonne id�e, nous deux, seuls, avec l'or.
J'ai une meilleure id�e.
Moi, tout seul avec l'or.
Adieu, Saludarse.
Que Dieu t'accorde la paix �ternelle au paradis.
Alors ? Tu voulais �tre seul ?
A pr�sent, tu l'es.
Attrapez-le.
Salut, les amis.
Je suis de la bande du R�dempteur.
Vous en avez entendu parler ?
Pas un geste.
Tu es le Diable Noir. Le R�dempteur veut te parler.
Mais pas ici.
Essayons d'�viter un massacre.
On est nombreux, tous post�s aux alentours.
Mieux vaut vous rencontrer dehors.
Rien que vous deux.
Diable Noir...
te souviens-tu quand je me battais avec la croix et la machette ?
Je me souviens.
Tu m'as dit qu'un fusil
est plus long qu'une machette, tu te souviens ?
Je me souviens tr�s bien.
J'ai des carabines plus longues que vos fusils.
Je pourrais tous vous tuer.
Mais je n'y tiens pas.
Les carabines et les fusils
on fait place � la croix.
J'aurais pu te tuer la premi�re fois.
Je le ferai maintenant.
Jo�o !
Sebasti�n !
Retourne chez toi, Satan !
- Maman, on peut y aller ? - Oui, mon ch�ri.
Au revoir.
Bonjour, madame.
M. le gouverneur, c'est pr�t.
- J'arrive. - Excusez-moi.
Rassure-toi, ch�rie, c'est une excursion sans danger.
- O� vas-tu ? - A Agua Branca, pr�s d'ici.
Pour ch�tier la ville qui a h�berg� tant de cangaceiros.
Ne t'inqui�te pas, on se verra ce soir.
Au revoir, ma ch�rie.
Laquelle te pla�t le plus ?
Celle-ci ?
Pour ton papa et ta maman.
Le chapeau.
L�-dedans, tu fais caca comme les riches.
Tu as compris ?
Allez, file.
Au nom de la paroisse, je salue l'homme de la Providence,
qui a lib�r� la r�gion de la terreur des cangaceiros.
Et qui a r�cup�r� tant d'objets sacr�s,
soustraits aux biens de l'Eglise,
et qui risquent visiblement de finir entre les mains
de gens indignes.
Prenez les objets sacr�s
et donnez-les � M. le cur�.
Dieu vous b�nisse, monsieur...
Le R�dempteur.
Monsieur le R�dempteur.
Ecoutez, M. le cur�...
Vous... et vous...
et tous les autres...
vous �tes invit�s � ma fazenda.
Elle s'appellera le paradis terrestre.
Vous �tes tous les bienvenus.
Sans distinction.
Le R�dempteur est fatigu�.
Ses ennemis sont morts, on peut aller au paradis terrestre.
On nous a dup�s.
C'est �a, le paradis terrestre ?
Il devait y avoir de l'eau.
En effet, il y en a, mais c'est un mar�cage.
On n'aurait pas d� leur faire confiance.
C'est pas une fazenda , c'est un tas de ruines.
Regarde dans quel �tat est cet endroit !
On a tu� tous les cangaceiros pour finir dans ce trou ?
On �tait mieux dans la garriga.
Inutile de rester ici. Allons-nous-en.
- On nous a dup�s. - Dr�le de paradis terrestre !
Assez ! Taisez-vous !
On travaillera et on restera ici !
On retapera cet endroit ! Moi, il me pla�t !
Gisement de p�trole D�fense d'entrer
V�rifiez la pression.
Parfait.
Si les autres puits suivent,
nous obtiendrons un b�n�fice net de 80%.
Beau travail. C'�tait dur ?
- Oui. C'est un travail ingrat. - Je comprends.
Les puits sont � nous.
Les Br�siliens ne nous ont pas co�t� cher.
Reste � compl�ter l'installation.
Sans moi.
Allez, soulevez !
Une main-d'�uvre bon march� baisse le rendement.
Baisse le rendement ?
A estomac vide point de rendement.
Exact. Mais on les obligera � manger et le rendement augmentera.
Ils refuseront.
Ils savent que �a ne durera pas.
Autant ne pas prendre l'habitude de manger.
Mon cher gouverneur...
au nom de tous mes amis, bienvenue.
Asseyez-vous.
Sers � boire � M. le gouverneur.
C'est un grand honneur de recevoir la visite
d'une si haute autorit� de l'Etat.
Ce n'est pas une visite officielle, donc pas de protocole.
A votre sant�.
On emm�nerait bien de cet or blond aux States.
Te bile pas, Jerry.
On retournera bient�t aux States.
Crois-en Frankie Binaccio.
Quand on aura r�gl� leur compte aux mis�rables
du gouvernement Coolidge,
qui nous ont accus�s d'�vasion fiscale.
Bref...
Que pouvons-nous faire pour vous ?
Je savais que je pouvais compter sur vous.
C'est une question assez d�licate.
Un homme, un bandit, un fou, menace ma vie.
Pour quelle raison ?
Il me rend responsable de tout ce qui ne lui pla�t pas.
Par exemple,
l'attaque du village qui h�bergeait ses complices.
Vous avez fait votre devoir.
Certes. Il n'aime pas non plus la fazenda o� il se cache
et qu'il m'a extorqu�e.
Le fait est qu'il me hait
et qu'il essaiera de me tuer.
Pardon, M. le gouverneur,
mais que fait la police ?
La police ne peut rien faire.
Il a un sauf-conduit, qui lui garantit la libert�
et l'immunit� devant la loi.
Pardon, M. le gouverneur,
nous sommes ici gr�ce � vous.
Les Etats-Unis nous ont expuls�s
et vous nous avez accueillis dans cette ville magnifique.
Donc, nous sommes vos serviteurs.
Mais l�, vous nous offensez.
On est des commer�ants, pas des assassins.
Je n'ai pas le temps de finasser, c'est clair ?
Vous venez de dire que vous �tes ici, libres,
gr�ce au permis que je vous ai accord�.
Voici de l'argent.
Apportez-moi la t�te de ce bandit.
Seigneur ! La t�te, rien que �a !
Les Br�siliens sont cruels.
Et les Am�ricains ?
Ils sont plus cruels encore.
Bon, o� voulez-vous qu'on livre la t�te de votre ami ?
Chez vous ?
Par la poste ?
Je la veux � la raffinerie d'Agua Branca.
H�, Jararaca !
Tu as invit� les gens ?
Mais oui, le R�dempteur !
Bien s�r !
Tu leur as dit
- que la f�te �tait aujourd'hui ? - Je leur ai dit.
Pourquoi il n'y a personne ?
Pourquoi ils ne viennent pas, ces salauds ?
Je sais pourquoi ils ne viennent pas.
Ils m'en veulent.
Parce que j'ai fait justice parmi les cangaceiros.
Ils n'ont rien compris du tout. Rien du tout !
Ils n'ont rien compris !
Ils m'ont tous trahi !
Tous !
Parasites !
Tout �a � cause de ce Hollandais de merde !
C'est de sa faute !
Ils ne viennent pas car ils ont peur.
Apr�s les faits d'Agua Branca.
Quels faits ?
Quels faits ?
Il fallait �vacuer le village pour creuser des puits de p�trole.
Le gouverneur a trouv� un syst�me rapide et bon march�.
Puisqu'ils avaient h�berg� des cangaceiros,
il a voulu les punir, en les tuant.
Tous.
A qui la faute ?
A qui la faute ?
C'est vrai.
Je suis responsable, mais...
je ne pensais pas qu'on en arriverait l�.
Le massacre n'�tait pas pr�vu.
Trop tard, mon cher Vincenzo.
Trop tard.
J'avais dit : pas d'entourloupe !
Tu peux faire ta pri�re car je vais te tuer.
Puis je tuerai Branco.
Sache que Branco
a engag� des gangsters am�ricains.
- Qui sont-ils ? - Pas le temps de t'expliquer.
Ils ne sont pas comme vous.
Branco les as pay�s pour avoir ta t�te.
Ils arriveront dans 2 h.
Je ne te crois pas.
Alors, pourquoi je serais venu te pr�venir ?
Crois-moi, le R�dempteur, c'est la v�rit�.
Il n'y a pas de temps � perdre. Il faut agir.
Que dois-je faire ?
J'ai appris une chose en Afrique du Sud.
Tu connais les �l�phants ?
Enterrons ces charognes. Ils sont d�j� dans la fosse.
Non, je suis vivant !
Menteur.
Allez, enterrez-les.
Branco !
- Qui est-ce ? - Moi !
Qui �a, moi ?
La t�te d'Espedito.
La voil�.
Je te l'ai apport�e moi-m�me.
Courage, descends.
Allez.
Tu sais quoi ?
Les carabines que tu m'as offertes sont excellentes.
Excellentes...
et puissantes.
Je te donne une avance de 3 min.
C'est une partie de chasse.
Tu connais les r�gles.
Un fusil chacun !
Voil� ma t�te !
Me voil� !
Je suis l� !
Branco !
Tu n'as plus qu'une balle.
Vise bien.
Sale charogne !
O� es-tu ?
O� es-tu ?
Montre-toi.
Recule.
Recule.
Recule, fils de pute.
Jette la carabine. Tu n'en as plus besoin.
Jette-la !
Tu veux une balle o� ?
Ici ?
Ou ici ?
Pour les l�ches, c'est ici !
Tra�tre jusqu'au bout.
- Salut, Vincenzo. - Salut.
O� vas-tu ?
Je rentre en Europe.
Dis-moi...
Tu m'as m�l�
� cette sale affaire.
Et ensuite,
tu m'as aid� in extremis.
Pourquoi ?
Pourquoi pas ?
Comment �a ?
Disons que je l'ai fait... par sympathie.
Ou bien par... complicit�.
Vincenzo Helfen...
avec tes livres et tes pi�ges � �l�phants,
tu es un dr�le de fils de pute.
C'est possible.
Toi, tu es � nouveau dans le p�trin.
Tu ferais mieux de te terrer quelque part.
Tu sais,
le gouvernement voudra se venger,
un jour ou l'autre.
D'abord,
il faudra qu'ils s'organisent.
Et puis, je vais te dire une chose :
je commence � croire que je ne suis pas le R�dempteur.
Je dois t'avouer une chose :
tu l'as �t� suffisamment.
Mais non. Laisse tomber.
Laissons tomber. Il vaut mieux.
Adieu, Espedito.
Adaptation : Giacinto Pizzuti
Sous-titrage : Vdm
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